Je suis la fille de ma mère - 2 minutes de bonheur

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Je suis la fille de ma mère

relation mère fille

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« Tiens-toi droite ! » Dans ma manière de parler, d’avaler mes phrases, de reprendre mes enfants comme par exemple « et bien justement : tu n’as pas faite exprès ?  Alors fais exprès de faire attention ! » je retrouve les expressions de ma mère ! Quand je marche à grands pas, quand j’arrange mes cheveux de cette façon ou encore lorsque je plisse les yeux quand je me maquille, je surprends parfois une ressemblance avec les gestes, et la manière de faire de ma mère. Il y a ces petits détails du quotidien, je suis sûre que vous voyez de quoi je parle. Et parfois même les choses plus profondes, comme par exemple dans mes relations aux autres.  Ma propension insupportable à  ragoter après avoir dine chez des amis, la façon que j’ai de parler à la caissière. Ou de ne pas réussir à répondre un « oui » ou un « non » clairs quand une amie me demande un service…

Pas possible ! Moi qui ai scrute et analyse les paroles de ma mère dans les moindres détails pour éviter de les reproduire tellement ça m’a énervée, je le fais quand même. Moi qui me suis parfois promis de faire différemment, je fais pareil et là, ça me chicotte ! Et SURTOUT quand quelqu’un d’autre me le fait remarquer. Suis-je complétement formatée ? Où est ma liberté ? 

 

Constat 

Tout d’abord, acceptons que l’empreinte soit évidente et inévitable – Notre vie de femme, de mère ou d’épouse est imprégnée de celle avec qui nous avons vécue, que nous le voulions ou non. Cette relation mère fille nous marque toute chacune, de manière positive ou négative. Je suis nostalgique des petits-déjeuners qu’elle nous préparait le dimanche matin, j’adore son parfum. Je me rends compte que je ris comme elle. Ou alors je ne peux pas supporter sa manière de parler des autres, ou de sa belle-mère. Les petits détails de la vie quotidienne en sont le signe. Quelle soit joyeuse, blessée, bien vivante ou marquée par la séparation (un éloignement géographique ou par la mort), cette relation m’a façonnée et continue à me façonner. 

 

Cette relation mère-fille est ambivalente. Dans son livre « Je t’en veux, je t’aime » la thérapeute spécialiste de la famille Isabelle Filliozat pointe cette complexité du doigt. Et souligne que la relation aux parents nous concerne tous. Elle n’est simple pour personne. Isabelle Filliozat va même plus loin en écrivant que ceux qui la disent simple ont carrément refoulé dans leur inconscient la manière dont elle détermine leur existence. 

 

Et d’ailleurs, l’absence d’une mère ou d’une relation, une séparation ne règle pas le problème. Ce lien parent-enfant est très spécial. Il dure plus longtemps et nous marque plus profondément qu’aucun autre. Il se crée à la conception de l’enfant. Il ne se termine pas avec le décès des parents avance Isabelle Filliozat, tant on porte leur image en soi toute sa vie. 

 

Certains ont en horreur les manies de leurs parents, a l’inverse d’autres ne voient aucun problème et se refusent à chercher la petite bête. Les premiers semblent parfois compliqués aux yeux des seconds. Mais alors, chercher son propre chemin et vouloir faire différemment ferait-il de moi quelqu’un de complique ou bien un enfant ingrat ? Pas du tout. Il s’agit plutôt de savoir si j’ai bien coupe le cordon. 

Couper le cordon ? Que se cache-t-il derrière cette expression maintes fois entendue ? Il s’agit davantage de savoir comment je me positionne dans ma relation à ma mère plutôt que de compter le nombre de coup de fils que je lui passe chaque semaine. Regarder la qualité de ma relation avec elle plutôt que la quantité

En effet, il est possible d’appeler sa mère tous les jours et d’en être indépendante affectivement. Par exemple, pour lui demander quoi faire si mon enfant a de la fièvre, comment cuisiner ma blanquette, ou la sonder sur le nouveau job que je vise. Ou encore la soutenir si elle est seule et a besoin que je lui change les idées. 

A l’inverse, certaines choses peuvent être excessives. Comme l’impliquer dans ma relation conjugale, ou la citer en exemple dans les moindres histoires que je raconte. Parfois, plus je veux m’en débarrasser, plus elle prend de la place ! Quand je répète régulièrement à mon mari, à ma bonne copine que je n’ai pas besoin de ma mère pour être heureuse, ou bien quand je m’exile à des centaines de kilomètres pour ne surtout plus avoir affaire à elle, alerte ! Claironner a tout bout de champs que j’en suis indépendante révèle peut-être un nœud affectif qu’il est bon de chercher à dénouer. Ça peut être la preuve que je ne suis pas sortie de cette influence, que je continue à me voir par rapport à elle. Tant qu’elle reste mon baromètre, même négatif, c’est l’indice qu’il serait bon de réfléchir à ce cordon ! Comment me positionne-je ? Suis-je la petite fille qui attend inconsciemment quelque chose pour bien grandir ?

 

Il est possible que je trouve peu de failles à notre relation et d’avoir eu une enfance et une adolescence heureuse. Il est possible d’en avoir identifiées et de vivre en paix avec cela.  Il est aussi possible d’avoir souffert et d’avoir encaisse les blessures de ma mère à sa place. Parfois, il est préférable de s’éloigner pour un temps et de trouver de l’aide pour que la relation avance.  C’est l’histoire unique de notre relation. Ma mission à moi est d’être heureuse et adulte dans mon rapport à mes parents.  

Voilà deux idées de démarches pour y parvenir :

Equilibrer les Parent/Adulte/Enfant qui sommeillent en moi. Eric Berne psychiatre américain et père de l’analyse transactionnelle explique que notre personnalité est composée de 3 états principaux. 

  • L’état de Parent. C’est la façon de vivre selon le prisme qui m’a été enseigné, les principes et croyances transmises par mes parents. C’est tout le système de pensées et les attitudes avec lesquelles j’ai grandi. En résumé, c’est tout ce que j’ai appris et qui me permet de juger. C’est cette petite voix qui me donne parfois l’impression d’avoir toujours raison !
  • Mon état Adulte, est celui qui fait fonctionner mon jugement logique, ma raison, le centre de ma pensée rationnelle qui recueille les informations et en tire des conclusions logiques.  C’est cette petite voix qui me pousse à expérimenter par moi-même. 
  • Mon état Enfant. Toute cette partie émotive et affective, cette petite voix en moi qui me dit « je me sens bien, mal… » « je suis gai, triste… » « je veux, j’ai besoin… ». C’est la partie créative, spontanée ! En résumé, le moi qui ressent. 

Je peux transposer cette réflexion à ma relation avec ma mère. Pour commencer, quand je parle de ma mère, je dis maman, ma maman, ma mère, celle-là, mamounette où autre… Voilà déjà une bonne manière de me demander comment je me positionne par rapport à elle, suis-je l’enfant, l’adulte, la mère de ma mère ?  Dans mes réactions et mon comportement avec elle, quel état prend le dessus ? Ai-je besoin d’un rééquilibrage pour retrouver mon autonomie ?

  

Ce chemin de liberté qui me fait grandir peut aussi s’articuler en plusieurs étapes, sous l’angle d’une relecture chronologique de mon histoire.  

  • Dans un premier temps je fais une pause pour relire mon histoire, mon rôle de fille et l’évolution de notre relation, de ma naissance à aujourd’hui. J’analyse ce que ma mère a voulu me transmettre, ce qu’elle m’a transmis sans le savoir, le bon, le moins bon, ce qui m’a blessée, ce qui m’a fait grandir. Je liste ce que je reprends à mon tour de manière consciente ou inconsciente. Ce qui vient d’elle, et ce qui vient d’elle à travers ma grand-mère. Ma mère m’a peut-être transmis une foule de petits ou grands comportements qui m’agacent. Elle m’a aussi transmis une foule de choses invisibles qui font de moi une femme. Qu’elle a elle-même reçu de sa mère, de sa grand-mère. Prenons le temps aussi de remonter dans le temps et d’identifier ces héritages qui s’inscrivent dans la lignée. Et ma mère, comment était-elle avec sa propre mère ?  Alice Ferney en fait son thème de prédilection dans son roman Les Bourgeois.
  • Dans un deuxième temps, je prends la décision d’accepter qui je suis et toute cette histoire que j’ai pris le temps de relire.
  • Enfin, je fais le tri, entre ce qui est reçu de ma mère, et ce que je veux vivre moi.

 

Voila. Cette trajectoire est nécessaire pour toutes. Je l’ai peut-être déjà vécue naturellement sans m’en rendre compte, de manière très paisible. Elle permet de restaurer ou réparer une relation, quand elle a été abimée. Ce chemin est nécessaire à ma démarche de pardon, surtout lorsque notre relation est blessée. 

Pour creuser ce sujet du pardon, filez écouter le podcast 15

Et gardons en tête que c’est le travail d’une vie ! 

 

Attention toutefois au déterminisme !  Ma liberté intérieure entre en jeu ! Je ne suis pas ma mère, je suis une personne unique et différente. Analyser ce que j’ai reçu ne doit pas me faire croire à un déterminisme dont je n’aurais pas le droit de sortir. Le simple fait d’y réfléchir fait de moi une personne nouvelle.

 

Et puis enfin, comme l’écrit Anne Durfoumantelle dans l’Eloge du risque, « Couper le cordon c’est prendre le risque de l’amour ». De l’amour librement choisi et affranchi de beaucoup d’entraves. Devenir affectivement indépendant de sa mère, ou de sa famille, est même comme une deuxième naissance. Et cette seconde naissance est une épreuve initiatique plus que jamais nécessaire pour s’affranchir de tout déterminisme.  Selon elle, « quitter la famille n’a pas de fin sauf à recréer avec les liens du sang de l’amitié et de l’intelligence ». 

 

Changement de regard (Jingle)

J’accepte. D’être façonnée par ma mère ET d’avoir ma part de liberté intérieure. 

Si je ne m’y suis jamais attelé, je me mets en chemin pour relire, trier, accepter et enfin aimer-pardonner. Bref, je regarde ou je me positionne « en termes de cordon ».  Pour une relation d’adulte à adulte. Si cette étape est trop lourde pour moi toute seule, je prends rendez-vous pour un accompagnement. 

 

Je fais preuve de gratitude. Quand je voudrais plus, je décide d’être reconnaissante de ce qu’elle m’offre déjà, même si c’est peu à mes yeux. Au lieu de lister tout ce qui m’agace, ou tout ce que j’attends d’elle je liste toutes les choses que j’aime et que je voudrais transmettre à mon tour. Je fais la liste de 10 belles choses que ma mère m’a transmises. Et que j’aimerais transmettre à mon tour. Il y en a surement plus, d’ailleurs ! Et si j’ose, je la poste, comme une lettre de gratitude (podcast je dis 3 mercis par jour)

Je fais un pas de côté, je regarde ma mère comme si j’étais témoin d’une scène de film. Je pratique l’observation, comme si je voyais la scène perchée sur la haute branche d’un arbre. Cela permet parfois de changer de positionnement, de poser sur elle un regard d’amour, ou bienveillant. Je regarde alors ses choix et sa manière d’agir non pas comme un tout mais comme une somme de décisions prises en faisant de son mieux à chaque instant T. Pardonner un instant est plus facile que pardonner plusieurs années d’un seul coup. (Le pardon, thème abordé dans le podcast 15)

 

Enfin, je pose un choix : celui de prendre ma liberté en mains ! Celui de mettre des lunettes d’adultes pour une relation d’adulte à adulte.  Cette relation est à reconquérir régulièrement et elle change à chaque étape de la vie – quand j’ai eu mes règles et de la poitrine et que je suis devenue une femme à mon tour, peut-être épouse à mon tour, une mère à mon tour, une grand-mère à mon tour. Je n’ai pas choisi mes parents et « Nos parents non plus, ne nous ont pas toujours choisi… » précise Isabelle Filliozat.  Le seul choix qui s’offre à nous est celui de la relation que nous établissons. Autant décider d’être heureux ensemble

 

Quel vaste programme. Ai-je vraiment envie de remuer tout cela ? Ne vaut-il mieux pas rester dans ma carapace ? Quel intérêt au fond ? 

Tout d’abord, une relation paisible et adulte peut s’installer. Cela ne m’empêche pas d’être lucide et bienveillante. Comme une prise de conscience éclairée en quelque sorte. Je peux très bien porter des lunettes roses sans verres fumés ! Célébrer mes parents c’est apprécier ce qui est bon en eux sans les aimer aveuglement. C’est réaliser que ma mère est infiniment plus que nos désaccords.  Rappelons-nous que désaccord ne veut pas dire désamour !

Ensuite, je deviens libre, et j’ai construit ma liberté sur un chemin solide, adulte. Nommer et accepter mes émotions (podcast n°5), replacer les milles petits agacements que j’éprouve dans une relecture plus profonde de mon histoire m’en libère.  Je peux m’adresser à mes parents sans émotion refoulée. Je me suis replongée dans mon enfance et mon adolescence avec compassion. 

J’ai davantage d’empathie pour moi-même en tant que femme, mère, épouse, etc. Bref, je m’aime plus car je deviens moi-même ! Et je sais aimer les autres un peu plus.

Les blessures cicatrisent et les petits agacements du quotidien me mettent moins chaque fois un peu moins à l’épreuve.

Il y a de la place pour la joie (podcast n°9) et de l’indulgence, et pour la gratitude (podcast n°20). Pour lister tout ce que j’ai reçu de bon, de positif. Plus globalement, cet exercice de gratitude appliqué à ma relation mère-fille est un entrainement pour ma vie en général. La gratitude est si puissante ! Toutes ces émotions positives transforment mon quotidien !

Je le redis, car c’est intense : couper le cordon/ quitter la famille c’est prendre le risque de l’amour. 

 

 

En bref 

    • J’accepte d’être façonnée par ma mère, par ce qu’elle m’a transmis de visible ou d’invisible. 
    • Je prends le temps de retirer les pierres qui m’empêchent d’avancer et j’admire ce que ma mère a semé de beau sur ma route. 
    • En prenant mon propre chemin, je ne suis ni ingrate ni compliquée, je me positionne simplement comme adulte dans ma relation à elle.
    • Ce chemin d’indépendance affective est un cadeau que je me fais à moi-même.

A vous de jouer 

Je me dégotte un carnet sympa destiné à recueillir mes réflexions. Je bloque un créneau dans mon agenda pour m’y atteler.




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