Archives des Bulle de bonheur - 2 minutes de bonheur

Frais de port offerts à partir de 20€ d’achats !

Je prends le temps de l’introspection

Nous croyons souvent que celui qui fait une introspection, c’est fatalement celui qui se plaint, qui se noie dans un verre d’eau. C’est au mieux un nombriliste indécis ; au pire un égoïste maudit. Faire de l’introspection semble toujours un peu louche. Après tout, les gens normaux ne se cherchent pas, ils savent qui ils sont avec certitude. Adolescente, quand je posais une question ambiguë, j’entendais « C’est normal, tu te cherches, c’est de ton âge ». Aussi suivi de « Arrête de t’écouter un peu, sors de toi-même et va faire des choses ». Nous le sentons bien dans ce discours, faire l’exercice de se connecter à soi-même, réfléchir sur soi-même apparait encore beaucoup comme du temps perdu. Du temps non efficace qui ne créé rien. L’introspection s’opposerait même à notre capacité d’action.. Et pourtant, si ce temps était beaucoup plus fertile qu’on ne l’imaginait.

Définition de l’introspection

Revenons à la définition que nous donne le petit Larousse de l’introspection. L’introspection est « l’observation méthodique, par le sujet lui-même, de ses états de conscience et de sa vie intérieure ». C’est un mot qui vient du latin Introspicere : regarder à l’intérieur. L’introspection est donc une attention à soi-même, une méthode qui consiste à se déporter de son quotidien pour se concentrer sur ses sensations, ses émotions, ses pensées. Et les interroger avec bienveillance.

Exercice

Imaginez vous une prise de recul réfléchie comme si vous étiez un aigle en vol en train d’ observer, de comprendre et d’ analyser vos comportements, des évènements de votre vie.  Concrètement, vivre une introspection c’est plonger en soi-même pour tenter de se comprendre. C’est se demander pourquoi est-ce que je réagis avec peur quand on m’a demandé d’expliquer mes choix. Pourquoi à la réflexion de mon père, j’ai été traversée par de la colère ? Comment se fait-il que les questionnements de mes enfants me préoccupent la nuit ?

Bienfait de ces exercices

Évidemment, ce n’est pas en multipliant les exercices d’introspection que nous arriverons à objectiver et expliciter tous nos comportements et nos émotions (et puis, ce serait triste). Cependant, cette approche permet de réduire la charge émotionnelle du moment. Elle permet de se concentrer sur les faits et décortiquer les déclencheurs. Ceci, pour mieux les accueillir la prochaine fois. Attention, cependant, l’introspection n’est pas une solution pour une évacuation magique de ses pensées et de ses émotions désagréables ! Ni une astuce pour faire le vide ! L’introspection n’est pas non plus le déclencheur d une rumination stérile Bulle de Bonheur #83 – J’arrête de ruminer où l’on va ressasser sans cesse ses vieilles croyances. Même si celles-ci ne demandent qu’à revenir au galop !

Etude sur l’introspection

Une étude anglaise de 2017 s’est intéressée au temps de trajet quotidien et à son impact sur le niveau de bien-être individuel. Les chercheurs ont interrogé 225 employés d’une société de marketing digital au Royaume-Uni. Sans surprise, plus leur trajet était long, plus les personnes interrogées se sentaient angoissées. Et plus leur mal-être augmentait. Cependant, l’étude préliminaire fait ressortir des exceptions. La population qui ne semblait pas souffrir de ces temps de trajet à rallonge avait pour habitude d’utiliser tout ou partie de son temps de transport pour réfléchir à elle-même et à son travail. Ces personnes arrivaient au travail chargées de motivation et profitaient du transport le soir pour réfléchir à leur journée et en tirer les enseignements pour le lendemain. C’est là que nous voyons que l’introspection permet de prendre du recul et comprendre une situation.

Le télétravail

Avec le télétravail, vous ressentez peut-être plus rapidement ou plus souvent l’impression de débordement. D’ailleurs, les vagues de burn-out que nous observons aujourd’hui en témoignent. Même si le télétravail n’est probablement pas le seul facteur. C’est en grande partie parce que le SAS entre privé et professionnel a disparu. L’ espace ou le temps au cours duquel nous sommes improductifs est devenu minuscule. (comme dans les transports par exemple).

Je change de regard

Les bienfaits de l’introspection

Une étude

J’aimerais vous parler d’une étude, publiée par HEC et l’Université de Caroline du Nord. Cette étude conduite par Giada Di Stefano, Francesca Gino, Gary Pisano et Bradley Staats a été menée en 2014. Les chercheurs se sont intéressés aux employés d’un centre d’appel délocalisé en Inde. Leurs recherches ont démontré que les employés qui prenaient 15 minutes pour repenser à leur journée de travail pendant leur formation initiale étaient en moyenne 23% plus performants que les autres au test final de la formation. Autrement dit, prendre le temps de s’interroger sur sa journée de travail et revisiter ses performances permet de mieux apprendre.

Faire une pause pour l’introspection

Assez contre-intuitivement donc, faire une pause et réfléchir ne sont pas du tout des pertes de temps. Au contraire, cela améliore l’apprentissage, les performances et donc les  résultats. L’introspection est un chemin de connaissance de soi-même. En relisant et en interrogeant nos comportements, nos réactions, nos émotions et nos pensées, nous apprenons à mieux nous connaître et à mieux nous décrypter. Sur cette base, nous sommes capables d’être plus doux envers nous-mêmes. Pour aller plus loin, en progressant vers la connaissance de vous-même, vous construisez un socle de confiance en vous Bulle de bonheur #6. Vous prenez conscience de vos forces Bulle de Bonheur #24. Mais aussi vous nommez vos limites et ainsi vous serez davantage en capacité d’ajuster vos actes et votre prise de risque.

S’écouter et se chercher

S’écouter et se chercher sont finalement les deux phases d’une forme d’auto-régulation de sa vie intérieure. En améliorant votre connaissance de vous-même et en restant connectés à vos émotions, vos sensations et vos pensées, vous pratiquez une forme d’écologie personnelle. C’est le socle sur lequel vous pourrez bâtir des relations authentiques et profondes avec les autres. Il est plus facile de se connecter aux autres lorsque nous sommes déjà bien avec nous-même. Rappelez-vous, nous vous en avons parlé dans notre Bulle de bonheur #70 – Je suis la priorité numéro 1.

Cas concret

Récemment lors d’un accompagnement, j’ai travaillé avec une femme qui se sentait débordée et en grand stress. Après un travail d introspection elle a pris conscience combien elle avait du mal à dire non. Elle s’est surprise après ce constat à en parler plus facilement avec ses amies. Celle-ci a pu partager sa culpabilité de ne pas réussir à répondre à toutes les demandes. Elle a remarqué aussi que les rapports avec ses amies étaient beaucoup plus sains. Elle me disait que dorénavant elle allait faire sa petite introspection quand on allait lui faire une demande et qu’elle saurait dire non si elle en avait trop. Qu’elle saurait nommer ses limites. Elle se félicitait non seulement de ses relations plus authentiques avec ses amis mais aussi de la joie de se sentir connectée à ses besoins.

Soulager le stress par l’introspection

Faire des pauses introspectives vous permet aussi de soulager votre stress. Prendre de la hauteur et faire un pas de côté dans le rythme du quotidien vous aideront à voir les choses sous un autre angle. A prendre du recul et à avancer, grandi par les apprentissages de vos réflexions. Par exemple, dans mon poste, je me suis rendue compte que j’avais de plus en plus la sensation de débordement. Dans ces moments, je suis tellement stressée que je ne sais plus quelle est la source de mon angoisse. Je me laisse submerger par mes émotions et souvent je travaille beaucoup moins efficacement. Depuis quelques temps, je prends le temps d’y réfléchir et je réalise que mon stress est beaucoup plus une histoire de perception de ne pas avoir assez de temps que de vrai manque de ressources pour tenir mes objectifs. Depuis, j’ai développé quelques petites astuces pour mieux accueillir et gérer ces épisodes. inscription newsletter

Concrètement, comment mener une introspection ?

L’introspection fonctionne par retour et analyse sur des faits, des événements qui se sont produits. Elle se construit comme un cycle qui part de l’action et reboucle vers l’action.

1. Les faits :

Nous répondons à la question « Que s’est-il passé ? ». Il s’agit ici de revenir sur l’épisode et poser le contexte. Le quoi, qui, quand, comment. Par exemple, ça fait plusieurs semaines que mon tunnel du soir avec mes enfants en bas âge se passe inhabituellement mal. Ça crie dans tous les coins, tout le monde se chamaille, nous nous quittons fâchés pour la nuit. Et même l’histoire censée être un bon moment devient un pensum.

2. L’expérience subjective :

Qu’est-ce que j’ai ressenti ? Quelles émotions m’ont traversée ? Comment ai-je vécu cette période ? Ici, intéressez-vous à vos sentiments et à vos perceptions et listez les sans jugement pour vous-même. Refaites un petit tour par notre Bulle de Bonheur #39 – Je pratique l’auto-compassion, au besoin. L’objectif est de comprendre ce qui se passe en nous lorsque nous vivons les faits décrits plus haut. Au cours de ces soirées parfois infernales, je me sens souvent triste, découragée ou en colère. Quand je ferme leur porte pour la nuit, je me sens vraiment nulle, j’ai l’impression d’avoir tout loupé.

3. La phase d’analyse

Qu’est-ce que je peux en déduire comme enseignement ? Quel sens donner à cette expérience ? L’objectif ici est de comprendre ce qui a déclenché les faits, qu’ils soient positifs ou négatifs. Vous pouvez connecter vos pensées, vos émotions aux faits. Et vous interroger sur pourquoi vous réagissez ainsi ou pourquoi ces émotions vous traversent. Essayez de remonter aussi loin que possible à la source. Dans mon exemple, j’ai compris que mes enfants sont fatigués en ce moment donc beaucoup plus sensibles. J’ai compris aussi qu’en ce moment, au boulot je me sens stressée, agacée et inconfortable. Inévitablement, je charrie ça dans tous les aspects de ma vie y compris le soir après ma journée de travail lorsque je suis avec les enfants.

4. Les conclusions

Qu’est-ce que je retiens ? Comment vais-je ajuster mes actes, mon comportement, mon état d’esprit suite à cette analyse ? En bref, vous dressez le bilan et décidez de ce que vous allez en faire. Dans mon cas, je vais temporairement m’arrêter de travailler quelques minutes plus tôt. Avant le moment de partir chercher les enfants, pour m’autoriser un SAS de décompression avant de les retrouver. Puis, je vais me rendre plus attentive et disponible pendant cette période charnière de la fin de journée. Exit les dîners super bio mais super galères à faire manger. Et les enfants bien peignés, bien coiffés mais mécontents. Je vais me recentrer sur l’ambiance et les besoins de chacun, le reste ce sera du bonus. Si ça ne marche pas certains soirs, j’accepterai que je n’ai pas le contrôle sur les émotions de tous et j’essaierai de tordre le coup à ma culpabilité en me disant que ça ira mieux demain.

5. Petits pas

Depuis le temps que vous nous écoutez, vous connaissez notre théorie des petits pas. Alors pour finir, sur la base de ce bilan, j’ajuste mes actions et mes comportements concrètement, au quotidien et progressivement. Certains cas sont effectivement plus faciles que d autre me direz vous. Cependant, même certains sujets poussent à des introspections plus progressives au cours desquelles les solutions sont plus difficiles à trouver. Pas de panique, l’essentiel reste de se concentrer sur deux choses :

– L’intentionnalité :

La pratique de cette introspection permet aussi de se connecter à ses intentions. Celles que nous portons tous les jours sans le savoir et que nous perdons parfois de vue dans le rythme du quotidien. L’intention, les valeurs sont une source dans laquelle vous pouvez puiser dès que vous êtes un peu perdu. D’ailleurs, souvent, nos émotions les plus fortes, qu’elles soient agréables ou désagréables se manifestent lorsque nous nous rapprochons ou nous éloignons de ce qui compte pour nous. Quand vous méditez sur un moment de votre journée ou une émotion, reconnectez-vous à votre intention et à vos valeurs, vous serez sur le bon chemin. Si ce sujet vous intéresse particulièrement, je vous invite à réécouter notre Bulle de Bonheur #75 – J’identifie mes valeurs.

– L’expérimentation :

N’ajoutez pas de la pression à la pression. Essayez, faites-le bilan puis ajustez. Rares sont ceux qui trouvent bon du premier coup et encore plus ceux qui ne se trompent jamais. Expérimentez des choses et prenez le temps de les relire et de les analyser au cours d’un autre moment d’introspection. C’est ça, se chercher. Et c’est ainsi que vous progresserez vers la meilleure connaissance de vous-même. Rappelez vous, je vous en ai sûrement déjà parlé, un enfant qui apprend à marcher tombe. Il se relève toujours et recommence.  Nous pouvons être comme eux non ? Expérimenter,  Tester essayer se rendre compte que ça ne fonctionne pas, analyser et recommencer autrement ! me connaitre

Si je résume :

  1. 1. S’écouter et se chercher ne sont pas des habitudes nombrilistes.
  2. 2. Elle est un exercice d’attention à soi-même, à ses réactions, ses sensations, ses émotions et ses pensées.
  3. 3. L’introspection nous permet de :
    1. – Réguler notre vie intérieure
    2. – Nourrir notre confiance en nous
    3. – Entretenir des relations authentiques
  1. 4. Concrètement, une méditation introspective part des faits ou d’une action. Elle analyse ce qu’elle a suscité en nous et reboucle vers une action ou des comportements plus ajustés.
A vous de jouer chers auditeurs, piochez une carte 2 minutes ensemble. Lorsqu’une émotion vive vous traverse et vous chicotte, notez-la et revenez-y quelques heures après. Prenez le temps de noter le contexte et ce que cela a éveillé en vous. Demandez-vous quoi en retenir. La petite mousse de la semaine nous vient de Carl Jung « Celui qui regarde à l’extérieur rêve ; celui qui regarde à l’intérieur s’éveille » Avec Bulle de Bonheur prenez le temps d’être heureux !

Je m’interroge sur les rituels de mort

Pendant cette longue période de pandémie, nous avons été très nombreux à être confrontés à la question de la mort. Mais aussi à la façon de faire son deuil puisque certains de nos rituels ne pouvaient avoir lieu du fait des multiples interdits que la COVID 19 nous a imposés. Moi-même, coincée à Boston, je l’ai vécu : un de mes cousins, Thomas, un cher ami, Paul, un oncle Louis. Comment faire pour vivre cela de loin ? Comment vivre le fait de ne pouvoir assister à l’enterrement, de ne pas être proche physiquement de ceux qui sont dans la peine et qu’on aime ?

Bref, il me semble que la récente pandémie a rendu la question des rituels de mort particulièrement pertinente. Qu’elle nous invite à nous interroger sur le sens de ces rituels, sur ceux que nous souhaiterions ou au contraire que nous ne voudrions vraiment pas. Cette période particulièrement déstabilisante et confrontante, vient nous rappeler notre finitude et notre vulnérabilité. Ça nous offre ainsi des opportunités d’échanges sur un sujet essentiel et pourtant peu parlé. Comme si évoquer la mort, c’était l’inviter à notre table.  Comme le note la psychologue Marie de Hennezel, beaucoup d’entre nous ont une peur irrationnelle de prononcer le mot, « comme s’ils allaient attraper la mort de la même manière que l’on attraperait la grippe ».

Je vous propose donc aujourd’hui de saisir cette opportunité pour explorer un peu plus ce sujet qui fait partie de nos vies. Et découvrir ce que les anglophones appellent le death positive movement (mouvement positif de la mort). Un mouvement social qui encourage les vivants à parler ouvertement de la mort. Peu à peu, des gens brisent ce tabou avec deux espoirs : mieux mourir et, d’ici là, vivre mieux.

Constat

Est-ce le fait de la mondialisation, de l’interculturalité, d’un changement de sens, de besoins  ou encore d’une société toujours pressée qui n’arrive pas à prendre le temps ?

Les rituels qui entourent la mort

Toujours est-il que les rituels de mort ont évolué. Certains ont disparu, d’autres se sont transformés tandis que de nouveaux rites sont apparus. On observe ainsi que depuis le milieu du siècle dernier, la durée des funérailles est passée de trois jours à trois heures. On assiste à une montée importante du recours à la crémation. De nouvelles formes de communication relatives à la mort sont apparues sur les réseaux sociaux. Les sites commémoratifs en ligne se sont multipliés.

Comme nous le soulignions, beaucoup de personnes décédées pendant la pandémie n’ont pas eu droit aux rites habituels. Pour de nombreux proches, cela a été l’occasion de réaliser l’importance des rituels entourant la mort, mais aussi de se réinterroger, voire de se réinventer. Afin de tenter de pallier les interdictions de rassemblement imposées par la COVID 19, on a diffusé certains enterrements en ligne, on a créé des chats pour pouvoir se soutenir pendant les cérémonies à distance. Ou encore on a proposé des zoom pour rassembler les proches éloignés. On a proposé des «livres de condoléances » sous forme numérique. Les rituels de mort ont donc perduré mais sous d’autres formes.

Mais d’où vient ce besoin de ritualiser ?

Dans notre podcast sur les rituels #4, nous avions parlé de l’importance des rituels pour la transmission, la sécurité, le sentiment d’appartenance, le souvenir. Nous avions évoqué que dans nos sociétés, beaucoup de rituels étaient associés à des pratiques religieuses et culturelles (Bar Mitzvah, Baptême, l’action de Grâce en Amérique du Nord….). Qu’ils pouvaient également servir à commémorer un événement (Halloween, la St Valentin), un fait historique (coquelicot pour le 11 novembre, muguet du 1er mai …).

Rituel individuel ou collectif

Nous avions vu que le rituel peut être défini par la société. Ou inventé et institué individuellement ou en groupe. Quelle que soit son origine, le rituel a un sens, il est accompli pour une raison précise et avec un but, ce qui le distingue de l’habitude. Quant à la différence avec le rite, nous ne nous lancerons pas dans le débat ici. Et pour des raisons de facilité, nous considérerons que les termes sont équivalents. Même si certains auteurs les différencient !

Rituels autour de la mort

En ce qui concerne la mort, Luce Des Aulniers rappelle que le rite est avant tout une série de gestes codifiés. «Quand on met en place un rite, on prend acte de la réalité de la mort. Et en agissant ainsi, on signe notre détermination humaine, on inscrit notre humanité dans ce qui la dépasse.».

Dans les sociétés occidentales, «le silence que nous tenons en présence du mort montre que nous sommes attentifs à ce mutisme définitif de la mort qui est notre lot commun”, dit l’anthropologue. “Ce silence représente une des entrées rituelles les plus fécondes. Il signe la suspension provisoire du temps.».

L’importance des rituels autour de la mort

Ce qui est important dans le rite, particulièrement dans le rite mortuaire, c’est d’agir d’une façon délibérée et surtout d’agir ensemble. «En prenant acte de ce qui nous désassemble – la mort –, on ne peut faire autrement que de faire corps”.

La mort nous confronte en effet à une grande palette d’émotions. Elles varient d’une personne à l’autre. Elles s’expriment différemment selon les caractères mais également les familles et les cultures.

Certains vont pleurer en groupe et même faire appel à des pleureuses pour que le chagrin s’exprime haut et fort et soit partagé par la communauté. D’autres vont préférer le recueillement et le silence.

Tout le monde se rejoint en revanche dans le fait d’utiliser le rite comme catharsis. Dans le sens de moyen de libérer les émotions et de les transformer. «Quand les gens ont accompli un rite, ils sentent qu’il s’est passé quelque chose. Cela les réconforte, cela leur apporte une provision de chaleur et de douceur pour les semaines suivantes, quand ils se retrouvent seuls dans un tournis de mélancolie. C’est un moment charnière.».

Le rituel, pédagogie de la mort ? 

La courbe du deuil

Peut-être avez-vous déjà entendu parler de la courbe du deuil ? Cette courbe est un moyen de comprendre le processus qu’une personne doit traverser pour dépasser une perte et surtout la transformer pour lui permettre de continuer à croître sur son chemin de vie. Ce n’est pas un modèle unique ou encore un parcours obligatoire et applicable à tout le monde. Elle donne en revanche des points de repères pour comprendre les différentes étapes que peut vivre l’endeuillé. Conceptualisée par Elisabeth Kübler Ross, elle présente 4 grandes étapes associées à des émotions et à des actions  :

  • la phase du choc, où se vivent généralement le déni, la colère et la peur
  • mais aussi la phase de la remise en question, qui peut être reliée au marchandage et à la dépression.
  • la phase de la remobilisation, avec l’acceptation et la découverte du sens.
  • et enfin la phase de l’engagement, où le temps de l’intégration et de l’action se concrétise

Les rituels du deuil

Dans ce processus de deuil, les rituels sont rarement nommés. Mais à notre avis, ils y ont toute leur place. Notamment pour permettre d’exprimer les émotions que provoque la perte. Pour les partager et aider à transformer ce moment qui nous percute souvent violemment, en un événement qui peut nous apprendre de nombreuses choses sur la vie, sur notre entourage et sur  nous-même.

Donc le rituel est non seulement important pour dépasser la souffrance, mais il l’est également pour la vie. À bien des égards en effet, l’enjeu profond du rituel est la continuité de la vie. La vie doit se perpétuer malgré tout. C’est-à-dire malgré la mort, la maladie, le malheur, l’injustice et l’impuissance. Le rituel se pratique pour que la vie perdure.

Quel rituel ?

Nous allons ici parler de rituels funéraires mais aussi de rituels “périphériques” tels que ceux du souvenir ou de la commémoration. Ils sont conventionnels et formels ou spontanés et novateurs. Les rituels qui accompagnent le mort jouent un rôle important dans le déroulement du deuil des personnes qui restent.

La crémation

L’augmentation du recours à la crémation procèderait de la compression des espaces dans un environnement de plus en plus urbanisé. De notre répulsion hygiéniste pour tout ce qui symbolise notre finitude. Mais aussi de la vision que nous avons du corps. La crémation permet d’éviter l’image du corps en décomposition, une image très désagréable pour de nombreuses personnes. Elle interroge nécessairement la valeur que nous accordons au corps sans vie.

La mise en terre

Selon Luce Des Aulniers, l’existence d’un lieu pour les morts est très importante. Dans le sens où ce lieu nous rappelle que la mort est une réalité qui fait partie de nos vies.

Il est intéressant à ce propos de noter que si la crémation est beaucoup plus courante aujourd’hui, la mise en terre demeure importante. D’ailleurs le rite de la crémation et celui de la mise en terre sont souvent combinés. De nombreuses personnes choisissent ainsi d’enterrer les cendres (même si certains pays ont interdit cette pratique dans les lieux privés). «Le retour en terre est quelque chose de fondamental dans les sociétés agraires, mentionne l’anthropologue. Dans ces sociétés, on placera les cendres du défunt sous l’arbre qu’il aimait ou on plantera un arbre à l’endroit où l’on dépose ses cendres.»

La dispersion des cendres 

Si elle est libre au Québec, elle est très encadrée en France depuis 2008. Elle est par exemple interdite dans les lieux publics (fleuve, routes, rivières). Elle doit être faite avec autorisation du maire de la commune en cas de dispersion dans la mer.

La symbolique de l’eau

Pour Luce Des Aulniers, l’eau évoque la matrice utérine dans laquelle nous avons d’abord été portés et bercés. «L’eau évoque aussi le passage vers le monde des morts, rappelle-t-elle, comme dans le mythe grec de Charon.». La dispersion des cendres a une valeur symbolique forte et sera souvent associée à un lieu qui a une signification pour  le défunt.

La lumière

Feux rituels, cierges et bougies allumés ont toujours accompagné la mort, rappelle l’anthropologue. La flamme symbolise souvent la vie, à la fois source de lumière et de chaleur mais aussi fragile et susceptible de s’éteindre. Le feu lui,  est relié à la mort, voire à l’enfer (les flammes de l’enfer). Le mot feu lui-même a longtemps désigné le mort (feu Monsieur Richard, feue madame Paulette. Et c’est encore lui qui est utilisé dans la crémation. Le feu, explique Luce Des Aulniers, élimine de façon radicale une des craintes fondamentales de l’humanité, celle d’être enterré vivant. «Il annihile aussi une autre crainte universelle, celle de la dépouille qui pourrit lentement, qui est, pour plusieurs personnes, une façon de mourir deux fois… Alors qu’une fois suffit amplement !».

Les réseaux sociaux

Il vous est peut-être arrivé d’avoir des rappels d’anniversaires ou d’événements lancés  par la page Facebook ou Instagram d’une personne décédée. Avec les réseaux sociaux, les personnes ont en effet d’autres “lieux d’existence”. Et comme il peut être difficile d’effacer le numéro de téléphone de son carnet d’adresse, fermer la page d’un proche peut être perçu comme intolérable pour d’autres. «Comme si l’être aimé mourait une seconde fois».

En même temps, ces suppression ne font-elles par parties de ces multiples renoncements que le départ d’une personne nous oblige à faire ? Selon Luce Des Aulniers, transformer le compte en site mémoriel, avec l’indication «en souvenir de» qui apparaît sur la page de la personne défunte, peut être un bon moyen d’assumer le travail du deuil. La page qui recueille les messages de condoléances peut devenir un nouveau lieu de rassemblement. Le web agit alors «comme nouveau médiateur de l’expressivité émotionnelle, la faisant se livrer et se réverbérer, puisque chacun, même inconnu, peut répondre aux propos».

L’object collectif 

Les décès qui interpellent toute une communauté, particulièrement les morts violentes, mettent en relief la dimension collective de la perte qu’engendre la mort. Dans le geste qui consiste par exemple à accrocher un bouquet de fleur à l’endroit d’un accident de voiture ou encore un vélo peint en blanc sur les lieux où un cycliste a perdu la vie. L’anthropologue voit un rite visant à ressouder la communauté. «Le fait que les bicyclettes soient accrochées de façon un peu inusitée, cela transmet le même message qu’autrefois les croix de chemin. Ici, il y a eu une tragédie, donc faisons attention.».

Les rituels collectifs 

Il s’agit, en tant que groupe, de se réunir à un niveau communautaire (un quartier, un milieu de soins, une organisation, une entreprise, etc.) derrière une action concrète pour une commémoration sacrée des défunts.

La tenue d’un rituel collectif permet de :

  • reconnaître le caractère collectif des pertes et exprimer une responsabilité collective (en cas de guerre, de catastrophe naturelle, de pandémie …)
  • contrer l’isolement et contribuer à la cohésion sociale
  • Développer une résilience communautaire et revaloriser le pouvoir d’agir des communautés.

Ces rituels ont été particulièrement remis en vue pendant la pandémie de la COVID 19. Ici, la Direction régionale de santé publique de Montréal a par exemple publié récemment un guide. Il met en lumière les principes fondamentaux des rituels collectifs, tout en soulignant leur importance dans le contexte actuel. Le faire en temps de pandémie permet de reconnaître qu’il ne s’agit pas seulement d’une épreuve individuelle, mais bien collective.

Le podcast sur le lien #79

inscription newsletter

Points importants

Quels sont les points importants dans la création de rituels :

  • Avoir du sens : prendre part à la démarche et aux objectifs du rituel permet de se sentir plus engagé. La symbolique derrière la représentation choisie lors du rituel (une chandelle, des foulards, des poèmes, une couleur, etc.) doit être porteuse de sens pour les personnes. La signification doit donc être explicite tout en permettant aux individus de l’interpréter à leur manière. Il est donc primordial d’inclure les endeuillés, voire des citoyens (pour un rituel collectif). le rituel permet de remplir le sentiment de vide, voire les regrets qui peuvent apparaître au moment de la perte.
  • Tenir compte de la diversité : le point de vue de différents individus, leurs expériences et l’ensemble de leurs forces sont à prendre en compte et permettent des échanges stimulants et riches dans la préparation et la réalisation du rituel. « Le rituel collectif est le résultat d’une réflexion collective. »
  • Être visible : « La visibilité de l’événement peut contribuer à la résilience des endeuillés ». Puisque lorsque les sentiments sont validés et partagés par le plus grand nombre, les personnes endeuillées peuvent plus facilement cheminer à travers le processus de deuil. Cette visibilité peut remplacer celle qui existait avant. Lorsqu’on prenait le temps de garder les corps morts pour aller dire au-revoir, lorsqu’on prenait le temps d’être en deuil, de visiter la famille endeuillée.
  • Partager : le soutien social est nécessaire. A défaut de présence physique, une communauté virtuelle pourra aussi servir de soutien. En partageant ensemble leurs émotions #5 , les personnes endeuillées prennent conscience de leur appartenance à la collectivité. Elles profitent de l’énergie qui émane du groupe. Elles éviteront de manger leur émotions. Nous en avions parlé dans notre podcast #62

En bref 

Le rituel permet de mettre en gestes et en paroles une quête de sens pour accompagner la séparation et le passage du statut de vivant à celui de mort. Louis Vincent Thomas nous le rappelle : « Le rituel ne prend en compte qu’un seul destinataire : l’homme vivant, individu ou communauté. Sa fonction est de guérir ou de prévenir, fonction qui revêt d’ailleurs de nombreux visages : déculpabiliser, réconforter, revitaliser. […] Ce rituel de mort serait en réalité un rituel de vie. » (in Rites de mort. Pour la paix des vivants, 1996).

la mort

Allez hop, je me lance !

En résumé

1- Réaliser un rituel en présence les uns des autres, permet de prendre pleinement conscience que les personnes endeuillées ne sont pas seules.

2- Les pratiques codifiées sont nécessaires pour donner un sens symbolique à la séparation.

3- le rituel est non seulement important pour dépasser la souffrance, mais il l’est également pour la vie

A vous de jouer chers auditeurs, une carte de 2 minutes ensemble !  pour penser à un rituel de mort qui fait du sens pour vous. Et pourquoi pas profiter de ce podcast pour amener le sujet chez vous et réaliser qu’en parler peut se faire en douceur et même avec une certaine libération ?

La petite mousse est un peu longue cette semaine cependant les mots de Khalil Gibran : Quand tu es heureux, regarde au plus profond de toi. Tu verras que seul ce qui t’apporte de la peine, t’apporte aussi de la joie. Quand tu es triste, regarde à nouveau dans ton cœur, et tu verras que tu pleures ce qui te rendait heureux.

Du bonheur avec Gaël Aymard

Le micro de Bulle de Bonheur est en Auvergne cette semaine, une région bucolique du centre de la France en compagnie de Gaël Aymard. D’ailleurs, cet entrepreneur de 32 ans est aussi un jeune papa heureux.

Gaël Aymard, un ancien Petit Prince

Ancien Petits Princes depuis ses 11 ans, aujourd’hui, il sourit à la vie et il la croque à pleines dents ! En bref, l’Association Petits Princes est une association qui s’est donné pour but de réaliser les rêves d’enfants et adolescents malades. En fait, grâce à l’association des Petits Princes, Gaël a eu cette grande chance de réaliser plusieurs de ses rêves d’enfant en rapport avec ta passion, l’aviation 🛫

Gaël Aymar, un entrepreneur engagé

Entreprendre était l’un des rêves de Gaël. Par ailleurs, c’est un énième uppercut (à découvrir dans le podcast !) qui lui a donné de l’élan pour le réaliser. Maintenant, entrepreneur depuis 5 ans. Il semblerait qu’il poursuit en parallèle sa transformation intérieure afin d’accompagner au mieux ses clients dans un projet plein de sens, qui leur ressemble. Aujourd’hui, ce sont les rêves de ses clients qu’il a à cœur de concrétiser. Gaël Aymard les accompagne avec confiance à bâtir leur vision. Il la modélise pour l’impulser dans leur nouvelle réalité. Toujours avec bonne humeur et toujours dans le respect des valeurs humaines et de l’environnement.

Podcastmania, c’est quoi ?

 PodcastMania est une entreprise à mission qui diffuse des ondes positives largement et massivement ! Ses objectifs :
  • Formert des entrepreneurs au podcast grâce à l’accompagnement À Vous Les Studios !
  • Produire des podcasts : Aventure Humaine, Papilles & Colibri, L’instant Rêve…
  • Regrouper au sein du Collectif des podcasters et des entrepreneurs positifs et engagés pour entreprendre autour du podcast ;
  • Lancer la première Régie Publicité éthique et responsable valorisant les marques positives et vertueuses !
En réalité, les co-fondateurs, Laura et Gaë Aymardl, ont douze années d’entrepreneuriat cumulés à leur actif.
gael aymard podcastmania
Copyrights : Podcastmania

Les valeurs de Gaël Aymard

Pour finir, le sens, l’alignement, la liberté, la solidarité, la conscience environnementale sont des valeurs que Gaël Aymard compte bien suivre pour impacter le monde.

Je me concentre

La concentration, pas si facile d’être toujours au top ! En fait, nous avons souvent le sentiment de fonctionner en mode réactif . Etre interrompu par un email, une alerte, enchaîner sur autre chose et avoir totalement perdu le fil de ce qui nous occupait préalablement. Il nous arrive aussi d’être absents au moment présent, à la discussion à laquelle nous souhaitions participer. Ou alors, de ne rien retenir d’une réunion ou d’un podcast comme si nous n’avions pas vraiment été là. …Bref, nous nous sentons parfois déconnectés et dispersés. Depuis que nos vies se sont densifiées, nous sentons parfois que notre cerveau ne suit plus. Sommes-nous devenus incapables de focaliser mon attention ? Est-ce possible de réapprendre à se concentrer ?

La concentration c’est quoi ?

Les travaux de Jean Philippe Lachaux

Pour nous pencher sur la question de la concentration, faisons ensemble un détour par les neurosciences. Pas de panique, nous allons nous appuyer sur un excellent ouvrage de vulgarisation. Le cerveau funambule de Jean-Philippe Lachaux. L’auteur est directeur de recherches en neurosciences au sein de l’unité Inserm « Dynamique cérébrale et cognition » à Lyon. En fait, il nous apprend que notre cerveau fonctionne par cycles très rapides de couples perception-réaction.

Bien souvent des éléments détournent notre attention

Alors que nous sommes lancés dans une action décidée avec un objectif clair. Quelque chose se matérialise et détourne notre attention. En réalité, nous percevons un élément qui déclenche une réaction orientée vers un autre objet que celui qui nous occupait initialement. C’est un cycle perception-action. Par exemple, au petit-déjeuner, je versais du lait dans le verre de mon fils quand mon deuxième a bondi vers mon canapé blanc les doigts pleins de Nutella. J’ai été envahie par la trouille. J’ai réagi en l’appelant et en lui rappelant qu’il était bien trop sale pour s’installer sur ce meuble. Résultat, je me suis rappelée du lait que je versais lorsque j’en ai senti les premières gouttes sur mes pieds. Une fraction de seconde a suffi pour que je perde ma concentration sur ce que je faisais.

la concentration et le cycle de perception/action

La source est à trouver dans mon cerveau. Lorsqu’un stimuli survient, nous recevons l’information de façon visuelle. Cette stimulation est transmise vers le lobe frontal de notre cerveau. Le lobe frontal et les régions sensorielles vont discuter pour affiner notre perception. Par exemple, cette sensation sur mon pied. Elle est fraîche, liquide. Mon pied est mouillé. Ensuite, je fais appel à une deuxième zone sensorielle et je baisse les yeux pour confirmer ce dont le lobe frontal se doutait. C’est bien du liquide froid. Et maintenant je peux confirmer que c’est du lait. Une fois que le cerveau comprend bien à quoi il est confronté. Il évalue quelle est la bonne réponse à apporter à la situation au vu des informations qu’il a collecté.

Notre cerveau joue les arbitres

Il joue l’arbitre entre plusieurs actions et fait un choix. En fait, il transmet l’information au cortex moteur qui produit l’action. Dans le cas présent, mon cerveau n’a pas eu besoin de plus de précisions pour décider que mon bras devait relever la bouteille de lait et la reboucher. Pour que ensuite, je ne cherche du regard un linge pour tout essuyer. Vous comprenez bien avec cet exemple précis que ce cycle ne prend souvent qu’un quart ou une demi-seconde. Un cycle rapide produit forcément des erreurs. Dans mon exemple du lait renversé,  mes multiples réseaux neuronaux se sont livrés une bataille sans merci pour déclencher mes actions. Au sein de ces cycles de perception/action ultra rapides, mon cerveau n’a pas fait le bon choix. Or, « Se laisser distraire c’est souvent choisir la mauvaise action » nous dit précisément Jean-Philippe Lachaux.

la concentration

Les 3 critères qui  influencent le choix de l’action dans un cycle perception-action.

Nos associations

D’abord, notre cerveau s’est habitué à certaines associations perception-action. Il va chercher un historique de nos actions passées les plus souvent associées à ce type de perception pour choisir l’action à faire. Par exemple, un enfant qui apprend à lire prononce d’abord des sons sans forcément comprendre. Puis il va ensuite les intérioriser et leur donner un sens. C’est pourquoi plus tard, il nous est difficile de ne pas lire quelque chose qui est écrit devant nos yeux. Ou alors nous comprenons des phrases alors qu’il manque des lettres

Une continuité

Ensuite, il existe une forme de continuité entre nos actions qui guide notre cerveau pour prendre des décisions. Je me saisis d’un verre d’eau car j’ai soif. Mon action suivante va donc automatiquement être orientée  vers la boisson. L’endroit où elle est rangée puis les gestes d’ouvrir, verser, fermer et boire.

Le circuit de récompense

Enfin, le troisième critère qui guide de notre cerveau est plus émotionnel. C’est notre recherche permanente de plaisir ou notre stratégie d’évitement du déplaisir. C’est ce que les scientifiques appellent plus communément le « circuit de récompense ». Notre cerveau analyse à chaque instant la qualité de notre ressenti face à une expérience puis il développe ses propres associations. C’est comme si, au fur et à mesure de notre vie, notre cerveau avait enregistré  les conséquences de certaines actions sur notre niveau de plaisir. De plus,  il est capable de nous détourner de ce qui nous a déplu par le passé pour nous concentrer sur ce qui nous a procuré du plaisir ou de la joie.

Notre système neuronal nous joue des tours !

Par exemple, c’est ce système neuronal qui nous encourage à manger quand nous avons faim. Mais c’est aussi ce même système qui nous incite à scroller interminablement sur les réseaux sociaux sans but précis. Ou à nous affaler devant une série au lieu de vider la machine. Ne le sous-estimez pas, ce circuit de récompense est très puissant. Il est capable de détourner notre attention, de cycle en cycle, de nos objectifs intentionnels. Il est tellement avide de plaisir qu’il peut prendre le pas sur nos habitudes de vie plus saines. C’est notamment le cas chez les personnes qui développent des addictions.

Le cerveau collecte des perceptions et choisit des actions

L’équilibre attentionnel au service de la concentration

J’aimerais vous parler d’une étude édifiante menée par l’équipe de Jean-Philippe Lachaux. Elle teste le sens de l’équilibre attentionnel d’une certaine population. L’équilibre attentionnel, nous le présente le chercheur, est un peu comme la traversée d’une poutre. La poutre nous indique à la fois les actions à mener pour traverser. Avancer pas à pas pour atteindre l’autre extrémité et nous donne une direction précise, un objectif. Donc, nous comprenons bien combien l’exercice de la traversée d’une poutre est un exercice qui mobilise notre concentration. Car à la moindre inattention c est la chute.

Nous sommes doués pour être distraits !

Du coup, pour comprendre le fontionnement de cet équilibre attentionne, l’équipe de recherche a mis au point une expérience simple. Les participants doivent retenir une lettre montrée sur un écran. Puis indiquer sa présence ou non dans des lots de 4 lettres qui se présentent à l’écran toutes les 2 secondes. Le test durait 4 minutes. Les résultats démontrent que le temps de réaction de chaque participant varie fortement au cours de l’expérience. Et qu’il se trompe régulièrement, mettant en lumière les moments où l’individu s’est laissé distraire. Ne vous sentez donc pas coupables d’être parfois distraits. Car même sur un exercice très facile de 4 minutes, nous sommes extrêmement doués pour nous distraire nous-mêmes ! Notre équilibre attentionnel est naturellement vacillant !

Les propositions d’action immédiate trouble la concentration

Vous est-il déjà arrivé d’être projeté ailleurs que dans le moment présent par vos soucis ou vos pensées ?  Ou bien, vous assistez à une réunion ou à un dîner et d’un coup vous ne participez plus à la conversation ? Ou encore, vous vous perdez dans une pensée qui vous accapare ?  Dans notre quotidien, ça nous arrive tout le temps. Comme, vous êtes en train de préparer un repas et vous pensez au sac de piscine, à la lunchbox du lendemain, au formulaire qu’il fallait signer. Sans parler de penser au moment où vous allez pouvoir lancer la machine à laver au lieu d’écouter ce que vous raconte votre fils.

Notre cerveau garde en mémoire tous les projets en cours, sans les hiérarchiser. Il sait donc que vous n’avez pas décidé de comment vous vous rendrez à votre rendez vous de vaccination ou de votre menu du dîner.  Et il va inlassablement vous envoyer des petits rappels aussi souvent que possible. Jean-Philippe Lachaux les appelle les « Propositions d’Actions Immédiates » – PAM.

Notre cerveau est comme un chercheur d’or

Pour nous expliquer ce phénomène, il utilise la métaphore du chercheur d’or. Le chercheur d’or est constamment traversé par un sérieux dilemme : continuer à chercher là où il est ou explorer une autre source. Notre cerveau fonctionne couramment de cette façon. Dois-je continuer à regarder cette série ou zapper sur une autre chaîne ? Dois-je encore améliorer ce dossier ou passer au suivant ?

Notre réseau de sentinelles est prêt à rompre la concentration

De plus, Comme notre cerveau est très organisé, il s’entoure d’un réseau de sentinelles qui surveillent ce qui se présente et ce qui pourrait représenter un intérêt supérieur à ce que nous faisons. C’est ce système pré-attentif qui, par exemple, m’indique qu’une araignée est en train de descendre sur le mur. Il m’envoie un signal que je confirme en me détournant de ce que je faisais pour identifier clairement l’araignée et confirmer le signal. Nous en voyons bien les bénéfices : ce système collecte  tout danger et opportunité pour nous. Cependant, ce mode de veille permanent est une source majeure de distraction.

J’ai encore 5 slides à faire quand je reçois un pop up What app de ma soeur…

Par exemple, je veux vraiment finir cette présentation, il me reste 5 slides que j’ai bien en tête – intention claire, concrète et à court terme. Mais je reçois une alerte de notification Whatsapp : chic ma sœur me répond pour le cadeau d’anniversaire de Maman – perception. Et là je me rappelle que je dois en reparler avec mon conjoint, nous ne nous sommes pas encore mis d’accord sur le budget – système d’alerte. Je file sur internet grâce au lien que ma sœur m’a envoyé – action. Une pub surgit, je pense à une autre idée ! Je dois racheter les goodies pour l abonnement de couple 1 temps pour 2. Bref, j’ai perdu beaucoup de temps. Et quand je reviens à ma présentation, il m est devenu bien difficile de me rappeler ce que je voulais mettre dans ces fameuses slides…J’ai reçu une première PAM proposition d actions immédiates qui en a déclenché une série d’autres qui m’ont totalement fait perdre le fil de ce sur quoi j’étais concentrée.

Comment maitriser notre équilibre attentionnel au service de la concentration

Mais pas d’inquiétude, la maitrise de l’équilibre attentionnel est à la portée de tous. Elle nécessite que vous gardiez en tête ce que vous cherchez à faire et où placer votre attention pour y arriver, autrement dit : sur quelle poutre avancez-vous et comment y rester en équilibre. Dans mon exemple, j’aurai été plus efficace à rester sur la poutre de ma présentation et rejetter ces PAM qui m’ont fait tomber ! C’est de cette manière que vous garderez le contrôle de vos perceptions et que vous éduquerez votre cerveau à choisir les bonnes actions.

Programmer notre cerveau pour faciliter la concentration

Nous pouvons programmer notre cerveau grâce à des objectifs Claires, Concrètes et à Court terme. Notre mémoire stocke ces objectifs et les utilise comme filtre pour que notre système neuronal choisisse la bonne action au bon moment. C’est aussi grâce à ces objectifs bien définis que nous pourrons rejeter les PAM ou les stocker pour plus tard et éviter que ces satanés propositions d actions immédiates  ne captivent notre attention. Par exemple, tandis que j’écris ce podcast, je me rappelle que je dois répondre à un email. Puis j’entends mon mari qui regarde une série que j’adore et mon système de récompense me titille. Mais mon objectif est clair : finir ce podcast – mon objectif est concrèt : 15000 signes organisés selon un plan bien précis déjà couché sur le papier – mon objectif est à court terme : à la fin de la soirée.

Quels sont les bénéfices de la concentration ?

Un sentiment de compétence

Rester concentré sur une action ou un objet améliore notre sentiment de contrôle et de compétence. Nous vous en avions parlé dans notre Bulle de bonheur #91 J’expérimente le flux. Lorsque nous sommes à 100% à ce que nous faisons, nous sentons que nous maîtrisons ce que nous accomplissons. Quel que soit le résultat, nous en retirons la sensation d’avoir mis tous nos moyens au service de notre projet et cela améliore notre estime de nous-mêmes.

Passer en mode actif

Cette sensation de contrôle est aussi alimentée par votre capacité à trier vos pensées. Lorsque vous êtes assaillis de PAM et que vous réussissez à reprendre le contrôle, vous passez du mode passif au mode actif. Rappelez vous vous êtes acteur de votre vie podcast # 55 Vous passez de l’habitude mécanique à la conduite intentionnelle. Vous reprenez les commandes.

Diminuer notre niveau de fatigue

Par ailleurs, se concentrer diminue notre niveau de fatigue. Les personnes concentrées sont souvent présentées en effort, sourcils froncés, regard absorbé,…pourtant, ce n’est pas le fait de se concentrer qui nous fatigue. Ce qui nous épuise c’est l’éparpillement, le multi-tasking, le fait de mener plusieurs objectifs de front. Nous sommes dans la recherche d’optimisation à tout prix de nos ressources et cette mécanique est épuisante pour le cerveau. Ce qui nous demande le plus d effort est de faire taire ces alertes que le cerveau nous renvoie. Nous avons al capacité de choisir nos pensées podcast Lorsque nous y arrivons, nous ressentons un profond apaisement intérieur qui renforce notre niveau d’énergie.

Se connecter à l’ici et maintenant

Enfin, retrouver un niveau normal de concentration est une forme d’écologie. Lorsque nous faisons taire les multiples sollicitations extérieures, nous nous reconnectons au ici et au maintenant. Nous vous en avions parlé dans notre Bulle de bonheur #25 Je découvre le pouvoir du moment présent. Nous sommes plus attentifs au monde qui nous entoure, à la conversation à laquelle nous participons, à nos proches, aux paysages, aux odeurs,…Lorsque nous allégeons nos cerveaux de cette tempête du zapping permanent, nous améliorons notre expérience sensorielle Je laisse parler mes sens podcast #46 je laisse parler messens, nous nous sentons connectés à l’environnement qui nous entoure et à nous-mêmes. C’est une grande source de joie, de gratitude et de détente. Si vous souhaitez vous pencher sur ces questions, je vous encourage à aller réécouter notre épisode #11 Je dis 3 mercis par jour ou le #20 j adopte la gratitude

En bref

– Notre cerveau fonctionne par cycles rapides perception

– Notre concentration se heurte à l’invasion des PAM, les propositions d’actions immédiates

– A tout moment, nous pouvons reprogrammer notre équilibre attentionnel

– La concentration améliore notre estime de nous-mêmes, notre connexion au monde et diminue notre fatigue

Allez hop je me lance

A vous de jouer chers auditeurs, piochez une carte 2 minutes ensemble ! : cette semaine, portez votre attention sur les sources de distraction qui vous entourent et notez toutes les propositions d’actions immédiates et les alertes qui sont venus vous déconcentrer. C’est une belle manière de les évacuer que nous détaillerons dans la deuxième partie de ce podcast. En fin de semaine, faites le bilan !

Parler d’affectivité avec son enfant

Lorsqu’un enfant pose des questions, ce n’est pas le moment de se défiler ! Et pourtant, parler d’affectivité avec son enfant fait partie de la vie. Il ne devrait pas être un sujet plus difficile que la mort, la religion, le racisme…Alors comment faire ?

Parler d’affectivité avec son enfant est bien nécessaire

Parler d’affectivité et de sexualité avec son enfant est bien nécessaire et pour plusieurs raisons :

Le sexe fait partie de la vie

Normalement, il ne devrait pas être un sujet plus difficile que la mort, la religion, le racisme… 

D’ailleurs, quand on est parent on veut le meilleur et malgré ça, on est freiné car, 

  • on a peur d’être maladroit « que faut-il dire »
  • on a Peur de ne pas trouver les mots « quand le dire »
  • on a Peur de ne pas être experts « comment le dire » 

et pourtant les enfants ont besoin des paroles d’adulte pour se comprendre et comprendre comment fonctionne leur corps

Un moyen pour les éloigner du porno

Même petits, les enfants sont exposés quotidiennement à des messages sexuels : publicités, film, sans être réellement informés.

Au début de l’école, les enfants sont encore un peu épargné par le sujet. Cependant, il est bon déjà de les informer sur la beauté de leur corps afin qu’ils aient les armes pour se protéger quand ils seront confrontés à des images malveillantes.  

Bien sûr,  le contrôle parental existe, malheureusement, il est rarement suffisant. Vous imaginez qu’il regarde Pocahontas sur un site de streaming, avant de voir la belle indienne, probablement qu’il verra des pub pornographiques. De plus, l’enfant, n’est pas non plus à l’abri d’un camarade de classe qui a été exposé à des images et qui va les raconter. Ou encore d’un grand frère ou d’une grande sœur qui va lui proposer de regarder quelques images amusantes…

Le poids des mots et des images

Un médecin à Harvard, Mark Schuster dit. «Quand les parents attendent le bon moment pour parler de sexualité à leurs enfants, le bon moment est loin derrière ».

Une autre étude dit qu’un enfant qui a eu un discours à la maison sur la sexualité aura sa première relation sexuelle plus tardivement, sera plus sélectif sur le choix de son partenaire et se protégera mieux. 

Donc 2 phrases à retenir. « Celui qui ne sait pas va voir » et « le 1er qui parle marque des points »

La métaphore de la cire et de l’eau chaude

La métaphore de la cire et de l’eau chaude illustre bien l’importance de parler tôt aux enfants.

 « Imaginez un récipient contenant une épaisse couche de cire froide, durcie, dont la surface est tout à fait plate et lisse. Ensuite, vous prenez un pot rempli d’eau chaude et vous en répandez un peu sur la cire. Alors, l’eau peut librement glisser où elle veut sur cette surface vierge. Mais, étant chaude, à peine entre-t-elle en contact avec la cire, l’eau fait fondre le dessus, y imprimant une empreinte peu profonde, comme un skieur dans de la neige poudreuse. Désormais, la cire présente un léger creux, l’eau chaude ayant tracé un chemin pareil au lit d’une rivière. 

Si, maintenant, vous répandez à nouveau un peu d’eau chaude dans le même récipient, que va-t-il se produire ? Où l’eau tombe-t-elle en premier ? Comme elle est moins libre que la première fois, l’eau va rejoindre la trace antérieure. Ainsi, cette trace va dès lors guider son écoulement et s’approfondir un peu. Plus vous versez d’eau, plus la même trace se creuse encore davantage, ne permettant plus à l’eau d’emprunter un autre chemin que celui déjà tracé. »

Orienter son discours sur le beau

Cette métaphore pour illustre combien la première empreinte laisse des traces. Je vous laisse imaginer quand le premier contact avec la sexualité est choquant. Alors, quelle empreinte aura le jeune ? Certes la résilience de l’homme est grande cf podcast #65. Cependant, changer un cours d’eau est mal aisé et encore moins quand il est rivière ou fleuve…

Donc, les mots que vous utilisez vous parents, grands-parents, vont laisser une impression à l’enfant. Si le discours est orienté vers le beau, le grand, l’émerveillement, alors, quand l’enfant sera en contact avec la pornographie où des discours crus, il aura au fond de lui-même une force. De ce fait, il se souviendra des mots entendus. Il se rappellera que l’amour ce n’est pas sale, berk, écoeurant, dégoûtant… 

Parler d’affectivité avec son enfant, c’est lui apprendre à connaître son corps

Pensez-vous qu’il est possible d’élever et d’aider son enfant à bien se servir de sa tête sans lui apprendre à connaître son corps ?

Alors au placard, les « Je ne suis pas à la hauteur », « Je suis incapable d’en parler »

Avant tout, prenez confiance dans vos capacités Cf podcast # 6 je me fais confiance. Vos talents sont beaucoup plus nombreux que vous ne l’imaginez.

Pour sortir de la gêne, dites-vous que la sexualité infantile revêt des aspects différents de la sexualité adulte. L’enfant est animé d’une volonté de séduire, d’être aimé. D’ailleurs, il est nourri autant de contes que d’explications scientifiques. En fait, son imagination déborde et son identité sexuelle se cherche. Alors qu’à partir de l’adolescence la séduction va passer par l’érotisme (1er baisers, caresse, rapport sexuel). L’enfant aura une représentation juste et claire de la sexualité seulement à la puberté.

L’éducation silencieuse construit la sexualité de l’enfant

L’éducation silencieuse est l’éducation des gestes, des mots et des attitudes. 

Pour ceux qui sont en couple, comment êtes-vous avec votre conjoint ? Sachez que chaque caresse, mot doux, geste tendre, attention sont captés par l’enfant et ça le construit.

Et puis, que dites-vous de votre condition d’homme, de femme ? Il est plus avenant de parler de la joie d’être femme ou homme plutôt que de se plaindre auprès des enfants. « Ah tu verras la galère de travailler…. » Ou « ah ! vivre en couple c’est l’angoisse ». Certes, qui n’a pas eu ce type de pensée un jour ! Cependant, parler positivement de votre vie d’adulte, leur donne envie de le devenir eux aussi.

L’importance de la tendresse

La tendresse que vous avez envers votre enfant est essentielle pour son développement harmonieux. Il a besoin d’être touché comme d’être nourri. Podcast #46 – Je laisse parler mes sens

Quand vous prenez votre enfant dans vos bras, quand vous le câlinez, quand vous le caressez, vous lui inculquez la notion de plaisir. Elle sera nécessaire plus tard pour sa sexualité.
De plus, quand vous lui exprimez vos sentiments, quand vous lui parlez, vous lui inculquez la notion de relation, indispensable dans une relation sexuelle. D’ailleurs on entend bien le mot relation dans relation sexuelle.

Développer sa carte du tendre

En réalité, ces réponses à son besoin d’affection et de tendresse va lui permettre de développer sa carte du tendre. Cette carte du tendre va l’accompagner toute sa vie affective et sexuelle et lui apporter une sécurité affective. Saviez-vous que si le cou est une zone érogène c’est que sans doute qu’enfant, vos parents vous faisaient des bisous dans le cou. 

Parler d’affectivité avec son enfant c’est faire la différence entre l’intimité et la pudeur 

C’est quoi la pudeur

La pudeur parle autant du corps que des sentiments. Le mot pudeur peut avoir une connotation positive : la retenue, la modestie. Et aussi une connotation négative : gêne, honte de son corps, de sa sexualité.

Comparez la pudeur à un voile qui bouge. Un voile qui voile et qui dévoile en fonction des circonstances. Par exemple, on est à l’aise en maillot de bain sur la plage mais pas dans la même tenue dans un marché. Tout comme certains sentiments s’expriment dans l’intimité et non en public. Vous dites je t’aime dans l’intimité et non en pleine conférence !

A noter, tout de même que chaque société a ses critères de pudeur. Les codes peuvent évoluer avec le temps. Nos grandes mères cachaient leur cheville, les filles aujourd’hui montrent leur nombril mais supportent moins d’afficher leurs poils ! 

En famille, certaines familles sont plus décomplexées que d’autres et montrent facilement nues. 

Comment se positionner par rapport au bain ou à la douche !

Des questions qui reviennent souvent autour du bain : « Jusqu’à quel âge donner le bain avec les frères et sœurs ou jusqu’à quand le prendre avec lui ? » Il n’y a pas de règle absolue. 

Maintenant, il est important d’être vigilant.

Entre frères et sœurs, si le bain est source de trop de découvertes. Genre, je te tire le zizi ou je te pince la poitrine. Alors il est bon d’arrêter. 

Avec les parents. Lorsque l’attitude de l’enfant vous dérange (il pose trop de questions sur votre anatomie) ou qu’il commence à manifester de la gêne vis-à-vis de son corps (vers 6 ans en moyenne). Alors, il convient évidemment de respecter la pudeur de chacun. Et bien sûr, sans pudibonderie excessive, mieux vaut alors éviter de se promener nu devant lui ! 

En résumé, intimité ne veut pas dire cachette. Si vous fermez la porte de la salle de bain, vous faites votre toilette dans l’intimité pas en cachette. Tout comme si vous fermez la porte de votre chambre. Vous dormez dans l’intimité et non en cachette ! 

Parler d’affectivité avec son enfant c’est ouvrir une place au dialogue 

Comment répondre à leurs questions ?

Tous les enfants ont besoin de réponse à leurs questions. Certes, elles dérangent. Oui elles arrivent au mauvais moment. Cependant, répondre à des questions sur les sujets qui touchent à l’affectivité et à la sexualité, c’est entamer un dialogue. Un dialogue de l’intimité qui crée des liens de partage.

Une éducation affective et sexuelle est plus large qu’une information sur la sexualité, même si celle-ci est importante. La finalité est d’aider l’enfant à développer sa personnalité en ayant une image positive de lui-même et de son corps. En ayant, aussi, un regard juste sur sa capacité à aimer et à être aimé. C’est une éducation à l’amour et à la responsabilité. Plus cette information sera positive et mieux elle sera accueillie par l’enfant.

Ensuite, quand un jeune pose une question, commencez par lui demander ce qu’il sait sur ce sujet. Un garçon de 6 ans demande à sa mère ce que voulait dire le mot sexe. La mère affolée, bafouille quelques mots. Le fils, ahuri par les propos de sa mère, lui tend alors une feuille. Il voulait simplement savoir que mettre sur un formulaire après ce mot sexe : M ou F !!!!  Alors, finies les sueurs froides pour savoir quoi répondre ! Renvoyez simplement la question : « Qu’entends-tu par là ? » « Que connais-tu de ce mot, que signifie-t-il ?»

L’avantage de la reformulation

L’avantage de cette reformulation est aussi de prendre du recul, de réfléchir aux mots les plus ajustés. Voire même de différer la réponse si vous manquez de connaissance ou si vous êtes bousculé par la question. Un enfant sera touché par un adulte qui admet de pas connaitre une réponse, ça lui montre aussi qu’il peut lui aussi se poser des questions. Être adulte ce n’est pas avoir la science infuse ! Par contre, c’est indispensable d’y revenir pour y répondre. Pas question de botter en touche !  

Reformuler, c’est aussi une manière de pouvoir répondre à la question avec justesse. A l’interrogation « c’est quoi un préservatif ». Renvoyer la question ; « Pour toi un préservatif, qu’est-ce que c’est » ?  S’il vous dit. « c’est fait pour ne pas avoir d’enfant ». Vous confirmez et c’est ok. Pas besoin de vous lancer dans des explications sur le Sida et les IST. Oui c’est vrai que le préservatif protège aussi des maladies. Vous y reviendrez plus tard ! 

Et puis dites-vous et vous l’avez expérimenté, les enfants posent des questions franches et de manière simple, si l’enfant ressent un malaise il pourrait éviter le sujet ! 

En résumé, l’enfant doit sentir que tous les sujets peuvent être abordés avec ses parents sans risque 

Parler affectivité avec son enfant c’est gérer des situations imprévues et génantes 

La place du plaisir

Vers 2/3 ans c’est l’âge de l’exhibition ! Normal ! 90% des enfants s’y prêtent. Leur insatiable curiosité les porte à s’examiner de très près. Ils prennent conscience en touchant leurs organes génitaux que cette région est particulièrement sensible. En frottant ses organes sexuels, la petite fille ou le petit garçon ressent du plaisir. En fait, c’est pour eux, une fonction de détente, et d’apaisement purement sensuel.

La petite fille qui montre sa vulve exprime sans doute qu’elle vient de se rendre compte qu’elle est différente des garçons et affiche sa spécificité. Le garçon, pénis au vent, montre que les filles l’intriguent ! On évite « Je vais te la couper ! » « Touche pas à ça». Quand on n’en fait pas un drame, la ferveur nudiste s’émousse rapidement. Rassurez-vous votre enfant ne deviendra pas un adulte pervers ! 

La masturbation

Il arrive fréquemment qu’un enfant de cet âge se masturbe. Là encore, il appartient aux parents de lui expliquer qu’il y a des limites, sans y mêler des notions de morale (c’est “bien” ou “mal”). En fait, un discours moralisateur associerait aux organes génitaux une idée péjorative ou malsaine. Alors, qu’aller à la découverte de son corps est naturel. Et l’enfant se caresse surtout quand il est inquiet ou énervé. Cela lui procure à la fois du plaisir et un apaisement. Pas de quoi lui donner mauvaise conscience. Il suffit de lui dire sereinement : “Ca ne se fait pas en public, c’est pourquoi tu ne vois jamais papa et maman faire ça”. 

Comment fait-on les bébés

Retournez-lui la question : «Et toi, qu’est-ce que tu en penses ?» C’est encore le meilleur moyen de savoir où il en est. Souvent, vers 4 ans, les enfants imaginent que pour avoir un bébé il faut manger une graine. Expliquez-lui que c’est papa qui donne la graine au cours d’un gros câlin. Evidemment, il va vouloir savoir comment et où papa dépose la graine. Contentez-vous de répondre : par le sexe. Grande chance que ça luis suffise ! Votre enfant ne demande pas à connaître vos positions sous la couette.  

Lui raconter son histoire

C’est aussi l’occasion de lui raconter son histoire. Quand il était dans le ventre de maman, la joie de la découverte que vous alliez être parent. Et aussi la merveille de découvrir son visage à la naissance, le choix de son prénom. Si il a des frères et sœurs, comment s’est passé son arrivée….

L’enfant a besoin de sécurité, de se rassurer sur le fait qu’il est aimé. Lui raconter son histoire est un merveilleux moyen.

Les jeux sexuels 

«J’ai surpris mon fils de 4 ans et sa cousine de 5 ans qui jouaient au docteur, complètement nus. Je ne savais trop comment réagir. » Que faire dans cette situation ? 

Si on surprend la scène, évitez de dramatiser ! Si vous êtes choqué ou déstabilisé, mieux vaut vous abstenir de réagir. Laissez alors les enfants et revenez plus tard sur la situation, quand vous aurez repris vos esprits. Evitez d’induire pour autant qu’il s’agit de quelque chose de sale ou de honteux. Les réflexions du type : « Arrête tes cochonneries ! ».

Sinon, l’enfant se sentira coupable de quelque chose d’abominable… qui est en fait le problème de son parent. L’adulte regarde la situation avec sa lunette d’adulte. Chez l’enfant, rien n’est prémédité et prend place au milieu d’un autre jeu. 

Quand il joue au docteur, l’osculation est sur le même plan que la prise de médicaments ou la prise de température. L’enfant est dans son jeu. Pareil, une fillette de 5 ans ne décide pas cet après-midi de faire l’amour avec son voisin ! En fait, l’enfant est différent de l’adulte, planification et organisation sont absents.

L’enfant est simplement curieux de vouloir découvrir le corps de l’autre. Ces jeux ne sont ni “sales” ni “honteux”. Dites-vous que l’enfant a besoin de scénarios imaginaires pour se construire.

Reste que le rôle des parents est aussi de poser des limites. On peut lui dire tranquillement que ce sont des choses que l’on fait quand on est grand.

Il cherche à regarder le sexe des autres

« Je te montre le mien si tu me montres le tien » au cours desquels les enfants du même sexe ou de sexe opposé se montrent leurs organes génitaux. Au travers de ces jeux sexuel, le tout petit se compare et se rassure sur sa normalité. Même s’il voit ses parents nus, leur sexe lui semble tellement démesuré. Le sien semble lilliputien !

Rassurez-vous, en général, cet intérêt s’estompe vers l’âge de 6 ou 7 ans, quand l’enfant est bien rassuré et bien au fait de son identité. 

L’occasion de parler des abus

Si vous surprenez votre enfant ou s’il vous en parle, c’est l’occasion de parler avec lui du respect du corps. L’autre était-il d’accord pour jouer ? 

C’est l’occasion de prévenir aussi, que ce type de geste ne se font jamais avec les grands ni avec la famille quand on est un enfant.

Petit détour par les abus sexuel et l’inceste. Combien il est important que l’enfant prenne conscience qu’il a toujours le droit de dire non à une situation qu’il ne souhaite pas ou qui le dérange. L’importance qu’il prenne conscience aussi que son corps lui appartient et qu’il est le seul à savoir ce qu’il ressent.

De plus, insistez sur le fait que vous êtes ouvert au dialogue. Que si quelque chose se passe qui intrigue l’enfant ou qui le met mal à l’aise, vous serez toujours là pour l’écouter et pour en parler…

Une fois tout ça dit, inutile de le répéter trop régulièrement. Il pourrait sentir que ça vous inquiète. Et en cas de problème, il gardera tout pour lui car il voudra vous protéger !

Si je résume :

  • L’enfant aura une représentation juste et claire de la sexualité seulement à la puberté.
  • Pour l’enfant aucune zone du corps est tabou.
  • La plus belle histoire que vous puissiez raconter à votre enfant est la sienne
  • L’intimité ne veut pas dire cachette

Et surtout faites-vous confiance ! 

Allez hop je me lance

Une carte tirée de 2 minutes en famille : “Quelles sont les petits obstacles que je pourrais franchir qui m’aideraient à parler plus facilement?”

Parler d'affectivité avec son enfant

Avec Béatrice Papeians, prenez le temps d’être heureux

Béatrice Papeians une femme autodidacte et intuitive.

Quelque soit la ville où elle a vécu (Londres, Rio, Paris ou Bruxelles), elle a toujours eu un pied entre l’univers de l’art et le monde associatif.

Pourquoi son cœur balance-t-il entre ces deux secteurs?  Sûrement parce ce que pour elle le beau, le bon et le bien sont une manière de toucher à l’essence de la vie.

L’arrivée d’Alzeimer

Béatrice Papeians a accompagné pendant dix ans, son mari atteint de la maladie d’Alzheimer. A la suite de cette tranche de vie mouvementée, elle en a tiré un témoignage magnifié et poignant. En fait, ce recueil porte ce beau nom Au fil de l’oubli. Comment ne pas s’arrêter sur ces délicats mots que béatrice adresse à son mari. « Parce que je t’ai toujours aimé, je veux préserver notre lien avec douceur,calme et confiance. »

La générosité de Béatrice Papeians 

Finalement, Béatrice Papeians a offert les droits de son livre à Baluchon Alzheimer Belgique, une association qui a pour mission de donner du répit aux aidants proches d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer. Les baluchonneuses aident avec bienveillance et patience les familles qui traversent l’épreuve de la maladie. En réalité, elles se déplacent au domicile de la personne. Ainsi,  la personne touchée reste dans son milieu de vie.

Elle est désormais en charge de la communication de l’association. A travers des conférences, des interviews, des articles, elle témoigne de son parcours auprès des familles touchées par cette douleur.

Nous nous disions que chaque baluchonneuse pourrait avoir un jeu 2 minutes ensemble ! pour venir mettre des bulles de légèreté dans ces familles ! 

L’équilibre de Béatrice Papeians

L’autre moitié de son temps, elle le passe dans l’atelier de l’artiste Isabelle de Borchgrave, où elle est en charge des visites des expositions et de la vente des œuvres de l’artiste. On peut dire qu’elle a trouvé son équilibre et son bonheur.  

Pour finir, écoutez sans hésiter ce témoignage plein d’émotions !

Je découvre les vertus de l’effort

L’effort une contrainte ou une source de bien-être ?

Parfois, j’ai l’impression que mon quotidien se résume à liste de “to do”. Je dois tout le temps faire des efforts pour prendre sur moi, pour continuer à avancer, pour faire tourner le quotidien. Pourquoi est-ce que je m’impose tous ces efforts ? L’efforts est-il seulement contraintes et obligations ou peut-il être source de bien-être ?

L’effort est partout

Toutes les sphères de notre vie sont envahies par les efforts

Dans la petite enfance, nous avons appris à faire des efforts pour finir notre assiette ou terminer nos brocolis, pour mettre nos chaussures seuls ou encore pour apprendre nos tables de multiplication et rapporter de bons bulletins. Puis, l’effort a investi peu à peu le champ des relations humaines. Comme essayer d’être gentil avec nos frères et sœurs, écrire une lettre à sa marraine, dire bonjour/merci. Une fois adulte, nous faisons des compromis en couple. Nous faisons l’effort de composer avec les défauts de notre partenaire. Et puis, le monde du travail qui exige aussi son lot de dépassement de soi-même. Quand on est sportif, les efforts fait pour se maintenir émir au niveau.  Comme vous le constatez, le tableau de nos efforts est bien rempli ! 

Nous accordons plus de valeur à ce que nous faisons nous même

Au-delà de toutes ces situations qui nous forcent à nous dépasser, vous est-il déjà arrivé de constater que vous accordiez systématiquement plus de valeur à quelque chose sur lequel vous avez beaucoup travaillé ? Etes-vous familier de l’adage « No pain, no gain » ? Etes-vous plus touchée par un cadeau fait maison que par un cadeau acheté ? Avez-vous ce réflexe de penser que quelqu’un qui travaille beaucoup est plus intelligent, important ou intéressant que quelqu’un qui travaille moins ? Si oui, sachez que vous n’êtes pas le seul. Ce biais cognitif a été démocratisé sous le nom de l’effet IKEA. Ce concept voit le jour en 2011 sous l’impulsion des médecins Michael I. Norton de la Harvard Business School et Daniel Mochon de l’Université de Yale. Ils ont démontré que nous accordons plus de valeur à ce que nous faisons nous-mêmes, une sorte de lien d’affection se créé. C’est ce phénomène qu’exploitent beaucoup d’entreprises qui nous vendent pour un certain prix des produits que nous construisons nous-mêmes, des gâteaux prêts à cuisiner ou encore des kits de couture pour confectionner notre propre garde-robe. 

Profiter du fruit de ces efforts

La justification de l’effort

Revenons un peu aux sources de ce biais cognitif. Pour cela, remontons à 1957. Léon Festinger est un psychosociologue américain décédé en 1989 qui a enseigné notamment à Stanfort et à la New School for Social Research à New York. Il est le père du concept de dissonance cognitive. Alors, la dissonance cognitive se manifeste dans la tension que ressent un individu dont l’attitude ou les comportements ne sont pas cohérents avec ses idées ou ses croyances. D’une certaine façon, c’est le fait de manquer d’alignement entre ce que nous pensons et ce que nous faisons. La dissonance peut notamment trouver sa source dans l’engagement de l’individu dans une activité désagréable pour atteindre son objectif. Cette activité déplaisante génère un inconfort psychologique, une sorte de malaise que chacun cherchera intuitivement à réduire. Or, selon Festinger, les individus ajusteraient a posteriori leurs croyances ou leurs idées pour justifier leur comportement. L’homme rationalise après coup. En d’autres termes, pour obtenir ce que vous voulez, vous vous êtes infligé une certaine dose de souffrance. Pour vous justifier a posteriori, vous réévaluez à la hausse la valeur du résultat obtenu. C’est ce que l’on appelle la justification de l’effort

L’expérience de Aronson et Mills

Une expérience très intéressante d’Aronson et Mills en 1958 l’a démontré.  Ils ont confronté deux échantillons de personnes souhaitant rejoindre un même club. Le premier échantillon dut faire peu d’effort pour rejoindre le club tandis que le deuxième dut passer par un parcours plus difficile avant d’accéder eux aussi au club. La première activité proposée par le club fut résolument dénuée d’intérêt et ennuyeuse. Et pourtant, lorsque les chercheurs interrogèrent les deux groupes, le groupe qui avait produit le plus d’effort pour accéder au club présenta un niveau de satisfaction très élevé et beaucoup plus élevé que l’autre groupe. Inconsciemment, ils justifiaient la peine qu’ils avaient eue pour l’intégrer. C’est ce même mécanisme qui s’exprime notamment dans le bizutage. La fraternité qui propose le bizutage le plus corsé est souvent la plus populaire aux yeux des étudiants. 

Le sacrifice et l’effort

Ce biais cognitif de justification de l’effort dont nous sommes imprégnés nous pousse parfois à creuser nos efforts encore et toujours plus. La frontière avec le sacrifice n’est plus très loin. C’est ce sportif qui continue de courir malgré sa blessure, ce couple qui essaie de sauver vaille que vaille son mariage, ce salarié qui accepte toujours plus de dossiers et se laisse glisser sur le chemin du burn-out. Ici, l’effort est une forme de justification de la souffrance. C’est ok d’avoir mal si c’est pour la bonne cause. Mais dans toutes ces situations, quelle est la valeur produite par l’effort ? Faut-il continuer ? Dans « no pain, no gain », il y a t-il toujours l’espoir d’un gain supérieur ?  

Accepter la vie qui nous est donnée

Pour profiter du fruit de notre labeur et de nos efforts nous pouvons trouver un équilibre entre acceptation de la vie et l’effort pour l’améliorer. C’est notre principal rempart contre l’acharnement et le sacrifice. En d’autres mots, nous pouvons goûter les bienfaits de ce que nous réalisons à force de volonté tout en acceptant nos limites. 

Le soleil des Scorta

Je pense alors à toute une littérature un peu fataliste qui s’attache à démontrer que malgré tous leurs efforts, les héros sont rattrapés par leur destin. Cette trame se développe notamment dans le Soleil des Scorta de Laurent Gaudé. Sublime roman qui nous transporte sur les traces de la famille Scorta, une famille d’italiens besogneux qui portent le poids de leur lignée et essaient de s’élever au-dessus de leur très modeste condition. Leur but est de transmettre un maigre héritage pour les générations suivantes. Leur vie de labeur pourrait les résoudre à la fatigue et à la douleur mais ils sont comme l’Italie : solaires et joyeux. Au fil des pages, le lecteur comprend que leur joie leur vient de leur abandon à la vie, au destin, à ce qui leur est donné. Ils ont accepté qu’ils ne pourraient pas tout changer. Ils ont su profiter de ce qu’ils avaient déjà et se contenter du confort minimum qu’ils ont pu aller chercher au prix de leurs efforts. C’est ce qui leur apporte apaisement, félicité et une paix intérieure. 

Chaque page est un bijou, je pourrais citer le roman en entier mais j’aime particulièrement cette citation « Il avait couru après l’argent. Il avait travaillé jusqu’à ce que ses nuits ne soient pas plus longues que ses siestes. Mais oui, il avait été heureux. Son oncle Faelucc lui avait dit un jour : « Profite de la sueur ». C’est ce qui lui était arrivé ». Je lis deux enseignements : l’effort est une source de joie mais le lâcher-prise, l’abandon ne nuit pas. 

La genèse de l’effort

Comment je gère l’effort dans un monde hédoniste ?

Nous vivons dans une ère hédoniste qui a anéanti de nombreuses sources de frustration, l’ère du « tout, tout de suite », dans laquelle l’effort et le temps long sont les parents pauvres. L’autre jour, une amie me racontait comme elle avait été dépourvue devant son ado qui refusait de lire une des œuvres complètes au programme de son bac de français au motif que le résumé est sur internet et qu’il lui avait permis de très bien saisir les grandes lignes du roman. Le jeune homme opposait de bonne foi à sa mère « Mais pourquoi est-ce que je me donnerais du mal alors que ça peut être facile ? » 

Et pourtant, l’effort est une tension, un élan vers un progrès. C’est le mouvement qui nous permet de nous élever au-delà du donné. Un effort implique donc une résistance, un combat contre un obstacle. C’est par exemple ces 42 kilomètres de course qui vont mettre mes muscles à rude épreuve et qui laisse le marathonien rincé et épuisé, voire claudiquant. C’est aussi ce problème de mathématiques que je ne sais pas résoudre et qui va me demander beaucoup de créativité. 

Qu’en dit la psychologie positive ?

Martin Seligman, notre professeur de psychologie américain fait la différence entre plaisir et effort. Le plaisir est une source d’émotions positive furtive et temporaire. Le plaisir une expérience positive sur le moment mais qui ne contribue pas au bien-être durable. La gratification, en revanche, est un vecteur fort de bonheur. Martin Seligman a lui-même développé des expériences qui démontrent que c’est un puissant bouclier contre la dépression. En effet, une tâche relativement difficile nécessite que nous mettions nos forces et nos compétences an action. Faites un petit détour par notre bulle de bonheur #24 Je reconnais mes talents pour identifier vos compétences. 

Mihali Csikszentmihalyi le psychologue hongrois, le père du flux podcast #91 a étudié les effets de la gratification que nous recevons de nos efforts sur deux populations de 250 adolescents. Les uns avaient un fort niveau de flux donc une plus forte propension à se dépasser et les autres uns plus faibles. Ses conclusions sont édifiantes. Les adolescents au faible niveau de flux ont plus de chance de développer des comportements apathiques ou de faire des dépressions que les autres. Plus tard, les ados qui ont le plus haut niveau de flux sont ceux qui poursuivent leurs études, entretiennent des relations matures et solides. Ce sont ceux qui s’approchent le plus du bien-être durable. Instinctivement, nous recherchons le plaisir, nous évitons les activités qui peuvent nous causer une légère souffrance ou un quelconque inconfort. Alors que ce sont précisément ces activités qui nous rendent heureux. 

Les bienfaits que nous apportent nos efforts

L’effort nous pousse au dépassement 

L’effort nous pousse à vaincre une résistance ou à dépasser un obstacle.  Nous allons déployer nos forces, nos talents pour venir à bout de ce qui nous empêche d’atteindre notre objectif. L’effort représente une révélation de nous-même. Par exemple, certains alpinistes vont trouver des ressources inespérées en eux pour atteindre un sommet. Plusieurs fois, ils souhaiteront abandonner et pourtant, ils finiront par l’atteindre. D’autres vont aussi faire preuve de créativité pour trouver un nouveau moyen de réaliser leurs objectifs. Je pense aussi à ces couples que je vois en consultation qui semblent dans une impasse. Ils ne trouvent plus au quotidien de sources de joie à deux, sont parfois fatigués de l’état de leur relation. Je sens parfois que leurs efforts pour mieux communiquer et retrouver le chemin de l’apaisement sont infructueux. Je leur conseille alors de faire preuve de fantaisie, de chercher à rompre la routine pour recréer de la magie dans de bons moments ensemble. Croyez-moi quand je vous dis que ça leur demande aussi beaucoup d’efforts. C est aussi celui qui s acharne a retrouver une force physique après un accident ou un cancer. 

L’effort ré-introduit la frustration, l’attente.  

Cette attente nous semble parfois interminable car nous sommes bien entraînés aux plaisirs rapides et immédiats. En fait, les succès qui s’exposent sur les réseaux sociaux ou à la télévision nous laissent penser que tout est à portée de main et que tout est du. L’effort nous fait éprouver la distance ou la durée qui se tient entre nous et notre objectif. Et parfois, c’est ce qui nous permet de réinterroger notre objectif. L’effort peut nous inviter à remettre en question les raisons qui nous ont poussées à nous lancer et ainsi nous reconnecter à nous-mêmes. Encore une nouvelle étape de révélation à soi-même.

En exemple, ça donne quoi ?

Par exemple, je me lance dans un régime. Au fur et à mesure, ma volonté diminue, mes efforts créent plus de souffrance que de bénéfices. Alors, je peux réinterroger mes objectifs, les confirmer alors je peux utiliser la méthode WOOP Cf podcast 81. Ou alors, je peux réaliser que je ne me trouve pas si grosse que ça. Ce qui me dérange c’est plutôt de ne pas être aussi fine que mon amie ou bien de subir les regards de ma famille sur la plage. Mais moi je m’aime bien comme ça, cet effort ne correspond pas à une réelle aspiration intérieure. 

Autre exemple, je peux penser à tous les efforts que je fais pour entretenir la relation avec mes parents. Je mets parfois un mouchoir sur des petits réflexions pour lesquelles je me vexais il n’y a pas si longtemps, je compose avec leurs contraintes ou leur indisponibilité, je me bats avec mes croyances sur ce qu’ils pensent de moi. Je remarque que notre relation se nourrit alors du positif et qu’elle s’apaise. Que nous arrivons de partager d’excellents moments ensemble tout en nous disant les choses vraiment importantes avec plus de douceur. Je constate combien cette relation adoucie me rend plus heureuse et m‘allège d’un poids, combien mes efforts valent la peine. 

L’effort est une source d’estime de soi 

D’autre part, Apprendre à se dépasser soi-même, en déployant nos talents, en venant à bout de nos obstacles, nous prenons conscience de nos capacités. Nous sommes fiers de nous-mêmes et nous sommes capables de continuer à progresser car nous nous faisons confiance. Une bonne piste de dépassement de soi consiste à identifier sa zone de confort pour chercher à en sortir progressivement. Notre Bulle de bonheur #57 vous aidera à comprendre pourquoi et comment. La confiance podcats #7 est un cercle vertueux : plus j’en ai, plus je me pousse, plus j’en acquiers et ainsi de suite. Plus j’ai de confiance en moi, plus je suis résilient et mieux je sais accueillir l’échec en y lisant une source d’apprentissages podcast #34 je dépasse mes échecs. Par exemple, lorsque nous accompagnons nos enfants sur le chemin de l’autonomie (notamment les petits), nous ne cherchons pas seulement à déléguer nos petites tâches de mamans, nous les accompagnons aussi pour qu’ils prennent conscience de leurs capacités, qu ils essaient et qu ils réussissent. Nous leur donnons aussi l’impulsion pour continuer à en développer de nouvelles. 

L’effort apporte du sens à nos actions

Il est important de se motiver et pour ce faire, de visualiser le résultat à atteindre. Grâce à cette visualisation, rappelez-vous, nous vous en avons parlé dans notre Bulle de bonheur #81 Je reste motivé grâce au WOOP, nous anticipons la joie de l’accomplissement. La joie podcat 9 est un carburant essentiel pour tout ce que nous souhaitons développer. Elle va conditionner notre cerveau pour être plus optimiste et créatif. C’est aussi ce qui va nous permettre d’oser, nous l’avons abordé dans notre Bulle de bonheur #87. Pour activer notre volonté et faire preuve de détermination devant l’effort, nous allons préciser, affiner et confirmer notre aspiration. Il se créé une connexion entre ce que je souhaite profondément, mes valeurs et mes actes, ce qui est porteur de sens. Pour vous poser la question de vos valeurs, vous pouvez aller faire un petit tour par notre Bulle de bonheur #75 J’identifie mes valeurs

Tout acte nécessite l’effort ? 

Pour conclure, nous sommes tentés de penser que puisque l’effort est un exercice porteur de sens qui nous révèle à nous-mêmes c’est qu’il est forcément bon. 

Isabelle Queval, ancienne tenniswoman de haut niveau reconvertie dans l’enseignement et la philosophie, s’est dédiée à la recherche dans le domaine de l’effort sportif. Dans son essai Philosophie de l’effort, elle propose, je cite « une conception de l’effort comme ajustement aux choses, plutôt que comme outil de domination, comme connaissance de soi plutôt que comme dépassement. Il s’agit aussi d’initier un autre rapport au temps, à autrui, à l’environnement ».  Le bon effort serait celui qui nous permet de nous trouver, de nous accomplir en tant que personne. Il est ajusté à nous-même et non à des pressions extérieures et s’intègre dans l’écosystème sans chercher à le dominer à tout prix. Ce serait une connexion à son moi profond qui s’affranchit d’une échelle de performance standard. Le bon effort n’est pas un effort pour repousser toujours plus nos limites intellectuelles ou physiques, dominer les autres ou atteindre le haut du classement. Il est le plein déploiement de notre potentiel pour nous-mêmes, il est un accomplissement de soi pour soi. Un effort moins doloriste, moins brutal et moins compétitif source de joies et de bonheur

Je plonge dans le flux

Retrouvez notre podcast Bulle de Bonheur sur Itunes ou Spotify chaque jeudi ! Abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire #LaPétillante : des conseils, des surprises, des cadeaux !

Retrouvez tous nos jeux ici ! 

Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

Vivre un moment de flux, c’est vous lancer dans une activité et de perdre totalement le sens du réel. Sortir d’un état extatique dans lequel vous avez même perdu la conscience du temps. En plus,  vous ré-ouvrez les yeux sur le réel à la nuit tombée en vous demandant ce qui vous est arrivé et généralement, loin d’être paniqués, vous vous sentez remarquablement en paix. Ce concept a été élaboré par un psychologue hongrois au nom imprononçable : Mihaly Csikszentmihalyi au début des années 90. 

Le flux, c’est quoi en détail ?

D’où vient le concept de flux ?

Alors que Mihaly Csikszentmihalyi menait des observations dans les années 1990 dans le domaine de la création artistique. Il s’est, alors,  rendu compte que ses sujets vivaient une expérience unique. Ils semblaient totalement plongés dans leur œuvre et déconnectés de la vie autour. Ces sujets faisaient preuve d’un grand calme et en ressortaient bienheureux. C’est ce que le psychologue a défini comme une expérience optimale.

Pendant plus de 12 ans, il a poursuivi ses recherches sur des populations de tous âges, tous genres, toutes nationalités et tous milieux sociaux. En effet, il a découvert qu’indépendamment du contexte de chaque sujet, les conditions d’une expérience optimale sont similaires. Ainsi est né le flux.

La définition du flux

En effet, Mihaly Csikszentmihalyi définit comme un état mental dans lequel se trouve un individu pleinement engagé dans une activité pour l’intérêt qu’elle représente de façon intrinsèque. Dit autrement c’est l’activité qui compte et non son résultat. L’activité nous intéresse en tant que telle et non pour atteindre un objectif. Elle est une fin en soi. J’aimerais citer les jolis mots du psychologue : « Voilà ce que nous entendons par expérience optimale : c’est ce que ressent le navigateur quand le vent fouette son visage et que le bateau fend la mer – les voiles, la coque, le vent et la mer créent une harmonie qui vibre dans ses veines, c’est ce qu’éprouve l’artiste peintre quand les couleurs s’organisent dans le canevas et qu’une nouvelle œuvre prend forme sous la main de son créateur ébahi ».

Les moments de flux sont par essence positifs.

Nous en ressortons apaisés, confiants et souvent remotivés. Quand je me penche sur le flux, je repense souvent aux problèmes de mathématiques de mon ainé en étude supérieure. Moi qui n’ai jamais pu poser une division, je l’observais noircir des pages et des pages de calculs, de signes totalement nouveaux pour moi, parfois pendant des heures. Il finissait par aboutir quelque part, avait-il trouvé un résultat correct ou non, je ne le savais pas trop. En revanche, j’étais sûre qu’il était heureux de son effort. 

Mais alors si l’état de flux nous fait ressentir un tel bien-être, pourquoi ne le reproduisons pas dans toutes nos activités quelles qu’elles soient ? Dans cette lessive que j’étends, dans ce tableau Excel, dans la réparation de ma voiture ou les devoirs d’école de mon dernier.

Les caractéristiques pour capter vos expériences optimales :

En plus d’une représentation claire de l’objectif que l’on souhaite atteindre et la capacité de nous concentrer longtemps sur un même objet, sans tentation de se déconnecter de ce que nous faisons. Capter le flux, c’est aussi 

Une distorsion de la perception du temps

En flow, nous ne voyons pas le temps passer. Tout d’abord, nous ne ressentons plus les minutes qui s’égrènent. Ensuite, le temps passe soit très lentement soit très vite. En fait, vous avez déjà du ressentir cet état en plusieurs occasions. Par exemple, c’est ce que vivent les lecteurs compulsifs, ceux qui ne peuvent pas s’arrêter avant d’avoir découvert qui est le meurtrier. Ils referment souvent leur livre et découvrent que la nuit est déjà là. Si ce sujet vous intéresse particulièrement, vous pouvez réécouter notre Bulle de bonheur #2 J’étire le temps

Une perte de conscience

C’est vivre une perte de conscience de nous-mêmes et de nos besoins. Lorsque nous sommes en état de flow, nous sommes complètement pris dans notre activité, comme absorbés par ce que nous faisons. De plus, nous sommes déconnectés de la réalité. Notre esprit ne capte plus les informations qui nous entourent tant il est occupé par l’activité. Et cela peut m’arriver au cours de certains accompagnements, par exemple. Etant donné que la discussion est tellement prenante et les progrès fait ensemble sont tellement intenses que je mets du temps à en sortir pour me reconnecter au monde.

Un feedback immédiat

Notamment, c’est un retour immédiat sur la portée et l’effet de ce que nous faisons.

Une sorte de feedback en temps réel, une mesure de notre progrès. Par exemple, vous l’avez peut-être déjà ressenti en montant un meuble ou en faisant une construction particulièrement complexe. A chaque fois que deux éléments tiennent ensemble, vous obtenez un feedback immédiat, vous constatez que vous progressez. 

La sensation de contrôle de la situation

Nous nous sentons happés mais en contrôle. Nous sentons que nos actions ont une influence directe sur la réalité, nous gardons les manettes. 

Une expérience dite autotélique

c’est-à-dire une expérience intrinsèquement gratifiante. L’activité est le but en elle-même. Par exemple, les amoureux de l’alpinisme sont sujets aux expériences de flow. Ils reconnaissent souvent que le sommet, le point de vue à l’arrivée compte peu. Certes, ils sont heureux d’y arriver mais ce qui compte vraiment c’est la montée. C’est l’escalade vers le sommet, le chemin vers le résultat qui nous donne plus de satisfaction que le résultat en lui-même.

Le flux : un juste équilibre

Finalement c’est un équilibre entre notre niveau de compétence devant l’activité et le défi posé.

L’expérience de flux

End réalité, l’expérience de flux se produit dans certaines conditions très précises. Je cite encore Csikszentmihalyi « la tâche entreprise est réalisable, mais constitue un défi et exige une aptitude particulière ». En somme, le flow ou le flux se produit lorsque l’activité permet de libérer les compétences d’un individu à pleine capacité tout en générant un peu de défi. D’ailleurs, ce sont des conditions très particulières où il existe une correspondance quasi exacte entre les exigences de la tâche et les capacités de la personne qui les accomplit.
Si l’activité est trop facile, nous tombons dans l’écueil de l’ennui. Si elle est trop dure, nous sommes envahis par l’angoisse. Pour vivre un flow ou plus communément dit « pour être dans la zone », nous devons garder un sentiment de maîtrise. 

Des exemples de moment de flux

Les domaines artistiques et sportifs sont particulièrement sujets à ces expériences. Par exemple, dans un effort sportif, nous nous reposons sur nos compétences mais nous nous dépassons. En fait, nous ressentons la plénitude de l’intensité de l’effort accompli.

J’aimerais citer l’exemple des pilotes de formule 1. Ils sont nombreux à avoir rapporté se sentir « dans la zone » lors des courses automobiles. En ce qui concerne, Ayrton Senna le brillant pilote brésilien décrit son expérience « J’étais dans une autre dimension […] Je continuais et continuais, encore et encore et encore et encore. J’avais largement dépassé la limite mais j’étais toujours capable de trouver plus ». Ensuite, le bien connu Alain Prost reconnut avoir vécu une expérience hors norme ; il se sentait concentré sur ce qu’il faisait et pourtant ne ressentait pas l’effort. Il n’a ressenti que du bonheur. 

Où vit-on le plus des moments de flux ?

Effectivement, Csikszentmihalyi s’est intéressé aux conditions les plus propices à des moments de flux. L’une de ses découvertes les plus étonnantes est que les individus ont trois fois plus de chance d’expérimenter le flux au travail que dans leurs loisirs. En effet, le travail présente de nombreuses caractéristiques propices aux flux : un objectif défini avec un niveau de contrôle clair établi par des règles précises, un retour immédiat sur ses performances, le plaisir du devoir accompli, un niveau de concentration élevé et un certain niveau de défi. Et pourtant, et c’est là un paradoxe intéressant : nous avons tendance à préférer nos loisirs à notre travail. 

Quelle est la chimie du flux ?

Que se passe-t-il concrètement dans notre cerveau ?

Il existe dans notre cerveau une zone appelée le cortex préfrontal. C’est la partie de notre cerveau qui est la plus sophistiquée. Elle est le siège de nos comportements cognitivement complexes et de notre personnalité. Dans cette zone du cerveau, il y a un secteur en charge de nos processus affectifs et motivationnels. Il contrôle notre inhibition, notre motivation, notre prise de décisions et nos humeurs, c’est le cortex préfrontal médian. Non loin, l’amygdale se charge du rôle de signal d’alerte et nous permet de percevoir le danger. Lorsque nous entrons dans une expérience de flux, ces deux capteurs se mettent en silence, nous prenons confiance et notre peur se réduit. Notre cerveau tait la petite voix des jugements négatifs sur nous-mêmes, nous perdons la conscience de nous-mêmes et du temps qui passe.

A l’inverse, le Noyau Acumbens qui joue un rôle central dans notre système de récompense et de motivation s’active. Ajoutez à ça un joyeux cocktail d’hormones du positif comme la dopamine, la sérotonine et l’endorphine. Vous obtenez un surplus de capacité de rétention d’information, de vitesse de traitement, de motivation et de créativité. Enfin, au cours d’un flux, nous observons une augmentation des niveaux de GABA, un neurotransmetteur qui bloque les stimulis extérieurs et permet au cerveau de se concentrer. 

Les bienfaits du flux.

Le flux est-il une source de bonheur durable ou juste une expérience grisante ? 

Le flux est en soi un paradoxe. Lorsque nous sommes « dans la zone », nous ne sommes pas forcément bien. Nous sommes en effort, tendus par l’épreuve et la concentration que nous demande l’activité. .Nous sommes absorbés par ce que nous faisons. De plus, nous n’avons pas conscience de notre état. En d’autres mots, nous n’avons pas d’espace disponible pour nous pencher sur notre bonheur ou notre niveau de bien-être. C’est le propre de la concentration intense. Imaginez un musicien qui se demanderait au cours d’un solo particulièrement difficile « est-ce que je me sens heureux » !

Et même après être sorti de la zone, nous ne ressentons pas forcément un bien-être physique immédiat. Quand un marathonien finit son parcours, il a aussi et surtout mal aux jambes et aux pieds ; il ne sent pas immédiatement les effets du flux. 

Le bonheur apporté par le flux est plus indirect.

La satisfaction procurée par le flux vient de notre sentiment de maîtrise pleine de l’activité, de notre accomplissement. Comme le dit si bien le psychologue « les meilleurs moments de notre vie ne sont pas les moments de détente, passifs et réceptifs. Les meilleurs moments se produisent la plupart du temps lorsque le corps ou l’esprit d’un individu est tendu jusqu’à sa limite dans un effort volontaire d’accomplir quelque chose de difficile et qui en vaut la peine ».

Sur cette base, un autre des pères de la psychologie positive, Martin Seligman, va encore plus loin. Nous avons parlé de lui dans notre bulle de bonheur #70 Je suis la priorité N°1. Selon lui, le flux est un élément qui contribue à la partie « Meaning » ou Sens de son modèle PERMA. Avoir un but, pouvoir donner du sens à sa vie est indispensable à la quête du bonheur. Le sens de la vie apporte un bien-être durable qui va au-delà du plaisir temporaire. Et les expériences de flux contribuent à donner du sens à nos vies

Le flux apporte son lot de gratification.

Par ailleurs, avoir réussi à accomplir une activité dans un tel état de concentration est gratifiant. Nous nous sentons capables, nous entretenons notre confiance en nos propres compétences et nous renforçons notre estime de nous-mêmes. Comme nous gardons le contrôle de l’activité, nous sortons de la zone avec une impression de maîtrise de la situation tout en nous étant dépassés. En nous sortant de notre zone de confort, le flux libère des émotions positives et de la joie.  

Vivre ces expériences nous pousse à toujours nous dépasser.

De plus, nous entrons et restons dans la zone lorsque nous accomplissons quelque chose qui est à peine au-dessus de nos capacités. En réalité, le seul fait de l’accomplir nous permet de nous développer. Et comme nous nous sommes améliorés, nous allons encore aller un petit cran plus loin, et encore un autre. De flux en flux, nous développons nos compétences, nous restons tendus dans un effort vers le progrès. En résumé, c’est donc un cercle vertueux. J’acquiers de nouvelles compétences qui me donnent envie d’en acquérir encore d’autres et ainsi de suite. 

Le flux s’appuie sur nos forces et nos talents

Il nous permet de les cultiver et de renforcer notre impression de sens, notre sentiment de compétence, notre estime de nous-mêmes. Vous pouvez retourner du côté de notre Bulle de Bonheur #24 Je reconnais mes talents pour vous pencher sur ce point en particulier. 

Le flux est un moteur incroyable de créativité.

Plongé dans l’activité, notre esprit est capable d’étendre son champ des possibles et d’explorer davantage que lorsque qu’il est sollicité par de multiples distractions. 

Le flux est pleinement ancré dans l’instant présent

Pour finir, c’est une expérience qui se vit à fond dans le moment où nous sommes et non tournés vers le passé, l’avenir ou vers un manque. Nous profitons à 100% de ce que nous vivons et de ce que nous avons à l’instant T. C’est un remède miracle contre l’adaptation hédonique. Nous vous en avions parlé dans notre Bulle de Bonheur #84 Je désire. L’adaptation hédonique est notre capacité à nous réadapter à un changement de nos conditions de vie qu’il soit négatif ou positif. C’est le carburant de notre insatisfaction chronique. Le flux fait barrière à cette spirale, il nous invite à profiter du moment présent et à pratiquer la gratitude. 

Comment créer les conditions propices à une expérience de flux ? 

Sonja Lyubomirsky, dont nous vous avons parlé dans notre Bulle de Bonheur #79 Je créé du lien social, est professeur de psychologie en Californie. Elle a écrit Comment être heureux et le rester” dans lequel elle identifie de multiples pistes de bonheur à portée de nos actions, parmi lesquelles le flux. Voici quelques idées pour entrer « dans la zone ». 

Se concentrer 

Faites taire les distractions et sollicitations extérieures à ce que vous êtes en train de faire. En premier, commencez par éloigner votre téléphone et pourquoi pas coupez internet. Ensuite, faites le choix et l’effort de canaliser votre attention sur le moment présent et plus particulièrement sur ce que vous voulez en faire. Ce qui suppose aussi de faire taire les petites voix de la logistique « Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? » ou « Est-ce que j’ai répondu au message de bidule ? ». 

Essayez de nouvelles expériences

Se lancer dans quelque chose de totalement nouveau nous met souvent dans un état d’excitation positive propice à la concentration. Alors, nous profitons d’autant plus de l’expérience que tout ce que nous vivons est nouveauté et que nous sommes à l’affut de ce qui se présente. 

Etirer sa zone de confort

Faites un petit détour par notre Bulle de bonheur #57 Je sors de ma zone de confort. Continuez à vous perfectionner, à apprendre, à progresser toute votre vie. Pensez aux enfants et à leur concentration sur des apprentissages basiques. Leur attention est 100% focalisée sur ce qu’ils essaient de développer. Un enfant qui fait un puzzle, qui cherche à remonter la fermeture éclair de son manteau, à faire ses lacets ou à comprendre comment une voiture se déplace. Si son effort n’est pas interrompu par l’adulte, s’il se sent progresser et si nous ne brisons pas sa concentration en lui parlant, il ressort de cette expérience calme et galvanisé. D’ailleurs, les enfants sont une population particulièrement exposée aux épisodes de flux. 

Faire du sport

 Au-delà de tous les bienfaits identifiés dans notre Bulle de bonheur #59 Je bouge, l’activité physique est une grande source de flux. Le sport nous mobilise totalement et offre de multiples opportunités de progrès. C’est typiquement un domaine dans lequel il est facile d’identifier nos capacités de base et l’extra que nous allons chercher lorsque nous sommes « dans la zone ». Les résultats sont mesurables, la rétroaction est facile et immédiate. Qui plus est, le sport demande de la concentration et fait barrière aux ruminations qui nous décentrent du moment présent.  

Se lancer dans des défis

Utilisez vos loisirs et votre travail pour vous lancer des défis. Même si votre travail n’est pas votre dream job, il existe des façons de l’enchanter et d’y donner du sens. Sonja Lyubomirsky cite l’exemple d’une étude menée auprès des membres d’une entreprise de nettoyage hospitalier. Certains détestaient leur condition, se sentant relégués au second rang alors que d’autres s’y accomplissaient. Ce deuxième groupe se concentrait sur la mission indirecte derrière leur travail: améliorer la vie quotidienne des médecins, des patients et des visiteurs. Ils se mettaient au défi de nettoyer le plus efficacement possible ou encore d’égayer les chambres des patients pour qu’ils se rétablissent plus vite. En réalité, vous ne serez pas surpris d’apprendre qu’ils vivaient d’intenses moments de flux. En dernier lieu, identifiez dans votre activité professionnelle ou vos loisirs de nouveaux champs d’exploration ou de progrès. 

En résumé ! 

  • Le flux est une expérience de plongée intense dans une activité. Il nous laisse dans un état de bien-être qui se prolonge durablement. 
  • Le flux est un effort gratifiant, une saine tension qui nous pousse hors de notre zone de confort sans nous mettre en échec
  • Le flux n’est possible que si deux conditions sont réunies : une concentration totale et un très léger déséquilibre entre nos capacités et le défi posé
  • Le flux nous ancre dans le présent, donne du sens à notre vie, renforce notre estime de nous-mêmes et nous permet de développer notre potentiel. 

A vous de jouer chers auditeurs, piochez  une carte 2 minutes ensemble, identifiez une activité sur laquelle vous aimeriez progresser, fixez-vous un objectif atteignable et planifiez un créneau 100% dédié dans votre agenda.

Interview avec Anne Douchet Morin.

Anne Douchet Morin, retrouvez son parcours ici, installée à Carqueiranne, près de Toulon dans le midi de la France, nous transporte dans l’univers de la maternité avec bienveillance et optimisme.

Le parcours d’Anne Douchet Morin 

En 1983, Anne Douchet Morin obtient son diplôme de sage-femme. Baroudeuse dans l’âme, elle commence sa carrière par une grande navigation de 6 mois autour de l’atlantique. Puis, elle enchaîne avec une mission en Éthiopie avec médecin sans Frontières. Après quelques remplacements en France, elle s’envole avec mon mari et  ses deux très jeunes enfants. Alors démarre une nouvelle vie au fin fond du Japon pour 3 ans puis encore 3 ans en Californie. 

De retour enfin en France, elle prend conscience de sa fuite bien orchestrée d’un système médical plein de désillusions. Alors, incapable de retourner dans cette institution protocolaire, elle commence une formation de professeur de yoga. En même temps, elle se lance dans l’accompagnement des accouchements à domicile. 

Grosse prise de conscience d’Anne Douchet Morin

Elle réalise à quel point les voyages ont été initiatiques. L’Éthiopie lui a enseigné la vie et la mort, Le Japon lui a offert une immense ouverture d’esprit, la Californie la dimension de la nature. La naissance de ses 4 enfants lui offrent d’immense joie. 

L’accompagnement des naissance naturelles est une révélation. Anne Douchet Morin prend conscience de la puissance de l’énergie de l’enfantement. Et pourtant, quels drames dans les ventres. Le bassin livre ses secrets : Mémoires de guerres, d’avortements, de viols. En fait, ce lieu de notre ancrage peut être abimé.
Anne Douche Morin nous confie sa raison d’être. « En guérissant l’intime, nous guérissons le monde ». Aussi, elle nous partage « Nous ne pouvons œuvrer avec force et sécurité tant que cette FONDATION de notre corps est massacrée » nous dit-elle.

En résumé

Pour Anne Douchet Morin, notre vie amicale, amoureuse, familiale, notre business ne peuvent se déployer en harmonie et équilibre tant que nous sommes dans une énergie de survie. 
Elle a donc développé des programmes, écrit un livre et crée une chaîne YouTube pour partager ses intimes convictions que nous pouvons tout changer et transformer le monde en commençant par nous-même ! 

Retrouvez notre podcast Bulle de Bonheur sur Itunes ou Spotify chaque jeudi ! Abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire #LaPétillante : des conseils, des surprises, des cadeaux !

Retrouvez tous nos jeux ici ! 

Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

Je plonge dans un quotidien plus écolo

C’est vrai que l’écologie est un thème à la mode ! On a un peu l’impression que tout le monde voit “vert” en ce moment : green par ci, green par là… est-ce un effet de mode ? 

Parfois, les discours sont un peu culpabilisants, donneurs de leçon. On n’a pas toujours envie de les suivre…

De fait, les images choquantes de la nature dégradées par l’Homme sont l’occasion pour moi de me poser des questions sur mes habitudes de consommation. Je sais que la planète va mal, il n’y a plus de doute là-dessus.

Or, j’ai besoin de mettre de la cohérence entre mes convictions et ma vie quotidienne. On l’a vu dans le Podcast # 55, “je suis acteur de ma vie”, je peux prendre les choses en main pour vivre en adéquation avec mes idées. Par tous mes petits choix de vie, je veux être plus en harmonie avec mon environnement naturel. 

En définitive, sans devenir forcément “écologiste”, je voudrais essayer de plonger dans un quotidien plus écolo et d’en faire un chemin de joie !

La crise écologique : une réalité

La définition de l’écologie

En premier lieu, avant d’être un courant politique ou une façon de vivre, l’écologie est tout d’abord une science. Le mot “écologie” vient de deux mots grecs oikos et logos. Le mot oikos signifie maison ou habitat et le mot logos, science. Sur le plan étymologique, l’écologie est donc la science de l’habitat élargie à la science de l’environnement

De plus, l’écologie est une discipline scientifique toujours en mouvement. Elle étudie les êtres vivants et les relations qu’ils entretiennent entre eux. Elle étudie enfin les rapports des êtres vivants avec leur environnement. Et là, les scientifiques constatent les dégradations qu’ils regroupent sous le terme de “crise écologique”. 

De ce fait, quand on veut s’intéresser au pourquoi du comment, on trouve de nombreuses informations un peu partout, sites, blog, réseaux sociaux….des informations plus ou moins scientifiques, plus ou moins idéologistes !

Des organismes référents sur  l’écologie

A noter, deux organismes sont les fournisseurs de chiffres fiables et officiels. Ces organismes sont L’ADEME et le GIEC.

L’ADEME concerne la France, c’est L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. C’est un établissement public français sous la tutelle du ministère de la Transition écologique et du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

Le GIEC, pour Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, est un organisme intergouvernemental ouvert à tous les pays membres de l’Organisation des Nations unies (ONU).

Par conséquent, leurs rapports nous dressent régulièrement l’état de santé de notre planète, à l’échelle nationale pour le premier et mondiale pour le deuxième. Pour rappel et pour faire court, ils nous informent que nous vivons une situation de crise écologique majeure car notre planète Terre se réchauffe trop vite. Elle se réchauffe en grande partie à cause des émissions de gaz à effet de serre qui emprisonnent dans l’atmosphère l’effet de certains rayons solaires. Ce réchauffement ainsi que la pollution de l’air, des mers, des rivières comme celles des sols, entraînent une réduction très rapide de la biodiversité et un déséquilibre des écosystèmes dont nous, les hommes, faisons partie. L’urgence est donc de réduire fortement le réchauffement et la pollution. Pas seulement pour la planète mais surtout pour toute la vie qui y est présente en commençant par les hommes !

Eviter la solastalgie

La bonne nouvelle est qu’une partie du monde prend conscience du problème et ne demande qu’une seule chose : agir pour stopper la spirale infernale !

Pour toutes ces raisons, passer à l’action, c’est d’ailleurs le meilleur remède pour ne pas tomber dans la “solastalgie”, une autre façon de nommer l’éco-anxiété. 

Afin d’éviter de ne pas tomber dans le désespoir face à cette situation écologique préoccupante, il est possible de faire sa part au quotidien.

Et si chacun faisait sa part pour l’écologie?

Le conte de Pierre Rabi

“Faire sa part” !

C’est le philosophe et paysan bio Pierre Rabhi qui a repris le symbole du colibri avec ce petit conte bien connu :

“Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu.

Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri, tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »

Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »

Ayons conscience

En réalité, ne soyons pas naïfs, on ne va pas révolutionner le monde par nos petits gestes d’un quotidien plus écolo mais ayons conscience que c’est grâce à chacun que le changement se produira. Si chacun apporte sa petite goutte à l’édifice !

Comme tout changement dans nos vies, Podcast #3  “j’ose le changement” n’oublions pas de privilégier la technique des petits pas. Du reste, il nous serait impossible de tout changer d’un coup et nous nous découragerions rapidement au risque de tout abandonner.

Des pistes vers une écologie joyeuse

Vivre l’écologie au quotidien

En effet, vivre l’écologie au quotidien, c’est quelque chose qui impacte tous les domaines de la vie. Notre façon de consommer et de nous nourrir évidemment mais également notre manière d’être en relation avec le monde qui nous entoure, la nature et ses habitants. 

En fait, dans nos vies, tout est lié et interdépendant. Comme une tomate est bien plus savoureuse lorsqu’elle est cultivée en pleine terre plutôt que hors sol, notre vie est, elle aussi, bien plus savoureuse lorsque nous vivons en lien avec notre environnement naturel et humain.

En ce qui concerne l’alimentation, acheter mes légumes au producteur local que je connais par son prénom et dont je connais les méthodes de travail, a bien plus de saveur que d’acheter des légumes suremballés en provenance de pays lointain au supermarché du coin, non ?

Alors, pour changer mes habitudes, j’essaie d’avoir en tête 3 idées essentielles : je consomme moins, je consomme mieux et je consomme en lien avec mon environnement proche et humain.

Je consomme moins

Il semblerait que cela signifie que je cherche à réduire mon impact néfaste sur notre environnement, à réduire mon empreinte carbone. Comme changer les ampoules

Je consomme mieux

En somme, consommer mieux, signifie que je réfléchis avant d’acheter quelque chose en me posant quelques questions simples.

En ai-je vraiment besoin ? Est-ce bon pour mon équilibre et celui de mes proches ? Est-ce durable, de qualité, équitable, bon pour l’environnement ?

Je consomme en lien

Pour finir, consommer en lien signifie que j’essaie de mettre du lien entre d’un côté mes achats, et de l’autre côté les personnes et les lieux qui sont derrière. Le travail d’un producteur, le savoir-faire d’un artisan, la saveur d’un terroir…

Les 4 R pour lutter contre les déchets en surnombre

La première chose est de lutter contre les déchets en surnombre. J’emprunte à Jérémie Pichon et Bénédicte Moret, auteur du best seller “Famille presque zéro déchet, ze guide” la théorie des 4 R: refuser, réduire, réutiliser ou réparer et recycler.

R comme Refuser les déchets.

Le meilleur déchet étant celui qu’on ne produit pas, je refuse tout emballage plastique jetable dont je pourrais me passer… de peur qu’il finisse dans la nature !

Des astuces ?

  • J’essaie de faire mes courses en vrac en utilisant des sacs en coton ou en papier réutilisables. En effet, le nombre de magasins de vrac de proximité se multiplie à vitesse grand V (en France en tout cas). J’essaie d’en trouver un près de chez moi.
  • Je choisis des légumes non emballés de plastique, j’achète des yaourts conditionnés en pot en verre et non en plastique… Alors, chez le boucher ou fromager, j’essaie de venir avec mes propres contenants (boîte en plastique pour la viande, bee wraps pour le fromage.
  • Je me mets au “Do it Yourself”, au fait maison… bien plus savoureux en cuisine et l’occasion de passer du temps à cuisiner ou bricoler avec les enfants !

Coté cuisine, voici quelques idées:

>>> Par exemple, on peut demander à nos enfants d’être responsables des goûters de la semaine. Ils vont préparer pendant le week-end de bons gâteaux qui remplaceront avec joie les paquets de biscuits industriels !

>>> On peut se mettre au batchcooking, le principe étant de cuisiner quelques heures de suite et ainsi, de bien avancer les préparations des petits plats maison de la semaine (épluchage, pâte à tarte, soupe…).

>>> On peut aussi faire nos yaourts maison, avec une yaourtière, c’est si facile et c’est si bon ! En fait, il faut juste un peu d’anticipation !

Petit à petit, pour ma part, je prends des réflexes… ce qui me paraissait très compliqué il y a quelques mois ne l’est plus aujourd’hui. Et j’ai encore une belle marge de progression qui me donne plein de nouvelles idées à essayer ! Des idées, j’en trouve sur les réseaux sociaux par milliers.

Côté hygiène, pas à pas, on avance là aussi en famille. 

>>> On n’achète plus de bouteilles jetables de gel douche et autres shampoings. On est passé aux savons et shampoings solides ou en vrac,.

>>> Pour les filles de la maison, les disques démaquillants en coton jetables ont été remplacés par des disques tout doux et lavables. 

>>> Même nos brosses à dents en bambou sont maintenant compostables ! 

>>> Récemment, je me suis mise à faire ma lessive et quelques-uns des produits ménagers… encore là, finis les bidons en plastique ! J’achète moins de 10 ingrédients miracles en vrac et le tour est joué, je nettoie tout, du sol au plafond ! 

C’est sûr, ça prend un peu de temps au début mais on prend vite le coup de main nécessaire et ces produits, plus naturels, sont bien meilleurs pour ma santé et celle de la planète. Et puis, c’est tellement rigolo de jouer les apprentis sorciers en mélangeant tous ces ingrédients.

R comme Réduire 

Je réduis ma consommation en réfléchissant à deux fois avant d’acheter un objet qui finira sûrement rapidement à la poubelle ou qui viendra encombrer mes étagères. Comme la déco, les vêtements, les ustensiles… En définitive, la joie est dans le désencombrement ! S’alléger, se détacher, ce peut-être parfois une vraie libération mentale ! Et puis, on gagne un temps fou quand vient le temps du rangement…

Concrètement, comment je réduis 

>>>j’arrête les promos et autres attrape-nigaud, fini les lots par dix et le onzième soit disant cadeau ! 

>>>Et pour éviter le gaspillage dû aux dates de péremption dépassées, aux petits restes qui traînent dans le frigo, je fais des menus, je dresse la liste et j’achète en vrac juste ce qu’il me faut pour la semaine… et hop, de retour à la maison, je remplis mes jolis bocaux !

>>>Ensuite, côté mode, j’ai découvert qu’avec quelques basiques bien adaptés à mon goût (et ma morphologie) et quelques extras pour les jours de fête, je peux me débarrasser de la moitié de ma garde-robe, ça ne manquera pas !

>>>Et pour éviter d’être tentée, mon astuce c’est de faire moins de shopping et de perdre moins de temps sur les sites de mes marques préférées ! Je choisis plutôt d’aller me balader avec une copine dans un joli coin de nature et partager avec elle un moment de qualité !

>>>Réduire, c’est aussi peut-être réduire la pollution que génère mon chauffage en baissant d’un degré le thermostat de ma chaudière. Une épaisseur de plus et le tour est joué.

>>>C’est également me poser la question de mes déplacements, avion, voiture, “allez, là, je peux prendre mon vélo !” C’est meilleur pour la planète et si bon pour ma santé !

R comme Réutiliser ou réparer

La culture du déchet dans laquelle nous vivons vient de la fâcheuse habitude que l’on a prise de tout remplacer et souvent le vieux par du tout neuf. 

En réalité, quand un objet ne plaît plus, qu’il est un peu abîmé ou qu’il tombe en panne, on a tendance à le jeter et à le racheter.  En fait, quand on y pense, on peut changer de réflexe en apprenant à réparer, en achetant d’occasion l’objet désiré ou même en l’empruntant à un voisin bien disposé.

Des exemples 

Alors, entre les applis, les sites de partage et autres recycleries, notre pays déborde d’astuces pour faire circuler les biens de tous types : vide grenier, vide-dressing, ateliers pour apprendre à réparer, Emmaüs, friperies…

Par exemple, le réseau Envie qui a repris la brillante idée de l’abbé Pierre avec les compagnons d’Emmaüs. Chez Envie, il ne s’agit pas de recycler vêtements, déco ou meubles. Mais de faire rénover des appareils électroménagers par des personnes éloignées de l’emploi et de les revendre à bas prix. En fait, c’est un merveilleux moyen d’aider des personnes à retrouver de la dignité en travaillant et de faire circuler les biens. D’une pierre, deux coups !

Effectivement, la bonne idée, c’est aussi la mutualisation de la voiture (Blabla car et autres covoiturages organisés).

Ou la mutualisation des objets qui ne servent que rarement : “échange appareil à raclette contre perceuse !” L’occasion de faire de belles rencontres.

R comme Recycler

La plupart des villes recyclent le plus de déchets possibles (seulement 9% du plastique mais le papier, carton, verre…), chacune un peu à sa façon, il faut donc se renseigner localement pour ne pas jeter n’importe quoi n’importe où. Dans les centres de tri, des agents essaient de corriger le tir afin de recycler le plus possible car sinon, les déchets sont incinérés ou enfouis. Et la place manque pour stocker ces énormes quantités. 

Pour le reste, les déchets organiques, l’idéal est de les rendre à la nature en les composant ! De plus en plus de quartiers ont leur compost partagé qui servira d’engrais naturel pour les massifs floraux de la commune ! 

Une autre façon de recycler est assez tendance dans l’univers du meuble et de la déco. C’est l’upcycling, la transformation des déchets en produits ayant une valeur ajoutée supérieure au matériau d’origine. Ce sont par exemple, les palettes qui deviennent un canapé branché pour l’été !

En résumé, l’écologie c’est 

  • Plonger dans un quotidien plus écolo, ça commence par s’émerveiller devant la beauté de notre terre, 
  • Vivre de façon plus écologique, c’est vivre plus en harmonie avec l’environnement qui m’entoure, 
  • Pour changer mon quotidien, je commence avec les 4 R  : refuser les déchets, réutiliser ou réparer, réduire et recycler.

A vous de jouer chers auditeurs, en 2 minutes…. Une carte tirée de 2 minutes en famille : Je choisis pour ce prochain mois un geste pour l’environnement 

J’ose oser

Retrouvez notre podcast Bulle de Bonheur sur Itunes ou Spotify chaque jeudi ! Abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire #LaPétillante : des conseils, des surprises, des cadeaux !

Retrouvez tous nos jeux ici ! 

Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

Cette peur de rater est peut-être une illusion. Cependant, elle est surtout une source de frustrations et de déceptions. Et à long terme elle inhibe notre capacité à oser de nouvelles choses. 

On ne naît pas timide ou complexé, on le devient

La place de l’enfance

Nous sommes parfois conditionnés depuis notre enfance par le besoin impérieux de réussir, de tout bien faire parfaitement et de savoir oser. Cela a commencé enfant quand nous nous efforcions de finir notre assiette pour faire plaisir à nos parents, puis à l’école lorsqu’il fallait rapporter de bonnes notes. Ou lorsque nos parents nous laissaient faire la cuisine en surveillant les proportions de très près. Enfin,gare à nous si nous cassions l’œuf maladroitement ! Réussir aussi auprès de nos copains lorsqu’il fallait être le plus fun, le plus branché, le meilleur en sport pour épater la galerie, etc.

Parfois ce sentiment de devoir réussir prend tellement de place qu’il nous étouffe. Alors nous préférons ne pas commencer, pour ne pas prendre de risque.

Et adulte, ose-t-on ?

Par exemple, je joue au tennis, je me débrouille pas mal, mais je préfère ne surtout pas m’inscrire à un tournoi de peur d’être éliminé rapidement. Ou alors, je n’essaie pas de nouvelles recettes, la dernière fois j’ai fait brûler une tarte que je rêvais d’essayer depuis 6 mois. Et d’ailleurs mes enfants sont hyper exigeants et n’ont pas raté l’occasion de le souligner.  Enfin, j’aime bien courir mais jamais je ne m’inscrirai à un semi-marathon avec des amies. J’ai bien trop peur d’arriver 1 heure après elles ! 

Encore des exemples

Pour finir, j’évite de m’inscrire sur ce site de rencontres car je suis persuadé de ne pas être à la hauteur. Alors, je pense, aussi, à cet ami en pleine reconversion. Il est bourré de talents mais n’ose pas contacter les personnes qui pourraient l’embaucher dans le nouveau secteur d’activité qu’il convoite, car il n’a pas le diplôme exact qu’il lui faudrait. Ou encore, je viens de passer à la retraite et je me terre chez moi car je me sens inutile et suis en fait pas capable de grand-chose à part le job que je faisais. 

La peur de la nouveauté empêche d’oser

A bien considérer les choses, avoir peur d’oser peut dissimuler la peur de la nouveauté. Et oui, sortir de sa zone de confort (podcast 57 je sors de ma zone de confort) peut effrayer certains à des degrés différents. 

La peur d’échouer, et la peur d’être jugé. 

En somme, en creusant davantage, on tombe sur ces deux freins majeurs qui nous empêchent bien souvent d’oser.

Car le véritable obstacle, dans la réalisation de quelque chose de nouveau, d’un examen ou d’un saut dans l’inconnu a lieu la plupart du temps AVANT l’épreuve concrète. C’est en cela que les véritables obstacles sont intérieurs.  

En fait, j’ai souvent peur d’échouer ? Alors je peux me demander « A qui vais-je faire de la peine si je ne réussis pas ? » « Qui ai-je peur de décevoir ? Mon mari ? Ma mère ? Mon manager ? »

En ce qui concerne la peur d’être jugé, c’est lorsque je me demande, au fond : « Serai-je serai autant aimé des autres s’ils voient que je ne suis pas parfait, ou bien que je suis un peu différente de ce que je donne à voir socialement ? »

L’autosabotage

Certains sont même parfois très forts pour s’auto saboter ! Je repense à cette jeune femme qui avait décroché un entretien pour ce poste qui l’attirait énormément. Elle maîtrisait clairement 80% de la fiche de poste. Au fond d’elle, les 20% restants l’intimidaient mais elle savait qu’elle en était capable. Et voilà qu’au cours de l’entretien, elle s’est mise à bafouiller, à présenter au recruteur tout ce qu’il lui manquait, ou toutes ses contraintes logistiques, personnelles etc. Elle était victime de ce sentiment de l’imposteur qui nous fait douter de nos talents. 

Pourtant le seul risque que nous prenons en essayant de faire ce que nous aimons est… d’être plus épanoui ! 

Oser, c’est sortir de ma zone de confort

Alors, changer radicalement me donne-t-il le vertige ? Donc, je peux initier cette dynamique en modifiant de petites habitudes que je pensais immuables, ou alors auxquelles je n’ai jamais pensé.  (Podcast 57 je sors de ma zone de confort)

Toute réflexion faite, j’aimerais vous raconter l’histoire de Lu Ann Cahn, une journaliste américaine. En réalité, il y a dix ans, après un cancer, elle s’est lancée le challenge « one year of firsts ».  De ce fait, son défi était d’expérimenter quelque chose de nouveau chaque jour.  Elle explora en un an des choses aussi nouvelles et variées qu’un concours de boules de neige, un repas 100% cru, un appel Skype avec un inconnu qui vivait le même challenge qu’elle, courir déguisée en père noël … 

Expérimenter de nouvelles choses nous réveille

En définitive, c’est une vraie gymnastique intérieure et un puissant antidote à la déprime. Je n’ai pas l’énergie de tout renouveler maintenant ? Alors, je commence par de petites expériences à ma portée. Le nouveau a un effet énergisant immédiat, et qui infuse mon moral à long terme. 

Une petite étincelle pour allumer un brasier et oser. 

Oser est un cercle vertueux

Ça n’est rien de moins qu’un cercle vertueux. Quand je mets le pied (ou juste un orteil) dans quelque chose d’inconnu, cela déclenche souvent un élan nouveau. Le grand romancier, dramaturge, poète, scientifique et mille autres choses encore Goethe l’a lui-même expérimenté “Quoi que tu rêves d’entreprendre, commence-le. L’audace a du génie, du pouvoir, de la magie.” 

Concrètement

Pour commencer, je rêve de changer de métier, mais je n’ose pas, ou je ne sais pas comment m’y prendre. Un premier tout petit geste peut être de chercher sur internet ou dans mon réseau les contacts de professionnels du bilan de compétences. Ou ce à quoi j’ai droit en termes d’heures de formation.

Ou encore, j’ai terminé une formation mais je ne sais pas comment passer à l’étape d’après. Ensuite, après avoir refait mon CV, je fais la liste des personnes intéressantes à rencontrer. Pas seulement celles auprès de qui je peux trouver un poste. Tout simplement celles qui peuvent avoir un avis intéressant et des tuyaux sur l’étape d’après. En définitive, cela est tellement énergisant et me met en marche.  

Oser, c’est nourrir mon recueil d’expériences.

En réalité, nourrir son recueil d’expérience est comme un carnet vierge dont on remplit chaque jour une nouvelle page. Pourtant, j’ai peur de me tromper ? Lu Ann Cahn a réalisé au cours de ce défi que l’expérience ne nous évite peut-être pas de faire des erreurs nouvelles, mais nous évite d’en reproduire de vieilles.  Et ça, cela n’a pas de prix. 

En fait, nous le répéterons tant qu’il faudra, mais identifier nos entraves est capital. Nommer, nommer, et encore nommer.

En résumé, mettre un mot sur les craintes qui m’habitent ou sur les angoisses d’échec diverses et variées leur donnent déjà du corps. Or l’on se bat mieux contre son adversaire dans une pièce éclairée que dans le noir ! M’attaquer à ce qui me fait peur peut m’entraîner vers des souvenirs d’enfance, des schémas bien ficelés plein de nœuds. (podcast #15 j’apprivoise ma peur)

Oser, c’est faire un voyage intérieur

Je peux m’arrêter sur ce qui compte pour moi, mon moteur, ce qui me fait vibrer.

De toute façon, vous savez, il s’agit de trouver son « Ikigai », en japonais sa raison d’être, et nous en avons beaucoup parlé dans le podcast 68. Comme dirait le dicton « soyez vous-mêmes, tous les autres sont déjà pris ». 

Mias encore, Faire ce que j’aime = faire ce que je suis. “Owning our story and loving ourselves through that process is the bravest thing that we will ever do.” Brene Brown

Et à partir de là, je peux réévaluer mes peurs.

Alors, je fais le tri entre les peurs qui se basent sur un élément objectif, et celles qui sont de pures fictions construites sur des croyances. Parfois mes croyances (podcast 29) sont tellement vieilles qu’elles sont en béton armé. En fait, il est probable que je me rende compte que je n’osais pas me lancer dans telle aventure. En réalité,  je m’étais construit l’idée que je n’en étais pas capable, que je ne le méritais pas, etc.

Pour déverrouiller l’audace, identifions ce qui l’entrave !

Pour commencer, J’aimerais vous parler de Tim Ferris, célèbre entrepreneur, qui enchaîne les conférences pour raconter comment il est devenu capable de surmonter ses plus grandes peurs.  Il explique beaucoup que les meilleurs résultats ou expériences que nous pouvons vivre sont souvent freinés par de fausses constructions, et des hypothèses non testées. Nous retombons sur la place que prennent les constructions mentales, le subjectif dans notre esprit. Voilà 4 anecdotes qu’il partage pour illustrer ce point. 

Tim Ferris a oser nager !

En effet, c’est l’histoire du plus grand défi de sa vie. Longtemps il ne sut pas nager. Pourtant, il avait pourtant grandi au bord de la mer. Mais une expérience traumatisante pendant un camp d’été au cours duquel il avait failli se noyer avait instillé cette terreur de l’eau. En fait, cette peur allait le poursuivre longtemps.  Alors, il explique très bien au cours d’une conférence TED, que “son incapacité à nager avait été une de ses grandes hontes et humiliations.”

De ce fait, cette humiliation et cette crainte de l’eau lui collèrent à la peau jusqu’à l’été de ses 31 ans. Cet été-là, un bon copain qui s’enfilait des litres de café par jour lui promit de tenir une année sans caféine si lui, Tim, pouvait nager un kilomètre en eaux libres. 

Alors, Tim Ferriss décida de se jeter à l’eau, dans tous les sens du terme, et réussit à nager 1 km dans la mer d’une traite. Et en en sortant, pour la première fois de sa vie depuis longtemps, il eut le sentiment d’être redevenu le super héros qu’il pensait être avant l’accident, lorsqu’il était petit.

Comment a-t-il osé ?

Il a rencontré Terry Laughlin. Thierry Laughlin, c’est un entraîneur de natation, qui a fondé Total Immersion, une technique de natation populaire qui met l’accent sur la forme avant la vitesse. Qui appréhende la nage sous l’angle absolument objectif de la biomécanique. En étudiant froidement les enjeux de propulsion et d’aérodynamique, il trouva la clef pour vaincre sa peur subjective de l’eau. Et il accomplit cet exploit du kilomètre parcouru en eaux libres.

Le témoignage de Tim Ferris

En fait, ce qu’essaye de démontrer Tim Ferriss à travers ses conférences et ses témoignages, c’est qu’il est capital d’identifier ses peurs et d’oser accomplir de grandes choses. “La peur est votre amie. La peur est un indicateur. Parfois, cela vous montre ce que vous ne devez pas faire. Mais le plus souvent, cela vous montre exactement ce que vous devez faire. Et les meilleurs résultats que j’ai eu dans ma vie, les moments les plus joyeux, je les ai eus en me posant cette simple question. “Quel est le pire qui peut arriver ?” Surtout avec les craintes que vous avez acquises lorsque vous étiez enfant. “

En réalité, une fois la peur nommée, attachons-nous à la déstructurer, à l’analyser avec une loupe objective. A revenir au réel.

Tim Ferriss conclut en disant “Prenez l’approche analytique, les capacités que vous avez, et appliquez-les à vos anciennes peurs. Appliquez-les pour de très grands rêves.” 

Et si j’essayais l’optimalisme 

Tal Ben-Shahar, professeur de psychologie positive à Harvard, propose dans son livre, L’Apprentissage de l’imperfection, une voie qu’il appelle l’Optimalisme.

L’optimalisme vient du terme « optimum », qui signifie « le plus favorable pour atteindre un but déterminé ». C’est en fait un « perfectionnisme sain», qui consiste à atteindre les objectifs fixés en faisant le meilleur usage possible du temps dont nous disposons.

De plus, l’optimaliste estime que les échecs, tout comme les émotions négatives, font partie de la vie. En définitive, il les met au même plan que les expériences positives. Sans aller jusqu’à y prendre du plaisir, les optimalistes tirent profit de toutes les situations qu’ils vivent, et n’hésitent pas à se lancer dans de nouvelles expériences au risque d’échouer. On parie que Churchill l’avait en tête, lorsqu’il affirma que « le succès, c’était d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme » !

Quand j’ose, suis-je seul avec moi-même ?

Je suis seul à lever des barrières

D’un côté, je suis seul à pouvoir lever les barrières, desserrer les freins intérieurs qui m’empêchent d’oser. De l’autre côté, j’ai besoin des autres, de mon réseau pour rendre concrètes mes actions.  

Je rêve de sauter en parachute ? Je parle de mon idée à des amis, j’essaye de glaner des infos sur des groupes de discussions en ligne. Je passe des coups de fil pour identifier le prestataire qui m’offrira l’expérience la plus chouette et sécurisée. En fait, en faisant cela, je m’ouvre. J’ai toujours rêvé d’une frange mais j’ai peur d’être moquée ? Hop, je prends rdv chez un coiffeur pour en parler, et lui demander conseil. Un coiffeur a aussi été formé pour étudier la morphologie des visages. Lui demander son avis, c’est lui donner de la valeur.  

J’ai besoin des autres

Ouvrir mon projet et mes idées à d’autres leur donne de l’épaisseur, de la consistance, du relief. En fait, Eexposer mes idées et y intégrer d’autres personnes, c’est créer un tissu de relations qui me fait sortir de ma bulle et élargit mon cœur. Ou encore développe mes idées vers des applications auxquelles je n’avais pas pensé.  Quand je partage, je m’inscris dans le monde, bien vivant et dynamique. 

J’ai toujours rêvé de créer ma boite, mais être indépendant et quitter le cocon de l’entreprise me terrifie ? J’ai peut-être peur de me planter et d’engloutir mes ressources financières ? Ou j’ai peur de ne pas percer ? Rien de tel que d’intégrer un groupe de réflexion constitué de gens qui se posent des questions, d’assister à des conférences sur le sujet, de suivre un MOOC en ligne. Avec la multitude de ressources individuelles, de groupes, connectées ou en personne, je n’ai pas d’excuses pour ne pas faire un pas en avant. C’est souvent en parlant de leur idée que les plus grands créateurs de startup ont trouvé leur associé et que leur projet a décollé. 

En résumé

  • Éviter d’oser c’est avoir peur du changement, d’échouer ou encore du regard des autres. 
  • Nommer mes peurs me permet de mieux les déstructurer. 
  • Entrer en connexion avec mes désirs profonds et ce qui me fait vibrer me permet de re calibrer mes projets et mes priorités. 
  • Accepter la prise de risque rend bien plus heureuse que la prudence immobile.
  • Oser c’est initier des petits changements pour se sentir capable

Prenez 2 minutes pour répondre à cette question tirée de 2 minutes ensemble !  “ j’imagine…réaliser un de mes rêves ”! Et si j’essayais ! 

Interview avec Benjamin Zimmer

Retrouvez notre podcast Bulle de Bonheur sur Itunes ou Spotify chaque jeudi ! Abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire #LaPétillante : des conseils, des surprises, des cadeaux !

Retrouvez tous nos jeux ici ! 

Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

Benjamin Zimmer est CEO de Silver Alliance, il nous propose à travers un discours engagé sa vision d’un monde coopératif et solidaire.

Benjamin Zimmer, le parcours

Auteur, conférencier, entrepreneur et dirigeant, Benjamin Zimmer est le fondateur de Silver Valley, le premier cluster européen de la Silver économie. Depuis 2018, il conseille le Groupe Oui Care, spécialisé dans les services à la personne, sur les questions liées aux seniors et à la Silver économie. Ensemble, ils se sont associés pour créer Silver Alliance, la première alliance d’entreprises du bien vieillir à domicile qu’il dirige. 2 minutes ensemble vient de rejoindre ce groupement.

Benjamin Zimmer un acteur de la silver économie

Benjamin Zimmer est un acteur de cette révolution démographique en marche. Le nombre de personnes de 60 ans et plus aura progressé 67 % en 2040, pour atteindre 22,6 millions. Non seulement, les seniors sont beaucoup plus nombreuses mais leurs profils et attentes sont de plus en plus subtiles et variables; selon leur catégorie sociale, leur revenu et leur bagage éducatif et culturel. 

L’importance du bien vieillir

L’adage Benjamin Zimmer est «Bien vieillir, ça se prépare tous les jours ! » : Profiter de son temps, bien vivre chez soi, augmenter son pouvoir d’achat, se simplifier la vie administrative, aménager son logement ou encore veiller sur sa santé sont des piliers de cette préservation de son capital santé et autonomie. Dans chacun de ces domaines, Silver Alliance a identifié des experts, des solutions et des entreprises qui les proposent.

Une économie collaborative

Un autre point qui retient notre attention est l’importance que Benjamin accorde à l’économie collaborative. Il a une vision de l’entreprise qui nous parle et que nous défendons : créer de la valeur pour tous. Il démontre avec ferveur que c’est possible  dans un livre qu’il a co-écrit  où il interroge 18 chefs d’entreprise sur leur pratique. A lire absolument : « une entreprise responsable et rentable c’est possible » aux éditions Contenta.

Je m’ouvre à la synchronicité

Hasard, coïncidence, providence … ou synchronicité ?!

Ne vous êtes-vous jamais exclamé : “que le monde est petit !” faisant l’expérience de ces coïncidences, ces hasards qui tombent au bon moment ? Cette personne inconnue rencontrée au moment idéal pour avancer dans votre projet, ce livre qu’on vous offre et qui change votre vie, cet ami qui vous appelle alors que vous pensiez justement à lui et qui vous parle d’un travail qui vous conviendrait ou encore cette émission qui apporte une réponse à un sujet qui vous taraude depuis quelques temps ?

Que dit-on de la synchronisité

Un mot aussi galvaudé que méconnu

Synchronicité ? Ce mot, étrangement, est aussi galvaudé que méconnu ! Très à la mode en effet dans le milieu du développement personnel, vulgarisé par certains mouvements spirituels, il a autant d’adeptes que de détracteurs, et en même temps, il demeure totalement obscur pour de nombreuses personnes. Alors, allons voir de plus près ce qu’il recouvre !

Il est intéressant de noter que le concept de synchronicité souffre plus de scepticisme en occident que dans les pays orientaux où la culture est davantage réceptive à la présence de signes de l’univers, à l’idée qu’un monde invisible participe à la construction de notre chemin de vie.

Que dit Carl Yung de la synchronicité ?

Développé dans le domaine de la psychanalyse par Carl Jung, le concept de synchronicité se caractérise par la survenue simultanée de plusieurs événements n’ayant pas de lien causal entre eux. En fait, c’est comme une coïncidence qui prend soudainement du sens pour la personne qui la vit. 

Comment prend-elle du sens ? 

En provoquant une émotion, en se produisant à un moment opportun et en étant source de transformation. En fait, le psychanalyste l’explique avec sa célèbre anecdote du scarabée. Jung est en consultation avec une patiente qui lui raconte un rêve dans lequel elle reçoit un scarabée. Alors qu’elle est en train de parler, un scarabée doré se cogne à la fenêtre du bureau. Jung prend l’insecte, le dépose sur la table et dit à sa patiente : “et bien le voilà votre scarabée !”. Le fait que la patiente soit déstabilisée émotionnellement et qu’elle s’ouvre ensuite à une appréhension beaucoup moins rationnelle du monde. Ce phénomène illustre pour Jung la synchronicité et le distingue de la banale coïncidence.

Concrètement

Ainsi, si nous reprenons l’exemple de l’ami qui vous appelle alors que vous pensiez à lui, il y a synchronicité car celui-ci vous parle d’un travail dont vous avez justement besoin. Si cela avait été un simple échange de nouvelles, sans impact émotionnel ni modification d’un élément dans votre vie, alors, cet appel serait une simple coïncidence.

La simultanéité entre un état psychologique et un ou plusieurs événements parallèles

La synchronicité est donc non seulement la simultanéité entre deux ou plusieurs événements. Mais surtout la simultanéité entre un état psychologique et un ou plusieurs événements parallèles qui ont un sens pour la personne. De ce fait,  ça provoque un mouvement dans sa façon de penser ou d’agir. La personne va créer elle-même un lien entre les évènements, un lien de contenu (elle y met un sens) et non un lien causal auquel la rationalité nous a habitués. On comprend de ce fait que le concept peut déstabiliser ou être rejeté. 

Sortir de nos repères habituels cartésien

Sortir de nos repères habituels de raisonneur cartésien, puisque

  • il y a absence de lien direct et de cause objective entre l’état psychologique et l’événement ;
  • l’événement est imprévisible ;
  • selon la personne et le contexte, l’événement fera sens ou non (il sera simple hasard ou coïncidence signifiante, révélatrice et créatrice

La synchronicité est un principe d’agencement de temps

Selon Jung,” la synchronicité répond à un principe d’agencement de temps qui n’est pas de l’ordre de la cause, mais de la nécessité que quelque chose émerge de l’inconscient et amène une transformation au bon moment”. Elle s’inscrit dans la dynamique de ce qu’il appelle le processus d’individuation, c’est-à-dire la réalisation du Soi, de qui l’on est réellement, en dehors des images parentales ou sociales.

Ainsi, pour Jung, les coïncidences, le hasard, ou les rêves prémonitoires, s’expliquent par la synchronicité entre des faits objectifs et un état psychologique à un moment donné. C’est en cohérence avec le fait que notre cerveau est sollicité par des millions d’informations qu’il lui est impossible de retenir totalement. Ainsi, ce que nous allons réellement percevoir est ce qui fait sens pour nous, ce qui est lié à nos préoccupations, à nos réflexions du moment. 

Et si je m’ouvrais à la synchronicité ? 

la synchronicité c’est comprendre les coïncidences

Nous avons une compréhension très limitée des coïncidences. Comme nous l’avons évoqué, le fait de ne pas pouvoir expliquer certaines choses peut nous déranger. D’autant que nous sommes souvent empreints d’une éducation rationnelle et empirique. Nous avons appris que si quelque chose ne peut pas être quantifié, calculé ou relié à une cause tangible, sa véracité est mise en doute.

En fait, il est certain cependant que les recherches montrent aujourd’hui qu’être réceptif à ces événements hasardeux. Ces heureuses coïncidences nous permettent d’affiner notre intuition pour nous guider dans nos choix. La synchronicité a en effet un rôle particulier dans la compréhension de certains événements extérieurs. Elle permet de donner un sens, d’engendrer un changement chez la personne et de synchroniser plusieurs états psychiques différents”. En psychanalyse par exemple, la synchronicité permet d’établir un lien, souvent symbolique, entre un état psychologique et un fait, et de s’ouvrir à d’autres façons de penser et de lire le monde.

La synchronicité peut être à l’origine de changements importants

Les synchronicités peuvent par conséquent être à l’origine de changements importants pour nous. Ainsi  elles se révélent comme des réponses que nous attendons. Pour cela, nous allons voir que nous avons besoin de prêter un peu d’attention à notre monde et d’apprendre à le lire tout simplement pour lui donner un sens. Or donner du sens est un atout précieux pour la motivation, pour nous donner envie de vivre, pour se sentir en congruence, bref pour nous rendre plus heureux ! (Bulle de Bonheur #68 je trouve mon Ikigaï).

Attention toutefois ! Comme nous l’avons répété à maintes reprises, éviter l’excès et choisir la mesure est un principe de vie précieux. Aussi ne s’agit-il pas de vouloir voir des signes partout, de vouloir trouver des liens systématiques entre tous les événements ni de tomber dans l’ésotérisme. Il s’agit plutôt de voir une invitation à une ouverture à ce qui nous environne, à un questionnement sur le sens. 

Comment pratiquer la synchronicité 

Observer

Observer ce qui nous entoure et ce qui nous arrive permet de voir que les synchronicités peuvent s’appliquer à n’importe quel moment de notre vie. Elles se reconnaissent aisément parce qu’elles provoquent une réaction et résonnent en nous. “Mais c’est incroyable ce que tu me dis là, j’allais te dire la même chose !”. “j’ai ressenti aussi cette impression désagréable”. “j’ai été sidéré d’entendre cette conversation dans le bus, elle apportait une réponse à mes doutes”. Ou encore “dans mon rêve, j’ai vu une scène similaire” (le rêve est une matière très riche dans le domaine). 

Ces synchronicités peuvent donc se manifester par un hasard signifiant. Mais également par un ressenti, un rêve prémonitoire, une clairvoyance ou encore une télépathie ou télésthésie. Comme nous l’avons dit, les événements seront interprétés de différentes façons en fonction de l’archétype de chacun. Ainsi ils prendront sens en fonction de l’état psychologique de la personne à un moment précis.

Accepter l’inexplicable 

Pour comprendre la portée d’une synchronicité potentielle dans sa vie. Il est donc nécessaire d’accepter de se laisser déstabiliser, de ne pas tout comprendre, puis de faire confiance à son intuition.

Il s’agit donc d’abord d’accepter que certaines choses nous échappent, qu’une grande partie du monde physique est invisible à nos yeux et existe bien ! 

Exercer notre intuition

En réalité, nous savons que les chats entend et voit une gamme de sons et de lumières différente de celle des êtres humains. Est-ce que le fait que nous ne pouvons pas les voir signifie que ces sons et ces lumières n’existent pas ? Non bien entendu ! 

Vivre une journée idéale

De même, s’il vous est arrivé de vivre une journée idéale. Vous savez celle où tout s’enchaîne parfaitement bien. Où les personnes et les choses semblent être exactement au bon endroit, au bon moment. En fait, la synchronicité nous révèle que si nous étions arrivés un peu plus tôt ou plus tard, les événements ne se seraient pas déroulés de la même façon. Vous avez été dans le parfait timing ce jour là. Certains diront  “les planètes étaient parfaitement alignées”), indépendamment de vos besoins, de vos intentions ou de votre organisation. Un peu de lâcher prise pourra aussi être nécessaire pour accepter cette vision des choses ! voir Bulle de Bonheur #21).

Ensuite, il faudra exercer notre intuition car les synchronicités y sont étroitement liées. Plus nous ouvrons notre esprit, plus nous faisons confiance à notre intuition, plus les synchronicités se manifestent (Bulle de Bonheur #30 “j’écoute mon intuition”).

Etre conscient  

Le secret de la synchronicité est d’être « conscient ». Quand nous sommes conscients, c’est-à-dire présents et ouverts à ce qui se passe autour de nous, nous sommes beaucoup plus enclins à voir et à sentir des choses que les autres ne voient pas. C’est en ce sens que les termes harmonie et connexion sont souvent associés à la synchronicité. La synchronicité traduit le fait d’être en harmonie avec le visible et l’invisible qui nous entourent. Un détour vers le podcat #25 je savoure l instant présent 

Le risque de tout interpréter

C’est sur ce point que certaines dérives peuvent se produire, car cette harmonie avec notre environnement peut être exploitée par certains ou mal comprise. En ce sens que l’univers serait appréhendé comme une sorte de guide nécessaire à notre vie. Il nous enverrai sans cesse des messages, et ce qui nous arrive serait une réponse que l’univers a placée sur nos chemins de vie. 

Le risque est alors grand de vouloir interpréter tout ce qui se produit dans notre vie, de générer du stress. Voire une certaine angoisse à passer à côté d’un signe qui aurait pu changer notre vie. Ou encore de tomber dans un certain fatalisme ou déterminisme. Il y a sans doute encore beaucoup de choses à découvrir dans le domaine. Mais il nous semble important de se rappeler que la synchronicité se produit à un moment précis. En fait, elle provoque une réaction émotionnelle et un changement.

Par exemple, je me couche très angoissé car je suis menacé de licenciement, je fais un rêve X qui me fait voir que mon avenir est sans danger, je me réveille serein et confiant). A cela nous pourrions ajouter une autre caractéristique observée par certains psychologues. “Les synchronicités surviennent lorsque nous sommes dans des périodes de changement, de transition ou de questionnement”.

La synchronicité amoureuse 

La synchronicité dans la première rencontre

Comme nous l’avons évoqué, la synchronicité touche de nombreux domaines de notre vie. Mais il en est un qui revient régulièrement dans la littérature qui traite du sujet, c’est celui de la synchronicité amoureuse. Cette synchronicité concerne d’abord la première rencontre. Ne vous est-il jamais arrivé de repenser à cette rencontre et vous dire qu’il y avait des signes, que vous deviez vous rencontrer ? De quelle manière les hasards heureux se sont mis en place pour que vous vous rencontriez (dans un lieu précis, sur internet …) ? Comment vos émotions et votre intuition ont été sollicitées pour vous informer que vous aviez trouvé le partenaire que vous souhaitiez (“j’ai senti que c’était lui” !) ?

Synchronicité et connexions du couple

Mais les synchronicités concernent aussi toute la vie amoureuse. Les événements imprévisibles arrivent en effet tout au long des relations et l’importance de la signification que nous leur donnons pourra venir nourrir les relations. 

Par exemple, vous vous réveillez avec le moral à zéro sans trop savoir pourquoi et vous recevez un texto d’encouragement de votre partenaire. Alors que vous sentez que vous vous installez dans une certaine routine, sans vous en parler,  vous pensez tous les deux  à une surprise qui vient pimenter votre relation. Vous vous sentez seule et trois fois dans la journée vous entendez la chanson préférée de votre conjoint.e et vous vous sentez réconforté.e. Ainsi, toutes les coïncidences significatives sont une invitation à la réflexion et sont des occasions de passer à l’action afin d’amener notre relation amoureuse à un stade optimal. Comme évoqué,  il est donc recommandé pour cela de prendre le temps d’observer ces coïncidences qui vous ont ébranlée. Afin d’y déceler le sens et le message qu’elles vous transmettent pour alimenter et transformer vos relations. 

Attention, la synchronicité est loin d’être la garantie d’une vie épanouie ! Elle ne remplace pas l’écoute, la réflexion, la prise de recul, l’agir ; nous restons toujours le principal acteur de nos relations et nous avons la possibilité de faire des choix !

En résumé

La définition donnée par Jean-François Vézina dans son livre “les hasards nécessaires” résume parfaitement pour nous ce que nous souhaitons retenir. “La synchronicité est une coïncidence entre une réalité intérieure (subjective) et une réalité extérieure (objective) dont les événements se lient par le sens, c’est-à-dire de façon acausale. Cette coïncidence provoque chez la personne qui la vit une forte charge émotionnelle et témoigne de transformations profondes. La synchronicité se produit en période d’impasse, de questionnement ou de chaos”.

La synchronicité a donc un rôle particulier dans la compréhension de certains événements extérieurs. Elle permet de donner un sens et d’engendrer un changement chez la personne. 

A vous de jouer chers lecteurs ! Que répondez-vous à cette carte tirée de 2 minutes ensemble ! : “je raconte comment à la suite d’un moment de synchronicité, j’ai transformé des choses dans mon quotidien.” ?

 

Je désire

D’où viennent nos désirs ?

Nos désirs proviennent de notre sensation de manque, comme si obtenir ce manque pouvait nous combler. L’étymologie latine du mot « désir » signifie « regretter l’absence de ».

Les désirs reviennent à s’interroger sur ce qui nous fait défaut, sur les barrières entre nous et notre bonheur. Peut-être avez-vous déjà ressenti cette tension qui semble vous dominer quand vous ne pouvez plus voir votre corps en peinture et que la chirurgie esthétique vous semble être le seul recours possible à ce mal-être.

Ou bien lorsque vous vous auto-persuadez que votre vie serait tellement mieux avec le dernier Iphone. Et lorsque finalement, vous l’avez en main, vous avez envie de l’Apple Watch…

Les stratégies marketing sont passées maîtres dans l’art de jouer avec nos désirs et de nous donner l’impression que nos achats vont contribuer à notre bien-être durable. 

Le désir, un animal tyrannique

Epictète, philosophe grec de l’école stoïcienne, recommande de renoncer totalement à ses désirs pour atteindre la paix de l’âme. Car le désir est un animal tyrannique :

D’abord, la sensation de manque peut nous rendre chroniquement insatisfait. Cela nous donne l’impression de ne pas avoir toutes les cartes en main pour être heureux aujourd’hui. Si seulement je gagnais plus d’argent, ma vie serait tellement plus facile, je serais tellement plus épanouie.

L’escalade des besoins

Ensuite, une fois assouvi, le désir est souvent remplacé par un autre. Nous nous sentons bloqués dans une course au toujours plus. Nous avons l’impression d’être l’esclave de nos manques.  

Je désire donc je vis !

Cependant, l’absence totale d’envies est un des symptômes de la dépression. Lorsque même nos passe-temps et les activités que nous apprécions d’ordinaire n’éveillent plus de motivation en nous, lorsque nous ne trouvons plus la force de sortir de notre lit, ce sont parmi les premiers signaux d’un mal-être profond

Etes-vous déjà passé par les montagnes russes du désir et du désenchantement lorsque celui-ci est assouvi ? Tant que le désir reste dans le domaine de notre imaginaire, nous sommes excités par la projection que nous nous en faisons.

Puis une fois que nous avons assouvi notre désir, notre bonheur redescend lentement avec le temps.

Par exemple, pendant des mois, vous avez souhaité obtenir ce poste. Vous vous étiez imaginé gérer cette équipe, planifier ces projets et développer vos idées grâce à cette nouvelle position. Lorsque vous y êtes arrivé, vous avez fait feu de tout bois, secondé par une équipe motivée. Et puis avec le temps, vous avez recommencé à râler contre ce qui ne vous convient pas dans la société ou sur ces compétences qui vous font encore défaut, sur ces formations qu’on ne vous accorde pas assez souvent, sur ces collègues qui ne partagent pas toujours votre envie de relever les défis…et vous avez commencé à regarder ailleurs, d’autres postes, d’autres compagnies.

C’est aussi cet homme qui économise pendant des mois voire des années pour s’offrir sa voiture de rêve. Le jour où il roule enfin dedans, un nouveau modèle est mis sur le marché et sa nouvelle voiture lui apparait démodée et sans intérêt. Ce cercle vicieux est humain, tout le monde passe par ces phases. C’est ce que l’on appelle l’adaptation hédonique

Qu’est-ce que l’adaptation hédonique ?

Une étude très connue du Dr Brickman de l’Université de Northwestern dans l’Illinois a mis en lumière en 1978 ce concept de l’adaptation hédonique.

Des études sur le désir

Les chercheurs se sont intéressés à 3 groupes d’individus : un groupe de gagnants à la loterie, un autre constitué de personnes devenues paralysées à la suite d’un accident et un groupe de témoins neutres menant une vie relativement stable sans haut ni bas majeur.

Au début de l’étude, le groupe des blessés ressentait sans surprise le niveau de bonheur le plus faible. Ils étaient cependant capables de focaliser leur attention sur les petites choses positives du quotidien comme les compliments, le rire alors que les gagnants au loto ne s’y montraient pas sensibles. 

L’étude s’est prolongée et les sujets ont de nouveau été interrogés sur leur niveau de bonheur.

La conclusion est révolutionnaire : au bout d’une certaine période, le niveau de bien-être des 3 groupes d’individus atteint le même niveau. Avec le temps, les gagnants au loto n’étaient plus aussi grisés par leur gain rapide et les victimes d’accidents avaient été capables de s’adapter à leurs nouvelles conditions de vie. Leur résilience avait atténué leur souffrance au fil du temps.

Cette étude démontre la formidable capacité d’adaptation des êtres humains. Une force positive lorsqu’il s’agit de faire preuve de résilience (podcast 65)

Désir et insatisfaction

Le revers de la médaille est que, par nature, nous ne sommes pas capables de capitaliser sur ce qui nous arrive de positif. Cette adaptation hédonique se produit à cause de deux facteurs :

D’abord, au fil du temps, nous percevons notre changement de conditions comme un nouveau normal. Nous nous accoutumons. Nous avons de nouveau l’impression de vivre pas mieux que l’ordinaire, nous percevons de nouveau des frustrations. Notre réflexe « jamais contents » reprend le dessus. 

Ensuite, nous avons tendance à nous comparer aux autres. C’est parfois de la comparaison aux autres que jaillissent de nouveaux désirs et envies. Ces derniers révèlent des manques qui atténuent le niveau de bien-être que vous aviez atteint en assouvissant votre désir. 

Le désir sans fin

Alors, puisque le désir est sans fin et qu’inexorablement nous revenons naturellement à notre niveau de bien-être initial, devons-nous arrêter de nourrir des désirs ? Le désir est-il une maladie dont il faut se soigner ?

Que se cache-t-il derrière le désir ?

Le désir est un sujet intime, dont il est difficile de s’ouvrir aux autres. Nos désirs sont souvent des révélateurs de ce qui se cache dans notre cœur, de nos valeurs et de ce à quoi nous aspirons profondément. Il nous est propre. C’est un élément qui constitue notre unicité en tant qu’individu à part. Mes désirs expriment ce que je cache en moi et ne sont probablement pas les mêmes que ceux de mon voisin. Ils sont singuliers.

Par exemple, mon désir de créer ma propre société peut-être un révélateur de mon besoin d’indépendance, de mon envie de liberté. Il illustre aussi mon courage, mon besoin de prendre des risques et de sortir de ma zone de confort. Ou bien j’aspire peut-être à créer, à contrôler 100% d’un projet qui me ressemble. Dans la même veine, mon désir d’écrire un roman est peut-être le signe que j’ai besoin de laisser la trace de mon passage, que j’ai besoin de transmettre quelque chose en héritage. 

Interroger ses désirs

Interroger ses désirs pour y lire ce qu’ils disent de nous est un excellent exercice pour progresser sur le chemin de la connaissance de soi. 

Désirer est le propre de l’homme. C’est ce qui le différencie de l’animal. Il aspire naturellement à grandir et s’épanouir. Naturellement, il est en quête de sources de croissance personnelle.

Un regard de philosophe sur le désir

Spinoza va encore plus loin. « Le désir, écrit le philosophe dans l’Ethique, est l’essence même de l’homme». Instinctivement, nous souhaitons survivre et déployer la vie qui nous habite. L’homme serait animé d’un conatus, à la différence de l’animal. Le conatus c’est cette force qui vient du « désir de persévérer dans son être ». En tant que corps, nous cherchons naturellement à vivre le plus longtemps possible et aussi à vivre dans des conditions confortables.

En tant qu’âme, l’homme désire permettre à son âme d’accéder à de plus en plus de connaissances, de croître.

Les désirs des jeunes enfants

Vous l’avez sûrement déjà constaté au contact de jeunes enfants. Nous sommes souvent étonnés de voir qu’en dépit de leur jeune âge, ils savent très bien ce qu’ils veulent. La moindre frustration ou la difficulté à accomplir quelque chose qui leur tient à cœur déclenche des crises pas possible.

Je repense souvent à mon fils qui s’entêtait à vouloir faire lui-même ses lacets et pouvait y passer des heures. Si j’avais le malheur de faire obstacle, je passais un sale quart d’heure.

Chez les petits enfants, nous sentons bien cette prégnance naturelle du désir. Leurs désirs sont purs, ils ne sont pas encore un produit de leur culture. Nous constatons aussi combien cela les pousse à se développer. 

Que se passe-t-il dans mon corps avec le désir ? 

Lorsque nous visualisons le bien à atteindre, notre cerveau se met à sécréter de la dopamine, une de celles que l’on appelle « les molécules du bonheur ». La dopamine est l’hormone du « je cherche » pour combler un manque. C’est l’espoir de l’accomplissement du désir qui déclenche la libération de la molécule.

Vous l’avez d’ailleurs probablement ressenti vous-même sous la forme de ce que l’on appelle plus communément l’excitation. Lorsque votre cœur s’accélère, que vos terminaisons nerveuses sont plus sensibles, que vous êtes plus impatients. Elle est donc un petit coup de boost chimique qui nous met en action. 

Le désir permet d’exister et de s’affirmer

Vous voyez où nous venons en venir. Le désir n’est donc pas à prendre au négatif comme une plainte ou l’expression d’un manque. C’est ce qui permet à chacun d’exister et de s’affirmer.

C’est grâce à nos désirs que nous imaginons comment nous souhaitons grandir et nous développer. Ce sont les projections du désir qui nous révèlent une autre version de nous-mêmes, celle à laquelle nous aspirons. Le désir est élan et force motrice.

C’est en nous imaginant meilleurs, plus beaux, plus intelligents… que nous ne sommes aujourd’hui que nous nous lançons. Le désir nous pousse à accomplir ce que nous estimons être une meilleure version de nous-mêmes.

Visualiser son but ou son rêve

Visualiser son but ou son rêve est un facteur de motivation et de créativité. Diderot disait « On dit que le désir nait de la volonté, c’est le contraire, c’est du désir que naît la volonté. Le désir est fils de l’organisation ». Nous puisons dans nos ressources pour inventer des moyens d’assouvir notre désir. Rappelez-vous de notre Bulle de bonheur #81 je pratique le WOOP.

Par exemple, grâce à la visualisation, vous allez vous imaginer avoir une relation apaisée avec votre ado. Vous allez identifier tous les éléments concrets qui marqueront que vous avez atteint votre objectif. Vous vous voyez aller faire du shopping ensemble et profiter de ce bon moment de complicité, l’écouter s’épancher sur ses états d’âme au coin du feu, la regarder sortir le samedi soir avec confiance.

Maintenant que vous voyez le résultat, vous identifiez tous les chemins pour l’atteindre, bref vous développez des trésors de créativité pour consolider la relation dès aujourd’hui. Et vous vous y mettez. 

Le désir nous met en action

Le désir nous met donc en action, nous pousse à combler le manque. Spinoza affirme que lorsqu’il est libre et qu’il correspond à nos aspirations intérieures et à nos valeurs (rappelez-vous, nous vous en avons parlé dans notre Bulle de bonheur #75 J’identifie mes valeurs), le désir est une grande source de joie. Et comme vous le savez grâce à notre Bulle de bonheur #9 Je cultive la joie, la joie est l’émotion de l’énergie positive – elle donne de l’élan, pousse à l’action, favorise l’optimisme. Elle dynamise et donne envie d’avancer.

Elle est donc souvent associée à la réalisation de soi et à la réussite. C’est un cercle vertueux : désirer c’est avancer et avancer nous procure de la joie qui nous donne un supplément d’élan.

Je complèterai en disant  que si les désirs que nous assouvissons sont en liens avec nos valeurs et  les sens que nous voulons donner alors .non seulement la joie est décuplée et l’adaptation hédonique sera moindre. La différence de ressenti durable entre un week-end un peu fou que j’organise pour épater mes amis et un week-end qui a pour but entre amis d’entreprendre la réflexion d’une maison pour une famille dans le besoin. 

Peut-on aussi considérer que les désirs non assouvis sont positifs ? 

Le désir s’inscrit dans le temps. Désirer c’est attendre. Qui plus est, une fois que le désir est assouvi, il n’existe plus. Durant la période d’attente, le désir grandit, il se nourrit de lui-même grâce à notre imagination.

Avec le temps, nous construisons encore mieux notre désir et nous éprouvons le plaisir d’attendre quelque chose. Par exemple, vous désirez faire un tour du monde. Entre le moment où vous imaginez votre itinéraire et le moment où vous appuyez sur la souris pour acheter vos billets d’avion, votre désir s’est considérablement intensifié. . Plus l’attente est longue, plus le vrai désir grandit et plus l’espace de fécondité est grand. 

Filtrer les désirs par l’attente

L’attente permet aussi de filtrer nos désirs. Mis à l’épreuve du temps, ils se maintiennent ou non.

Nous renonçons à certaines envies, certains élans. Le temps nous a permis de prendre du recul et de nous interroger sur la connexion entre ces désirs et nos valeurs, nos besoins, nos aspirations profondes. Pour illustrer cela de façon très triviale, savez-vous quel est le meilleur conseil qui puisse être donné à une accro au shopping qui souhaite se soigner ? Attendre. Laissez passer quelques jours après avoir flashé sur cette petite robe en vitrine et ré-interroger son désir de posséder cette robe. 

Le plaisir du désir…

Enfin, savourer un désir non assouvi c’est possible ! Le désir est comme un chemin dont nous pouvons profiter pleinement.

Profiter de la route vers l’assouvissement ou non de ses désirs est aussi le principal barrage à notre capacité d’adaptation. Mihaly Csikszentmihaly, un psychologue hongrois contemporain qui a introduit la notion de « Flux » nous dit : « Rien de mal à vouloir grimper plus haut tant que nous goûtons avec plaisir les difficultés du parcours ».

Vivre à fond le chemin qui mène au désir plutôt que de le vivre comme une tension négative est un chemin de bien-être profond.

Nous apprécions nos activités, nous mettons en application nos talents et conservons un certain niveau de contrôle de nos émotions. Imaginons par exemple que vous nourrissez le désir d’avoir votre propre chez-vous. Vous imaginez le quartier, l’agencement, le look, la lumière, l’ambiance, les meubles que vous aimerez y mettre. Au fil du temps, vous vous procurez même des éléments de déco que vous aimeriez y installer. Votre joie se nourrit de la préparation de cet appartement, de l’attente de l’assouvissement de votre désir. 

3 pistes pour vivre pleinement ses désirs sans souffrir d’insatisfaction chronique.

Pratiquez la gratitude : nous vous en avons parlé dans notre Bulle de Bonheur #20 J’adopte la gratitude. La gratitude nous permet de savourer les événements positifs. En nommant le positifs de notre journée nous évitons de prendre tous ces petits événements pour acquis. Nous restons dans un bain d’émotions positives. 

Pensez à ce que vos désirs vous révèlent sur vos besoins et vos valeurs profondes. Peut-être qu’il y a plusieurs manières de vous épanouir au-delà de l’objet de votre désir.

Par exemple, si vous ressentez le désir de voir davantage votre famille. Ce projet ne se réalise malheureusement pas toujours facilement. Peut-être est-ce un révélateur que vous souhaitez prendre soin des autres ou que vous aimez voir du monde ou encore vous vous retrouver dans votre maison familiale vous fait du bien.  Bref, il y a autant de lectures possibles et de chemins de croissance qu’il y a d’individus.

Interroger ses désirs c’est apprendre à mieux se connaître. 

Renforcez vos relations : les liens que nous tissons avec les autres résistent à l’adaptation hédonique. Il semble que nous soyons capables de profiter longtemps de la qualité de nos relations aux autres, d’une belle amitié ou d’une vie de couple épanouie. Allez faire un petit tour par notre Bulle de bonheur #79 Je créé du lien social pour en savoir plus. 

Je désire, en bref : 

  • Le désir est humain et révèle nos valeurs intimes et notre singularité.
  • Nous portons en nous une tendance naturelle à l’insatisfaction car nous nous adaptons à nos changements de vie qu’ils soient positifs ou négatifs.
  • Le désir est fécond : plus qu’un manque de quelque chose, le désir nous met en action pour l’obtenir.
  • Désir et attente constituent un cocktail de bien-être à long terme

Allez hop je me lance !

Une carte piochée dans 2 minutes ensemble ! « je choisis un de mes désirs, je pense à ce qu’il dit de mes aspirations et j’identifie une piste pour le concrétiser » 

En 2021, j’arrête de ruminer

Ruminer…

Tout d’abord, arrêtons-nous un moment sur ce mot rumination. Certains la confondent avec procrastination, d’autres avec la tristesse, ou encore avec la nostalgie. Elle est pourtant assez différente et bien spécifique.

Ruminer, pour le psychiatre

Pour le psychiatre Christophe André, ruminer, c’est se focaliser, de manière répétée, circulaire, stérile, sur les causes, les significations et les conséquences de nos problèmes, de notre situation, de notre état. Des pensées obsédantes comme « J’aurais dû dire ça…, Il faudrait que …, je n’arriverai jamais à… » Et le plus sioux dans tout cela, c’est que la rumination avance masquée !

Lorsque l’on rumine, on croit réfléchir.  Mais c’est là qu’est le piège. Car on ne fait que s’embourber et s’abimer dans des pensées intrusives, souvent involontaires et difficiles à contrôler.

L’adjectif « stérile » employé par Christophe André est assez fort. La rumination ne nous fait pas avancer. Au contraire, elle amplifie nos problèmes et nos souffrances. Elle vient réduire notre espace mental disponible pour tout le reste de notre vie (notamment pour les bonnes choses et les instants heureux).

Qu’est ce que ruminer ?

Un exemple. Je passe tellement de temps à ruminer en apprenant que je n’ai pas la chambre que je voudrais dans la maison de ma grand-mère. Cela me fait passer à côté de la joie de Noël et des retrouvailles familiales.

Je passe aussi à côté de tous les gestes d’affection que les autres manifestent à mon égard.  Je m’embourbe dans une bouderie bien visible ou alors parfaitement dissimulée. Je me persuade que, encore une fois, j’ai été mise de côté, que je suis la petite dernière, que personne ne fait attention jamais à moi etc…

Les effets de la rumination

Ensuite, la rumination met en place de mauvais réflexes et de mauvaises habitudes. Elle m’entraine à ressasser les difficultés, au lieu de les résoudre (même de manière imparfaite). Et lorsque la difficulté n’est pas de mon ressort, la rumination m’empêche aussi simplement de la tolérer ou l’accepter.

Ces croyances créent tout un système de pensées de plus en plus épais, formant comme une toile d’araignée, un filtre à travers lequel je vois la réalité. Et dans certains cas, ce filtre bloque carrément ma réflexion. La rumination se caractérise souvent par le fait qu’aucune solution n’est trouvée au problème.

Qu’est ce que ruminer ?

La rumination mâche, mâche et remâche en permanence une pensée souvent négative. Celle-ci bloque la possibilité de digestion, et ensuite d’évacuation. Ce sont autant de petites phrases ou pensées désagréables que j’ai en tête. Je me les répète inconsciemment comme des mantras. « Je ne suis pas à la hauteur » « untel se moque encore de moi » Cela peut être aussi un sentiment de culpabilité( podcast 50) à propos d’un évènement, que l’on ressasse en boucle.

Dans le vocabulaire animal, chez la vache par exemple, la rumination est la première étape d’un processus de digestion dynamique, qui a un début, et une fin ! Chez l’homme, ruminer s’apparente à du sur-place et c’est finalement toxique.

Et c’est un peu un comble, puisqu’au départ, ressasser une idée est souvent un moyen de se préparer et de dépasser quelque chose qui nous fait peur.

Par exemple, je donne une conférence dans 3 jours, certains vont s’entrainer, se préparer et tout va bien se passer. Pour d’autres, cela les stressent, ils ressassent leurs angoisses, ils essaient de se rassurer et se dire qu’ils maitrisent tout. Et rien n’y fait, l’anxiété est tellement forte qu’elle les bloque éternellement à cette étape de préparation.

Et d’ailleurs, une pensée négative, qu’est-ce que c’est ?

Pour la psychanalyste Claude Halmos, ce qui rend une pensée négative, ça n’est pas tant sa formulation, que ce à quoi elle ouvre.

Une pensée devient vraiment négative seulement quand elle n’entraine pas de changement. En effet « certaines pensées, négatives dans leur formulation, ont un effet positif dès lors qu’elles poussent à vouloir changer. »

Ouvrage sur la rumination

Bernard Anselem, médecin expert en neuropsychologie et auteur de l’ouvrage « Je rumine, tu rumines, nous ruminons », (éditions Eyrolles) insiste sur cette caractéristique sous-estimée de la rumination : « Ce sont des pensées négatives qui ne génèrent pas d’action de correction.

On rumine car on n’a pas envie de corriger la situation. Ou alors on pense qu’on ne peut pas la corriger. On revient en boucle sur nos pensées sans agir. » C’est en cela que la rumination est stérile, et toxique. Ce tourbillon de pensées conduit à une « auto-aggravation des émotions ». Le médecin explique aussi comment cela se passe dans le cerveau : « C’est une véritable contagion neuronale. On active un réseau émotionnel de la peur ou de l’anxiété. Celui-ci active d’autres zones du cerveau qui vont elles-mêmes générer des pensées négatives au niveau du cortex. C’est une boucle d’auto-aggravation. »

Mais d’où vient cette propension à se focaliser sur le négatif ?

Ruminer, c’est inné !

A l’origine, et dans une optique de survie, le cerveau est conçu pour traiter en premier les informations négatives. On imagine bien l’intérêt de cette fonction au temps de la préhistoire, lorsque l’homme évoluait dans un univers hostile.

Il est facile de comprendre qu’à l’époque, un chef de tribu se sentait rarement en sécurité. Toujours prêt à contrer un danger imminent. Que ce soit pour nourrir son clan ou pour le protéger des attaques animales.

Aujourd’hui, les supermarchés débordent et nous risquons peu de nous faire attaquer par un lion en sortant de notre caverne ! Cette fonction de veille est gravée dans notre cerveau archaïque.

L’anxiété à l’origine de la rumination

Une personne naturellement anxieuse va sur-utiliser cette fonction et ainsi se focaliser uniquement sur le négatif, par réflexe inconscient.

Prenons l’exemple d’un responsable marketing naturellement anxieux. Il vient de boucler une présentation sensible au boulot et il a passé un temps fou à la préparer. A la fin de sa présentation, il reçoit 90% de commentaires élogieux, et 10% de remarques constructives, questionnant son projet.

Ayant tendance à ruminer, il se bloque sur ces minuscules remarques, les juge négatives. Il se sent critiqué. Il enclenche un cycle de réflexions et de pensées négatives « je ne suis pas apprécié à ma juste valeur » « le produit sur lequel je travaille ne sortira jamais ».

C’est là qu’intervient ce que l’on appelle une distorsion cognitive. Aveuglé par son anxiété, il perçoit l’opinion que ses collègues ont de lui à travers des lunettes déformantes. Quand je suis face à une situation que je ne comprends pas, je peux être tentée d’imaginer les explications manquantes, pour reconstituer le puzzle dans ma tête.

Les conséquences de ce cocktail explosif overthinking + sur-interprétation sont nombreuses.

Ruminer a des conséquences psychologiques

Une invasion de pensées désagréables peut générer une avalanche d’émotions désagréables. De la peur, de la tristesse, beaucoup de frustration souvent. Parfois de la jalousie podcast 77 (je suis jalouse de mon grand-frère justement installé dans la chambre que je convoitais dans la maison de famille). Mais aussi du ressentiment (je nourris beaucoup de colère à l’égard des 2 collègues qui ont questionné ma présentation le mois dernier). Ces mal-être passagers peuvent s’installer à plus long terme et engendrer un vrai repli sur soi. Toutes ces réactions peuvent se manifester de manière très intériorisée (et cela peut être destructeur à l’intérieur) ou bien ouverte et active.

Et celui qui lutte ainsi gaspille son énergie au lieu de la dédier à ce qui compte vraiment pour lui.

Ruminer a des conséquences sociales

L’« overthinking » altère notre lien relationnel.

Bernard Anselem prend l’exemple assez parlant d’une rencontre amoureuse. C’est l’histoire d’un jeune homme qui rencontre pour première fois une jeune femme. En rentrant de ce rendez-vous, il se rend compte qu’il n’a pas du tout assez parlé de lui, il regrette.

 3 scenarios s’offrent à lui :

Soit cet homme a une estime de lui plutôt basse. Et il va tout de suite va repenser à leur conversation, se trouver nul, pas à la hauteur, timide ou trop effacé. Son imagination mouline à fond et il arrive chez lui dépité. Il est persuadé d’avoir raté l’occasion de sa vie ou qu’il ne mérite pas que l’on s’intéresse à lui.

Ou bien cet homme a une estime de lui modérée. Sensible aux ruminations, il s’appuiera aussi sur sa conversation avec cette femme. En fonction des réponses et des signaux qu’elle lui aura données, il aura plus ou moins de raison de ruminer.

Ou alors, confiant et disposant d’une haute estime de soi, troisième scenario, l’homme accepte qu’il n’ait pas pu tout dire. Il apprécie plutôt les échanges qu’ils ont eus.  « S’il y a eu de bonnes affinités, elle me contactera, sinon, j’essaierai avec d’autres personnes, c’est qu’elle n’était pas la bonne ».

Dans ce scenario, l’homme fait preuve de compassion envers lui-même Podcast 39. Il accepte ses émotions négatives et arrête de se créer de l’anxiété sur le futur de la relation. Il devient tout de suite plus libre, et d’ailleurs plus attirant.

Effets sur l’entourage

Et même entre amis, des difficultés relationnelles peuvent survenir. Une petite phrase de travers peut me faire penser que telle personne est dangereuse, ou que mes amis sont faux, que je ne suis pas aimé autant que j’aime.

Rencontrer de nouvelles personnes est plus difficile pour un anxieux, qui aura tendance à être sur ses gardes et à se retirer progressivement de la vie sociale.

Pour certains, cela prend une dimension vraiment grave. Ils  développent parfois une véritable phobie sociale dont les conséquences familiales, amicales, professionnelles peuvent être sévères.

Dans un autre registre, ruminer peut faire grossir !

Marie Thirion, médecin et auteure de Pourquoi j’ai faim ? explique combien la nourriture apaise l’angoisse. Et merci qui ? Merci notre cerveau archaïque, toujours lui, celui qui se base encore sur ce sentiment d’angoisse bien réel des hommes préhistoriques. Ils n’étaient rassurés uniquement que lorsqu’ils avaient réussi à trouver une source de nourriture pour leur tribu.

Ce pédiatre est bien connue aussi auprès de parents qui viennent trouver en elle une coach de choc pour aider les petits bébés à faire leur nuit.

En effet, les petits enfants sont les premiers à se croire rassurés par une bonne tétée au milieu de la nuit alors même qu’ils n’ont pas vraiment faim ! Et en grandissant, nous continuons à associer inconsciemment une plaquette de chocolat à ce réconfort maternel que nous trouvions en étant bébé.

Regard de la spécialiste

En plus, Marie Thirion nous apprend que le cerveau, quand il se retrouve débordé, ne fait plus la distinction entre différentes sources de stress. Résultat, il stocke pour parer à l’éventualité d’une disette : par exemple, une dépense imprévue qui met notre budget mensuel dans le rouge bien trop tôt. Et hop, je grignote compulsivement une autre plaquette de chocolat !!

La faute aussi aux hormones du plaisir, comme l’endorphine ou la dopamine, libérées surtout quand l’on déguste quelque chose de gras et sucré.

Seulement, se consoler en mangeant est un cache-misère temporaire, puisque nous ne remplissons pas notre désir de sécurité profond, mais en fin de compte notre estomac.

Le sommeil est aussi le grand perdant de l’affaire. Comment donc peut-on bien se reposer alors, lorsque nos pensées vagabondent jour et nuit ? Pour beaucoup, la rumination est source d’insomnies chroniques. La nuit, les angoisses prennent plus de place et nous collent au corps. Au petit matin fréquemment, tout nous parait moins complexe. Elles entretiennent elles-mêmes ce cercle vicieux.

D’où viennent ces pensées ruminantes ?

Souvent, les pensées ruminantes viennent de la manière avec laquelle nous avons grandi. Nous avons pu être élevés par des parents un peu pessimistes ou anxieux qui nous ont transmis ce mode de fonctionnement.

Parfois depuis un traumatisme ancien. Je repense à un homme qui a divorcé et traine depuis un sentiment de culpabilité latent. Il se sent jugé en permanence. Dans notre vie professionnelle aussi. Pensons à cette personne qui a vécu une expérience professionnelle douloureuse et s’est sentie dépréciée, jugée et depuis, systématiquement dévalorisée. Chez les ados, un harcèlement scolaire bien dissimulé peut façonner des adultes qui se dévalorisent.

En pratique

La rumination se repère et se combat en mettant en place des parades tournées vers le réel. Parfois un accompagnement peut m’aider à y voir plus clair.

Arrêter de ruminer, première piste :

L’épuisement intérieur dû à la rumination vient du fait que je dépense une grande part de mon énergie vers quelque chose que je ne peux pas contrôler. Et si j’essayais de diriger mon énergie vers ce que je peux contrôler.

Par exemple en essayant de se construire une carte mentale. Cela me permet de distinguer ce que je PEUX contrôler de ce que je ne peux PAS contrôler. Et ainsi lâcher prise podcast 21 sur tous les éléments sur lesquels, de toutes manières, je n’aurai aucune emprise.

C’est ce que propose Catherine Testa, grande spécialiste de l’optimisme.

Elle prend l’exemple de toute cette crise de Covid. Angoisse permanente, restrictions de nos libertés, éloignement de nos familles. Je peux choisir de m’énerver sur le confinement en général, sur la situation économique inconfortable. Je peux ruminer en observant mes voisins faire différemment de moi, sortir sans masque ou organiser de grands diners.

Je peux ressasser ce que les autres disent, comment ils vivent la situation, essayer de savoir ce qu’ils pensent. Ou alors…. au milieu de toutes cette pagaille, je peux faire de l’espace, contenant ce que je PEUX contrôler. C’est à dire utiliser mes mots, assumer mes décisions, accepter l’attitude que j’ai envers mes collègues.

Je peux choisir de rester aimable auprès de la voisine du 3e, même si elle ne respecte pas les règles. Je peux cesser de regarder en boucle l’actualité, souvent anxiogène. Je peux prendre soin des autres et de moi. Je peux choisir de regarder ce qui va bien.

Deuxième piste : Pour savoir si nos réflexions sont des ruminations, nous pouvons nous poser 3 questions :

1) Depuis que je songe à ce problème, est-ce qu’une solution est apparue ?

2) Depuis que je songe à ce problème, est-ce que je me sens mieux ?

3) Depuis que je songe à ce problème, est-ce que j’y vois plus clair ?  Est-ce que j’ai plus de recul ?

Si je peux répondre à ces questions, en toute honnêteté « NON », alors… c’est que je ne suis pas en train de réfléchir, mais de ruminer.

Dans ces cas-là, et c’est là que c’est un peu un comble, la solution ne viendra pas de mon esprit. Vous savez, la nuit, plus l’on se force à penser à autre chose, moins l’on se rendort ! Non, dans ces cas-là, la solution vient de l’action : aller marcher, parler à un proche. Briser le cycle de pensée, s’efforcer de refermer le dossier. Ou du moins, s’engager dans une autre activité pour qu’il n’y ait pas que cela à ma conscience.

Deux facteurs aggravent souvent la rumination : l’immobilité et la solitude.

Deux choses peuvent au contraire l’entraver : le mouvement et le lien. Mais attention à ne pas chercher les autres pour co-ruminer à deux !

Troisième piste : la méditation de pleine conscience.

Accepter que mes ruminations soient présentes à mon esprit mais ne pas les laisser seules. Les accompagner de la conscience de ma respiration, de mon corps, des sons, de la conscience de tout ce que je suis et de tout ce qui m’entoure.

Ruminer pour des enfants

Pour des parents, gérer la rumination d’un enfant prend beaucoup d’énergie parce que bien souvent nous avons peur qu’il soit malheureux. Alors notre réflexe est parfois d’être agacé et de contrebalancer cette négativité en lui montrant tout le positif, ou en l’encourageant à fond.

Une chose est sûre : positiver en retour par réflexe n’a pas de sens si l’on ne comprend pas d’abord ce qui se joue.

Claude Halmos prend l’exemple d’un enfant qui refuse catégoriquement d’apprendre à faire du vélo. Sa maman ne comprenait pas, puisqu’elle passait son temps à l’encourager et le complimenter, depuis toujours. Mais rien à faire. En creusant, il s’est avéré que cette maman arrosait son enfant de compliments car elle-même ne l’avait pas suffisamment été.

Or son fils, à force d’être complimenté, s’était mis à avoir peur de décevoir sa mère à la moindre difficulté. Mieux valait donc ne pas essayer pour être sûr de ne pas décevoir. Ce petit garçon était pris dans un malentendu et il fallait l’aider à en sortir.

En bref

  • Je rumine quand je ressasse un problème, une situation, une erreur de manière obsédante et continue. Je crois réfléchir mais la rumination bloque ma réflexion. Je peux la reconnaitre à ce qu’elle n’entraine pas de changements, ni d’action de correction et devient toxique.
  •  Ruminer me conduit parfois à transformer la réalité ou à la percevoir distordue.
  • Je risque de souffrir physiquement ou de m’isoler psychologiquement et socialement.
  •  Je me pose les bonnes questions pour identifier la rumination. Je suis plus fort qu’elle quand je privilégie le réel et le mouvement pour briser son cycle. Je maintiens un lien avec des personnes en qui j’ai confiance ou un thérapeute pour en identifier l’origine et sortir de ce cycle.
  • La paix intérieure n’est pas l’absence de souffrance ou de problème mais la manière avec laquelle nous les accueillons.
  •  Je peux choisir de diriger mon énergie vers ce que je peux contrôler.

Allez hop je me lance !

Notre carte du jour est tiré de 2 minutes les filles « je choisis l’attitude que j’aurai la prochaine fois que je tournerai un sujet en boucle »

Interview avec Bernard Gerbeau

Passionné d’aviron, Bernard Gerbeau, 71 ans, aime se lancer des défis sportifs. Après avoir participé plusieurs fois au tour du Lac Léman, Bernard a traversé l’océan Atlantique à la rame avec 3 coéquipiers sexagénaires en 39 jours seulement. Bernard a 2 records du monde !  « L’équipage le plus âgé à avoir traversé un océan » et « l’équipage ayant réalisé la plus rapide traversée de l’océan Atlantique à la rame sur ce parcours »

Un homme heureux à tout âge

L’objectif de Bernard Gerbeau est de montrer que les seniors peuvent faire de l’aviron ou tout autre sport. Mais surtout qu’ils peuvent vivre leurs envies, réaliser leurs rêves à partir du moment où ils se préparent. Selon lui, ce n’est pas une question d’âge. A Bulle de Bonheur, vivre ses envies et rêver, c’est aussi notre ADN

Une découverte de l’aviron à 14 ans, une vie de famille bien remplie. Mais aussi une carrière professionnelle prenante éloignent Bernard de l’aviron pendant trente ans. C’est ainsi qu’il décide à l’âge de 52 ans de reprendre l’aviron. Convaincu des bienfaits de l’aviron sur la santé, Bernard entreprend, une fois à la retraite, de concevoir un programme Aviron Santé.

C’est un programme inédit ! A destination des personnes ayant une maladie chronique (diabète, cancer, hypertension…), psychique, un handicap ou qui subissant les effets du vieillissement.

A 66 ans, il retourne sur le banc de l’école pour obtenir son Certificat de Qualification Professionnelle Moniteur Aviron. De plus, il suit la formation Coach Aviron Santé. Enfin, après deux ans de travail et de persévérance, le programme voit le jour. Il devient le plus grand programme Aviron Santé de France. 

Les projets de Bernard Gerbeau

Rien n’arrête Bernard qui fourmille de projets pour rendre les gens heureux. Pour promouvoir son programme santé aviron, il fait entre autre partie du jury de sélection de Rêves de Seniors. En effet, Rêve de seniors est une opération lancée par Silver Alliance, la première alliance d’entreprises du bien vieillir à domicile.

L’objectif de Rêves de Seniors est simple : changer le regard que porte la société sur le vieillissement en permettant à des personnes âgées de 60 ans et plus de réaliser leur rêve. Heureux sont ils !

Et à bulle de bonheur, nous trouvons cette initiative géniale et nous avons envie de vous la partager !

Je fais l’éloge de la vieillesse

Qu’est-ce que la vieillesse ? 

Aborder la vieillesse soulève nécessairement la question de sa définition. Le passage au statut de personne âgée est un processus étalé dans le temps. Il n’arrive donc pas du jour au lendemain.

La vieillesse est un cheminement naturel dans notre vie, à l’origine de changements physiques et psychologiques. Elle est en revanche appréciée et jugée de façon très variable selon nos cultures, les normes sociales. Mais aussi également le regard individuel que chacun porte sur ce moment de vie.

regardons du côté de nos sociétés occidentales, et particulièrement les sociétés industrielles ou post industrielles. Il est impossible de séparer la vieillesse du travail. Ces sociétés ont en effet la particularité d’associer les personnes âgées aux retraités, soit des personnes inactives et dépendantes. 

Un début de vieillesse ?

A partir de quand est-on vieux alors ? Les Nations-Unies définissent les personnes âgées comme l’ensemble des hommes et des femmes qui ont atteint ou dépassé l’âge de 60 ans. On distingue les personnes du troisième âge dont l’âge est compris entre 60 et 79 ans. Il y a aussi des personnes du quatrième âge qui ont atteint ou dépassé 80 ans. Certains parlent même d’un 5e âge ! 

Mais en réalité, sur le terrain, la réponse à la question « à partir de quand on est vieux ? » n’est pas aussi limpide.

Ainsi, elle varie selon l’âge des personnes qui répondent à cette  question. Pour les 35-49 ans par exemple, on devient âgé à 66 ans, alors que pour les plus de 60 ans, ce n’est pas avant 76 ans !

Le regard sur la vieillesse

Un autre facteur de différence, que nous avons déjà évoqué, est le regard subjectif de la personne. Beaucoup de retraités ne se considèrent pas comme « vieux ». Et au regard de l’allongement de l’espérance de vie, on peut comprendre pourquoi !

Il se crée donc un décalage entre l’âge biologique et la perception individuelle du vieillissement.

S’ajoute à cela le regard de la société, qui apporte un peu plus de confusion. En effet, en France, à la différence du Québec, les actifs sont considérés ‘’trop vieux’’ dès 50 ans par les entreprises. Et en même temps, on parle des jeunes retraités !

Importance des normes sociales

En parlant du regard de la société, nous devons aussi évoquer les normes sociales. Elles jouent un rôle très important sur la perception que nous pouvons avoir de la vieillesse.

Règles informelles comme celle de ne pas demander l’âge (sauf pour les enfants), métaphores associées à la vieillesse (l’automne de la vie, le couchant, le soir, la fin de parcours, le bout du rouleau). Ou bien encore états accolés à cette période (maladie, perte de mémoire, sénilité, dépendance, inutilité… ).

Un sondage effectué auprès d’étudiants à propos de la vieillesse est éclairant. Les mots clés qu’ils citent en premier en rapport avec la personne âgée sont « malade » ou ses corollaires « dépendant, handicapé, invalide, gâteux, impotent, dément…». Puis vient le terme « solitaire» parfois relié à « mort ». Sont également mentionnées sa fatigue, sa faiblesse, sa fragilité, son incapacité à s’adapter au changement… 

Bref, autant d’images qui dressent un portrait peu flatteur et peu enviable de la chose ! 

Il faut rester jeune !

Parmi les normes sociales, il faut enfin mentionner la véritable injonction de notre société à être jeune et à le rester.

Ce diktat a d’ailleurs donné lieu à l’apparition du néologisme «jeunisme». Il parle de cette tendance à donner la primauté aux jeunes et à ce qui les caractérise.

Comme le dit Laure Adler, c’est comme s’il était « obscène » de prendre de l’âge.

Ce jeunisme est lui même à l’origine d’une nouvelle forme de discrimination, l’âgisme. Il consiste à attribuer des stéréotypes négatifs à la vieillesse et à en ignorer les besoins réels.

L’âgisme est une forme d’hétérophobie à l’égard des plus âgés, puisqu’il souligne les différences dues à l’âge. Il stigmatise et marque la perte de ce qui a été. Activité économique, dynamisme, capacités sensorielles, motrices, mentales, etc…

La vieillesse dévalorisée

Comment la vieillesse peut trouver sa place dans une société qui dévalorise les vieux au profit des jeunes ? Et qui promeut sans cesse la jeunesse à travers la cosmétique, la chirurgie esthétique mais aussi le cinéma, la publicité ?

Si cette réalité peut inquiéter, nous pouvons aussi la nuancer au regard de la crise sanitaire que nous traversons. Celle-ci a mis en lumière les manques de nos sociétés à l’égard de nos aînés. Et en même temps un mouvement de la jeunesse qui s’est amorcé pour prendre soin de ces personnes.

Et si je portais un regard différent sur la vieillesse ? 

Le 30 septembre dernier, la grande librairie abordait le thème de la vieillesse sous ce joli titre : « vivre, se souvenir, transmettre … et vieillir ».

Amenés à définir le mot vieillir, Laure Adler et Philippe Labro y ont associé les verbes mûrir, avancer dans la vie, assumer son âge. Et Laure Adler de préciser : « une vie c’est un parcours », « c’est un voyage ». 

Une différence de point de vue

Lors de cet échange, il était notamment intéressant de noter que le regard de l’homme sur la vieillesse peut différer de celui de la femme. en effet, celle-ci accepte souvent plus difficilement de vieillir, comme l’illustre Simone Signoret en disant : « les hommes mûrissent, moi je vieillis ».

Cela renvoie à ce que nous disions précédemment. Les effets de la vieillesse et le rapport avec celle-ci ne sont pas vécus de la même façon selon les personnes. Ainsi Marguerite Duras disait : « j’ai 18 ans et je suis déjà très vieille ».

Les effets de la vieillesse…

Tout le monde vit des changements en avançant dans la vie. Changements physiques et cognitifs, diminution des activités mais aussi de l’espace physique où se déplacer, perte d’indépendance… 

Pour certains, ces changements sont perçus comme une fatalité, souvent associée à un sentiment d’inutilité et de fardeau. Ce regard sur leur état fragilise leur estime et leur dignité.

Pour d’autres, la vieillesse représente l’expérience, la sagesse et la volonté de vouloir transmettre son histoire à travers ses joies mais aussi ses blessures.

Vieillir signifie alors avoir vécu. C’est tout simplement la consécration d’une vie, comme les multiples rides du visage qui traduisent les marques de la vie. Des rides frontales, signes des soucis et de réflexion, aux rides des yeux révélatrices de sourires et de rires. Vieillir signifie avoir appris, de ses réussites et des ses erreurs.

Le peuple des invisibles

A l’instar de Laure Adler, nous vous proposons de mettre en lumière cet âge de la vie. Et notamment cet ensemble de personnes qu’elle nomme « le peuple des invisibles ».

Pour la journaliste et auteure, la société ne met pas en valeur ces personnes. Elles sont pourtant souvent extrêmement actives, notamment dans le bénévolat et dans l’aide familiale. Et si riches d’expériences à transmettre. Elle propose ainsi  de passer « d’une société de la consommation à une société de la transmission ».

Regardons la réalité 

Contrairement aux représentations sociales courantes, de nombreuses enquêtes montrent que les séniors profitent sereinement de leur vie.

Il n’y a pas d’âge pour être heureux !

Une étude de The Economist affirme même que 70 ans serait l’âge où l’on se sent le plus heureux !

Les conditions de vie aujourd’hui sont plus confortables. Elles permettent souvent d’élaborer des nouveaux projets. Et grâce aux loisirs, aux voyages et aux évolutions des moyens de communication et des réseaux sociaux, la vieillesse peut être une période de vie vraiment active et connectée. La tendance actuelle de prendre soin de soi touche par ailleurs cette tranche de vie.

Les conseils en alimentation saine et équilibrée, l’offre de multiples activités physiques ou sociales sans oublier bien entendu tout le pan de la cosmétique anti-âge offrent un environnement bénéfique. Celui-ci permet de continuer à mener une vie animée et se maintenir en autonomie.

Les avantages de la vieillesse

Il est d’ailleurs intéressant de constater que dernièrement, des témoignages autour des avantages de la vieillesse apparaissent. Et ce, à travers des livres, des interviews, des podcasts mais aussi des enquêtes sociologiques.

Pensons par exemple au livre de Perla Servan Schreiber « Les promesses de l’âge » ou encore celui de Laure Adler « la voyageuse de nuit ». Ou bien encore Rêve de Seniors, une initiative portée par Silver Alliance qui permet au seniors de réaliser leur rêve. Comme un saut en parachute ou monter dans une grue de chantier.

Nous pouvons aussi penser à Gisèle Halimi, avocate franco-tunisienne morte cet été à 93 ans. Elle a été active jusqu’au bout de sa vie, notamment dans sa lutte contre les inégalités hommes-femmes.

Toutes ces initiatives font rimer vieillesse avec maturité et liberté. 

Le rôle des conditions sociales

Comme le rappelle Laure Adler, il est important toutefois de relever le rôle des conditions sociales. Il peut être plus facile d’envisager une vieillesse pleine de promesses quand on est privilégié.

Et bien sûr, la réalité physique, c’est-à-dire le degré d’autonomie, doit être prise en compte.

Acceptons les changements 

Comme nous l’avons dit, la réalité est indéniable. Vivre les changements liés à l’âge, c’est tout d’abord faire face au vieillissement du corps. Mais aussi aux rides qui sillonnent le visage, à la peau qui se relâche, au blanchiment capillaire et pileux, à la perte de cheveux….

Ces transformations corporelles vont souvent aussi de pair avec un changement de vie.

Une nouvelle vie

Le début de la retraite marque pour beaucoup une perte de repères, une rupture de rythme, notamment avec l’arrêt des activités professionnelles.

Ce cap peut être difficile à franchir.  De multiples ressentis peuvent cohabiter. L’impression de devenir un poids pour la société, d’être inutile, de vivre un sentiment de solitude.

Pour certains couples, ce sera aussi une désagréable impression d’enfermement. Voire même d’étouffement, dans une cohabitation 24 heures sur 24 avec l’autre.

Ces changements provoquent un déséquilibre dans la situation, encore plus difficile à vivre s’il n’a pas été appréhendé.

Ils engendrent  également des difficultés psychologiques qui peuvent aboutir à un état plus ou moins dépressif. 

La vieillesse, une nouvelle jeunesse !

A l’opposé, comme nous le disions en introduction, d’autres vivent cette période de changement comme un véritable souffle régénérateur.

Ils y trouvent une nouvelle liberté, deviennent plus actifs, tissent un réseau social important autour d’eux. Comme s’ils découvraient une nouvelle jeunesse.

Sans parler de maladie ou de handicap, il est évident que le corps de 70 ans n’est plus le même que celui de 30 ans !

Regarder la réalité, c’est donc aussi s’accepter comme on est, avec nos limites et nos fragilités… Mais n’est-ce pas là une sagesse à adopter à chaque âge ? Comme à toutes les étapes de la vie, des portes se ferment et d’autres s’ouvrent !

Valorisons la différence des âges 

Accepter son âge, c’est également accepter de vieillir. C’est accepter de se diriger vers la fin de vie, c’est donc accepter la mort.

Or dans une société où la mort est sans cesse repoussée et où elle reste un sujet encore tabou, cela peut rendre cette étape bien difficile

Inspirons-nous pour nous aider de Jacques Brel qui disait : « Le but de la vie, c’est de vieillir… C‘est d’être un formidable vieillard… C’est mille fois plus fort que 20 gus de 20 ans !!! »

S’accepter

Enfin, accepter la différence d’âge est loin d’être une opposition. Ce n’est pas le corps vieux opposé au corps jeune ou encore le dépendant par rapport à l’autonome.

Cela ne doit pas conduire à une ségrégation des âges. Celle-ci engendre la méconnaissance entre les générations et crée des stéréotypes. 

La richesse de la différence

La différence des âges est une expérience qui se partage dans les relations. Les relations entre pairs mais surtout les relations intergénérationnelles.

En effet, privilégier des espaces-temps de rencontre entre les différentes générations permet de se rappeler que l’existence n’est pas linéaire. Chacun peut s’apporter et apprendre l’un de l’autre. Ceci dans un mouvement de construction et de déconstruction qui évite de figer les âges.

Il est par conséquent nécessaire de valoriser la transmission des connaissances et de l’expérience. C’est ce que nous proposons avec 2 minutes ensemble !

 

Regarder autrement la beauté du corps 

La vieillesse dans l’Histoire

Nous avons parlé de l’injonction sociale à rester jeune. Cette injonction prend souvent place dans les sociétés ayant le culte de la beauté corporelle. Elles sont de ce fait portées à déprécier la vieillesse.

Cela ne date pas cependant d’aujourd’hui ! Ainsi Euripe écrit « L’âge triste et qui tue, la vieillesse, a une haine ».Quant à Sophocle, il parle de la « vieillesse odieuse qui rassemble en elle tous les maux ».

La Renaissance a le même regard négatif. Ronsard ou du Bellay maudissent la vieillesse « répugnante et honteuse ».

Quant à nos sociétés contemporaines, nous l’évoquions en début de podcast, l’âgisme y a fait son apparition. On constate un processus d’exclusion de plus en en plus prégnant à l’égard du groupe vieillissant.

Pourquoi reparler de l’âgisme ici ? Parce que l’âgisme, comme d’autres formes de discriminations (le racisme par exemple) établit une correspondance entre le physique et le moral. « Un vieux, c’est ridé, ratatiné ; il a perdu non seulement ses dents et ses cheveux, mais aussi ses capacités à agir ».

Une description qui vous paraît peut-être exagérée mais qui montre bien qu’en se fiant aux seules apparences, nous passons à côté de la personne. 

Le regard de la société

 D’ailleurs ce regard sur le corps peut être mis en lien avec le regard que la société porte sur les relations physiques des personnes âgées.

Dans l’intimité

Là encore, la société semble nous dire que pour séduire il faut être jeune, beau et en bonne santé. Le senior encode donc que pour être sexuellement épanoui, il doit continuer à plaire, à séduire et à jouir obligatoirement comme s’il était resté jeune.

Paradoxalement, l’intimité après 60 ans reste souvent secrète, voire même tabou. Dans ce domaine encore, l’expérience sera en lien avec la façon d’appréhender la vieillesse.

Si elle déprime ou si elle ouvre une seconde jeunesse, la vie sexuelle pourra s’atrophier ou se renouveler. 

A l’image de nos relations, de notre environnement, il est essentiel de savoir s’adapter à ce que nous avons entre les mains.

Bien entendu, ce changement des corps est un changement qui n’a pas été choisi. Mais ce n’est pas pour autant qu’il doit être subi. Tout changement peut présenter une opportunité d’apprentissage, de réajustement voire de renouveau.

La montée en âge peut donc offrir l’occasion d’une sexualité différente, plus sereine. Vécue comme une forme de sagesse (le sage qui a de l’expérience et le recul sur la vie).

La sexualité est inévitablement différente aussi parce que les besoins et les envies évoluent.

Chaque senior a besoin de se mettre en route pour découvrir des dimensions insoupçonnées de la sexualité. Et ainsi comprendre que l’important est de désapprendre pour s’adapter, et oui, même dans ce domaine ! 

Les richesses de la vieillesse

Dernier point, il est important de souligner le travail incroyable de tous ceux qui s’ investissent auprès des seniors.

Un changement de regard sur la vieillesse permettrait également de modifier le regard sur tous les aidants familiaux.Mais aussi sur les aides soignants et le personnel de façon générale qui travaille auprès de ce public.

Au lieu de leur dire « je ne sais pas comment tu fais pour travailler avec des vieux », « il paraît que ça sent super mauvais », « ils sont tous complètement gâteux, non ? »… Nous pourrions tous individuellement contribuer à revaloriser leur travail en les remerciant et en les gratifiant.

Nous serons tous vieux un jour. La manière dont nous traitons nos aînés sera la manière dont nous serons traités.

Montrons l’exemple en accompagnant ces personnes sur leur dernier bout de leur chemin de vie dans la dignité. Et souhaitons qu’à notre tour, nous ayons la chance de vivre nos dernières années dans cette dignité à laquelle tout homme a droit. 

En bref 

  • La vieillesse est un cheminement naturel de notre vie. Elle est à l’origine de changements physiques et psychologiques. 
  • La vieillesse est appréciée et jugée de façon très variable. Une fatalité qui nous domine ou une nouvelle jeunesse !
  • Vieillir offre aussi de nouvelles opportunités à découvrir

Ce changement de regard est individuel mais également social. Contribuons, nous aussi, à ce que ce « peuple des invisibles » fasse l’objet d’autant de lumière que la jeunesse. 

A vous de jouer ! 

2 minutes pour penser à la façon dont vous envisagez la vieillesse (regard sur la votre à venir ou sur celle qui vous entoure).

Choisissez ensuite de changer votre regard (s’il est négatif) ou de le conforter (s’il est positif) en appliquant un des outils proposés. Pensez à ce que vous pourriez transmettre ou ce que vous pourriez encore apprendre d’un de vos aînés ! Et planifiez une partie du jeu 2 minutes ensemble !

Je créé du lien social

Le lien social sous un oeil scientifique

Robert Waldinger, psychiatre à Harvard, est le quatrième directeur de l’étude la plus longue qui existe sur le développement humain.

A partir de 1983, les scientifiques ont observé la vie de deux populations distinctes.

Ainsi, un groupe de 268 étudiants de Harvard – promo 39 à 44 et un groupe de 456 hommes qui ont grandi dans les quartiers défavorisés de Boston.

Pour la petite anecdote, le président John F. Kennedy faisait partie des cobayes.

Au début de l’étude, 80% des sondés affirmaient que l’argent était ce qui les rendrait heureux. Et 50% pensaient que le fait d’être connu serait le déterminant majeur de leur bien-être futur.

Depuis plus de 70 ans, ces hommes sont interrogés tous les deux ans pour évaluer leur santé et leur bien-être psychologique.

Les scientifiques étudient leur condition physique, leur carrière, leurs succès et leurs échecs, leurs situations conjugales et familiales, leurs amitiés, leurs projets…

Conclusion de l’étude

La conclusion de cette étude est révolutionnaire. 

De fait, elle a produit une révélation inattendue.

Ni l’argent ni le succès ne font le bonheur, ce sont les relations de qualité qui nous rendent heureux.

Plus spécifiquement, le niveau de joie que nous apportent nos relations influence directement notre santé physique et psychologique.

Exemple

Par exemple, vous avez pu noter comme vous vous sentez mieux lorsque vous ouvrez votre cœur à un proche qui vous prête une oreille bienveillante.

Ainsi, vous constatez peut-être que vos grands-parents semblent rajeunir lorsque vous leur rendez visite.

Ou bien avez-vous déjà entouré un malade de longue durée ou un patient qui se lance dans une longue convalescence.

Que lui recommande-t-on avant même de lui indiquer son traitement ? De bien s’entourer.

Et pour finir, pensez aux études qui ont démontré que les nourrissons qui reçoivent de l’amour et de la tendresse grandissent normalement tandis que les bébés isolés courent le risque de dépérir.

Histoire du lien social

Depuis Aristote qui désignait l’homme comme un « animal humain » jusqu’aux psychologues modernes, tout le monde s’accorde sur l’importance des relations interpersonnelles.

Maslow dont nous vous avons parlé dans notre Bulle de Bonheur #12 « J’identifie mes besoins » l’a inclut dans sa hiérarchie des besoins.

Il y a aussi Bowlby dont nous vous parlerons prochainement. Il souligne combien les relations qu’un enfant entretient avec ses parents dans sa petite enfance influencent ses relations aux autres à l’avenir.

Enfin, Martin Seligman, père fondateur de la psychologie positive en a fait un des 5 éléments de son modèle de bien-être durable.

Nous vous en avions parlé dans notre Bulle de Bonheur #70 « Je suis la priorité N°1 ».

Lien social et relations

Mais de quelles relations parlons-nous ? Faut-il multiplier les amis Facebook ? Construire à tous prix une famille nombreuse ? Développer un réseau vaste dans notre entreprise ? Copiner avec les voisins ?

Est-ce une question de volume ou de qualité ? Un peu du premier et beaucoup du deuxième.

La vérité sur le bonheur

Plus particulièrement, les nombreuses études sur le sujet nous permettent de considérer plusieurs variables à l’origine du bonheur.

Ainsi, il y a le nombre d’amis, les activités de loisirs en groupe, le bénévolat et les missions de service. Mais aussi l’ouverture et l’attention aux autres, le soutien social et émotionnel et les comportements altruistes.

Effectivement, nous cherchons des relations saines et étroites.

D’ailleurs, le mot le plus souvent utilisé pour les désigner est significatif,  comme « qui fait ou qui apporte du sens ».

Je pense notamment à ma belle-sœur qui est tout à fait différente de moi et est avant tout la petite sœur de mon mari.

Dès le début, elle m’a toujours écoutée avec beaucoup d’attention et de douceur, moi qui suis sanguine et monte rapidement dans les tours.

Je sens que je ne vais pas être jugée et qu’elle va toujours enrichir ma vision des choses.

Elle est devenue un point d’ancrage très fort dans ma vie et m’aide à grandir (elle qui a 5 ans de moins que moi).

Autre exemple de lien social

Je pense aussi à cette grand-mère de 85 ans, seule, qui reçoit la visite d’un bénévole chaque semaine, ils jouent à 2 minutes ensemble !

Vraiment, ces moments partagés sont une source de bonheur qui la tiennent jusqu’à la visite suivante.

Comment construire du lien social  ?

Construire du lien social est un comportement naturel et pourtant assez mystique. Il se nourrit d’émotions multiples.

Les émotions apportées par le lien social :

L’amour

Aujourd’hui, nous voudrions nous arrêter sur 3 en particulier:

  •       La première : L’amour. L’amour n’est pas qu’une affaire de couple ou de rapport filial.

Pour l’illustrer, Barbara Lee Fredrickson, chercheuse Américaine spécialisée en psychologie positive, le résume ainsi en 2013. «L’amour consiste en l’arrivée momentanée de trois événements entrecroisés : le premier, le partage d’une ou plusieurs émotions positives entre vous et quelqu’un d’autre. Le second, une synchronisation de la biochimie et des comportements entre vous et l’autre personne. Le troisième, la motivation en chacun pour investir dans le bien-être de l’autre qui fait naître une bienveillance mutuelle ».

C’est donc une «résonance positive » entre deux personnes.

En effet, elle passe par des émotions, une synchronisation comportementale et un souci profond de soutenir le bonheur de l’autre.

Pensez aux magnifiques mots de Montaigne : « Si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut exprimer, qu’en répondant : « Parce que c’était lui ; parce que c’était moi. » » Aimer est un acte naturel qui relève de notre instinct. C’est ce qui en fait un acte à la fois banal et mystérieux.

L’empathie

  •       La deuxième dont j’aimerais vous parler c’est l’empathie.

L’empathie est une réaction émotive tournée vers l’autre.

C’est lorsque nous percevons l’état d’autrui et que nous développons la capacité à nous mettre à sa place et à nous projeter dans ce qu’il vit.

Cela suppose de déplacer son référentiel ou son univers pour s’inviter dans celui de l’autre. Cela inclut de la gentillesse, de la bienveillance et de la tendresse, parmi d’autres.

De plus, l’empathie est un ingrédient fort pour entretenir de belles relations.

Rogers, psychologue humaniste américain, le résume ainsi. « Percevoir de manière empathique, c’est percevoir le monde subjectif d’autrui « comme si » on était cette personne – sans jamais oublier le « comme si » ».

Par exemple, l’empathie est utile pour sécuriser et renforcer nos liens avec un adolescent. Dans tous les bouleversements qu’ils vivent, les comportements des adolescents peuvent être difficiles à saisir et à accueillir.

C’est aussi vivre une bulle de bonheur avec un malade, une personne en fin de vie. C’est grâce à l’empathie que nous sommes capables de nous déplacer dans leur univers pour essayer de les comprendre et maintenir le lien social.

L’empathie nous permet d’éviter de les juger à l’aune de nos propres réflexes et de générer des conflits.

La compassion

  •       Enfin, la compassion.

Compatir pour quelqu’un d’autre c’est avant tout prendre conscience de sa souffrance.

Cela passe par le fait de sentir que la source de souffrance est sérieuse et de s’identifier à la personne qui souffre.

La compassion est au cœur de notre nature humaine. C’est un garde-fou, un garant de notre sens moral car c’est notamment grâce à notre instinct de compassion que nous ne souhaitons pas faire souffrir les autres. 

Par exemple, c’est la compassion qui nous permet d’être présents auprès de nos parents qui souffrent de l’isolement et de la solitude. Alors que nous aurions tant d’autres choses à faire…

Soigner la qualité de ses relations a des conséquences sur notre bien-être

Soigner la qualité de nos relations aux autres a de multiples conséquences sur notre bien-être.

Conséquences biologiques

  •       D’abord, sur le plan biologique, la proximité sociale a les mêmes effets sur le corps que la proximité physique d’un câlin par exemple. Elle nous fait sécréter de l’ocytocine, aussi appelée hormone du bonheur.

Le simple fait de sourire, par exemple, génère des signaux positifs très forts pour notre organisme. Ces signes sont captés par le nerf le plus long et le plus complet du corps humain : le nerf vague.

Le nerf vague lie le cerveau avec plusieurs organes clefs de notre corps comme le cœur, l’intestin, l’estomac et les poumons.

Lorsque nous libérons de l’ocytocine, le nerf vague enregistre que tout va bien et diffuse ce message aux organes auxquels il est connecté.

Autrement dit, entretenir de bonnes relations libère des hormones qui stimulent le nerf en charge du fonctionnement apaisé de notre corps.

Donc, il y a  un cycle positif entre la qualité de nos liens sociaux et notre bien-être physique.

D’ailleurs, à l’inverse, il arrive que lorsque nous sommes en conflit ou peinés par quelqu’un qui compte pour nous, nous le ressentons physiquement. Nous avons des maux de ventre, nous sentons une perte d’énergie ou même parfois le souffle plus court.

Conséquences psychologiques

  •       Sur un plan psychologique, parmi les bienfaits qu’apporte le lien social, je voudrais d’abord vous parler de la capitalisation.

Il existe un joli proverbe anglais qui dit que « Une joie partagée est une double joie, une peine partagée est une demi peine ».

En effet, le fait de raconter un événement positif à quelqu’un d’autre permet d’en retirer un bénéfice supplémentaire.

Si l’autre a une réaction appropriée, empathique, alors nous allons nous sentir valorisés et reconnus. Cela décuple notre  joie qui est si importante pour notre bien-être.

Rappelez-vous, nous vous en avons parlé dans notre Bulle de Bonheur #9 «Je cultive la joie ».

En plus de mon bénéfice personnel, nous allons ensemble partager de la joie ce qui va nourrir notre relation.

Pensez au réflexe qu’ont souvent les enfants qui racontent ce qui leur arrive de chouette à leurs maitresses en arrivant à l’école et à leurs parents en rentrant à la maison.

Compter pour l’autre

  •       Le deuxième bienfait c’est le sentiment de compter pour l’autre. Nous nous sentons important et signifiant pour quelqu’un d’autre.

Cela nourrit notre sentiment d’être quelqu’un d’unique et différent des autres, ce qui améliore notre estime de nous-même.

Par exemple, lorsque nos amis traversent la moitié de la France pour venir passer un week-end avec nous. A travers leur effort, nous sentons combien ils sont heureux de nous voir et combien nous comptons pour eux.

Entretenir de solides relations

  •       Entretenir de solides relations apporte également un soutien émotionnel.

Échanger sur une situation qui nous dérange en réduit l’incertitude et améliore notre perception de contrôle.

Nous pouvons soutenir quelqu’un par une écoute sincère et active, en montrant que nous cherchons vraiment à comprendre. Ou bien en véhiculant des émotions bienveillantes pour l’autre ou encore en apportant une aide concrète.

Je ne sais jamais trop comment soulager ma grand-mère qui souffre de la maladie de Parkinson. Cependant, je sais que lorsque je lui fais ses courses (en ajoutant toujours un bouquet de fleurs ou un livre) et que je fais une partie de scrabble avec elle, elle se sent soutenue. Elle apparaît souvent plus sereine quand je repars.

Lien social et résilience

  •       La qualité des liens sociaux que nous créons nous rend aussi plus résilients.

La résilience est notre capacité à surmonter les obstacles, nos difficultés et mêmes nos échecs pour en faire une source de croissance personnelle.

Nous sentir entourés par des personnes qui nous veulent du bien nous aide à voir les choses de façon plus constructive et plus positive. Cela alimente notre motivation pour dépasser les difficultés.

Lien social et engagement

  •       Par ailleurs, pour beaucoup d’entre nous, le lien social est un véritable engagement.

Que ce soit au sein de notre famille, d’un groupe d’amis, d’une promotion d’école, d’une équipe de sport ou au travail, d’une association bénévole, nous prenons soin les uns des autres comme si c’était un projet. Cette implication, vécue comme un engagement, est un des déterminants du bien-être durable selon Martin Seligman, père de la psychologie positive.

L’engagement altruiste est une source de bien-être durable très importante. Il améliore notre relation à notre environnement et notre sens de la connexion.

Effets vertueux du lien social

Ce qu’il y a de formidable, c’est que la qualité de notre lien social aux autres et notre bonheur forment un cercle vertueux.

C’est Sonja Lyubomirsky, professeur américaine au sein du département de psychologie de l’université de Riverside en Californie et auteur du bestseller The How of Happiness, qui l’a démontré.

Les personnes qui se sentent bien sont plus sociales.

Elles sont prêtes à entretenir des relations significatives avec d’autres personnes, à leur apporter du soutien, à se poser en couple avec un partenaire et à faire preuve d’altruisme.

Plus nous sommes heureux, plus nous entretenons de bonnes relations, plus nous augmentons notre empathie et notre coopération.

Et grâce à tous les bienfaits que nous en retirons, nous sommes plus heureux. Le bonheur facilite le lien et les relations sociales qui eux-mêmes favorisent le bonheur !

Concrètement, comment prendre soin de nos relations

L’écoute

  •   Pratiquez une écoute active et bienveillante : savoir accueillir les émotions, les bonnes et les mauvaises nouvelles des autres est tout un art.

Cependant, il est tellement riche pour la qualité de la relation et pour établir un lien de confiance.

Essayez de vous projeter dans les baskets de votre interlocuteur en rejetant toutes vos représentations personnelles et sans jugement.

Accompagnez le mouvement de l’autre par votre joie ou votre compassion, avec une juste distance.

Réécouter notre Bulle de Bonheur #28 « J’apprends à écouter ».

Attention, ce que l’autre vous confie peut aussi éveiller certaines émotions chez vous, comme de l’envie ou de la jalousie. Faites-lui confiance et plutôt que d’avoir la mauvaise réaction, exprimez vos sentiments.

Vous pouvez aussi vous reporter à notre Bulle de Bonheur #67 « Je me positionne par rapport aux autres » pour garder la juste distance.  

L’authenticité

  •   Soyez authentiques avec les autres. Faites tomber les masques et montrez-vous tel que vous êtes même si vous n’êtes pas parfaits. Vos amis, votre famille vous seront toujours plus reconnaissants de vous montrer vulnérable. C’est une belle marque de confiance.

Faites un petit détour par notre Bulle de bonheur #49 « Je montre ma vulnérabilité » pour en savoir plus.  Apprenez aussi à demander.

Rappelez-vous, nous vous en avions parlé dans notre Bulle de bonheur #69 « Je pratique l’art de la demande »

Le jeu

  •   Jouez ! Comme nous l’avons vu dans notre Bulle de bonheur #72 «Je joue», le jeu est un acte social, une source de partage d’émotions positives, de rires.

Lorsque nous jouons ensemble, nous nous sentons entourés. Nous appartenons à un même groupe.

Pensez à nos jeux 2 minutes qui sont de grands vecteurs de lien social mais aussi intergénérationnel, familial ou conjugal.

Le bénévolat ou don de soi

  •   Engagez-vous dans du bénévolat. Rendre service, donner de son temps aux autres, apporter son soutien à une personne ou à une cause développe notre empathie, notre sentiment d’appartenance et d’utilité. Les relations construites autour de causes qui nous sont sincèrement chères sont profondes et authentiques.  

Une activité en rapport avec ses aspirations

  •   Pratiquez une activité : rejoignez une équipe de sport, un atelier créatif, un groupe culturel ou un cercle de réflexion sur des sujets qui vous tiennent à cœur.

Même en ces temps confinés, il existe beaucoup de ressources. C’est un excellent moyen de créer des relations autour d’une passion commune et de partager ce qui vous plait.

Entretien du lien social

  •   Entretenez vos relations. Laissez du temps et de l’espace dans votre vie pour vos relations.

Lorsque vous êtes avec quelqu’un, faites-en un moment de qualité en éloignant votre téléphone par exemple. Concentrez-vous sur le moment que vous passez avec l’autre.

Si la relation est en sommeil ou abîmée, il peut vous sembler difficile de rétablir un canal de communication. Pourquoi ne pas commencer par passer un bon moment ensemble sans pression autour d’un film, d’une promenade, d’une exposition, d’un jeu pour profiter des émotions positives ressenties ensemble ?

Vous aurez tout le temps après pour reprendre les longues conversations là où vous les aviez laissées.

Gratitude et reconnaissance

  •   Cultiver la gratitude et la reconnaissance. Nous vous en avons parlé dans notre Bulle de bonheur #20 « J’adopte la gratitude ».

Déprogrammez votre cerveau pour reporter votre attention sur vos sources de satisfaction et de joie dans vos relations. Tous les petits détails qui font la différence.

Exprimez à vos proches votre reconnaissance et votre plaisir d’être avec eux. Cela diffusera des émotions positives qui vous rapprocheront.

En bref

  • Le lien social est un carburant de notre bonheur
  • La compassion, l’amour et  l’empathie nourrissent nos relations
  • Les relations significatives sont sources de bien-être physique et psychologique
  • Une relation s’enrichit autour d’activités communes, dans un partage authentique et une bienveillance mutuelle

A vous de jouer 

2 minutes pour penser à quelqu’un qui vous est cher et que vous avez un peu délaissé et choisissez une action pour vous reconnecter ensemble !

Je suis vrai

« Moi ? Super bien, merci ! Et vous ? » Habituée à être aimable, je dis souvent que tout va bien, même quand cela ne va pas du tout. J’aimerais être vrai et plus authentique et pouvoir ouvrir mon cœur en toutes circonstances, sans me forcer à minimiser les problèmes en permanence pour donner l’impression d’être plus relax.

Savoir être authentique

Je ressens parfois un décalage entre ce que je dis et ce que je pense vraiment. « Toi ? Mais non tu n’as pas grossi, tu es toute fine » : réponds-je à ma voisine pour lui faire plaisir. Vous savez, ces compliments forcés que l’on donne pour ne pas blesser.

Ou encore ce service que je propose à une amie fatiguée en espérant intérieurement qu’elle refuse. Parce que moi aussi je suis crevée. Tout ça, ça me chicotte !

Puis-je dire ce que je pense vraiment ? Serai-je considérée comme négative si je suis honnête ? 

Ou bien encore, est-ce que je mens si je suis aimable et polie pour faire plaisir, tout en pensant à l’inverse ?

Vous savez, cette question éternelle : toute vérité est-elle bonne à dire ? Est-il possible de conjuguer politesse et vérité ?   Authenticité et gentillesse ?

J’aimerais être vraie, authentique, honnête, dire ce que je pense sans le filtre de la bienséance sociale.

Cas pratique

Hier matin, c’était spécial. Nuit d’insomnie, chauffe-eau qui tombe en panne, douche froide, et, cherry on the cake, plus de café car j’avais oublié de le noter sur ma liste de courses. Un peu comme quand les planètes sont toutes mal alignées. 

Et pourtant, j’ai répondu à la voisine que tout allait super bien, malgré mon teint cireux, mes cernes de 2 km de long et les enfants qui se disputaient dans l’escalier.

Habituée à être aimable, je dis souvent que tout va bien, même quand cela ne va pas du tout. Et parfois même à mon entourage proche (mais alors, c’est là que l’on se demande… à quoi servent les amis si je ne peux être franche !)

Un autre cas de mensonge à demi ?

Dans un autre registre, qui n’a pas vécu aussi cette situation cocasse ou un bon copain se plaint d’avoir grossi, et nous lui répondons qu’il est parfait. Même si au fond, nous avons été surpris de son embonpoint en le voyant la dernière fois.

Et là, les voyants clignotent dans la tour de contrôle. Aurais-je dû être franche ? Attendait-il de moi que je lui dise « Oui Alex, c’est vrai que tu as l’air d’avoir pas mal profité de la bière. Fais attention ! » Ou bien, s’il n’avait pas la pêche, était-ce légitime de lui faire plaisir ?  

Suis-je tiède ou lâche si je fais preuve de diplomatie pour ne pas froisser quelqu’un, quitte à écraser un peu mes opinions ? 

Je n’étais pas vraie

Dans un registre plus sérieux, je me souviens de l’été dernier, quand mon mari avait perdu son boulot. Dur dur, une période de chômage dans un couple ! Nous traversions un sacré tunnel conjugal, j’avais du mal à tenir la barre du navire familial.

Notre groupe de copains était très sympa, prêt à rendre service, toutefois j’aurais aimé pouvoir me confier davantage, craquer dans les bras d’une bonne copine.

Simplement dire que c’était acrobatique, partager mon découragement qui durait. J’aurais eu l’impression de nouer des liens privilégiés avec ceux à qui j’aurais partagé ce morceau d’intimité. J’aurais aimé pouvoir être en vérité sans craindre d’enfreindre la règle silencieuse « soyons toujours méga positifs même dans l’adversité ».

Cette épreuve avait été longue et une vraie course de fond pour rester à flots. 

Pourtant, si nous avons senti combien nos amis étaient prompts à nous rendre service au début, ils semblaient plus mal à l’aise de parler de nos difficultés ou de notre moral en berne.

Est-il socialement incorrect de partager ses sentiments même quand nous traversons un passage à vide ?

Authentique et vrai à la télévision ?

A l’inverse, nous pouvons aussi penser au succès de toutes ces émissions de téléréalité, dans lesquelles les candidats confessent la moindre de leurs émotions devant des millions de téléspectateurs.

« Untel a dit ceci et je me suis sentie blessée », « unetelle a dormi avec untel dans mon dos », « je ne peux pas supporter celui-ci pour cette raison », etc.

Mais est-ce cela être vrai ?  Déverser tous nos états d’âme en public ? Surtout que dans ce genre d’émissions, hypocrisie et manipulations sont monnaie courante pour éliminer l’autre.

Répondre à notre besoin d’être authentique en se mettant à nu est-il le meilleur moyen de se sentir en vérité avec soi-même ? 

Authentique sur les réseaux sociaux ?

Dans leur genre, les réseaux sociaux sont pétris d’une belle contradiction.

Premièrement, mon profil Instagram, Facebook ou LinkedIn est-il fidèle à ce que je suis intérieurement ? Suis-je en train d’y montrer une image de moi vraie ? J’y montre souvent le côté brillant, ou bien ce que j’aimerais que les autres voient de moi.

Et paradoxalement, un courant a surgi ces dernières années, prétendant faire tomber les masques. Je suis sûre que vous connaissez ce hashtag #nofilter ! Etonnant, tout de même.

Suis-je capable d’être sans filtres, comme la plupart des publications arborant fièrement ?

En tous cas, cela prouve que malgré cet écran social entre ce que je ressens et ce que je donne à voir, il y a ce désir tout au fond de moi d’être en vérité. En effet, inventer des histoires, montrer un visage de soi qui n’est pas le bon crée un décalage entre ce que nous sommes et ce que nous montrons.

Ce fossé peut être source de mal être. Pourtant je n’ai pas envie d’être un livre ouvert non plus !

Le « sans filtres », c’est peut-être une belle idée pour Instagram.

Etre vrai(e) dans la vraie vie

Pourtant dans la vraie vie, il s’agit de piloter avec tact nos relations humaines… Tiens, arrêtons-nous sur ce mot si petit et si important à la fois.

Le tact, cela vient de tactile, le toucher. Cela veut bien dire que chacune de nos paroles touche celui à qui je m’adresse.  

Au fond de nous, nous avons tant besoin de montrer une image fidèle à ce que nous sommes vraiment. Ni trop crue, ni édulcorée et recouverte d’un filtre exagéré.  Alors comment faire pour y intégrer l’autre, être soi tout en préservant l’autre ?

Surfons sur la vague écolo qui envahit nos assiettes, notre manière de voyager et de consommer. Revenons à des relations naturelles, vivantes, spontanées. Qui prennent en compte l’écosystème global des relations humaines. Et laisse une place à qui je suis moi, et à ce qu’est l’autre. 

Alors, comment s’y prendre ? 

Je peux d’abord me poser deux types de questions intéressantes.

Se connaître vraiment

D’abord, d’où vient ce que j’ai envie de dire (jugement, jalousie, perte de contrôle, déversoir émotionnel ? Réelle envie d’aider ?

Est-ce que la personne qui est en face de moi est la meilleure pour entendre cela ? Est-ce que je vais dire va m’aider moi ou elle ? 

Ensuite je peux réfléchir : Pourquoi je ne m’autorise pas à dire ce que je pense, au-delà de la bienséance/politesse ? (Est-ce vraiment par politesse d’ailleurs ?)

Je peux être conditionnée par mon éducation ou simplement entravée par de bonnes vieilles habitudes.

Il est aussi possible que personne ne m’ai jamais autorisée ou tout simplement appris à communiquer mes émotions et mes besoins.

En toile de fond, je peux aussi être conditionnée par la peur du regard des autres ou par l’importance que j’accorde à leur regard.

Dans un autre angle, je peux aussi chercher inconsciemment la gratitude et l’amour de l’autre. Et alors tout faire ou dire pour que l’autre aime ma réponse.

Comme tout être humain, nous avons besoin d’appartenir à un groupe. Et nous avons peur du jugement, et en fin de compte, d’être rejeté du groupe. C’est cette angoisse d’être repoussé, d’être isolé, d’être « out » qui nous pousse souvent à mentir, à faire sembler, à jouer parfois avec ce qu’il y a au fond de nous. 

Etre vrai avec soi-même

Il s’agit aussi d’être vraie avec soi-même. En effet, comment puis-je savoir si je dis bien ce que je pense… Quand je ne sais pas même bien ce que je pense, tout au fond ? Ce qui est clair à l’intérieur est toujours plus fluide et simple à expliquer.

A l’inverse, quand c’est un peu le bazar à l’intérieur, je me retrouve à bredouiller, ou me renfermer sur moi, ou encore à m’exprimer de manière sèche ou agressive.

Comme par exemple lorsque l’on m’invite à un diner, et que je suis fatiguée. J’ai peur de décevoir en refusant, ou parfois peur de me retrouver hors du coup et je ne sais pas bien quoi dire. De ce manque de clarté surgit bien des problèmes de communication. 

Identifier ses émotions

Charité bien ordonnée commence donc par soi-même. Il s’agit d’identifier, d’éplucher les couches d’émotions qui nous traversent pour identifier nos besoins profonds.

Connaissez-vous ce livre pour enfants Le Monstre des émotions ?

C’est un peu pareil pour nous les adultes. Trions nos émotions. Une émotion de colère que j’exprime avec fracas ou que je refoule vaut le coup d’être travaillée.

Par exemple, je suis furieuse parce que mes enfants, une fois de plus, mettent un temps fou à se préparer le matin et la journée commence du mauvais pied. Les pauvres s’en prennent plein la figure.

Au fond, j’ai besoin de maitriser l’organisation de cette routine quotidienne. Et encore plus au fond, j’ai besoin de calme à ce moment clef car je ne suis pas du matin.

Encore plus profondément, j’ai besoin de me dire que je suis une maman qui gère bien ses journées. Un besoin de gratitude et de reconnaissance bien enfoui.

Ou alors, je rumine avec colère depuis que mon patron a demandé à ma collègue de présenter les résultats. Je rêvais de le faire à sa place. Au fond, j’ai besoin d’être valorisée dans mon travail.

C’est un peu l’idée de poupées russe. Il y a cette grande poupée russe de notre colère contre mes enfants ou mon patron, dans laquelle se cachent toutes les autres émotions dirigées contre moi. 

Il est bon d’apprendre a les identifier, pour les utiliser de manière mesurée au bon moment. Parfois, j’aurais à canaliser et contrôler ma colère, et l’exprimer à froid, plus tard, de manière contrôlée. 

Quatre outils pour mieux me révéler. Je peux :

Faire la paix avec mon passé

  • Faire la paix avec mon passé. Que je le veuille ou non, je suis le produit de mon histoire familiale.

Le sociologue Vincent de Gaulejac explique encore que « L’individu est le produit d’une histoire dont il cherche à devenir le sujet».

Parfois, cette histoire me blesse, ou me fait honte, ou m’empêche d’avancer. Je peux avoir l’impression que je vais immanquablement reproduire les comportements de mon père, et de mon grand-père avant lui.

Je peux me sentir coupable de quelque chose dont je ne suis pas responsable. L’idée n’est pas de  mettre mon histoire dans un coin, ou bien de devoir la trouver géniale, mais plutôt d’avoir un rapport apaisé avec cette histoire.

Etre aidé pour être vrai

Un accompagnement ou de solides lectures peuvent aider à défricher le terrain et alléger le cœur de bien des gens. 

Guillaume s’est débarrassé de la culpabilité qu’il portait en lui depuis l’enfance lorsqu’il avait surpris son père en train de tromper sa mère. Il se sent libre maintenant de construire sa famille.

Valentine s’est rendue compte que sa mère était tombée enceinte sans avoir vraiment désiré sa grossesse. Elle a mieux compris pourquoi elle ne se sentait à sa place nulle part et recherchait l’approbation permanente des autres, n’osant jamais donner son avis. 

Etre vrai dans mes réalisations

  • Chercher à me réaliser à travers ce qui me tient à cœur. Quels sont mes talents ? Mes passions ? Mes besoins et mes valeurs ? Le métier que j’exerce satisfait-il un ou plusieurs de ces dimensions ? Notre boulot prend tellement de place dans notre vie. Hop, en route s’il faut challenger cette partie-là de notre quotidien.

Etre vrai dans l’intimité de mon coeur

  • Donner et avoir accès au cœur de l’autre, a son intimité. Il est intéressant de constater que communiquer en vérité me permet d’accéder à l’intimité de l’autre, et l’autre d’avoir accès a la mienne.

En amitié, dans mon couple, au bureau parfois, révéler un peu de mon intimité permet à l’autre de mieux me comprendre. 

Dans sa conférence TED et son livre Le Pouvoir de la Vulnérabilité, Brene Brown démontre comment accepter nos fragilités peut devenir puissant.

Mon mari, quand je lui donne accès à celle que je suis vraiment, peut m’aider à ordonner mes émotions. Ma bonne copine à qui je peux me livrer sans honte aura plus de facilite à comprendre pourquoi je suis blessée à tel autre moment.

En fait, il s’agit d’oser se livrer, donner un peu de soi. Prendre le risque de partager ses émotions intimes rend la communication plus authentique.

Etre authentique en famille

  • Pratiquer tout cela en famille. En famille, puis-je être moi-même ? Pour certains, c’en est l’endroit par excellence. Pour d’autres, c’est au contraire le plus difficile.

Je peux avoir l’impression qu’il m’est beaucoup plus facile d’être naturel avec mes amis qu’avec ma propre famille. Et ça n’est pas étonnant, car entre amis, il y a cette distance affective qui nous permet de prendre du recul.

Entre amis, il n’existe pas cette projection affective qui peut exister en famille.

En famille, nous sommes proches affectivement, même quand nous ne sommes pas ou plus proches physiquement.

Nous avons souvent la tentation de vouloir tout dire, nous pensons parfois que nous pouvons être sans masque.

Tout dire tout le temps, sans filtres, peut engendrer tant de maladresses en famille. Et une petite maladresse peut venir complètement bloquer le rouage d’une conversation. La question n’est pas tant de savoir ce que je dis mais quand et comment.

Observer ses émotions

L’exercice est là encore d’apprendre à observer ses émotions, les accepter, parfois les laisser décanter pour mieux les exprimer au moment propice, dénué d’agressivité.

Et mon interlocuteur se sentira sûrement plus à l’écoute qu’au milieu d’une dispute.

Quand mon fils en prépa baisse les bras ou sort trop et prend son année trop à la légère, cela me rend folle. Je suis tentée de me braquer et de lui envoyer à la figure qu’il ne réussira jamais s’il continue à se la couler douce.

En fait, si je creuse, je suis en colère car j’ai peur. Peur que mon fils rate son année. Peur de l’avoir mal orienté. Et au fond, cela me renvoie à mon besoin de sécurité profond. J’ai besoin de sentir mon fils en sécurité pour ses études. Et j’ai besoin de sentir que j’ai aiguillé mon fils sur les bons rails.

A la place, je peux attendre un moment propice. A froid, partager avec lui mes angoisses, échanger sur son orientation. 

Savoir faire confiance

Lui demander de me montrer que je peux lui faire confiance. En échange il a peut-être des choses à me dire, un malaise a partager.  Ainsi, il est plus simple de montrer qui nous sommes en étant vrai et authentique. Et cela donne un bel exemple à nos enfants.

Par exemple un enfant jeune est forcément façonné par un père qui apprend, même tard, à contrôler ses colères, parler de ses émotions. Il aura davantage envie de se confier à lui… 

Savoir mieux communiquer pour être vrai

Savoir communiquer mieux permet parfois de décoller pas mal d’étiquettes. Dans une famille, quand un élément adopte une posture nouvelle, cela fait bouger la structure globale, comme dans un mobile. 

Certains pensent qu’être transparent et dire ce qu’ils pensent sans filtre tient de la vraie générosité et authenticité.

Pourtant… où est la générosité si, en disant ce que je pense, je heurte l’autre et le blesse ? La générosité commence par reconnaitre que l’autre est doué de sensibilité.

Et donc la générosité me commande de ne pas heurter cette sensibilité. Je suis authentique et généreux quand je dis JUSTE. 

Dire juste, c’est parler sans renier ce que je suis, ni me mettre totalement à nu, tout en prenant en compte ce que je pense être JUSTE pour l’autre. En fonction de ce qu’il est capable d’entendre. 

Savoir mieux écouter pour être vrai

La générosité se cache parfois dans le silence attentif et l’écoute active. Et permet de se garder de phrases maladroites ou non-alignées avec ce que nous pensons vraiment. Cf. podcast #28 sur l’Ecoute

Etre vrai et ajusté, la congruence

Enfin, pour résoudre ce dilemme, le psychologue américain Carl R. Rogers propose une voie qui nous semble très belle, et qu’il a appelé la congruence.

Dans le dictionnaire, la congruence est, je cite « le fait de coïncider, de s’ajuster parfaitement. »

Ce que Carl Rogers appelle congruence dans nos relations sociales, c’est cette concordance entre ce que je dis à l’autre, et ce que je ressens. Et cet équilibre est à trouver en permanence !

Exemple

Par exemple, je croise un collègue au bureau qui vient de se faire licencier et me demande ce que j’en pense. Je pense peut-être qu’il n’était pas le mieux qualifié pour ce job.

En même temps, je ressens une profonde détresse et un besoin d’être écouté de son côté. Je choisis de mettre de côté mon jugement et je m’efforce d’accueillir sa tristesse ou ses émotions au lieu de le blesser ou de lui mentir en prétendant que son poste était fait pour lui. 

En plus, la politesse en paroles façonne jour après jour la politesse du cœur. La forme au service du fond. 

Impolitesse et ses effets

Dans « Face et Territoire» écrit en 1987, les sociologues Brown et Levinson établissent que par l’impolitesse, notre face (l’image que nous renvoyons) et nos territoires (notre moi intime) se sentent attaqués. Nous réagissons donc par le rejet.

Symétriquement, nous accueillons la politesse favorablement. Logiquement, il est naturel de faire davantage confiance à la personne qui nous répondra poliment.

C’est prouvé, dire la vérité d’une manière douce a toutes les chances d’être entendue plus facilement. 

Dit autrement, la politesse est au service de la vérité. Répondre une phrase agréable à quelqu’un me façonne et m’entraine à aimer l’autre, à voir le positif en lui. 

Etre adulte

En fin de compte, il s’agit de devenir adulte dans mes relations aux autres. De savoir arbitrer.

Je peux être fougueux et observer mes tempêtes émotionnelles à l’intérieur de moi, ET EN MEME TEMPS je garde le contrôle de ce que j’exprime, de la manière avec laquelle je dis les choses. Je suis authentique et vrai dans ma vie intérieure / mesurée et adulte dans mes réactions extérieures. 

Je suis adulte dans ce que j’exprime quand je prends l’autre en compte. Quand je sais discerner ce que l’autre est en mesure d’entendre. En d’autres mots, je deviens « le capitaine de mon âme » comme l’écrit le poète Henley dans son célèbre texte Invictus. 

En bref 

  • Être vrai c’est d’abord être vrai avec soi-même.  Notre ressenti est la seule chose vraie à laquelle nous avons accès. A moi d’identifier qui je suis, ce que je ressens et mes besoins profonds à chaque instant. 
  • Être vrai c’est dire juste. Je pratique la congruence en faisant coïncider ce que je ressens être juste et ce que je dis. 
  • Je suis authentique dans mes relations aux autres lorsque je m’adapte à mon interlocuteur et à sa sensibilité.
  • Je choisis la politesse du cœur, comme un outil créateur de bonheur et de relations sociales plus douces, et plus adultes.

A vous de jouer ! 

2 minutes pour me brancher à moi-même maintenant, nommer mon ressenti et ressentir le fait de me sentir en vérité avec moi-même.

Je prends le temps d’être heureux avec Amelie Yan Gouiffes

Amélie Yan Gouiffès a passé plus de 23 ans à gérer des crises en Amérique latine, dans les Caraïbes, en Asie, en Afrique, en Europe et dans le Pacifique. Elle a travaillé avec l’Union européenne, le système des Nations unies, la Croix-Rouge et les organisations non gouvernementales (ONG).

Un moment avec Amélie Yan Gouiffès

Elle travaille avec les communautés touchées pour répondre à leurs besoins de manière à leur donner les moyens d’agir. De plus, elle conseille les gouvernements sur la reprise après sinistre et la réduction des risques. Mais aussi, elle renforce les capacités des acteurs nationaux et internationaux de l’aide humanitaire et du développement.

Enfin, elle donne au secteur des entreprises les moyens de se développer en dépit des changements, des perturbations et des incertitudes. 

Avec Amélie Yan Gouiffès, l’interculturel

Cette perspective interculturelle et cette expérience unique dans des environnements instables et changeants lui permettent de toucher les esprits et les cœurs.

A cet égard, elle aide les entreprises et le secteur à but non lucratif à renforcer la résilience de leur population, de leurs activités et de leurs projets. 

Son parcours personnel

Son parcours personnel en 2020 comprend l’expérience du cancer et de la chimiothérapie. Cela lui donne une perspective supplémentaire précieuse sur le renforcement de la résilience et la prospérité en temps de crise. 

Avec Amélie Yan Gouiffès, la recherche du diamant intérieur

Sa capacité unique à dynamiser et à motiver les gens rend passionnante la découverte de “diamants intérieurs”. Mais en outre la poursuite de grands objectifs et l’appréciation du pouvoir du changement.

Elle a encadré et donné des conférences de motivation à des milliers de fonctionnaires. Mais encore à des membres du parlement, d’entrepreneurs. Ou encore à des responsables d’associations caritatives, des orateurs professionnels, des prêtres et des étudiants.

Et cela en Espagne, en Iran, en France, en Thaïlande, en Malaisie, au Sri Lanka, en Afrique du Sud et dans de nombreux autres pays.

Elle est coach professionnel certifié par l’International Coach Federation (ICF).

Son livre

Son livre “Speak and Live Your Legacy”, disponible en anglais et en espagnol et publié par Bubok Publishing, partage la sagesse de la Colombie, du Guatemala, du Cameroun, de la Bosnie-Herzégovine, de la Corée du Nord et de l’Afghanistan.

Tout cela pour un cheminement pratique permettant de renforcer la résilience et de faire briller notre diamant intérieur personnel et d’entreprise.

Il a été présenté à la radio nationale espagnole dans le cadre de l’émission de Teresa Viejo et figure parmi une sélection de 20 livres incontournables.

Elle travaille couramment en anglais, en français et en espagnol.

Par conséquent son rêve est : un monde où nous pouvons tous être, appartenir et devenir ! 

Je comprends la jalousie

La jalousie que l’on connaît bien

Avez-vous déjà eu des doutes ou ressenti de la détresse ? Ou encore une certaine colère en entendant votre partenaire rire avec une autre personne ? En voyant votre collègue obtenir l’emploi que vous vouliez ? Ou bien en constatant une fois encore que votre amie est le centre des attentions et pas vous  ? 

Seriez-vous jalouse ?!

C’est tout à fait possible ! La jalousie est en effet un sentiment relationnel naturel. Elle résulte de la peur de perdre un bien, un statut ou un lien affectif au profit d’une autre personne. 

On la distingue ainsi de l’envie qui est le désir d’obtenir quelque chose qu’on n’a pas et que quelqu’un d’autre possède. La jalousie réfère au contraire à quelque chose que l’on a et qu’on a peur de perdre.

Elle s’inscrit aussi dans une relation triangulaire puisque le jaloux fait face à une tierce personne (un rival, réel ou imaginaire). Celui-ci lui enlève ou risque de lui enlever une chose ou une personne à laquelle il tient. 

La jalousie est très souvent associée à la relation amoureuse.

Mais elle n’est pas un sentiment propre à la relation de couple puisque nous l’avons dit, c’est un sentiment relationnel. Elle peut donc se manifester dans tout type de relations : amicales, professionnelles et familiales.

D’où vient-elle ?

Les courants psychologiques lui assignent des origines différentes. 

Selon la théorie évolutionniste, la jalousie est due au développement de mécanismes psychologiques. Ceux-ci sont liés au besoin de reproduction de l’espèce. Ainsi, l’homme serait plus enclin à la jalousie sexuelle. En accordant une attention toute particulière aux habitudes sexuelles de la femme, il évite d’investir pour la survie d’enfants qui ne sont pas les siens.

La femme en revanche doit s’assurer que l’attention de l’homme ne soit pas dirigée vers d’autres femmes. Ceci afin de conserver certaines ressources de l’homme pour sa survie et celle de ses enfants. Elle aurait donc plutôt tendance à développer une jalousie émotionnelle.

Selon les auteurs non évolutionnistes, les mécanismes de la jalousie sont les mêmes pour les deux sexes, mais se manifestent différemment selon le contexte environnemental.

Dans cette perspective, les différences entre les hommes et les femmes seraient donc dues aux construits culturels des genres.

La jalousie, une émotion sociale

Certains auteurs définissent d’ailleurs la jalousie comme une émotion sociale. L’émotion sociale est considérée comme une émotion apprise, où l’éducation et la culture jouent un grand rôle.

C’est pour cette raison que la littérature parle aussi plus souvent d’un sentiment interne. Dans le sens où la jalousie provient de l’intérieur de soi plutôt que d’un événement qui se produit ici et maintenant.

Elle serait donc liée à des expériences vécues dans un environnement précis. Cela pourrait expliquer pourquoi certains individus sont plus jaloux que d’autres. 

Quoiqu’il en soit, retenons que la jalousie est un sentiment social et complexe, qui vient nous parler de nous. L’important, nous allons le voir, est donc de savoir l’écouter pour apprendre ce qu’elle a à nous dire, sans nous laisser dominer par elle. 

Comment se manifeste-t-elle ?

La jalousie, une histoire d’émotions

La jalousie est associée aux émotions primaires de colère, de tristesse et de peur. Elle génère aussi des émotions secondaires (rage, inquiétude, méfiance, indécision …). Mais aussi des émotions sociales comme l’envie, l’humiliation, la culpabilité.

Différences de réaction hommes/femmes

Selon une étude de Mathes et Severa, les femmes vivent plus des symptômes de détresse et de tristesse. Les hommes quant à eux, sont davantage enclins à ressentir de la colère.

Dans tous les cas, elle conduit à un état de souffrance, plus ou moins intense selon le degré et la durée de la jalousie.

Ainsi dans le couple, selon le chercheur White, la jalousie opère 2 types de souffrances, “la perte des bénéfices relationnels” et “la perte de l’estime de soi” .

La jalousie se manifeste partout

La jalousie se manifeste également par l’activation de nos pensées. Questionnements, doutes sur soi, doutes sur l’autre, comparaison avec le (prétendu) rival, auto-critique, victimisation… Notre système de pensées peut être puissant et nous emmener dans des domaines très variés. Mais il vient toujours attaquer notre estime de soi.

Des émotions désagréables et des pensées négatives amènent inévitablement des réactions physiques. Mains moites et tremblantes, respiration difficile, bouffées de chaleur, crampes d’estomac. Mais encore baisse de l’appétit, accélération du rythme cardiaque, insomnie… Notre corps parle nécessairement !

S’en viennent ensuite des comportements. Envie de crier, de pleurer, de tout casser, de faire mal ou encore de fuir. Egalement de faire l’autruche en niant le problème. Ces premiers comportements peuvent déboucher sur d’autres qui constitueront ce que certains appellent la jalousie comportementale… Dimension de la jalousie qui pollue la relation.

La jalousie dans le couple 

La jalousie amoureuse provient plus particulièrement du sentiment d’attachement envers l’être aimé. Le partenaire jaloux manifeste sa peur de perdre celui qu’il aime, de se le voir ravir par un autre. Dans ce sens, la jalousie renvoie à l’instinct de possession qu’induit l’amour.

Mais si dans une relation amoureuse, il est normal d’avoir besoin de l’autre, l’amour ne doit pas en revanche devenir possession ni exclusivité. Sinon il étouffe, fait mal et risque de mourir. C’est dans un sentiment de liberté que les deux partenaires pourront s’aimer et se sentir heureux dans la vie de couple.

Pour de nombreux psychologues, la jalousie dans le couple trahit souvent une dépendance affective (voir Bulle de Bonheur #14) et un manque de confiance en soi (voir Bulle de Bonheur #6).

La jalousie dans la fratrie 

Ce sujet pourrait faire l’objet d’un podcast à lui tout seul ! Mentionnons juste quelques causes propres à expliquer la jalousie entre frères et soeurs :

  • En chaque enfant sommeille le désir profond de recevoir l’amour exclusif de ses parents. Ce désir serait à la base de la jalousie entre frères et sœurs. Pourquoi ? Parce que le père et la mère sont la source merveilleuse de tout ce dont l’enfant a besoin pour survivre et se développer. Que ce soit nourriture, logement, chaleur, caresses, sentiment de valeur, d’être unique…
  • L’arrivée d’un frère ou d’une sœur peut venir menacer l’enfant qui a peur de perdre ce dont il a tant  besoin. 
  • Partager l’amour parental est impensable pour un enfant. D’expérience, les parents savent que l’amour n’est pas un gâteau qu’on sépare en part. Mais bien un gâteau qui grandit avec le nombre d’enfants ! Et pourtant avant de le comprendre, quel est le parent qui ne s’est pas questionné pour se demander s’il aimerait le 2e aussi fort que le 1er ? S’il n’aurait pas de préférence ? 
  • Chacun apprend à cohabiter avec ses frères et sœurs. C’est une relation qui leur imposée. Contrairement à ses amis, on ne choisit pas ses frères et soeurs !
  • Nos représentations et nos attentes de parents sont souvent sources de comportements (inconscients) qui vont attiser la jalousie entre nos enfants. Par exemple, irritation car je retrouve l’égoïsme de mon père que je déteste. Ou inversement affinité particulière à l’égard de celui qui me ressemble, de celui que je voulais être…

Quand la jalousie empoisonne 

La crainte d’être remplacé (par un autre partenaire, par une amie, par un collègue) et le désir d’exclusivité peuvent modifier nos comportements. Doute, suspicion, surveillance, obsession… L’escalade peut être très rapide, et nous transformer en une personne que nous pourrions ne plus reconnaître. 

La jalousie perd donc son caractère normal quand elle devient excessive, récurrente et incessante. Elle peut même devenir pathologique. Nous envisageons des menaces imaginaires, avons des suspicions paranoïdes, un niveau de frustration élevé et adoptons parfois des comportements de détective. Ils altèrent totalement la sécurité, la liberté et la confiance nécessaires au bon développement des relations.  

Et si j’apprenais à écouter la jalousie ?

A l’instar des émotions (Bulle de bonheur #5 ), la jalousie est là, nous ne la choisissons pas. C’est que que nous en faisons qui fera d’elle une expérience bénéfique ou destructrice. La jalousie nous donne des indices sur nous-même et sur notre relation, elle est un excellent guide pour savoir ce que l’on désire.

C’est en ce sens que certains auteurs disent qu’elle est le ciment du narcissisme et de l’image de soi. Puisque nous nous définissons par rapport à l’autre, par le jeu des ressemblances et des différences, la jalousie peut nous aiguiller vers nos propres désirs. Par exemple, la jalousie que j’éprouve à l’égard de mon amie qui s’achète une maison pourrait peut-être révéler le souhait encore mal exprimé d’avoir un lieu d’ancrage ou de mon attachement profond à la pierre.  

Ainsi, écouter la jalousie peut permettre de voir plus clair en soi, peut favoriser notre connaissance de soi. Par ailleurs, en admettant les sentiments de jalousie et en explorant les émotions qui la sous-tendent, nous pouvons éviter l’escalade des pensées et des comportements que nous avons mentionnée plus haut. Donc, cela va favoriser le renforcement de nos relations. La jalousie est ainsi une précieuse alliée pour préserver les liens sociaux. 

En pratique 

Soyez à l’écoute de votre jalousie

Nous l’avons dit, la jalousie est un sentiment complexe qui peut englober diverses émotions et provoquer différentes réactions, tant physiques que cognitives et comportementales. 

Nier la jalousie est le plus sûr moyen de la renforcer, au point parfois de la transformer en pathologie  (troubles du sommeil, troubles du caractère …). Il est donc essentiel de la nommer, de l’accepter pour ensuite en identifier les causes, et peut-être les besoins insatisfaits qui se cachent derrière. Ce travail de recul peut aussi être essentiel quelquefois pour nous ramener à la réalité et réaliser par exemple que ma crainte était sans fondement, mon rival totalement imaginaire. C’est un travail essentiel aussi à faire avec les enfants. Accueillir leur jalousie et la nommer (“tu n’aimes pas que je passe trop de temps avec ton petit frère”) est la première étape indispensable pour préserver les relations familiales.

Evitez de considérer les autres comme des ennemis

La menace que nous percevons au contact des personnes qui attisent notre jalousie est en grande partie formulée par des raccourcis de pensées. Nous rangeons certaines personnes dans des catégories “menaçantes”. Or ces biais se construisent généralement suite à un jugement trop rapide, souvent basé sur l’apparence et emprunt d’une grande subjectivité.  “Il a trop de chance d’avoir de bons amis, de dégoter la maison de rêve, de réussir tout ce qu’il touche. Ou bien encore de se sortir de situations difficiles grâce aux autres. Le problème est que cette subjectivité a tendance à nous faire dépeindre un tableau beaucoup plus noir qu’il ne l’est en réalité. Et ce tableau négatif engendre méfiance et agressivité de notre part. 

Bannissez la comparaison 

De manière générale, rappelons nous que la comparaison est un anti-bonheur. En ce qui concerne la jalousie, elle est en tout cas un élément certain d’activation. Cette habitude de comparer est un véritable poison. Elle a en plus toutes les chances de nous éloigner de la réalité car pour comparer, il faut connaître tous les composants des éléments comparés. Or, comment connaître toutes les composantes de l’autre ? (nous avons déjà du mal à connaître toutes les nôtres !!). C’est comme si on cherchait à être l’égal de l’autre alors que chacun est différent, avec “son propre système de pensée et de valeurs forgé par l’expérience et la compréhension du monde qui l’entoure”. La comparaison dans le sens de “quête du meilleur, de mieux que…” abime les relations.

La comparaison et la jalousie

Chez les enfants, quand les parents font des comparaisons entre les enfants, ils jettent  de l’huile sur le feu des sentiments de rivalité.

Haïm Ginott, père des ateliers de parentalité Faber & Mazlish, propose aux parents de s’abstenir de toutes comparaisons, négatives bien-sûr mais aussi positives (“qu’est ce que ta soeur travaille bien”,” ton frère est toujours prêt à l’avance”…). 

Boostez votre confiance

Nous avons mentionné que la jalousie peut nous pousser à remettre en cause la confiance que nous accordons à autrui et surtout à nous même.

Elle nous met en insécurité. Manque de confiance qui se retourne donc contre nous par l’auto-critique et à la dévalorisation ou/et contre l’autre par une surveillance et une méfiance. Bref, une situation qui peut vite devenir invivable pour tout le monde. 

C’est en travaillant sur le renforcement de sa confiance en soi, en acceptant de croire plutôt que de suspecter qu’on peut transformer la jalousie en une expérience positive. Nous vous renvoyons pour cela à nos podcast sur la confiance (Bulle de Bonheur #7) , la dépendance affective  et les peurs (Bulle de Bonheur #18). Pensez également à consulter un professionnel si jamais la jalousie prend possession de votre vie. 

“Interrogez votre jalousie” : Cet outil, que nous avions déjà vu dans “comment trouver mon Ikigaï (Bulle de Bonheur #68), peut aussi nous être utile ici. Il consiste à tracer 3 colonnes sur une feuille et noter :

  • dans la première colonne, trois motifs de jalousie. 
  • dans la deuxième colonne, le désir qui se cache derrière votre sentiment de jalousie. 
  • dans la troisième colonne, les démarches que vous pourriez entreprendre pour aller vers la concrétisation de ce désir.

Un travail réflexif est toujours utile pour éviter que notre machine à jalousie s’emballe. Si vous n’arrivez pas à faire l’exercice tout seul, pensez à demander de l’aide à une personne de confiance, qui pourra jouer le rôle d’un observateur neutre et vous aider à gérer plus objectivement la situation. 

En bref

  • La jalousie est un sentiment relationnel naturel. 
  • Quand la jalousie vous saisit, prenez-la en main en la nommant, en l’écoutant.
  • La jalousie vous envoie des indications et vous permet d’identifier des désirs à (peut-être) satisfaire. Mais empêchez la de devenir un poison autant pour vous-même que pour votre entourage.

Allez hop, je me lance !

A vous de jouer ! 2 minutes pour identifier une situation qui suscite de la jalousie chez vous ou autour de vous. A votre avis, quel désir se cache derrière cette jalousie ?

J’identifie mes valeurs

Les valeurs… C’est une notion et un mot sur-utilisé dans de multiples domaines. De la politique au développement personnel en passant par la publicité. On vote selon ses valeurs, on exprime nos valeurs dans notre façon d’acheter, on aspire à trouver un job qui soit en ligne avec nos valeurs. Mais encore on trouve une école pour nos enfants qui correspond à nos valeurs, notre croyance religieuse a son propre système de valeurs… Vous est-il arrivé d’entendre quelqu’un vous dire « ce n’est pas dans mes valeurs » ? Moi ça m’arrive souvent.

Difficile dans cette confusion de comprendre le concept ou simplement d’oser demander ce que la personne met derrière ce mot.

 Alors, les valeurs c’est quoi ?

Shalom SCHWARTZ,  psychologue social israélien, a développé une théorie des valeurs personnelles : la Théorie des Valeurs humaines basiques. De plus, selon lui, les valeurs correspondent à ce qui est important pour nous. En fait, elles sont des convictions personnelles qui résonnent avec ce que nous sommes au plus profond de nous.

Les valeurs, éléments stables

En réalité, les valeurs orientent nos choix les plus cruciaux, nous guident et nous motivent. Ce sont des éléments stables de notre personnalité.

De plus, elles constituent une sorte de boussole interne qui indique la direction à suivre, qui donne du sens. Celles-ci peuvent toucher tous les domaines de notre vie et être en lien avec nous-même, les autres, la société ou le monde.

En définitive, attention à ne pas les confondre  avec un but ou un objectif car les valeurs ne sont pas un résultat concret à atteindre mais un processus continu.

Exemple

Par exemple, peut-être est-il important pour vous de faire preuve de bienveillance dans les rapports que vous entretenez avec les autres mais aussi avec vous-même ? Ou encore, le respect de l’environnement est-il au cœur de toutes vos préoccupations.

Selon Shalom Schwartz, les valeurs génèrent des sentiments forts. Si vous posez des actes cohérents avec vos valeurs, vous ressentez une joie profonde. A l’inverse, vous souffrez de ne pas les respecter.

De ce fait, chacun les classe intuitivement par ordre d’importance les unes par rapport aux autres et c’est cet arbitrage qui nous sert de critères pour poser des choix.

Les valeurs et la motivation

Enfin et pas des moindres, elles génèrent de la motivation c’est-à-dire qu’elles nous mettent en action. A cet égard, c’est notamment nos valeurs qui vont orienter notre temps pour nous comme nous l’avons vu dans notre Bulle de Bonheur numéro 72  « Je me connecte à moi-même».

Origine des valeurs

D’ailleurs, nos valeurs peuvent être le fruit d’un héritage familial, être influencées par notre histoire personnelle ou notre culture.

Celles-ci renvoient à notre intimité profonde. En effet, les connaître revient à améliorer la connaissance que l’on a de soi-même et de ses aspirations profondes. En fait, ce n’est pas si facile qu’on le croit.

Etudes sur le bonheur

Du reste, il semblerait que plusieurs études ont cherché à identifier ce qu’est le bonheur. Des chercheurs américains ont interrogé un panel d’individus sur ce qui leur permettait d’être heureux. De plus, ils ont été étonnés de constater combien les réponses fournies ont été hésitantes, banales et très homogènes. Effectivement, les réponses se concentraient d’ailleurs souvent sur des moyens ou des acquis comme l’argent ou la famille. Que nous dit ce constat ? En résumé, simplement qu’il est difficile de savoir ce qui est vraiment important pour nous, ce qui est à la source de notre propre bonheur et d’en parler. Parce que cela revient à se confier sur quelque chose de particulièrement intime. Finalement, le bonheur de chacun, le sens qu’il met dans sa vie et ses valeurs ne sont pas forcément celles de son voisin. Au contraire de ce que voudrait nous faire parfois croire la société.

Se connaître

Pour se pencher sur la question, il s’agit d’adopter une attitude bienveillante envers soi-même, comme on le ferait avec un ami. Nous en avons parlé dans notre Bulle de Bonheur  #39 sur l’auto-compassion.

On s’observe et on s’écoute amicalement, sans jugement envers soi-même, en accueillant ses émotions pour être au plus près de ce qu’elles nous disent.

Pour se connaître, on peut être attentif à comment on se sent physiquement ou psychologiquement. Chercher ce qui nous anime et génère de la joie ou de l’optimisme en nous.

La pyramide des besoins

Même si ce travail semble complexe, connaître ses valeurs est une source de bien-être durable. Vous vous rappelez surement d’Abraham Maslow que l’on a présenté dans la Bulle de Bonheur #12 « J’identifie mes besoins ». Ce dernier, est le père de la « Pyramide des besoins » qui date de 1954. Dans ce modèle, il répertorie 5 catégories de besoins :

  •   besoins physiologiques (respirer, manger, dormir…)
  •   besoin de sécurité (santé, emploi…)
  •   besoin d’appartenance (amour, relations…)
  •   besoin d’estime (reconnaissance, confiance…)
  •   besoin d’accomplissement (épanouissement, réalisation…)

Les valeurs reviennent à nourrir ce dernier besoin. Celui d’accomplissement personnel, celui de sens.

Connaître ses valeurs

En fait, lorsque l’on connaît ses valeurs et que l’on ajuste ses actes en fonction, on ressent un sentiment d’alignement personnel. Il se matérialise souvent par une joie intense, durable et résiliente.

Finalement, vous pouvez ressentir cet alignement lorsque vous choisissez une activité, une formation ou un métier qui correspond à vos aspirations profondes.

Par exemple, lorsque votre valeur de justice s’exprime au travers d’un engagement social au service des défavorisés. Ou lorsque vous levez le pied dans votre vie professionnelle pour prendre soin de votre famille, en acceptant les conséquences que cela aura sur votre carrière.

Aligner son quotidien avec ses valeurs

Pour mieux vous expliquer le concept d’alignement ou de cohérence avec ses valeurs, j’aimerais appeler Aaron Antonovsky à la rescousse. Ce professeur de sociologie américain a défini le concept de salutogénèse. Le sens de la cohérence.

D’après lui, une personne qui se sent en cohérence ou alignée est capable de donner du sens au monde qui l’entoure, ce qui passe par 3 axes :

  1.       Est-ce que je comprends les circonstances dans lesquelles j’évolue ? 
  2.       Ai-je confiance en moi pour gérer ma vie ?
  3.       Suis-je capable de donner du sens à ce que je vis ?

Les valeurs et le sentiment de cohérence qui habitent les personnes qui les mettent en actions nous permettent de mettre de l’ordre dans notre environnement.Mais aussi d’agir selon nos convictions et de donner du sens à notre vie.

Les bienfaits de reconnaître ses valeurs 

Une source d’énergie.

La joie et les émotions positives que l’on ressent lorsqu’on est aligné avec ses valeurs redonnent l’énergie de continuer à avancer

De la Motivation.

Les valeurs nous mettent en action. Si vous les avez identifiées, elles vous permettront de rester concentrés à long-terme, de limiter les pertes d’efficacité. Et encore de savourer quand une action est réalisée comme un carburant pour avancer encore plus.

Une prise de décision plus efficace.

Vous savez ce qui est important pour vous. De cette façon, vous vous connaissez mieux et serez capable de mettre en balance vos forces, vos faiblesses et vos valeurs pour poser des choix. En réalité, mieux vous connaître vous permettra aussi de contrebalancer vos impressions ou vos ressentis avec un peu plus d’objectivité et d’affirmer votre personnalité.

Une baisse de stress.

Vous allez vous sentir plus apaisés psychologiquement et physiquement. Ainsi, vous serez aussi capables de prendre plus de recul par rapport aux injonctions de la société ou de votre environnement, ce qui est très reposant.

Socle de la confiance en soi

Appliquer ses valeurs permet de poser des choix raisonnés qui alimentent la confiance que chacun a en soi-même.

Donc, les valeurs sont un carburant essentiel à l’épanouissement individuel. A l’inverse, vivre en désaccord avec ses valeurs crée du stress (inconfort physiologique), des dissonances (gêne mentale). En définitive, cela peut induire potentiellement des troubles affectifs ou psychologiques. 

En pratique : comment se poser la question? 

Il existe plusieurs méthodes qui peuvent vous aider à identifier vos valeurs.

La liste des valeurs

Une première façon consiste à lister tout simplement ce qui est important pour vous ? En bref, essayez de penser à ce qui compte pour vous, ce à quoi vous être prêt à consacrer du temps. Ou alors à l’inverse, pensez à ce qui vous dérange profondément : l’injustice, la méchanceté, le manque de fiabilité, l’égoïsme… En fait, cela permet aussi d’identifier ce à quoi vous tenez particulièrement. Cependant, attention à ne pas trop vous focaliser sur des moyens comme l’argent. Il n’y a rien de mal à y accorder de l’importance, cependant essayez de comprendre pourquoi.

En réalité, est-ce pour la sécurité que cela apporte, parce que vous avez des projets à réaliser. Ou peut-être que vous souhaitez transmettre un patrimoine à vos enfants plus tard. En fait, autant de raisons qui mènent à des valeurs différentes.

Ecouter vos sensations. Qu’est-ce qui vous fait ressentir physiquement une grande joie, un profond apaisement et qui vous donne de l’énergie ?

Faire appel à ses souvenirs heureux ou agaçants. Ils sont une source importante d’informations. Vous pouvez les relire avec le recul pour y déceler ce qui vous avait rendu particulièrement heureux ou particulièrement frustré.

Penser à des personnes que vous admirez et demandez-vous pourquoi.

En bref :

  •       Les valeurs correspondent à ce qui est important pour chacun.
  •       Elles viennent de notre intériorité et découlent de la connaissance plus ou moins fine que nous avons de nous-mêmes.
  •       Nos valeurs nous permettent de mettre du sens dans notre existence. Ce sont des éléments stables de notre personnalité qui se révèlent quelques soient les événements et les périodes que nous traversons.
  •       Connaître ses valeurs et ajuster ses actes à celles-ci est une source de bien-être durable car c’est le moyen de se connecter à soi-même en profondeur et de recentrer ses actions.

Allez hop je me lance !

2 minutes pour identifier une de vos valeurs et choisir comment vous allez la mettre en action dans les jours qui viennent. Ça n’a pas besoin d’être une grande action radicale, appliquez notre conseil des petits pas. 

Je suis la fille de ma mère

Ma mère…

« Tiens-toi droite ! » Dans ma manière de parler, d’avaler mes phrases, de reprendre mes enfants comme par exemple « et bien justement : tu n’as pas faite exprès ?  Alors fais exprès de faire attention ! » je retrouve les expressions de ma mère ! Quand je marche à grands pas, quand j’arrange mes cheveux de cette façon. Ou encore lorsque je plisse les yeux quand je me maquille, je surprends parfois une ressemblance avec les gestes, et la manière de faire de ma mère.

Je suis la fille de ma mère

Il y a ces petits détails du quotidien, je suis sûre que vous voyez de quoi je parle. Et parfois même les choses plus profondes, comme par exemple dans mes relations aux autres. Ma propension insupportable à  ragoter après avoir diné chez des amis. Mais encore la façon que j’ai de parler à la caissière. Ou de ne pas réussir à répondre un « oui » ou un « non » clairs quand une amie me demande un service…

Pas possible ! Moi qui ai scruté et analysé les paroles de ma mère dans les moindres détails pour éviter de les reproduire tellement ça m’a énervée, je le fais quand même. De surcroît, moi qui me suis parfois promis de faire différemment, je fais pareil et là, ça me chicotte !

Et SURTOUT quand quelqu’un d’autre me le fait remarquer. Suis-je complétement formatée ? Où est ma liberté ? 

Constat 

Tout d’abord, acceptons que l’empreinte soit évidente et inévitable. Notre vie de femme, de mère ou d’épouse est imprégnée de celle avec qui nous avons vécue, que nous le voulions ou non. Cette relation mère-fille nous marque toute chacune, de manière positive ou négative. Je suis nostalgique des petits-déjeuners qu’elle nous préparait le dimanche matin, j’adore son parfum. De plus, je me rends compte que je ris comme elle.

Ou alors je ne peux pas supporter sa manière de parler des autres, ou de sa belle-mère. Les petits détails de la vie quotidienne en sont le signe. Qu’elle soit joyeuse, blessée, bien vivante ou marquée par la séparation (un éloignement géographique ou par la mort), cette relation m’a façonnée et continue à me façonner. 

La mère dans un livre

Cette relation mère-fille est ambivalente. Dans son livre « Je t’en veux, je t’aime » la thérapeute spécialiste de la famille Isabelle Filliozat pointe cette complexité du doigt. Et souligne que la relation aux parents nous concerne tous.

Elle n’est simple pour personne. Isabelle Filliozat va même plus loin en écrivant que ceux qui la disent simple ont carrément refoulé dans leur inconscient la manière dont elle détermine leur existence. 

La force du lien mère/enfant

Et d’ailleurs, l’absence d’une mère ou d’une relation, une séparation ne règle pas le problème. Ce lien parent-enfant est très spécial. Effectivement, il dure plus longtemps et nous marque plus profondément qu’aucun autre. Celui-ci se crée à la conception de l’enfant. Il ne se termine pas avec le décès des parents avance Isabelle Filliozat, tant on porte leur image en soi toute sa vie. 

Certains ont en horreur les manies de leurs parents. A l’inverse, d’autres ne voient aucun problème et se refusent à chercher la petite bête. Les premiers semblent parfois compliqués aux yeux des seconds. Mais alors, chercher son propre chemin et vouloir faire différemment ferait-il de moi quelqu’un de compliqué ou bien un enfant ingrat ? Pas du tout. Il s’agit plutôt de savoir si j’ai bien coupé le cordon. 

Couper le cordon

Couper le cordon ? Que se cache-t-il derrière cette expression maintes fois entendue ? Il s’agit davantage de savoir comment je me positionne dans ma relation à ma mère plutôt que de compter le nombre de coup de fils que je lui passe chaque semaine. Regarder la qualité de ma relation avec elle plutôt que la quantité

En effet, il est possible d’appeler sa mère tous les jours et d’en être indépendante affectivement. Par exemple, pour lui demander quoi faire si mon enfant a de la fièvre, comment cuisiner ma blanquette, ou la sonder sur le nouveau job que je vise. Ou encore la soutenir si elle est seule et a besoin que je lui change les idées. 

Une juste distance

A l’inverse, certaines choses peuvent être excessives. Comme l’impliquer dans ma relation conjugale, ou la citer en exemple dans les moindres histoires que je raconte. Parfois, plus je veux m’en débarrasser, plus elle prend de la place ! Quand je répète régulièrement à mon mari, à ma bonne copine que je n’ai pas besoin de ma mère pour être heureuse.

Ou bien quand je m’exile à des centaines de kilomètres pour ne surtout plus avoir affaire à elle, alerte ! Claironner a tout bout de champs que j’en suis indépendante révèle peut-être un nœud affectif qu’il est bon de chercher à dénouer.

Ça peut être la preuve que je ne suis pas sortie de cette influence, que je continue à me voir par rapport à elle.

Tant qu’elle reste mon baromètre, même négatif, c’est l’indice qu’il serait bon de réfléchir à ce cordon ! Comment me positionne-je ? Suis-je la petite fille qui attend inconsciemment quelque chose pour bien grandir ?

Il est possible que je trouve peu de failles à notre relation et que je pense avoir eu une enfance et une adolescence heureuse. De plus, il est possible d’en avoir identifiées et de vivre en paix avec cela.  Mais encore, il est  possible d’avoir souffert et d’avoir encaissé les blessures de ma mère à sa place.

Parfois, il est préférable de s’éloigner pour un temps et de trouver de l’aide pour que la relation avance.  C’est l’histoire unique de notre relation. Ma mission à moi est d’être heureuse et adulte dans mon rapport à mes parents. 

Des clés de distanciation avec la mère

Voilà deux idées de démarches pour y parvenir :

Equilibrer les Parent/Adulte/Enfant qui sommeillent en moi. Eric Berne psychiatre américain et père de l’analyse transactionnelle explique que notre personnalité est composée de 3 états principaux. 

Etats

  • L’état de Parent. C’est la façon de vivre selon le prisme qui m’a été enseigné, les principes et croyances transmises par mes parents. Cela comprend tout le système de pensées et les attitudes avec lesquelles j’ai grandi. En résumé, c’est tout ce que j’ai appris et qui me permet de juger. On peut en dire que c’est cette petite voix qui me donne parfois l’impression d’avoir toujours raison !
  • Mon état Adulte, est celui qui fait fonctionner mon jugement logique, ma raison, le centre de ma pensée rationnelle. Il est celui qui recueille les informations et en tire des conclusions logiques.  C’est cette petite voix qui me pousse à expérimenter par moi-même. 
  • Mon état Enfant. Toute cette partie émotive et affective, cette petite voix en moi qui me dit « je me sens bien, mal… » « je suis gai, triste… » « je veux, j’ai besoin… ». C’est la partie créative, spontanée ! En résumé, le moi qui ressent. 

Je peux transposer cette réflexion à ma relation avec ma mère. Pour commencer, quand je parle de ma mère, je dis maman, ma maman, ma mère, celle-là, mamounette ou autre… Voilà déjà une bonne manière de me demander comment je me positionne par rapport à elle, suis-je l’enfant, l’adulte, la mère de ma mère ?  Dans mes réactions et mon comportement avec elle, quel état prend le dessus ? Ai-je besoin d’un rééquilibrage pour retrouver mon autonomie ?

Je relis mon histoire

Ce chemin de liberté qui me fait grandir peut aussi s’articuler en plusieurs étapes, sous l’angle d’une relecture chronologique de mon histoire.  

  • Dans un premier temps je fais une pause pour relire mon histoire. Quel est mon rôle de fille et l’évolution de notre relation, de ma naissance à aujourd’hui. J’analyse ce que ma mère a voulu me transmettre, ce qu’elle m’a transmis sans le savoir, le bon, le moins bon. Mais encore ce qui m’a blessée, ce qui m’a fait grandir. Je liste ce que je reprends à mon tour de manière consciente ou inconsciente. Ce qui vient d’elle, et ce qui vient d’elle à travers ma grand-mère. Ma mère m’a peut-être transmis une foule de petits ou grands comportements qui m’agacent. Elle m’a aussi transmis une foule de choses invisibles qui font de moi une femme. Qu’elle a elle-même reçu de sa mère, de sa grand-mère. Prenons le temps aussi de remonter dans le temps et d’identifier ces héritages qui s’inscrivent dans la lignée. Et ma mère, comment était-elle avec sa propre mère ?  Alice Ferney en fait son thème de prédilection dans son roman Les Bourgeois.

Je m’accepte telle que je suis

  • Dans un deuxième temps, je prends la décision d’accepter qui je suis et toute cette histoire que j’ai pris le temps de relire.
  • Enfin, je fais le tri, entre ce qui est reçu de ma mère, et ce que je veux vivre moi.

Voila. Cette trajectoire est nécessaire pour toutes. Je l’ai peut-être déjà vécue naturellement sans m’en rendre compte, de manière très paisible. Elle permet de restaurer ou réparer une relation, quand elle a été abimée. Ce chemin est nécessaire à ma démarche de pardon, surtout lorsque notre relation est blessée. 

Pour creuser ce sujet du pardon, filez écouter le podcast #15, “je pardonne”

Et gardons en tête que c’est le travail d’une vie ! 

La liberté vis à vis de ma mère

Attention toutefois au déterminisme !  Ma liberté intérieure entre en jeu ! Je ne suis pas ma mère, je suis une personne unique et différente. Analyser ce que j’ai reçu ne doit pas me faire croire à un déterminisme dont je n’aurais pas le droit de sortir. Le simple fait d’y réfléchir fait de moi une personne nouvelle.

Et puis enfin, comme l’écrit Anne Durfoumantelle dans l’Eloge du risque, « Couper le cordon c’est prendre le risque de l’amour ». De l’amour librement choisi et affranchi de beaucoup d’entraves. Devenir affectivement indépendant de sa mère, ou de sa famille, est même comme une deuxième naissance. Et cette seconde naissance est une épreuve initiatique plus que jamais nécessaire pour s’affranchir de tout déterminisme.  Selon elle, « quitter la famille n’a pas de fin sauf à recréer avec les liens du sang de l’amitié et de l’intelligence ». 

Changement de regard

J’accepte. D’être façonnée par ma mère ET d’avoir ma part de liberté intérieure. 

Si je ne m’y suis jamais attelé, je me mets en chemin pour relire, trier, accepter et enfin aimer-pardonner. Bref, je regarde ou je me positionne « en termes de cordon ».  Pour une relation d’adulte à adulte. Si cette étape est trop lourde pour moi toute seule, je prends rendez-vous pour un accompagnement. 

La gratitude vis à vis de ma mère

Je fais preuve de gratitude. Quand je voudrais plus, je décide d’être reconnaissante de ce qu’elle m’offre déjà, même si c’est peu à mes yeux. Au lieu de lister tout ce qui m’agace, ou tout ce que j’attends d’elle, je liste toutes les choses que j’aime et que je voudrais transmettre à mon tour. Je fais la liste de 10 belles choses que ma mère m’a transmises. Et que j’aimerais transmettre à mon tour. Il y en a sûrement plus, d’ailleurs ! Encore plus, si j’ose, je la poste, comme une lettre de gratitude (podcast #11 “je dis 3 mercis par jour”)

Je fais un pas de côté, je regarde ma mère comme si j’étais témoin d’une scène de film. Mais encore, je pratique l’observation, comme si je voyais la scène perchée sur la haute branche d’un arbre. Cela permet parfois de changer de positionnement, de poser sur elle un regard d’amour, ou bienveillant. Je regarde alors ses choix et sa manière d’agir non pas comme un tout mais comme une somme de décisions prises en faisant de son mieux à chaque instant T. Pardonner un instant est plus facile que pardonner plusieurs années d’un seul coup. (Le pardon, thème abordé dans le podcast #15)

Je me pose en adulte libre

Enfin, je pose un choix : celui de prendre ma liberté en mains ! Celui de mettre des lunettes d’adultes pour une relation d’adulte à adulte. Cette relation est à reconquérir régulièrement et elle change à chaque étape de la vie. Quand j’ai eu mes règles et de la poitrine et que je suis devenue une femme à mon tour, peut-être épouse à mon tour, une mère à mon tour, une grand-mère à mon tour. Je n’ai pas choisi mes parents et « Nos parents non plus, ne nous ont pas toujours choisi… » précise Isabelle Filliozat.  Le seul choix qui s’offre à nous est celui de la relation que nous établissons. Autant décider d’être heureux ensemble

Quel vaste programme. Ai-je vraiment envie de remuer tout cela ? Ne vaut-il mieux pas rester dans ma carapace ? Quel intérêt au fond ? 

Une relation apaisée

Tout d’abord, une relation paisible et adulte peut s’installer. Cela ne m’empêche pas d’être lucide et bienveillante. Comme une prise de conscience éclairée en quelque sorte. Je peux très bien porter des lunettes roses sans verres fumés ! Célébrer mes parents c’est apprécier ce qui est bon en eux sans les aimer aveuglement. C’est réaliser que ma mère est infiniment plus que nos désaccords. Rappelons-nous que désaccord ne veut pas dire désamour !

Ensuite, je deviens libre, et j’ai construit ma liberté sur un chemin solide, adulte. Nommer et accepter mes émotions (podcast n°5), replacer les mille petits agacements que j’éprouve dans une relecture plus profonde de mon histoire m’en libère. 

Je peux m’adresser à mes parents sans émotion refoulée. De cette façon, je me suis replongée dans mon enfance et mon adolescence avec compassion. 

J’ai davantage d’empathie pour moi-même en tant que femme, mère, épouse, etc. Bref, je m’aime plus car je deviens moi-même ! Et je sais aimer les autres un peu plus.

Les blessures cicatrisent et les petits agacements du quotidien me mettent moins chaque fois un peu moins à l’épreuve.

Les choses positives

Il y a de la place pour la joie (podcast n°9) et de l’indulgence, et pour la gratitude (podcast n°20). Pour lister tout ce que j’ai reçu de bon, de positif. Plus globalement, cet exercice de gratitude appliqué à ma relation mère-fille est un entrainement pour ma vie en général. La gratitude est si puissante ! Toutes ces émotions positives transforment mon quotidien !

Je le redis, car c’est intense : couper le cordon/ quitter la famille c’est prendre le risque de l’amour. 

En bref 

    • J’accepte d’être façonnée par ma mère, par ce qu’elle m’a transmis de visible ou d’invisible. 
    • Je prends le temps de retirer les pierres qui m’empêchent d’avancer et j’admire ce que ma mère a semé de beau sur ma route. 
    • En prenant mon propre chemin, je ne suis ni ingrate ni compliquée, je me positionne simplement comme adulte dans ma relation à elle.
    • Ce chemin d’indépendance affective est un cadeau que je me fais à moi-même.

A vous de jouer 

Je me dégotte un carnet sympa destiné à recueillir mes réflexions. Enfin, je bloque un créneau dans mon agenda pour m’y atteler.

J’influence ma génétique

Ma génétique expliquée

L’épigénétique est une discipline qui découle de la génétique. La génétique s’intéresse à l’étude des gènes. Nous comptons en effet dans notre organisme notre ADN. Celui-ci  comporte 23 paires de chromosomes pour un total de 46 chromosomes venant de nos parents. Ces chromosomes codent nos informations génétiques tels que la taille de nos pieds, la couleur de nos yeux et de nos cheveux. Ces informations codées sont irréversibles : nous n’avons aucun pouvoir dessus. 

Cependant l’épigénétique correspond à la manière dont les gènes vont être ou ne pas être utilisés par les cellules de notre organisme. Ainsi, selon l’INSERM, l’épigénétique correspond à l’étude des changements dans l’activité des gènes, n’impliquant pas forcément de modification de notre ADN. 

Par ailleurs, la façon dont notre code lit l’ADN se fait selon les individus en fonction à la fois de l’hérédité mais aussi de l’environnement.

Une explication du rôle de l’épigénétique en plus de ma génétique

Le scientifique Joël de Rosnay estime la part de l’épigénétique dans notre fonctionnement corporel à 85%. Contre 15% de génétique. D’où l’importance de l’environnement dans notre vie et son impact sur notre santé. En 2011, il évoque que la discipline de l’épigénétique est « la plus grande révolution de la biologie de ces cinq dernières années ». 

L’épigénétique est donc fondamentale pour la compréhension de notre organisme. Mais également de l’importance de notre environnement sur notre quotidien. 

Les études scientifiques actuelles parlent donc de notre pouvoir d’agir sur notre génétique. En effet, l’épigénétique est l’influence de notre environnement sur l’expression de nos gènes. L’environnement comprend à la fois l’environnement physique, social et psychique. 

Notre environnement

Notre corps s’adapte continuellement à son environnement. Cela entraîne des modifications régulières de notre fonctionnement corporel. D’où des corrélations faites entre des maladies et l’environnement. Les bombes atomiques au Japon ont démontré cette évidence.

En effet, un grand nombre de pathologies liées aux irradiations ont et continuent encore de se développer dans le pays du soleil levant. 

Mais parlons plus en avant des conséquences de l’environnement physique sur notre santé. Tout ce qui nous entoure, l’endroit où nous vivons : la ville, la campagne, un appart, une maison. Mais encore  ce que nous mangeons. Cela induit les plats préparés à la maison, le fast-food ou le prêt-à-mange. Mais aussi ce que nous respirons, la pollution ou l’odeur de l’herbe coupée, peuvent venir créer des modifications subtiles de notre fonctionnement. 

Une étude

Une des études fondamentales en épigénétique est tirée de faits réels. L’observation de la population hollandaise à la suite de la famine qui a sévi dans ce pays à la fin de la seconde guerre mondiale en 1944-45.

En effet, il a été observé la chose suivante. Certains enfants dont les parents avaient été exposés à cette famine présentaient une particularité. Celle de l’activation diminuée d’un gène responsable du facteur de croissance. De ce fait, ces enfants présentaient un risque supérieur de développer des maladies métaboliques comme le diabète en grandissant. Ainsi, l’environnement physique a induit des modifications dans leur fonctionnement. Ceci a été transmis par la suite à leur descendance. Il est intéressant de noter ici que ce ne sont pas tous les enfants qui ont été impactés par la famine. 

Différentes sensibilités à l’environnement

Les enfants orchidées

En effet, les études montrent aussi une grande variation entre les individus dans leur sensibilité à l’environnement. Par exemple, les recherches scientifiques ont identifié des groupes d’enfants aux réactions différentes. Ceux nommés « les enfants orchidées » sont plus sensibles aux facteurs environnementaux que leurs pairs. Ceux ci, de fait, plus tenaces identifiés comme les « enfants pissenlits ». Les enfants orchidées sont, comme leur homonyme, des enfants qui vont avoir besoin d’un environnement positif, chaleureux. Mais aussi sécurisant et de soutien pour développer leur plein potentiel.

Ces enfants orchidées, lorsqu’ils se développent dans ce type d’environnement, vont s’épanouir d’une manière impressionnante. Et mieux réussir que leurs pairs moins sensibles.

Cependant, s’ils évoluent dans des contextes plus négatifs avec de la violence, de la solitude, ces enfants orchidées présentent des risques de développer plus de troubles du développement.

Les enfants pissenlits

A contrario, les enfants pissenlits sont des enfants plus résistants. Ils peuvent évoluer dans n’importe quelle situation. Mais par contre ils ne fleuriront jamais autant que leurs congénères « orchidées ». Ainsi, accompagner l’enfant dans son épigénétique revient à lui offrir un environnement le plus sécurisant possible. Afin qu’il s’épanouisse quel que soit son profil. Tous les profils sont bons !

Ma génétique et mon environnement social

Cette sensibilité à l’environnement social s’observe dès le plus jeune âge chez les enfants. Elle a été démontrée en premier lieu chez les ratons mais aussi chez les êtres humains. 

L’étude scientifique chez les ratons s’est réalisée auprès de deux groupes de ratons. Le premier groupe était confié à une maman rat qui léchait beaucoup ses petits tandis que le deuxième groupe était confié à une maman rat qui léchait peu ses petits.

Les deux groupes de ratons ont présenté des comportements significativement différents. Le premier groupe de ratons léchés semblait plus résistant au stress et aux difficultés que le deuxième groupe de ratons. En effet, il étaient peu investi de la part de leur mère rat. 

Chez l’être humain, des relations significatives ont été démontrées. Cela entre conditions environnementales pendant l’enfance et réponse au stress et développement des troubles mentaux. En effet, les enfants dont les besoins affectifs ont été remplis pendant l’enfance comme des câlins, des sourires, de la sécurité sont souvent des enfants développant des relations harmonieuses avec leurs pairs par la suite.

Etudes entre santé mentale et santé physique

Dans la même idée, les études sont nombreuses à faire le lien entre santé mentale et santé physique. Par ailleurs, il a été démontré que les patients avec un état d’esprit positif se rétablissent mieux de maladies. Pa rapport à des patients présentant des dépressions ou des maladies mentales. Dans la même veine, les recherches pointent aujourd’hui du doigt que le stress prolongé pourrait être la cause de nombreuses maladies.

Nous pourrions donc nous poser la question dans le contexte actuel, de l’impact épigénétique que va avoir la pandémie du COVID-19. Mais aussi le confinement sur nos cellules et donc par la suite sur nos relations avec notre environnement. 

Une conclusion attendue

Toutes ces études tendent à montrer que notre environnement  a un impact sur notre développement. Mais aussi sur notre fonctionnement au quotidien. Et ce n’est qu’une petite présentation des nombreuses recherches qui se tiennent actuellement dans le domaine de l’épigénétique.  Cependant, nous pouvons compter sur la magie de notre corps humain et sa merveilleuse adaptation. Car il suffit parfois de changer un ingrédient pour que la recette change !

Changement de regard sur ma génétique

Ces études démontrent l’importance d’un environnement physique, social et psychique sain, serein et sécurisant pour l’individu. Notre adaptation à ces environnements différents est possible grâce à notre plasticité cérébrale

Ma génétique dépendant de mon environnement

Le fait de changer d’environnement, le fait de changer nos habitudes, de sortir de sa zone de confort (podcast #57) peuvent avoir un effet bénéfique à court et à long terme sur notre organisme. Nous avons la capacité de développer notre résilience (podcast #65), nous pouvons aussi nous appuyer sur nos forces (podcast #24). Je persiste à croire qu’il n’y a pas de déterminisme.

L’histoire de Tim Guénard me revient alors en tête. Enfant maltraité, brutalisé, il a pu, grâce aux rencontres et un environnement favorable, avoir une trajectoire de vie inattendue. Pourrions nous dire que nous sommes comme un buvard, nous absorbons notre environnement ?

Influencer ma génétique

Ainsi, si nous partons du postulat qu’il n’y a pas de déterminisme et que je peux influencer ma génétique. Comment le faire ? Comment mettre en place un environnement favorable à mon fonctionnement ? 

  • Écouter votre corps et ce qu’il vous dit. Par exemple, comment cela se fait-il que je digère mal la veille d’un examen ? J’ai des papillons dans le ventre dès que je le vois, qu’est-ce que cela veut dire de moi ? En ce moment, j’ai envie de dormir tout le temps et pourtant je n’arrive pas à me reposer. Qu’est-ce qu’il m’arrive ? Les réponses qui vous viennent à l’esprit quand vous vous posez ce genre de questions sont souvent des pistes de réflexion pour comprendre votre fonctionnement. 

Le stress

  • Comment développer des stratégies efficaces face au stress que je peux avoir au quotidien ? Nous avons tendance parfois à répondre à notre stress de manière automatique. Soit en le combattant, soit en le fuyant, soit en étant figé (podcast #18). C’est la réaction primaire de notre cerveau archaïque qui nous fait réagir de cette manière. Cependant, nous sommes des êtres doués de raisons. Cela est dû au développement de notre cerveau préfrontal dans nos premières années de vie. Ce cerveau va nous permettre de trouver des solutions adaptées face aux défis que nous rencontrons.
  • C’est m’entourer aussi des personnes qui peuvent m’accompagner dans cette démarche positive. En effet, vous aurez plus de facilité à vous motiver à évoluer si vous êtes encouragé et si vous entendez que vous en êtes capable. Cela viendra augmenter votre confiance en vous et l’estime de vous-même. Ce sont deux éléments qui font du bien à vos cellules. 
  • C’est aussi se poser des questions sur ma vie quotidienne. La qualité de mon sommeil, de mon alimentation peut influer sur ma santé. Nous avons effectivement parfois plus de difficultés à faire face aux défis du quotidien si nous avons peu dormi. Ou encore si cela fait trois semaines que nous mangeons du fast-food ou des surgelés. Nombre de pathologies digestives trouvent leur solution dans le changement d’alimentation ou de modes de vie. L’adage « un corps sain dans un esprit sain » prend ici tout son sens. 

Encore des astuces

  • Se trouver des occasions de se régénérer. Qu’est-ce qui me ferait plaisir aujourd’hui : un carré de chocolat ? Écouter un podcast Bulle de Bonheur ? Prendre un bain ? Se prendre un temps en amoureux pour faire 1 temps pour 2 ? Ces temps pour soi permettent aussi de prendre du recul (podcast #70) sur les défis de la journée et d’y trouver des solutions avec calme et sérénité. 
  • Quels sont mes kiffes de la journée ? Et pourquoi pas jouer en famille à 2 minutes ensemble ? Terminer sa journée sur une note positive permet aussi un meilleur accès au sommeil.Par conséquent un sommeil de meilleure qualité et donc un meilleur repos pour attaquer la journée du lendemain. Cela peut-être le principe de la boîte à kiffe que vous pouvez mettre en place dans votre vie personnelle, familiale et professionnelle. Le principe est simple. Tous les jours vous mettez dans une boite ce que vous considérez comme une victoire de votre journée. « J’ai réussi à me lever à temps » ou « mon enfant s’est endormi tout seul pour une fois » ou « j’ai cartonné à ma présentation » ou « j’ai fait une rencontre super intéressante ». Dès que vous sentez que vous avez une difficulté ou un moment de faiblesse, vous tirez un papier de votre boîte à kiffe. Cela vous permettra de rehausser votre estime de vous-même et de faire diminuer le stress afin de trouver une solution à votre défi.

Bénéfice

Le changement de regard sur l’impact de notre environnement sur notre santé et notre fonctionnement corporel amène à se poser d’innombrables questions sur nos modes de vie actuels. Cependant, les bénéfices d’adopter un rythme de vie plus conforme à notre nature profonde permettra de se sentir plus heureux et plus épanoui. 

Allez hop je me lance

En bref, l’épigénétique fait partie de notre vie au quotidien et nous avons par ce phénomène un assez grand pouvoir sur notre vie et notre état de santé. 

Si je résume

  1. 85% de notre fonctionnement tient de l’épigénétique contre 15% de génétique 
  2. Rien n’est déterminé à l’avance et j’ai le pouvoir de changer une partie de mon fonctionnement par une écoute de mes besoins et de mon corps
  3. La science et principalement l’épigénétique remet en question nos modes de vie actuels : professionnel (moins de stress), personnel (être plus positif, alimentation, sommeil…)
 
 

Je joue pour être heureux

Le jeu, introduction

Le jeu tient une place importante dans de nombreuses civilisations. Si l’homme joue depuis des millénaires, les historiens se sont cependant longtemps désintéressés de cette activité. Sans doute du fait de son aspect récréatif jugé trop peu sérieux pour faire l’objet d’études. Aujourd’hui, cette vision est totalement dépassée. Le rôle du jeu dans l’éducation, dans les apprentissages, dans les rapports sociaux et même les rapports de pouvoir est devenu un vrai sujet d’étude !

Bien entendu, ce thème nous tient particulièrement à cœur. La création et le succès des jeux 2 minutes sont pour nous une belle illustration du rôle précieux des jeux. Notamment pour le développement personnel, pour une meilleure compréhension de l’autre mais aussi pour renforcer les liens intergénérationnels.

Petite histoire du jeu 

Gabriel Balbo, psychanalyste français, la résume ainsi :« courses de chars, compétitions sportives, théâtre chez les Grecs et les Romains, jeux de voix chez les Esquimaux ou cerf-volant chez les Chinois. On oublie trop souvent que, tout au long de l’histoire de l’humanité, jouer a été considéré comme une activité si sérieuse qu’elle était réservée aux adultes ! ». Ainsi, en France, le mot “jouet” a longtemps désigné « les bijoux ou les animaux de compagnie qui servaient à amuser les adultes ». Avant l’avènement de l’industrie du jouet, les enfants possédaient d’ailleurs très peu de jouets (balle, poupée de chiffon, osselets, marelle…)

Le jeu aujourd’hui

Aujourd’hui, la vision que nous avons des jeux pourrait être inversée. Les enfants croulent sous les jouets, le jeu vidéo a envahi les maisons. Pour les adultes, le jeu est souvent assimilé à l’oisiveté et la perte de temps. Mais comme nous allons le voir, adopter ce point de vue serait adopter une vision un peu réductrice du jeu.

Un fait certain en revanche, le jeu, comme d’autres formes d’art, est le reflet de la culture dans laquelle il a vu le jour. De plus, il évolue dans l’Histoire. Des premières traces de jeu structuré (-8000 av. J-C) au jeu en 3D, il y a en effet un monde et de nombreuses transformations !

Au commencement

Au commencement de l’histoire du jeu, jouer se rapproche plutôt de la divination, de l’oracle, voire de la prière. L’utilisation des dés y est courante, des dés à 2 faces (coquillages, baguettes,…), puis à 4 faces (comme les osselets) et enfin les dés cubiques que l’on connaît mieux.

Les premiers jeux, tels que nous les concevons aujourd’hui, vont être des jeux de pions (course pour aller d’un point à l’autre, combat sur parcours puis jeux sur table).

Les jeux de hasard et l’influence divine dominent longtemps l’univers du jeu. Avant de laisser la place au libre arbitre et à la stratégie (comme le jeu de Go en Chine). 

Il serait long et complexe d’évoquer toute l’histoire du jeu. Nous allons donc effectuer des grands bonds dans le temps pour évoquer l’apparition des cartes au XIVe (dont l’essor va être propulsé avec l’invention de l’imprimerie). Puis plus récemment des jeux de société (Monopoly en 1913, Cluédo en 1946, Scrabble en 48…). Enfin, apparaît l’univers des jeux vidéo, dont la marge de développement semble encore très grande.

A quoi sert le jeu ? 

Sociologues et historiens identifient généralement 4 grandes raisons qui expliquent la présence du jeu à travers les siècles : 

  • se délasser. Comme une pause, une récréation, le jeu permet de se changer les idées, de se délivrer des soucis, de se relaxer.
  • absorber le superflu d’énergie. Le jeu vient alors comme un catalyseur. Il permet de se défouler, physiquement mais aussi intellectuellement.
  • reproduire. Par une sorte d’atavisme, des formes ancestrales, des rites culturels, familiaux se perpétuent.
  • être ensemble. Le jeu est avant tout social (même les jeux vidéo, qui se jouent d’ailleurs beaucoup en réseau). L’homme étant un animal grégaire, jouer satisfait ses besoins d’être entouré, de partager. Il assure donc une fonction de socialisation.

Le jeu et ses 4 grandes fonctions

Les psychologues relèvent pour leur part 4 grandes fonctions du jeu (Roger Caillois, in “Les Jeux et les Hommes” – 1991) : 

  • la compétition : courses, billard, football, échecs, jeux vidéo interactifs… Ces jeux permettent d’exprimer ses ressources personnelles dans un environnement où tout le monde est soumis aux mêmes règles. On va y chercher le dépassement de soi et, en cas de victoire, la valorisation personnelle.
  • le hasard : roulettes, dés, loteries, certains jeux de carte. « Les jeux de hasard sont projectifs : ils permettent de rêver, car ils font mettre en scène la possibilité de devenir riche tout en faisant l’économie du travail ». Ils obligent également à lâcher prise, puisqu’il faut accepter l’idée de tout perdre sur un simple coup du hasard (Bulle de Bonheur #21). Enfin, ils abolissent les inégalités sociales, car les chances sont les mêmes pour tous.
  • le « simulacre » : carnaval, masques, déguisement, jeux de rôle, théâtre, jeux vidéo d’aventure. Paradoxalement, se déguiser et se dépouiller temporairement de sa personnalité pour en adopter une autre permet de se libérer. En outre cela permet aussi de laisser éclore sa véritable personnalité.
  • le « vertige » : manèges de fêtes foraines, jeux à sensations, sauts, sports extrêmes… « Ces jeux, dont certains se déroulent en compétitions, provoquent un trouble physiologique, une sorte de transe qui efface la réalité ». Et qui permet de découvrir d’autres parties de sa personnalité.

Le jeu et l’enfant

Les bienfaits du jeu pour l’enfant ont été largement relayés par les médias mais aussi les professionnels de l’enfance. Jouer, c’est donc non seulement amusant mais c’est aussi essentiel ! L’enfant a besoin de jouer pour faire des découvertes, comprendre le monde qui l’entoure et pour bien se développer.

  • sur le plan moteur et sensoriel. Le jeu lui permet de découvrir les couleurs, les textures, les formes, les sons et les goûts. En grandissant, ces jeux lui donnent aussi l’occasion de courir, sauter, faire des acrobaties, lancer, attraper. Cela renforce ses muscles, ses habiletés physiques mais aussi sa motricité fine (par la manipulation). Tous ses sens sont en éveil et son cerveau enregistre de nouvelles connaissances.
  • sur le plan intellectuel. Pensée et résolution de problème sont particulièrement activées. L’enfant peut faire des liens (par exemple quand il laisse tomber plusieurs fois un objet, il comprend petit à petit que son geste donne un résultat). Le jeu favorise aussi la créativité et l’imagination. Par exemple, invention d’histoires, construction d’espaces. Ou encore mise en scène à partir de figurines, de jouets, de déguisements, sans compter toutes les possibilités que la nature peut lui offrir.
  • sur le plan social. Apprendre à vivre avec les autres, à partager, à respecter des règles. Apprendre à attendre son tour, à faire des compromis, à perdre, à se tromper. Mais c’est aussi découvrir de nouveaux univers, de nouveaux mots, de nouveaux comportements. C’est encore développer ses capacités d’observer, de s’exprimer, d’expliquer… Bref, le jeu favorise le développement de son langage et enrichit son univers social.

Et chez l’adulte ?

Comme nous l’évoquions au début de notre podcast, il semble que le jeu perde son aura au fur et à mesure que l’enfant se dirige vers sa vie d’adulte. Il est petit à petit relégué derrière d’autres priorités, comme les études, le sport puis la vie professionnelle, où l’injonction « il faut travailler » semble effacer en grande partie l’importance de jouer. Le jeu devient alors marginalisé et même, comme nous l’avons déjà dit, connoté négativement. 

Les causes de cette vision du jeu sont multiples et peuvent bien entendu varier d’une culture à l’autre, d’une famille à l’autre. Dans nos sociétés capitalistes, il est courant toutefois d’avancer que le jeu ne correspond pas aux injonctions sociales de produire et d’être utile. La mauvaise réputation des jeux de hasard et d’argent est une explication aussi quelquefois énoncée. Enfin, l’apologie faite de l’importance du jeu pour le développement de l’enfant a pu faire penser que jouer avait un côté régressif. Que jouer était réservé aux enfants.

Le jeu, un bienfait pour les adultes aussi

Les études sont toutefois unanimes : le jeu comporte de nombreux bienfaits pour l’adulte aussi.

Si l’on reprend notre fil rouge, celui du bonheur, les chercheurs ont ainsi montré que les joueurs ont l’air plus heureux ! 

Quant à l’incompatibilité du jeu avec nos sociétés qui demandent de la performance et de la productivité, cette croyance est bien démentie. En effet, il est démontré également que les joueurs arrivent à mieux se concentrer et sont plus productifs que les autres !

Tension entre le jeu et le travail

Cette tension entre le jeu et le travail rappelle celle que nous avions mentionnée entre la joie et le travail (Bulle de bonheur #9). Nous parlions de cette idée encore souvent présente dans le monde du travail, qu’être joyeux empêcherait d’être sérieux. Comme si la personne qui sourit, qui rit, envoie le message qu’elle prend les choses à la légère, qu’elle manque de concentration. Bref, qu’elle a un comportement qui n’est pas adapté à son univers professionnel.

Pour les partisans de cette vision négative de la joie au travail ou du jeu, c’est comme si être adulte était incompatible avec le fait de rire, de jouer. Mais aussi de pleurer, d’éprouver des émotions, bref, en tant qu’adulte, nous nous devons d’être sérieux, actifs et productifs. 

Le jeu est un besoin fondamental

Pour Hubert Jaoui (auteur et expert en créativité appliquée et gestion de l’innovation), jouer est au contraire “un besoin fondamental pour la santé mentale et la créativité. Si on ne joue pas, l’esprit se mécanise, les émotions s’assèchent. Or, le jeu est une véritable source d’énergie, pleine, par essence, d’émotions positives”.  Il suffit d’ailleurs de regarder le développement et le succès des stages de comico-thérapie ou de clown-thérapies. Mais aussi les formations incluant le jeu ou encore ces nouveaux métiers comme Chief Happiness Officer (responsable du bonheur en entreprise), pour confirmer que le jeu peut être un atout dans la productivité ! 

Si certaines vertus du jeu sont communes aux enfants et aux adultes (sociabiliser, développer la créativité, des stratégies, apprendre, se cultiver…), certaines s’appliquent plus spécifiquement aux adultes. 

Le jeu permet de s’oublier

D’après Lenore Terr, psychiatre à l’université du Michigan, l’élément psychologique fondamental est que le jeu permet de s’oublier soi-même. Et seul l’oubli de soi, associé au plaisir, permet de se dépasser et d’être créatif. « Voilà la grande différence entre les enfants et les grandes personnes. Les premiers jouent pour se découvrir et se structurer. Les seconds, pour s’oublier et se dépasser ».

Individuel ou collectif, le jeu, par essence, échappe aux normes de la vie sociale ordinaire. Il permet une rupture avec le quotidien, un plongeon dans un autre univers. Dans notre monde souvent plus stressé et stressant, et très  normé, on comprend que cette évasion soit de plus en plus utile !

Il est intéressant de noter que le jeu permet également de freiner le vieillissement. Plus on joue, plus on utilise nos fonctions cognitives et plus on les préserve. Le jeu donne un regain de vivacité, un nouveau souffle, une sorte de nouvelle jeunesse…  Le jeu nous permet aussi d’entretenir notre mémoire. « Jouer ne permet pas de vieillir moins, mais bien de se sentir moins vieux » !

Et si je mettais plus de jeu dans ma vie ? 

En pratique 

Encourager le jeu chez l’enfant 

Jouer est une activité naturelle pour un enfant, il joue spontanément. Les adultes, nous l’avons vu, sont bien informés sur l’importance du jeu dans la construction de l’enfant. Pourtant, il arrive malheureusement trop souvent que l’enfant manque de temps pour s’amuser. Ceci parce que l’horaire très organisé des familles ou la surcharge d’activités de l’enfant laissent peu de place au jeu. 

A défaut d’avoir des moments où il n’a rien à faire (et pourtant, un enfant qui s’ennuie est un enfant qui se construit), essayez au moins de favoriser autant que possible le recours au jeu dans le quotidien de votre enfant.

  • Donnez-lui le plus souvent possible l’occasion de jouer et laissez-lui le temps de le faire sans l’interrompre (le bain, le repas peuvent attendre 10 minutes !).
  • Mettez à sa disposition des jouets et des accessoires variés avec lesquels il peut s’amuser (en fonction des âges, tapis d’éveil, cubes, blocs, ballons, pâte à modeler, figurines, déguisements, jeux de construction etc.). Le petit enfant n’a pas connaissances du marché du jouet donc peut aussi s’amuser avec une boîte en carton, une cuiller en bois, une bouteille remplie de graines… Il apprendra autant qu’avec des tableaux d’éveils très sophistiqués (dont le bruit nous insupporte en plus assez rapidement !)
  • Proposez à votre enfant différentes activités à différents endroits pour lui donner la chance de jouer de plusieurs façons (jouer dans le sable, dans la neige et même sous la pluie, jouer avec d’autres enfants, faire du bricolage, de la musique, danser, se déguiser, etc.).
  • Faites des activités extérieures. Quand ils jouent dehors, les enfants bougent plus, ils prennent de petits risques, relèvent des défis et gagnent de l’assurance.
  • Laissez votre enfant jouer librement, seul ou avec d’autres enfants. Lorsqu’il décide à quoi il veut jouer et comment il veut jouer, il développe sa créativité et sa capacité à résoudre des problèmes. En dehors des jeux qui imposent des règles précises, laissez votre enfant diriger le jeu quand vous jouez avec lui. De cette façon vous lui offrez une belle opportunité pour qu’il développe son autonomie et sa confiance en lui.

Trouver des occasions de jeu

Que vous soyez à la montagne ou à la plage, en forêt, en camping, à la maison, faites confiance à votre imagination pour trouver des occasions de jeux. C’est parfois avec les choses les plus simples que l’on obtient les meilleurs résultats (un bout de bois, quelques cailloux, des objets détournés du quotidien…)

Le jeu peut aussi s’immiscer dans des activités quotidiennes. Pour ranger la chambre (lancer un concours, le faire en musique) Ou bien encore faire les courses (trouver le plus rapidement les bananes, le bouton de la balance correspondant, compter le nombre de yaourts qu’il faut pour 1 semaine…) Dans le couple, pour mettre un peu de fantaisie (Bulle de Bonheur #16), pour pimenter les relations sexuelles. En famille, au cours d’un apéro ou d’un repas (lancer un quizz, faire une ronde des compliments, tirer une carte du jeu 2 minutes ensemble …).

Et vous ? 

Nous l’avons vu, jouer avec ses enfants, ses petits enfants mais aussi en couple ou seul, a de multiples bienfaits. Mais encore faut-il le faire ! 

Si certains ne voient pas l’intérêt de jouer (peut-être que ce podcast les fera changer d’avis !), d’autres culpabilisent ou ne se sentent pas à leur place. Mais l’argument le plus souvent invoqué pour ne pas jouer est le manque de temps. Nous vous proposons donc de réécouter un de nos tout premiers podcasts pour savoir comment trouver le temps (Bulle de bonheur #2) mais surtout de vous mettre au défi de prendre ce temps (oui, vous l’avez !) Il pourrait être intéressant à ce propos de gérer différemment quelques priorités (Bulle de Bonheur #10) ?!

Le temps de jouer

Il est certain que jouer demande du temps, mais entre une partie de 2 minutes avec nos jeux de cartes, une partie d’échec de 1h30 ou encore un jeu en ligne de 3h, la gamme est large et adaptable à tous les emplois du temps ! 

Il est vrai également que la fatigue, la flemme ou encore le manque de plaisir peuvent nous freiner. Ou bien nous préférons nous laisser tenter par la facilité des écrans. Prendre son téléphone plutôt que de proposer un jeu à son partenaire. Mettre nos enfants devant un écran pour avoir la paix plutôt que d’aller prendre le risque du bruit, de l’excitation voire des disputes que peut générer le jeu. Pourtant, au delà de ses petits désagréments (qui peuvent être bien limités si les règles sont posées clairement avant), quelle richesse pour nos relations ! 

Eduquer par le jeu

En tant qu’éducateurs par exemple, apprendre à ses enfants les règles d’un jeu et les voir ensuite jouer régulièrement, dépasser leurs limites et leurs croyances pour développer leur côté stratégique. Mais encore faire face aux échecs, expérimenter la patience, la différence, n’est-ce pas une belle contribution pour les aider à se construire et développer leurs compétences sociales ?

En jouant, nous contribuons aussi à renforcer les liens familiaux, nous nous offrons une occasion de découvrir autrement nos partenaires de jeux (découverte de facettes de leur personnalité). Enfin nous pouvons instaurer ou perpétuer des rituels (sur l’importance des rituels, voir Bulle de Bonheur #4).

Et les jeux vidéos ? 

Les jeux vidéo sont des jeux ! 

Quand nous parlions d’évolution des jeux en introduction de notre podcast, le jeu vidéo en est une belle illustration. Bien entendu avec ce qu’elle peut engendrer de questions et d’inquiétude quand un nouveau comportement nous éloigne de nos repères et de nos croyances. 

Nous n’allons pas ici lancer un débat sur le sujet mais simplement rappeler que de nombreuses études prouvent aujourd’hui que ces jeux ont réellement des avantages. Amélioration de l’attention visuelle et de la coordination spatiale. En outre, valorisation de la plasticité cérébrale (capacité à inventer de nouvelles connexions, à s’adapter à tout un tas de facteurs – qu’ils soient liés à l’environnement ou à l’expérience). 

Bien entendu, tout cela a un intérêt si l’activité reste une activité parmi d’autres, sans porter préjudice à notre vie privée, sociale et professionnelle. L’addiction, l’obésité (due au manque d’activité physique et à la perturbation du rythme alimentaire) et la banalisation de la violence sont des risques réels mais qui ne se produiront pas si nous savons observer la mesure, la juste proportion, bref si nous gardons un équilibre. 

En bref 

  • A tout âge et depuis la nuit des temps, jouer est source de plaisir et de bienfaits.
  • Le jeu est utile de l’aube au crépuscule de notre vie.
  • Jouer pour apprendre, se rapprocher, créer des liens, établir des stratégies, respecter des règles, accepter de perdre, s’affirmer… 
  • On peut jouer partout, presque quand on veut et avec pas grand chose ! Dehors, dedans, en bande, à 2 et même seul, il y a forcément un jeu qui vous correspond. 

Allez hop, je me lance !

A vous de jouer chers lecteurs, 2 minutes pour trouver une idée de jeu facile à adopter le temps d’une pause. Pensez à la gamme des jeux 2 minutes, il y en a pour tous les âges de la vie.  En transition entre le bureau et la routine familiale, avant le coucher des enfants. Ou en rituel de fin de semaine pour jouer en famille, avec votre partenaire… les opportunités sont nombreuses !

Interview avec Alexandra de Saivre

Avec Alexandra de Saivre, un beau voyage…

Alexandra de Saivre, après 12 ans de marketing en grande consommation, a voulu
mettre à profit ses expériences et ses compétences dans un projet porteur de plus
de sens. Elle a alors fondé Tous en Tandem.

Nous partions du même constat : les personnes âgées ont besoin de partage et de
rencontres. Nous avons le même souhait : rapprocher les générations entre elles et
créer du lien car tout le monde y gagne, jeunes et moins jeunes.

Nous avons créé 2minutes ensemble ! nos cartes pour connecter les générations. Quant à elle, Alexandra a créé Tous en Tandem la première communauté d’étudiants au service des ainés pour réaliser des animations culturelles. Ceci, auprès des séniors dans les résidences et dans les communes.

Elle fait des animations dans toute la France – 60 villes. Les étudiants, les
tandémiens, tout comme les seniors sont enthousiastes de ces séances, gaies,
enrichissantes et divertissantes.

A Bulle de Bonheur, nous aimons quand Alexandra dit que si chaque étudiant
adoptait un senior et réciproquement, les générations seraient plus complices et la
société s’en porterait mieux ! Nous applaudissons !

Une initiative à mettre dans toutes les résidences !

RDV sur www.tousentandem.com

Je suis la priorité numéro 1

La priorité dans ma vie

Les obligations professionnelles, familiales, personnelles sont nombreuses. Nous avons parfois l’impression d’être embarqués dans un tourbillon intense de rendez-vous à honorer, d’actions à réaliser. Mais aussi de livrables à rendre, de personnes à rencontrer, d’enfants à accompagner… Ce sont les signes d’une vie riche. 

Mais parfois elle peut nous apparaître dénuée de sens. Un peu comme si l’on accomplissait ce qui est attendu de nous, sans réflexion, sans y penser, comme un robot.

Cela laisse souvent une impression de débordement, un peu d’angoisse qui peuvent nous faire perdre de l’énergie. A force de courir, on ne se sent pas connecté à ses actions. Et on ne trouve pas l’espace nécessaire pour se concentrer sur soi-même, pour s’occuper de soi et retrouver le sens de notre quotidien. J’aime bien dire que ce trop-plein laisse parfois en fait un grand vide en nous. Un peu comme un hamster qui court dans sa roue. Il court, il court, la roue tourne sur elle-même sans atteindre de destination. De ce fait le hamster ne semble savoir où il souhaite aller.  

Donner la priorité aux autres ou à soi-même ?

Intuitivement, nous avons tendance à donner la priorité aux autres et aux actions reconnues comme utiles.

La vie professionnelle et le temps utile

Entre un lunch avec mon collaborateur qui souhaite me confier un de ses soucis et mon envie d’aller me vider la tête au club de gym pendant ma pause, il y a beaucoup de chance que je donne la priorité à mon équipe.

Mes besoins m’apparaissent comme les variables d’ajustement dans mon emploi du temps chargé, celles qui peuvent passer après tout le reste. Notre rapport au temps est orienté vers l’utilité et l’efficacité.

Je chasse les temps morts, je cherche souvent à optimiser au mieux le temps et l’énergie dont je dispose. En outre, j’ai à cœur de faire des choses utiles. En cette période où le télé-travail continue dans beaucoup de foyers, on va essayer d’utiliser au mieux notre temps à la maison pour réfléchir aux dossiers les plus exigeants. Sans oublier de lancer une machine et réceptionner notre livraison de courses. Le confinement a souvent eu pour conséquence de brouiller les limites entre la vie professionnelle et la vie personnelle. Cela nous a donné l’habitude de faire encore plus de choses en même temps.

Tout faire tout le temps

Nous sommes influencés par la croyance que nous devons tout le temps « faire » pour exister. Que nous devons tout le temps être dans l’action. Pour interroger vos croyances, vous pouvez vous reporter à l’épisode 29 de nos bulles de bonheur : « Je dépasse mes croyances ».

On a tendance à penser que les gens qui accomplissent tout un tas de choses sont des gens biens. Alors que ceux qui sont plus oisifs nous semblent louches, désorganisés ou égoïstes.

D’ailleurs, lorsque nous prenons un moment qui ne sert pas d’autre objectif précis que notre plaisir ou notre bien-être, nous pouvons nous sentir coupable.

Notre éducation nous a soufflé de ne pas trop nous écouter, d’être généreux, de servir des objectifs qui dépassent notre intérêt individuel. Et de cesser de nous regarder le nombril. Dans ce contexte, nous avons du mal à nous recentrer sur nous-mêmes, à nous reconnecter pour prendre soin de nous.

Savoir prendre soin de soi

Et puis d’ailleurs, comment prendre soin de soi ? Est-ce prendre soin de mon corps : m’accorder un massage ou aller faire du sport ? Ou bien est-ce me faire un petit plaisir comme un resto ou un épisode de ma série préférée ? Ou encore est-ce m’offrir un moment de calme à flâner sans but précis ? Toutes ces choses qui me font plaisir me font-elles aussi du bien ? Est-ce que prendre soin de moi se résume à me faire plaisir ?

Et si on se donnait la priorité sans culpabiliser ?

Une équipe de la Harvard Business School a observé précisément l’activité de 27 dirigeants d’entreprises cotées en bourse pendant un trimestre. Il en ressort que si leur emploi du temps est chargé et leur travail particulièrement exigeant, ils ont néanmoins tous en commun de dédier 25% de leur temps en moyenne à d’autres activités que le travail. La moitié de ce temps est passé en famille et l’autre moitié à des activités de détente comme regarder la télévision, lire ou s’adonner à des loisirs personnels. Eux-mêmes reconnaissent qu’ils ont imposé leurs propres limites pour tenir sur la longueur en se ressourçant au cours de ce qu’ils appellent le « me time ».

La priorité bien placée

Chaque individu est comme un réservoir, il ne peut donner que s’il est plein. C’est assez contre-intuitif mais se recentrer régulièrement sur soi-même est en fait le premier pas pour être en capacité d’être disponible au monde qui nous entoure, de l’accueillir et d’y apporter sa contribution.

Prendre du temps pour soi et s’accorder la priorité ne font pas de nous quelqu’un d’égoïste. D’après le modèle développé par Matthieu Ricard et Michael Dambrun, il existe deux types de bonheur générés par des modes de fonctionnement opposés : le soi centré et le soi décentré. Le soi centré est lié aux concepts d’égoïsme et d’égocentrisme. Le soi est le point de départ de tout et la recherche de son intérêt personnel prend le pas sur autrui. Ce mode de fonctionnement incite à approcher les choses, les activités et les autres en fonction du plaisir que l’on peut en retirer et à s’éloigner le plus possible des expériences désagréables ou qui ne nous mettent pas en valeur. A l’inverse, le soi décentré, comme son nom le laisse deviner, est tourné vers l’extérieur. Il se caractérise par de l’altruisme, du respect, de l’empathie, de la compassion et de la recherche d’harmonie. Il incite l’individu à rechercher une juste articulation avec les différents éléments de son environnement, avec les autres formes de vie et avec ses propres aspirations profondes.

Priorité et plaisir

Le soi centré est tourné vers des plaisirs hédoniques plutôt transitoires. L’individu passe d’un plaisir à l’autre, sans continuité. Ce qui le rend sujet à des émotions comme la frustration, la colère ou encore la jalousie. Contrairement au soi décentré qui est associé à un meilleur bien-être, à des émotions positives et à une diminution de la détresse psychologique. Ce type d’affect est plutôt stable dans le temps. L’individu se sent en harmonie avec son environnement et en cohérence avec ses aspirations profondes, ce qui contribue à l’installer dans un bien-être durable. Conclusion, prendre soin de soi n’implique pas forcément d’être autocentré et de rejeter autrui. C’est en partant de soi-même qu’on est en capacité de se tourner vers les autres. Ce n’est donc pas un réflexe égoïste.

L’un des pères fondateurs de la psychologie positive, Martin Seligman, a développé le modèle de bonheur PERMA en 2012.

PERMA pour :

  •       Positive Emotions. Notre capacité à concentrer notre attention sur les choses positives, c’est ce qui nous permet d’être optimiste. De surcroît de persévérer et de relever des défis. Par exemple, une musique sympa qui passe dans la salle d’attente, votre mari qui vous envoie un SMS tendre
  •       Engagement. Nous engager dans des activités nous permet d’étendre notre intelligence. Cela accroit notre sentiment de compétence et de satisfaction. Par exemple, se lancer dans la peinture ou se lancer un défi comme apprendre une nouvelle langue
  •       Relationships. Entretenir des relations solides et épanouissantes est un vrai bienfait. Non seulement pour amplifier nos moments de joie mais aussi pour atténuer les moments plus difficiles. Par exemple, appeler mes parents régulièrement, jouer à un jeu 2 minutes en famille
  •       Meaning. Agir selon un but qui donne du sens à notre vie est lié au sentiment d’utilité sociale. Cela nous permet de nous épanouir en fonction de nos souhaits profonds. Par exemple, donner de son temps pour une activité bénévole ou participer à un cercle de réflexion sur un sujet qui nous tient à coeur.
  •       Accomplishments. Progresser vers nos objectifs personnels nous permet de nous sentir accomplis et fiers de nos réalisations. Par exemple, se féliciter lorsque nous avons couru 500m de plus que lors de notre dernier footing.

Un bien-être durable

Ces déterminants sont sources d’un bien-être durable qui passe par une meilleure stabilité affective, un plus grand calme intérieur. Mais encore un sentiment d’épanouissement personnel et le cheminement vers le sens de la vie.

Dans ce schéma, prendre soin de soi est essentiel car c’est à la base de ces éléments. En psychologie positive, cet espace pour soi va nous permettre de développer des émotions positives. Des pensées, des comportements constructifs qui contribuent à notre épanouissement. Le soin que l’on s’accorde permet de prendre du recul sur un quotidien chargé. En outre, il permet de concentrer notre attention sur ce qu’il comporte de positif et sur la cohérence de nos actions quotidiennes avec ce qui compte pour nous. C’est ce qui va redonner de l’élan et réorienter nos actions vers le sens de notre vie.

La priorité ? Se centrer sur soi-même

En se centrant sur nous-mêmes, on déclenche un bien-être à deux horizons de temps. D’une part la joie, le calme ou la paix sur le moment mais aussi un bien-être de plus long terme. C’est celui que l’on ressent lorsque l’on s’engage dans des actions qui correspondent à nos valeurs.

Ses valeurs

Identifier ses propres valeurs est un travail en soi et cela fera l’objet d’un autre épisode.

Prendre soin de soi c’est se redemander ce qui nous rend heureux, ce qui apporte du sens à notre existence et se reconnecter à ses valeurs. Tout cela pour les remettre au centre de nos actes.

Par exemple, le vendredi soirs tous les 15 jours, nous déclinons les invitations à des dîners pour passer la soirée en famille. Etre avec nos enfants, passer une bonne soirée avec eux autour d’un film ou d’un jeu pour nous reconnecter en famille m’apporte beaucoup de joie. Cela nourrit la qualité de mes relations avec mes enfants et mon mari et m’apporte un sentiment d’épanouissement dans la maternité. C’est un moment où je considère que je prends soin de moi.

Faire attention à soi est une soupape qui ne profite pas qu’à moi-même. Ça me met en mouvement et me permet d’ajuster mes actes et mes comportements aux circonstances extérieures.  

En pratique

L’auto-compassion

Il s’agit d’adopter une attitude bienveillante envers soi-même, comme on le ferait avec un ami. On l’a abordé dans notre Bulle de Bonheur  #39 sur l’auto-compassion. Pour prendre soin de soi, on peut se tourner amicalement, sans jugement vers soi-même et accueillir nos pensées, nos sentiments.

Se donner le temps d’observer comment on se sent, ce qui nous anime et génère du positif en nous.

C’est aussi accepter ses émotions, ses faiblesses et ses défauts sans s’en vouloir. Afin de se concentrer plutôt avec optimisme sur nos forces et nos souhaits profonds.

Prendre soin de soi

Je peux prendre soin de moi de bien des façons différentes. Je peux aller me faire masser, nager une heure, avancer un roman, déjeuner dans un bon restaurant. Mais aussi rire devant un épisode de série, m’impliquer pour une cause que je souhaite défendre, prendre un café avec un ami…

Une activité qui vise à prendre soin de soi-même consiste à prendre soin de ce qui compte pour soi et donc de ses valeurs et de ses aspirations.

Par exemple, je prends un quart d’heure par jour pour pratiquer un instrument. Je me sens satisfaite de l’avoir fait, je suis heureuse de constater mes progrès. Et cela me donne envie de choisir de nouveaux morceaux, de proposer de jouer pour des amis ou avec un orchestre amateur. Le soin de moi-même n’exclut pas les autres, il remet mes priorités au centre du tableau.

Activités sérieuses ou non

Les activités peuvent être « sérieuses », guidées par un projet spécifique comme apprendre l’informatique ou plus légères comme aller marcher en forêt.

D’après Robert Stebbins chercheur américain spécialisé dans l’étude du loisir, les loisirs sérieux apportent des bienfaits durables. Parmi eux, il y a l’actualisation et l’expression de soi, un renouvellement d’énergie, des relations de qualité et un sentiment d’appartenance.

Ces actions génèrent un sentiment d’accomplissement et de reconnexion avec soi-même mais elles peuvent aussi avoir un impact social.

Les loisirs plus légers me relaxent, me détendent, m’apportent du calme et de la sérénité. C’est l’équilibre entre ces deux types d’activité qui aide chacun à adopter un mode de vie qui lui correspond et qui contribue à son épanouissement et à sa qualité de vie.

Envie ou besoin

Attention cependant, dans la recherche d’émotions positives, à ne pas confondre envie et besoin. Nous en avions parlé dans notre Bulle de Bonheur #12.

L’envie est éphémère, liée à l’avoir et au plaisir. Il s’agit de lui laisser une place mais il est aussi important de savoir faire le tri entre les envies et les vrais besoins. Ceux qui correspondent à nos valeurs. Les envies peuvent nous emmener vers une quête épuisante, car sans fin et peu satisfaisante dans la durée.

En bref:

  •       Prendre soin de vous ne fait pas de vous quelqu’un d’égoïste
  •       Prendre soin de vous est la source de votre bonheur
  •       Adoptez une attitude bienveillante envers vous-même et autorisez-vous du « me time », c’est essentiel pour être en capacité d’accueillir les circonstances extérieures et de rayonner autour de vous
  •       Concentrez-vous sur des activités qui sont cohérentes avec vos valeurs et vous apportent un bien-être durable

Soyez votre priorité numéro 1 !

Allez hop je me lance !

A vous de jouer, chers auditeurs, 2 minutes pour bloquer un moment dans votre agenda des prochaines semaines et choisir une activité réalisable pour prendre soin de vous.  

Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

Je pratique l’art de la demande

La demande

Savoir demander est une composante très importante de la communication et donc de la qualité de nos relations. Comme nous l’avions évoqué dans nos podcasts sur ce sujet (Bulle de Bonheur #27 j’apprends à écouter et #31 je parle au positif), la communication est la capacité à savoir écouter et s’exprimer, en veillant à ce que notre échange ne soit pas brouillé par des parasites.

Qu’est ce que s’exprimer

S’exprimer, c’est savoir choisir les mots, notamment pour nommer ses émotions et accueillir celles des autres (Bulle de Bonheur #5). Cela en vue de traduire le reflet de ses besoins et de ceux de notre interlocuteur, pour répondre à une question, en poser une autre… Le tout dans une forme simple et claire, qui puisse prêter le moins possible à interprétation ou à confusion.

Or vous le savez, les mots que nous utilisons, les tournures de phrases que nous employons ainsi que le non verbal qui accompagne notre langage en disent souvent plus long ! Plus que ce que nous le voulons ou le pensons !

Rappelons aussi cette mauvaise habitude que nous avons de penser que nous pouvons “être devinés” par notre entourage.

Cette habitude, généralement issue de notre enfance, nous conduit souvent à nous exprimer à demi-mots. Mais aussi à “lire” dans les pensées des autres et par conséquent à réduire nos demandes. Nous accumulons ainsi les chances d’être mal compris et de mal comprendre. En effet, nous le savons, la pensée humaine est riche, mouvante et très complexe.

La demande, un bon moyen

La demande est pourtant un moyen de communication très utile pour obtenir :

  • un renseignement, une information. A quelle heure part le train ? Qu’est-ce que c’est ?
  • une explication. Peux-tu m’éclairer sur ce point ? Pouvez-vous me dire comment faire pour contacter ce client ? Peux-tu me montrer comment on télécharge un document ?
  • de l’aide. J’ai besoin de bras forts pour porter les courses. Est-ce que tu peux me donner un coup de main pour préparer le repas ? J’ai besoin d’une personne pour m’aider à finir ce dossier à temps, es-tu disponible ?

Aujourd’hui, nous allons nous focaliser sur la façon dont nous nous exprimons pour demander de l’aide. 

La demande d’aide

Nous le savons, demander de l’aide peut être difficile. D’abord parce qu’on n’ose pas le faire mais aussi parce que nous ne connaissons pas la bonne façon de le faire.

Une demande ne se résume pas en effet à mettre un point d’interrogation au bout d’une phrase ! Comme pour toute forme d’expression, la demande exige de respecter quelques règles pour s’assurer qu’elle ait le maximum de chances d’être entendue et comprise.

Vous remarquerez que nous précisons “être entendue et comprise” et non pas “être exaucée”. Pourquoi ? Parce que le but de la demande n’est pas que la personne y réponde favorablement, sinon il s’agit d’une exigence ! Et c’est là une nuance très importante à faire. Si vous formulez une demande à une personne et que vous n’êtes pas d’accord avec la réponse qu’elle vous donne, alors vous n’êtes pas dans une vraie demande…

La demande laisse le choix à l’interlocuteur de répondre : oui, non, peut-être, plus tard, ceci, cela…

Les demandes des enfants

Les enfants, qui sont souvent très logiques, ne manquent d’ailleurs pas de nous le faire remarquer. N’avez-vous jamais entendu un enfant rétorquer “mais alors pourquoi tu me demandes ?” Ceci après que vous lui ayez fait part de votre mécontentement ou de votre désaccord par rapport à la réponse qu’il vous a donnée ?!

Cela arrive bien entendu aussi dans nos relations amicales ou de couples : 

  • “Ce te va une pizza pour ce soir ?”  
  • “0h non, pas une pizza, on en a mangé il y a quelques jours” 
  • “Pffffff …. tu n’es jamais contente !

Et si j’apprenais à formuler clairement la demande ? 

C’est une des bases pour assainir la communication nous rappelle Christel Petitcollin (dans son livre S’affirmer et oser dire non”) : “toute demande non exprimée n’a pas à être satisfaite”. 

Pour la thérapeute, il est donc essentiel d’apprendre à s’exprimer clairement et simplement. Cela nécessite de sortir de nos habitudes (souvent éducatives) à “suggérer que…”, “évoquer la possibilité de…”, “faire allusion à….”, “tendre une perche pour que l’autre la saisisse”. 

La demande explicite et non implicite

En bref, sortons de l’implicite et de cette sorte de langage codé qui entraîne plus de malentendus que de bonne compréhension !

Par conséquent, “si je n’ai pas clairement demandé ce que je veux, je ne peux pas en vouloir à l’autre de n’avoir pas compris”. Et à l’inverse, “s’il ne m’a rien demandé, je ne suis pas obligé de deviner qu’il voulait quelque chose”.

Bien des souffrances naissent de notre espoir que les autres (ou qu’un élément extérieur) comblent nos besoins. Demander, c’est donc entreprendre une démarche concrète pour sortir de l’attentisme ou de la résignation. C’est se prendre en charge pour gagner en autonomie et en bien-être.

En pratique 

Formuler la vraie demande… et non une exigence !

Nous l’évoquions en début de podcast, attention au piège de la demande qui se transforme en exigence !! 

Une exigence ? Toutes les fois où vous n’acceptez pas la réponse que votre interlocuteur fait à votre demande. Et oui, votre interlocuteur a lui aussi des besoins ! Comme l’explique très bien Thomas d’Ansembourg, “un non est souvent un oui à autre chose”.

Or nous interprétons souvent un non comme un rejet, un manque d’attention, voire de l’égoïsme, et nous oublions que dans une relation nous sommes au moins 2. Et si je demande à ce que mes besoins soient pris en compte, je ne peux pas  ignorer que l’autre a aussi des besoins. Évidemment, ces besoins peuvent être en conflit, mais nous touchons là un autre sujet, celui de la résolution de problème (voir Bulle de Bonheur #60).

Comprendre la demande

Il est donc important de se rappeler que : 

  • quand une personne me dit non, elle dit non à ma demande mais pas non à ce que je suis. Elle a sûrement des raisons pour me dire non, ce qui ne signifie pas qu’elle me rejette ou qu’elle n’a aucune empathie.
  • quand je fais une demande, j’accepte que mon interlocuteur puisse me dire non. Il doit pouvoir se sentir libre de faire ce choix ou pas. Dans la situation inverse, est-ce que j’aimerais me sentir obligée de dire oui à une demande ?
  • Ce n’est pas parce qu’une personne me dit non aujourd’hui, qu’elle me dira non demain. Je peux revenir vers elle plus tard quand elle sera plus disponible ou quand le contexte sera plus favorable (sans la harceler bien sûr !).

Exprimer un besoin 

En CNV, la demande est la 4e composante du processus de communication. Après avoir observé (et non évalué) la situation et nommé les émotions ressenties dans un premier temps. Ensuite le travail de prise de conscience et de verbalisation des besoins pourra se faire pour aboutir à formuler une demande qui reflète ce besoin (OSBD).

Une demande peut donc s’exprimer sous la forme d’un besoin : “j’ai besoin d’aide, de respect, de silence, de soutien, …”. 

Satisfaire la demande

Nous avons vu comment identifier ses besoins (Bulle de Bonheur #12). Il est question maintenant de voir comment nous pouvons satisfaire nos besoins. Et dans ce domaine, l’art de la demande peut s’avérer bien utile.

Mais savez-vous demander à votre entourage ?

2 obstacles courants peuvent vous en empêcher : 

  • on vous a appris que vous ne deviez compter que sur vous-même.
  • vous pensez que c’est aux autres de deviner vos besoins, un piège dans lequel tombent de nombreux couples. Mais attendre que notre partenaire réponde à des attentes qui n’ont pas été exprimées vous assurent frustration et déception !

Pourtant, demander de l’aide n’est ni un signe de faiblesse, ni une marque d’incompétence.

S’appuyer, quand on en a besoin, sur des ressources extérieures est au contraire une voie pertinente pour économiser du temps et de l’énergie, pour s’ouvrir à des savoir faire, pour s’enrichir ou encore pour développer une belle coopération. 

Savoir exprimer la demande

Ainsi, au lieu d’attendre en vain que votre adolescent se lève spontanément du canapé pour vous aider à décharger les courses, exprimez-vous. “Je suis très chargée, j’ai besoin d’aide pour mettre les courses dans la cuisine, merci !”.

Au lieu de ravaler votre colère car vous aimeriez que votre conjoint-e comprenne que vous avez besoin d’un petit temps de break en rentrant du bureau, exprimez lui votre besoin.“Quand je rentre d’une grosse journée de travail, j’ai la tête vraiment trop pleine pour t’écouter vraiment. J’ai besoin d’avoir 10 minutes de décompression avant de pouvoir faire le point avec toi sur la journée.” 

Cette façon d’exprimer vos besoins augmentera fortement la qualité de vos relations et permettra d’éviter rancoeurs et déceptions.

Conseil pratique

Rappelez-vous également l’importance de penser à la façon dont vous vous exprimez :

Prenez l’habitude de formuler votre besoin avec la phrase “j’ai besoin DE” et non “j’ai besoin QUE tu …”  “J’ai besoin de pouvoir finir ma phrase sans être interrompu, j’ai besoin de calme, j’ai besoin d’une demi-heure de repos avant de vous emmener jouer au parc…”.

Cette formulation en “JE” renvoie directement à une des règles fondamentales de la communication bienveillante. C’est la mise en application de la célèbre formule de Jacques Salomé le tu tue”. Ou encore l’illustration de la communication klaxon “tu/tu” qui devient généralement destructrice. Car le “tu” accuse, reproche, attaque (voir Bulle de Bonheur #31 je parle au positif).

Ainsi si je dis à mes enfants “vous êtes vraiment bruyants”, je m’exprime sur un mode de reproche et de critique qui a de grandes chances d’empêcher une bonne collaboration de mes enfants. Alors que si je m’exprime en JE en disant par exemple “les enfants, je suis fatiguée, j’ai vraiment besoin d’un moment de calme”, ma demande est plus claire. De ce fait, les chances d’obtenir leur coopération sans conflit sont bien meilleures.

Faire la demande claire

Etre clair, c’est éviter de parler encore et encore et de noyer notre interlocuteur sous un flot de paroles. De l’inonder de mots et d’émotions qu’il risque fort de ne pas pouvoir contenir. 

C’est éliminer aussi la critique, l’humiliation, le blâme ou la morale. Tout cela pour décrire uniquement l’action que nous souhaitons ou dont nous avons besoin (“peut-on trouver un moment dans la soirée pour parler de nos agendas de la semaine prochaine ?” Et non “tu es tout le temps sur ton téléphone, on ne peut jamais te parler… Tu parles d’un exemple pour les enfants et en plus, on ne sait jamais quand on peut compter sur toi !”).

Etre clair, c’est aussi être bref. C’est donc formuler une seule demande à la fois et l’exprimer en peu de mots ! 

La demande doit être claire et précise

Ce que nous évoquions à propos de la façon d’énoncer une règle (Bulle de Bonheur #60 je pose des règles) est valable ici : une demande claire est une demande précise, concise et affirmative. 

C’est donc une phrase qui décrit en quelques mots ce que nous souhaitons (et non ce que nous ne voulons pas ou plus, comme nous le faisons généralement).

Cette phrase évite la forme négative mais également tous les mots qui peuvent porter à interprétation. Au lieu de dire, “je voudrais qu’on prenne un temps plus tard pour se parler” (soyez certains que “plus tard” et “un temps” sont suffisamment flous pour générer inconfort et doute). Dites plutôt “j’aurais besoin de prendre une demi-heure avec toi après le dîner pour parler de notre organisation ce week-end ”. 

Nous avons donc une responsabilité en tant qu’émetteur, celle de maximiser les chances que notre demande soit bien réceptionnée. 

La demande au bon moment

En plus du fait d’être clair, cela supposera aussi, comme dans la communication en général, de se poser la question : “est-ce le bon moment pour faire ma demande ?” (le bon moment pour moi ET pour l’autre). Cette question du temps concerne le timing mais aussi l’état émotionnel de chacun.

Il est nécessaire en effet de capter l’attention de notre interlocuteur quand on a une demande à lui faire. Avec les enfants, surtout si ceux-ci sont absorbés dans leurs activités, pensez à vous déplacer quand vous avez une demande à leur faire. Regardez-les dans les yeux, voire à touchez-les légèrement pour qu’ils comprennent que vous leur parlez. “Paul, regarde moi. C’est le temps de dîner maintenant”.

Le DDCC

Le DDCC (demande de changement de comportement), est un outil issu du processus de dialogue IMAGO pour les couples. C’est un exemple de demande qui permet de partager ses frustrations en couple en évitant la négativité. Elle résume bien quelques éléments importants que nous avons évoqués plus haut : 

  • Demander un rendez-vous (“j’aimerais te demander quelque chose, est-ce le bon moment pour toi ?”).
  • Décrire brièvement sa frustration (comme en CNV, décrire les faits, les émotions, et parler en JE et de façon succincte bien sûr. ”Cela fait 2 étés que nous passons les vacances avec ta famille et ça me manque de ne pas passer du temps avec la mienne”). Et faire valider par votre partenaire ce qu’il a entendu.
  • Formuler des demandes : 

*une demande SMART : vous avez peut-être déjà entendu parler de cet l’acronyme pour définir des projets. 

Le concept SMART

SMART, c’est Spécifique (ou Simple), Mesurable, Accessible, Réaliste et limité dans le Temps.

Reprenons l’exemple des vacances en famille. Si je demande “je voudrais passer plus de temps avec ma famille”, ma demande n’est ni mesurable ni temporelle.

Si je demande de passer toutes les vacances avec ma famille, elle ne sera pas accessible et sans doute pas réaliste.

Dire “je souhaite qu’on participe à une réunion annuelle organisée par ma famille cette année” sera beaucoup plus adapté ! (NB : avec le DDCC, on formule 2 ou 3 demandes pour faire preuve de créativité et permettre à l’interlocuteur d’avoir un certain choix. Voire de co-construire la solution avec vous).

*une demande “concrète, positive, réaliste et négociable” (processus CNV).

Cas pratique

Quand vous ne supportez plus le volume sonore du rap que votre adolescent écoute par exemple. Au lieu de lui dire “arrête cette musique, on ne s’entend plus dans cette maison ! Mais comment peux tu écouter un truc pareil ?” On pourra plus tôt lui dire  “j’ai besoin de calme pour finir ce travail. Peux tu écouter ta musique moins fort ou dans une autre pièce ou à un autre moment ?”.

Bien sûr cette formulation n’est pas magique, mais elle a beaucoup plus de chances d’être acceptée que la première. En cas d’échec, à nous de faire preuve d’empathie et d’apprendre aussi à écouter l’autre dans ses besoins !

En bref 

  • Savoir demander, c’est agir concrètement pour se donner les moyens d’être plus satisfait et donc plus heureux. 
  • En tant qu’émetteur, nous avons la responsabilité de nous assurer que notre demande est entendable. 
  • Une demande entendable est une demande :

             . claire, concrète et concise, 

             . qui laisse le choix de réponse à son interlocuteur,

             . ne porte aucun jugement

             . et se fait “au bon moment”.

Allez hop, je me lance !

2mn pour penser à un besoin insatisfait, qui génère des frustrations et impacte vos relations (amicales, conjugales, familiales ou professionnelles). Besoin de sincérité, besoin d’écoute, de partage, d’affection, de créativité, de simplicité, de concertation…  Quel qu’il soit, entraînez-vous à formuler la demande qui reflète ce besoin et osez faire cette demande !

Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

Je trouve mon Ikigai

Qu’est-ce que l’Ikigai ?

Au Japon, l’île d’Okinawa est réputée pour la longévité de ses habitants et compte un nombre important de centenaires. Cette île a fait l’objet de nombreuses études, afin notamment de comprendre les facteurs pouvant expliquer cette longévité. Il a ainsi été mis en avant qu’un des facteurs qui joue un rôle important dans la santé et la vitalité des habitants d’Okinawa (en plus d’une alimentation saine et d’un environnement favorable), est le fait d’avoir un but dans la vie, appelé “`l’Ikigai” par les japonais. 

Le mot “Ikigai” est la combinaison de ‘iki’ qui signifie vie ou vivre, et du mot ‘kai’ synonyme de valeur, effet, résultat ou utilité. Il est donc difficile à traduire littéralement, mais il est souvent associé en Occident à “notre raison d’être”, “notre vocation de vie”.

Le concept de l’Ikigai

Ce concept, ou philosophie de vie, a été beaucoup repris dans le monde professionnel. Pour Christie Vanbremeersch, autrice du livre Trouver son ikigai, « trouver son Ikigai, c’est trouver un travail qu’on aime, qui fait sens, qu’on fait bien et pour lequel on reçoit une contribution convenable ».

Mais ce sens peut aussi se trouver dans la vie familiale ou dans l’engagement pour une cause par exemple. Ainsi, Francesc Miralles et Hector Garcia, les deux auteurs espagnols de La Méthode ikigai, découvrez votre mission de vie, le définissent ainsi. « (Le) sens de la vie, ce qui nous fait nous lever chaque matin avec enthousiasme. » 

D’après les Japonais, nous possédons tous un ikigai, voire plusieurs, même si nous n’en avons pas toujours conscience. 

L’Ikigai, une évidence

Pour certaines personnes, l’ikigai sonne comme une évidence, quelquefois même depuis leur petite enfance. Pour d’autres, il n’est pas inné. Et le chemin pour le découvrir est plus difficile, avec des remises en question, voire des crises existentielles qui peuvent se manifester dès l’adolescence (avec le choix des études par exemple). Mais aussi plus tard (c’est souvent le fondement de la fameuse crise du milieu de vie). 

L’Ikigai, au cours de la vie

Ce qui est certain en revanche, c’est que l’ikigai change au cours de la vie, et que ce vous qui anime à 20 ans sera différent de ce qui fait le sens de votre vie à 70 ans. Ainsi, selon Francesc Miralles et Hector Garcia, il est essentiel “de rester en harmonie avec son ikigai à chaque étape. À défaut, nous aurons l’impression d’avoir dévié de notre chemin et d’avoir laissé à des forces extérieures le contrôle de notre quotidien. Notre ikigai est comparable à une radiofréquence. Mieux nous nous synchronisons avec lui, plus nous aurons la sensation que notre vie a un sens”. 

Si je décidais d’avoir une bonne raison de me lever chaque matin ? 

Avouez qu’avoir une bonne raison de se lever chaque matin, de se sentir léger et plein d’entrain, c’est bien plus agréable que de traîner les pieds. Ou encore de se demander pourquoi on se lève et de tergiverser sur le sens que l’on souhaite donner à son existence ! 

Connaître ce qui nous anime, découvrir le sens de sa vie est possible… Si vous êtes prêts à faire un peu d’introspection, à fouiller au fond de vos ressources cachées.

Comment faire ? 

Pour trouver son Ikigai, il existe un outil précieux qui va vous permettre ce travail réflexif. Cet outil se compose de 4 cercles égaux, qui s’entrecroisent comme une rosace.  

Chaque cercle correspond à une question :

  1. Ce que vous aimez
  2. Puis, ce en quoi vous êtes doué
  3. Ce dont le monde a besoin
  4. Et enfin, ce pour quoi vous pouvez apporter une valeur

Au croisement de ces quatre cercles, se trouvent : la passion, la mission, la vocation et la profession. Au cœur de cette rosace se trouve enfin l’ikigai. 

Ce travail d’introspection vous permettra de trouver votre Ikigai. Quête indissociable du sentiment (voire de la conviction) que la vie vaut la peine d’être vécue et que nous avons tous un but qui a du sens et qui anime notre vie.

En pratique 

Remplissez votre Ikigai

Que vous le dessiniez sur une feuille ou que vous le téléchargiez à partir d’un modèle trouvé sur le Net, il est important de commencer votre travail de réflexion en remplissant à votre rythme tous les cercles. Cela avec des mots, des idées, des images ou des phrases qui répondent aux 4 grandes familles de questions : 

1 – Qu’est ce que vous aimez ? Qu’est-ce que vous appréciez faire ? Pensez à ce qui vous touche ? Réalisez quelles passions vous avez ? Qu’est-ce qui vous motive ? Qu’est-ce qui est vraiment important pour vous ? Chez Bulle de bonheur, on a noté le partage, le respect, la créativité, l’humour, la nature, l’innovation. Mais aussi la curiosité, les activités physiques, le voyage, aider les gens à être plus heureux.

2 – En quoi êtes-vous doué ? Quels sont vos talents et comment pouvez-vous les développer ? De quoi êtes-vous fier ? Que faites-vous d’utile pour les autres ? Pour quelles activités/tâches dit-on que vous avez du talent ? Pour Bulles de Bonheur, fierté de la gamme des jeux 2mn qui grandit, conception et concrétisation d’un podcast qui compte aujourd’hui 10000 écoutes, innovation (création de la boîte 1 temps pour 2), être à l’écoute, être positif, trouver des solutions…

Mais encore…

3 – De quoi le monde a besoin ?

Comment pouvez-vous contribuer au monde ? Quels sont les changements que vous aimeriez apporter au monde ? De quoi votre famille, vos amis, vos collègues ont-ils besoin ? A qui pouvez-vous être utile ? Quelle trace souhaitez-vous laisser ? Pour notre équipe, contribuer à plus de respect (des personnes et de l’environnement), d’amour, de positivisme, de bonheur. Aider à dépasser nos peurs ; favoriser le partage et l’échange. Ou encore développer la curiosité ; s’ouvrir à d’autres façons de faire, à d’autres cultures.

4 – Quelle valeur pouvez-vous apporter aux autres ?  Quels sont les services que vous pouvez offrir ? Repérez vos idées qui ont de la valeur ? Et les compétences que vous pouvez monétiser ? Qu’avez-vous appris au cours de vos différentes expériences professionnelles ? Chez BdB, on recense nos jeux 2mn, nos podcasts, nos consultations, nos partages de bonnes nouvelles et de découvertes. Mais aussi la création d’outils qui favorisent le bonheur, notre adaptation aux besoins des couples et des familles…

Les composantes de notre vie

Là où se rencontrent et se chevauchent les différents cercles, vous allez découvrir les quatre composantes fondamentales de votre vie. Ce sont : passion, vocation, profession et mission. Ainsi, l’endroit où « ce que j’aime » et « ce en quoi je suis doué » fusionnent, devrait définir votre ou vos passions. (Par exemple pour nous, la création de supports favorisant les liens car “nous sommes motivés à rendre les gens à être plus heureux” et “les retours positifs sur nos jeux et nos podcasts sont significatifs”).

La rencontre de « ce en quoi je suis douée » et « ce pour quoi je peux être payé » donnent votre profession (créateurs de Bulles de Bonheurs !). « Ce pour quoi je peux être payée » et « ce dont le monde a besoin » vous donnent votre vocation. Et enfin de « ce que j’aime » et « ce dont le monde a besoin » peut émerger votre mission.

L’ikigai, zone de brillance

“Activez votre brillance”  Selon Christie Vanbremeersch, notre zone de brillance est «ce qu’on adore faire et ce pour quoi on est hyperdoué et que l’on fait facilement avec des ailes».

Autrement dit, ce sont tous les domaines où nous avons les compétences. Tous ceux où nous trouvons du plaisir et de la motivation, et qui ont du sens pour nous. Pour trouver cette zone, nous vous proposons de réécouter notre podcast sur les talents (Bulle de Bonheur #24). Nous vous expliquions comment découvrir vos propres talents. Pensez bien aux qualités que vous vous attribuez mais aussi à celles que l’on vous attribue depuis l’enfance jusqu’à aujourd’hui, sans crainte d’être prétentieux !

Identifiez ensuite les trois qualités dont vous ne vous passeriez pour rien au monde et qui vous caractérisent vraiment (l’écoute, l’humour, l’organisation, les travaux manuels, la curiosité…)

L’ikigai d’enfant

“Retrouvez votre rêve d’enfant”. Un autre exercice proposé par Christie Vanbremeersch est de replonger dans notre enfance (et parfois notre adolescence) en quête des rêves que nous avions à l’époque. C’est une période de vie durant laquelle l’anxiété quant à l’avenir professionnel ne parasite pas l’imaginaire et le désir. Tout est possible, être vétérinaire, juge pour enfant, écrivain, pilote d’avion, astronaute, inventeur… “L’intérêt de ces projections est qu’elles portent en elles non seulement le noyau dur de notre désir, mais aussi les compétences afférentes”. 

Malheureusement, notre ikigai d’enfant ou d’adolescent a souvent été balayé car considéré comme un rêve ou un produit de l’imagination par les adultes.

Laissez donc votre esprit remonter dans le passé, dans votre enfance, dans votre adolescence, à la recherche de ce qui vous motivait. Mais aussi de ce que vous preniez plaisir à faire et ce pour quoi vous aviez des compétences ou un don. Lire, écrire, cuisiner, jardiner, expliquer, prendre soin. Ou encore dessiner, jouer de la musique, bricoler, faire rire, chanter, faire du sport, réconcilier, apprendre…

Exercice

Notez cinq choses que vous aimiez faire et essayez ensuite de vous souvenir des bienfaits que vous ressentiez à le faire. Demandez-vous ensuite comment ces activités étaient accueillies et considérées dans votre entourage (famille, amis, école). 

Dans un deuxième temps, interrogez-vous sur ce qu’elles suscitent encore en vous (motivation, regrets, indifférence…) Sont-elles présentes ou pas dans votre vie actuelle. Si elles suscitent des regrets, demandez-vous comment leur redonner une place dans votre vie. 

“Interrogez votre jalousie”

La jalousie peut être certes un poison mais elle a aussi l’avantage de nous dévoiler tout ou partie de notre désir, surtout si elle dure. Christie Vanbremeersch propose de tracer 3 colonnes sur une feuille et de noter :

Dans la première colonne, trois motifs de jalousie. 

Puis dans la deuxième colonne, le désir qui se cache derrière votre sentiment de jalousie. 

Enfin, dans la troisième colonne, les démarches que vous pourriez entreprendre pour aller vers la concrétisation de ce désir.

«Il y a plusieurs portes d’entrée pour parvenir à son ikigai, explique Christie Vanbremeersch. À chacun de faire son mélange, de trouver sa formule, en lisant notamment les témoignages de personnes qui y sont arrivées. S’il n’y a pas de méthode unique, il y a au moins une certitude. On trouve son ikigai à partir du moment où l’on se donne la peine de le chercher… ».

En bref 

  • L’ikigai est un concept qui nous vient du Japon, et qui nous permet de trouver ce qui nous fait vibrer dans notre vie, de découvrir notre raison d’être, notre chemin de vie.
  • C’est le ressort qui nous donne une bonne raison de nous lever le matin, d’apprécier notre ce que nous faisons, bref, qui donne un sens à votre existence.
  • Nous avons tous un ikigai. Si certains le trouvent spontanément, d’autres devront aller fouiller un peu plus profondément en eux. De nombreux outils sont là pour vous faciliter la tâche, alors, aucune hésitation à avoir, partez vite en quête de votre ikigai !

Allez hop, je me lance ! 

A vous de jouer, 2mn pour télécharger ou dessiner le schéma graphique de l’ikigai ! 

Munissez-vous de feutres de couleurs, laissez libre cours à votre imagination et votre intuition et remplissez les cercles … pour découvrir en leur coeur, ce qui va vous faire sauter du lit tous les matins !

Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

Je me positionne par rapport aux autres

Le regard des autres, ma position de vie

Des êtres de relation soumis aux regards

Nous sommes confrontés quotidiennement aux autres, à leurs regards, à leurs comportements, à leurs actions. En effet, à moins de vivre totalement reclus et en parfaite autarcie, nous sommes des êtres de relations et nous vivons dans un monde d’interactions. Comme le dit Florence Servan-Schreiber, “personne n’est un îlot. Nous fonctionnons dans une communauté et sommes directement affectés par les échanges qui s’y établissent.”

Nous avons déjà pu évoquer dans certains de nos podcasts l’influence du regard de l’autre. Un regard qui a souvent tendance à nous limiter car nous avons peur du jugement, de l’échec, du rejet… (Bulle de Bonheur #7 se faire confiance, #21 lâcher prise, #29 dépasser ses croyances …) Pour certains, le poids de ce regard peut être plus difficile à porter que pour d’autres. Ce poids est directement en lien avec notre estime de soi. En effet, le regard que nous portons sur les autres dépend de l’image que nous avons de nous-même et non de la personne ciblée. (c’est bien pour cela qu’un conférencier par exemple inspirera des sentiments très différents selon les personnes. Admiration, curiosité ou ennui, exaspération, mal être).

Se détacher du regard des autres

Il est important de savoir se détacher de regard de l’autre (“ce que l’autre pense de moi ne me définit pas en tant que personne, car mes actes ne définissent pas ma valeur profonde”).

De même, il est important  de voir dans ce regard un allié qui peut nous apprendre ce qui peut être amélioré ou modifié chez nous. Notre entourage est en effet une importante source d’informations sur nous même. (Souvenez-vous du rôle des émotions. Ainsi un regard peut déclencher la peur, la surprise ou encore la colère. Ces émotions sont autant de messages qui peuvent nous révéler des besoins à combler et donc favoriser notre développement personnel). 

Aujourd’hui, nous aimerions aller plus loin que le seul regard des autres. Pour cela nous aimerions nous inspirer d’Eric Berne, fondateur de l’Analyse Transactionnelle. Il observe de plus près la manière dont nous nous situons face aux autres. Eric Berne, en collaboration avec Franklin Ernst, a décrit 4 “positions de vie”, qui permettent de mieux nous connaître et donc de mieux comprendre notre positionnement par rapport aux autres. 

La position de vie

Ces positions de vie se caractérisent par une perception positive ou négative de soi et des autres. Elles se définissent donc selon la valeur que nous accordons aux autres et à nous-même. 

1 – “Je ne m’accepte pas et j’accepte les autres” (-/+)

J’accorde donc une valeur positive aux autres (ils ont de bonnes idées, réalisent des projets intéressants, réussissent leur vie de famille, de couple…) Tandis que je me dévalorise (je fais moins bien, je n’y arrive pas, je n’ai pas de succès…). C’est une position où j’estime que je ne suis pas à la hauteur. Je survalorise en général l’avis des autres. Je n’ai pas confiance en moi et j’ai tendance à me rabaisser. Ce regard va évidemment influencer mon comportement, et je serai généralement dans une attitude de fuite ou de soumission. Cela peut mener à la dépression.

2- “Je m’accepte et je n’accepte pas les autres” (+/-)

C’est la position inverse, au lieu de me soumettre, je domine car j’estime que je suis meilleur que les autres. Je pense que c’est moi qui ai raison ou que les autres ne valent rien.

Pour Eric Berne, c’est une position qui renvoie souvent à une enfance qui a manqué de soutien et de sécurité, où il a fallu “se battre pour exister”. Ou à une enfance sans cadre, sans aucune limite ferme et bienveillante. A l’âge adulte, cela peut alors se traduire par un certain mépris pour les autres (“je m’en sors tout seul”. “Je n’ai pas besoin des autres pour y arriver”). Cela peut aussi se matérialiser par un sentiment de supériorité (“les autres sont incapables”, “je dois m’imposer”) ou une attitude “sans foi ni loi”. Cette position de domination ou de dévalorisation, contrairement à la première impression, ne dénote pas une haute estime de soi. Mais en révèle au contraire une réelle perturbation.

3 – “Je ne m’accepte pas et je n’accepte pas les autres” (-/-)

Dans cette position, la valeur négative concerne aussi bien les autres que soi-même. “Rien ne vaut la peine”, “il n’y a rien à faire”,  “je n’ai confiance en personne, ni en moi ni dans les autres”. J’adopte une posture de démission

Derrière cette attitude d’abandon et de pessimisme, il y a généralement beaucoup de colère contre le monde. Et le sentiment d’une vie qui n’a aucun sens. Poussée à l’extrême, cette attitude peut conduire au suicide ou à l’hospitalisation psychiatrique.

4- “Je m’accepte, je reconnais ma valeur et j’accepte les autres en reconnaissant leur valeur” (+/+)

Vous l’aurez deviné, c’est une position qui traduit une bonne estime de soi. Mais aussi et une tolérance et une ouverture à la différence. Elle s’inscrit dans une réciprocité d’écoute mais aussi de respect. Chacun a conscience de la valeur de l’autre et se considère sur un même niveau d’égalité.  Tout en faisant preuve de réalisme (j’accepte la part d’ombre et de lumière de chacun). Cette position va générer une envie d’aller de l’avant, et considère les rapports sous l’angle de la coopération et du partage.

Ces 4 positions font écho à ce que nous avions dit sur l’autorité. (Bulle de Bonheur #52), Notamment les 4 formes d’autorités couramment identifiées : autoritarisme, permissivité, démission, autorité bienveillante. Nous y retrouvons finalement les mêmes postures : domination, soumission, démission, coopération. Postures que nous pouvons tenir tour à tour ou adopter selon les situations, les contextes ou encore nos interlocuteurs.

Position de vie dominante

En fait, chacun de nous, pour des raisons variées, a adopté de manière inconsciente une position de vie, dite préférentielle ou dominante. Celle-ci va guider sa vie et ses relations. Dans les moments difficiles, tendus et de stress, cette même position peut refaire surface. Ou laisser la place à une autre position.

L’objectif n’est pas d’être dans la position +/+ en permanence, mais de savoir repérer dans quelle position nous nous trouvons. Ou à quel moment nous basculons dans une position inadaptée. Ce repérage est important pour pouvoir nous rééquilibrer et tendre ensuite vers la position +/+. Elle est celle qui va faciliter nos relations avec les autres et avec nous-même.

Et si j’apprenais à rééquilibrer ma position de vie ?

Opérer un rééquilibrage, c‘est réaliser un travail sur l’image que nous avons sur soi et/ou sur les autres. Selon nos positions, il s’agira donc de prendre conscience de sa valeur et de celles des autres. Ou encore de travailler sur son égo ou ses freins psychologiques. 

Identifier ma position de vie

  • Identifier sa position de vie. Si le sujet vous intéresse, vous trouverez dans des ouvrages sur l’analyse transactionnelle et même sur Internet, des tests “auto-diagnostic des positions de vie”. Ils vont vous permettre de connaître quelles sont les positions de vie que vous privilégiez. Une dizaine de thèmes vous est présentée (style de commandement, gestion des conflits, attitude face aux règles, humour, attitude face aux règles…). Il y a, pour chacun, 4 réponses possibles. (Par exemple : les conflits sont utiles, je n’aime pas les conflits, ce n’est pas mon affaire, je pense d’abord à ce que j’ai à faire). En fonction des résultats obtenus, vous pouvez connaître vos positions dominantes.

Auto-diagnostic de position

Cet auto-diagnostic permet de mieux comprendre nos relations tant personnelles que professionnelles. Mais aussi d’identifier les positions que j’adopte en fonction des situations et des personnes. Comment je me situe dans ma famille, avec mes amis ou encore avec ma hiérarchie, mes collègues ? Mes relations sont-elles contre-productives (-/+ et +/-), me font-elles sombrer (-/-) ou au contraire grandir (+/+) ? 

Par exemple, comment je me positionne en cas de conflit dans mon couple ? Est-ce que je fuis ? Ai-je besoin d’avoir le dernier mot et montrer que j’ai raison ? Ou au contraire, est-ce que je conclus rapidement que j’ai tort et que mon conjoint a de toutes façons toujours un avis très pertinent ? Ou alors, je prends en compte l’avis de mon conjoint tout en lui expliquant le mien, et je cherche avec lui/elle une solution qui réponde au mieux à nos différents besoins ? 

Quelques pistes pour trouver sa position de vie

  • Dépasser ses fausses croyances : nos positions de vie sont reliées aux croyances que nous portons sur nous-mêmes et sur les autres. Du fait de notre éducation, de nos expériences et de notre environnement. Travailler sur ces croyances est donc un outil très utile pour se rééquilibrer, pour renforcer l’estime de soi et la confiance dans les autres. Mais également augmenter son ouverture d’esprit et déployer son potentiel. Comme un disque dur, nous pouvons dé-programmer une fausse croyance et ré-initialiser notre cerveau. Nous vous invitons pour cela à écouter ou ré-écouter le podcast que nous avons fait sur ce sujet (Bulle de Bonheur #29). 

En bref

  • Les positions de vie permettent de mieux comprendre nos relations aux autres et notre niveau d’estime de soi, et facilite de ce fait la communication et la qualité de nos interactions.
  • Elles se déterminent en croisant les deux axes ”ce que je vaux » et « ce que vaut l’autre », et conduisent à identifier 4 positions principales : domination, soumission, démission, coopération, soit 4 types de comportements : “je me débarrasse de l’autre”, “je fuis l’autre”, “je reste dans l’impasse” ou “je vais de l’avant avec l’autre”.
  • Pour trouver l’équilibre entre la valeur que je m’accorde et la valeur que j’accorde aux autres, nous devons d’abord identifier là où il y a déséquilibre pour ensuite le combler en travaillant sur soi (confiance en soi, croyances, étiquettes) et/ou sur sa vision des autres. 

Allez hop, je me lance ! 

2 mn pour choisir un domaine où vous allez faire votre auto-diagnostic et trouver votre position de vie dominante. Comment cette position de vie se traduit-elle concrètement (avec qui, quand, comment, pourquoi ?) dans votre quotidien personnel et professionnel ? Et que pourriez-vous faire pour être plus équilibré (position +/+) ?

Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

Interview avec Luc Teyssier d’Orfeuil

Avec Luc Teyssier d’Orfeuil, c’est parti !

Dans notre numéro 66, le micro de Bulle de Bonheur continue à voyager, toujours à la quête de gens heureux qui ont aussi des histoires !

Aujourd’hui, nous accueillons Luc Teyssier d’Orfeuil dans un petit coin de paradis, comme chacun le sait ! C’est en Corrèze !

Ce magnifique terroir rassemble Raphaëlle et Luc car il l’ont tous les 2 dans le cathéter ! En plus d’être corrézien, Luc a un parcours incroyable qui nous touche à Bulle de Bonheur !

Un homme profondément animé par le positif et rempli des bienfaits des principes d’Emile Coué.

Une décennie avec Luc Teyssier d’Orfeuil

En 1988, Luc TEYSSIER d’ORFEUIL participe à la création du Studio Pygmalion, atelier d’entraînement pour des comédiens professionnels.

Le Studio Pygmalion devient rapidement la référence française, où s’entraînent des centaines d’acteurs dans des ateliers et des stages. Certains autres se préparent à des rôles importants pour le théâtre ou le cinéma.

De Anne Parillaud pour Nikita à Marion Cotillard pour La Môme, en vingt ans ils sont nombreux à avoir bénéficier de son coaching. Il adapte sa méthode pour comédiens du Studio aux acteurs de l’entreprise et se spécialise dans la communication orale.

Un saut vers l’entreprise

Il développe son concept auprès des SSII et des établissements financiers. Mais aussi pour la grande distribution, des sociétés de crédits, des établissements publics et des collectivités locales.

En Septembre 2001, il créé la société Pygmalion Communication qu’il dirige. 

Dès lors, il conçoit et anime des formations en groupe. Il accompagne en individuel et en équipe des cadres, des dirigeants et des élus autour de la communication et de la prise de parole et toujours dans la positivité !

Puis il se spécialise…

Formé au coaching, il a été quatre ans membre du Conseil d’Administration de ICF France branche française de l’International Coach Federation (près de 30000 coachs dans le monde) et membre du réseau Médiat Coaching.

Son coaching repose sur la systémique, sur les pratiques narratives, sur sa connaissance des méthodes d’autosuggestion et de son approche développée avec les comédiens professionnels.

Spécialiste de la méthode Coué et de la positivité :

Auteur des sites Internet : www.methodecoue.com et www.autosuggestion.fr, il intègre la méthode d’autosuggestion consciente d’Emile Coué à sa pratique du coaching.

Avec Luc Teyssier d’Orfeuil, une belle bibiographie !

Il est co-auteur du « Petit dictionnaire de pensées positives » chez Bréal et de « La Méthode Coué – autosuggestion consciente » et « Etre heureux avec Coué » publié chez Eyrolles. Il est également co-adaptateur de « La Motivation pour les Nuls » et co-auteur de « La Méthode Coué pour les Nuls » chez First.

De plus, il est auteur en 2016 d’une réédition du texte d’Emile Coué “La maîtrise de soi-même par l’autosuggestion consciente” publié chez Leduc.s. Cette édition a une mise en page facilitante, des commentaires, des explications et un cahier pratique comportant exercices et conseils pour l’appliquer au quotidien. Ce livre est réédité en août 2017 en version poche.

En 2019, il écrit « Ma bible de la Méthode Coué » également chez Leduc.s. Découvrir et utiliser la méthode Coué en communication ou en management c’est s’éviter les autosuggestions négatives qui génèrent les conflits. C’est aussi utiliser les suggestions positives et l’autosuggestion consciente et positive qui libèrent des tensions. Il crée des sites Internet riches de contenus pour ses clients.

Mais aussi des sites internet

Les sites www.prisedeparole.com et www.communicationorale.com donnent les bases et techniques qu’il utilise dans ces domaines tout comme le site www.animerunereunion.com .

Le site www.aventurecoaching.com ouvre sur le partage de son cadre de référence, de sa déontologie et de sa pratique du coaching. Et depuis juin 2008 le site www.mieuxmanager.com .

Ces sites sont regroupés sous la bannière : www.mieuxvivreenentreprise.com

COMPÉTENCES :

  • Conception et animation de Stage Inter ou Intra.
  • Animation d’équipe et cohésion de groupe
  • Accompagnement et coaching individuel et d’équipe
  • Mise en scène de situation professionnelle
  • Préparation de prestations télévisuelles
Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

Je deviens résilient

Introduction

La façon de faire face à des épreuves ou à des conflits varie beaucoup d’une personne à l’autre. Certaines personnes semblent ainsi naturellement résilientes, tandis que d’autres paraissent très vulnérables, sans capacité de pouvoir lutter. 

Si nous n’avons pas tous les mêmes armes face à l’adversité, il n’existe pas pour autant de gêne de la résilience. Ainsi, comme le dit Boris Cyrulnik, “chez tout un chacun, des “braises de résilience” sont présentes. Qu’on souffle dessus à bon escient, et l’enfant meurtri, fracassé, stoppé net dans son développement par le deuil, la maltraitance ou les atrocités de la guerre sortira de son “agonie psychique” et reprendra le chemin de la vie”.

Si nous parlons souvent de résilience des enfants et de résilience individuelle, il faut savoir aussi que la résilience peut concerner bien sûr les adultes. Mais aussi les familles (par exemple lors de la reprise du cycle de vie après un décès violent et imprévisible). Les communautés ou les sociétés (comme la capacité d’un pays à rétablir une capacité de fonctionnement acceptable après une catastrophe majeure). 

Quelle résilience ?

Nous allons faire aujourd’hui un focus sur la résilience individuelle et voir comment nous pouvons renforcer nos capacités de résilience. Ceci, pour mieux nous protéger contre les expériences désagréables et leurs effets néfastes. Nous vous proposons donc de continuer à découvrir avec nous, comment accueillir la part d’ombre que nous avons tous dans nos vies tout en veillant à en développer la partie lumineuse, car il n’y a pas d’ombre sans lumière. 

De quoi parlons-nous ? 

Le concept de résilience vient de la physique où il désigne la capacité d’un matériau à reprendre sa forme après un choc ou une grande pression. C’est l’exemple de la coque du sous-marin, dite résiliente parce qu’elle est capable de supporter des pressions considérables lors de ses plongées. Ceci, tout en reprenant sa forme d’origine lorsque le sous-marin refait surface. 

En psychologie, le concept de résilience est apparu dans les années 1980, notamment grâce à une étude de la psychologue Emmy Werner portant sur des enfants de Hawaï. Ils vivaient dans une grande misère et étaient exposés aux maladies et à la violence. La psychologue a qualifié de résilients les enfants devenus 30 ans plus tard des adultes qui savaient lire et écrire. Ils avaient appris un métier et fondé un foyer.

La résilience étudiée en France

Le concept a été ensuite développé en France, notamment par Boris Cyrulnik (Un merveilleux Malheur – 1999). Il en parle comme de “la capacité à vivre, à réussir, à se développer en dépit de l’adversité”.

Attention toutefois, la résilience n’est ni une simple capacité d’adaptation ni un synonyme d’invulnérabilité. Elle sous-tend en effet l’idée d’un apprentissage, d’une croissance (ressortir plus fort des difficultés). De surcroît, un regard confiant dans la vie. 

La résilience est en fait un processus multifactoriel, qui résulte de l’interaction entre l’individu et son environnement. La métaphore de la poupée proposée par Michel Manciaux (1999) l’illustre bien. “Si on laisse tomber une poupée, elle se brisera plus ou moins facilement, en fonction de divers paramètres. La force du jet (négligence ou agression…). La nature du sol (ex. béton, sable, moquette…) et le matériau dont elle est fabriquée (verre, porcelaine, chiffon…)”.

La résilience, concept complexe

Il serait trop long et sûrement un peu ambitieux de vouloir tout appréhender dans ce podcast. Mais il nous semble important de préciser que la résilience est un concept plus complexe que sa vulgarisation le laisse paraître. L’injonction qu’on peut quelquefois entendre de “devoir faire preuve de résilience” dénote donc une vision réductrice du concept. Il ne prend pas en compte les variables internes au sujet (structure psychique, personnalité, mécanismes défensifs…). Pas non plus les variables externes (caractéristiques de l’environnement socio affectif). Les formes et les processus de résilience sont donc propres à chaque personne.

Comment ça marche ? 

Nous l’avons dit, la résilience ne signifie pas “nier l’adversité” ou “faire comme si de rien n’était pour pouvoir passer à autre chose”. C’est un processus dynamique plus ou moins long, qui permet de passer positivement au travers des épreuves.

Phases de la résilience

2 phases caractérisent ce fonctionnement :

  • la première est la confrontation au trauma et la résistance à la désorganisation psychique. Des mécanismes défensifs « d’urgence » se mettent en place pour se protéger : déni. Mais aussi clivage, projection, imaginaire, répression des affects, passage à l’acte… Ce sont autant d’exemples de processus automatiques et inconscients que le moi met en place pour contrôler les dangers internes et externes (maintien de l’équilibre). 
  • la seconde phase se manifeste par l’intégration du choc et la réparation.
    Elle implique donc l’abandon de certaines défenses d’urgence au profit de ressources plus souples et plus adaptées à long terme. Il s’agit comme le nomment certains auteurs, de troquer des mécanismes de défense “immatures” par des mécanismes de défense “matures”. Créativité, humour, intellectualisation, anticipation, altruisme… Il s’agit souvent de développer “une pratique qui permet de canaliser les émotions” (par le biais des arts, de la spiritualité, du sport) mais aussi de passer par le processus de mentalisation. C’est à dire “conférer un sens à la blessure”.

Qu’est-ce qui favorise la résilience ? 

Les études ont pu montrer qu’il est plus facile de faire preuve de résilience face à l’adversité lorsque enfant, nous avons pu vivre :

  • dans un climat familial sécurisant. Sentiment de confiance, parents présents et unis (même après une séparation), besoins d’amour et de sécurité satisfait.
  • avec un entourage encourageant. Notre famille mais aussi notre environnement plus large (amitiés, éducateurs, enseignants …) vont influencer notre estime de soi et la capacité à voir la vie du bon côté.
  • et une force de caractère. Certains enfants sont naturellement joyeux et heureux de tout ce qui leur arrive.

Il est important toutefois d’éviter de généraliser. Une personne dénuée de cet environnement pourra être résiliente, et à l’inverse un individu qui aurait tous les préalables nécessaires pour être résilient peut s’écrouler au moindre problème. Mais quoiqu’il en soit, nous avons tous la capacité de stimuler et de faire croître notre capacité de résilience.

Et si je décidais d’augmenter mes foyers de résilience ?

Dans l’ouvrage La psychologie positive pour les nuls, les auteurs distinguent trois directions sur lesquelles agir : le cognitif, l’émotionnel et le comportemental.

Ces 3 aspects fonctionnent comme 3 cercles qui s’imbriquent les uns les autres.

La résilience cognitive

Nous en avions parlé dans notre 35e Bulle de Bonheur (#35 je pratique la pensée positive), notre manière de penser impacte nos émotions et nos comportements. Développer notre résilience cognitive, c’est donc développer notre optimisme (Bulle de Bonheur #23), cultiver notre confiance en soi (Bulle de Bonheur #6), connaître nos forces (Bulle de Bonheur #24), être convaincu que nous sommes acteur de notre vie (Bulle de Bonheur #55), être en accord avec ses valeurs, faire preuve de gratitude (Bulle de Bonheur #20).

Veiller à construire une image de soi plus exacte et positive permet d’affronter plus facilement les épreuves auxquelles nous devrons faire face.

La résilience émotionnelle 

Développer notre capacité à gérer nos émotions est un facteur facilitant pour la résilience, car elle permet d’éviter de se laisser submerger par nos émotions. Comme nous l’avons souvent dit (Bulle de Bonheur #5, #9, #18, #27, #64), les émotions doivent être vécues. Mais elles doivent être gérées de façon à ne pas devenir le maître de nos modes de pensée et de nos comportements. 

La résilience émotionnelle sera également facilitée par notre gestion du temps (savoir gérer nos priorités Bulle de Bonheur #10 ; faire preuve de patience Bulle de Bonheur #48) et la connaissance de nos besoins et de ceux de notre entourage  (Bulle de Bonheur #12). 

La résilience comportementale 

Elle nous invite à réaliser ce qui est bon pour nous, c’est à dire à “faire de ses bons comportements, une habitude”. Cela passe par la santé (alimentation, activité physique, se soigner…), mais aussi l’entourage (construire des réseaux de soutien, nouer des relations, s’entourer de personnes positives et encourageantes), avoir confiance en soi et dans la vie, avoir des buts clairs, faire des projets (Bulle de Bonheur #19), rire (Bulle de Bonheur #22).

Travailler sur notre capacité à faire face à l’adversité peut demander du temps et nécessite de la volonté, mais c’est une richesse inouïe pour notre avenir, comme nous le montre la fable des casseurs de pierres (attribuée à Charles Péguy, et citée par Boris Cyrulnik).

La fable des casseurs de pierres

“En se rendant à Chartres, un voyageur aperçoit sur le bord de la route un homme qui casse des cailloux à grands coups de maillet. Les gestes de l’homme sont empreints de rage, sa mine est sombre. Intrigué, le voyageur s’arrête et demande :

Que faites vous, Monsieur ?

Vous voyez bien, lui répond l’homme, je casse des pierres

Malheureux, le pauvre homme ajoute d’un ton amer

— J’ai mal au dos, j’ai soif, j’ai faim. Mais je n’ai trouvé que ce travail pénible et stupide.

Un peu plus loin sur le chemin, notre voyageur aperçoit un autre homme qui casse lui aussi des cailloux. Mais son attitude semble un peu différente. Son visage est plus serein, et ses gestes plus harmonieux.

Que faites vous, Monsieur ?, questionne une nouvelle fois le voyageur.

Je suis casseur de pierres. C’est un travail dur, vous savez, mais il me permet de nourrir ma femme et mes enfants. 

Reprenant son souffle, il esquisse un léger sourire et ajoute

Et puis allons bon, je suis au grand air, il y a sans doute des situations pires que la mienne.

Plus loin, notre homme, rencontre un troisième casseur de pierres. Son attitude est totalement différente. Il affiche un franc sourire et il abat sa masse, avec enthousiasme, sur le tas de pierre. Pareille ardeur est belle à voir !

Que faites-vous ? demande le voyageur 

Moi, répond l’homme, je bâtis une cathédrale !

Différence de regard

Le regard que les personnes portent sur elles-mêmes face à l’adversité. Mais aussi leur perception de la situation, leur projection dans l’avenir sont donc des facteurs importants pour la résilience. A l’instar de la psychologue Marie Anaut, nous pouvons aussi nous interroger sur “le regard que l’on porte sur les sujets blessés. Ainsi, les considère-t-on seulement comme des casseurs de cailloux ou bien comme de possibles bâtisseurs de cathédrales ?”. 

En bref 

  • Le processus de résilience est présent chez tous les individus. Pour certains, il sera naturellement activé et pour d’autres, il aura besoin d’être activé par une aide ou un accompagnement. 
  • La résilience permet d’aller puiser des ressources latentes lorsque nous vivons des épreuves. Elle est favorisée lorsque : 
  1. nous avons un réseau de soutien matériel et affectif (versus l’isolement), 
  2. aussi lorsque nous avons trouvé un sens dans l’existence (versus l’impossibilité de faire un récit de qui s’est passé) 
  3. ou bien quand nous portons un regard positif sur nous-même (versus la honte)

Allez hop, je me lance !

A vous de jouer ! 2 minutes pour vous demander dans quelles circonstances vous avez été un casseur de pierre ou un bâtisseur de cathédrale !

Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

J’accepte la tristesse

Introduction

La tristesse fait partie des émotions de base, appelées aussi émotions primaires. Comme nous l’avions évoqué dans nos précédents podcasts sur la joie (Bulle de Bonheur #9), la peur (Bulle de Bonheur #18) et la colère (Bulle de Bonheur #27), l’adjectif primaire renvoie au fait que ces émotions sont génétiquement pré-programmées, et sont à l’origine de toutes les autres émotions. 

La tristesse sera ainsi à l’origine d’émotions secondaires comme la déception, le désespoir, la nostalgie, le chagrin, et d’émotions sociales, c’est à dire d’émotions inhérentes à la relation aux autres, comme l’envie, l’humiliation, la honte.

Dans le processus de deuil, c’est une émotion qui surgit après la colère, et qui est indispensable pour accepter la perte. 

Admettre la tristesse

Si la tristesse est une émotion simple à comprendre, elle est en revanche souvent plus compliquée à admettre et à gérer.

En effet, par pudeur ou par peur du jugement, nous avons tendance à la cacher ou à la nier. La tristesse nous confronte par ailleurs à notre finitude et à nos faiblesses. Cela peut la rendre encore plus insupportable.

Comme pour les autres émotions désagréables que nous ne voulons pas vivre, nous pouvons mettre en œuvre tout un tas de stratagèmes d’évitement (alcool, alimentation, drogues, ou bien encore s’investir exagérément dans le travail, les sorties etc…). Ceci afin de nous “anesthésier” et ne plus ressentir ces sensations désagréables. Or, nous l’avons dit dans nos podcast précédents, toute émotion joue un rôle, envoie un message à prendre en compte. Si celui-ci n’est pas entendu et donc si l’émotion est refoulée, notre corps trouvera un moyen de nous faire passer le message autrement un jour ou l’autre.  Notamment par diverses manifestations psycho-somatiques qui pourront être bien plus désagréables.

Comment fonctionne la tristesse ?

La tristesse suit le processus émotionnel classique. Un élément déclencheur, des sensations physiques, un comportement réactif, un message transmis. 

1 – Élément déclencheur 

L’élément déclencheur de la tristesse est la perte. Le décès d’un proche, un projet non abouti, une rupture de liens, la perte d’un livre aimé… Nous sommes confrontés au deuil dès notre naissance, 1er moment de séparation où nous quittons l’utérus qui nous a logé, nourri et chauffé. 

2- Manifestations physiques de la tristesse

Dans notre podcast Bulle de Bonheur #6 je nomme mes émotions, nous rappelions que le langage du corps est très présent dans l’univers émotionnel. Il est très utile aussi pour décrypter une émotion, chez soi et chez les autres.

Les manifestations physiques de la tristesse touchent tout le corps. Que ce soit l’esprit (“broyer du noir”, “avoir la mort dans l’âme”), le visage (regard éteint, bouche affaissée, “avoir une tête d’enterrement”, “faire grise mine”). Mais aussi la voix (atone, plus rauque, ton amer, débit plus lent), la gorge (“avoir une boule dans la gorge”), les épaules (voûtées, “porter le chagrin du monde sur ses épaules”). Elle entraîne une baisse d’énergie, de vitalité, un repli sur soi. Elle peut provoquer une perte d’appétit et des troubles du sommeil.

Au niveau du cerveau. La tristesse est un moment de pause, d’analyse d’un moment difficile. Le cerveau est donc plus actif quand il est triste. En effet, il travaille pour se souvenir, penser et réfléchir à des solutions ou des nouvelles alternatives. La sérotonine diminue et les tensions augmentent. C’est pourquoi pleurer est nécessaire pour expulser cette anxiété, se détendre et libérer tout ce que nous ressentons. Après avoir pleuré, nous commençons à sécréter des endorphines qui nous détendent.

3- Manifestations comportementales 

A l’instar des autres émotions, la tristesse a plusieurs niveaux d’intensité : mélancolie, chagrin, abattement, déprime… Et plusieurs modes d’expression. Elle peut être silencieuse (pleurer intérieurement) ou bruyante (crises de larmes, mélopées des femmes endeuillées dans certaines cultures). 

4 – Message que nous apporte la tristesse

La tristesse nous renseigne sur un manque affectif.

Comme toute émotion, la tristesse ne dure pas dans le temps. De même, les pleurs servent juste le temps de soulager, de libérer les tensions. Si cela se prolonge, c’est que l’émotion s’est transformée en un sentiment “malsain” (en mélancolie, en déprime…). Il devient disproportionné par rapport à la situation et destructeur pour soi et souvent pour l’entourage.

La tristesse a toutefois besoin d’un temps particulier. En nous privant d’énergie, elle nous invite en effet à nous retirer un moment de l’action, pour prendre le temps de faire le deuil. Mais encore pour comprendre ce qui se passe.

Elle invite aussi à l’empathie et à la sympathie, en attirant l’attention des autres.

Enfin, elle est souvent un rempart contre l’agressivité des autres.

Changement de regard 

Et si je faisais de la tristesse un agent de transformation ?

La tristesse une précieuse alliée, c’est à dire un partenaire avec lequel nous sommes en lien et qui peut nous apporter soutien et aide. A l’opposé, elle peut devenir un adversaire, un ennemi. La tristesse ennemie ?

C’est celle qui est trop intense, celle qui dure et qui nous fait tomber dans la déprime. Celle qui vient abîmer nos relations (professionnelles, sociales, familiales) car elle finit par nous couper du monde. Celle que nous combattons par crainte de souffrir ou par peur qu’elle empêche tout bonheur.

Faire de la tristesse une amie nécessite comme pour toute relation amicale de prendre le temps de la connaître. Prenons donc le temps de découvrir notre tristesse, de l’écouter et de la traiter avec égard !

Observation et expression 

Dans Bulle de Bonheur #5, nous vous parlions des 2 phases de la gestion des émotions. Ces 2 phases s’appliquent bien sûr à la tristesse, qui doit être acceptée et exprimée pour éviter tout risque pathologique : 

  • j’observe : que se passe-t-il  dans mon corps ? Quels signes m’envoie-t-il ?
  •  j’exprime : par les mots (“je me sens totalement vide” – “amputée”, “je n’ai envie de rien”), la visualisation, l’expression artistique (dessin, musique, écriture …). 

Et souvenez-vous, avec les enfants, observation et expression pourront être initiées par l’adulte. Celui-ci aidera à mettre des mots et à décrire l’émotion (par sa forme, par sa place dans le corps, par sa couleur, par l’association à une image (un tunnel, une chape de plomb, un gros nuage noir …). 

Gestion 

  • Accueillez le changement de votre état. Perte de tonus, baisse d’énergie, fatigue, voire troubles alimentaires et du sommeil. Ces signes peuvent aussi être intellectuels (difficulté de concentration, idées noires, trous de mémoire). Ainsi qu’émotionnels (impuissance, anxiété, perte du désir …) et peuvent concerner votre estime de soi, voire votre volonté de vivre. Il est important d’accepter cet état de relâchement, et de ne pas le combattre. Cet état est celui qui va permettre de trouver les solutions pour surmonter la tristesse. 
  • Faites preuve de compassion envers vous-même, comme vous le feriez avec un ami qui vit la même expérience : parlez-vous avec bienveillance, (voir Bulle de Bonheur #39 je pratique l’auto-compassion). Laissez libre cours à des larmes libératrices et réparatrices. Comme nous l’avons évoqué, ces larmes vont déclencher l’empathie et la bienveillance. De ce fait, l’attention de votre entourage va permettre de commencer ainsi à combler le manque affectif que votre tristesse signale.

Prise de conscience

  • Parlez-en. Il ne s’agit pas évidemment de tomber en pleurs dans les bras de tout le monde à tout moment. Mais de s’autoriser à partager sa tristesse avec les personnes avec lesquelles nous avons envie de le faire (des proches pour certains, des inconnus pour d’autres ou encore un professionnel).
  • Pensez positif. Nous l’avions évoqué dans notre Bulle de Bonheur #35 sur la pensée positive. La couleur de nos pensées est liée à la couleurs de nos émotions. Vivre des émotions désagréables comme la tristesse, nous entraîne à vivre des pensées négatives. D’un autre côté, nous avions également mentionné que nous avions la capacité de sélectionner nos pensées et donc d’agir. Non pas pour cacher nos pensées négatives, mais pour éviter de les alimenter (méditer, bouger (l’activité physique va permettre de débrancher le mental). Mais encore respirer, regarder des films légers et détendants,…) et pour remettre du positif dans nos vies en se focalisant sur ce qui va bien aussi.
  • Comblez le besoin qui se cache derrière la tristesse. Il est certain que tout manque ne peut être comblé. Il n’est pas question donc de remplacer ce ou celui que vous ne pouvez plus avoir ou voir. Il est en revanche  possible de combler une partie du besoin affectif qui en résulte. En profitant de l’attention et de l’affection des personnes qui vous sont chères. En reprenant doucement mais sûrement des activités ou des projets significatifs dans lesquels vous vous sentez importants, utiles etc…. Bref, en allant vous nourrir affectivement à d’autres sources.

Action

  • Mettez-vous en action. Plus que la seule reprise d’activité, la tristesse peut être une opportunité de créer du nouveau. Et devenir un tremplin vers un changement et une expression de votre potentiel. Le changement demandant une certaine énergie et disponibilité d’esprit (voir Bulle de Bonheur #3), se mettre en action sera difficile juste après la perte vécue, mais pourra plus aisément se faire en fin de processus. Réaliser un projet, débuter une nouvelle formation, chercher de nouvelles sources d’intérêt (loisirs, musiques, sorties…) (Re)commencer à faire du sport, écrire ou encore se refaire une garde-robe ?
  • Effectuez un travail de deuil. Selon l’ampleur de la perte perçue mais également la façon dont cette perte est vécue, un véritable travail de deuil pourra être utile. Cela appartient à chacun car il n’y a pas d’échelle objective de la souffrance. Le degré de tristesse (comme pour toute autre émotion) est totalement subjectif. Mais si la fréquence, la durée et l’intensité de la tristesse sont excessives, elles pourraient être le signe d’un état dépressif. Et/ou nécessiter un accompagnement par un professionnel.

En bref

  • La tristesse est une réaction à un manque, c’est le temps de la “cicatrisation psychologique”. 
  • La tristesse nous fait passer par la souffrance, malheureusement nécessaire à la cicatrisation et à l’acceptation de la perte.
  • Il est important de s’autoriser la tristesse en l’accueillant et en la nommant puis  en trouvant le moyen de la gérer, pour en faire une opportunité de croissance personnelle.

Allez hop, je me lance !

A vous de jouer, chers auditeurs, 2mn pour identifier chez vous une situation qui a provoqué de la tristesse : quel est le déclencheur ? Que se passe-t-il dans votre corps ? Comment en parlez-vous ? Que faites-vous pour la gérer ? 

Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

Je gère les conflits

Le regard que nous portons sur le conflit dépend de nombreux éléments. L’Histoire mais aussi notre propre histoire (éducation, expériences du conflit …). La culture,  le contexte du conflit (personnel, familial, professionnel, social)…

Je me souviens que lorsque je suis arrivée au Québec, j’ai été vraiment étonnée de voir que la gestion de conflits était enseignée dès les premières années de l’école. Dans les parcs, ou dans les ruelles si typiques de Montréal, j’ai souvent pu observer les enfants régler leurs chicanes tout seuls, dans le respect de chacun.

Bien sûr, avoir ces outils dès la petite enfance est une réelle chance. Mais il n’est jamais trop tard pour apprendre la gestion amiable des conflits, et faire de ces moments de désaccords que nous vivons tous, une opportunité de croissance.

Les conflits ? 

Il existe de nombreuses définitions du conflit. 

Pour Jacqueline Morineau, le conflit « naît de la rencontre de deux désirs contradictoires qui s’opposent et qui paraissent vitaux à ceux auxquels ils appartiennent ». Selon l’historienne, les conflits résultent des souffrances non exprimées par les personnes. Ils entraînent le désordre tant d’un point de vue individuel que d’un point de vue collectif. Chez l’individu, la souffrance non exprimée, non reconnue, peut conduire à l’expression de la violence.  

Autres point de vue sur les conflits

Pour d’autres auteurs, le conflit est «  la constatation d’une opposition entre personnes ou entités. Le conflit est chargé d’émotions telles que la colère, la frustration, la peur, la tristesse, la rancune, le dégoût », c’est une lutte de sentiments contraires. 

Claire Bonnelle, dans La Dynamique du conflit, explique la naissance du conflit par « la persistance de la colère et l’impossibilité à entamer un travail de deuil ».

Pour cette médiatrice familiale, face aux blessures non pansées et lorsque l’identité des personnes est touchée, les interactions entre les membres d’un couple se transforment. La communication se détériore, et inconsciemment les personnes entrent dans un engrenage involontaire qui les mène au conflit.

Désaccord, opposition, confrontation d’opinions différents, affrontement. Mais plus encore. Car les conflits touchent la relation et donc ce qui la composent. Notamment les émotions, la communication et la reconnaissance de l’altérité. C’est pourquoi le conflit va prendre différentes formes et degrés. Il va concerner de multiples domaines et faire l’objet d’une taxinomie plus qu’abondante ! 

Exemple de la famille dans la gestion des conflits

Si l’on prend l’exemple de la famille, nous imaginons facilement les oppositions qui peuvent survenir entre les différents membres de ce système. Différence des points de vue dans l’éducation, dans la répartition des tâches, dans la définition des rôles de chacun…. Incompréhension des sentiments, des besoins individuels, collectifs… Mauvaise communication dans le couple, la fratrie, entre parents et enfants… Les exemples pourraient être encore nombreux !

Ils illustrent en tout cas bien que l’origine des conflits vient du fait que nous sommes des êtres différents (adultes, enfants, hommes, femmes…etc). Et que nous avons des points de vue différents (autant d’individus, autant de points de vue différents !).

Le conflit, reflet de nos différences

Les conflits sont donc le reflet de nos différences. Ils sont la manifestation d’un désaccord entre 2 ou plusieurs personnes dont les « cartes du monde » divergent. Ils sont par conséquent inhérent à la relation humaine. Dans le couple, si les différences sont souvent ce qui a attiré les 2 partenaires, ce sont elles aussi qui vont être à l’origine des disputes (“j’ai été attiré par ton énergie et ta curiosité, aujourd’hui elles m’épuisent”). 

Il est important de comprendre aussi que le conflit est un processus. Il commence généralement par l’apparition de tensions, qui vont entraîner des réactions émotives et des comportements spécifiques.

Par exemple, je me sens frustrée, incomprise ou agressée quand mon conjoint ne range pas ses affaires. Mon comportement change et je deviens anxieuse, méfiante, agressive… Mon conjoint se sent à son tour frustré, incompris ou agressé et réagit (m’agresse, m’ignore…) Une escalade se met en place, spirale dangereuse si elle se répète ou si elle mène à la violence.

Cause des conflits

L’apparition de ces tensions a des causes multiples. Empiètement de son territoire (tant physique que psychosocial), difficulté de communication, estime de soi attaquée. Mais aussi sécurité menacée, autonomie réduite, rythme bousculé, incompréhension… Il est difficile de tout énumérer. Mais connaître ce qui provoque les premières tensions et les émotions afférentes est très utile pour apprendre à gérer les conflits et surtout les prévenir. Vous verrez ainsi que les conflits touchent souvent à nos besoins fondamentaux. Manque de reconnaissance, manque de liberté, d’amour ou encore de sécurité.

Aujourd’hui, nous allons nous centrer sur l’opportunité que nous offrent les conflits d’avancer plus en avant sur le chemin du bonheur. 

Et si nous regardions les conflits comme “la croissance qui frappe à la porte” ? 

(Harville Hendrix et et Helen Lakelly Hunt dans “dix clés pour mieux vivre à deux”) 

A l’instar des émotions, les conflits sont en effet un précieux indicateur. Ils sont souvent un signe invitant à prendre en compte l’expression d’un besoin, l’expression d’une conviction. Ou encore la manifestation d’un problème à résoudre. Ils sont la marque d’une rupture d’équilibre et d’une nécessité d’ajustements, voire de changements.

Les conflits ne sont donc pas mauvais en soi. C’est la façon dont nous allons les gérer qui va en faire des éléments sources d’enrichissement ou au contraire de destruction.

En effet, quand nous n’arrivons pas à gérer un conflit, nous nous trouvons confrontés à la souffrance. Elle même peut souvent être génératrice de violence, pour soi et pour les autres.

Deux versants des conflits

C’est pourquoi nous parlons souvent des deux versants des conflits : un qui est destructeur, violent, chaotique. Un autre qui est, constructif, source de développement personnel et relationnel. Ces deux aspect sont parfaitement exprimés dans la lecture chinoise du mot “crise”, qui associe deux idéogrammes. Celui du “danger” et celui du mot “opportunité”. 

Lors d’une confrontation, la relation peut donc éclater dans la violence et révéler les effets négatifs du conflit. Dépense de temps et d’énergie, non respect des droits, rupture de communication et de liens, souffrance …

Ou alors nous en profitons pour nous remettre en question et évoluer, pour mettre à profit les effets positifs. Stimuler l’énergie, permettre la créativité, responsabiliser, renforcer l’estime de soi dans la résolution du conflit. Ou encore améliorer la cohésion d’un groupe, favoriser la collaboration, la recherche d’une meilleure solution…

Comment réagissons-nous face au conflit ?

Les auteurs distinguent souvent les résolutions “primaires” et les résolutions ”évoluées”. Dans chaque mode, nous allons trouver un degré variable d’affirmation de soi et de coopération.

Les résolutions primaires 

  •  La fuite ou l’évitement. Je pars du lieu du conflit, j’évite certaines personnes, je fais comme si de rien n’était. Je me réfugie dans une autre activité (travail, ordinateur …) J’adopte donc un comportement très faible en affirmation et en coopération. Dans lequel je ne m’occupe ni des objectifs de l’autre ni des miens. 
  •  L’abandon ou la soumission. Je renonce à mes droits, à mes envies. Je laisse à l’autre tout le champ libre. J’accepte toutes les exigences de l’autre. Je fais donc preuve d’un comportement très faible en affirmation et très fort en coopération, où je néglige mes propres buts pour satisfaire ceux des autres.
  •  L’agression ou le combat. Je cherche à vaincre l’autre, à le faire plier, à le soumettre à ma volonté. Je suis donc dans un rapport de pouvoir, de domination. Je m’affirme avec force, sans aucune coopération, sur un mode autoritaire. 

Ces trois modes de résolution font peu de place à la résolution du conflit, qui risque donc de se reproduire. Ils laissent également un sentiment d’échec et de frustration à l’une, voire aux deux parties concernées. 

Les résolutions évoluées 

Elles privilégient l’écoute, le dialogue et la co-construction de solution. 

  •  la collaboration : elle prend souvent la forme de négociation gagnant / gagnant qui recherche une solution accordant des avantages mutuels. Dans ce mode de résolution, on trouve un comportement très fort en affirmation et en coopération. Par celui-ci on tente de réaliser les buts et les intérêts des deux parties. La solution est commune et satisfaisante pour tout le monde
  •  le compromis. Ici, on fait face à un comportement intermédiaire en affirmation et en coopération. Par celui-ci on recherche toute solution acceptable, même si elle n’est que partiellement satisfaisante. 
  • l’appel à un tiers. Le tiers permet de sortir de la dualité conflictuelle. Ce tiers peut être un médiateur, un arbitre ou un juge. Chacun a un rôle particulier, le médiateur étant celui qui laisse le pouvoir aux personnes de décider en les accompagnant à trouver leurs propres solutions. Tandis que le juge est celui qui décide, qui tranche le conflit.

Ces modes permettent de sortir de combat “j’ai raison/ tu as tort” qui entraîne souvent une guerre destructrice et sans issue. Attention toutefois à ne pas tomber dans le travers de la négociation sans fin (piège dans lequel nous pouvons parfois tomber avec les enfants de peur d’aller au conflit). L’objectif de ces modes de résolution est de trouver une solution qui convienne à chacun, dans un délai raisonnable ! 

Comment gérer un conflit ?

Quelques règles fondamentales : 

  • Trouvez le moment et le lieu propices.
  • Faites preuve d’écoute bienveillante.
  • Evitez de jouer au ping-pong du tort/raison.
  • Bannissez l’attaque, c’est à dire la violence, (physique et verbale), le mépris et la dévalorisation, la domination.
  • Sortez de la défensive, donc évitez la mauvaise foi, la fuite ou le sacrifice.

4 outils à aller explorer plus à fond :

  1.  La méthode Gordon : elle repose sur trois piliers : l’écoute active (voir Bulle de Bonheur #27), l’affirmation de soi (voir Bulle de Bonheur #31 sur les messages en JE et #5 sur l’expression de ses émotions) et la résolution de conflit sans perdant.
  2.  La méthode DESC :  Décrire les faits (voir Bulle de Bonheur #31 je communique autrement). Exprimer ses sentiments, Spécifier des solutions (claires, réalistes et réalisables), Conclure (résumer les conséquences pour chacun, négatives en cas du maintien de la situation, positives en cas de respect des solutions choisies).
  3.  La CNV (Communication Non Violente) : observation des faits, expression (facultative) des sentiments (ce que je ressens), expression des besoins (à l’origine des sentiments) et formulation d’une demande, avec assertivité et empathie (voir Bulle de Bonheur #12).
  4. La résolution de conflits : la littérature et internet fourmillent d’exemples de processus de résolutions de conflits. Ceux-ci vont d’ailleurs souvent intégrer les outils décrits précédemment. Allez chercher celle qui vous convient le mieux, qui vous paraît la plus claire et la plus réalisable, et vous serez sûrement surpris des résultats. Mais si les émotions sont trop fortes ou si le conflit est trop enkysté, il sera utile d’avoir recours à tiers professionnel impartial.

Rappelez-vous aussi que si nous réalisons que le conflit a engendré souffrance, blessures, le pardon pourra être une action supplémentaire pour réparer. (Voir notre podcast #15 sur ce sujet : le pardon est une démarche puissante mais qui doit être sincère et libre).

En bref 

Si je résume :

  1. Les conflits sont inhérents à toute relation. 
  2. Ils sont des messagers indiquant des besoins non satisfaits. Bien gérés, ils permettent d’évoluer personnellement mais aussi de faire croître la relation.
  3. Regardez donc le conflit comme une opportunité de croissance, et profitez de ses effets positifs sur l’énergie et la créativité, l’estime de soi et la relation.

Allez hop je me lance ! 

2mn pour trouver une situation qui génère des conflits chez vous, dans votre travail, dans votre famille élargie ou avec des amis.

Prenez un temps pour identifier les faits, les émotions que vous ressentez et si possible les besoins qui se cachent derrière. Trouvez ensuite un moment pour en parler avec la ou les personnes qui se trouvent à l’autre bout de votre relation, sans oublier d’écouter ce qu’elles vivent de leur côté. Vous allez voir, les solutions vont émerger !

s

Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

Je mange mes émotions

Nous avions envie de vous parler aujourd’hui de nourriture… Non pas de nourriture intellectuelle ou spirituelle, mais bien de nourriture alimentaire…

Non pas de recettes ni de menus mais d’une nourriture peut-être méconnue, bien que pratiquée par tous, la nourriture émotionnelle !

La faim

La faim est d’abord physique. C’est la plus courante, elle manifeste un besoin vital de notre corps et se révèle par différents moyens. Celui-ci va envoyer un signal pour faire comprendre au cerveau qu’il est temps pour lui de manger. Notre corps possède en effet un «baromètre» interne qui indique par deux signaux distincts quand il a besoin de calories (la faim) et lorsqu’il en a suffisamment reçu (la satiété).

Chaque signal se caractérise par des sensations corporelles : 

  • la faim se manifeste par des gargouillements, tiraillements, creux à l’estomac, voire fatigue, étourdissements. Mais encore irritabilité, perte de concentration quand la faim s’intensifie. Elle arrive donc graduellement. On commence à ressentir une légère faim qui se transforme en faim intense si on ne s’alimente pas.  
  • la satiété se reconnaît quand notre plaisir gustatif diminue, notre vitesse d’alimentation ralentit et une certaine lassitude apparaît. 

La faim mondaine

Ensuite, il y a la faim « mondaine », celle qui se manifeste quand on est en groupe. On va manger sans nécessairement avoir faim, mais en prenant quand même du plaisir. Ce phénomène intervient généralement quand on est entre amis, en famille, en amoureux.  Mais aussi lors d’un repas professionnel ou un évènement festif. Manger peut alors devenir un code de conduite, une forme de politesse, un moyen d’être en lien. La nourriture peut être alors familiale, relationnelle, culturelle.

La faim émotionnelle

Pour finir, il y a la faim émotionnelle, c’est à dire la « faim de la tête », par opposition  à la « faim du corps ». La faim émotionnelle est une faim intense dès le début (contrairement à la faim physiologique), qui sert à répondre à une émotion forte ou désagréable : fatigue, angoisse, tristesse, euphorie… Elle ne comble donc pas un besoin physique en énergie, mais sert plutôt  à apaiser, compenser un manque ou détourner un problème. 

D’où vient la faim émotionnelle ?

Un rapport de l’ANSES de 2010 indique que l’alimentation humaine n’a pas seulement vocation à répondre à des besoins biologiques. La nourriture est aussi faite pour répondre à un équilibre psychologique. Pour reprendre le titre du livre « Cessez de manger vos émotions » d’Isabelle Huot et Catherine Senécal, tout le monde “mange donc ses émotions” à un moment ou un autre ! 

Manger pour parer à la déprime, pour combler l’ennui, pour se réconforter… Bref pour tenter de rétablir un équilibre psychologique ébranlé. L’enfant qui tourne en rond et qui demande “quand est-ce qu’on mange ?” Alors que cela fait une heure qu’il est sorti de table !

Le chocolat pour nourrir ses émotions

La tablette de chocolat avalée en 2 minutes dans un moment de découragement, ou encore les noix de cajou dévorées par poignées après une journée stressante et/ou épuisante de travail… Vous connaissez ?

Vous faites d’ailleurs peut-être partie de ces 42% qui mangent du chocolat pour lutter contre un état dépressif. Ou de ceux qui sont convaincus que c’est plus efficace qu’une séance chez le psy ! Sachez juste que si cela a un effet positif, cet effet est psychologique  ! Car les quantités de  phényléthylamine (« molécule de l’amour ») et de sérotonine sont présentes à des quantités si infimes qu’il faudrait manger au moins une tonne de chocolat pour obtenir le même résultat qu’un seul cachet de Prozac !!!

Le problème du chocolat (ou du prozac), c’est qu’il ne règle pas le problème en profondeur. Comme le montre le psychiatre et psychothérapeute américain Roger Gould dans “Dites non à l’alimentation de consolation”. En effet, il note que la nourriture peut devenir une sorte de « tranquillisant vendu sans ordonnance », voire même de « transe alimentaire ». Ce moment où les soucis s’arrêtent, la nourriture est là, toujours disponible, et ne nous juge pas. 

Modification du comportement alimentaire due aux émotions

Si des études ont démontré le lien entre émotions et alimentation, les recherches n’ont pas encore permis d’établir si toutes les émotions ou certaines d’entre elles seulement modifient les comportements alimentaires. De même, le rôle exact que pourrait jouer l’alimentation dans la régulation émotionnelle ou comportementale reste inconnu. 

Quoiqu’il en soit, et comme nous l’avons souvent dit dans nos podcasts, le problème est surtout lié à l’excès. Ainsi, la faim émotionnelle sera sans conséquence tant qu’elle sera mesurée. En revanche, si elle devient fréquente, voire systématique, alors elle peut devenir problématique et être associée à des troubles du comportement alimentaire.

Conséquence d’une faim émotionnelle excessive 

Nous ne sommes pas toujours à l’écoute de notre corps, et nous pouvons de ce fait faire des excès. Si le corps arrive à se réguler en cas de faim physique ou mondaine (si vous avez trop mangé à midi, vous aurez moins faim le soir par exemple), ce n’est pas le cas de l’alimentation émotionnelle. En effet, elle fait dérailler le mécanisme de régulation interne et entraîne 2 conséquences négatives.

  • La première conséquence touche le poids et la santé. On mange en grande quantité, et plus que de besoin. En plus, en cas de faim émotionnelle, on se dirige rarement vers des carottes râpées, une plâtrée de haricots verts, ou même des fruits (que nous avons pourtant souvent sous la main !). Mais quasiment systématiquement vers des aliments hautement énergétiques et sans aucun intérêt nutritionnel. Les effets sont inéluctables : prise de poids, dégradation de la santé, dérégulation des sensations alimentaires de faim et de satiété. 
  • La deuxième conséquence est de tomber dans un cercle vicieux. On prend du poids, on perd confiance en soi parce qu’on a pris du poids, on se sent coupable, on tente de rectifier le tir, on se prive 2 jours et ça repart…

Et si j’apprenais à gérer ma faim émotionnelle ?

La première étape est d’essayer de comprendre quelles sont les émotions qui se cachent derrière la prise alimentaire. Cela peut être ardu car tout en étant conscient de “manger vos émotions”, votre journée vous semble normale. onc vous ne faites aucun lien avec des émotions précises. Il est possible également que vos émotions soient bien refoulées donc difficiles à identifier. 

Selon Roger Gould, cette faim émotionnelle peut avoir cinq origines différentes, et se gérer par des stratégies autres qu’alimentaires.

  • La première cause réside dans les doutes sur soi-même.

C’est l’exemple classique d’une demande de tâche à laquelle on ne sait pas répondre. Elle déclenche en nous un jugement négatif (« je suis nul »).

Se précipiter sur le distributeur pour prendre des barres de chocolat va peut-être vous faire du bien sur le moment mais a peu de chance de vous rendre moins nul !

Roger Gould conseille plutôt de répondre du tac au tac à cette voix critique intérieure. « Il est normal de ne pas tout savoir. Ce n’est pas parce que je ne sais pas faire quelque chose que je ne sais rien faire ». (précieux outil de la réfutation dont nous avions parlé dans notre podcast  Bulle de Bonheur #29 sur les fausses croyances).

  • La deuxième cause de la faim émotionnelle est la frustration

    Elle survient généralement quand certains de nos besoins ne sont pas comblés (voir Bulle de Bonheur #12). Au lieu de compenser avec un paquet de gâteaux, il sera plus efficace de s’interroger. “Quels sont mes vrais besoins ? Comment puis-je y répondre ? Si ce n’est pas possible, comme puis-je trouver une autre source de satisfaction ?”.  Par exemple, si je me sens triste car le comportement de mes enfants m’énerve et me donne un sentiment d’impuissance. Au lieu de manger la moitié du pot de Nutella quand enfin ils sont couchés, pourquoi ne pas les faire garder une heure par semaine ? Temps pendant lequel je pourrai me détendre, avec une amie, en faisant du sport ou simplement en me prélassant ? Quand les enfants vous énervent, il est très soutenant de penser à ce moment que vous allez passer pour vous bientôt. 

  • Une troisième cause peut être un manque de sécurité intérieure

    Il arrive que des personnes ayant subi des traumatismes pendant l’enfance ressentent un sentiment d’insécurité permanente. Elles se mettent à manger de façon excessive, pensant inconsciemment que leur surpoids va les aider à les écarter d’une agression potentielle. Roger Gould conseille d’interpréter la situation de façon réaliste. Accepter que la nourriture ne protège pas et identifier les domaines concrets où l’on se sent vulnérables  (finances, santé, conjoint, enfants…). Ceci pour trouver les moyens adaptés de surmonter ces difficultés. Une aide psychothérapeutique pourra être nécessaire.

  • Une quatrième source est liée à une rébellion inconsciente

    Plutôt que d’exprimer sa colère, on va manger, comme pour exorciser cette émotion qui monte en nous et qui pourrait nous faire accomplir des gestes regrettables. La solution est d’apprendre à gérer sa colère autrement que par la prise alimentaire (voir notre podcast Bulle de Bonheur #27). Pour d’autres personnes, cette rébellion s’exprime par l’idée que « la nourriture est la seule chose agréable que j’ai dans la vie, je ne vais donc pas y renoncer ». Ou encore « aime-moi d’abord comme je suis». Dans ces cas, il est important de renforcer son estime de soi (Bulle de Bonheur #7 et #24).

  • Enfin, il arrive qu’on l’on mange pour remplir un vide, un manque

    Ce sentiment est souvent lié à un sentiment d’abandon. Quand notre réservoir affectif est vide, on essaye de le remplir avec des aliments. Ceci, afin d’essayer de combler cette absence d’amour, cet appétit relationnel dont nous avons besoin pour vivre. Cette alimentation de consolation a des effets positifs de courte durée et peu efficaces pour répondre à notre besoin d’aimer et d’être aimé. Ce lien entre alimentation et manque est souvent lié à l’enfance. Donner à l’enfant quelque chose à manger pour le consoler ou pour le féliciter. Ou à l’inverse le priver de dessert pour le punir ou le priver de moments de qualité en famille… Tous ces évènements peuvent influencer notre rapport à l’alimentation et créer un lien de dépendance, souvent délétère, entre alimentation et amour. 

 

Il est par conséquent important de prendre le temps de s’interroger sur les raisons pour lesquelles nous mangeons. Est-ce vraiment parce que nous avons faim ou est-ce pour répondre à un autre besoin ? Votre histoire est personnelle, et le lien que vous avez avec un aliment est unique donc écoutez-vous avant tout.

Le temps, l’objectivité mais aussi la compassion pour soi seront des outils utiles pour vous aider, sans oublier une aide professionnelle si besoin.

En bref

  • Nous sommes tous des « mangeurs émotionnels » 
  • Lutter contre la déprime, combler un vide, trouver un réconfort sont souvent les raisons de nos faims émotionnelles 
  • Il existe des stratégies pour combler notre faim émotionnelle, notamment en s’interrogeant sur notre besoin réel 

Allez hop, je me lance !

A vous de jouer ! La prochaine fois que vous avez faim, demandez-vous si vous avez vraiment faim ou si vous avez une faim émotionnelle. Si tel est le cas, prenez 2 minutes pour vous demander ce qui se cache derrière. Belle découverte !

Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

Je prends le temps d’être heureux avec Catherine Delmas Chaulet

Avec Catherine Delmas Chaulet

Le micro de Bulle de Bonheur continue à voyager, toujours à la quête de gens heureux qui ont aussi des histoires ! Aujourd’hui, nous sommes près de Boston aux USA avec Catherine Delmas Chaulet. Elle est CEO et présidente de Global DMC partners, un des leader mondial dans le monde de l’événementiel, du tourisme d’affaires et de l’incentive. Catherine est aussi conseiller au commerce extérieur.

Les relations internationales sont sa passion et le fil moteur de sa carrière. Elle est française née de parents cosmopolites, mariée avec un français et elle habite aux Etats-Unis depuis 25 ans.

Elle est une femme d’affaires dynamique, le succès de son entreprise parle de lui-même.

L’excellence et la précision de son travail alliées à sa volonté de motiver ses équipes, ses partenaires et ses fournisseurs pour donner le meilleur d’eux-mêmes est sa vision ! Favoriser l’engagement par la coopération est aussi une de nos valeurs !

Une alliance magique

Ce qui nous a séduit à Bulle de Bonheur, c’est l’alliance magique de la femme d’affaires et de la femme de cœur !

Cohabitent en Catherine, la business woman, la femme amoureuse de la vie, la femme qui aime le partage des cultures, des cuisines du monde. Le bon vin, le chocolat et clin d’œil !

C’est une parisienne qui déteste le fromage et oui nul n’est parfait !

Nous aimons toutes ces richesses qui contribuent à diffuser de nombreuses bulles de bonheur ! Merci Catherine !

Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

Je pose les règles

Voici notre podcast sur la règle. Nous vous l’avions promis lorsque que nous avions abordé le thème de l’autorité bienveillante (Bulle de Bonheur #52)

Pourquoi parler des règles ? Parce que les règles nous servent :

Pour vivre en société. 

En fait, les règles sont une des structures de la vie sociale et de l’organisation des relations, et nous devons aider nos enfants à respecter ces règles.

S’autodiscipliner

Les règles nous aident à nous auto discipliner. Respecter des règles, c’est apprendre qu’il y a des limites (pour soi et pour les autres). En fait, c’est aussi apprendre à dire non (un enfant à qui on ne dit jamais non, ne sait pas dire non). Enfin, c’est apprendre à distinguer les besoins des désirs. En effet, l’enfant (et l’adulte aussi !) ne peut pas obtenir tout ce qu’il veut. Il doit savoir attendre, persévérer et connaître l’effort. S’il faut à satisfaire ses besoins, ses désirs ne sont pas tous réalisables. Mais encore faut-il savoir les distinguer ! Tout d’abord besoin de dormir / désir de se coucher tard. Et encore, besoin de s’alimenter / envie de manger des bonbons. Et aussi, besoin de jouer / envie de passer 5h devant un écran).

Sécurité

Les règles sécurisent. Sans règles, il n’y a pas de cadre ! Or, nous l’avions évoqué, sans cadre, l’enfant (et même l’adulte quelquefois) se sent abandonné, perdu et angoissé. La règle offre donc un cadre sécurisant, c’est à dire un cadre où l’on se sent à la fois libre et protégé.

Une bonne règle ?

C’est une règle  que l’on pose clairement, que l’on comprend, qui est respectueuse de chacun et qui a une conséquence.
Pour illustrer le rôle de la règle, il est souvent fait référence au code de la route. Quand nous sortons dans la rue, nous avons la liberté d’aller tout droit, à gauche ou à droite, de nous arrêter, de marcher ou de courir.

En fait, nous savons que les passages piétons, les feux tricolores ou encore les panneaux Stop sont là pour nous protéger. Mais nous pouvons aussi décider de traverser sans en tenir compte.

En réalité, nous connaissons la règle et nous en connaissons aussi la conséquence (avoir un PV, pire, se faire écraser). Le code de la route (cadre) nous assure donc sécurité (il nous protège) et liberté (nous restons libre de notre direction et du choix de nos actions).

La règle est liée au type d’autorité mis en place

Nous allons à nouveau aujourd’hui nous laisser éclairer par les principes de l’éducation positive et regarder comment les règles se posent avec des enfants.

Attention cependant ! Il n’existe pas de recette toute faite ou magique pour poser une règle.

Désolé, nous n’allons pas vous proposer la règle qui va immédiatement être appliquée et respectée sans contestation ni transgression !

En fait, découvrez des outils concrets qui permettent de comprendre pourquoi une règle ne fonctionne pas, et comment une règle doit respecter l’enfant.  La règle ne sert pas à discipliner ou contraindre l’enfant mais à le soutenir et le guider.

Savoir dire non

Certains craignent qu’en posant des règles, les enfants les aiment moins, comme si chaque limite venait dire à l’enfant “je ne t’aime pas”. Désaccord ne veut pas dire désamour !

C’est une erreur de penser que limites et amour sont inconciliables. La psychanalyste Claude Halmos l’affirme clairement. “Un enfant ne se trompe jamais. Inconsciemment, il fait la différence entre la limite qui est posée de façon juste et celle qui est imposée par l’adulte pour son bon plaisir”.

Cela ne signifie pas que l’enfant agira avec le sourire, mais cela ne remettra pas en doute l’amour que vous lui portez et qu’il vous porte.

C’est d’ailleurs pour cela que nous entendons souvent que l’autorité est un acte d’amour. En revanche, évitez la phrase “je te dis non parce que je t’aime”. L’enfant, dans sa frustration, n’aura pas la raison suffisamment accessible pour comprendre. Donc impossible pour lui de faire de lien logique entre ces 2 prépositions. Et la situation risque même de s’aggraver car il se sentira encore moins compris !!).

Dire “non” à un enfant est indispensable pour sa construction. Sinon, comment apprendra-t-il à accepter le “non” des autres, les règles de la vie en société, ses propres limites ?

Les mauvaises habitudes à propos des règles

La répétition :

Saviez-vous qu’en moyenne, un adulte répète chacune de ses demandes entre 3 et 7 fois ?

Or, il apparaît que l’enfant connaît en général très bien ce nombre de fois. Pourquoi écouterait-il la 1ère fois puisqu’il sait que la demande va lui être répétée ?

En répétant plusieurs fois, on apprend donc à l’enfant à ne pas écouter la 1ère fois.

Les études ont aussi montré que pour les enfants qui cherchent l’attention, la répétition tient lieu de récompense. Répéter lui permet de ne pas écouter et d’avoir plus longtemps l’attention de son parent ! En définitive, des liens ont également pu être établis entre l’enfant à qui l’on répète plusieurs fois une demande et l’enfant qui n’écoute pas les consignes en classe.

Cessez donc de répéter et agissez ! Par exemple, pour des jouets non rangés, au lieu de répéter 4 fois la même consigne. Vous pourriez dire : “A partir de maintenant, je vais te le dire une seule fois. Quand je verrai que tes jouets ne sont pas rangés alors que je t’ai demandé de le faire, je le ferai à ta place et je les mettrai pendant 1 semaine enfermés dans le placard” et FAITES LE !

La menace

C’est l’attitude la plus courante quand répéter ne marche pas. “Si tu ne fais pas, tu seras privé de…”. Ou alors“si tu ne te calmes pas, je vais appeler ton père”. Le risque ? Ne pas mettre ses menaces à exécution, les appliquer et culpabiliser ou encore tomber dans l’escalade. Alors, on monte dans les degrés d’intensité (de la privation de sortie une fin de semaine, on passe à un mois). Et finalement,  on risque de professer des choses irréalisables. Ou alors nous ne serons pas capables de tenir dans le temps.

La menace nous conduit souvent dans un cercle vicieux. Quand elle ne marche pas, on se sent impuissant. Cette impuissance peut provoquer colère et agressivité.

Je crie, je perds le contrôle, j’utilise la force et je fais mal (par mes actes, par mes mots) OU je cède.

La menace peut aussi conduire l’enfant à se soumettre par la crainte et la peur. Quel exemple enseigne-t-on alors ? Nous prenons le risque de transmettre à l’enfant le message suivant. “Quand tu n’arrives pas à obtenir ce que tu veux, utilise le chantage, la pression ou encore la force !”. Ou alors,  quoi de plus logique alors que l’enfant crie pour être entendu, tape pour avoir ce qu’il veut, menace pour obtenir quelque chose ? (“Si tu ne me donnes pas 2 gâteaux, je vais crier très fort”).

Et si je regardais comment je pose des règles ?

Nous voudrions ici vous partager un outil découvert dans le livre de Brigitte Racine La discipline, un jeu d’enfant.

Les 5C

Cet outil, les 5C, est une sorte de grille d’évaluation. Elle nous permet d’analyser les raisons qui pourraient expliquer que notre règle n’est pas respectée (avant d’accuser trop vite celui qui ne respecte pas la règle !)

La règle est-elle claire ?

La règle claire est une règle précise, concise et affirmative. C’est donc une règle qui décrit en quelques mots ce qui peut être fait (et non ce qui ne peut pas être fait comme nous le faisons généralement). Il s’agit d’éviter la forme négative et les mots qui peuvent porter à interprétation.

Au lieu de dire, “ne fais pas d’écrans trop longtemps” (soyez certains que votre enfant et vous n’avez pas du tout la même notion du temps !!), dites plutôt “tu peux faire une heure d’écran”. Même schéma pour les adverbes “pas trop tard”, “un peu”.

Ou encore toutes ces formules “sois sage”, sois raisonnable”, “tiens toi bien” qui sont souvent vagues ou abstraites pour l’enfant. Énoncez plutôt le comportement attendu. “A table, on reste assis jusqu’à la fin du repas”. Enfin “à l’école, je m’attends à ce que tu écoutes les consignes et que tu t’amuses uniquement pendant la récréation” …

La règle est-elle connue ?

Il est utile de s’assurer que la règle est connue d’avance.

Si certaines nous paraissent évidentes ou implicites, elles ne le sont pas pour l’enfant. Par exemple, l’enfant qui peut dessiner sur les murs de sa classe car il y a un endroit prévu à cet effet, peut-il comprendre tout seul que c’est interdit chez lui ?.

Evitez d’énoncer toutes les règles. Cependant, il faut rappeler les règles nouvelles. Celles qui sont différentes du lieu de vie habituel ou encore celles pour lesquelles nous savons qu’il y a risque de non respect.  “Tu te souviens, quand tu viens faire les courses avec moi, tu marches à côté de moi en tenant le caddy. Et tu me demandes quand tu veux porter ou toucher quelque chose.”

Il est possible aussi de parler de la conséquence (“en cas de non respect de la règle, je t’asseois dans le caddy”).

Certains parents n’aiment pas en parler à l’avance. Ils ont l’impression qu’ils transmettent à leur enfant le message qu’il ne sera pas capable de respecter la règle. A vous de voir ce qui vous convient le mieux.

La règle est-elle cohérente ?

La cohérence s’applique d’abord par rapport à l’objectif poursuivi.

Par exemple, si vous avez posé la règle que l’enfant peut jouer à la tablette le mercredi et les fins de semaines entre 10h et midi. Il faut laisser la tablette et le créneau horaire doit être disponible à ce moment là. Et aucune autre règle ne doit venir interférer (par exemple faire ses devoirs !)

La règle doit aussi être cohérente par rapport aux comportements des autres membres de la famille. Et notamment des parents qui sont ceux qui donnent l’exemple !

Ce principe de cohérence s’applique évidemment uniquement pour les règles générales de la vie en famille (vous n’allez pas vous coucher à la même heure que votre enfant !). Ainsi, les règles de rangement (ranger sa chambre par exemple), de comportements (pas de gros mots), d’utilisation des écrans (aucun portable à table) sont valables pour tout le monde.

La règle est-elle constante ?

La cohérence et la constance sont souvent rapportées comme les 2C les plus difficiles à tenir.

La constance renvoie au maintien de la règle dans le temps.

Mais nous le savons, une règle nécessite du temps pour se mettre en place, et pourra entraîner de la part de notre enfant une période de test et de résistance.

Il faut donc tenir bon et s’armer de patience et de bienveillance !

Attention cependant, la constance n’est pas synonyme de rigidité. Une règle peut évoluer dans le temps (est-elle toujours adaptée à l’âge, à la situation ?) et autoriser l’exception. Une exception qui doit être exceptionnelle, mais aussi fixée clairement et précisément ! “Parce que tu es malade, tu peux exceptionnellement faire une heure de tablette en semaine. Dès que tu es guéri, la règle normale s’applique”).

Est-ce que la règle a une conséquence ?

Les conséquences éducatives permettent de remplacer la privation, la menace, le pouvoir et la violence. Ceci par la responsabilisation et l’acceptation des conséquences. En éducation bienveillante, elles prennent le pas sur la punition.

Elles sont naturelles et logiques ou alors prévues (pour les plus grands).

Rappelons qu’avant 4 ans, aucun lien n’est fait entre la cause et la conséquence. Avant 8 ans, la conséquence ne va pas de soi et n’est pas légitime automatiquement. D’où l’importance de ne pas être dans l’implicite et d’accompagner la mise en place de la conséquence !

Quoiqu’il en soit, rappelez-vous ces 3 règles :

  • La conséquence doit être adaptée à l’âge de l’enfant. Pour le tout petit, la conséquence doit s’appliquer au moment où l’interdit est transgressé. En effet, le petit n’a pas la capacité de se repérer dans le temps. Il ne pourra pas faire le lien entre la transgression et la conséquence si celle-ci arrive dans le futur. A l’inverse, pour l’adolescent, la conséquence pourra être co-construite avec lui et appliquée a posteriori.
  • Elle doit être proportionnée (“la prochaine fois, j’irai faire les courses toute seule” et non, “tu ne viendras plus jamais faire les courses avec moi”).
  • Enfin, la conséquence doit avoir un lien avec la règle ou la situation. (Imaginons que l’enfant dépasse le temps d’écran, il aura autant de temps en moins la prochaine fois. Si l’enfant fait mal, il accomplira un geste qui fera du bien. Si l’enfant casse, il réparera…). La conséquence qui n’a aucun rapport avec la règle (“tu n’as pas rangé ta chambre donc tu n’iras pas jouer chez ton ami toute à l’heure”) génère incompréhension, incohérence, injustice… Sentiments à l’origine de la colère, de stratégies de dissimulation ou autres comportements désagréables).

Pensez aussi à des paroles valorisantes en cas de respect de la règle. Il est important d’arroser les bonnes graines plutôt que les mauvaises herbes !

En bref

  • Notre rôle d’éducateur est de préparer nos enfants à la “vraie” vie qui est faite de plaisirs et de peines, de gains et de pertes, de morts et de naissances…
  • Il faut donc les aider à être autonomes (se passer de nous), les protéger (sans les surprotéger) et les encadrer (sans les dominer).
  • Les règles vont nous permettre de construire le cadre propice au bon développement de l’enfant.
  • Une règle doit répondre aux 5C. Elle doit être claire, connue d’avance, cohérente, constante et avec une conséquence. Un 6e C pourra être rajouté pour les plus grands, celui de la co-construction.

A vous de jouer !

A vous de jouer ! 2 minutes pour trouver une règle qui est souvent malmenée chez vous. Passez là au tamis des 5C et vérifiez qu’elle est bien adaptée. Vous gagnerez du temps, de l’énergie et éviterez peut-être d’accuser à tort votre enfant et de vous décourager

Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

Je maîtrise l’art de décider

La décision

Une fois encore, j’ai plongé dans le dictionnaire, comme je le fais souvent pour aller clarifier un mot couramment employé mais que j’ai pourtant du mal à définir clairement ! J’ai ainsi relevé que le verbe décider renvoie à plusieurs actions :

  • celle de prendre le parti de faire quelque chose, d’entreprendre, de prendre une résolution. “J’ai décidé d’aller courir 2 fois par semaine à compter de demain.”
  • celle de choisir entre des possibilités, des personnes, trancher un débat, une difficulté. “‘J’ai décidé que les enfants iraient jouer dehors plutôt que de faire de l’écran.”
  • celle de prendre des décisions, de faire autorité, d’avoir le dernier mot. “C’est moi qui décide ici !”.
  • celle de porter un jugement définitif sur une personne, sur un évènement. “De toutes façons, elle a décidé que j’étais incapable de ranger correctement la maison”.
  • celle d’inciter, d’amener une personne à faire. “Je l’ai enfin décidé à accepter d’aller se faire aider”.

Décider a donc des significations variables, mais quel que soit son sens, nous pouvons observer qu’une décision a toujours des conséquences.

L’action de décider

En effet, elle est une action qui produit un effet sur une personne ou sur un évènement.
Besoin de contrôle, de pouvoir ? Estime de soi ? Peur des conséquences ?

La capacité à décider renvoie sans doute un peu à tout cela. C’est pourquoi nous pouvons osciller quelquefois entre l’envie de décider seul ou au contraire l’envie de ne surtout pas décider !

De même, nous pouvons rencontrer des positions extrêmes. Comme les personnes qui veulent toujours décider ou d’autres au contraire qui sont incapables ou qui n’osent jamais prendre de décisions.

Nous pouvons ne pas aimer prendre des décisions, ne pas apprécier la manière dont une décision est élaborée ou encore ne pas être d’accord avec une décision.

Mais il reste que décider est essentiel pour fonctionner ! Que ce soit en organisation ou dans sa vie tout simplement !

Apprendre à décider

Aussi “décider comment décider” devient une question majeure pour chacun d’entre nous, que nous soyons manager, collaborateur, travailleur indépendant. Mais aussi parent, conjoint, ami, citoyen… Bref, savoir comment décider est fondamental.

Dans ce podcast, Bulle de Bonheur a donc fait le choix (c’est à dire pris la décision !) de s’intéresser à la façon de prendre une bonne décision.

Notre focus se fera par conséquent sur les différentes manières de décider. Et non sur les raisons qui expliqueraient la boulimie ou à l’inverse la carence de décisions.

Inspirées par un article écrit par Luc Bretones dans la Harvard Business Review, intitulé “décider comment décider”, nous allons ainsi aborder la décision sous son angle pratique plutôt que sous son angle psychologique.

Sans décision, rien n’est possible

Dans le domaine professionnel, mais également dans des domaines plus personnels, circule couramment une idée. Celle selon laquelle une organisation efficace passe par la prise de décision d’une personne déterminée (le manager pour l’entreprise, un adulte dans la famille, l’individu pour sa propre vie …). Mais aussi par l’application de cette décision par ses destinataires.

Ce mode de gouvernance est toutefois assez réducteur de la réalité. Il masque le fait que les modes de prises de décision sont non seulement variés mais complexes.

Il peut-être surprenant ainsi d’entendre Reed Hasting, PDG de Netflix, dire être ” fier de prendre le moins de décisions possibles au cours d’un trimestre”.  Et aussi de pouvoir même parfois passer un trimestre entier sans prendre une seule décision !

De quoi dérouter certaines idées reçues, surtout quand les salariés de Netflix montrent un niveau de liberté et de bien-être bien supérieurs à ceux de nombreuses autres entreprises !
Selon Luc Bretones, “il n’y a pas de bonne ou de mauvaise manière de prendre une décision, seulement une façon de trancher adaptée ou non à une situation donnée à un instant T.”

Et si j’apprenais à décider comment prendre une décision ?

Les différents modes de décision

1.Décider seul

Agir sans demander l’avis de personne, faire preuve d’autoritarisme.

L’avantage ? Rapidité, efficacité et affirmation de soi.

L’inconvénient ? Risque de passer à côté d’une information, de ne pas répondre à la demande ou aux besoins réels. Et à terme, risque de devenir tyrannique, de démotiver son entourage. Mais encore d’en menacer l’implication et le bien-être, et de se retrouver très isolé.

Nous l’avons évoqué aussi quand nous avons parlé d’autorité bienveillante (Bulle de Bonheur #52). L’autoritarisme a des conséquences sur l’estime de soi de notre entourage. Et il transmet le message que c’est par le pouvoir et la force que nous pouvons obtenir ce que nous voulons.

2.Déléguer

Confier la prise de décision à une autre personne. Cela permet de gagner du temps et de se concentrer sur les décisions réellement essentielles. Comme nous l’avions vu dans Bulle de Bonheur #10 je gère mes priorités.

Déléguer se réfère en effet au 3e quadrant de la matrice d’Eisenhower, c’est à dire à ce qui est urgent et pas important.

Mais nous avions aussi mentionné le fait que ce 3e quadrant est souvent le plus rempli dans notre vie. Ce qui montre bien que nous ne savons pas toujours déléguer, ou du moins déléguer les bonnes décisions !

Il faut rappeler que la délégation renvoie à notre besoin de contrôle et donc à notre capacité à lâcher prise (Bulle de Bonheur #21). Ce qui peut expliquer en partie notre difficulté à y recourir.

La délégation a par ailleurs l’avantage de renforcer la motivation, l’estime de soi (on fait confiance au délégataire) et l’autonomie (celle d’un enfant par exemple).

Mais attention ! Si nous refusons que la décision du délégataire soit différente de celle que nous aurions prise, si nous la critiquons ou la contrecarrons par la suite, alors la délégation perdra tous ses bénéfices !

3.Consulter

“Sans lâcher la main sur la décision finale, celui ou celle qui décide choisit de demander à un certain nombre de personnes de participer à l’élaboration de ladite décision”.

L’avantage ici est de s’enrichir de différents points de vue et d‘avoir une vision plus complète de la situation et des implications de la décision.

Cela permet également de montrer de la considération à ceux que nous impliquons. C’est souvent ce que nous faisons quand nous demandons un conseil à notre conjoint, à un ami ou encore à un collègue. Ceci en vue de nous éclairer dans un choix que nous avons à faire.

L’inconvénient en revanche est que ceux qui ne sont pas consultés se sentent exclus, et que le processus de décision soit plus long.

La consultation demande donc d’établir certaines règles : respect, écoute, transparence (notamment vis à vis de ceux qui ne sont pas consultés), délai (temps imparti pour prendre la décision).

4.Voter

C’est la majorité qui l’emporte ! C’est un mode que nous connaissons bien évidemment en politique mais aussi dans le milieu professionnel.

Il peut être utile aussi en famille quand aucune solution n’arrive à satisfaire tout le monde et qu’une décision doit pourtant être prise (lieu de vacances, choix du film, sortie familiale de la fin de semaine…). Le vote est d’ailleurs souvent à favoriser au tirage au sort dont l’aléa a plus de chance de mécontenter que le résultat négatif du vote.

Toutefois, il sera nécessaire de prendre soin de la minorité, de ceux qui n’ont pas été satisfaits.

Ainsi, si nous reprenons l’exemple de la famille, il sera important de nommer le fait que certains ne seront pas satisfaits et de décrire (voire accueillir) les sentiments désagréables associés. “Selon les résultats du vote, nous irons donc nous balader en forêt dimanche. Je sais que certains vont être bien déçus”.

5.Trouver un consensus

C’est ce que certains appellent le win-win. C’est à dire la décision qui va prendre en compte au mieux les besoins et les intérêts de chacun. Et qui va donc permettre de satisfaire l’ensemble des personnes.

Il s’agit donc d’un mode de prise de décision long et souvent laborieux mais très respectueux de la singularité et de l’altérité.

A l’inverse de l’autoritarisme qui est très vertical, ce mode privilégie l’horizontalité. C’est un mode que nous retrouvons dans la médiation par exemple mais que l’on peut aussi retrouver dans le couple et dans la famille.

C’est un mode de décision qui prend soin de chacun et qui exige de ce fait écoute, attention, expression des besoins (voir Bulle de Bonheur #21) et respect de l’altérité. Il est certain que plus le nombre de personnes est important, plus le consensus peut être compliqué à mettre en place.

Il existe bien entendu d’autres modes de décisions que les 5 que nous venons de vous présenter. Cette liste pourrait même être sans fin car chacun est libre d’innover. “Quel que soit le mode de prise de décision retenu, l’essentiel est de rester souple et de conserver un goût pour l’expérimentation” précise Luc Bretones.

La décision en temps de crise

Nous l’avons dit, il n’y a pas un mode de décision mais différents modes qui seront à appliquer en fonction des situations.

Ainsi, comme nous avons pu le constater pendant cette période de pandémie, certaines décisions ont été prises de manière unilatérale car l’urgence sanitaire l’exigeait. D’autres ont nécessité des consultations. D’autres encore ont été l’objet de consensus (comme la reprise de l’école sur une base volontaire par exemple).

Autre constat aussi de cette période : une décision est souvent sujette à controverse !

Mais nous ne sommes heureusement pas toujours à un niveau de décision collective aussi difficile et inédite que les décisions liées à la gestion d’une pandémie.

A retenir

Nous retiendrons pour notre part l’importance de :

  • connaître les conséquences de chaque type de décision pour pouvoir décider au mieux.
  • assumer nos décisions, c’est à dire en assumer les conséquences.
  • accepter nos erreurs.
  • savoir, pour des décisions collective, qu’il est difficile de satisfaire tout le monde.
  • reconnaître le mérite de ceux qui nous ont aidé à décider.

En bref

  • Décider est essentiel pour fonctionner dans nos vies.
  • Il existe différents modes de décisions. Décider seul, déléguer, décider après consultation, par vote, par consensus ? Chaque mode a ses inconvénients et ses avantages, et sera adapté à un type de situation.
  • Décider, c’est choisir. Choisir, c’est certes renoncer mais c’est aussi expérimenter. Alors, osons expérimenter et assumons nos choix !

A vous de jouer !

2 mn pour réfléchir à un choix que vous devez faire. Selon votre situation, identifiez la manière de décider qui vous semble la plus juste pour vous et la mieux adaptée à votre contexte. Puis passez à l’action en osant expérimenter.

Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

Je sors de ma zone de confort

Sortir de sa zone de confort …. voilà un credo cher au développement personnel et une injonction que nous entendons régulièrement. Alors, vous vous dites peut-être que vous en avez déjà assez entendu sur le sujet et que c’est bien beau tous ces discours sur la sortie de zone. Pourquoi sortiriez-vous de votre zone alors que vous y êtes si bien installé ?!!

C’est quoi la zone de confort ?

En fait, la zone de confort est une zone dans laquelle on se sent naturellement bien… en sécurité. Un espace balisé par nos habitudes de vie, nos manières de fonctionner, nos automatismes. Un espace qui nous rassure, qui nous permet d’être à l’aise dans nos actions et d’agir sans stress dans notre quotidien.

Notre zone de confort renvoie donc à tout ce qui est routinier, habituel, à toutes les choses que nous maîtrisons, qui nous sont familières. 

Dans notre vie privée 

C’est, par exemple notre routine matinale, la façon dont nous organisons notre journée. Mais encore, le trajet que nous empruntons pour aller travailler, nos horaires, nos relations familiales, amicales.

Dans notre vie professionnelle

Effectivement, ce peut être les compétences que nous utilisons pour réaliser notre travail. Ou encore, le déroulé hebdomadaire des réunions et des tâches à accomplir, les relations avec nos collègues, notre hiérarchie.

Ce sont toutes ces activités que nous faisons régulièrement. En d’autres mots, les opinions et les idées auxquelles nous croyons profondément.

La zone de confort génère des automatismes

La zone de confort n’est donc pas en soi quelque chose de négatif. Elle génère des automatismes qui nous permettent d’économiser temps et énergie. Elle constitue des repères dont nous avons tous besoin. En réalité, nous nous sentons à l’aise dans la vie de tous les jours. Et enfin, ça nous apporte une certaine sécurité. Le problème survient quand notre zone réduit notre champ de vision. De ce fait, ça nous empêche d’être pleinement nous-même. De plus, ça nous restreint à un espace où le renouveau, les expériences, les apprentissages ou encore la curiosité n’ont plus leur place.

La zone de confort et la routine

Nous avions relevé dans Bulle de Bonheur #16, combien s’installer dans la routine pouvait nous endormir et nous rétrécir. Nous avions évoqué le cas de nos journées quelquefois tellement bordées que nous ne laissions plus de place à la surprise, à la spontanéité, à l’aléa. Et non seulement nous ne leur laissons plus de place, mais nous ne savons plus y faire face. Et pour finir, avec le risque de rendre tout changement subit déstabilisant mais également stressant, voire angoissant. 

Or, nous venons de le vivre avec la COVID 19, le changement peut arriver brutalement et en force. De ce fait, nous obligeant à sortir de notre zone de confort sans préambule ni concertation.

Sortir de sa zone de confort, c’est élargir sa vision du monde

Nous n’allons pas parler aujourd’hui de ces sorties de zone imposées. Cependant, nous pensons que savoir volontairement sortir de sa zone de confort peut nous aider à mieux vivre des sorties involontaires, comme les changements difficiles que nous sommes actuellement en train de subir.

Attention cependant ! Sortir de sa zone ne signifie pas renier ce que nous sommes, ce que nous aimons ou encore ce que nous pensons. Cela n’implique pas non plus de faire un changement radical dans  notre vie. Il s’agit plutôt d’élargir notre vision du monde, pour mieux se développer.

S’offrir de nouvelles opportunités

Car oui, travailler sur sa zone de confort, c’est s’offrir de nouvelles opportunités, découvrir de nouvelles capacités, embellir et enrichir sa vie.

Cela suppose par conséquent de rompre avec certaines habitudes, de perdre un peu de contrôle, d’affronter l’inconnu. Ce n’est pas donc pas une démarche qui s’improvise !  

Et là, ça peut coincer car nous allons nous retrouver face à ce que nous évoquions à propos du changement (Bulle de Bonheur #3). Cela implique la nécessité de savoir lâcher prise. D’accepter de quitter ce que l’on connaît, absence de garantie du résultat … .

Alors, comment faire pour sortir de sa zone de confort ?

Sortir de sa zone de confort est un processus, c’est à dire une démarche qui s’inscrit dans le temps et qui est constituée d’étapes. 

Comment sortir de sa zone de confort petit à petit sans se mettre en danger ?

Voici quelques clés à mettre en pratique pour y parvenir : 

1 – Identifiez votre zone de confort

Avant de sortir de sa zone, il est important de savoir la délimiter.

Pourquoi ?

D’abord parce que chacun a sa propre zone de confort. Mais aussi parce que cela nous invite à s’interroger sur la pertinence de nos habitudes, à identifier les zones d’inconfort qui seraient masquées par notre confort apparent. Cela nous aide enfin à définir ce qui nous appartient vraiment. Ce dont nous avons besoin pour nous sentir heureux et satisfait.

Comment ?

En répondant par exemple à ces 4 questions (exercice souvent proposé en coaching) :

  • Est-ce que mes comportements et mes habitudes sont bien en accord avec mon mode de vie et avec ce que je souhaite accomplir dans ma vie ?
  • Quels sont mes atouts et mes qualités aujourd’hui ? voir Bulle de Bonheur #24
  • Sont-ils suffisants pour répondre aux défis auxquels je dois faire face ?
  • Quelles sont les habitudes de vie qui me sont dictées par des influences extérieures (mon éducation, ma famille, mon environnement professionnel, la société, etc.) ?

Répondre à ces questions permet d’identifier sa base de développement. C’est à dire l’ensemble des talents et des acquis sur lesquels vous allez pouvoir vous appuyer pour avancer au-delà de votre zone.

2 – Pratiquez la politique des petits pas 

Vous le savez, c’est une de nos maximes préférées ! Vous l’avez donc entendu de nombreuses fois dans nos podcasts : commencez par de petites actions.

Pour déterminer votre cap, comme sur un bateau, vous devez manier la barre doucement. En réalité, poussée trop vite vous prenez le risque de chavirer, si la barre reste où elle est, vous stagnez. Pour la manier avec douceur, vous pouvez donc commencer par des petites sorties de zone, qui vont vous indiquer si vous prenez une direction satisfaisante ou non. 

Voici quelques idées :

Improvisez :

une sortie en semaine, un dîner inédit à deux, un pique-nique surprise avec des amis, … 

Rompez la routine matinale :

A l’occasion, changez de chemin pour aller au bureau. Prenez votre petit déjeuner dans un café. Ou encore, écoutez au réveil une musique qui vous met en joie au lieu de consulter les messages de votre téléphone …

Ouvrez votre champ des possibles

Testez des nouveautés dans pleins de domaines. Explorez les domaines de musiques, de lectures, en découvrant des genres, des styles différents et en allant même vers ceux que vous ne pensez pas du tout aimer ! (Dans un de nos podcast, nous évoquions ainsi l’idée de découvrir le rap grâce à votre adolescent. Parmi de nombreux morceaux que vous allez peut-être détestés, vous allez peut-être aussi découvrir une perle !

Toutes ces petites incursions en dehors de votre zone vont vous amener à voir des activités simples sous un angle nouveau. Et ainsi, mieux appréhender le changement de routine. Changement qui a le gros avantage en plus d’habituer votre cerveau à faire face petit à petit à l’inattendu et à l’imprévu.

3 – Lancez-vous des défis 

Les domaines sont multiples : prendre la parole en public, poser une question en réunion, organiser un dîner. Ou encore, effectuer seul une tâche que vous faites habituellement avec l’aide d’une personne, faire preuve de calme quand vous rentrez le soir à la maison…. Peu importe ce que vous mettez en place, le plus important est que vous puissiez dépasser une de vos peurs, une de vos limites …

Et rappelez-vous de mettre la barre au bon niveau : la fréquence (une fois par semaine ? une fois par mois ?),  le champ d’action (un seul domaine à la fois). Et pour finir, la difficulté du défi doivent être adaptés, proportionnés … Et soyez bienveillants envers vous même !

4 – Acceptez de traverser plusieurs phases

Vous avez peut-être déjà vu le schéma qui illustre les étapes que nécessite la sortie de zone – il se compose de  4 cercles imbriqués : 

  • un petit cercle représente la zone de confort
  • un cercle moyen représente la zone de peur : manque de confiance en soi, crainte des opinions extérieures, excuses (voir Bulle de Bonheur # 18).
  • un grand cercle pour la zone d’apprentissage : des défis à affronter, problèmes à régler, nouvelles compétences à acquérir, zone de confort à agrandir.
  • un très grand cercle pour la zone de croissance : vivre ses rêves, trouver sa valeur, atteindre des buts et définir de nouveaux objectifs.

5 – Ecoutez ou ré-écoutez nos podcasts !

Sortir de sa zone de confort est un processus qui touche de nombreux thèmes que nous avons abordés : le changement (Bulle de Bonheur #3), les talents (Bulle de Bonheur #24), la curiosité (Bulle de Bonheur #17), la fantaisie (Bulle de Bonheur #16), les croyances (Bulle de Bonheur #29), les peurs (Bulle de Bonheur #18), les projets (Bulle de Bonheur #19), les rêves (Bulle de Bonheur #54) ou encore être acteur de sa vie (Bulle de Bonheur #24).

En bref 

  • Notre zone de confort nous permet de garder le contrôle tout en éprouvant un faible niveau de stress et d’anxiété. Mais cette sécurité peut également nous scléroser et nous empêcher de nous développer pleinement.
  • Sortir de sa zone nous expose au risque, au stress et à l’effort pour dépasser nos peurs. Mais cela apporte à court et moyen terme satisfaction et perception positive de soi. 
  • A long terme, nous devenons moins anxieux face au changement et à l’imprévu.

Allez hop je me lance !

A vous de jouer chers auditeurs! 2 mn pour identifier votre zone de confort : les aspects qui vous rassurent le plus, ceux qui vous rendent heureux et ceux que vous aimeriez acquérir. Que pouvez-vous faire pour aller chercher les aspects qui vous manquent ? 

Avec Bulle de bonheur, prenez le temps d’être heureux!

 

Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

Je prends le temps d’être heureux avec Olivia Commune

Olivia Commune est coach en entrepreneuriat et leadership. Elle rend les humains plus entrepreneurs et les entreprises plus humaines.

Sa vision est celle d’un monde des affaires où les intentions sont à la fois généreuses et ambitieuses grâce aux valeurs collectives fortes des entrepreneurs et des entreprises. C’est ce qu’elle enseigne comme chargée de cours en entrepreneuriat à HEC Montréal. Léguer aux générations futures des modèles d’affaires porteurs de sens est sa priorité.

Elle est aussi deux fois maman. Cette responsabilité personnelle l’a poussée à transformer sa vie professionnelle. Elle a passé plusieurs années à côtoyer des marques renommées, et des équipes à bout de souffle.  De ce fait, elle a voulu montrer à ses enfants qu’on peut atteindre son plein potentiel sans s’épuiser et leur confier des entreprises profitables et engagées.

Elle a complété ses certifications de coach en programmation neurolinguistique du Centre Québécois de PNL. Mais aussi de facilitatrice de changement de la firme Imfusio en France. Elle est également inspirée par le travail de Brené Brown, Simon Sinek, Otto Scharmer et Seth Godin. Sa compréhension des facteurs organisationnels nécessaires à une culture entrepreneuriale vient de sa carrière chez Infopresse. Notamment comme créatrice et directrice du Campus proposant des formations pour les professionnels des communications.

Comme coach en individuel ou comme collaboratrice du Parcours C3 du Pôle entrepreneuriat culturel et créatif (PECC), elle aide les entrepreneurs à développer leurs compétences de gestionnaire pour faire face à leurs enjeux de croissance. Fondaction, Baltic Club, chaussures Maguire, LNDMRK et Framestore figurent parmi ses clients.

Bonne écoute !

Copyrights photo : Olivia Commune.

Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

Je suis acteur de ma vie

“Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde”. 

Si cette phrase de Gandhi est devenue célèbre, nous sommes-nous déjà vraiment demandé ce qu’elle impliquait en pratique ? Dans notre vie ?

Subir sa vie

Il me semble que nous oscillons régulièrement entre différentes façons de vivre notre vie. Nous avons quelquefois l’impression de la subir ou d’en être juste un spectateur. Alors qu’à d’autres moments, nous nous sentons doté d’un fort pouvoir d’influence, d’une réelle capacité à agir sur elle. 

Cette période de confinement est particulière. Tous ceux qui n’exercent pas de métiers essentiels ont été ou sont encore contraints à rester chez eux. Les enfants et les aînés sont empêchés de sortir. De ce fait, la question de subir une situation se pose tout particulièrement. 

Subir la vie revient souvent à attribuer aux autres la responsabilité de ce qui nous arrive. Etre gouverné par des incapables et des malhonnêtes, être entouré de gens qui ne savent pas conduire. Ou encore avoir un patron incompréhensif, vivre dans une société de surconsommation mais aussi avoir un coup de chance. Mais aussi réussir un examen car il était facile…

Bref, penser que notre vie est déterminée par des causes extérieures, incontrôlables et générales. 

Faire des attributions

Or, faire des attributions, c’est à dire déterminer des liens de causalité entre un événement et une explication n’est pas neutre. Cela détermine non seulement notre compréhension du monde, mais également la façon dont nous allons y mettre un sens et dont nous allons agir. 

Nos attributions peuvent en effet être internes (cela dépend de moi) ou externes (ce sont les autres). Contrôlables (j’ai un pouvoir d’agir dessus) ou pas. Spécifiques (les évènements concernent une situation précise) ou générales.

Façons de gérer sa vie

Selon leur teinte, notre façon de gérer notre vie pourra prendre 2 axes très différents :

  • être dans l’attente, se laisser porter, se plaindre de l’imprévu. Également être stressé à l’idée de devoir faire des choix, se contenter de la routine et rester bien au chaud dans sa zone dite de confort.
  • ou avoir un pouvoir décisionnel sur les évènements, influencer sa vie, agir, se tromper. Ainsi que progresser, régresser, explorer des zones inconnues, créer, innover… Bref se battre pour ce en quoi nous croyons, se voir comme le leader de sa vie.

Agir sur sa vie

Nous vous proposons aujourd’hui de nous concentrer sur cette 2e perspective. Voyons ensemble comment il est possible d’être un acteur accompli et heureux, et ce, même dans les situations imposées comme celle du confinement ! Il nous reste en effet toujours une part de choix, de décision libre. 

Et si vous décidiez avec conviction que vous avez un pouvoir véritable sur le cours de votre vie ?

Pour cela, vous allez devoir préalablement identifier vos forces de caractères, car ce sont elles qui vont être le carburant de votre moteur.

Identifier ses forces de caractère

Nous vous en parlions dans Bulle de Bonheur #24, comme un des moyens de reconnaître nos talents. Martin Seligman et Christopher Peterson ont établi une liste de 24 forces de caractères humaines et universelles. Cela peut faciliter la découverte et le développement de nos talents, et nous aider à nous sentir pleinement acteur de notre vie. Faîtes le test !

Pour mémo, ces forces sont associées à 6 grandes vertus :

  • la sagesse et la connaissance (esprit critique, créativité, …) 
  • le courage (assiduité, persévérance, …) 
  • l’humanisme (aptitude à se soucier des autres et à les aider : bienveillance) 
  • la justice (travail d’équipe, leardership, intégrité, …)
  • la tempérance (pardon, modestie, humilité, …)
  • la transcendance (aptitude à donner un sens à sa vie, à créer des liens avec le monde et l’univers : gratitude, espoir, humour…). 

Selon la psychologie positive, identifier nos forces permet de développer une meilleure conscience de soi. Plus cette conscience est développée, plus nous serons à même de décider de notre bien-être et de notre bonheur. Il est donc extrêmement important de développer ses forces et de les pratiquer au quotidien pour notre propre bénéfice mais également pour celui d’autrui.

Décider en connaissance de cause

C’est le contraire de se mettre en pilote automatique. C’est à dire réagir aux événements sans réfléchir, en étant fidèle à nos habitudes ! Si ce mode automatique peut nous faire gagner du temps, il peut aussi nous desservir.

Il peut en effet finir pas nous donner l’impression que dans certaines situations, nous n’avons pas de choix, nous n’avons qu’une seule réaction possible. Baisser les bras en cas d’obstacles, se mettre en colère quand on est en profond désaccord avec quelqu’un. Ou aussi éviter les situations qu’on ne maîtrise pas….

En agissant de la sorte, nous nous enfermons dans un seul mode de pensée, et passons à côté d’opportunités de faire de nouvelles expériences, de s’ouvrir à d’autres possibles.

Le devoir d’obligation

Cela revient aussi souvent à s’enfermer dans le devoir, l’obligation. C’est à dire agir sous l’emprise des « il faut » au lieu de poser des « je choisis » (dans le respect de son entourage évidemment !).

Il est donc important que nos comportements ne soient pas dictés par nos réactions passées et que nous sachions prendre du recul. Il est nécessaire de réfléchir à d’autres moyens d’agir pour reprendre le contrôle de nos décisions. C’est à dire être à nouveau le chef d’orchestre de notre vie (Bulle de Bonheur #41).

Prenons le cas d’un de vos proches qui a le don de vous faire sortir de vos gonds (nous en avons tous un !) Et si vous refusiez de rejouer toujours la même scène la prochaine fois que vous allez le voir ? Vous pourriez ainsi décider de modifier une de vos façons de faire. Au lieu de réagir immédiatement à ce qu’il vous dit, dites-lui que vous avez besoin de temps pour réfléchir à son propos. Au lieu de rétorquer, ignorez la provocation ou utilisez l’humour pour lui dire que vous avez changé de goûts récemment et que vous vous êtes découvert une passion pour les relations sans conflit ! 

L’essentiel est de modifier un tout petit peu votre réaction habituelle. Non seulement pour cesser de subir et alimenter la situation. Mais également pour reprendre le volant et vous diriger vers une route beaucoup plus agréable.

Être artisan de son propre avenir.

C’est d’abord savoir se libérer de son passé parce que, vous l’avez sans doute entendu maintes fois, on ne peut refaire le passé. Mais aussi parce que nous ne sommes pas responsables de notre passé.

En revanche, nous sommes responsables de ce que nous en faisons. 

Il ne s’agit donc pas de nier notre passé (notre passé peut d’ailleurs nous être utile pour apprendre de nos erreurs et nos expériences Bulle de Bonheur #34). 

Notre passé colore une partie de notre présent, mais il n’en est pas le seul déterminant. 

Tal Ben-Shahar dit ainsi que “les répercussions du passé relèvent moins du déterminisme que de la probabilité”. Ce qui signifie qu’en apprenant à se connaître (avec ses qualités, ses défauts, ses manques, ses forces), nous pouvons mettre en oeuvre les moyens pour mener l’existence que l’on souhaite mener. Pas de magie cependant ! Volonté, efforts et confiance seront des compagnons indispensables pour cela. 

Nous sommes des êtres libres

Et souvenez-vous que nous sommes des êtres “libres, imparfaits et heureux” comme le rappelle le titre d’un des livres de Christophe André  (Bulle de Bonheur #39 et #49).

Pour être artisan de son avenir, Tal Ben-Shahar parle de la question des choix que nous évoquions dans notre introduction : subir ou agir.

Il illustre son propos en racontant un cas pratique présent dans de nombreux ouvrages de psychologie. Celui de jumeaux ayant eu une enfance extrêmement difficile, entre drogue, violence et négligence parentale. A l’âge adulte, l’un se drogue, bat ses enfants et est dépendant de l’aide sociale. L’autre est heureux dans son travail, mari épanoui, père aimant, comblant les besoins de ses enfants. A la question du psychologue “comment en êtes-vous arrivé là ?”, les deux frères répondent par la même phrase. “Comment aurais-je pu faire autrement avec ce que j’ai vécu ?”. Chacun a le même passé mais en a fait un usage différent. L’un en est devenu l’esclave, l’autre a décidé de se créer un avenir meilleur. 

Et vous, que décidez-vous ?

Se dire oui à soi-même

Nous avons déjà parlé de l’importance de savoir dire “non” pour se dire “oui à soi même”. (#38 j’apprends à dire non)Des oui qui servent notre vision personnelle et qui nous permettent d’être en congruence, d’agir avec intégrité et respect, et de développer une meilleure connaissance de soi et des autres.

Nous avons ce pouvoir ! Il nécessite de faire des choix (donc de renoncer à certaines choses !) et d’établir des priorités, mais n’est-ce pas rassurant et motivant de savoir que nous avons la possibilité d’agir pour construire en partie notre chemin de vie ? 

Des outils

Pour cela, nous vous rappelons en passant 2 précieux outils présentés dans notre podcast Bulle de Bonheur #10 je gère mes priorités :

  • savoir jouer plus régulièrement avec ces 3 questions : est ce que je dois le faire ? Puis-je le faire ? Ai-je envie de le faire ? Ces interrogations sont une excellente façon de reprendre le pouvoir sur notre vie. De l’agir au lieu du subir, et de décider ce qui est important pour nous.
  • utiliser la Matrice d’Eisenhower, pour vous aider à différencier ce qui est important et urgent. Mais encore ce qui important et pas urgent, ce qui est urgent et pas important et enfin ce ce qui n’est ni urgent ni important.

En fait, en préparant ce podcast, nous avons réalisé que chacun de nos podcasts pouvait être l’illustration de notre capacité à être le maestro de notre vie ! 

De la place au bonheur dans sa vie

Vous vous en souvenez peut-être mais nous avions abordé ce thème dès notre premier podcast Bulle de Bonheur #1 je fais de la place au bonheur. Nous rappelions en effet que si le bonheur est une affaire de gènes, il dépend aussi à 40% de nos comportements.

La conclusion de notre podcast était donc de dire que nous pouvions être acteur de notre bonheur, donc de notre vie !

Les bulles de bonheur qui ont suivi sont autant de moyens d’actions. Ne suis-je pas acteur de ma vie quand je pardonne, quand je me déconnecte, quand je gère mes colères. Mais aussi quand je recherche l’équilibre, quand je pratique la pensée positive ? 

En bref 

  • Etre acteur de sa vie relève d’une vision de l’existence, d’un choix et d’une façon d’agir.
  • Etre acteur de sa vie consiste à accepter d’avoir du pouvoir donc une part de responsabilité dans ce que je vis.
  • C’est faire le choix de mettre en avant ses forces de caractère, décider en connaissance de cause et savoir dire non !  C’est aussi apprendre à remplacer le “il faut” par “je choisis”.

 

Allez hop ! Je me lance !

A vous de jouer ! 2 mn pour regarder les noms des 52 Bulles de Bonheur que nous vous avons partagées, et décider de passer à l’action et d’influencer votre vie en y ajoutant une ou plusieurs bulles !

Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

Je rêve

Retrouvez notre podcast Bulle de Bonheur sur Itunes ou Spotify chaque jeudi ! Abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire #LaPétillante : des conseils, des surprises, des cadeaux !

 

Les injonctions concernant le rêve peuvent paraître en effet bien contradictoires : “ne te fais pas d’illusions”, “garde les pieds sur terre”, “arrête de rêver”. Mais aussi “ose rêver !”, “au lieu de rêver ta vie, vis ton rêve !”. Ou encore “qu’il est bon de se laisser aller à la rêverie”. Il y a de quoi être un peu perdu quand nous parlons des rêves.

Alors, rêver ou ne pas rêver ?

Le rêve, mais de quoi parlons-nous au juste ?

Nous parlons ici des rêves diurnes. Nous excluons donc le rêve nocturne. Cette activité psychique qui survient durant notre sommeil ainsi que le rêve éveillé, pratique psychothérapeutique.

Qu’entend-on alors par rêves diurnes ?

Des projets, des désirs, des illusions, des utopies ? Et bien oui, c’est un peu tout ça à la fois ! Nous comprenons donc pourquoi les injonctions énoncées plus haut peuvent s’opposer. En définitive, du projet à l’utopie, le champ d’étude est large et diversifié.

Selon le psychothérapeute américain Carl Rogers, le rêve est le propre de l’homme. Par son désir incessant de vouloir toujours mieux, toujours plus. En réalité, les hommes continueront toujours à rêver. Mais à l’image du bonheur qui n’est pas un but à atteindre mais un chemin à emprunter. Du coup, le rêve n’est pas nécessairement une destination finale. Il peut être un guide à suivre ou tout simplement une déconnexion agréable.

Les bienfaits du rêve

C’est sous cet angle que nous avons aujourd’hui décidé de vous partager 2 bienfaits du rêve :

  • le premier est d’être une petite bulle de bien-être à utiliser pour apporter respiration et légèreté dans notre quotidien.
  • le deuxième est d’être le révélateur d’un désir à concrétiser pour mieux avancer sur nos chemins de vie.

Aujourd’hui, nous allons donc parler du rêve comme un élan de notre imagination qui nous transporte ailleurs. Et comme la représentation, plus ou moins idéale ou chimérique, d’un désir profond.

Le rêve, bulle de bonheur

Nous pouvons tout simplement nous laisser porter par la magie du rêve. Profiter du rêve comme une opportunité de s’offrir une respiration dans notre quotidien stressant, de nous détendre, de nous apaiser et même de recharger nos batteries !

Se laisser aller à la rêverie, lâcher prise et laisser nos pensées s’envoler vers notre imaginaire, pour goûter quelques instants aux couleurs, aux odeurs, à la douceur, au bien-être de cette échappée.

Cette rêverie peut prendre la forme d’une pause canapé, d’une petite prolongation au lit entre le réveil qui a sonné et le lever. Ou encore d’un vagabondage de notre esprit dans le bus pour aller travailler. Elle peut être provoquée par nos sens . Par exemple, rêver de la mer sous la douche chaude du matin. Ou bien, rêver de voyage en regardant une photo d’un endroit qui nous dépayse. Enfin, se laisser transporter par une odeur associée à de bons souvenirs.

Le rêve, révélateur de projets

Nous parlerons ici de ces projets plus ou moins fous, quelquefois cachés, que nous avons eus un jour ou que nous avons encore. Comme faire un tour du monde, ouvrir une chambre d’hôte dans sa région favorite, se construire une maison autonome. Ou bien, gagner au loto, devenir célèbre, réaliser une invention révolutionnaire, partir faire de l’humanitaire. Voir même arrêter de travailler ! 

Quelques fois ces rêves seront moins radicaux, ils ne concerneront qu’une partie de notre vie. Rêver d’être mince, rêver de changer de travail, rêver d’habiter à la campagne, de faire telle activité …

Le rêve est un moyen pertinent pour sonder notre coeur

Si l’on se réfère au développement personnel ou au coaching. Les rêves sont vus comme un moyen pertinent de sonder les profondeurs de notre coeur, c’est à dire nos désirs profonds. Ces désirs peuvent concerner des domaines physiques (gagner un marathon, changer de look …). 

  • intellectuels (apprendre un nouveau métier, écrire un livre, parler le russe …), 
  • spirituels (méditer, soutenir une cause …-), 
  • relationnels (avoir un chien, fonder une famille …) ou encore 
  • émotionnels (développer sa confiance, faire preuve d’audace …).

Porteurs de sens et de motivation, ces rêves seront ensuite “analysés” à l’aune de la réalité de notre vie. Afin de voir comment ils peuvent se transformer en projet à concrétiser.
Rêver stimule donc notre élan de vie, nous permet de sortir de la routine et nous invite à aller de l’avant.

Rêver tout le temps et de tout ?

Vous ne serez bien sûr pas étonnés d’apprendre que comme pour tout, l’excès est nuisible ! 

Il existe donc des limites à la pratique du rêve.

Perdre contact avec la réalité de notre vie

Trop rêver nous ferait perdre contact avec la réalité de notre vie, avec le moment présent. Cela pourrait aussi nous conduire dans une sorte de refuge confortable où le plaisir du rêve prendrait le pas sur le besoin et la richesse que nous aurions à réaliser certains de nos plans.
Avoir des rêves récurrents trop éloignés de ce que nous sommes et ce que que nous pouvons réaliser pourrait conduire à générer de la frustration, de l’anxiété, voire de la dépression. Il est important en effet selon les psychologues d’éviter un trop grand décalage entre le soi réel et le soi idéal. Le soi idéal, inné pour chaque individu, est constitué par l’image de ce que l’on voudrait être, qui est atteignable ou inatteignable.

Quels sont les décalages ?

En schématisant quelque peu, nous pouvons illustrer ce décalage ainsi : si nous sommes par exemple malheureux dans notre travail. En réalité, nous le subissons tout en rêvant sans cesse d’un emploi où tout serait idéal. Il y a de fortes chances que le fossé qui existe entre ce que je souhaite et ce qui est réalisable soit source de frustration et de souffrance. Ce serait la même chose dans notre couple, si nous rêvions sans cesse à une vie de couple sans conflits. Où toutes nos attentes seraient comblées et nos besoins devinés et satisfaits ! En revanche, continuer de rêver à notre cabane sur une plage déserte tout en acceptant que nous n’y vivrons jamais, permet de faire cohabiter notre moi réel et notre moi idéal sans douleur. 

Ici notre capacité à accepter la réalité au lieu de la subir nous permet de pouvoir continuer à rêver de plage et profiter de tous les bienfaits que cette image nous procure, sans nous faire de mal.

Faut-il garder ses rêves ou les réaliser ?

Selon le Dr Ben Tiggelaar, chercheur et écrivain, tout l’art consiste à savoir différencier nos rêves.

Les rêves réalisables

Ce sont ceux qui peuvent s’intégrer dans un objectif concret et qui vont pouvoir faire l’objet d’un projet. Comme nous l’expliquions dans notre podcast Bulle de Bonheur #19. En fait, le projet est une réalisation pragmatique et concrète qui suppose une intention de réaliser. Cette intention répond à un but, qui se traduit lui même par des objectifs, c’est à dire des actions.

Le rêve est une envie

Le rêve réalisable va donc être une envie qui nous fait particulièrement vibrer et que nous allons décider de réaliser. Ce rêve là nécessite par conséquent un travail de réflexion préalable et un passage à l’action. C’est ce que nous avons fait pour réaliser notre podcast. 

Quels en sont les bénéfices du rêve ?

Pourquoi est-ce que je voudrais faire, être, acquérir, développer cela … ? Quels avantages, bénéfices, pour moi, pour mon entourage ? À quels besoins ou à quelles valeurs ce rêve répond-il ? A quoi suis-je prêt à renoncer ? Aurai-je des regrets si je ne le réalise pas ?
Comment je peux le réaliser ? Bulle de Bonheur #19 vous explique comment élaborer votre plan d’action : étapes, échéancier, ressources nécessaires, obstacles … .

Attention à la procrastination

Mais la difficulté propre à de nombreux projets est souvent de passer à l’action. Et c’est là un terrain idéal pour que la procrastination s’épanouisse (Bulle de Bonheur #53  ! C’est aussi comme cela que le rêve, comme nous le mentionnions plus haut, peut devenir un refuge confortable. En effet, il peut être tentant de continuer à juste rêver de notre projet, et de se contenter de cette attitude, moins engageante et exigeante. Pourquoi pas ? L’essentiel alors est que ce maintien du rêve ne soit pas source d’insatisfaction ou d’immobilisme sclérosant.

Les rêves utopistes

Ce sont des rêves dont l’ampleur nous dépasse : éradiquer la guerre, l’injustice, la violence. Ces rêves sont utiles car ils nous rappellent nos valeurs, nos croyances profondes et peuvent nous aider à faire des choix dans nos vie, nous guider dans nos actions et nos attitudes.
Ici, nous avons conscience que nous ne réaliserons jamais ce rêve mais nous pouvons déjà nous satisfaire de vivre en congruence, c’est à dire de faire correspondre certains de nos comportements avec les valeurs que véhiculent notre rêve. Par exemple, si je rêve d’une planète sans pollution, je peux avoir conscience qu’il faudrait une révolution mondiale de notre système économique et politique et que seule je ne révolutionnerai rien, mais je peux cependant décider de rouler en voiture uniquement si je n’ai pas d’autres choix et de consommer le plus de produits locaux possibles.

Les rêves divertissants

Ce sont tous les rêves que nous faisons par pur divertissement, par jeu, par plaisir. Ils peuvent être déclenchés par un film, un livre, une rencontre ou par le seul fait de se poser et de laisser aller son imagination. C’est l’exemple de la cabane sur l’île déserte dont nous avons parlé. Ce pourrait être aussi de rêver à la première chose que nous ferons après le déconfinement.
Ces rêves nous procurent du plaisir ; ils n’appellent aucune action concrète de notre part, et tant que nous en sommes conscients, nous pouvons continuer à rêver !

En bref

Osons rêver !
Pour mieux identifier nos désirs profonds, pour puiser la motivation à aller de l’avant et à être en congruence.
Ou simplement pour s’évader et goûter au bien-être que procure une douce échappée dans notre monde imaginaire.
Les pieds sur terre et la tête dans les nuages ? Des racines et des ailes ? Nous avons besoin des 2 pour être heureux !

Allez hop, je me lance !

A vous de jouer ! 2 minutes pour vous laisser aller à la rêverie. A vous ensuite d’identifier si votre rêve est une respiration bienfaitrice du moment ou s’il révèle un désir de mettre en place un nouveau projet.

Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

Je procrastrine donc je suis !

La procrastination

Se lancer dans des rangements au lieu de faire ses impôts, surfer sur Internet plutôt que répondre à ses mails, traîner dans les magasins au lieu d’enfourcher son vélo… Ne vous-êtes vous jamais retrouvé dans une situation similaire ? Privilégiant une activité plutôt qu’une autre, et envahi après coup par la colère contre vous-même, la culpabilité ou alors par un certain découragement ?

Si ? Et bien, comme moi, vous avez été victime de procrastination !
Vous avez donc montré une certaine aptitude à pouvoir remettre au lendemain ! Un lendemain qui peut se traduire par tout à l’heure, un autre jour, voire jamais !

Procrastiner est un terme utilisé depuis longtemps, pour parler de la tendance à remettre à plus tard, de manière volontaire, les tâches que l’on doit faire dans la journée. Les psychologues se sont beaucoup intéressés à ce phénomène qui touche même les plus productifs. Il semblerait d’ailleurs que cette attitude concerne de plus en plus les jeunes générations.

Lors de leurs recherches, les psychologues ont distingué deux formes de procrastination : la procrastination de situation et la procrastination chronique. Nous allons ici nous intéresser à la procrastination de situation, c’est à dire au comportement passager que la majorité de nous (80%) adopte face à une tâche jugée rédhibitoire.

Qu’est ce qui provoque la procrastination ?

Si nous savons ce que nous devons faire, pourquoi le différer ?

La procrastination dûe aux tâches

Cette attitude est souvent associée à la réalisation de tâches ingrates. Ce serait donc le côté désagréable, exigeant, ennuyeux ou encore sans intérêt de ces tâches qui nous pousserait à les différer. Avec, avouons-le pour certains, le secret espoir qu’elles pourraient même disparaître dans ce laps de temps qu’on leur accorde !

Pour cela, nous allons être capables de déployer de grandes habiletés ! Trouver toutes sortes de prétextes (“je n’ai pas le temps”, “je dois d’abord m’occuper des enfants”). Faire de fausses promesses (“je le ferai demain”, “promis, je m’en occupe ce week-end”). Etre capable d’amnésie (“surtout ne pas y penser !”)

La procrastination liée aux projets

Si la procrastination concerne souvent des choses qui nous déplaisent, nous avions également vu qu’elle pouvait être liée à la réalisation de projets (Bulle de Bonheur #19 ).

Un autre domaine où nous savons aussi montrer de vraies habiletés à remettre au lendemain !! Prétextant qu’il nous faut attendre d’avoir le temps, attendre d’avoir plus d’argent, d’être plus âgé, d’être libéré de l’éducation de nos enfants…

Nous nous construisons de bons moyens d’avoir des regrets et de passer à côté de ce qui peut nous aider à être plus heureux.

Recherches sur la procrastination

Des recherches plus exhaustives sur les facteurs à l’origine de la procrastination nous révèlent que la procrastination peut également être liée à :

  • la fatigue : dans les études récentes réalisées auprès des étudiants, la fatigue est le premier facteur qui explique ce comportement. Notamment par le manque d’énergie qui entraîne des difficultés à se concentrer.
  • le manque d’intérêt, donc de motivation, pour la tâche à réaliser. Ce manque de motivation peut venir aussi du fait qu’on s’est collé une obligation qui ne devrait pas en être une ! Par exemple, “j’ai dit que j’allais repeindre ma cuisine mais chaque fin de semaine, je remets à la suivante ! En fait, non seulement ma cuisine n’en a pas vraiment besoin mais en plus je n’ai pas du tout envie de la repeindre !”.
  • la peur de l’inconnu : où va me mener ce nouveau projet ? Est-ce que je vais obtenir le résultat escompté ?
  • la peur d’être jugé : nous repoussons au dernier moment et réalisons la tâche dans la précipitation. Le manque de temps pourra toujours venir excuser notre piètre résultat !
  • la peur de se tromper : elle est généralement liée à notre niveau d’exigence, notre besoin de perfection. “Mieux vaut laisser tomber une allocution orale si je ne la maitrise pas parfaitement”, “A quoi ça sert que je range puisque je manque de places de rangement ?”. Remettre au lendemain évite ici de se mesurer à ses exigences.
  • une mauvaise gestion de nos priorités : tout se passe comme si le procrastinateur répondait à ses besoins les plus immédiats. Au lieu de répondre à ses besoins les plus importants. Vous rappelez-vous la métaphore des cailloux ? (Bulle de Bonheur #10). Cette métaphore évoque notre difficulté à savoir ce qui est vraiment important pour nous. Elle nous invite à différencier dans notre vie les gros cailloux (ce qui est important), du gravier, du sable et de l’eau, pour éviter de remettre à plus tard les activités qui sont en fait importantes pour nous.

Changement de regard

Et si je me demandais pourquoi je procrastine ? Y aurait-il de bonnes raisons de procrastiner ?

Certains chercheurs se sont intéressés aux avantages potentiels qu’il y aurait à adopter une telle attitude :

Le report d’une tâche peut permettre de faciliter l’atteinte d’un objectif.

 C’est le cas par exemple quand le report d’une activité permet d’en réaliser une autre plus importante ou facilitant la première. C’est le cas aussi quand le report octroie un délai supplémentaire de réflexion.

La procrastination pourrait aussi faciliter la créativité.

Cet avantage, qui ne fait pas l’unanimité, est en lien avec le processus créatif. Une de ses phases (la phase d’incubation) nécessite justement un temps de pause, une remise à plus tard de la phase de réalisation. Différer l’exécution d’une tâche peut être utile aussi en cas de “page blanche”. C’est à dire en cas d’absence de productivité.

Il semblerait que les personnes pratiquant un métier ou une activité créative disent que c’est quand elles ont remis un travail à plus tard que leurs meilleures idées sont arrivées. Si différer une tâche s’avère stratégique et productif, alors la procrastination peut être une amie !

La procrastination, un acte de résistance

Certains voient dans la procrastination “un acte de résistance” à un monde qui nous met sans cesse des échéances. Qu’elles soient professionnelles ou familiales.

Procrastiner permet alors de s’accorder un temps où justement on ne fait RIEN, où on est improductif dans le sens capitaliste du terme. Résister au toujours plus et se reconnecter à l’instant présent !

L’efficacité dans l’urgence

Enfin, vous avez sans doute dans votre entourage des personnes, ou vous en faites vous-même partie, qui disent être particulièrement efficaces sous pression.

Elles repoussent donc ce qu’elles ont à faire à la dernière minute et affirment qu’être aux pieds du mur les rend plus performants.

Cette situation génère nécessairement du stress, mais si l’entourage n’en fait pas les frais et que la tâche à réaliser l’est dans les temps, est-elle si gênante ?

Ces aspects de la procrastination montrent l’importance de savoir identifier la cause de notre procrastination. Se poser la question : « pourquoi je remets à plus tard ? » Et y répondre objectivement est donc la première étape nécessaire dans la gestion de notre procrastination.

Nous l’avons vu, les raisons diffèrent d’une personne à une autre.
Quand ces raisons sont mauvaises, c’est à dire quand procrastiner nous empêche d’avancer et de nous réaliser, alors il est indispensable de bâtir un système anti procrastination !

Quand procrastiner nous empêche d’avancer

Etablir une liste des choses à réaliser puis prendre quelques minutes pour définir mes priorités.

Je classe selon les axes important / urgent de la matrice d’Eisenhower (Bulle de Bonheur #10). Une fois que le tri est fait, je pense aussi aux moments où je suis le plus efficace. Si je suis plutôt du matin par exemple et que j’ai une activité importante et difficile, je la programme à ce moment là.

Je peux aussi préparer certaines choses la veille pour démarrer plus facilement le lendemain l’activité qui me rebute (préparation des livres et des documents pour une recherche à faire par exemple).

Se fixer des objectifs clairs et atteignables :

Clairs c’est à dire précis. Au lieu de “je vais faire du sport”, je me dis “je fais 10 séries d’abdominaux” atteignables, c’est à dire réalistes et réalisables ! Au lieu de dire “je fais 10 séries d’abdominaux matin et soir”, commencez par 1 jour sur 2 pendant 1 mois (puis vous ferez le point pour valider si cela vous convient. Ou au contraire si vous devez diminuer, travailler une autre zone du corps ou augmenter la cadence). Et puis, nous revenons à nouveau à la politique des petits pas dont nous vous avons si souvent parlée !

Tenir bon pendant les 5 premières minutes :

Vous connaissez sans doute la soudaine perte de motivation avant de sortir dîner chez des amis quand vous êtes fatigué. Ou avant de passer l’aspirateur alors que votre canapé vous fait de l’oeil ! Dans beaucoup de situations, c’est en fait le 1er pas qui est le plus difficile.

Tahar Ben-Shahar affirme à ce propos que c’est une illusion de penser qu’il faut être en forme ou avec l’humeur adéquate pour réaliser quelque chose qui nous coûte. Pour lui, si on maintient notre effort pendant 5 minutes, l’obstacle est franchi.

Se récompenser :

Cette récompense peut venir du seul fait de contempler le résultat accompli (ma maison propre, une soirée amicale joyeuse et décompressante). Ou d’un petit cadeau qu’on s’offre pour se féliciter de l’effort réalisé (une pause canapé avec son livre préféré, un temps de papote avec sa meilleure amie)

S’engager devant témoins :

Le fait de déclarer ses intentions à voix haute et devant des personnes donne une force d’engagement à nos intentions. Bien sûr, il est toujours possible de ne pas suivre ses engagements, mais il est prouvé que la déclaration publique donne plus de chance de réussir à exécuter ce qu’on s’est engagé à faire. Nous pouvons en effet compter sur notre conscience pour venir nous titiller et sur nos témoins pour nous demander des nouvelles (“Alors, tu en es où… ?”, “Au fait, ça avance… ?”).

Prendre soin de soi :

Une baisse d’énergie ou un stress généré par la fatigue favorisent notre tendance à procrastiner. Faire des activités physiques, avoir un sommeil de qualité et avoir une bonne hygiène alimentaire font donc partie des remèdes anti-procrastination.

En bref

  • Procrastiner, c’est remettre à plus tard ce qu’on est censé faire maintenant.
  • Procrastiner génère un véritable conflit entre ce que l’individu ressent devoir faire et ce que l’individu fait réellement. Cela provoque le plus souvent des sentiments désagréables comme la colère, la culpabilité ou le découragement.
  • Si la procrastination ne produit aucun résultat positif, il est important de savoir y remédier. To do listes , objectifs, volonté, récompense, forme physique sont quelques moyens qui pourront vous y aider.

Allez hop, je me lance !

A vous de jouer ! 2 minutes pour trouver une tâche que vous avez tendance à remettre sans cesse au lendemain. Si vous trouvez plus d’inconvénients que d’avantages à la différer, alors cessez de procrastiner ! Et passez à l’action en puisant dans un des outils qui vous ont été proposés pour y parvenir.

Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

Je pratique l’autorité bienveillante

L’autorité, définition

Quand on cherche dans le dictionnaire, les définitions associées au mot autorité sont nombreuses. Cela en fait une notion complexe qui inclut différents aspects : écoute, respect, interdits, liberté. Mais aussi obéissance, pouvoir, soumission, abus, arbitraire. Exercer une autorité peut donc être la plus belle et la pire des choses.

L’autorité dans l’éducation

Nous parlons aujourd’hui de l’autorité dans le cadre de la relation parents-enfants. Même si certains principes sont à notre sens applicables à d’autres types d’autorités, comme celle exercée dans le monde professionnel. Nous allons donc l’envisager comme le fait “de faire grandir”, “d’autoriser à”.

A quoi sert l’autorité en éducation ? Elle permet d’apprendre à l’enfant à vivre en société, à accepter certaines règles nécessaires à la vie en communauté. Mais aussi à apprendre la patience, le partage, l’altérité. Et également le respect et le lien cause-conséquence.
C’est aussi un moyen pour lui de se confronter aux efforts et aux contraintes et de comprendre qu’il n’est pas le roi du monde !

Le cadre sécurisant de l’autorité

L’autorité offre donc un cadre sécurisant à l’enfant pour vivre certaines de ses pulsions, satisfaire son besoin de plaisir et de décider. Mais sans se faire mal.

J’aime beaucoup l’image que le pédiatre Aldo Naouri utilise pour parler de l’autorité. Il la compare aux parapets le long d’un grand pont suspendu. L’enfant doit traverser ce pont pour arriver à l’âge adulte. Il peut avancer tout droit, en zig-zag, faire des demi-tours. Il va se heurter aux parapets, ce qui pourra le mettre en colère, voire lui faire mal.

Mais sans ces parapets, l’enfant peut tomber, se blesser gravement et même mourir.

L’autorité est un devoir de protection que les parents ont envers leurs enfants.
Elle passe par conséquent par l’apprentissage des interdits, apprentissage qui nécessite la pose d’un cadre, comme nous allons le voir.

L’autorité et la culture

Avant de voir comment poser l’autorité, il nous semble important de préciser que l’autorité exercée dépend non seulement de notre éducation mais aussi de notre culture.

Aussi est-il primordial de ne pas juger des modes d’autorités différents des nôtres. Re-situer ce mode d’autorité dans son contexte et dans les valeurs culturelles afférentes, permettra de comprendre le pourquoi de ces différences.

Je me souviens ainsi avoir découvert avec surprise la vision de l’autorité par les peuples des premières nations du Canada.

Sans prendre en compte leurs valeurs et leur culture, je n’aurais pas pu en comprendre le sens.

La primauté du collectivisme fait que l’éducation repose sur le partage de l’éducation par la communauté tout entière et le principe fondamental de la non-interférence. Ainsi, une grande autonomie est laissée aux enfants, qui apprennent principalement par l’écoute, l’observation et l’imitation.

Aucune règle coercitive n’existe, l’enfant tire les conséquences de ses actes. Notre regard occidental posé trop rapidement nous laisserait croire que les parents sont laxistes et les enfants rois, or il n’en est rien.

Plusieurs façons d’exercer l’autorité

S’il est entendu que la violence (physique et psychologique) et les châtiments corporels sont à proscrire, il serait donc présomptueux de prétendre qu’un tel système est meilleur qu’un autre.

Nous choisissons aujourd’hui de vous partager un modèle d’autorité très occidental, et nous tenons à préciser que ce modèle n’est ni universel, ni unique. Il correspond à notre société actuelle, qui a vécu de profonds bouleversements.

L’autorité d’aujourd’hui est donc différente de celle d’hier et le sera peut-être de celle de demain.

Les différents types d’autorité

Un des changements de notre société s’est manifesté par les bienfaits reconnus à l’autorité partagée. La loi a même introduit le concept d’autorité parentale conjointe. Terminée la vision du père-gendarme et de la mère consolatrice ? Pas si sûr. Car il est difficile de se débarrasser de siècles d’histoire où la fonction d’autorité a été surtout exercée par les hommes. Et de façon souvent très verticale !

La tendance actuelle est cependant de dire que “l’autorité n’a pas de sexe” et qu’elle est plus horizontale. D’ailleurs les enfants l’ont bien compris ! Ils demandent du sens, négocient, expriment leurs désaccords avec une facilité qui peut nous déconcerter.

Partage de l’autorité entre les parents

Le partage de l’autorité implique une plus juste répartition des rôles. Comme le dit Jacques Salomé, l’homme est père et papa, la femme, mère et maman.

Ce partage nécessite également qu’il y ait une certaine cohérence entre ceux qui posent l’autorité. Il ne s’agit pas d’être d’accord sur tout mais d’éviter de montrer ses désaccords devant l’enfant, ou de faire le contraire de ce que l’autre a dit.

La répartition des rôles relève aujourd’hui du domaine de la co-construction et de la négociation. Les questions “qui fait quoi?”, “qui décide de quoi?” font partie du quotidien des familles et doivent être régulièrement reposées.

L’absence de repères et de normes extérieures rend la tâche plus difficile et nécessite écoute et dialogue. C’est la contrepartie d’une égalité plus présente entre hommes et femmes.

La question du partage d’autorité se pose également avec les grands-parents ou les beaux-parents. Pas simple d’aborder tous les sujets dans un seul podcast !

Mentionnons au moins que la cohérence reste de mise là encore et qu’être au clair avec les rôles de chacun peut éviter bien des déceptions et des conflits.

Si le principe de l’autorité partagée est posé, il n’en reste pas moins que le type d’autorité exercée par les éducateurs peut prendre plusieurs formes :

Les formes de l’autorité

  • l’autoritarisme. Le parent est dans un rapport vertical avec son enfant qui doit avant tout se soumettre à l’autorité et aux décisions parentales. Le parent ne cherche pas la coopération et il n’offre pas de choix à son enfant. Si l’enfant n’obtempère pas, le parent aura généralement recours à la punition pour rétablir son pouvoir.
  • la permissivité. Le parent est soucieux du développement de son enfant, il pose des règles mais il s’attend à ce que l’enfant soit raisonnable. C’est à dire qu’il connaisse les limites et respecte les règles. Souvent, le parent permissif a des difficultés à gérer les oppositions et les frustrations de son enfant. Si ce dernier n’obtempère pas, le parent préfère céder plutôt que de vivre un conflit.
  • la démission. Le parent abandonne son rôle de parent, par manque de disponibilité, par incapacité ou parce qu’il considère que son enfant (surtout à l’adolescence) est assez grand pour se débrouiller. L’enfant n’a plus de règles ni de protection, il se sent généralement perdu et abandonné.

Quand on interroge les parents pour savoir dans quel type d’autorité ils se reconnaissent, il est courant de les entendre dire qu’ils se reconnaissent un peu dans chacun d’elles ! Ils se retrouvent en effet souvent dans une sorte de cercle infernal, qui les fait passer d’un style à un autre.

Trop permissifs, ils regrettent et deviennent autoritaristes. S’ils sont trop autoritaristes, ils culpabilisent et deviennent permissifs ou démissionnent et ainsi de suite… Personne ne s’y retrouve, c’est épuisant pour les parents et insécurisant pour les enfants qui ne savent jamais à quoi s’attendre !

Et si je posais un cadre bienveillant pour exercer l’autorité ?

Poser un cadre

Il y a différentes manières de poser des limites à un enfant, et le cadre sera souvent le reflet d’un type d’autorité.

  • On pose un cadre très restreint où contrôle et punitions disciplinent l’enfant.
  • L’instauration d’un cadre plus souple où l’autonomie, l’apprentissage par l’erreur et l’imitation sont privilégiés.
  • On co-construit un cadre bienveillant, c’est à dire un cadre où l’enfant peut exercer une certaine liberté tout en étant protégé par des règles définies.

Le cadre bienveillant est donc un repère fixe pour l’enfant. Il le sécurise sans l’étouffer, il l’aide à grandir sans le contraindre. Rappelons nous que nous devons plutôt être des parents jardiniers (préparer le meilleur terreau et arroser la graine sans savoir quelle belle fleur elle donnera), plutôt qu’un parent potier (donner la forme qu’on veut qu’il ait).

En pratique

L’idéal est que les parents puissent construire à l’avance ce cadre. Quoiqu’il en soit, ce cadre évoluera en fonction de l’âge, des évènement mais aussi du comportement de l’enfant. Chaque cadre, en dehors des interdits légaux, sera propre à chaque famille.

Les outils nécessaires

Nous vous partageons aujourd’hui 2 outils proposés par APcomm dans le cadre de ses ateliers de soutien à la parentalité

Pour les parents d’adolescents

  • Le carré

Pour les parents d’adolescents, les auteures de la formation APcomm proposent de former le cadre par 4 côtés relativement égaux :

  • ce qui est interdit. La loi (cigarette, alcool, ceinture de sécurité, violence…)
  • il y a ce qui est non négociable (souvent lié aux valeurs familiales). Dire des gros mots, sortir seul…
  • puis ce qui est négociable. (inviter un ami, sortie, temps des devoirs…)
  • enfin ce qui est libre (musique, livre, vêtements, sport…)

Pour les parents de jeunes enfants

  • Le feu tricolore

Pour les enfants de moins de 6 ans, APcomm propose un outil plus adapté aux petits :

  1. feu vert : ce qui est autorisé, encouragé, valorisé (vider le bain, choisir une histoire, manger tout seul…)
  2. puis feu orange : ce qui est toléré pour des raisons temporaires ou exceptionnelles car l’enfant est “débutant” (il peut donc se tromper). ou bien parce que la situation familiale est difficile ou a changé (divorce, deuil…). Ou encore parce que le parent a accordé une exception (qui doit rester exceptionnelle !! enfant malade par exemple).
  3. enfin feu rouge : ce qui est interdit et inacceptable en raison du danger, de la loi et des valeurs familiales (fermeté totale).

Attention, le cadre doit être le plus équilibré possible !

Pas question non plus de le transformer en une longue liste de prescriptions ! Il est plutôt à envisager comme un repère, ou comme outil pour gérer des conflits ou des insatisfactions récurrentes, de la part des parents et/ou des enfants.

Comment poser une règle ?

Qui dit cadre, dit règles et conséquences. Comment poser une règle ? C’est un sujet important que nous voudrions traiter en profondeur. Nous vous proposons donc d’en faire l’objet d’un autre podcast. Promis, il arrivera bientôt !

En bref

L’autorité est le tuteur qui va permettre à l’enfant de grandir.

  • Elle varie en fonction de l’éducation et de la culture.
  • L’autorité bienveillante, c’est la liberté dans un cadre.
  • Elle offre la sécurité et un espace suffisant pour se développer, tout en étant respectueuse de tous.
  • L’autorité s’incarne par le cadre, à la fois continu et évolutif, repère indispensable pour que l’enfant sache ce qu’il peut et ne peut pas faire.

Allez hop, je me lance !

Je visualise mon cadre ou mon feu tricolore. Et je remplis chaque côté ou chaque feu par 2 éléments qui me semblent importants pour le développement de mon enfant et que je voudrais mettre en place à la maison.

Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

Je prends le temps d’être heureux avec Marie Oliveau

Avec Marie Oliveau, flexibilité et disponibilité

Marie Oliveau, avec Talents sur Mesure, conseille les entreprises, pilote les missions de recrutement, apporte son expertise du travail flexible et accompagne les femmes et les hommes vers leurs projets de rêve. La flexibilité est un sujet que nous avons abordé avec Marie. En ces temps bousculés, il a tout son sens !  `

Elle est Diplômée de l’ESCP, issue des métiers de la communication (financière, institutionnelle, ONG..) et fait depuis longtemps l’expérience de la flexibilité du travail dans ton quotidien.

Aujourd’hui, elle a choisi de travailler en home office. Elle se déplace volontiers pour voir ses clients. Ses journées laissent aussi de la place à ses enfants en fin de journée. C’est important pour elle. Elle savoure l’autonomie et se régale de voir grandir ce cabinet au service de la flexibilité choisie dans le travail. Talents sur Mesure se développe et des antennes se montent à Lyon notamment.

Marie nous inspire, d’abord pour son côté un peu militant. Elle défend la possibilité à chacun(e) de pouvoir avoir une flexibilité dans son travail pour trouver le meilleur équilibre de vie possible. Elle nous inspire aussi avec son coté pétillant et entreprenant ! Bref, ses idées sont géniales et elle propose des solutions modernes et adaptées à notre temps pour vivre des bulles de bonheur au quotidien ! Et ça on aime !!!

Notre mousse de la semaine à partager et bien en lien avec notre échange ! « La vie heureuse est celle qui est en accord avec sa propre nature » Sénèque

Avec Bulle de Bonheur prenez le temps d’être heureux !

Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

Je sors de la culpabilité

Qu’est ce que la culpabilité ?

Aujourd’hui, nous aimerions vous partager un petit livre de Denis Sonet, qui aborde le thème de la culpabilité de façon concise et claire. Ce qui nous a particulièrement séduits, c’est l’approche très concrète qu’en fait son auteur. Denis Sonet part en effet d’exemples de la vie quotidienne pour nous éclairer sur ce sentiment qui peut nous envahir tellement souvent. Il nous aide aussi à différencier la culpabilité “poison” de la saine culpabilité qui nous aide à mettre du sens dans notre vie.

La culpabilité peut s’infiltrer dans de multiples domaines : la famille, les amis, le travail, le quotidien, l’environnement, la politique… Elle peut faire suite à différentes actions : des paroles, des gestes, des actes, volontaires ou non, mais elle peut également venir de notre silence, notre ignorance, notre indifférence. La chance et même la réussite peuvent générer la culpabilité.

Un sentiment lourd à porter

Quel que soit ce qui la déclenche, ce sentiment reste associé à quelque chose de négatif, de lourd. Poison, rongeur, morsure ou encore chape de plomb, les images pour en parler l’illustrent bien. Comme le dit Denis Sonet, “c’est écrasant un sentiment de culpabilité, c’est un menhir à transporter”.

Et ce menhir est d’autant plus lourd que la culpabilité entraîne généralement dans son sillage un cortège d’autres sentiments désagréables. La honte, la mésestime, le dégoût de soi, la peur du mépris des autres. Ou bien encore aussi la crainte d’être découvert ou d’être exclu, la déception. Mais surtout, plus insidieusement, “l’angoisse de ne pas être aimé, de ne rien valoir et d’être jugé”.

Un sentiment qui colle à la peau

Pour reprendre une autre image utilisée par Denis Sonet, la culpabilité est comme “une tique”. Elle s’incruste en nous, avec d’autant plus de force qu’elle est dissimulée ou niée. Elle pourra aussi être amplifiée par le jugement d’autrui, mais il semblerait bien que le jugement le plus puissant soit celui de notre conscience, tribunal intérieur qui peut être impitoyable, mais contre lequel nous allons essayons de lutter par des subterfuges.

La culpabilité, un sentiment à évacuer

Dans la majorité des situations, nous allons trouver des stratégies pour faire taire notre culpabilité :

  • en se disculpant, c’est à dire en niant toute part de responsabilité (“ce n’est pas moi”). Voire même en trouvant un bouc émissaire responsable (mes parents, mon éducation, la société…)
  • en cachant ses défauts, aux autres mais aussi à soi-même. On revêt le masque de l’ignorance. “Il n’y a aucun problème du moment que cela ne se sait pas”.
  • en pratiquant des actes pour “exorciser” notre faute. Grigri, prières, confessions, voire auto-punitions. On se transforme en fait en victime pour oublier que nous avons été agresseur.

Coupable ou pas coupable ? Et si j’apprenais à bien faire la différence ?

Distinguons d’abord la culpabilité, qui est le fait d’être coupable, du sentiment de culpabilité, qui est le fait de se sentir coupable. Qu’on le soit réellement ou pas.

La fausse culpabilité

C’est celle qui nous fait nous sentir coupable alors qu’objectivement nous ne le sommes pas. Se sentir coupable des erreurs de nos enfants. Ou bien coupable de ne pas avoir dit non, de ne pas avoir réussi ce qu’on nous avait demandé de faire. Mais aussi de prendre un peu de repos alors que nous avons encore des choses à faire.

Coupable de ne pas avoir dit “je t’aime” à son parent qui meurt, coupable d’être heureux alors que tant de personnes sont malheureuses…

Le problème de ces fausses culpabilités est d’être souvent bien immergées dans notre inconscient et de renvoyer à des culpabilités de l’enfance.

Le remède pour sortir de la fausse culpabilité

Pour s’en sortir, essayons déjà de faire appel à notre conscience :
“Avais-je conscience de mal faire ?” “Etais-je libre de ne pas le faire ?”
Si nous sommes capables de répondre avec loyauté à ces questions, nous devrions arriver à nous débarrasser de certaines fausses culpabilités.

Denis Sonet indique aussi quelques pistes intéressantes à travailler pour sortir de la fausse culpabilité :

  • différencier erreur et faute.“J’ai mal fermé le robinet d’eau et cela a provoqué une grosse inondation chez le voisin”. Défaillance ou acte volontaire ?
  • distinguer compromis et faute. Dans la gestion de nos priorités, il est souvent difficile de satisfaire tous nos besoins ou toutes nos valeurs en même temps. “Je décide de placer mon père âgé dans une maison de retraite au lieu de le prendre chez moi. Ceci pour préserver mon équilibre familial”. Compromis ou faute ?
  • séparer sentiment et faute. “Je m’en veux de ressentir de la colère dès que ma belle-mère appelle”.

Analyse des émotions

Vous vous souvenez sans doute qu’une émotion est un messager, qu’elle n’est ni bonne ni mauvaise (Bulle de Bonheur #5). C’est ce que nous allons en faire qui va le déterminer. Si j’entretiens ce sentiment, si je rumine sans cesse. Ou encore si je le transforme en gestes hostiles, alors mon émotion se transforme en un sentiment négatif et nocif.

Mais si j’en prends conscience, si j’en parle et peut-être même si j’arrive à en sourire, alors pas de culpabilité à avoir !

Faites surtout l’inventaire en vous du positif et du merveilleux !
Vous avez réussi à reconnaître la “fausseté” de votre culpabilité, seul, en parlant avec des personnes qui vous estiment ou encore avec un professionnel. Rappelez-vous également que si vous pouvez commettre une erreur ou une faute, vous n’êtes pas cette erreur ni cette faute.

Dresser la liste de ses qualités

Pensez aussi à votre liste de qualités (Bulle de Bonheur #24), à votre coffre à confiance (Bulle de Bonheur #6), à vos kifs (Bulle de Bonheur #39), à la pensée positive (Bulle de Bonheur #35)… Précieux moyens d’alléger votre menhir !

Si cela persiste, sollicitez l’aide d’un professionnel pour qu’il vous accompagne dans ce chemin de libération.

La saine culpabilité

Puisque nous avons parlé de fausse culpabilité, vous ne serez sans doute pas surpris qu’on vous parle de saine culpabilité !

Et oui, à l’instar d’une émotion, la culpabilité, si elle est réelle et authentique, peut aussi être une lumière utile pour nous guider sur notre chemin de vie.

Elle permet de nous indiquer une transgression, un tort fait à autrui ; elle nous rappelle notre responsabilité, le sens du bien.
Certes, ce n’est pas très tendance de culpabiliser !
Nous entendons plus souvent : “je ne l’ai pas fait exprès”, “ce n’est pas de ma faute”, “c’était plus fort que moi”, “ça va, je n’ai tué personne”…

On se retrouve donc la situation inverse de la fausse culpabilité. Au lieu d’être obsédé par la faute, on l’oublie !

Or, comme nous l’avons dit en début de podcast, nier ou réfuter sa culpabilité, c’est enfouir le cortèges des émotions désagréables qui y sont associées. C’est donc intérioriser un sentiment et lui donner toute la chance de se répandre dangereusement. Morosité, agressivité, angoisse, aigreur s’installent petit à petit et nous empêchent de pleinement nous épanouir.

La culpabilité basée sur des faits réels

Les fautes réelles existent évidemment, et la responsabilité peut être individuelle (“j’ai frappé mon enfant”) et/ou collective (la pauvreté, l’environnement…).

Ayons l’honnêteté de le reconnaître. Acceptons nos fautes, nos limites (et celles des autres) et notre responsabilité. Et transformons les en force. Grâce à l’aveu (à soi, à la victime, à un tiers…) mais aussi grâce au pouvoir du pardon et de la réparation (Bulle de Bonheur #15).

La “culpabilité floue”

Mentionnons juste pour terminer, que nous pouvons quelquefois nous sentir dans une “culpabilité floue”. C’est à dire dans une situation où nos responsabilités sont difficiles à cerner. Nous constatons des dégâts mais ne savons pas très bien ce qui peut nous être imputé.

Ce peut-être le cas par exemple de celui qui prend la décision du divorce ou encore de ce vendeur qui a mis l’accent sur les qualités du produit et minoré ses défauts.

Dans ces situations, pour se sortir de cette culpabilité, il est important d’abord de s’accepter comme des êtres imparfaits donc limités ! Rappelons-nous également du pouvoir de la mise en mots. Donc parlons de de notre inconfort, revenons au raisonnement objectif et pensons une fois encore à la force du pardon (à nous-même notamment).

En bref

  • Le sentiment de culpabilité est lié à notre condition d’homme.
  • La culpabilité nous conduit souvent à deux écueils : la culpabilisation morbide et le déni de culpabilité.
  • Privilégions la saine culpabilité, celle qui nous fait reconnaître nos fautes réelles. Elle nous invite à avancer plus léger, serein et en vérité sur nos chemins de vie.

Allez hop, je me lance !

2 minutes pour penser à une situation où j’éprouve un sentiment de culpabilité. Dans ma famille, au boulot, avec un ami, un voisin ou même un inconnu. Fausse ou saine culpabilité ? Dans les deux cas, je décide de m’en sortir !

Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

Je montre ma vulnérabilité

“Le pouvoir de la vulnérabilité” est le TED Talk de Brene Brown. Ses travaux sur la vulnérabilité nous ont inspiré. Brene Brown est travailleuse sociale et chercheuse américaine. Vous en avez d’ailleurs peut-être déjà entendu parler car son livre et sonTED Talk sur  sont devenus très populaires. Ce que nous avons aimé dans l’approche de cette femme, c’est son humilité, son honnêteté et son humour. Elle parle ainsi librement du combat qu’elle a longtemps mené pendant son étude sur les relations humaines. En réalité, prise en tension entre son besoin de contrôler et de prévoir et la nécessité de savoir lâcher prise et de se laisser surprendre. Dans son TED Talk, elle raconte avec beaucoup d’humour comment il lui a fallu faire face à l’incertitude, l’inconfort et la remise en question pour accepter que tout ne pouvait pas s’expliquer par des théories, des règles immuables, des prédictions. Ainsi, d’un travail qu’elle pensait mener en quelques mois, elle a mis 12 ans pour arriver à des conclusions satisfaisantes pour elle !

La vulnérabilité est une force

La vulnérabilité n’est pas une faiblesse

Le mythe culturel selon lequel la vulnérabilité serait une preuve de faiblesse, est une grande erreur. Comment Brene Brown est-elle arrivée à cette conclusion ?

Partant du principe que les relations humaines sont la raison de notre présence sur Terre. D’abord, elle a étudié ce qui constituait notre capacité d’être en relation. Ensuite, elle s’est attachée à notre besoin fondamental d’amour et d’appartenance. Pour finir, elle a analysé des milliers d’études, d’entretiens, de récits.

Sa première surprise a été de réaliser que chaque fois qu’elle interrogeait les personnes sur l’amour, celles-ci lui parlaient de souffrance. En fait, quand elle leur demandait de parler d’appartenance. On lui parlaient d’exclusion. Et puis, quand elle abordait le sujet de la connexion, les réponses concernaient l’isolement ! En tant que chercheuse, il lui fallait comprendre pourquoi les personnes réagissaient ainsi à ses questions.

Les conclusions de Brene Brown

Grâce à plusieurs études, elle a mis en évidence que ces réactions provenaient du fait que toute personne a en elle un sentiment de honte. A cet égard, elle définit ce sentiment, comme la peur de l’isolement (dans le sens de ne pas être en relation). Chacun de nous est ainsi plus ou moins tiraillé par la question suivante. “Est-ce qu’il y a quelque chose que les gens vont voir ou savoir à propos de moi. Et qui ferait que je ne mériterais pas d’être en relation avec eux ?”. D’où la peur de “ne pas être assez”. Comme par exemple, pas assez bonne, pas assez mince, pas assez intelligente, pas assez reconnue… 

L’anesthésie des émotions et le refus de faire face à la vulnérabilité

Pour Brene Brown, tout être humain ressent cette crainte. En revanche, beaucoup ne veulent pas en parler. Comme si moins on en parlait, moins on allait la ressentir !
Or nous l’avons vu à propos des émotions (Bulle de Bonheur #5). En fait, il est impossible de faire le tri de nos émotions et de décider que nous allons en ressentir certaines et pas d’autres ! L’inconvénient en plus de ce mode de fonctionnement est de se couper d’autres émotions. Ainsi, Brene Brown parle de notre tendance à anesthésier nos émotions désagréables et des conséquences néfastes que cela provoque. Nous avons tous besoin, dit-elle, d’un profond sentiment d’amour et d’appartenance. En fait, Nous sommes biologiquement, cognitivement, physiquement et spirituellement câblés pour aimer, être aimés et appartenir à une communauté. Quand ces besoins ne sont pas satisfaits. Alors, nous ne fonctionnons pas comme prévu. De fait, nous nous brisons, nous nous engourdissons. Ou encore, nous avons mal, nous blessons les autres. Encore pire, nous tombons malade.

En conclusion

Dans sa volonté de comprendre pourquoi nous nous comportons ainsi, Brene Brown découvre que la cause réside dans notre refus de faire face à notre vulnérabilité. Nous évitons de nous montrer tel que nous sommes vraiment.

Comment se manifeste notre vulnérabilité ?

Quand Brene Brown interroge les personnes pour savoir quand elles se sentent vulnérables, les réponses sont très variées. Comme par exemple, en demandant de l’aide, en initiant la relation sexuelle. Ou encore en invitant une personne à sortir, en attendant un résultat d’analyses médicales. Et aussi, en craignant d’être licencié, d’être rejeté…
La vulnérabilité est donc en lien avec le monde émotionnel. Elle est d’ailleurs souvent associée à des émotions désagréables comme la tristesse, la peur, la déception.

Si on regarde la définition de la vulnérabilité, on peut lire “susceptible d’être touché, blessé, d’un point de vue moral ou physique ».
Confondue couramment avec la fragilité et la précarité, la vulnérabilité s’en différencie par le fait qu’elle appartient au caractère essentiel de la condition humaine. Il est donc nécessaire d’être conscient de notre vulnérabilité pour pouvoir en faire une force au lieu de chercher à la nier ou la cacher.

Qu’est-ce qui nous permet de faire face à notre vulnérabilité ?

Lors de ses années d’études, la chercheuse américaine parvient à identifier 2 groupes de personnes : “les personnes sans réserves” et les autres. Les premières sont des personnes qui reconnaissent leur valeur. C’est à dire qui ont un fort sentiment d’amour et d’appartenance et croient qu’elles méritent d’être aimées et d’appartenir à une communauté. Les secondes sont les personnes qui se demandent en permanence si elles le méritent.
Poussant plus loin ses recherches, elle met en évidence 2 éléments qui différencient ces 2 groupes :

Le courage

Le premier élément est le courage. Le courage, dans le sens de sa définition originelle, c’est à dire la capacité de “raconter qui nous sommes de tout notre coeur”. Il s’agit donc du courage de reconnaître notre imperfection. Cette authenticité est pour Brene Brown “le noyau dur” de la qualité des relations aux autres.

Adopter notre vulnérabilité

le deuxième élément est la capacité d’adopter notre vulnérabilité. C’est à dire d’intégrer que “ce qui me rend vulnérable me rend également beau”. Cela peut être source d’inconfort. Mais le gage de relations authentiques et épanouissantes passe par la volonté d’accepter de faire quelque chose sans garantie du résultat. Que ce soit dans le domaine professionnel (entreprendre un projet par exemple) ou personnel (s’engager dans une relation).

La conclusion de ses recherches est claire. Brené Brown nous dit. “j’ai appris que les hommes et les femmes qui vivent une vie sans réserve s’autorisent vraiment à s’adoucir par la joie et le bonheur. Ils se laissent expérimenter.”

Comment cela se passe en pratique ?

Se montrer tel que nous sommes, c’est accepter de se montrer, profondément, vulnérable, c’est donc :

  • aimer de tout notre coeur même sans garantie
  • pratiquer la joie et la gratitude (Bulle de Bonheur #9 et 20)
  • être convaincu que nous sommes bien comme nous sommes
  • identifier ses points de vulnérabilité, et oser les montrer (oser le courage)
  • arrêter de vouloir rendre certain ce qui est incertain (accepter l’incertitude, le risque).
  • stopper notre course à la perfection. Attitude dont nous devons être particulièrement vigilants avec nos enfants : notre rôle de parents est en effet de les révéler à leur vulnérabilité tout en leur assurant qu’ils méritent d’être aimés et d’être parmi nous.

Nous le voyons, la vulnérabilité renvoie également à notre capacité à accepter nos erreurs (Bulle de Bonheur #34), à notre capacité à lâcher prise (Bulle de Bonheur #21), à adapter notre niveau d’exigence mais aussi notre faculté à faire preuve de bienveillance à l’égard de nous-mêmes, puis à l’égard des autres (Bulle de Bonheur #39).

Cela peut vous paraître surprenant, contradictoire, exigeant et pourtant, comme l’affirme Brene Brown, la vulnérabilité est au coeur de la relation, elle est “le terreau de l’amour, de l’intimité, de la joie, du courage, de l’empathie et de la créativité.

En bref

  • La vulnérabilité est une caractéristique de l’être humain.
  • Elle n’est pas faiblesse mais au contraire courage et force de vie.
  • Elle permet d’être plus authentique, renforce notre besoin d’amour et d’appartenance et libère la joie.
  • Nous montrer tel que nous sommes, c’est être vivant.

Allez hop, je me lance !

2mn pour penser à une situation où vous vous sentez vulnérable.

Demandez-vous ce qui se passe pour vous dans cette situation et ce que vous ressentez. Et écoutez votre peur, votre honte, elles sont là pour vous indiquer une limite ou un besoin à satisfaire et donc vous aider à mieux vous connecter à vous-même.

Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

Je cultive la patience

“Bonjour, merci d’avoir contacté nos services. Si vous voulez connaître nos adresses, faites le 1, nos tarifs, faites le 2, nos heures d’ouverture, faites le 3… “ De multiples propositions défilent, mais aucune ne correspond à votre demande. Vous vous demandez si vous avez manqué une information et si vous devez revenir au sommaire pour écouter tout à nouveau. Non, pas le temps ! Vous choisissez donc la 7e option, parler à un conseiller ! Et là, on vous annonce que vous êtes 6e sur la liste d’attente ….

Dans ce genre d’expérience, comment vous sentez-vous ?

Etes-vous en colère ? Et pestez-vous contre ce temps qu’on vous vole alors même que vous ne l’avez pas ? Demandez-vous si on n’est pas en train de vous jouer un mauvais tour ? Ou bien, vous mettez le haut parleur et faites autre chose en attendant que le fameux conseiller daigne enfin vous répondre ?

 Et oui, face à une situation de frustration ou d’urgence, il y a plusieurs moyens de réagir !

Et c’est notre patience qui est alors mise à l’épreuve.

Qu’est ce que la patience ?

La patience ? C’est cette aptitude à rester calme face à des difficultés. Mais aussi notre capacité à savoir attendre et à persévérer dans ce qu’on fait.

Et on peut dire qu’elle est particulièrement sollicitée en ce moment ! Dans cette période de pandémie nos rythmes, nos habitudes, nos relations et nos projets sont bouleversés.

Plusieurs types de patience

Selon la chercheuse en psychologie Sarah Schnitker, il y a plusieurs types de patiences :

  • la patience interpersonnelle ou dirigée vers autrui. Celle-ci est très variable d’une personne à une autre. Les personnes de notre entourage peuvent nous conduire à une patience surprenante. (les pourquoi de notre enfant, les demandes de conseils incessants d’une amie) Ou au contraire à une tolérance très réduite (les retards répétés d’un collègue en réunion, le tube de dentifrice non rebouché, …) Selon les recherches, une personne qui parle trop longtemps sans en venir au fait, la lenteur et les plaintes seraient dans la top liste de ce qui nous fait perdre patience dans nos relations.
  • la patience face aux événements difficiles de la vie. La recherche d’un emploi, la maladie, les problèmes financiers… Cette patience est souvent reliée au courage et à l’espoir.
  • la patience face aux tracas quotidiens. Le bug informatique, la file d’attente à la caisse, les embouteillages… Bref, toutes les petites frustrations que la vie quotidienne peut nous faire vivre !

La patience dans une vie toujours plus rapide

Pas facile cependant de cultiver notre patience dans cette société si pressée. Où l’on veut toujours tout, tout de suite.

Rajoutons à cela la surcharge de nos emplois du temps et la rapidité de notre monde high-tech. Et nous voilà propulsés dans un environnement où notre rapport au temps a totalement changé.

Notre impatience devient palpable si Internet fait des siennes, si l’autobus est en retard.  Ou encore si un texto ou un mail restent sans réponse…

Etude sur la patience

Une étude portant sur notre comportement face au téléchargement, montre ainsi que les utilisateurs d’une plate-forme en streaming sont disposés à attendre en moyenne 2 secondes le téléchargement de leur film.

Un quart renoncera au bout de 5 secondes et la moitié quittera carrément la plate-forme au bout de 10 secondes !

Tellement habitués à avoir des réponses instantanées, nous oublions que certaines choses prennent du temps. Certaines choses pourtant essentielles à notre vie comme les relations et les apprentissages.

Et si nous cultivions davantage la patience ?

La patience, contrairement à ce qu’on entend quelquefois, est bien différente de la passivité ou de l’inaction ! Elle est une aptitude, donc une capacité à faire, dont les bienfaits sont reconnus depuis longtemps par la philosophie et les religions. Mais aussi aujourd’hui par la science.

Il est intéressant d’ailleurs de voir comment la vision de la patience a évolué en fonction des contextes socio-historiques. D’abord vue comme une nécessité (le chasseur pré-historique), puis une vertu (force de l’âme), elle est aujourd’hui considérée comme une qualité qui s’apprend et se développe. (oubliez donc l’excuse “c’est mon caractère, je suis comme ça”). Et ça, c’est une bonne nouvelle, car cultiver la patience a de nombreux avantages.

Patience et bien-être

Selon Sarah A. Schnitker, il existe en effet un lien entre la patience et le bien-être. Les gens plus patients gèrent mieux leurs émotions face au stress. Ils vivent moins de frustrations, connaissent des interactions interpersonnelles plus positives et seraient moins touchés par la dépression.

D’autres études ont pu montrer aussi que les personnes patientes s’en sortent mieux dans la vie, et sont plus heureuses.

En pratique

 1. Respirer pour augmenter sa patience

Respirer peut vous sembler un conseil inutile car évident ! Vous seriez peut-être surpris cependant du nombre de personnes qui ne prennent pas le temps de respirer. Ou qui ne savent tout simplement pas respirer, alors même que respirer est à la base de la vie.

Elle fait aussi partie des petits trucs utiles pour apprendre à savourer l’instant présent (Bulle de Bonheur #25).

Prenons donc l’habitude de prendre soin de notre respiration, par de tous petits gestes quotidiens qui vont nous reconnecter à la vie. Mais également nous (re)mettre sur le chemin de la patience et du rythme naturel des choses.

  • Commencer sa journée par 3 grandes respirations.

  • Ralentir sa respiration dans n’importe quelle situation d’attente. En pratiquant notamment la cohérence cardiaque, reconnue comme méthode de gestion du stress et des émotions. L’exercice recommandé est de pratiquer 6 respirations par minute (soit, inspirer sur 5 secondes et expirer sur 5 secondes 6 fois), pendant 5 minutes, 3 fois par jour.

  • Se centrer sur sa respiration, pour s’accorder une pause mentale, pour favoriser la concentration. C’est à dire s’écouter respirer, tout simplement. Avez-vous déjà pris conscience de ce qui se passe dans votre corps quand vous vous nourrissez d’air ? Vos côtes qui s’ouvrent et se referment, votre ventre qui se gonfle et se dégonfle, votre diaphragme qui bouge ? Rien que cette observation va vous faire du bien !

 2. Méditer

Certains vont arguer qu’ils n’ont pas le temps, ou que c’est trop difficile. Mais, la méditation n’implique pas de se transformer en moine bouddhiste !

Non, la méditation peut déjà se pratiquer en pleine conscience. C’est à dire réaliser certaines de nos activités en étant pleinement connecté à tous nos sens.

Dans nos Bulles de Bonheur sur le temps et l’instant présent (Bulle de Bonheur #2 et #25), nous vous avions donné des exemple pour être dans la pleine conscience de ce que nous vivons.

C’est à dire concentrer toute notre attention sur que nous faisons, ouvrir notre champ perceptif à ce qui survient. Quand nous mangeons, quand nous prenons notre douche, dans des moments de qualité avec des proches… Bref, notre quotidien nous offre de multiples occasions de pratiquer. Et la science le prouve, méditer régulièrement rend plus patient.

 3. Pratiquer la gratitude

Et oui, voilà encore un autre bienfait de la gratitude (Bulle de Bonheur #20) !

Selon le psychologue David DeSteno, être simplement reconnaissant aide à être plus patient.

La gratitude nous amène en effet à être moins centré sur nous même et sur l’immédiateté. Donc à être moins avides de reconnaissance immédiate. Or ce besoin de reconnaissance immédiate serait une des principales sources de notre impatience.

Alors, si vous ne pratiquez pas encore la gratitude, pensez à écouter notre podcast pour découvrir tous les moyens que vous avez de développer cette attitude.

 4. Changer de perspective 

Il ne s’agit pas de refouler ses émotions négatives ou de nier les difficultés.

Au contraire, verbaliser ses émotions est un outil précieux pour gérer son impatience. Il s’agit de s’entraîner à voir sous un autre angle la personne ou la situation qui génèrent chez vous de l’impatience.

C’est une façon de prendre du recul par rapport à ce que vous vivez, en regardant par exemple la situation à travers les yeux de la personne qui vous agace. (qu’est ce qui l’amène à réagir comme ça ? Est-ce que je partage des traits de caractère avec elle ?)

Ou en regardant ce que la situation vous offre d’autre (le retard de mon ami me permet d’avancer mon livre, la file du bus me donne le temps de répondre à mes textos…).

Ce changement de regard a des effets puissants. Il permet d’économiser de l’énergie, évite des sentiments destructeurs (ruminations, reproches …). Bref, c’est une autre façon de pratiquer la pensée positive  (Bulle de Bonheur #35) et d’être plus heureux.

 5. Travailler sa maîtrise de soi 

C’est une façon un peu plus radicale d’entraîner sa patience, car il s’agit de corriger notre comportement. Donc de faire appel à notre volonté. Mais vous le savez sans doute, la volonté peut s’entraîner comme un muscle donc la mission est tout à fait réalisable !

L’idée ici est donc de vivre des expériences qui vont à l’encontre de nos habitudes, de façon à renforcer notre self-control.

Par exemple, si vous êtes droitier, faites vos gestes du quotidien avec la main gauche (ouvrir la porte, prendre quelque chose dans un placard, allumer la lumière…). Pratiquez pendant 2 semaines et vous aurez une bien meilleure maîtrise de vos impulsions.

Des défis quotidiens pour améliorer sa patience

Vous pouvez également vous lancer des petits défis en décidant d’affronter des situations où vous perdez habituellement rapidement patience.

Si vous marchez très vite et donc doublez systématiquement les personnes que vous trouvez lentes sur le trottoir, pourquoi ne pas tenter quelques minutes de caler votre pas sur le rythme de la personne devant vous ? Regarder si vous êtes capable de la faire sans râler et réaliser que finalement la suite de votre journée n’est pas compromise pour autant ?!!

En bref

  • Nous vivons dans un monde pressé, où la possibilité d’obtenir “tout, tout de suite” nous fait oublier la nécessité et les avantages de la patience.

  • La patience est en effet une qualité qui contribue à notre bonheur. Elle favorise notre bien-être, nos relations et nous permet de mieux réussir dans notre vie.

  • Nous avons de nombreux moyens pour la cultiver. Respirer, méditer, nommer ses émotions, pratiquer la gratitude, élargir ses angles de vue, développer la maîtrise de soi.

Allez hop, je me lance !

A vous de jouer chers auditeurs ! 2 mn pour identifier un domaine ou une personne qui vous rend particulièrement impatient, et choisir un ou plusieurs outils pour développer votre patience.

Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

Je prends le temps d’être heureux avec Clotilde Noël

Avec Clotilde Noël, une vie hors normes

Dans notre quête de recherche de bulles de bonheur, écouter les secrets des gens heureux est un super moyen, pour vous, de capter des bulles de bonheur ! 

Nous sommes convaincus aussi que les gens heureux ont des histoires à raconter et ça reste trop secret !

Une famille qui s’agrandit…

Clotilde et Nicolas Noël, déjà parents de 6 enfants décident, en accord avec leurs enfants, d’adopter une enfant porteuse d’une particularité. Marie intègre la famille accompagnée de son petit chromosome en plus.

Clotilde décide d’écrire leur histoire, leur parcours du combattant de parents adoptants. « Tombée du nid » sort en 2015. Le livre rencontre un immense succès et se crée sur les réseaux sociaux une grande chaîne de familles interpellées et admiratives par ce choix particulier. Que de bulles de bonheur dans cette famille ! 

Clotilde ne s’arrête pas, elle reprend sa plume et écrit « Petit à petit » en 2016 qui raconte les réactions de ses autres enfants face à l’arrivée de Marie puis « Risquer l’infini » en 2019.

Et comme le bonheur s’accroît en donnant, la famille décide de s’agrandir encore avec l’arrivée de Marie-Garance, porteuse elle aussi d’un handicap, puis de Fredo, encore une fois enrichi d’un je ne sais quoi qui donne la pêche ! 

Une nouvelle communauté naît

La communauté « Tombée du nid » se crée spontanément, les témoignages affluent comme un grand raz de marée. Chacun de ces témoignages montre d’immenses bonheurs. Toutes ces briques se soutiennent et forment une immense tour du haut de laquelle le paysage est magnifique !

Le mot d’ordre ? Clotilde n’angoisse pas sur ce que pourrait être sa vie, elle la vit au jour le jour. Et elle avance en prenant chaque chose avec tout le bonheur que la vie peut lui apporter ! 

A Bulle de Bonheur, Clotilde nous inspire, elle est la porte parole de l’intégration sociale des personnes handicapées. Nous partageons cette valeur, à notre mesure. Nous  multiplions les actions avec notre jeu 2 minutes ensemble ! Afin de lutter contre l’isolement et permettre à tous de créer des liens de qualité pour vivre des bulles de bonheur ! 

Merci Clotilde de dilater nos cœurs !

Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

Je laisse parler mes sens

Nous percevons le monde qui nous entoure à travers nos organes sensoriels : les yeux, les oreilles, la langue, le nez, la peau. Ces organes sont sensibles aux stimulations de l’environnement. Ils jouent chacun un rôle fondamental dans notre corps en transmettant à notre cerveau des informations précises.

A chaque organe sensoriel correspond un sens : la vue, l’ouïe, le goût, l’odorat et le toucher. Nous utilisons chaque jour la totalité de nos sens pour interagir avec notre environnement. Nos sens sont ainsi nos principaux outils de communication verbale et non verbale. Et ils nous donnent la vision de notre entourage.

Des organes très élaborés

Le goût, un sens que l’on n’a pas fini de découvrir

Nos organes sensoriels sont très élaborés et nous les exploitons souvent bien en deçà de leur potentiel.

Prenons l’exemple de la langue. Considérée comme le muscle le plus sophistiqué de notre corps, elle est couverte d’environ 8000 papilles gustatives (le nombre varie avec l’âge). Qui se régénèrent tous les 8 à 10 jours ! Ces papilles nous permettent d’identifier les 4 grandes saveurs primaires (sucré, salé, amer et acide).

L’amer est celle que la langue reconnaît le plus facilement. Elle est associée généralement à un sensation de dégoût, de rejet. Pas étonnant quand on sait que la plupart des poisons sont amers !

Les scientifiques s’accordent à dire que la langue peut identifier de nombreuses autres saveurs, mais n’ayant pas de mots pour les nommer, nous avons des difficultés à les répertorier.

Une saveur nouvelle, l’umani

C’est ainsi par exemple qu’une 5e saveur, l’umani, est aujourd’hui recensée. Venue tout droit du japon, elle se traduit littéralement par “goût délicieux”. Mais un goût difficilement descriptible !

On le trouve par exemple dans les tomates mûres, fromages affinés (parmesan, stilton, roquefort, cheddar…), champignons séchés (shiitake, morilles…). Ou encore sauce soja, anchois, asperges, bonite séchée, charcuterie, oignon, truffe, algues wakamé, nuoc-mâm…

Bref, si vous vous êtes toujours demandé pourquoi vous n’arriviez pas à vous retenir de finir la coupelle de saucisson à l’apéro, ne cherchez plus, c’est à cause de l’umami !

Utilisation de nos sens

Nos sens, nous les utilisons souvent sans en avoir conscience. C’est d’ailleurs quand nous en sommes privés que nous comprenons mieux leur utilité !

Vous avez ainsi sans doute remarqué qu’en cas de rhume ou de nez bouché, votre nourriture perd de sa saveur. De même, il y a de grandes chances que vous ayez du mal à vouloir boire ou à reconnaître du lait auquel a été rajouté un colorant jaune. Votre vue suggère en effet fortement le goût de l’aliment que vous mangez. Et le fait de ne pouvoir associer la couleur au goût que vous connaissez peut vous rendre méfiant ou vous induire en erreur (être certain que le lait a un goût citronné par exemple).

A l’inverse, manger les yeux fermés ou dans le noir comme le proposent certains restaurants, décuple le sens du goût.

Des organes reliés

Se connecter à nos sens

Si nos 5 sens sont intimement liés les uns aux autres, ils sont également reliés à d’autres parties de notre corps.

Ainsi quand le cerveau interprète une odeur, il va aussi faire intervenir les zones affectées aux émotions et à la mémoire. C’est ce qui explique qu’une simple odeur peut déclencher des réactions affectives très fortes. Ou provoquer l’apparition d’un souvenir (l’odeur de la tarte aux pommes qui nous rappelle notre grand mère, l’herbe coupée qui évoque un souvenir d’enfance ou encore la vue d’un chien qui déclenche une émotion désagréable liée à une ancienne morsure).

C’est également ce qui explique l’importance de nous connecter plus souvent à nos sens et de savoir les développer.

Et si j’utilisais mes sens pour mieux me connecter, à moi même, aux autres et à mon environnement ?

Développer ses sens

Développer ses sens permet de profiter plus intensément du quotidien et de nos expériences de vie.

Nous avons quelquefois la sensation que nous avons un sens défaillant (l’odorat, le goût…). En réalité, sauf pathologie, cette défaillance provient du fait que nous exerçons peu ce sens et que notre acuité sensorielle diminue.

Mais comme un muscle qui a besoin d’entraînement pour rester actif, nous pouvons faire des exercices pour affiner nos sens et mieux profiter de leur potentiel. Pratiquer l’aromathérapie (respirer rapidement et quotidiennement quelques odeurs appréciées), manger moins sucré et moins salé. Sentir avant de déguster, écouter de la musique avec un volume plus faible, s’éloigner des bruits forts… Vous trouverez quantité de propositions dans les ouvrages spécialisés ou sur les sites internet appropriés.

Pratiquer des exercices de la méthode Vittoz

Les sens étudiés pour être au service du bien-être

La méthode Vittoz est une thérapie psychosensorielle, qui propose un grand nombre d’exercices simples. Ils visent à réapprendre à s’écouter, à ressentir, à penser, afin de se libérer de conditionnements néfastes.

Cette méthode met donc les sens à l’honneur et apprend à mieux les exploiter.

Elle invite notamment à se reconnecter à nos sensations en (ré)apprenant à faire plus attention à ce que ressent notre corps, sans poser de jugement ni raisonner.

Etre connecté à l’instant présent, uniquement en accueillant nos ressentis. Regarder les couleurs, les formes qui nous entourent. Ecouter un son, l’écho en nous (sans chercher à savoir ce que c’est). Palper, toucher des objets les yeux fermés (sans chercher à les identifier). Poser et sentir ses deux pieds bien à plat dans le sol et ses mains en contact avec notre bureau avant de commencer à travailler.

Boire un verre d’eau en sentant le verre sur notre bouche, puis l’eau passer sur nos lèvres, notre langue, dans notre gorge…

Se laisser juste imprégner par les sensations perçues est un exercice puissant notamment pour mettre au repos notre mental, ressentir une réelle détente, se sentir ancré dans le présent et dans le vivant.

Communiquer avec tous ses sens

Les messages que l’on donne ou que l’on reçoit et qui passent par nos sens vont avoir une incidence dans nos relations :

  • l’ouïe capte les mots prononcés, le ton de la voix, la mélodie…
  • la vue enregistre les ex