Je deviens résilient - 2 minutes de bonheur

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Je deviens résilient

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La façon de faire face à des épreuves ou à des conflits varie beaucoup d’une personne à l’autre. Certaines personnes semblent ainsi naturellement résilientes, tandis que d’autres paraissent très vulnérables, sans capacité de pouvoir lutter. 

Si nous n’avons pas tous les mêmes armes face à l’adversité, il n’existe pas pour autant de gêne de la résilience. Ainsi, comme le dit Boris Cyrulnik, “chez tout un chacun, des “braises de résilience” sont présentes. Qu’on souffle dessus à bon escient, et l’enfant meurtri, fracassé, stoppé net dans son développement par le deuil, la maltraitance ou les atrocités de la guerre sortira de son “agonie psychique” et reprendra le chemin de la vie”.

Si nous parlons souvent de résilience des enfants et de résilience individuelle, il faut savoir aussi que la résilience peut concerner bien sûr les adultes mais aussi les familles (par exemple lors de la reprise du cycle de vie après un décès violent et imprévisible), les communautés ou les sociétés (comme la capacité d’un pays à rétablir une capacité de fonctionnement acceptable après une catastrophe majeure). 

Nous allons faire aujourd’hui un focus sur la résilience individuelle et voir comment nous pouvons renforcer nos capacités de résilience, pour mieux nous protéger contre les expériences désagréables et leurs effets néfastes. Nous vous proposons donc de continuer à découvrir avec nous, comment accueillir la part d’ombre que nous avons tous dans nos vies tout en veillant à en développer la partie lumineuse, car il n’y a pas d’ombre sans lumière. 

Résilience, de quoi parlons-nous ? 

Le concept de résilience vient de la physique où il désigne la capacité d’un matériau à reprendre sa forme après un choc ou une grande pression – c’est l’exemple de la coque du sous-marin, dite résiliente parce qu’elle est capable de supporter des pressions considérables lors de ses plongées tout en reprenant sa forme d’origine lorsque le sous-marin refait surface. 

En psychologie, le concept de résilience est apparu dans les années 1980, notamment grâce à une étude de la psychologue Emmy Werner portant sur des enfants de Hawaï vivant dans une grande misère et exposés aux maladies et à la violence. La psychologue a qualifié de résilients les enfants devenus 30 ans plus tard des adultes qui savaient lire et écrire, qui avaient appris un métier et fondé un foyer.

Le concept a été ensuite développé en France, notamment par Boris Cyrulnik (Un merveilleux Malheur – 1999), qui en parle comme de “la capacité à vivre, à réussir, à se développer en dépit de l’adversité”.

Attention toutefois, la résilience n’est ni une simple capacité d’adaptation ni un synonyme d’invulnérabilité. Elle sous-tend en effet l’idée d’un apprentissage, d’une croissance (ressortir plus fort des difficultés) et d’un regard confiant dans la vie. 

La résilience est en fait un processus multifactoriel, qui résulte de l’interaction entre l’individu et son environnement. La métaphore de la poupée proposée par Michel Manciaux (1999) l’illustre bien : “si on laisse tomber une poupée, elle se brisera plus ou moins facilement, en fonction de divers paramètres : la force du jet (négligence ou agression…) ; la nature du sol (ex. béton, sable, moquette…) et le matériau dont elle est fabriquée (verre, porcelaine, chiffon…)”.

Il serait trop long et sûrement un peu ambitieux de vouloir tout appréhender dans ce podcast, mais il nous semble important de préciser que la résilience est un concept plus complexe que sa vulgarisation le laisse paraître : l’injonction qu’on peut quelquefois entendre de “devoir faire preuve de résilience” dénote donc une vision réductrice du concept, qui ne prend pas en compte les variables internes au sujet (structure psychique, personnalité, mécanismes défensifs…) et les variables externes (caractéristiques de l’environnement socio affectif). Les formes et les processus de résilience sont donc propres à chaque personne.

La résilience, comment ça marche ? 

Nous l’avons dit, la résilience ne signifie pas “nier l’adversité” ou “faire comme si de rien n’était pour pouvoir passer à autre chose”. C’est un processus dynamique plus ou moins long, qui permet de passer positivement au travers des épreuves.

2 phases caractérisent ce fonctionnement :

  • la première est la confrontation au trauma et la résistance à la désorganisation psychique. Des mécanismes défensifs « d’urgence » se mettent en place pour se protéger : déni, clivage, projection, imaginaire, répression des affects, passage à l’acte, … sont autant d’exemples de processus automatiques et inconscients que le moi met en place pour contrôler les dangers internes et externes (maintien de l’équilibre). 
  • la seconde phase se manifeste par l’intégration du choc et la réparation.
    Elle implique donc l’abandon de certaines défenses d’urgence au profit de ressources plus souples et plus adaptées à long terme – il s’agit comme le nomment certains auteurs, de troquer des mécanismes de défense “immatures” par des mécanismes de défense “matures”  : créativité, humour, intellectualisation, anticipation, altruisme … Il s’agit souvent de développer “une pratique qui permet de canaliser les émotions” (par le biais des arts, de la spiritualité, du sport) mais aussi de passer par le processus de mentalisation, c’est à dire “conférer un sens à la blessure”.

Qu’est-ce qui favorise la résilience ? 

Les études ont pu montrer qu’il est plus facile de faire preuve de résilience face à l’adversité lorsque enfant, nous avons pu vivre :

  • dans un climat familial sécurisant : sentiment de confiance, parents présents et unis (même après une séparation), besoins d’amour et de sécurité satisfait ;
  • avec un entourage encourageant :  notre famille mais aussi notre environnement plus large (amitiés, éducateurs, enseignants …) vont influencer notre estime de soi et la capacité à voir la vie du bon côté ;
  • et une force de caractère : certains enfants sont naturellement joyeux et heureux de tout ce qui leur arrive.

Il est important toutefois d’éviter de généraliser. Une personne dénuée de cet environnement pourra être résiliente, et à l’inverse un individu qui aurait tous les préalables nécessaires pour être résilient peut s’écrouler au moindre problème. Mais quoiqu’il en soit, nous avons tous la capacité de stimuler et de faire croître notre capacité de résilience.

Et si je décidais d’augmenter mes foyers de résilience ?

Dans l’ouvrage La psychologie positive pour les nuls, les auteurs distinguent trois directions sur lesquelles agir : le cognitif, l’émotionnel et le comportemental.

Ces 3 aspects fonctionnent comme 3 cercles qui s’imbriquent les uns les autres.

La résilience cognitive

Nous en avions parlé dans notre 35e Bulle de Bonheur (#35 je pratique la pensée positive), notre manière de penser impacte nos émotions et nos comportements. Développer notre résilience cognitive, c’est donc développer notre optimisme (Bulle de Bonheur #23), cultiver notre confiance en soi (Bulle de Bonheur #6), connaître nos forces (Bulle de Bonheur #24), être convaincu que nous sommes acteur de notre vie (Bulle de Bonheur #55), être en accord avec ses valeurs, faire preuve de gratitude (Bulle de Bonheur #20).

Veiller à construire une image de soi plus exacte et positive permet d’affronter plus facilement les épreuves auxquelles nous devrons faire face.

La résilience émotionnelle 

Développer notre capacité à gérer nos émotions est un facteur facilitant pour la résilience, car elle permet d’éviter de se laisser submerger par nos émotions. Comme nous l’avons souvent dit (Bulle de Bonheur #5, #9, #18, #27, #64), les émotions doivent être vécues, mais elles doivent être gérées de façon à ne pas devenir le maître de nos modes de pensée et de nos comportements. 

La résilience émotionnelle sera également facilitée par notre gestion du temps (savoir gérer nos priorités Bulle de Bonheur #10 ; faire preuve de patience Bulle de Bonheur #48) et la connaissance de nos besoins et de ceux de notre entourage  (Bulle de Bonheur #12). 

La résilience comportementale 

Elle nous invite à réaliser ce qui est bon pour nous, c’est à dire à “faire de ses bons comportements, une habitude”. Cela passe par la santé (alimentation, activité physique, se soigner …), mais aussi l’entourage (construire des réseaux de soutien, nouer des relations, s’entourer de personnes positives et encourageantes), avoir confiance en soi et dans la vie, avoir des buts clairs, faire des projets (Bulle de Bonheur #19), rire (Bulle de Bonheur #22).

Travailler sur notre capacité à faire face à l’adversité peut demander du temps et nécessite de la volonté, mais c’est une richesse inouïe pour notre avenir, comme nous le montre la fable des casseurs de pierres (attribuée à Charles Péguy, et citée par Boris Cyrulnik) : 

“En se rendant à Chartres, un voyageur aperçoit sur le bord de la route un homme qui casse des cailloux à grands coups de maillet. Les gestes de l’homme sont empreints de rage, sa mine est sombre. Intrigué, le voyageur s’arrête et demande :

Que faites vous, Monsieur ?

Vous voyez bien, lui répond l’homme, je casse des pierres

Malheureux, le pauvre homme ajoute d’un ton amer

— J’ai mal au dos, j’ai soif, j’ai faim. Mais je n’ai trouvé que ce travail pénible et stupide 

Un peu plus loin sur le chemin, notre voyageur aperçoit un autre homme qui casse lui aussi des cailloux. Mais son attitude semble un peu différente. Son visage est plus serein, et ses gestes plus harmonieux.

Que faites vous, Monsieur ?, questionne une nouvelle fois le voyageur.

Je suis casseur de pierres. C’est un travail dur, vous savez, mais il me permet de nourrir ma femme et mes enfants. 

Reprenant son souffle, il esquisse un léger sourire et ajoute

Et puis allons bon, je suis au grand air, il y a sans doute des situations pires que la mienne.

Plus loin, notre homme, rencontre un troisième casseur de pierres. Son attitude est totalement différente. Il affiche un franc sourire et il abat sa masse, avec enthousiasme, sur le tas de pierre. Pareille ardeur est belle à voir !

Que faites-vous ? demande le voyageur 

Moi, répond l’homme, je bâtis une cathédrale !

Le regard que les personnes portent sur elles-mêmes face à l’adversité, leur perception de la situation, leur projection dans l’avenir … sont donc des facteurs importants pour la résilience. A l’instar de la psychologue Marie Anaut, nous pouvons aussi nous interroger sur “le regard que l’on porte sur les sujets blessés. Ainsi, les considère-t-on seulement comme des casseurs de cailloux ou bien comme de possibles bâtisseurs de cathédrales ?”. 

En bref 

  • Le processus de résilience est présent chez tous les individus. Pour certains, il sera naturellement activé et pour d’autres, il aura besoin d’être activé par une aide ou un accompagnement. 
  • La résilience permet d’aller puiser des ressources latentes lorsque nous vivons des épreuves. Elle est favorisée lorsque : 
  1. nous avons un réseau de soutien matériel et affectif (versus l’isolement), 
  2. nous avons trouvé un sens dans l’existence (versus l’impossibilité de faire un récit de qui s’est passé) 
  3. nous portons un regard positif sur nous-même (versus la honte)

Allez hop, je me lance !

A vous de jouer ! 2 minutes pour vous demander dans quelles circonstances vous avez été un casseur de pierre ou un bâtisseur de cathédrale !

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