Archives des Bonheur - 2 minutes de bonheur

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Tester la Patience

Dans quelle situation la patience est-elle mise à contribution ?

Et moi dans tout ça ? Me suis-je déjà demandé si j’étais plutôt rapide ou bien si je préférais prendre mon temps ?

La capacité à être patient

Je peux commencer par réfléchir à ma capacité à être patient. Dans quels domaines suis-je le plus patient ? Et sur une échelle de 1 à 10, où est-ce que je me situe ?  À l’inverse, quelles sont les situations de la vie qui me rendent le plus tendu ? Il est intéressant de constater que chacun est impatient pour des choses différentes. Pour ma part, être coincée dans les bouchons me rend folle, alors que mon mari sait prendre son mal en patience. En revanche, attendre 10 minutes que nos enfants mettent leurs manteaux le crispe terriblement alors que je suis plus tolérante.

Le manque de patience

Pourquoi manquons-nous de patience parfois ?

    • Quand le résultat ne correspond pas à ce à quoi je m’attendais. J’ai hâte de retrouver nos amis pour un diner et je maugrée car j’attends mon conjoint qui n’est pas prêt !
    • Quand je m’ennuie. D’ailleurs, il est passionnant de constater que le temps est absolument relatif en fonction du degré d’intérêt que je porte à l’activité que je réalise.  2 heures peuvent sembler interminables dans une salle d’attente. Alors que deux heures absorbées dans un projet pour un client filent à toute allure. 10 minutes passées à papoter avec une amie passent beaucoup plus vite que 10 minutes à faire la queue à la caisse du supermarché.
    • Je manque de patience quand je suis stressée ou quand j’ai mal dormi. Oh oui la tolérance au bruit est différente !
    • Je peux aussi manquer de patience parce que j’ai grandi dans un climat plutôt impatient. Peut-être que cela me parait normal de presser mes enfants en permanence, de râler quand je suis en attente pour joindre un service administratif parce que j’ai toujours entendu mes parents le faire.

Et l’impatience dans tout ça ?

L’agitation intérieure et extérieure qui résulte de cette envie d’aller plus vite que le cours réel des choses peut alors générer des situations inconfortables dans plein de domaines.

Socialement

L’impatience est souvent un frein aux relations paisibles.  Les sentiments de frustration ou d’agacement déclenchent parfois des réactions intempestives / non maitrisées. Je fais jaillir mes émotions sans crier gare. En famille ou au bureau, avec mes amis.  Je suis impatiente avec mon enfant qui met 10 minutes à enfiler ses chaussures alors que nous sommes justement en retard l’école. Lui, il s’applique, et moi je lui tombe dessus parce qu’en fait c’est moi qui suis stressée et en retard pour ma réunion. Je klaxonne copieusement la voiture devant moi qui roule tranquillement sur cette petite route départementale parce que le coup de fil que je viens d’avoir m’a tendue ou que je suis en retard à un rendez-vous. Et puis ces réactions un peu sanguines, parfois, sont loin de régler la situation. Tiens, n’avez-vous jamais quitté rageusement la file d’attente dune caisse, agacé par la lenteur de la caissière, pour atterrir dans une file qui n’allait pas beaucoup plus vite en fin de compte ?

Physiquement

L’impatience a des répercussions physiologiques, et c’est tout l’organisme qui se met en tension  :

    • Notre rythme cardiaque augmente
    • On s’essouffle
    • Nos muscles se tendent
    • Nous nous crispons

Avez-vous entendu parler du syndrome des jambes sans repos, aussi appelé « impatiences nocturnes » ? Ces mouvements incontrôlés du corps, ces soubresauts ou besoin impérieux de bouger empoisonnent la vie de ceux qui les subissent, et se réveillent souvent peu reposés.

Intérieurement

L’impatience est bien connue pour saper notre persévérance et nous rendre irascibles. Elle fait de nous des sortes de zappeurs. Nous oublions d’être dans l’instant présent (Bulle de bonheur #21 Je savoure l’instant présent) car je suis toujours en quête de ce qui ne va pas assez vite.

Changement de regard : tester la patience

Et si en testant la patience, j’en tirais une énergie positive, un véritable élan créateur ?

  • Lien entre patience et bien-être
  • Un allié de choc pour les petites choses de la vie quotidienne
  • Un outil de transformation en profondeur

La patience : véritable alliée pour un bonheur à long terme

Vous avez déjà peut-être vu passer cette vidéo de l’expérience du chamallow menée par le Professeur Walter Mischel à l’université de Standford, entre 1968 et 1974 ? Elle avait pour objet d’analyser sur plus de 500 enfants de 4 et 5 ans leur capacité à attendre. Cette étude, met en scène ces enfants à qui l’on demande de patienter dans une pièce, seuls. Une caméra observait leur réaction et un chamallow était posé sur une assiette. Les enfants avaient le choix. Celui de manger le bonbon tout de suite, ou bien celui d’attendre 15 minutes avec la promesse d’en avoir davantage une fois le temps écoulé. Certains attendaient patiemment, d’autres craquaient et dévoraient le chamallow. Certains se contentaient de lécher le chamallow sans le croquer pour contourner la contrainte. Ce qui est sûr, c’est que pour chacun d’entre eux, ce fut très dur.

Une fois l’étude bouclée, les chercheurs continuèrent à suivre les enfants pendant près de 40 ans. Ils eurent ainsi sous les yeux des résultats à court et long terme. La conclusion maintes fois vérifiée fut sans appel : les enfants capables d’attendre ces fameuses 15 minutes pour obtenir une satisfaction supérieure et décalée dans le temps connurent, par la suite, des parcours professionnels et personnels plus enviables que ceux qui se jetaient sur le bonbon unique accessible et immédiatement ou même que ceux qui essayaient de contourner la consigne.

La patience est comme un incubateur de talents. Mais oui, un petit enfant extrêmement doué en piano aura du mal à accomplir une belle carrière de pianiste sans labeur opiniâtre et régulier. Il faut imaginer la patience au cœur et comme pilier de ce trio talent, accomplissement, patience.

La patience comme outil de contrôle de soi

La patience est le ciment de notre capacité à contrôler nos émotions. C’est cette huile dans les rouages, la crème chantilly sur un yaourt viennois, la sauce marinara dans les spaghettis. C’est l’ingrédient qui va nous permettre de dompter / apprivoiser nos émotions (Bulle de bonheur #5 Je nomme mes émotions). Sans ce liant, je reste avec mes émotions tempêtes d’un côté, et mes bonnes résolutions de l’autre, sans parvenir à avancer.

En effet, être impatient nous conduit à fulminer en silence ou bien à exploser et montre notre agacement aux autres avec fracas. Je vous renvoie à notre podcast sur la colère #27.

D’ailleurs, apprendre à maîtriser ses émotions est un travail de longue haleine. Comme toute compétence, notre maîtrise de nous-mêmes vient en partie de notre patrimoine familial et de notre éducation, et également de nous-mêmes en tant qu’adulte indépendant. Nous en sommes également responsables. Dans le livre Willpower (« volonté » en Français ndlr), coécrit en 2011 par Roy Baumeister, professeur de psychologie à la Florida State University, et le journaliste du New York Times John Tierney, la maîtrise de soi est littéralement présentée comme un muscle que nous pouvons exercer et développer.

patience

En pratique : voici 5 outils très concrets pour contrôler notre impatience

Respirer

Une vraie respiration profonde. Le mieux est d’inspirer 4 secondes et d’expirer au moins 8 secondes.

Observez les réactions physiques en pleine crise d’impatience. La prochaine fois que vous remarquez votre impatience, tâchez d’observer ce qu’il se passe dans votre corps. Remarquez comment circule cette sensation d’oppression. Là, en m’écoutant, vous devez penser qu’il y en a peu. Et en même temps quand vous commencerez à y être attentif, vous en trouverez plein. Ce processus d’observation est la base de la méthode TIPI (Technique d’Identification sensorielle des Peurs Inconscientes). Cette méthode de régulation des émotions permet d’effectuer un véritable ménage intérieur pour se débarrasser des émotions polluantes, qui nous collent parfois à la peau depuis plusieurs années. Le postulat est le suivant : observer nos émotions, leur manifestation physique, c’est les valider et permettre de les accueillir.  Cette idée de validation est la clé.

Créer une disruption

Ici, il s’agit de s’entrainer à penser à autre chose de plus agréable. Comptez à l’envers, dressez une liste mentale, etc.

Réajuster nos attentes

L’impatience peut parfois rimer avec déception. Ça ne se passe pas comme je le souhaite. Le contrat que je négocie en ce moment patine. Mon enfant met des plombes à connaître ses verbes irréguliers. Le devis que j’attends n’arrive pas. Et si je m’entrainais à être patient ?  Si je provoquais des situations qui aiguisaient cette compétence ? Par exemple, prendre un café à une terrasse sans téléphone ni journal. Arriver 15 minutes en avance à un rendez-vous, choisir la file la plus longue à la caisse du supermarché un jour où j’ai un peu plus de temps que d’habitude.

Identifier le positif dans cette situation imprévue

Par exemple, je suis coincé dans le bus et en retard pour un rendez-vous. Et bien j’en profite pour passer un coup de fil à un vieil ami. Le temps semble moins long ! 😉

Identifier les déclencheurs de notre sentiment d’impatience

Ceci permet de mieux les repérer à l’avenir. Nous retombons sur cette idée de détecter-identifier-se libérer.

Et puisque « la patience est une vertu qui s’acquiert avec de la patience », selon l’historien italien Alessandro Morandotti, chacun de ces outils est à pratiquer bien sûr, sinon ce ne serait pas drôle !

La patience ne saurait être confondue avec de la passivité, de l’insensibilité ou de la dureté de cœur

Au contraire, nous sommes des êtres bien vivants !  Et même si la patience a souvent besoin d’être encadrée par la volonté, elle est source de beaucoup de bienfaits comme cette capacité à écouter l’autre. Elle nous offre la possibilité aussi de nous ramener à l’instant présent et nous rappelle que nous ne sommes pas tout puissant.

Allez hop je me lance

Si je résume

  • La patience est un véritable allié pour un bonheur à long terme
  • Elle est comme un incubateur de talents
  • La patience s’avère un bon moyen pour se connaître
  • L’impatience peut aussi nous pousser à réajuster nos attentes et ainsi être plus connectés au réel et aux autres

À vous de jouer ! La prochaine fois que vous vous sentez impatient sortez votre carte 2 minutes ensemble : analysez et visualisez les réactions physiques que cela provoque en vous !

La petite mousse de cette semaine un extrait d’Albert Camus, dans la Mort Heureuse : « Il faut du temps pour être heureux, beaucoup de temps. Le bonheur lui aussi est une longue patience. »

Avec Bulle de Bonheur, prenez le temps d’être heureux !

Activer son Intelligence Adaptative

Constat : l’acronyme VUCA

La définition de VUCA

Connaissez-vous l’acronyme VUCA ? En anglais, on utilise les initiales VUCA pour Volatility, Uncertainty, Complexity and Ambiguity.

Cet acronyme, issu initialement du domaine militaire, servait à décrire les composantes des théâtres d’opérations de plus en plus incertains et complexes. Repris par le milieu des affaires, il décrit bien le monde dans lequel les environnements, les priorités, les stratégies et les décisions prises nous semblent toujours plus changeantes.

  • La volatilité. Elle traduit le manque de constance des situations qui évoluent de façon soudaine et imprévisible.
  • L’incertitude. Elle nous présente des situations sur lesquelles nous n’avons pas ou peu de contrôle.
  • La complexité. Elle fait référence au grouillement de notre environnement : plus d’interactions, plus de connexions, plus vite.
  • L’ambiguïté. Elle désigne des schémas et des systèmes qui manquent de clarté, sont soumis à interprétation et laissent le champ libre aux arbitrages et aux erreurs.

Un exemple concret d’une situation VUCA

La crise du COVID est l’exemple parfait d’une situation dite VUCA. Malheureusement, plus qu’un épisode, il est aussi révélateur d’une tendance générale. Nos écosystèmes deviennent de plus en plus VUCA et ça n’est pas prêt de s’arrêter.

En pleine pandémie, Robert Sternberg, un psychologue américain contemporain spécialiste de l’intelligence publie en août 2020 un brulot : « Covid-19 has taught us what intelligence really is » – en français, « le Covid-19 nous a appris ce qu’est vraiment l’intelligence ». Dans cet article, il s’applique à démontrer combien les approches et les méthodes de mesure traditionnelles de l’intelligence sont dépassées. Selon lui, le COVID a révélé combien les hauts dirigeants, dont le système éducatif salue et certifie pourtant l’intelligence, nous sont apparus démunis devant ces nouveaux défis. Les diplômes nationaux de fins d’études, les concours d’entrée aux grandes écoles, les tests de QI sont limités. Ils passent à côté de ce qui est vraiment important pour mesurer l’intelligence d’un individu.

D’après ces tests, l’intelligence se mesure à la capacité de chacun à résoudre des problèmes théoriques, clairement énoncés, sans conséquence immédiate sur la vie de celui qui s’y prête. Robert Sternberg démontre qu’au contraire, l’intelligence réside dans la capacité d’un individu à s’adapter efficacement à son environnement. Il prend appui sur une étude développée par ses équipes à Yale et à Cornell University. Sur une population donnée dans la campagne kenyane, les chercheurs ont démontré que la connaissance des herbes médicinales protégeant les populations contre les maladies parasitaires était négativement corrélée aux résultats des tests de QI. En conclusion, les Kenyans qui avaient le meilleur système de survie étaient ceux qui apparaissaient comme les moins intelligents sur le papier.

Pourtant, dans une perspective Darwinienne, la vraie intelligence n’est-elle pas celle qui nous pousse à inventer de nouvelles solutions dans un univers changeant ? C’est le concept de l’intelligence adaptative.

Qu’est-ce que l’intelligence adaptative ? 

« La mesure de l’intelligence est la capacité de changer ». Ce n’est pas moi qui le dis, mais Albert Einstein. Le concept a été mis au jour dans les années 90 par Jacques Fradin, Docteur en Médecine, Psychothérapeute Comportementaliste et Cognitiviste. Ce dernier a fondé et dirigé l’Institut de Médecine Environnementale. L’intelligence se définirait par la capacité de chacun à s’adapter aux changements de son environnement de façon créative et innovante.

Cela suppose de s’apercevoir des modifications de notre écosystème et de remettre en question nos croyances et nos façons de faire. C’est notamment une qualité attendue d’un leader en entreprise.  Par exemple, le dirigeant de l’entreprise pour laquelle je travaille semble toujours à l’affût des dernières tendances de notre industrie.  Il est capable d’ajuster rapidement notre stratégie d’affaires, notre gamme de produits ou nos priorités stratégiques. En outre, il fait preuve d’agilité, de créativité sans se disperser sous l’effet du stress.

Les changements survenus dans notre quotidien

C’est aussi mon amie qui s’est longtemps sentie perdue devant l’adolescence de sa dernière. Les codes ont tellement changé en une ou deux générations ! Les jeunes expérimentent tout plus tôt que dans nos souvenirs. Ils sont hyper connectés. Ils ont besoin de donner un sens à tout. Et ils rejettent en bloc les héritages des générations précédentes. Elle ne comprenait plus rien aux besoins de sa fille, qu’elle estimait inadaptés à son âge. Ses principes se heurtaient sur un mur d’échec. Leurs rapports s’envenimaient de jour en jour.

Alors elle perdait plus de temps à se demander pourquoi ce qui avait marché avec ses aînés ne fonctionnait pas avec celle-ci, plutôt qu’à avancer. Puis, elle a réinventé d’autres manières de vivre ensemble. Elle s’est adaptée aux desiderata raisonnables de son enfant tout en maintenant certaines limites acceptables. Alors, elle a reconstruit une relation qui certes, n’est pas linéaire, mais est redevenue saine. Pour cela, elle a rejeté de nombreux a priori, a abandonné certaines manières de faire et a expérimenté des choses qu’elle ne s’attendait pas à tenter un jour. Bref, elle est sortie des chantiers battus et a accepté de sortir de ses propres schémas de pensée.

Dans un monde de plus en plus complexe et inconnu, faire preuve d’intelligence adaptative c’est reconnaître que nos références et nos habitudes sont dépassés. Il faut alors trouver des moyens de recréer une forme de stabilité.

D’où vient cette forme d’intelligence ?

L’approche Neurocognitive et Comportementale (ANC), développée par Jacques Fradin permet de mieux comprendre notre fonctionnement mental et d’identifier notre mode de « gouvernance » personnelle.

Les 4 zones

  1. 1. La gouvernance instinctive

Localisée dans la zone reptilienne, elle est guidée par notre instinct de survie. Elle fait face à l’urgence. Elle naît aussi du besoin de sensations excitantes et parfois un peu excessive. C’est cette gouvernance qui nous pousse vers les plaisirs immédiats comme une bonne plaquette de chocolat quand on a besoin de réconfort. Vous pouvez faire un petit détour par notre podcast Bulle de Bonheur #84 J’ai plein de désirs pour creuser ce sujet.

  1. 2. La gouvernance grégaire

Située en dessous dans la zone paléo-imbique, elle conditionne ma place dans un groupe. Elle s’exprime lorsque nous nous laissons dominés par les rapports de force et que nous « bouclons » sur nos préoccupations.

  1. 3. La gouvernance émotionnelle

Elle se situe dans la zone limbique du cerveau. Elle s’exprime lorsque nos émotions nous gouvernent : nos désirs ou nos aversions, nos appréhensions ou nos valeurs, nos expériences et nos préjugés qui décident de nos actes. Par exemple, comme on m’a volé en me rendant la monnaie, je suis suspicieuse et je suis persuadée que tous les commerçants cherchent à m’arnaquer. Cela peut être aussi, le préjugé de considérer que ceux qui portent des lunettes sont des intellos ! Ou si je prends trop souvent mon nourrisson dans les bras il va devenir capricieux.

  1. 4. La gouvernance adaptative

On la trouve trouve dans le néocortex préfrontal. C’est cette zone du cerveau qui est considérée comme une sorte de chef d’orchestre capable de collecter et traiter l’information reçue et de gérer nos actions en conséquence. C’est la partie la plus mature du cerveau. Les caractéristiques de cette gouvernance sont:

  • La curiosité.
  • La souplesse : c’est-à-dire notre capacité à revoir notre stratégie – nous retrouvons l’idée d’adaptation.
  • La nuance qui permet de poser un regard équilibré sur les événements et de les envisager dans leur globalité.
  • La relativité c’est-à-dire notre capacité à poser un regard différent sur un problème, à prendre du recul et regarder les choses sous un autre angle.
  • Le raisonnement rationnel permet d’appréhender les causes et les conséquences de façon concrète et neutre.

L’affrontement de nos gouvernances

L’image mentale que notre cerveau va créer pour nous sera différente si la situation est lue par la une gouvernance ou une autre. Tout l’enjeu de l’ANC est de faire basculer le cerveau du mode de fonctionnement automatique au mode adaptatif quand c’est nécessaire. Savoir à quoi sert une brosse à dent, ou une brosse à cheveux est du domaine automatique. Par contre être en face d’un objet inconnu va activer mon système adapatif car je vais me demander à quoi il sert.

Evidement tout n’est pas aussi simple, nous sommes parfois tiraillés entre la raison et les sentiments. Nos gouvernances s’affrontent pour influencer nos décisions ! Chacune fait valoir ses intérêts : mon envie de saucisson et la maîtrise de mon poids, comme l’envie de m’engager et ma peur du regard des autres, mon envie de me débarrasser de ce bébé qui pleure tout le temps et l’aimer tellement que j’ai envie de l’avoir dans les bras toute la journée.

Analyse

Faire preuve d’intelligence adaptative n’est pas jeter toutes les procédures et autres systèmes de pensée par la fenêtre. Cela veut plutôt dire apporter de la liberté et de la souplesse dans le cadre offert et potentiellement, le remettre en question. Jacques Fradin utilise une métaphore très parlante : la conduite automobile. « Elle a besoin du code de la route, d’un réseau de routes clair et défini, d’une voiture qualifiée du point de vue de la sécurité. Mais le conducteur doit avoir un niveau d’initiatives sur le choix de la route. Par exemple, un panneau peut interdire de tourner à gauche mais, si la route de droite est barrée, l’automobiliste doit pouvoir le faire».

Intelligence

Changement de regard : Comment développer son intelligence adaptative ?

Eduquer notre regard critique

La vie se charge de nous apprendre que nos a priori, nos idées préconçues et nos représentations ne sont justement que nos représentations personnelles. Les croyances ont du bon lorsqu’elles laissent un espace libre pour les revisiter et les remettre en question.  Nous vous en avions parlé dans notre épisode Bulle de Bonheur #29 Je dépasse mes croyances.

Voici quelques idées pour cultiver votre esprit critique :

  • fréquentez aussi des gens différents de vous,
  • découvrez de nouvelles têtes, de nouvelles cultures,
  • ouvrez votre regard à la nouveauté et imprégnez-vous.

Allez faire un tour par notre Bulle de bonheur #79 sur le lien social et tentez de nouvelles expériences en sortant de votre zone de confort (épisode #57)

Vivre au présent

Certes, le passé est une référence. Cependant, ce qui était valable hier dans un contexte bien particulier ne l’est peut-être plus aujourd’hui. Le domaine de l’éducation en est une belle illustration. Les grands parents qui observent l’éducation de leurs petits-enfants sont parfois étonnés de ces nouveaux codes et références. Si le sujet de la connexion au présent vous intéresse, nous l’avons développé dans notre épisode #25 Je découvre le pouvoir du moment présent.

Anticiper et accepter l’incertitude

Muscler votre intelligence adaptative c’est accepter que l’avenir soit flou et imprévisible. A titre d’exemple, une des conséquences les plus mal vécues de la pandémie a été sans doute le poids de l’incertitude. Quand allions-nous être hors de danger ? Quand pourrions-nous enfin sortir de chez nous ? Courrions-nous toujours un risque ? Pourrons-nous un jour retourner au bureau ? Les enfants vont-ils être libres de retourner un jour à l’école sans masque et sans test ? Une amie me racontait qu’elle s’était effondrée lorsqu’au début de la pandémie, personne ne savait vers quoi le monde allait. Alors que le télétravail avec les enfants ne l’avait pas abattue, pas plus que le confinement strict ou le vide de liens sociaux mais l’incertitude l’avait considérablement ébranlée. Elle était alors devenue très anxieuse.

En pratique : Quels sont les bienfaits de l’intelligence adaptative ? 

Se forcer à faire preuve de créativité

Lorsque vous sortez des sentiers battus, de votre routine et de vos habitudes, vous ouvrez le champ des possibles et vous êtes plus innovants. Je pense notamment au passage à la retraite, un moment pas évident pour tout le monde. Parfois, les quarante dernières années ont été construites autour du travail. Des jobs successifs qui ont défini une place dans la société, qui ont créé un sentiment d’utilité au monde. Pas facile de se retrouver sans le rythme des réunions, des dossiers à traiter, des échanges avec les collègues. Pourtant, avec un changement de regard et de la créativité j’ai vu des personnes basculer d’état d’esprit et se découvrir des nouveaux centres d’intérêt ou réaliser des projets auxquels ils n’avaient jamais pensé ! C’est l’idée de notre kit 1 temps pour soi ! Un bon moyen de passer joyeusement le cap de la retraite !

Prendre des décisions

L’intelligence adaptative muscle aussi notre capacité à prendre des décisions sans connaître tous les tenants et les aboutissants.

C’est une qualité attendue notamment des leaders ou des chefs d’équipe: savoir naviguer dans l’ambiguïté et opérer des changements de trajectoire, des revirements rapides et sensés en fonction des conditions. Parce que même avec la meilleure boule de cristal du monde, il y aura toujours une incertitude à accepter dans une prise de décision.

Avoir confiance en soi

La confiance en soi justement est dopée par notre capacité à faire face. Vous vous démontrez à vous-même que peu importe ce qui se présente, vous saurez accueillir l’imprévu et vous reconfigurer.

Abandonner le désir de contrôle

Enfin, l’intelligence adaptative permet grâce à la souplesse d’abandonner notre désir de contrôle et de de pratiquer le lâcher prise (épisode #21). C’est une attitude qui nous permet d’être vrai, d’être pleinement et authentiquement soi-même.

Bref un bon moyen d’être heureux !

Allez hop je me lance

Si je résume

  • Le monde est de plus en plus incertain, complexe, changeant et ambigu.
  • Cela met à l’épreuve les modèles traditionnels de mesure de l’intelligence.
  • L’intelligence adaptative est notre capacité à nous adapter efficacement à ces environnements.
  • L’ANC a révélé plusieurs gouvernances dans notre cerveau. Il est possible de muscler la gouvernance dite adaptative en acceptant l’incertitude et en ouvrant notre champ des possibles.
  • Faire preuve d’intelligence adaptative nous permet d’être innovant, réduit notre stress et contribue à notre confiance en nous.

À vous de jouer ! Vous avez 2 minutes pour choisir une rigidité personnelle et identifier au moins 3 moyens de la contourner. Expérimentez chacune d’entre elles et faites le bilan.

La petite mousse de la semaine est un cocktail de cosmologie et de physique quantique car il nous est servi par l’éminent Stephen Hawking « La vraie intelligence est celle qui s’adapte au changement ».

Avec Bulle de Bonheur, prenez le temps d’être heureux !

Personnes en perte de mobilité : comment se simplifier la vie à domicile ?

Prendre le temps d’être heureux, c’est aussi être confortablement installé chez soi. Pouvoir se poser, apprécier son petit cocon et vivre des moments de qualité avec ceux qui nous entourent. Alors comment se simplifier la vie à domicile ?

Aujourd’hui, nous tenions à vous présenter Stannah, multinationale anglaise, implantée dans plus de 60 pays dont la France. Stannah rend la vie plus facile aux personnes en perte de mobilité, en proposant des équipements adaptés à leur habitation.

Chez 2 minutes de bonheur, on fait le choix d’être heureux et d’être bien chez soi !

Bien aménager son domicile pour être plus autonome, c’est possible !

L’environnement est un facteur déterminant dans la qualité de vie des seniors. Ainsi, il est primordial d’avoir un logement adapté à leurs capacités physiques. C’est pourquoi des aménagements sont nécessaires pour permettre à tous d’être autonomes et de vivre sereinement dans leur demeure. Chaque pièce de vie doit être minutieusement ajustée pour assurer un maximum de sécurité.

S’équiper pour vivre chez soi en pleine sécurité

Pour atteindre l’autonomie et vivre en pleine sécurité à domicile, il est indispensable de se munir des appareils et équipements adéquats. En fonction de la situation, les seniors ont besoin d’un soutien supplémentaire pour leurs déplacements. Le choix des équipements doit être réfléchi afin de répondre à leurs besoins et de garantir leur bien-être.

Les logements avec escaliers

Ils représentent un véritable risque pour les personnes âgées ou handicapées. Un simple faux pas peut entraîner des blessures graves. C’est pourquoi il est important de bien les aménager. Pour cela, il est possible, par exemple, de recouvrir les marches d’un tapis antidérapant. Enfin, l’installation d’un système d’aide au déplacement devient indispensable chez les personnes à mobilité réduite.

monte-escaliers tournant stannah

Stannah, le spécialiste de la mobilité pour tous

Stannah se propose de rendre l’habitat accessible à toutes et tous. Avec des équipements destinés aux personnes en perte de mobilité ou à mobilité réduite, tout devient possible !

Une marque innovante et leader sur le marché

Stannah est une marque innovante et pionnière dans la conception et la fabrication du monte-escalier. Elle propose des installations très performantes qui permettent d’aller et venir de façon autonome et de profiter ainsi sereinement de son habitat.

Stannah et sa gamme d’équipements sur-mesure

Aujourd’hui, Stannah propose toute une gamme d’élévation pour rendre la vie plus facile aux particuliers, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de leur habitation :

  • monte-escaliers. Ils sont fabriqués sur-mesure et s’adaptent à tout type d’escalier : escalier droit, tournant… Une fois le type d’escalier défini, il suffit que les usagers choisissent un siège qui corresponde à leurs besoins.
  • ascenseurs privatifs. Du nom de Salise, l’ascenseur pour particuliers est facile d’utilisation et garantit le confort et la sécurité de ses usagers.
  • élévateurs intérieurs. Équipés d’une structure autoportante et d’un système de levage hydraulique, ils requièrent peu d’espace.
  • plateformes élévatrices. Les EPMR (Élévateur pour Personnes à Mobilité Réduite) sont adaptés aussi bien aux Établissements Recevant du Public, qu’aux particuliers.

Des solutions tendances à la qualité irréprochable

Les solutions proposées par la société Stannah sont de très bonne qualité. De plus, elles résistent à l’usage. Tous les composants de leurs équipements sont de qualité supérieure et de bonne finition.

Par ailleurs, leurs solutions allient technologie, simplicité d’utilisation et design. Les particuliers peuvent ainsi choisir parmi plus de 200 combinaisons de sièges !

Stannah, le leader mondial sur le marché de l’élévation, constitue une aide précieuse pour toute personne souhaitant préserver son autonomie et continuer à vivre à son domicile.

Pour plus d’informations, consultez le site internet de Stannah.

Apprivoiser son Ombre

Constat sur la notion d’ombre

La notion d’ombre a été peu étudiée dans les pays francophones, contrairement aux pays anglo-saxons. Pour Carl Gustav Jung, “ce n’est pas en regardant la lumière qu’on devient lumineux, mais en plongeant dans son obscurité. Mais ce travail est souvent désagréable, donc impopulaire”.

C‘est Jean Monbourquette, prêtre et psychologue québécois, qui nous permet d’avoir accès en français à ce concept. En effet, convaincu de l’utilité de cette notion qu’il a mis en application, tant dans sa vie personnelle qu’auprès des personnes qu’il accompagnait, il a décidé de partager ses connaissances sur le sujet.

Monbourquette a ce talent de rendre clairs des concepts complexes. Il sait aussi en diffuser une application très concrète, motivante et accessible.

Nous vous proposons donc aujourd’hui de vous partager à notre tour les enseignements que nous avons retenus de son livre “Apprivoiser son ombre”.

Qu’est-ce que l’ombre ? 

L’ombre est le côté mal aimé de soi

Elle est constituée de tout ce que nous avons refoulé par peur d’être rejetés par ceux que nous aimons ou que nous admirons. Par souci de plaire, de se conformer, d’être appréciés, d’être aimés. Nous avons donc mis de côté tout ce qui pouvait nous paraître “déviant, honteux ou répréhensible” aux yeux des lois et des règles de notre milieu de vie.

Nous intégré, par exemple, que penser à soi était égoïste, que pleurer était se montrer faible, ou qu’obéir était valorisé et que s’affirmer ne l’était pas. Nous avons pu aussi renoncer à développer certains dons, certains talents. Ceux-ci sont, de ce fait, restés tapis au fond de nous-même.

Vous voyez celui qui dit “j’ai toujours eu envie de faire de la sculpture mais mes parents trouvaient ça futile”. C’est en ce sens que, pour Monbourquette, l’ombre est comme un volcan. En effet, elle se traduit “une énergie psychique compressée, mais toujours vivante et active.” Il est donc nécessaire pour lui de savoir accueillir notre part d’ombre, de la refaire surgir dans notre conscience pour l’apprivoiser et en tirer toute sa richesse. Ne pas le faire serait prendre le risque qu’elle surgisse tel un torrent et nous envahisse à part entière.

L’ombre risque de créer des obsessions et des projections sur autrui

Il faut savoir qu’une ombre qui n’est pas accueillie risque de forcer le passage à un moment ou un autre. En réalité, elle peut créer des obsessions mais également des projections sur autrui. Par exemple, si j’ai refusé de voir certaines de mes qualités ou certains de mes traits de caractère, il y a de fortes chances que je les attribue à d’autres. Et chez cet autre, j’aurai tendance soit à les admirer, voire les idéaliser, soit à les mépriser. Je vais les voir se profiler sur des personnes qui, à mes yeux, deviendront ainsi fascinantes ou menaçantes. Ma perception du réel sera donc perturbée.

C’est la même chose quand nous projetons sur d’autres nos faiblesses ou nos défauts. Cet autre va finir par nous hanter et devenir insupportable.

Pour Monbourquette, c’est là l’origine de la majorité des conflits interpersonnels (NB : il y a  une différence entre projection et observation objective : je remarque son impolitesse mais elle ne vient pas me toucher ou m’affecter. Je ne suis donc pas dans une projection de mon ombre sur autrui).

Changement de regard sur la façon d’apprivoiser son ombre

Et si nous décidions de “réintégrer notre ombre” ? 

Lorsque vient le moment de faire le bilan de sa vie, rares sont ceux qui sont 100% satisfaits. Vous avez sans doute aussi entendu parler de la crise de milieu de vie. Vous savez, ce moment un peu charnière entre deux grandes périodes de vie ! Pour les parents, elle correspond souvent à l’adolescence de leurs enfants. Il s’agit de cette période où ils commencent à vouloir voler de leurs propres ailes. Cela se produit aussi au départ des enfants (le nid vide).

Mais cette crise peut également se produire suite à un changement brutal dans la vie professionnelle. Ou encore après un accident physique ou psychique sur notre chemin de vie. Ce moment de rupture entraîne souvent son lot de doutes, de constats, voire pour certains, de regrets. Il peut alors être source de décisions et de changements.

À ce moment-là, posez-vous cette question pertinente : faut-il changer l’extérieur de moi-même ou dois-je commencer par plonger dans l’intérieur de moi ?

Regarder au fond de soi-même

Plonger en soi, c’est agir sur soi. Car, comme nous l’avons souvent dit, nous avons du pouvoir sur nous-même et non sur les éléments extérieurs.

Monbourquette propose pour cela, de vider “notre sac à déchets”. Celui-ci se constitue de tous nos refoulements inconscients (qualités, émotions, traits de caractère…). Il suggère de le recycler afin d’éviter de laisser pourrir et fermenter ces déchets qui finissent par nous empoisonner. Cette action va permettre de réintégrer notre ombre et favoriser notre croissance personnelle.

Il ne s’agit pas évidemment de tout faire voler en éclat ni de tout rejeter. Mais cela nous aidera à aller regarder plus au fond de nous-même. Nous verrons ainsi ce qui nous empêche d’être nous-même (par crainte d’être exclu de l’amour de nos proches, du groupe, de la société …).

Le dilemme du moi social et du moi intime

Nous avons bien sûr besoin de nous adapter à minima à notre environnement. C’est pourquoi notre moi social se construit nécessairement grâce à nos efforts d’adaptation aux normes éducationnelles, morales et sociales. La difficulté est quand ce moi social prend le pas sur notre moi intime. Or, si le moi social ignore le moi intime, notre ombre sera trop grande. Elle deviendra alors menaçante et créera des tensions internes et des dilemmes récurrents entre nos deux “moi”. Comme le rappelle Monbourquette, “on n’échappe pas à un dilemme en supprimant l’un de ses deux aspects”.

Et oui, vous l’aurez déjà peut-être compris, nous allons à nouveau avoir recours à nos talents d’équilibriste !

Trouver l’équilibre entre l’égo idéal et l’ombre

Pour ce faire, il est important de :

  • être dans une attitude d’accueil de nos mouvements intérieurs afin éviter tant le défoulement que le refoulement ;
  • agir selon la philosophie Zen, que nous adoptons par exemple pour gérer la colère. Ce put être s’abstenir d’agir sous le coup de la colère mais se garder de la refouler. Ou alors l’accueillir en soi pour l’apprivoiser (Bulle de Bonheur #27 Je gère ma colère) ;
  • sortir du mode binaire : aimer ou haïr, exprimer ses émotions ou les refouler. C’est également travailler ou se reposer, se donner aux autres ou prendre soin de soi. Ou enfin agir ou méditer, entrer en relation ou s’isoler … Ainsi vous acceptez que l’apparente contradiction est en fait complémentarité et que le “ET” peut remplacer le “OU” (j’aime ma famille et j’aime avoir des moments seule sans eux).

Cet équilibre permet à notre moi social de ne pas générer une ombre trop importante.

En ce qui concerne un enfant, le rôle de l’éducateur sera de l’aider à construire son moi social (s’adapter aux normes et valeurs de son milieu) sans étouffer son moi intime. Donc il l’accompagnera avec souplesse et dans le respect de ses aspirations profondes et de son émotivité (ta colère est légitime mais ton geste violent n’est pas acceptable – Bulle de Bonheur #5 sur les émotions et #27 sur la colère).

Notons que chaque famille est portée à favoriser l’expression de certains sentiments et à en bannir d’autres. Dans telle famille, il peut être impossible d’avoir l’air faible, souffrant ou encore d’avoir peur. Dans une autre, ce sera le contraire : être fort, rayonnant ou éclatant de santé sera moins toléré.

Trouver un équilibre entre son égo et son ombre

En pratique : quelles sont les stratégies pour identifier et apprivoiser son ombre ?

Les stratégies pour identifier son ombre 

Pour résoudre cette tension qu’exerce l’ombre sur l’égo, il faut, dans un premier temps, lâcher prise sur l’ego. Il convient d’essayer tant bien que mal que celui-ci admette de ne plus être au centre du psychisme et de vouloir tout gérer selon son point de vue (voir Bulle de Bonheur #25  je découvre le pouvoir du moment présent).

Et dans un second temps, nous avons besoin de  reconnaître que nous avons une ombre (“on ne peut changer à l’intérieur de soi que ce que l’on a d’abord accepté”).

Vous êtes d’accord avec ces deux préliminaires ? Alors nous vous proposons de suivre la démarche concrète de Monbourquette. Nous vous invitons à emprunter ses exercices pratiques pour découvrir et intégrer notre ombre et en faire une véritable force créatrice.

Les stratégies pour apprivoiser son ombre

1 – La prise de conscience

Prendre conscience que nos projections sont inconscientes (donc ne pas culpabiliser ou en vouloir à nos éducateurs, nos milieux) et qu’elles viennent de nous (et non des autres !).

2 – Identifier ses projections et les composantes de son ombre

Voilà quelques questions à se poser :

  • Quelles sont les qualités que je voudrais qu’on me reconnaisse ? Quelles sont celles que j’admire chez les autres ?
  • Quels sont les défauts que je ne supporte pas, en moi et chez les autres ?
  • Quels sujets de discussion ai-je tendance à éviter dans mes conversations ?
  • Dans quelle situation je me sens devenir nerveux, hypersensible, sur la défensive ?
  • Quelles sont les critiques me concernant qui m’agacent ou m’irritent ?

3 – Initier un dialogue avec son ombre

Imaginez-la comme une personne avec laquelle vous dialoguez. Et positionnez-vous comme un arbitre qui va veiller à réconcilier les deux parties (votre moi social et votre moi intime).

Vous pouvez aussi personnaliser votre ombre et vous en faire une amie (si je crains, par exemple, d’être mise à mal par un client qui viendrait mettre en doute mes compétences, je peux essayer de dialoguer avec l’ignorant qui est en moi, de l’accepter et refuser de lui faire de la place dans ma vie). 

4 – Identifier ses blessures

Vous pouvez “adopter” l’enfant blessé qui est en vous (Bulle de Bonheur #95 Je retrouve l’enfant en moi) ou encore identifier les blessures dont nous vous avions parlé dans notre posdcast Bulle de Bonheur #18 sur les peurs. Nous sommes, en effet, tous à plus ou moins grande échelle, les héritiers de peurs (ou blessures) existentielles identifiées par Lise Bourbeau dans son livre “les 5 blessures qui empêchent d’être soi même” :

  • la peur du rejet
  • la peur de l’abandon
  • la peur de l’humiliation
  • la peur de l’injustice
  • la peur de la trahison

5 – Utiliser le “et”

Sortez de la vision binaire qui amène à penser que des qualités, des émotions ou encore des désirs sont contradictoires et incompatibles, alors qu’ils peuvent coexister et être complémentaires. Prenez donc conscience de l’existence en vous de ces “opposés” (l’aide d’une tierce personne pourra être utile) mais aussi de cet opposé qui vous attire ou vous repousse chez l’autre. Il est intéressant de se demander ensuite si vous n’avez pas besoin de ce trait ou de cette qualité pour contrebalancer vos traits excessifs. Par exemple, je suis de nature généreuse et je supporte mal l’égoïsme. En prenant l’envers positif de l’égoïste, j’arriverai peut-être à me dire qu’il faut que je sache prendre du temps pour moi.

6 – S’exprimer avec la forme affirmative

Cela permet d’éviter de formuler des interdits et de générer les nombreux refoulements qui y sont attachés. Notre podcast Bulle de Bonheur #31 sur la communication positive vous rappellera ou vous donnera les clés pour agir en ce sens. Quand je dis “j’ai du mal à rédiger ce rapport” au lieu de “je ne suis pas capable de rédiger ce rapport”, nous constatons bien que la 1ère formulation pousse à une action, contrairement à la 2ème qui ferme la porte à toute sortie de la problématique.

Ce voyage explorateur au fond de nous-même peut possiblement nous faire peur ou nous paraître long. Mais quel bonheur de découvrir une vraie richesse intérieure  “capable de nous faire rebondir en goût de vivre, d’aimer, de lutter et de foncer dans l’avenir dans cette foulée de vie” !

Allez hop je me lance

Si je résume

  • L’ombre est le côté caché et mal aimé de notre personnalité.
  • Reconnaître et accueillir notre ombre c’est apprendre à l’écouter, l’accepter et dialoguer avec elle.
  • Apprivoiser notre ombre, permet de mieux nous connaître.

À vous de jouer ! Vous avez 2 minutes pour penser à une qualité que vous admirez très fort chez quelqu’un. Ou à l’inverse, un défaut qui vous met dans tous vos états. Essayez d’identifier ce que ce mouvement intérieur vient révéler de votre ombre.

La petite mousse de cette semaine nous propose d’essayer de faire comme Ray Davis : “Aujourd’hui, je choisis de vivre dans la lumière de mes espoirs plutôt que dans l’ombre de mes doutes”. Ça se tente, non ?

Avec Bulle de Bonheur, prenez le temps d’être heureux !

C’est que du bonheur !

Partager du bonheur c’est aussi vous raconter l’histoire de Bulle de Bonheur. Il y a 2 ans, Raphaëlle de Foucauld et Albane Français parlaient de cette idée de podcast sur le bonheur. Effectivement Elles se sentaient partagées, chicotées. Est-ce vraiment une idée constructive et intéressante ? Etaient-elle en train de tomber dans un sujet à la mode, qui serait plus un truc marketing qu’un outil efficace pour vous aider à enrichir votre vie ? 

Et en même temps, savoir que la science avait prouvé que 40% de notre bonheur dépendait de nous, confirmait que le sujet était d’importance. Cela leur donnait sacrément envie d’apporter quelques bulles de bonheur à ce qui existait déjà ! Aujourd’hui, avec ces 100 épisodes de bulle de bonheur, vos milliers d’écoutes et vos remerciements nombreux. Elles ne regrettent pas d’avoir sauté le pas. Alors cette semaine, on ne chicotte pas ! on continue ! Longue vie à Bulle de Bonheur !

Alors c’est quoi le bonheur ?

Faire le choix du bonheur 

Cela suppose donc au départ un acte de volonté et la croyance que chacun peut être acteur de son bonheur. Et cet état d’esprit est important, car l’étude de Sonja Lyubomirsky a mis en évidence que 40% de notre bonheur dépend de nous. 10% seulement du bonheur est lié à notre environnement (milieu social, circonstances extérieures …) et 40 % est lié à notre génétique. Donc, attendre que le bonheur vienne de l’extérieur est une erreur. Qui n’a pas une amie, qui accablée de problèmes vous dit qu’elle est heureuse et qu’elle a de la chance. Pourtant,  ses enfants sont dans des situations instables. Ses parents malades lui demande un temps fou, du coup, elle a du mal à assumer son boulot comme elle aimerait. En plus son conjoint a tout le temps pleins de bobos… C’est fascinant de faire le choix du bonheur !

Accepter que le bonheur soit en nous JCela implique donc d’arrêter de faire dépendre notre bonheur des autres ou d’un futur hypothétique.

Exit les phrases comme : “ça ira mieux quand je serai en couple”. “J’aurai moins de difficultés quand mon enfant sera grand”. “Quand mon boss me donnera des dossiers intéressants, j’arrêterai de me plaindre de mon boulot.  “Quand on aura plus d’argent, je serais plus en sécurité ! Cf podcast #55 je suis acteur de ma vie

« Chercher le bonheur en dehors de nous c’est comme attendre le soleil dans une grotte orientée au Nord. » Adage Tibétain

Le bonheur et les fausses croyances

Exit également les fausses croyances : la beauté, le sexe, le pouvoir, l’argent et la célébrité ne sont pas synonymes de bonheur. je vous renvoie au livre de Mylène Rydaahl “le bonheur sans illusion”. Elle décrit si bien comment la vie rêvée des autres est un leurre ! Comme si les autres qui ont beaucoup plus de chance que moi. En fait, à bien les regarder ils sortent tout droit d’un dessin animé de Walt Disney ! En résumé, une princesse belle et intelligente qui épouse un prince gentil, fort et pleins d’argent. Ils sont heureux toutes leur vie et ne rencontrent aucun problème ! Est ce la réalité ? Certes avoir plus, ça fait envie, ça procurent des petits plaisirs, des montées d’adrénaline. Mais la science nous montre que l’accoutumance diminue ces effets et que ces acquis ne nous rendent pas plus heureux sur le long terme.  C’est ce la psychologie positive appelle l’adaptation hédonique dans le podcast 84 sur le désir

Jean de la Fontaine, nous le disait déjà ! “Ni l’or ni la grandeur ne nous rendent heureux.”

Passer à côté du bonheur  

De quoi parlons-nous exactement ? A en croire Google, nous sommes nombreux à nous poser la question puisqu’il y a environ 70 000 recherches par mois pour le mot «bonheur» et plus de 450 000 pour «happiness» !

Chaque individu a sans doute sa propre idée du bonheur en fonction de son vécu et de sa personnalité. 

Voici celle de Bulle de Bonheur.  Le bonheur est envisagé comme un chemin à emprunter plus qu’un résultat à atteindre. En fait, nous mettons à la porte la “tyrannie du bonheur”. En réalité, le bonheur n’est pas un devoir, c’est un droit que l’on choisit d’exercer ou pas.

Si j’imagine le bonheur comme une lumière au bout d’un tunnel, comme un aboutissement de perfections. Je suis peut-être sur une mauvaise voie. Certes, le chemin du bonheur peut être sinueux, avec des cailloux, des montagnes, voire de très grosses montagnes … En revanche, il a aussi des fleurs, de beaux paysages, des aires de repos dont il faut savoir profiter.

Si je passe à côté de toutes les petites choses positives du quotidien c’est comme passer à coté du sourire d’un enfant malgré ces 39 de fièvre. Ou alors, un sms sympa d’un collège dans une journée particulièrement difficile. Enfin, la poubelle descendue par mon ado que je trouve particulièrement mou en ce moment. Pour finir, cette citation amérindienne résume bien ces propos. « L’homme qui regarde l’horizon ne voit pas la prairie devant lui. » 

Etre dans la gratitude

Dire merci à un enfant qui a fait maladroitement son lit un matin, sourire à une personne esseulée. Ou bien, dire 3 mots à la caissière du super marché, remercier ma collègue pour son coup de main. Enfin, accepter de recevoir un compliment ou prendre le temps d appeler ma mère. Ce sont  pleins de détail du quotidien qui quand ils sont reconnus nous mettent en joie et nous permettent de vivre de petits moment de bonheur ! #20 j adopte la gratitude. #11 je dis 3 mercis par jour ou je cultive la joie #9

L’expérience de Mc Cullough

Les effets réels de cette reconnaissance ont été mis en valeur par Robert Emmons de l’université de Californie et son collègue Michael McCullough, de l’université de Miami. Ils ont demandé à trois groupes d’individus de tenir un journal. Les premiers devaient noter les expériences de leur vie quotidienne, les deuxièmes celles qui leur occasionnaient des sentiments désagréables et les troisièmes les choses pour lesquelles ils éprouvaient de la reconnaissance.

Dix semaines plus tard, ceux du dernier groupe cad qui notaient des évènement positifs était les plus enthousiastes et les plus optimistes. Donc, plus vous pratiquerez la gratitude, plus vous trouverez des raisons d’être reconnaissants… de cultiver votre jardin du bonheur ! 

Le bonheur c’est se tourner vers les autres

L’étude d’Harvard à duré 75 ans !

Cette étude d’Harvard est à la genèse de la création des jeux 2 minutes. En effet Les chercheurs ont publié, fin 2015, une étude sur le bonheur menée durant 75 ans auprès de 724 hommes. 

La moitié d’entre eux étaient issus d’Harvard et l’autre de quartier défavorisé de Boston. Chaque année ils étaient interrogés et passés au crible : Le psychiatre et professeur américain Robert Waldinger est celui qui a exploité les données nous dit : “Nous ne faisions pas que leur faire remplir un questionnaire, nous les interviewions chez eux, nous récupérions leurs dossiers médicaux chez leurs médecins. On prélevait leur sang, on scannait leur cerveau, on parlait avec leurs enfants. De plus, on les filmait en train de parler avec leurs femmes de leurs plus gros soucis.”

Les résultats au bout de 75 ans !

Alors 75 années plus tard, le bilan, remet tout d’abord en cause l’impact du milieu social sur l’aptitude au bonheur, ce n est pas la hauteur du compte en banque la voiture, la taille de la maison ou le confort du quotidien qui prime, c’est la qualité de nos “connexions sociales” et enfin que “la solitude tue”.

En effet, les personnes qui sont plus connectées socialement à leurs amis, à leur famille, à leur communauté, sont plus heureux et sont physiquement en meilleure santé et vivent plus longtemps que ceux qui sont moins connectés.

L’étude sur l’amitié

Selon Richard Tunney, professeur de psychologie à l’université de Nottingham , Pouvoir compter au moins sur cinq amis est un gage d’équilibre et d’épanouissement,. Il a interviewé 1.700 personnes sur le thème de l’amitié, et celles qui n’avaient pas de solides liens amicaux se disaient les moins heureuses. L’amitié, c’est comme le jardin, ça s’entretient !

Le proverbe hindou qui nous dit que Le vrai bonheur consiste à rendre les autres heureux. prend tout son sens

Le bonheur c’est être bien avec soi

C’est prendre du temps pour soi, souffler, se changer les idées avec une bonne lecture ou un film détendant. Ou encore, marcher, dormir, faire du sport, bricoler. Toutes ces petites actions ressourçantes sont sources de bonheur. Et sont souvent celles que nous oublions souvent pour être en harmonie. 

Gandhi nous dit : “Le bonheur, c’est le moment où ce que tu penses, ce que tu dis et ce que tu es sont en harmonie.”

Changement de regard

Comment continuer son voyage vers le bonheur ?  

Depuis 2 ans, nous vous proposons des outils, des changements de regards, des témoignages, des questionnements.

Continuer à voyager, c’est également continuer à explorer. C’est ce que nous faisons chaque semaine chez Bulles de Bonheur ! 

La thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT)

Cette approche, développée aux Etats-Unis par Steven Hayes, nous propose un autre regard que celui de la psychologie positive ou des thérapies cognitives. En même elle concentre plusieurs de nos Bulles de Bonheur. Cette approche s’attache davantage à “la souplesse psychologique”. Soit notre capacité à composer avec les pensées et les émotions douloureuses. Elle vise à vivre une existence riche et pleine de sens tout en gérant la souffrance qui fait inévitablement partie de la vie. Nous vous présentons ici quelques pistes tirées du livre de Russ Harris “le piège du bonheur”. 

Sortir du piège du bonheur

Commençons par Russ Harris qui nous invite à sortir du piège du bonheur, c’est-à-dire à se défaire de mythes. 

Quels sont ces mythes ?  

1- “Les gens malheureux sont déficients”, 

2- “Il faut se débarrasser des émotions négatives”, 

3- “Il faut contrôler nos émotions et nos pensées

Il est certain que cela peut être un travail difficile de se débarrasser de ces fausses croyances podcast #29 car elles sont fortement véhiculées par nos sociétés. En réalité, la société occidentale pose en effet un regard négatif sur les émotions malheureuses et présume que la souffrance mentale est anormale. Donc, elle nous enjoint à être heureux et à positiver. 

Accepter la réalité

Or nous l’avons vu, les émotions, agréables ou désagréables, sont toutes de précieux indicateurs pour nous guider sur notre chemin de vie (Bulle de Bonheur # 5). Et il serait dangereux de vouloir les nier et vain de penser pouvoir les contrôler. Comme la mort fait partie de la vie, les erreurs, la déception, la souffrance en sont aussi des dimensions. Donc, faire croire qu’une vie sans souffrance et sans aspects négatifs est possible est un leurre.  C’est comme si, je vous faisais croire que ces 100 numéros de bulle de bonheur ce sont passées dans le bonheur le plus total ! Nous pourrions vous parler des moments de stress avec des enregistrement à l’arrache. Parfois même dans des endroits improbables. De plus, des moments de solitudes face à des phrases ou des idées difficiles à ordonner. Et aussi des fous rires à cause d’enregistrement ratés, de joie folle à raconter des anecdoctes dont nous rions encore. Sans parler du bonheur immenses de recevoir vos témoignages d’encouragements 

 Le bonheur n’est pas inné

Pour les praticiens de l’ACT, un premier pas vers le bonheur est de reconnaître que celui-ci n’est pas inné. 

Rappelons que la préoccupation primaire de l’Homo Sapiens était d’être à l’affut de tout ce qui pouvait être un danger et de tout ce qui pouvait lui éviter un préjudice, afin d’être certain de pouvoir assurer ses besoins vitaux. Des milliers d’années plus tard, l’esprit humain a beaucoup évolué, devenant plus performant à prévoir et à éviter le danger qui est toujours présent. Toutefois, il a changé de forme : plus de crainte du mammouth ou du lion, mais peur du chômage, du rejet, des échecs, du jugement, de la maladie et beaucoup d’autres choses. Finalement, cette habitude de s’inquiéter pour des choses qui ne se réaliseront peut-être pas génère un état de tension et de stress. D’ailleurs, l’OMS a annoncé que la dépression pourrait être au 2e rang des maladies actuelles les plus répandues (elle était au 4e rang en 2016).

Regarder les faits tels qu’ils sont !

La base est donc d’accepter la réalité, de regarder les faits tels qu’ils sont. Même si cela ne nous convient pas dans un premier temps. “Impossible de construire quoique ce soit sur des illusions ou sur du vent !”. Mais bonne nouvelle, quand les faits sont séparés des jugements, la réalité prend soudainement une teinte beaucoup plus douce. Et puis accepter, ne veut pas dire se résigner. En fait, la quête du bonheur passe en effet par l’action, alors allons-y !

le bonheur

En bref !

1- Ma perception du bonheur dépend de moi.

2- Le bonheur se trouve souvent à portée de main, dans mon quotidien.  

3- La quête du bonheur dépend de ma façon de regarder la réalité 

4 -le bonheur est un voyage qui passe par la gratitude

A vous de jouer ! 

Une carte de 2 minutes ensemble ! (ou plus !) pour répondre à la question suivante :

Quel a été mon moment de bonheur aujourd’hui  ?  

Je découvre les vertus de l’effort

L’effort une contrainte ou une source de bien-être ?

Parfois, j’ai l’impression que mon quotidien se résume à liste de “to do”. Je dois tout le temps faire des efforts pour prendre sur moi, pour continuer à avancer, pour faire tourner le quotidien. Pourquoi est-ce que je m’impose tous ces efforts ? L’efforts est-il seulement contraintes et obligations ou peut-il être source de bien-être ?

L’effort est partout

Toutes les sphères de notre vie sont envahies par les efforts

Dans la petite enfance, nous avons appris à faire des efforts pour finir notre assiette ou terminer nos brocolis, pour mettre nos chaussures seuls ou encore pour apprendre nos tables de multiplication et rapporter de bons bulletins. Puis, l’effort a investi peu à peu le champ des relations humaines. Comme essayer d’être gentil avec nos frères et sœurs, écrire une lettre à sa marraine, dire bonjour/merci. Une fois adulte, nous faisons des compromis en couple. Nous faisons l’effort de composer avec les défauts de notre partenaire. Et puis, le monde du travail qui exige aussi son lot de dépassement de soi-même. Quand on est sportif, les efforts fait pour se maintenir émir au niveau.  Comme vous le constatez, le tableau de nos efforts est bien rempli ! 

Nous accordons plus de valeur à ce que nous faisons nous même

Au-delà de toutes ces situations qui nous forcent à nous dépasser, vous est-il déjà arrivé de constater que vous accordiez systématiquement plus de valeur à quelque chose sur lequel vous avez beaucoup travaillé ? Etes-vous familier de l’adage « No pain, no gain » ? Etes-vous plus touchée par un cadeau fait maison que par un cadeau acheté ? Avez-vous ce réflexe de penser que quelqu’un qui travaille beaucoup est plus intelligent, important ou intéressant que quelqu’un qui travaille moins ? Si oui, sachez que vous n’êtes pas le seul. Ce biais cognitif a été démocratisé sous le nom de l’effet IKEA. Ce concept voit le jour en 2011 sous l’impulsion des médecins Michael I. Norton de la Harvard Business School et Daniel Mochon de l’Université de Yale. Ils ont démontré que nous accordons plus de valeur à ce que nous faisons nous-mêmes, une sorte de lien d’affection se créé. C’est ce phénomène qu’exploitent beaucoup d’entreprises qui nous vendent pour un certain prix des produits que nous construisons nous-mêmes, des gâteaux prêts à cuisiner ou encore des kits de couture pour confectionner notre propre garde-robe. 

Profiter du fruit de ces efforts

La justification de l’effort

Revenons un peu aux sources de ce biais cognitif. Pour cela, remontons à 1957. Léon Festinger est un psychosociologue américain décédé en 1989 qui a enseigné notamment à Stanfort et à la New School for Social Research à New York. Il est le père du concept de dissonance cognitive. Alors, la dissonance cognitive se manifeste dans la tension que ressent un individu dont l’attitude ou les comportements ne sont pas cohérents avec ses idées ou ses croyances. D’une certaine façon, c’est le fait de manquer d’alignement entre ce que nous pensons et ce que nous faisons. La dissonance peut notamment trouver sa source dans l’engagement de l’individu dans une activité désagréable pour atteindre son objectif. Cette activité déplaisante génère un inconfort psychologique, une sorte de malaise que chacun cherchera intuitivement à réduire. Or, selon Festinger, les individus ajusteraient a posteriori leurs croyances ou leurs idées pour justifier leur comportement. L’homme rationalise après coup. En d’autres termes, pour obtenir ce que vous voulez, vous vous êtes infligé une certaine dose de souffrance. Pour vous justifier a posteriori, vous réévaluez à la hausse la valeur du résultat obtenu. C’est ce que l’on appelle la justification de l’effort

L’expérience de Aronson et Mills

Une expérience très intéressante d’Aronson et Mills en 1958 l’a démontré.  Ils ont confronté deux échantillons de personnes souhaitant rejoindre un même club. Le premier échantillon dut faire peu d’effort pour rejoindre le club tandis que le deuxième dut passer par un parcours plus difficile avant d’accéder eux aussi au club. La première activité proposée par le club fut résolument dénuée d’intérêt et ennuyeuse. Et pourtant, lorsque les chercheurs interrogèrent les deux groupes, le groupe qui avait produit le plus d’effort pour accéder au club présenta un niveau de satisfaction très élevé et beaucoup plus élevé que l’autre groupe. Inconsciemment, ils justifiaient la peine qu’ils avaient eue pour l’intégrer. C’est ce même mécanisme qui s’exprime notamment dans le bizutage. La fraternité qui propose le bizutage le plus corsé est souvent la plus populaire aux yeux des étudiants. 

Le sacrifice et l’effort

Ce biais cognitif de justification de l’effort dont nous sommes imprégnés nous pousse parfois à creuser nos efforts encore et toujours plus. La frontière avec le sacrifice n’est plus très loin. C’est ce sportif qui continue de courir malgré sa blessure, ce couple qui essaie de sauver vaille que vaille son mariage, ce salarié qui accepte toujours plus de dossiers et se laisse glisser sur le chemin du burn-out. Ici, l’effort est une forme de justification de la souffrance. C’est ok d’avoir mal si c’est pour la bonne cause. Mais dans toutes ces situations, quelle est la valeur produite par l’effort ? Faut-il continuer ? Dans « no pain, no gain », il y a t-il toujours l’espoir d’un gain supérieur ?  

Accepter la vie qui nous est donnée

Pour profiter du fruit de notre labeur et de nos efforts nous pouvons trouver un équilibre entre acceptation de la vie et l’effort pour l’améliorer. C’est notre principal rempart contre l’acharnement et le sacrifice. En d’autres mots, nous pouvons goûter les bienfaits de ce que nous réalisons à force de volonté tout en acceptant nos limites. 

Le soleil des Scorta

Je pense alors à toute une littérature un peu fataliste qui s’attache à démontrer que malgré tous leurs efforts, les héros sont rattrapés par leur destin. Cette trame se développe notamment dans le Soleil des Scorta de Laurent Gaudé. Sublime roman qui nous transporte sur les traces de la famille Scorta, une famille d’italiens besogneux qui portent le poids de leur lignée et essaient de s’élever au-dessus de leur très modeste condition. Leur but est de transmettre un maigre héritage pour les générations suivantes. Leur vie de labeur pourrait les résoudre à la fatigue et à la douleur mais ils sont comme l’Italie : solaires et joyeux. Au fil des pages, le lecteur comprend que leur joie leur vient de leur abandon à la vie, au destin, à ce qui leur est donné. Ils ont accepté qu’ils ne pourraient pas tout changer. Ils ont su profiter de ce qu’ils avaient déjà et se contenter du confort minimum qu’ils ont pu aller chercher au prix de leurs efforts. C’est ce qui leur apporte apaisement, félicité et une paix intérieure. 

Chaque page est un bijou, je pourrais citer le roman en entier mais j’aime particulièrement cette citation « Il avait couru après l’argent. Il avait travaillé jusqu’à ce que ses nuits ne soient pas plus longues que ses siestes. Mais oui, il avait été heureux. Son oncle Faelucc lui avait dit un jour : « Profite de la sueur ». C’est ce qui lui était arrivé ». Je lis deux enseignements : l’effort est une source de joie mais le lâcher-prise, l’abandon ne nuit pas. 

La genèse de l’effort

Comment je gère l’effort dans un monde hédoniste ?

Nous vivons dans une ère hédoniste qui a anéanti de nombreuses sources de frustration, l’ère du « tout, tout de suite », dans laquelle l’effort et le temps long sont les parents pauvres. L’autre jour, une amie me racontait comme elle avait été dépourvue devant son ado qui refusait de lire une des œuvres complètes au programme de son bac de français au motif que le résumé est sur internet et qu’il lui avait permis de très bien saisir les grandes lignes du roman. Le jeune homme opposait de bonne foi à sa mère « Mais pourquoi est-ce que je me donnerais du mal alors que ça peut être facile ? » 

Et pourtant, l’effort est une tension, un élan vers un progrès. C’est le mouvement qui nous permet de nous élever au-delà du donné. Un effort implique donc une résistance, un combat contre un obstacle. C’est par exemple ces 42 kilomètres de course qui vont mettre mes muscles à rude épreuve et qui laisse le marathonien rincé et épuisé, voire claudiquant. C’est aussi ce problème de mathématiques que je ne sais pas résoudre et qui va me demander beaucoup de créativité. 

Qu’en dit la psychologie positive ?

Martin Seligman, notre professeur de psychologie américain fait la différence entre plaisir et effort. Le plaisir est une source d’émotions positive furtive et temporaire. Le plaisir une expérience positive sur le moment mais qui ne contribue pas au bien-être durable. La gratification, en revanche, est un vecteur fort de bonheur. Martin Seligman a lui-même développé des expériences qui démontrent que c’est un puissant bouclier contre la dépression. En effet, une tâche relativement difficile nécessite que nous mettions nos forces et nos compétences an action. Faites un petit détour par notre bulle de bonheur #24 Je reconnais mes talents pour identifier vos compétences. 

Mihali Csikszentmihalyi le psychologue hongrois, le père du flux podcast #91 a étudié les effets de la gratification que nous recevons de nos efforts sur deux populations de 250 adolescents. Les uns avaient un fort niveau de flux donc une plus forte propension à se dépasser et les autres uns plus faibles. Ses conclusions sont édifiantes. Les adolescents au faible niveau de flux ont plus de chance de développer des comportements apathiques ou de faire des dépressions que les autres. Plus tard, les ados qui ont le plus haut niveau de flux sont ceux qui poursuivent leurs études, entretiennent des relations matures et solides. Ce sont ceux qui s’approchent le plus du bien-être durable. Instinctivement, nous recherchons le plaisir, nous évitons les activités qui peuvent nous causer une légère souffrance ou un quelconque inconfort. Alors que ce sont précisément ces activités qui nous rendent heureux. 

Les bienfaits que nous apportent nos efforts

L’effort nous pousse au dépassement 

L’effort nous pousse à vaincre une résistance ou à dépasser un obstacle.  Nous allons déployer nos forces, nos talents pour venir à bout de ce qui nous empêche d’atteindre notre objectif. L’effort représente une révélation de nous-même. Par exemple, certains alpinistes vont trouver des ressources inespérées en eux pour atteindre un sommet. Plusieurs fois, ils souhaiteront abandonner et pourtant, ils finiront par l’atteindre. D’autres vont aussi faire preuve de créativité pour trouver un nouveau moyen de réaliser leurs objectifs. Je pense aussi à ces couples que je vois en consultation qui semblent dans une impasse. Ils ne trouvent plus au quotidien de sources de joie à deux, sont parfois fatigués de l’état de leur relation. Je sens parfois que leurs efforts pour mieux communiquer et retrouver le chemin de l’apaisement sont infructueux. Je leur conseille alors de faire preuve de fantaisie, de chercher à rompre la routine pour recréer de la magie dans de bons moments ensemble. Croyez-moi quand je vous dis que ça leur demande aussi beaucoup d’efforts. C est aussi celui qui s acharne a retrouver une force physique après un accident ou un cancer. 

L’effort ré-introduit la frustration, l’attente.  

Cette attente nous semble parfois interminable car nous sommes bien entraînés aux plaisirs rapides et immédiats. En fait, les succès qui s’exposent sur les réseaux sociaux ou à la télévision nous laissent penser que tout est à portée de main et que tout est du. L’effort nous fait éprouver la distance ou la durée qui se tient entre nous et notre objectif. Et parfois, c’est ce qui nous permet de réinterroger notre objectif. L’effort peut nous inviter à remettre en question les raisons qui nous ont poussées à nous lancer et ainsi nous reconnecter à nous-mêmes. Encore une nouvelle étape de révélation à soi-même.

En exemple, ça donne quoi ?

Par exemple, je me lance dans un régime. Au fur et à mesure, ma volonté diminue, mes efforts créent plus de souffrance que de bénéfices. Alors, je peux réinterroger mes objectifs, les confirmer alors je peux utiliser la méthode WOOP Cf podcast 81. Ou alors, je peux réaliser que je ne me trouve pas si grosse que ça. Ce qui me dérange c’est plutôt de ne pas être aussi fine que mon amie ou bien de subir les regards de ma famille sur la plage. Mais moi je m’aime bien comme ça, cet effort ne correspond pas à une réelle aspiration intérieure. 

Autre exemple, je peux penser à tous les efforts que je fais pour entretenir la relation avec mes parents. Je mets parfois un mouchoir sur des petits réflexions pour lesquelles je me vexais il n’y a pas si longtemps, je compose avec leurs contraintes ou leur indisponibilité, je me bats avec mes croyances sur ce qu’ils pensent de moi. Je remarque que notre relation se nourrit alors du positif et qu’elle s’apaise. Que nous arrivons de partager d’excellents moments ensemble tout en nous disant les choses vraiment importantes avec plus de douceur. Je constate combien cette relation adoucie me rend plus heureuse et m‘allège d’un poids, combien mes efforts valent la peine. 

L’effort est une source d’estime de soi 

D’autre part, Apprendre à se dépasser soi-même, en déployant nos talents, en venant à bout de nos obstacles, nous prenons conscience de nos capacités. Nous sommes fiers de nous-mêmes et nous sommes capables de continuer à progresser car nous nous faisons confiance. Une bonne piste de dépassement de soi consiste à identifier sa zone de confort pour chercher à en sortir progressivement. Notre Bulle de bonheur #57 vous aidera à comprendre pourquoi et comment. La confiance podcats #7 est un cercle vertueux : plus j’en ai, plus je me pousse, plus j’en acquiers et ainsi de suite. Plus j’ai de confiance en moi, plus je suis résilient et mieux je sais accueillir l’échec en y lisant une source d’apprentissages podcast #34 je dépasse mes échecs. Par exemple, lorsque nous accompagnons nos enfants sur le chemin de l’autonomie (notamment les petits), nous ne cherchons pas seulement à déléguer nos petites tâches de mamans, nous les accompagnons aussi pour qu’ils prennent conscience de leurs capacités, qu ils essaient et qu ils réussissent. Nous leur donnons aussi l’impulsion pour continuer à en développer de nouvelles. 

L’effort apporte du sens à nos actions

Il est important de se motiver et pour ce faire, de visualiser le résultat à atteindre. Grâce à cette visualisation, rappelez-vous, nous vous en avons parlé dans notre Bulle de bonheur #81 Je reste motivé grâce au WOOP, nous anticipons la joie de l’accomplissement. La joie podcat 9 est un carburant essentiel pour tout ce que nous souhaitons développer. Elle va conditionner notre cerveau pour être plus optimiste et créatif. C’est aussi ce qui va nous permettre d’oser, nous l’avons abordé dans notre Bulle de bonheur #87. Pour activer notre volonté et faire preuve de détermination devant l’effort, nous allons préciser, affiner et confirmer notre aspiration. Il se créé une connexion entre ce que je souhaite profondément, mes valeurs et mes actes, ce qui est porteur de sens. Pour vous poser la question de vos valeurs, vous pouvez aller faire un petit tour par notre Bulle de bonheur #75 J’identifie mes valeurs

Tout acte nécessite l’effort ? 

Pour conclure, nous sommes tentés de penser que puisque l’effort est un exercice porteur de sens qui nous révèle à nous-mêmes c’est qu’il est forcément bon. 

Isabelle Queval, ancienne tenniswoman de haut niveau reconvertie dans l’enseignement et la philosophie, s’est dédiée à la recherche dans le domaine de l’effort sportif. Dans son essai Philosophie de l’effort, elle propose, je cite « une conception de l’effort comme ajustement aux choses, plutôt que comme outil de domination, comme connaissance de soi plutôt que comme dépassement. Il s’agit aussi d’initier un autre rapport au temps, à autrui, à l’environnement ».  Le bon effort serait celui qui nous permet de nous trouver, de nous accomplir en tant que personne. Il est ajusté à nous-même et non à des pressions extérieures et s’intègre dans l’écosystème sans chercher à le dominer à tout prix. Ce serait une connexion à son moi profond qui s’affranchit d’une échelle de performance standard. Le bon effort n’est pas un effort pour repousser toujours plus nos limites intellectuelles ou physiques, dominer les autres ou atteindre le haut du classement. Il est le plein déploiement de notre potentiel pour nous-mêmes, il est un accomplissement de soi pour soi. Un effort moins doloriste, moins brutal et moins compétitif source de joies et de bonheur

Je m’émerveille !

C’est l’émerveillement ! La terre débouche tout à coup sur l’eau à perte de vue. Un matin, sans crier gare, la rue est recouverte de neige tombée durant la nuit et tout semble paisible et immuable. Assise sur un banc dans un jardin public, j’entends les oiseaux chanter, occuper l’espace du ciel et des arbres et cela semble être la première fois que leur présence est si réelle. 

Quelque chose de similaire vous est déjà arrivé ?

C’est quoi l’émerveillement

Il y a comme un étonnement dans l’émerveillement, une rupture d’évidence qui, parfois, nous éblouit. D’abord, l’émerveillement c’est peut-être, un regard… presque naïf, immédiat… posé sur le monde, la nature, l’humanité, mes proches, moi-même et ma propre vie, non pas la vie comptée en jours mais celle que je sens battre au-dedans.

« L’émerveillement est un sentiment d’admiration mêlée de surprise »

nous dit le dictionnaire. L’émerveillement est spontané, inattendu. Pour commencer, il me saisit dans l’instant présent, il me fait sortir de moi-même, me ramène au réel. Ensuite, Mon esprit « s’immensifie » et mon coeur se dilate. Par exemple, je suis concentrée sur mes soucis domestiques et me voici tout d’un coup plongée dans la vie elle-même. Comme par magie. Une fois estompé, l’émerveillement laisse derrière lui une sensation de satisfaction sans mélange dont le souvenir m’imprègne avec clarté et me rassérène. 

L’émerveillement est « un sentiment d’humilité devant le merveilleux et une appétence pour l’aventure de la vie ».

Une bien jolie phrase du  psychologue allemand Kirk J. Schneider. En réalité, l’émerveillement, c’est le regard de l’enfant qui voit quelque chose pour la première fois et ne cesse de le regarder chaque fois comme pour la première fois. En vrai, qui n’a jamais raccompagné un enfant de l’école l’après-midi, s’agaçant de ses arrêts multiples devant chaque feuille d’arbre ? Brindille ? Caillou ? Poussière ? Lignes dessinées au sol par les pavés du trottoir ? Tout compte fait, le monde l’absorbe tout entier et ses sourires peuvent m’agacer ou m’absorber tout entier à leur tour. 

S’émerveiller, c’est capter un moment furtif

Depuis toujours hommes et femmes qui s’émerveillent tentent de capter ce sentiment évanescent qui ne cesse de se présenter à eux et de leur échapper. En fait, dans les traditions spirituelles et religieuses, l’émerveillement, en me déconnectant de mon « moi »égoïste, me permet de me connecter à l’universel et à l’infini, au divin.

Enfin, d’un point de vue philosophique, « l’étonnement, cet état qui consiste à s’émerveiller, c’est le sentiment tout à fait caractéristique du philosophe » écrit Platon, c’est le point de départ nécessaire à tout questionnement sur le monde, à toute rêverie.

Les  conditions favorables à l’émerveillement. 

Comment faire pour entretenir ce regard d’admiration et de surprise, de gratitude et d’innocence sur le monde qui m’entoure ? Comment m’ouvrir à cette « puissance d’émerveillement » en moi ? 

Je suis responsable de mon émerveillement

Tout d’abord, en français, le verbe s’émerveiller est un verbe pronominal et cette forme est essentielle. Ce n’est pas le monde, ce ne sont pas les gens qui sont responsables de mon émerveillement, c’est moi-même. Si, je décide de me laisser la possibilité de m’émerveiller. Alors, il ne s’agit pas de comptabiliser les qualités admirables d’un proche, d’un paysage ou d’une situation mais de libérer en moi cette capacité d’accueil de la rareté et de la valeur de ce que je regarde et vis.

L’émerveillement est un état d’esprit

« Être vivant c’est apprécier la valeur inestimable de la vie humaine et en faire quelque chose car sinon c’est comme arriver dans l’ile des joyaux et en repartir les poches vides » nous disent Christophe André, Matthieu Ricard et Alexandre Jollien dans leur ouvrage « A nous la liberté ».

L’émerveillement commence par une disposition d’esprit. Ainsi, dès le réveil, je peux mettre en place un rituel qui me permet de bien commencer ma journée. Je me focalise sur ce que j’aime. Pour certains, cela rimera avec câlins, pour d’autres avec un petit déjeuner qui ouvre les papilles, certains mettent la musique fort et engrangent de l’énergie, certains encore prendront une douche brûlante.

Et vous, quel est votre feel good matinal, ce petit « truc » en plus qui vous met des papillons dans les yeux et vous permet de vous émerveiller ? 

S’émerveiller, c’est admirer les personnes

En réalité, voir en l’autre quelque chose que je n’ai pas, reconnaître, un peu, ma propre insuffisance et la grandeur de l’autre.

S’émerveiller de son conjoint, de ses enfants, de ses collègues, de ses voisins. S’émerveiller les uns les autres. Puis, valoriser la confiance et l’amitié. Et voir le meilleur de chacun remonter à la surface. Un exercice parfois périlleux quand l’énervement est là ! Il est si facile de se focaliser sur les manques des personnes avec lesquelles je vis que j en oublie de continuer à admirer de leur talent.

S’émerveiller, c’est admirer la nature

La nature peut alors nous ouvrir un chemin vers l’admiration. Ne dit-on pas admirer un paysage ? En effet, les chercheurs ont constaté que les passants qui marchent devant une longue façade en béton ou en verre fumée ressentent moins d’émotions. En fait, ils sont d’humeur plus maussade que lorsqu’ils parcourent des espaces verts, une avenue bordée d’arbres ou un parc par exemple, a fortiori un espace naturel. Là, leurs émotions et leurs humeurs deviennent positives. Cette affinité innée avec la nature s’appelle la « biophilie », elle a été énoncée par le biologiste Edward O. Wilson. Pourquoi ne pas s’en inspirer et écouter d autres épisodes de Bulles de Bonheur lors d’une promenade en forêt ?

S’émerveiller, c’est un apprentissage

Un apprentissage qui prend du temps !

Point important, s’émerveiller a beau être accessible à tous en toute circonstance. Il s’agit aussi d’un apprentissage qui requiert du temps. Quand, j’ai pris l’habitude de réagir à certaines situations données de la même façon – ou presque – chaque fois. Cela s’appelle un automatisme mental et ce mécanisme ne laisse pas beaucoup de place à la surprise et à l’étonnement… c’est comme si je m’étais enfermée toute seule dans une toute petite boîte.

Par exemple, face à mon conjoint qui chaque matin dépose ses chaussettes dans le coin de la salle de bain alors que le panier de linge sale se trouve sur le palier, j’ai pris l’habitude de m’agacer. Et même si ce matin je me sens d’excellente humeur, aimante de cet homme à mes côtés et bien là, non… c’est trop… mon cerveau est branché sur pilote automatique et pif, paf, pouf… Alors, chaussettes égale agacement, je maugrée, le soleil dehors a disparu et les enfants crient et comme d’habitude, c’est « toujours la même chose »…  Vous connaissez ? Rions Mesdames Messieurs ! Notre cerveau est plastique. Il se formate et se re-formate en fonction de nos agirs.

Sortir du pilotage automatique

Devant une situation donnée, plutôt que de réagir immédiatement et automatiquement, reprenons notre liberté intérieure, et apprenons à choisir une réponse appropriée. Pourquoi ne pas cultiver la gratitude (cf podcast #20) commencer un cahier de gratitude. Par exemple,  dire merci tous les jours pour mille et une petites choses qui se sont bien passées. Ou encore,  laisser ce regard positif prendre le pas sur le négatif et changer peu à peu de regard. Cf podcats #35 je pratique la pensée positive. Je peux aussi prendre le habitude de dire 3 mercis par jours. Podcast #11. Plutôt que de se concentrer sur les chaussettes échouées dans le coin de la salle de bain, je peux me concentrer sur le café que m’a prépéré mon chéri. Il s’agit de créer une nouvelle habitude. 

« l’émerveillement est facilité par la disponibilité mentale. »

Nous dit Christophe André, psychiatre français.En fait, il s’agit ici cette fois de créer de l’espace pour accueillir l’inattendu. Autrement dit quitter ce petit vélo dans la tête qui ne cesse de pédaler, vous savez, celui qui vous rappelle qu’il faut…  payer la facture d’électricité, répondre aux e-mails, inscrire les enfants à leur activité, organiser la soirée d’anniversaire, préparer les sacs pour le week-end, remplir la déclaration d’impôts, refaire son CV, prendre des nouvelles de sa grand-mère, plier le linge, faire les courses, etc. En réalité, le flux d’informations qui nous assaille est tel qu’il est aisé de s’y engouffrer et de s’y perdre. Nous n’avons plus de disponibilité pour ressentir. Sentir. Imaginer. Constater. S’étonner.

La méditation pour recréer de la disponibilité mentale 

En fait, de nombreuses techniques somatiques existent, parmi elles, la méditation. Basée sur la respiration et les sensations, la méditation permet par un retour en soi, de revenir à ici, maintenant. En fin de compte, je ne fuis pas dans la nostalgie du passé ou dans un futur fantasmé. Mais, mes pensées ne vagabondent pas d’un impératif ou d’un sentiment à l’autre. Je sens le soleil briller, je vois les arbres pris au vent, je sens mes pieds au sol et mon coeur bat, j’entends la voix d’un enfant au loin.

Etes-vous tentés ? On essaye ? C’est parti. 

Exercice de médiation

Installez-vous dans votre fauteuil, votre canapé ou au sol dans une position confortable Fermez les yeux. Inspirez calmement, sentez votre ventre se gonfler et se dégonfler lorsque vous expirez, tel un ballon de baudruche qui se gonflerait et se dégonflerait depuis l’intérieur de votre corps. Votre esprit se focalise sur ces mouvements d’inspiration et d’expiration, votre respiration devient consciente d’elle-même. Si une pensée traverse votre esprit, laissez-la venir et laissez-la repartir. Restez concentrés sur ce va et vient du souffle, sentez vos mains sur vos genoux, votre tête flottant au-dessus de votre cage thoracique grande ouverte. Si des émotions émergent, laissez-les venir, et repartir. Votre bassin est ancré dans le sol. Votre respiration trouve son propre rythme. Lorsque vous ouvrez à nouveau les yeux, le monde vous apparaît différent, nouveau. Beau.

Comment vous sentez-vous ?

Les vertus de l’émerveillement

Prêt à vous émerveiller ? Les vertus de l’émerveillement sont multiples et agissent au quotidien. Ne nous en privons pas !

Les sentiments positifs

Tout d’abord, les sentiments dits positifs -la gratitude, l’empathie, la bienveillance – n’ont plus rien à prouver quant à leurs effets bénéfiques sur la personne qui les expérimente. Tout d’abord, les neurosciences nous enseignent leur importance dans le développement du cerveau d’un enfant et la plasticité de celui d’un adulte. Puis, les hormones secrétées dont l’endorphine, dite hormone du bonheur, nous rappellent que nos joies quotidiennes dépendent tout autant de notre regard posé sur les événements que des événements eux-mêmes. Pour finir, l’émerveillement rejoint ces sentiments positifs désormais répertoriés par les sciences du « well being ».  En somme, si nous voulons être heureux, soyons bons nous disent-elles.

La banalité du bien c’est aussi l’émerveillement

Pour commencer, face au désenchantement du monde qui diffuse souvent mauvaise nouvelle sur mauvaise nouvelle. L’émerveillement nous rappelle « la banalité du bien ». Par contre, dans l’immense majorité des cas, les hommes sont bons. En fait, là où le désenchantement limite et enferme, l’émerveillement ouvre à l’immensité et aux possibles. Mais aussi, là où le désenchantement craint et instaure la méfiance entre les êtres, l’émerveillement jubile, espère et engendre la confiance. Enfin, là où le désenchantement me fait me sentir seul et désemparé, l’émerveillement – de la nature en particulier – fait grandir en moi un sentiment d’adéquation avec le monde. Ca fait du bien non ?

« Il y a une beauté symbolique aussi bien que réelle dans la migration des oiseaux, le flux et le reflux des marées, le bouton de fleur prêt au printemps. Il y a quelque chose qui guérit incommensurablement dans les refrains de la nature : c’est l’assurance que l’aube vient après la nuit et le printemps après l’hiver », nous dit Rachel Carson, biologiste et écologiste américaine.

L’émerveillement améliorent notre santé physique

En fait, les sentiments positifs améliorent également notre santé physique : des études sur la gratitude ont montré que les personnes qui expérimentaient la gratitude vivaient plus longtemps que les autres.

L’émerveillement joue un rôle au niveau social

Par ailleurs, une série d’études réalisées par des psychologues américains en 2015 a mis en évidence quelques vertus insoupçonnées de l’émerveillement au niveau social. Par conséquence, l’émerveillement magnifie l’altruisme, les comportements pro-sociaux et la générosité. En dernier lieu, il permet de se situer dans un contexte physique et social plus vaste et renforce ainsi le sentiment d’appartenance, le désir d’engagement collectif et la coopération. L’émerveillement,  ouvre l’esprit permettant d’accepter ce qui dépasse l’entendement habituel. 

« Habités par l’émerveillement » nous dit Matthieu Ricard dans son livre titré « L’émerveillement », « nous perdons le sentiment d’être au centre du monde. Nous avons le sentiment de faire partie de quelque chose de plus grand que nous et devenons davantage concernés par les questions mondiales qui transcendent l’individu. L’émerveillement, nous disent les chercheurs, réduit l’individualisme et l’apitoiement sur soi ». Incroyable non ? 

Pour finir

D’ailleurs, non seulement l’émerveillement a un effet bénéfique sur ma santé propre, émotionnelle, affective et physique, mais il est également un moyen de remédier aux misères du monde. 

« L’émerveillement est spacieux », nous dit encore Mathieu Ricard. « Il ne fragmente pas, ne classe pas, ne discrimine pas, n’ajoute pas de jugements biaisés à la réalité ni aucune autre fabrication mentale. Il laisse le monde apparaître tel qu’il se présente dans sa simplicité naturelle, l’infiniment grand comme l’infiniment petit, l’immensité du ciel étoilé comme le cheminement d’une fourmi sur un rocher. » 

Enfin, l’émerveillement unifie, l’émerveillement m’unifie. Moi et mon environnement, moi et les autres, émerveillés ensemble devant un objet commun : la vie elle-même. 

En bref !

  • l’émerveillement est un sentiment d’admiration mêlé de surprise, 
  • L’émerveillement est accessible à tous en toutes circonstances avec un peu d’entraînement  ;
  • l’émerveillement est un formidable antidote au désenchantement.

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Je joue pour être heureux

Le jeu, introduction

Le jeu tient une place importante dans de nombreuses civilisations. Si l’homme joue depuis des millénaires, les historiens se sont cependant longtemps désintéressés de cette activité. Sans doute du fait de son aspect récréatif jugé trop peu sérieux pour faire l’objet d’études. Aujourd’hui, cette vision est totalement dépassée. Le rôle du jeu dans l’éducation, dans les apprentissages, dans les rapports sociaux et même les rapports de pouvoir est devenu un vrai sujet d’étude !

Bien entendu, ce thème nous tient particulièrement à cœur. La création et le succès des jeux 2 minutes sont pour nous une belle illustration du rôle précieux des jeux. Notamment pour le développement personnel, pour une meilleure compréhension de l’autre mais aussi pour renforcer les liens intergénérationnels.

Petite histoire du jeu 

Gabriel Balbo, psychanalyste français, la résume ainsi :« courses de chars, compétitions sportives, théâtre chez les Grecs et les Romains, jeux de voix chez les Esquimaux ou cerf-volant chez les Chinois. On oublie trop souvent que, tout au long de l’histoire de l’humanité, jouer a été considéré comme une activité si sérieuse qu’elle était réservée aux adultes ! ». Ainsi, en France, le mot “jouet” a longtemps désigné « les bijoux ou les animaux de compagnie qui servaient à amuser les adultes ». Avant l’avènement de l’industrie du jouet, les enfants possédaient d’ailleurs très peu de jouets (balle, poupée de chiffon, osselets, marelle…)

Le jeu aujourd’hui

Aujourd’hui, la vision que nous avons des jeux pourrait être inversée. Les enfants croulent sous les jouets, le jeu vidéo a envahi les maisons. Pour les adultes, le jeu est souvent assimilé à l’oisiveté et la perte de temps. Mais comme nous allons le voir, adopter ce point de vue serait adopter une vision un peu réductrice du jeu.

Un fait certain en revanche, le jeu, comme d’autres formes d’art, est le reflet de la culture dans laquelle il a vu le jour. De plus, il évolue dans l’Histoire. Des premières traces de jeu structuré (-8000 av. J-C) au jeu en 3D, il y a en effet un monde et de nombreuses transformations !

Au commencement

Au commencement de l’histoire du jeu, jouer se rapproche plutôt de la divination, de l’oracle, voire de la prière. L’utilisation des dés y est courante, des dés à 2 faces (coquillages, baguettes,…), puis à 4 faces (comme les osselets) et enfin les dés cubiques que l’on connaît mieux.

Les premiers jeux, tels que nous les concevons aujourd’hui, vont être des jeux de pions (course pour aller d’un point à l’autre, combat sur parcours puis jeux sur table).

Les jeux de hasard et l’influence divine dominent longtemps l’univers du jeu. Avant de laisser la place au libre arbitre et à la stratégie (comme le jeu de Go en Chine). 

Il serait long et complexe d’évoquer toute l’histoire du jeu. Nous allons donc effectuer des grands bonds dans le temps pour évoquer l’apparition des cartes au XIVe (dont l’essor va être propulsé avec l’invention de l’imprimerie). Puis plus récemment des jeux de société (Monopoly en 1913, Cluédo en 1946, Scrabble en 48…). Enfin, apparaît l’univers des jeux vidéo, dont la marge de développement semble encore très grande.

A quoi sert le jeu ? 

Sociologues et historiens identifient généralement 4 grandes raisons qui expliquent la présence du jeu à travers les siècles : 

  • se délasser. Comme une pause, une récréation, le jeu permet de se changer les idées, de se délivrer des soucis, de se relaxer.
  • absorber le superflu d’énergie. Le jeu vient alors comme un catalyseur. Il permet de se défouler, physiquement mais aussi intellectuellement.
  • reproduire. Par une sorte d’atavisme, des formes ancestrales, des rites culturels, familiaux se perpétuent.
  • être ensemble. Le jeu est avant tout social (même les jeux vidéo, qui se jouent d’ailleurs beaucoup en réseau). L’homme étant un animal grégaire, jouer satisfait ses besoins d’être entouré, de partager. Il assure donc une fonction de socialisation.

Le jeu et ses 4 grandes fonctions

Les psychologues relèvent pour leur part 4 grandes fonctions du jeu (Roger Caillois, in “Les Jeux et les Hommes” – 1991) : 

  • la compétition : courses, billard, football, échecs, jeux vidéo interactifs… Ces jeux permettent d’exprimer ses ressources personnelles dans un environnement où tout le monde est soumis aux mêmes règles. On va y chercher le dépassement de soi et, en cas de victoire, la valorisation personnelle.
  • le hasard : roulettes, dés, loteries, certains jeux de carte. « Les jeux de hasard sont projectifs : ils permettent de rêver, car ils font mettre en scène la possibilité de devenir riche tout en faisant l’économie du travail ». Ils obligent également à lâcher prise, puisqu’il faut accepter l’idée de tout perdre sur un simple coup du hasard (Bulle de Bonheur #21). Enfin, ils abolissent les inégalités sociales, car les chances sont les mêmes pour tous.
  • le « simulacre » : carnaval, masques, déguisement, jeux de rôle, théâtre, jeux vidéo d’aventure. Paradoxalement, se déguiser et se dépouiller temporairement de sa personnalité pour en adopter une autre permet de se libérer. En outre cela permet aussi de laisser éclore sa véritable personnalité.
  • le « vertige » : manèges de fêtes foraines, jeux à sensations, sauts, sports extrêmes… « Ces jeux, dont certains se déroulent en compétitions, provoquent un trouble physiologique, une sorte de transe qui efface la réalité ». Et qui permet de découvrir d’autres parties de sa personnalité.

Le jeu et l’enfant

Les bienfaits du jeu pour l’enfant ont été largement relayés par les médias mais aussi les professionnels de l’enfance. Jouer, c’est donc non seulement amusant mais c’est aussi essentiel ! L’enfant a besoin de jouer pour faire des découvertes, comprendre le monde qui l’entoure et pour bien se développer.

  • sur le plan moteur et sensoriel. Le jeu lui permet de découvrir les couleurs, les textures, les formes, les sons et les goûts. En grandissant, ces jeux lui donnent aussi l’occasion de courir, sauter, faire des acrobaties, lancer, attraper. Cela renforce ses muscles, ses habiletés physiques mais aussi sa motricité fine (par la manipulation). Tous ses sens sont en éveil et son cerveau enregistre de nouvelles connaissances.
  • sur le plan intellectuel. Pensée et résolution de problème sont particulièrement activées. L’enfant peut faire des liens (par exemple quand il laisse tomber plusieurs fois un objet, il comprend petit à petit que son geste donne un résultat). Le jeu favorise aussi la créativité et l’imagination. Par exemple, invention d’histoires, construction d’espaces. Ou encore mise en scène à partir de figurines, de jouets, de déguisements, sans compter toutes les possibilités que la nature peut lui offrir.
  • sur le plan social. Apprendre à vivre avec les autres, à partager, à respecter des règles. Apprendre à attendre son tour, à faire des compromis, à perdre, à se tromper. Mais c’est aussi découvrir de nouveaux univers, de nouveaux mots, de nouveaux comportements. C’est encore développer ses capacités d’observer, de s’exprimer, d’expliquer… Bref, le jeu favorise le développement de son langage et enrichit son univers social.

Et chez l’adulte ?

Comme nous l’évoquions au début de notre podcast, il semble que le jeu perde son aura au fur et à mesure que l’enfant se dirige vers sa vie d’adulte. Il est petit à petit relégué derrière d’autres priorités, comme les études, le sport puis la vie professionnelle, où l’injonction « il faut travailler » semble effacer en grande partie l’importance de jouer. Le jeu devient alors marginalisé et même, comme nous l’avons déjà dit, connoté négativement. 

Les causes de cette vision du jeu sont multiples et peuvent bien entendu varier d’une culture à l’autre, d’une famille à l’autre. Dans nos sociétés capitalistes, il est courant toutefois d’avancer que le jeu ne correspond pas aux injonctions sociales de produire et d’être utile. La mauvaise réputation des jeux de hasard et d’argent est une explication aussi quelquefois énoncée. Enfin, l’apologie faite de l’importance du jeu pour le développement de l’enfant a pu faire penser que jouer avait un côté régressif. Que jouer était réservé aux enfants.

Le jeu, un bienfait pour les adultes aussi

Les études sont toutefois unanimes : le jeu comporte de nombreux bienfaits pour l’adulte aussi.

Si l’on reprend notre fil rouge, celui du bonheur, les chercheurs ont ainsi montré que les joueurs ont l’air plus heureux ! 

Quant à l’incompatibilité du jeu avec nos sociétés qui demandent de la performance et de la productivité, cette croyance est bien démentie. En effet, il est démontré également que les joueurs arrivent à mieux se concentrer et sont plus productifs que les autres !

Tension entre le jeu et le travail

Cette tension entre le jeu et le travail rappelle celle que nous avions mentionnée entre la joie et le travail (Bulle de bonheur #9). Nous parlions de cette idée encore souvent présente dans le monde du travail, qu’être joyeux empêcherait d’être sérieux. Comme si la personne qui sourit, qui rit, envoie le message qu’elle prend les choses à la légère, qu’elle manque de concentration. Bref, qu’elle a un comportement qui n’est pas adapté à son univers professionnel.

Pour les partisans de cette vision négative de la joie au travail ou du jeu, c’est comme si être adulte était incompatible avec le fait de rire, de jouer. Mais aussi de pleurer, d’éprouver des émotions, bref, en tant qu’adulte, nous nous devons d’être sérieux, actifs et productifs. 

Le jeu est un besoin fondamental

Pour Hubert Jaoui (auteur et expert en créativité appliquée et gestion de l’innovation), jouer est au contraire “un besoin fondamental pour la santé mentale et la créativité. Si on ne joue pas, l’esprit se mécanise, les émotions s’assèchent. Or, le jeu est une véritable source d’énergie, pleine, par essence, d’émotions positives”.  Il suffit d’ailleurs de regarder le développement et le succès des stages de comico-thérapie ou de clown-thérapies. Mais aussi les formations incluant le jeu ou encore ces nouveaux métiers comme Chief Happiness Officer (responsable du bonheur en entreprise), pour confirmer que le jeu peut être un atout dans la productivité ! 

Si certaines vertus du jeu sont communes aux enfants et aux adultes (sociabiliser, développer la créativité, des stratégies, apprendre, se cultiver…), certaines s’appliquent plus spécifiquement aux adultes. 

Le jeu permet de s’oublier

D’après Lenore Terr, psychiatre à l’université du Michigan, l’élément psychologique fondamental est que le jeu permet de s’oublier soi-même. Et seul l’oubli de soi, associé au plaisir, permet de se dépasser et d’être créatif. « Voilà la grande différence entre les enfants et les grandes personnes. Les premiers jouent pour se découvrir et se structurer. Les seconds, pour s’oublier et se dépasser ».

Individuel ou collectif, le jeu, par essence, échappe aux normes de la vie sociale ordinaire. Il permet une rupture avec le quotidien, un plongeon dans un autre univers. Dans notre monde souvent plus stressé et stressant, et très  normé, on comprend que cette évasion soit de plus en plus utile !

Il est intéressant de noter que le jeu permet également de freiner le vieillissement. Plus on joue, plus on utilise nos fonctions cognitives et plus on les préserve. Le jeu donne un regain de vivacité, un nouveau souffle, une sorte de nouvelle jeunesse…  Le jeu nous permet aussi d’entretenir notre mémoire. « Jouer ne permet pas de vieillir moins, mais bien de se sentir moins vieux » !

Et si je mettais plus de jeu dans ma vie ? 

En pratique 

Encourager le jeu chez l’enfant 

Jouer est une activité naturelle pour un enfant, il joue spontanément. Les adultes, nous l’avons vu, sont bien informés sur l’importance du jeu dans la construction de l’enfant. Pourtant, il arrive malheureusement trop souvent que l’enfant manque de temps pour s’amuser. Ceci parce que l’horaire très organisé des familles ou la surcharge d’activités de l’enfant laissent peu de place au jeu. 

A défaut d’avoir des moments où il n’a rien à faire (et pourtant, un enfant qui s’ennuie est un enfant qui se construit), essayez au moins de favoriser autant que possible le recours au jeu dans le quotidien de votre enfant.

  • Donnez-lui le plus souvent possible l’occasion de jouer et laissez-lui le temps de le faire sans l’interrompre (le bain, le repas peuvent attendre 10 minutes !).
  • Mettez à sa disposition des jouets et des accessoires variés avec lesquels il peut s’amuser (en fonction des âges, tapis d’éveil, cubes, blocs, ballons, pâte à modeler, figurines, déguisements, jeux de construction etc.). Le petit enfant n’a pas connaissances du marché du jouet donc peut aussi s’amuser avec une boîte en carton, une cuiller en bois, une bouteille remplie de graines… Il apprendra autant qu’avec des tableaux d’éveils très sophistiqués (dont le bruit nous insupporte en plus assez rapidement !)
  • Proposez à votre enfant différentes activités à différents endroits pour lui donner la chance de jouer de plusieurs façons (jouer dans le sable, dans la neige et même sous la pluie, jouer avec d’autres enfants, faire du bricolage, de la musique, danser, se déguiser, etc.).
  • Faites des activités extérieures. Quand ils jouent dehors, les enfants bougent plus, ils prennent de petits risques, relèvent des défis et gagnent de l’assurance.
  • Laissez votre enfant jouer librement, seul ou avec d’autres enfants. Lorsqu’il décide à quoi il veut jouer et comment il veut jouer, il développe sa créativité et sa capacité à résoudre des problèmes. En dehors des jeux qui imposent des règles précises, laissez votre enfant diriger le jeu quand vous jouez avec lui. De cette façon vous lui offrez une belle opportunité pour qu’il développe son autonomie et sa confiance en lui.

Trouver des occasions de jeu

Que vous soyez à la montagne ou à la plage, en forêt, en camping, à la maison, faites confiance à votre imagination pour trouver des occasions de jeux. C’est parfois avec les choses les plus simples que l’on obtient les meilleurs résultats (un bout de bois, quelques cailloux, des objets détournés du quotidien…)

Le jeu peut aussi s’immiscer dans des activités quotidiennes. Pour ranger la chambre (lancer un concours, le faire en musique) Ou bien encore faire les courses (trouver le plus rapidement les bananes, le bouton de la balance correspondant, compter le nombre de yaourts qu’il faut pour 1 semaine…) Dans le couple, pour mettre un peu de fantaisie (Bulle de Bonheur #16), pour pimenter les relations sexuelles. En famille, au cours d’un apéro ou d’un repas (lancer un quizz, faire une ronde des compliments, tirer une carte du jeu 2 minutes ensemble …).

Et vous ? 

Nous l’avons vu, jouer avec ses enfants, ses petits enfants mais aussi en couple ou seul, a de multiples bienfaits. Mais encore faut-il le faire ! 

Si certains ne voient pas l’intérêt de jouer (peut-être que ce podcast les fera changer d’avis !), d’autres culpabilisent ou ne se sentent pas à leur place. Mais l’argument le plus souvent invoqué pour ne pas jouer est le manque de temps. Nous vous proposons donc de réécouter un de nos tout premiers podcasts pour savoir comment trouver le temps (Bulle de bonheur #2) mais surtout de vous mettre au défi de prendre ce temps (oui, vous l’avez !) Il pourrait être intéressant à ce propos de gérer différemment quelques priorités (Bulle de Bonheur #10) ?!

Le temps de jouer

Il est certain que jouer demande du temps, mais entre une partie de 2 minutes avec nos jeux de cartes, une partie d’échec de 1h30 ou encore un jeu en ligne de 3h, la gamme est large et adaptable à tous les emplois du temps ! 

Il est vrai également que la fatigue, la flemme ou encore le manque de plaisir peuvent nous freiner. Ou bien nous préférons nous laisser tenter par la facilité des écrans. Prendre son téléphone plutôt que de proposer un jeu à son partenaire. Mettre nos enfants devant un écran pour avoir la paix plutôt que d’aller prendre le risque du bruit, de l’excitation voire des disputes que peut générer le jeu. Pourtant, au delà de ses petits désagréments (qui peuvent être bien limités si les règles sont posées clairement avant), quelle richesse pour nos relations ! 

Eduquer par le jeu

En tant qu’éducateurs par exemple, apprendre à ses enfants les règles d’un jeu et les voir ensuite jouer régulièrement, dépasser leurs limites et leurs croyances pour développer leur côté stratégique. Mais encore faire face aux échecs, expérimenter la patience, la différence, n’est-ce pas une belle contribution pour les aider à se construire et développer leurs compétences sociales ?

En jouant, nous contribuons aussi à renforcer les liens familiaux, nous nous offrons une occasion de découvrir autrement nos partenaires de jeux (découverte de facettes de leur personnalité). Enfin nous pouvons instaurer ou perpétuer des rituels (sur l’importance des rituels, voir Bulle de Bonheur #4).

Et les jeux vidéos ? 

Les jeux vidéo sont des jeux ! 

Quand nous parlions d’évolution des jeux en introduction de notre podcast, le jeu vidéo en est une belle illustration. Bien entendu avec ce qu’elle peut engendrer de questions et d’inquiétude quand un nouveau comportement nous éloigne de nos repères et de nos croyances. 

Nous n’allons pas ici lancer un débat sur le sujet mais simplement rappeler que de nombreuses études prouvent aujourd’hui que ces jeux ont réellement des avantages. Amélioration de l’attention visuelle et de la coordination spatiale. En outre, valorisation de la plasticité cérébrale (capacité à inventer de nouvelles connexions, à s’adapter à tout un tas de facteurs – qu’ils soient liés à l’environnement ou à l’expérience). 

Bien entendu, tout cela a un intérêt si l’activité reste une activité parmi d’autres, sans porter préjudice à notre vie privée, sociale et professionnelle. L’addiction, l’obésité (due au manque d’activité physique et à la perturbation du rythme alimentaire) et la banalisation de la violence sont des risques réels mais qui ne se produiront pas si nous savons observer la mesure, la juste proportion, bref si nous gardons un équilibre. 

En bref 

  • A tout âge et depuis la nuit des temps, jouer est source de plaisir et de bienfaits.
  • Le jeu est utile de l’aube au crépuscule de notre vie.
  • Jouer pour apprendre, se rapprocher, créer des liens, établir des stratégies, respecter des règles, accepter de perdre, s’affirmer… 
  • On peut jouer partout, presque quand on veut et avec pas grand chose ! Dehors, dedans, en bande, à 2 et même seul, il y a forcément un jeu qui vous correspond. 

Allez hop, je me lance !

A vous de jouer chers lecteurs, 2 minutes pour trouver une idée de jeu facile à adopter le temps d’une pause. Pensez à la gamme des jeux 2 minutes, il y en a pour tous les âges de la vie.  En transition entre le bureau et la routine familiale, avant le coucher des enfants. Ou en rituel de fin de semaine pour jouer en famille, avec votre partenaire… les opportunités sont nombreuses !

Je fais de la place au bonheur !

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Alors oui, nous sommes d’accord… le sujet du bonheur est largement traité, par les magazines, les livres, les blogs et autres médias. Mais cela se comprend : quand la science prouve que 40% de notre bonheur dépend de nous. Cela peut donner sacrément envie de se pencher un peu plus sur la question !

Le bonheur est en nous

La croyance que le bonheur dépend des autres 

“Ca ira mieux quand je serai en couple”. “J’aurai moins de difficultés quand mon enfant sera grand”. “Ca changera quand mon boss me donnera des dossiers intéressants”. En fait, ces phrases font dépendre notre bien-être des autres ou d’un futur hypothétique… Du coup, on met donc notre espoir et notre énergie sur des choses qu’on ne contrôle absolument pas, et là, quelle frustration, quelle déception quand ça n’arrive pas !

La croyance que le bonheur se trouve dans les possessions matérielles

De même, nombreux sont ceux qui pensent que notre bien-être se trouve dans la possession de biens matériels. Là encore, la science nous éclaire et affirme que le bonheur ne dépend pas de nos acquis matériels. Ca ne veut pas dire que nous n’avons pas besoin d’une maison, d’une voiture… seulement que ces acquis ne nous rendent pas plus heureux sur le long terme. En réalité, consommer, posséder va sans doute procurer des petits plaisirs, des montées d’adrénaline mais l’accoutumance va diminuer ces effets. Comme le dit le psychologue américain David Meyers, qui a travaillé sur la corrélation argent/bonheur : “Ce qui hier était un luxe devient une nécessité aujourd’hui et sera une épave demain”.

Marlène Rydal, dans son dernier livre “Le bonheur sans illusions” parle justement de l’argent comme une illusion. En définitive, pour elle, 5 illusions trompent les personnes en quête de bonheur : la beauté, le sexe, le pouvoir, l’argent et la célébrité. 

C’est quoi le bonheur ?

Un acte de volonté

Cela suppose donc au départ un acte de volonté et la croyance que chacun peut être acteur de son bien-être. Et cet état d’esprit est important car l’étude qui a mis en évidence dit que 40% de notre bonheur dépend de nous. Et aussi que 10% seulement est lié à notre environnement (milieu social, circonstances extérieures …). Donc attendre que le bonheur vienne de l’extérieur, est une erreur.

A en croire Google, nous ne sommes pas les seules à nous poser la question puisqu’il y a environ 70 000 recherches par mois pour le mot «bonheur» et plus de 450 000 pour «happiness» !

Une expérience individuelle et humaine

Ce qui est certain c’est qu’il n’y a pas de recette toute faite, avec ses ingrédients bien définis. Nous avons vu que certains ingrédients sont des “illusions”.  Pour le reste, chaque individu a sans doute sa propre idée du bonheur en fonction de son vécu et de sa personnalité.

Par ailleurs, nous envisageons le bien-être comme un chemin à emprunter plus qu’un résultat à atteindre. Un chemin sur lequel nous allons cueillir les petites choses du quotidien qui vont contribuer à notre bien-être et nous aider à être en accord avec nos valeurs. Être heureux, c’est donc une expérience individuelle et humaine, qui conduit à un état de satisfaction profond et qui dure.

Comment faire le choix du bonheur ?

Petites précisions utiles ! Sur ce chemin :  

Evitez la tyrannie !

Le bonheur n’est pas un devoir, c’est un droit que l’on choisit d’exercer ou pas.

Oubliez la performance !

Croire que le bonheur est la recherche d’un absolu, de la perfection n’est pas la bonne voie. En réalité, le chemin peut être sinueux, avec des cailloux, des montagnes, voire de très grosses montagnes… En revanche il a aussi des fleurs, de beaux paysages, des aires de repos… Et ceux sont ces bouts de chemin là que nous souhaitons explorer et développer.

Regarder les petits moments du quotidien

Les petits moments à vivre pour mettre du bonheur dans notre vie sont là, dans notre quotidien, dans notre présent. Du reste, il existe plein de moyens pour apprendre à mieux voir ce bonheur, le débusquer, le savourer. Ecoutez notre podcast, ça en fait parti !

Une idée pour s’entrainer 

  • Je prends un papier et un stylo. A la fin de ma journée, j’écris les 3 choses les plus importantes et les plus heureuses de ma journée. 

  • Je fais une liste des actes qui me font du bien et qui me ressourcent : des partages, des jeux, une balade dans mon lieu favori, des livres, une heure en cuisine, une vidéo comique, un coup de fil avec quelqu’un qui me fait du bien…

En bref !

Je sais qu’une grande partie de mon bonheur dépend de moi. Mon premier pas sur ce chemin est d’y croire et d’avoir le désir de le faire fructifier. Mais je n’ai aucune obligation de le faire ni aucun idéal à atteindre. En fait, le bonheur se trouve souvent à portée de main, dans mon quotidien.   

Allez hop je me lance

2 minutes (ou plus !) pour répondre à la question suivante : Quelles sont les choses qui participent à mon bonheur aujourd’hui ?

  1. Je télécharge le podcast « Bulle de Bonheur » et l’écoute chaque semaine ! Disponible sur Itunes, Spotify ou Soundcloud. 

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