Bulle de bonheur 60 : Je pose les règles - 2 minutes de bonheur

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Je pose les règles

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Nous vous l’avions promis lorsque que nous avions abordé le thème de l’autorité bienveillante (Bulle de Bonheur #52), voici notre podcast sur les règles.

Pourquoi parler des règles ? Parce que les règles nous servent :

  • pour vivre en société : elles sont une des structures de la vie sociale et de l’organisation des relations, et nous devons aider nos enfants à respecter ces règles.
  • pour s’auto discipliner : respecter des règles, c’est apprendre qu’il y a des limites (pour soi et pour les autres). C’est aussi apprendre à dire non (un enfant à qui on ne dit jamais non, ne sait pas dire non). C’est enfin apprendre à distinguer les besoins des désirs : l’enfant (et l’adulte aussi !) ne peut pas obtenir tout ce qu’il veut, il doit savoir attendre, persévérer et connaître l’effort. Si ses besoins sont à satisfaire, ses désirs ne sont pas tous réalisables, mais encore faut-il savoir les distinguer ! (besoin de dormir / désir de se coucher tard ; besoin de s’alimenter / envie de manger des bonbons ; besoin de jouer / envie de passer 5h devant un écran).
  • pour sécuriser : sans règles, il n’y a pas de cadre ! Or, nous l’avions évoqué, sans cadre, l’enfant (et même l’adulte quelquefois) se sent abandonné, perdu et angoissé. La règle offre donc un cadre sécurisant, c’est à dire un cadre où l’on se sent à la fois libre et protégé.

Une bonne règle ? 

C’est une règle clairement posée, comprise, respectueuse de chacun et qui a une conséquence.
Pour illustrer le rôle de la règle, il est souvent fait référence au code de la route. Quand nous sortons dans la rue, nous avons la liberté d’aller tout droit, à gauche ou à droite, de nous arrêter, de marcher ou de courir. Nous savons que les passages piétons, les feux tricolores ou encore les panneaux Stop sont là pour nous protéger mais nous pouvons aussi décider de traverser sans en tenir compte. Nous connaissons la règle et nous en connaissons aussi la conséquence (avoir un PV, pire, se faire écraser). Le code de la route (cadre) nous assure donc sécurité (il nous protège) et liberté (nous restons libre de notre direction et du choix de nos actions).

La règle est liée au type d’autorité mis en place. Nous allons à nouveau aujourd’hui nous laisser éclairer par les principes de l’éducation positive et regarder comment les règles se posent avec des enfants.

Attention cependant ! Il n’existe pas de recette toute faite ou magique pour poser une règle. Désolé, nous n’allons pas vous proposer la règle qui va immédiatement être appliquée et respectée sans contestation ni transgression ! Nous vous proposons en revanche de découvrir des outils concrets qui permettent de comprendre pourquoi une règle ne fonctionne pas, et comment une règle doit respecter l’enfant : la règle ne sert pas à discipliner ou contraindre l’enfant mais à le soutenir et le guider.

Certains craignent qu’en posant des règles, les enfants les aiment moins, comme si chaque limite venait dire à l’enfant “je ne t’aime pas”. Désaccord ne veut pas dire désamour ! C’est une erreur de penser que limites et amour sont inconciliables. La psychanalyste Claude Halmos l’affirme clairement : “un enfant ne se trompe jamais. Inconsciemment, il fait la différence entre la limite qui est posée de façon juste et celle qui est imposée par l’adulte pour son bon plaisir”.
Cela ne signifie pas que l’enfant agira avec le sourire, mais cela ne remettra pas en doute l’amour que vous lui portez et qu’il vous porte.

C’est d’ailleurs pour cela que nous entendons souvent que l’autorité est un acte d’amour (en revanche, évitez la phrase “je te dis non parce que je t’aime” – l’enfant, dans sa frustration, n’aura pas la raison suffisamment accessible pour comprendre, donc impossible pour lui de faire de lien logique entre ces 2 prépositions et la situation risque même de s’aggraver car il se sentira encore moins compris !!).
Dire “non” à un enfant est indispensable pour sa construction. Sinon, comment apprendra-t-il à accepter le “non” des autres, les règles de la vie en société, ses propres limites ?

Les mauvaises habitudes à propos des règles

La répétition :

 Saviez-vous qu’en moyenne, un adulte répète chacune de ses demandes entre 3 et 7 fois ! Or, il apparaît que l’enfant connaît en général très bien ce nombre de fois. Pourquoi écouterait-il la 1ère fois puisqu’il sait que la demande va lui être répétée ? En répétant plusieurs fois, on apprend donc à l’enfant à ne pas écouter la 1ère fois. Les études ont aussi montré que pour les enfants qui cherchent l’attention, la répétition tient lieu de récompense : répéter lui permet de ne pas écouter et d’avoir plus longtemps l’attention de son parent ! Des liens ont également pu être établis entre l’enfant à qui on répète plusieurs fois une demande et l’enfant qui n’écoute pas les consignes en classe.
Cessez donc de répéter et agissez ! Par exemple, pour des jouets non rangés, au lieu de répéter 4 fois la même consigne, vous pourriez dire : “à partir de maintenant, je vais te le dire une seule fois. Quand je verrai que tes jouets ne sont pas rangés alors que je t’ai demandé de le faire, je le ferai à ta place et je les mettrai pendant 1 semaine enfermés dans le placard” et FAITES LE !

La menace 

C’est l’attitude la plus courante quand répéter ne marche pas : “si tu ne fais pas, tu seras privé de …” , “si tu ne te calmes pas, je vais appeler ton père”. Le risque ? Ne pas mettre ses menaces à exécution, les appliquer et culpabiliser ou encore tomber dans l’escalade : on monte dans les degrés d’intensité (de la privation de sortie une fin de semaine, on passe à un mois) et on risque de professer des choses irréalisables ou que nous ne serons pas capables de tenir dans le temps.
La menace nous conduit souvent dans un cercle vicieux : quand elle ne marche pas, on se sent impuissant. Cette impuissance peut provoquer colère et agressivité : je crie, je perds le contrôle, j’utilise la force et je fais mal (par mes actes, par mes mots) OU je cède.
La menace peut aussi conduire l’enfant à se soumettre par la crainte et la peur. Quel exemple enseigne-t-on alors ? Nous prenons le risque de transmettre à l’enfant le message suivant : “quand tu n’arrives pas à obtenir ce que tu veux, utilise le chantage, la pression ou encore la force !” . Quoi de plus logique alors que l’enfant crie pour être entendu, tape pour avoir ce qu’il veut, menace pour obtenir quelque chose ? (“si tu ne me donnes pas 2 gâteaux, je vais crier très fort”).

Et si je regardais comment je pose des règles ?

Nous voudrions ici vous partager un outil découvert dans le livre de Brigitte Racine La discipline, un jeu d’enfant.
Cet outil, les 5C, est une sorte de grille d’évaluation, qui nous permet d’analyser les raisons qui pourraient expliquer que notre règle n’est pas respectée (avant d’accuser trop vite celui qui ne respecte pas la règle !) :

Est-ce que la règle est claire ? 

La règle claire est une règle précise, concise et affirmative. C’est donc un règle qui décrit en quelques mots ce qui peut être fait (et non ce qui ne peut pas être fait comme nous le faisons généralement). Il s’agit d’éviter la forme négative et les mots qui peuvent porter à interprétation : au lieu de dire, “ne fais pas d’écrans trop longtemps” (soyez certains que votre enfant et vous n’avez pas du tout la même notion du temps !!), dites plutôt “tu peux faire une heure d’écran” ; même schéma pour les adverbes “pas trop tard”, “un peu” ou encore toutes ces formules “sois sage”, sois raisonnable”, “tiens toi bien” qui sont souvent vagues ou abstraites pour l’enfant. Enoncez plutôt le comportement attendu : “à table, on reste assis jusqu’à la fin du repas”, “à l’école, je m’attends à ce que tu écoutes les consignes et que tu t’amuses uniquement pendant la récréation” ….

Est-ce que la règle est connue ? 

Il est utile de s’assurer que la règle est connue d’avance. Si certaines nous paraissent évidentes ou implicites, elles ne le sont pas pour l’enfant (par exemple, l’enfant qui peut dessiner sur les murs de sa classe car il y a un endroit prévu à cet effet, peut-il comprendre tout seul que c’est interdit chez lui ?) Toutes les règles ne sont pas bien entendu à énoncer, mais les règles nouvelles, celles qui sont différentes du lieu de vie habituel ou encore celles pour lesquelles nous savons qu’il y a risque de non respect, sont à rappeler. : “tu te souviens, quand tu viens faire les courses avec moi, tu marches à côté de moi en tenant le caddy et tu me demandes quand tu veux porter ou toucher quelque chose.”
Il est possible aussi de parler de la conséquence (“en cas de non respect de la règle, je t’asseois dans le caddy”). Certains parents n’aiment pas en parler à l’avance car ils ont l’impression qu’ils transmettent à leur enfant le message qu’il ne sera pas capable de respecter la règle. A vous de voir ce qui vous convient le mieux.

Est-ce que la règle est cohérente ? 

La cohérence s’applique d’abord par rapport à l’objectif poursuivi. Par exemple si vous avez posé la règle que l’enfant peut jouer à la tablette le mercredi et les fins de semaines entre 10h et midi, la tablette et le créneau horaire doivent être disponibles à ce moment là et aucune autre règle ne doit venir interférer (par exemple faire ses devoirs !).
La règle doit aussi être cohérente par rapport aux comportements des autres membres de la famille, et notamment des parents qui sont ceux qui donnent l’exemple ! Ce principe de cohérence s’applique évidemment uniquement pour les règles générales de la vie en famille (vous n’allez pas vous coucher à la même heure que votre enfant !) : ainsi, les règles de rangement (ranger sa chambre par exemple), de comportements (pas de gros mots), d’utilisation des écrans (aucun portable à table) sont valables pour tout le monde.

Est-ce que la règle est constante ? 

La cohérence et la constance sont souvent rapportées comme les 2C les plus difficiles à tenir. La constance renvoie au maintien de la règle dans le temps. Mais nous le savons, une règle nécessite du temps pour se mettre en place, et pourra entraîner de la part de notre enfant une période de test et de résistance. Il faut donc tenir bon et s’armer de patience et de bienveillance !
Attention cependant, la constance n’est pas synonyme de rigidité : une règle peut évoluer dans le temps (est-elle toujours adaptée à l’âge, à la situation ?) et autoriser l’exception (qui doit être exceptionnelle, mais aussi fixée clairement et précisément ! “parce que tu es malade, tu peux exceptionnellement faire une heure de tablette en semaine. Dès que tu es guéri, la règle normale s’applique”).

Est-ce que la règle a une conséquence ? 

Les conséquences éducatives permettent de remplacer la privation, la menace, le pouvoir et la violence par la responsabilisation et l’acceptation des conséquences. En éducation bienveillante, elles prennent le pas sur la punition.
Elles sont naturelles et logiques ou alors prévues (pour les plus grands).
Rappelons qu’avant 4 ans, aucun lien n’est fait entre la cause et la conséquence et qu’avant 8 ans, la conséquence ne va pas de soi et n’est pas légitime automatiquement, d’où l’importance ne pas être dans l’implicite et d’accompagner la mise en place de la conséquence !

 

Quoiqu’il en soit, rappelez-vous ces 3 règles :

  • la conséquence doit être adaptée à l’âge de l’enfant. Pour le tout petit, la conséquence doit s’appliquer au moment où l’interdit est transgressé car le petit n’a pas la capacité de se repérer dans le temps et ne pourra pas faire le lien entre la transgressions et la conséquence si celle-ci arrive dans le futur. A l’inverse, pour l’adolescent, la conséquence pourra être co-construite avec lui et appliquée a posteriori.
  • la conséquence doit être proportionnée (“la prochaine fois, j’irai faire les courses toute seule” et non, “tu ne viendras plus jamais faire les courses avec moi”).
  • la conséquence doit avoir un lien avec la règle ou la situation (si l’enfant dépasse le temps d’écran, il aura autant de temps en moins la prochaine fois ; si l’enfant fait mal, il accomplira un geste qui fera du bien ; si l’enfant casse, il réparera …). La conséquence qui n’a aucun rapport avec la règle (“tu n’as pas rangé ta chambre donc tu n’iras pas jouer chez ton ami toute à l’heure”) génère incompréhension, incohérence, injustice … sentiments à l’origine de la colère, de stratégies de dissimulation ou autres comportements désagréables).

Pensez aussi à des paroles valorisantes en cas de respect de la règle : il est important d’arroser les bonnes graines plutôt que les mauvaises herbes !

En bref

  • Notre rôle d’éducateur est de préparer nos enfants à la “vraie” vie qui est faite de plaisirs et de peines, de gains et de pertes, de morts et de naissances ….
  • Notre rôle est donc de les aider à être autonomes (se passer de nous), de les protéger (sans les surprotéger) et de les encadrer (sans les dominer).
  • Les règles vont nous permettre de construire le cadre propice au bon développement de l’enfant.
  • Une règle doit répondre aux 5C : elle doit être claire, connue d’avance, cohérente, constante et avec une conséquence. Un 6e C pourra être rajouté pour les plus grands, celui de la co-construction.

A vous de jouer !

A vous de jouer ! 2 minutes pour trouver une règle qui est souvent malmenée chez vous. Passez là au tamis des 5C et vérifiez qu’elle est bien adaptée. Vous gagnerez du temps, de l’énergie et éviterez peut-être d’accuser à tort votre enfant et de vous décourager !

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Catherine chaulet 2 minutes de bonheur

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