Je fais l"éloge de la vieillesse - 2 minutes de bonheur

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Je fais lӎloge de la vieillesse

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Qu’est-ce que la vieillesse ? 

Aborder la vieillesse soulève nécessairement la question de sa définition. Le passage au statut de personne âgée est un processus étalé dans le temps. Il n’arrive donc pas du jour au lendemain.

Ainsi, si la vieillesse est un cheminement naturel dans notre vie, à l’origine de changements physiques et psychologiques, elle est en revanche appréciée et jugée de façon très variable selon nos cultures, les normes sociales et également le regard individuel que chacun porte sur ce moment de vie.

En regardant du côté de nos sociétés occidentales, et particulièrement les sociétés industrielles ou post industrielles, il est impossible de séparer la vieillesse du travail. Ces sociétés ont en effet la particularité d’associer les personnes âgées aux retraités, soit des personnes inactives et dépendantes. 

 

A partir de quand est-on vieux alors ? Les Nations-Unies définissent les personnes âgées comme l’ensemble des hommes et des femmes qui ont atteint ou dépassé l’âge de 60 ans. On distingue les personnes du troisième âge dont l’âge est compris entre 60 et 79 ans, des personnes du quatrième âge qui ont atteint ou dépassé 80 ans. Certains parlent même d’un 5e âge ! 

 

Mais en réalité, sur le terrain, la réponse à la question « à partir de quand on est vieux ? » n’est pas aussi limpide. Ainsi, elle varie selon l’âge des personnes qui répondent à la question : pour les 35-49 ans par exemple, on devient âgé à 66 ans, alors que pour les plus de 60 ans, ce n’est pas avant 76 ans ! Un autre facteur de différence, que nous avons déjà évoqué, est le regard subjectif de la personne : beaucoup de retraités ne se considèrent pas comme « vieux », et au regard de l’allongement de l’espérance de vie, on peut comprendre pourquoi ! Il se crée donc un décalage entre l’âge biologique et la perception individuelle du vieillissement. S’ajoute à cela le regard de la société, qui apporte un peu plus de confusion : en effet, en France, à la différence du Québec, les actifs sont considérés ‘’trop vieux’’ dès 50 ans par les entreprises, et en même temps, on parle des jeunes retraités !

En parlant du regard de la société, nous devons aussi évoquer les normes sociales qui jouent un rôle très important sur la perception que nous pouvons avoir de la vieillesse : règles informelles comme celle de ne pas demander l’âge (sauf pour les enfants), métaphores associées à la vieillesse (l’automne de la vie, le couchant, le soir, la fin de parcours, le bout du rouleau), états accolés à cette période (maladie, perte de mémoire, sénilité, dépendance, inutilité … ). Il ressort d’un sondage auprès d’étudiants que les mots clés qu’ils citent en premier en rapport avec la personne âgée sont « malade » ou ses corollaires « dépendant, handicapé, invalide, gâteux, impotent, dément…» ; puis vient le terme « solitaire» parfois relié à « mort ». Sont également mentionnées sa fatigue, sa faiblesse, sa fragilité, son incapacité à s’adapter au changement … bref, autant d’images qui dressent un portrait peu flatteur et peu enviable de la chose ! 

 

Parmi les normes sociales, il faut enfin mentionner la véritable injonction de notre société à être jeune et à le rester. Ce diktat a d’ailleurs donné lieu à l’apparition du néologisme «jeunisme», pour parler de cette tendance à donner la primauté aux jeunes et à ce qui les caractérise. Comme le dit Laure Adler, c’est comme s’il était « obscène » de prendre de l’âge. Ce jeunisme est lui même à l’origine d’une nouvelle forme de discrimination, l’âgisme, qui consiste à attribuer des stéréotypes négatifs à la vieillesse et à en ignorer les besoins réels. L’âgisme est une forme d’hétérophobie à l’égard des plus âgés, puisqu’il souligne les différences dues à l’âge ; il stigmatise et marque la perte de ce qui a été : activité économique, dynamisme, capacités sensorielles, motrices, mentales, etc … .

Comment la vieillesse peut trouver sa place dans une société qui dévalorise les vieux au profit des jeunes et promeut sans cesse la jeunesse à travers la cosmétique, la chirurgie esthétique mais aussi le cinéma, la publicité ?

Si cette réalité peut inquiéter, nous pouvons aussi la nuancer au regard de la crise sanitaire que nous traversons, qui a mis en lumière les manques de nos sociétés à l’égard de nos aînés, et en même temps un mouvement de la jeunesse qui s’est amorcé pour prendre soin de ces personnes.

 

Et si je portais un regard différent sur la vieillesse ? 

Le 30 septembre dernier, la grande librairie abordait le thème de la vieillesse sous ce joli titre : « vivre, se souvenir, transmettre … et vieillir ». Amenés à définir le mot vieillir, Laure Adler et Philippe Labro y ont associé les verbes mûrir, avancer dans la vie, assumer son âge, et Laure Adler de préciser : « une vie c’est un parcours », « c’est un voyage ». 

Lors de cet échange, il était notamment intéressant de noter que le regard de l’homme sur la vieillesse peut différer de celui de la femme, qui accepte souvent plus difficilement de vieillir, comme l’illustre Simone Signoret en disant : « les hommes murissent, moi je vieillis ».

Cela renvoie à ce que nous disions précédemment : les effets de la vieillesse et le rapport avec celle-ci ne sont pas vécus de la même façon selon les personnes. Ainsi Marguerite Duras disait : « j’ai 18 ans et je suis déjà très vieille ».

Tout le monde vit des changements en avançant dans la vie : changements physiques et cognitifs, diminution des activités mais aussi de l’espace physique où se déplacer, perte d’indépendance … . Pour certains, ces changements sont perçus comme une fatalité, souvent associée à un sentiment d’inutilité et de fardeau. Ce regard sur leur état fragilise leur estime et leur dignité. Pour d’autres, la vieillesse représente l’expérience, la sagesse et la volonté de vouloir transmettre son histoire à travers ses joies mais aussi ses blessures. Vieillir signifie alors avoir vécu, c’est tout simplement la consécration d’une vie, comme les multiples rides du visage qui traduisent les marques de la vie, des rides frontales, signes des soucis et de réflexion, aux rides des yeux révélatrices de sourires et de rires. Vieillir signifie avoir appris, de ses réussites et des ses erreurs.

 

A l’instar de Laure Adler, nous vous proposons de mettre en lumière cet âge de la vie, et notamment cet ensemble de personnes qu’elle nomme « le peuple des invisibles ». Pour la journaliste et auteure, la société ne met pas en valeur ces personnes, pourtant souvent extrêmement actives, notamment dans le bénévolat et dans l’aide familiale, et si riches d’expériences à transmettre. Elle propose ainsi  de passer « d’une société de la consommation à une société de transmission ».

 

Regardons la réalité 

Contrairement aux représentations sociales courantes, de nombreuses enquêtes montrent que les séniors profitent sereinement de leur vie. Une étude de The Economist affirme même que 70 ans serait l’âge où on se sent le plus heureux ! Les conditions de vie aujourd’hui sont plus confortables, elles permettent souvent d’élaborer des nouveaux projets et grâce aux loisirs, aux voyages et aux évolutions des moyens de communication et des réseaux sociaux, la vieillesse peut être une période de vie vraiment active et connectée. La tendance actuelle de prendre soin de soi touche par ailleurs cette tranche de vie : les conseils en alimentation saine et équilibrée, l’offre de multiples activités physiques ou sociales sans oublier bien entendu tout le pan de la cosmétique anti-âge offrent un environnement bénéfique pour continuer à mener une vie animée et se maintenir en autonomie 

 

Il est d’ailleurs intéressant de constater que dernièrement, des témoignages autour des avantages de la vieillesse apparaissent à travers des livres, des interviews, des podcasts mais aussi des enquêtes sociologiques. Pensons par exemple au livre de Perla Servan Schreiber « Les promesses de l’âge » ou encore celui de Laure Adler « la voyageuse de nuit », ou encore Rêve de Seniors, une initiative portée par Silver Alliance qui permet au seniors de réaliser leur rêve comme un saut en parachute ou monter dans une grue de chantier. Nous pouvons aussi penser à Gisèle Halimi, avocate franco-tunisienne morte cet été à 93 ans, qui a été active jusqu’au bout de sa vie, notamment dans sa lutte contre les inégalités hommes-femmes.

Toutes ces initiatives font rimer vieillesse avec maturité et liberté. 

Comme le rappelle Laure Adler, il est important toutefois de relever le rôle des conditions sociales : il peut être plus facile d’envisager une vieillesse pleine de promesses quand on est privilégié, et bien sûr, la réalité physique, c’est-à-dire le degré d’autonomie, doit être prise en compte.

 

Acceptons les changements 

Comme nous l’avons dit, la réalité est indéniable : vivre les changements liés à l’âge, c’est tout d’abord faire face au vieillissement du corps, aux rides qui sillonnent le visage, à la peau qui se relâche, au blanchiment capillaire et pileux, à la perte de cheveux …. Ces transformations corporelles vont souvent aussi de pair avec un changement de vie : le début de la retraite marque pour beaucoup une perte de repères, une rupture de rythme, notamment avec l’arrêt des activités professionnelles. Ce cap peut être difficile à franchir.  De multiples ressentis peuvent cohabiter comme l’impression de devenir un poids pour la société, d’être inutile, de vivre un sentiment de solitude. Pour certains couples, ce sera aussi une désagréable impression d’enfermement, d’étouffement, dans une cohabitation 24 heures sur 24 avec l’autre. Ces changements provoquent un déséquilibre dans la situation, encore plus difficile à vivre s’il n’a pas été appréhendé. Ils engendrent  également des difficultés psychologiques qui peuvent aboutir à un état plus ou moins dépressif. 

A l’opposé, comme nous le disions en introduction, d’autres vivent cette période de changement comme un véritable souffle régénérateur. Ils y trouvent une nouvelle liberté, deviennent plus actifs, tissent un réseau social important autour d’eux, comme s’ils découvraient une nouvelle jeunesse.

Sans parler de maladie ou de handicap, il est évident que le corps de 70 ans n’est plus le même que celui de 30 ans ! Regarder la réalité, c’est donc aussi s’accepter comme on est, avec nos limites et nos fragilités … mais n’est-ce pas là une sagesse à adopter à chaque âge ? Comme à toutes les étapes de la vie, des portes se ferment et d’autres s’ouvrent !

 

Valorisons la différence des âges 

 

Accepter son âge, c’est également accepter de vieillir, c’est accepter de se diriger vers la fin de vie, c’est donc accepter la mort. Or dans une société où la mort est sans cesse repoussée et où elle reste un sujet encore tabou, cela peut rendre cette étape bien difficile

Inspirons-nous pour nous aider de Jacques Brel qui disait : « Le but de la vie, c’est de vieillir …. c ‘est d’être un formidable vieillard … c’est mille fois plus fort que 20 gus de 20 ans !!! ».

Enfin, accepter la différence d’âge est loin d’être une opposition, c’est-à-dire le corps vieux opposé au corps jeune ou encore le dépendant par rapport à l’autonome. Cela ne doit pas conduire à une ségrégation des âges car celle-ci engendre la méconnaissance entre les générations et crée des stéréotypes. 

La différence des âges est une expérience qui se partage dans les relations : les relations entre pairs mais surtout les relations intergénérationnelles. En effet, privilégier des espaces-temps de rencontre entre les différentes générations permet de se rappeler que l’existence n’est pas linéaire et que chacun peut s’apporter et apprendre l’un de l’autre, dans un mouvement de construction et de déconstruction qui évite de figer les âges. Il est par conséquent nécessaire de valoriser la transmission des connaissances et de l’expérience. C’est ce que nous proposons avec 2 minutes ensemble !

 

Regarder autrement la beauté du corps 

Nous avons parlé de l’injonction sociale à rester jeune. Cette injonction prend souvent place dans les sociétés ayant le culte de la beauté corporelle, et qui sont de ce fait portées à déprécier la vieillesse. Cela ne date pas cependant d’aujourd’hui ! Ainsi Euripe écrit « L’âge triste et qui tue, la vieillesse, a une haine », et Sophocle parle de la « vieillesse odieuse qui rassemble en elle tous les maux ». La Renaissance a le même regard négatif. Ronsard ou Du Bellay maudissent la vieillesse « répugnante et honteuse ». Quant à nos sociétés contemporaines, nous l’évoquions en début de podcast, l’âgisme y a fait son apparition : on constate un processus d’exclusion de plus en en plus prégnant à l’égard du groupe vieillissant. Pourquoi reparler de l’âgisme ici ? Parce que l’âgisme, comme d’autres formes de discriminations (le racisme par exemple) établit une correspondance entre le physique et le moral : « un vieux, c’est ridé, ratatiné ; il a perdu non seulement ses dents et ses cheveux, mais aussi ses capacités à agir ». Une description qui vous paraît peut-être exagérée mais qui montre bien qu’en se fiant aux seules apparences, nous passons à côté de la personne. 

 

D’ailleurs ce regard sur le corps peut être mis en lien avec le regard que la société porte sur les relations physiques des personnes âgées. Là encore, la société semble nous dire que pour séduire il faut être jeune, beau et en bonne santé. Le senior encode donc que pour être sexuellement épanoui, il doit continuer à plaire, à séduire et à jouir obligatoirement comme s’il était resté jeune. Paradoxalement, l’intimité après 60 ans reste souvent secrète, voire même tabou. Dans ce domaine encore, l’expérience sera en lien avec la façon d’appréhender la vieillesse : si elle déprime ou si elle ouvre une seconde jeunesse, la vie sexuelle pourra s’atrophier ou se renouveler.  A l’image de nos relations, de notre environnement, il est essentiel de savoir s’adapter à ce que nous avons entre les mains. Bien entendu, ce changement des corps est un changement qui n’a pas été choisi. Mais ce n’est pas pour autant qu’il doit être subi. Tout changement peut présenter une opportunité d’apprentissage, de réajustement voire de renouveau. La montée en âge peut donc offrir l’occasion d’une sexualité différente, plus sereine, vécue comme une forme de sagesse (le sage qui a de l’expérience et le recul sur la vie). La sexualité est inévitablement différente aussi parce que les besoins et les envies évoluent. Chaque senior a besoin de se mettre en route pour découvrir des dimensions insoupçonnées de la sexualité et comprendre que l’important est de désapprendre pour s’adapter, et oui, même dans ce domaine ! 

 

Dernier point, il est important de souligner le travail incroyable de tous ceux qui s’ investissent auprès des seniors. Un changement de regard sur la vieillesse permettrait également de modifier le regard sur tous les aidants familiaux, les aides soignants et le personnel de façon générale qui travaille auprès de ce public. Au lieu de leur dire « je ne sais pas comment tu fais pour travailler avec des vieux », « il paraît que ça sent super mauvais », « ils sont tous complètement gâteux, non ? », nous pourrions tous individuellement contribuer à revaloriser leur travail en les remerciant et en les gratifiant. Nous serons tous vieux un jour. La manière dont nous traitons nos aînés sera la manière dont nous serons traités. Montrons l’exemple en accompagnant ces personnes sur leur dernier bout de leur chemin de vie dans la dignité, et souhaitons quà notre tour, nous ayons la chance de vivre nos dernières années dans cette dignité à laquelle tout homme a droit. 

 

En bref 

 

  • La vieillesse est un cheminement naturel de notre vie, à l’origine de changements physiques et psychologiques. 
  • La vieillesse est appréciée et jugée de façon très variable, une fatalité qui nous domine ou une nouvelle jeunesse !
  • Vieillir offre aussi de nouvelles opportunités à découvrir

 

Ce changement de regard est individuel mais également social. Contribuons, nous aussi, à ce que ce « peuple des invisibles » fasse l’objet d’autant de lumière que la jeunesse. 

 

A vous de jouer ! 

2 minutes pour penser à la façon dont vous envisagez la vieillesse (regard sur la votre à venir ou sur celle qui vous entoure). Choisissez ensuite de changer votre regard (s’il est négatif) ou de le conforter (s’il est positif) en appliquant un des outils proposés : pensez à ce que vous pourriez transmettre ou ce que vous pourriez encore apprendre d’un de vos aînés et planifiez une partie du jeu 2mn ensemble !



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