Archives des optimalisme - 2 minutes de bonheur

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Je suis imparfait

Je me sens si imparfait et pourtant, et pourtant j’essaye de bien faire. Accepter d’être imparfait serait d’arrêter d’avoir envie de plus, de mieux ? La perfection s’oppose-t-elle forcément au bonheur ?  Ça me chicotte ! Pourquoi cette envie de mieux faire qui devrait me donner des ailes, m’empoisonne parfois la vie et celle de ceux qui m’entourent ? Pourquoi les échecs me coupent-ils l’envie de prendre des risques ? Faire des efforts et se dépasser, c’est une qualité, et pourtant je suis facilement découragée.  Comment transformer toute cette énergie en carburant po-si-tif ?

Le sentiment d’être imparfait me suit partout

La peur d’être imparfait est-elle liée à la peur de l’échec ?

Faire bien ne me suffit pas. Je suis toujours attirée par plus, et mieux. C’est un peu le complexe de la bonne élève. A force d’avoir été toujours entraînée à réussir mieux, je n’arrive plus à me satisfaire d’une super note qui ferait rêver mes copains de classe.  Je me focalise sur les petites erreurs que j’ai faites au lieu de savourer les 80% de ma copie appréciée par le professeur.  Par exemple, j’ai perdu beaucoup de poids, et au lieu de me féliciter de tous ces efforts, je coince sur les 3 kilos dont il me reste a me débarrasser dans mon monde idéal.

La peur d’échouer

Il y a la performance que je vise, la peur d’échouer même quand je réussis. Et puis, encore la multitudes de petits échecs bien réels qui nous façonnent jour après jour. Et justement, face à un échec, le mien, celui de mes enfants ou de quelqu’un à qui je tiens, j’ai du mal à rebondir. Je me demande ce que j’ai raté, pourquoi je suis si imparfait.e, à quel moment j’aurais pu prononcer une phrase différente et pire je me culpabilise. cf podcast 50. 

En exemple

Pourtant, certaines personnes se laissent moins atteindre : ma voisine s’est fait virer de son boulot il y a 3 semaines et elle rebondit très vite. Passée la surprise, la voilà déjà en train d’organiser des rendez-vous réseau pour son prochain poste.  A l’inverse, un de mes amis a raté son CAPES et ne réussit pas à remonter la pente. Les épreuves et les petits échecs du quotidien jalonnent le quotidien. On observe cependant une variété de réactions face à ces échecs. C’est toute notre posture et notre élan de vie qui entrent en jeu face aux échecs qui peuvent m’aider à discerner si je suis dans la recherche excessive de la perfection.

Le perfectionniste aimerait tout réussir, est ce possible ?

Selon le schéma de réussite que chacun s’est lui-même fixé (ou bien qu’on a reçu depuis tout petit), être imparfait semble impossible. Or, la réalité prouve bien que l’on ne réussit jamais tout parfaitement. Être perfectionniste, c’est parfois vouloir que le chemin menant à nos objectifs soit direct et dépourvu d’obstacles. Pourtant, nous ne pouvons accomplir un sans-faute dans notre vie. Si j’ai l’impression de parcourir un sans-faute, alors il est urgent de m’arrêter pour réfléchir un peu. Car ce refus de l’échec a des conséquences pesant sur notre bien-être et celui de notre entourage :

Etre perfectionniste génère une grande angoisse.

La possibilité d’un échec n’est jamais loin peut-on penser. Vous savez, ces petits “Et si…?” qui nous envahissent. A long terme cela inhibe notre motivation à essayer de nouvelles choses. Je surmonte mes échecs #34

Nier le réel

Je peux nier le réel et peut-être même que je vis sur une sorte de planète idéale. C’est un peu comme si je vivais dans la jungle et que je niais l’existence des lianes, bestioles et autres charmes exotiques qui me forcent parfois à tracer un autre chemin.

Supporter les émotions désagréables

Les émotions qui me traversent lorsque je n’ai pas accompli ce que je désirais sont désagréables. Parfois, je peux ressentir de la déception, de la colère, de la frustration.  Et si j’ai appris à ne pas aimer ces émotions, et bien je fais tout pour ne pas les ressentir à nouveau. En d’autres mots, je fais tout pour ne plus me retrouver en situation d’échec. Pourtant, accueillir les émotions quelle que soit leur couleur me permet de traverser une épreuve beaucoup plus sereinement ! Je nomme mes émotions podcast #5

Ecraser les autres.

Quand j’ai l’impression ou le désir de ne jamais me tromper, peut être qu’inconsciemment j’ai les yeux rivés sur mes propres objectifs et les moyens d’y parvenir.  Ou bien lorsque j’établis les règles qui me conviennent et les critères qui m’arrangent moi et ma personne. Je sors des rapports de force #33

Profiter du présent

J’oublie de profiter de l’instant présent car je reste focalisé sur les résultats. J’y pense même parfois avant de commencer. Et parfois la peur de l’échec me bloque ou me rend agressif. Je savoure l’instant présent #25

Comment accepter d’être imparfait ?

Faire preuve d’humilité avec le Wabi Sabi

Dans l’acceptation d’être imparfait, l’humilité est bien différente de la résignation. Je suis tel que je suis, avec mes forces et mes faiblesses et je suis façonnée par mes réussites comme par mes échecs. Et si je choisissais aussi la simplicité ? Par exemple en adoptant la pensée du Wabi-Sabi, cet art de vivre à la japonaise. Au lieu de chercher à être le meilleur et le plus parfait, je peux au contraire m’attacher à être la version la plus fidèle à moi-même.  On pourrait traduire le courant du wabi-sabi par “l’art de la perfection imparfaite”.  Mais concrètement, que se cache-t-il derrière ce concept branché ?

Etre imparfait, c’est tester le Wabi Sabi

D’abord, les termes utilisés. Le Wabi évoque la solitude, la simplicité, la mélancolie et une pointe de tristesse. Le Sabi représente plutôt la patine des objets, l’altération par le temps de ce qui nous entoure. L’un dans l’autre, se dessinent  la joie des choses simples, la recherche du bonheur dans ce qui est à un instant T. La notion de temps peut évoquer aussi l’amour du temps qui passe et sa beauté. C’est l’acceptation de la marque du temps (mes rides par exemple, la transformation naturelle de ma relation avec mon mari, avec mes amis). Par rapport au temps c’est aussi l’acceptation de l’imprévu et de l’inhabituel avec tout ce qu’ils apportent de déception ou d’écart avec ce que j’avais prévu. On pourrait dire que le Wabi-sabi, c’est la recherche de l’authentique opposée à la course au superficiel et au superflu. C’est ralentir, profiter, aimer. Ensuite, c’est savoir se dégager de relations amicales toxiques, réunir les gens que l’on aime. Enfin, c’est rester sobre et accepter le réel. (Attention, l’acceptation est bien différente de la résignation).

La citation de Marie Donzel

Et pour conclure en citant Marie Donzel, consultante en innovation sociale : “Le wabi-sabi, c’est en quelque sorte un regard simple sur le réel, qui passe par l’acceptation que rien n’est immuable et que les transformations font partie de l’essence des choses.”

Essayer l’optimalisme

L’Optimalisme est un courant  introduit par Tal Ben-Shahar, professeur en psychologie positive à Harvard. Dans son livre L’apprentissage de l’imperfection, le professeur met à jour une version positive et bien plus joyeuse du perfectionnisme. Nous pourrions dire que le perfectionniste est à la recherche de la réussite, en lui sacrifiant notre rapport au réel, et notre équilibre émotionnel.

L’exemple de Tal Ben-Sahar

Il raconte comment, alors étudiant en Israël, il imaginait le bonheur intense qu’il vivrait le jour où il serait champion de squash. Une fois le titre de champion enfin en poche, il vécut une joie immense qui ne dura pas… Tous les effets du bonheur tant espéré s’étaient envolés. Il se sentit totalement abattu, perdu, ne sachant désormais quel sens donner à sa vie. C’est alors qu’il réalisa alors que ce n’était pas l’intensité de nos objectifs qui nous rendait durablement heureux mais la quête d’un équilibre réaliste qui vient de nous-même. Il établit une différence entre être parfait et être heureux. 

L’optimaliste, vient du mot optimal. Il est entièrement dans le réel. Et, dans la vraie vie, nous ne réussissons pas tout, tout le temps. On dirait bien que l’optimaliste intègre totalement les échecs à son schéma de pensée. Il accepte d’être imparfait comme partie prenante de son chemin de réussite. Les échecs sont même inextricablement liés à sa réussite. Pour l’optimaliste, l’échec est un synonyme d’expérience.

Etre imparfait, c’est accueillir le réel

Oser, c’est expérimenter

Les américains ont largement intégré cela dans l’éducation de leurs enfants, à l’école, et dans la vie professionnelle. Rater, c’est surtout une occasion de recommencer quelque chose de nouveau, de différent. D’ailleurs il n’est pas américain, mais vous vous souvenez de ce que dit Churchill à propos de l’échec, dans le podcast J’Ose oser #87.(petit rappel : le succès c’est d’aller d’échecs en échecs sans jamais perdre son enthousiasme). Et enfin, l’échec est souvent bien connu des entrepreneurs aujourd’hui les plus performants. A un moment ou un autre de leur itinéraire, ils ont tous rencontré un ou plusieurs échecs. On raconte même que se frotter au nouveau et a ses contraintes est une de leurs passions. On pourrait citer Steve Job qui a commencé en bidouillant dans son garage. Pour fonder sa société Apple il a même vendu sa voiture !

Savoir se faire confiance

Dans leurs travaux sur l’estime de soi, les chercheurs en psychologie Richard Bednar et Scott Peterson ont établi qu’accueillir le réel avec les risques qu’il représente + la possibilité d’un échec + les conditions qui me sont données = tout cela favorise la confiance en soi. je me fais confiance #6

En effet, être dans un mode de crainte du résultat ou de nécessité de réussite froide me renvoie un message acide. “ tu ne pourras pas encaisser un échec” ou bien “les autres ne te le pardonneront pas’. En d’autres mots, cela me renvoie le message que je ne suis pas capable d’affronter un échec.  A l’inverse, quand je me lance un défi en acceptant le risque que cela implique, je me dis à moi-même “tu es suffisamment résistant pour encaisser un éventuel échec”.

L’exemple de K. Rowling

L’auteure de la série Harry Potter, dans un discours prononcé à Harvard en 2008, lors de la remise des diplômes, évoque les vertus de l’échec. « L’échec a été pour moi une façon d’éliminer le superflu. Cela m’a libérée parce que ma crainte majeure s’en trouvait réalisée et que j’étais toujours vivante, j’étais toujours une petite fille que j’adorais, plus une vieille machine à écrire et de grandes aspirations. J’avais touché le fond, et ce fond, ce seraient les fondations sur lesquelles j’allais reconstruire ma vie. L’échec m’a donné un sentiment de sécurité que je n’avais jamais ressenti en réussissant mes examens, et m’a appris sur moi-même des choses que je n’aurais pas pu apprendre autrement. J’ai découvert, par exemple, que j’étais doté d’une volonté de fer et beaucoup plus disciplinée que je ne le pensais ; je me suis aussi aperçue que j’avais des amis précieux comme des diamants. Prendre conscience que l’échec vous a rendu plus fort et plus lucide, c’est savoir que, désormais, vous serez sûr de vous en sortir. On ne peut pas véritablement se connaître soi-même, ni éprouver la solidité de nos attaches, si l’on n’a jamais franchi l’épreuve de l’adversité. »

Etre imparfait, c’est affronter l’échec

Donc la seule manière d’affronter l’échec est de le reconnaître ! Et plus on apprend tôt à négocier ces virages et mieux on est préparé à aborder les obstacles qui jalonnent notre chemin.

Prenons l’exemple de mon enfant qui a raté une compétition. Au lieu de dire que c’est la faute de l’arbitre, je peux réfléchir avec lui sur les réussites du match et les points à ne pas recommencer. Autre exemple : quand j’ai manqué un contrat. Au lieu que ce soit la faute de mon interlocuteur ou de la conjoncture, je peux analyser les arguments que j’aurais pu amener autrement. De tous nos échecs nous pouvons grandir

La bienveillance est la clef de voûte de l’imperfection.

Bienveillance face à moi-même, bienveillance face aux autres, face à mes collègues, face à mes enfants. Si je pense Wabi-sabi, je me dis que savourer ce que j’ai déjà est primordial.  Préserver un climat de travail, familial ou amical agréable est la première manière de faire du bon travail, de transmettre nos valeurs, d’éduquer et de s’accepter imparfait

Une action pour accepter son imperfection : Piochez une carte 2 minutes ensemble ! et repenser à un défi que vous avez relevé, Réfléchissez à ce que vous en avez appris, et à comment ça a contribué à votre évolution personnelle !

Je plonge dans le flux

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Vivre un moment de flux, c’est vous lancer dans une activité et de perdre totalement le sens du réel. Sortir d’un état extatique dans lequel vous avez même perdu la conscience du temps. En plus,  vous ré-ouvrez les yeux sur le réel à la nuit tombée en vous demandant ce qui vous est arrivé et généralement, loin d’être paniqués, vous vous sentez remarquablement en paix. Ce concept a été élaboré par un psychologue hongrois au nom imprononçable : Mihaly Csikszentmihalyi au début des années 90. 

Le flux, c’est quoi en détail ?

D’où vient le concept de flux ?

Alors que Mihaly Csikszentmihalyi menait des observations dans les années 1990 dans le domaine de la création artistique. Il s’est, alors,  rendu compte que ses sujets vivaient une expérience unique. Ils semblaient totalement plongés dans leur œuvre et déconnectés de la vie autour. Ces sujets faisaient preuve d’un grand calme et en ressortaient bienheureux. C’est ce que le psychologue a défini comme une expérience optimale.

Pendant plus de 12 ans, il a poursuivi ses recherches sur des populations de tous âges, tous genres, toutes nationalités et tous milieux sociaux. En effet, il a découvert qu’indépendamment du contexte de chaque sujet, les conditions d’une expérience optimale sont similaires. Ainsi est né le flux.

La définition du flux

En effet, Mihaly Csikszentmihalyi définit comme un état mental dans lequel se trouve un individu pleinement engagé dans une activité pour l’intérêt qu’elle représente de façon intrinsèque. Dit autrement c’est l’activité qui compte et non son résultat. L’activité nous intéresse en tant que telle et non pour atteindre un objectif. Elle est une fin en soi. J’aimerais citer les jolis mots du psychologue : « Voilà ce que nous entendons par expérience optimale : c’est ce que ressent le navigateur quand le vent fouette son visage et que le bateau fend la mer – les voiles, la coque, le vent et la mer créent une harmonie qui vibre dans ses veines, c’est ce qu’éprouve l’artiste peintre quand les couleurs s’organisent dans le canevas et qu’une nouvelle œuvre prend forme sous la main de son créateur ébahi ».

Les moments de flux sont par essence positifs.

Nous en ressortons apaisés, confiants et souvent remotivés. Quand je me penche sur le flux, je repense souvent aux problèmes de mathématiques de mon ainé en étude supérieure. Moi qui n’ai jamais pu poser une division, je l’observais noircir des pages et des pages de calculs, de signes totalement nouveaux pour moi, parfois pendant des heures. Il finissait par aboutir quelque part, avait-il trouvé un résultat correct ou non, je ne le savais pas trop. En revanche, j’étais sûre qu’il était heureux de son effort. 

Mais alors si l’état de flux nous fait ressentir un tel bien-être, pourquoi ne le reproduisons pas dans toutes nos activités quelles qu’elles soient ? Dans cette lessive que j’étends, dans ce tableau Excel, dans la réparation de ma voiture ou les devoirs d’école de mon dernier.

Les caractéristiques pour capter vos expériences optimales :

En plus d’une représentation claire de l’objectif que l’on souhaite atteindre et la capacité de nous concentrer longtemps sur un même objet, sans tentation de se déconnecter de ce que nous faisons. Capter le flux, c’est aussi 

Une distorsion de la perception du temps

En flow, nous ne voyons pas le temps passer. Tout d’abord, nous ne ressentons plus les minutes qui s’égrènent. Ensuite, le temps passe soit très lentement soit très vite. En fait, vous avez déjà du ressentir cet état en plusieurs occasions. Par exemple, c’est ce que vivent les lecteurs compulsifs, ceux qui ne peuvent pas s’arrêter avant d’avoir découvert qui est le meurtrier. Ils referment souvent leur livre et découvrent que la nuit est déjà là. Si ce sujet vous intéresse particulièrement, vous pouvez réécouter notre Bulle de bonheur #2 J’étire le temps

Une perte de conscience

C’est vivre une perte de conscience de nous-mêmes et de nos besoins. Lorsque nous sommes en état de flow, nous sommes complètement pris dans notre activité, comme absorbés par ce que nous faisons. De plus, nous sommes déconnectés de la réalité. Notre esprit ne capte plus les informations qui nous entourent tant il est occupé par l’activité. Et cela peut m’arriver au cours de certains accompagnements, par exemple. Etant donné que la discussion est tellement prenante et les progrès fait ensemble sont tellement intenses que je mets du temps à en sortir pour me reconnecter au monde.

Un feedback immédiat

Notamment, c’est un retour immédiat sur la portée et l’effet de ce que nous faisons.

Une sorte de feedback en temps réel, une mesure de notre progrès. Par exemple, vous l’avez peut-être déjà ressenti en montant un meuble ou en faisant une construction particulièrement complexe. A chaque fois que deux éléments tiennent ensemble, vous obtenez un feedback immédiat, vous constatez que vous progressez. 

La sensation de contrôle de la situation

Nous nous sentons happés mais en contrôle. Nous sentons que nos actions ont une influence directe sur la réalité, nous gardons les manettes. 

Une expérience dite autotélique

c’est-à-dire une expérience intrinsèquement gratifiante. L’activité est le but en elle-même. Par exemple, les amoureux de l’alpinisme sont sujets aux expériences de flow. Ils reconnaissent souvent que le sommet, le point de vue à l’arrivée compte peu. Certes, ils sont heureux d’y arriver mais ce qui compte vraiment c’est la montée. C’est l’escalade vers le sommet, le chemin vers le résultat qui nous donne plus de satisfaction que le résultat en lui-même.

Le flux : un juste équilibre

Finalement c’est un équilibre entre notre niveau de compétence devant l’activité et le défi posé.

L’expérience de flux

End réalité, l’expérience de flux se produit dans certaines conditions très précises. Je cite encore Csikszentmihalyi « la tâche entreprise est réalisable, mais constitue un défi et exige une aptitude particulière ». En somme, le flow ou le flux se produit lorsque l’activité permet de libérer les compétences d’un individu à pleine capacité tout en générant un peu de défi. D’ailleurs, ce sont des conditions très particulières où il existe une correspondance quasi exacte entre les exigences de la tâche et les capacités de la personne qui les accomplit.
Si l’activité est trop facile, nous tombons dans l’écueil de l’ennui. Si elle est trop dure, nous sommes envahis par l’angoisse. Pour vivre un flow ou plus communément dit « pour être dans la zone », nous devons garder un sentiment de maîtrise. 

Des exemples de moment de flux

Les domaines artistiques et sportifs sont particulièrement sujets à ces expériences. Par exemple, dans un effort sportif, nous nous reposons sur nos compétences mais nous nous dépassons. En fait, nous ressentons la plénitude de l’intensité de l’effort accompli.

J’aimerais citer l’exemple des pilotes de formule 1. Ils sont nombreux à avoir rapporté se sentir « dans la zone » lors des courses automobiles. En ce qui concerne, Ayrton Senna le brillant pilote brésilien décrit son expérience « J’étais dans une autre dimension […] Je continuais et continuais, encore et encore et encore et encore. J’avais largement dépassé la limite mais j’étais toujours capable de trouver plus ». Ensuite, le bien connu Alain Prost reconnut avoir vécu une expérience hors norme ; il se sentait concentré sur ce qu’il faisait et pourtant ne ressentait pas l’effort. Il n’a ressenti que du bonheur. 

Où vit-on le plus des moments de flux ?

Effectivement, Csikszentmihalyi s’est intéressé aux conditions les plus propices à des moments de flux. L’une de ses découvertes les plus étonnantes est que les individus ont trois fois plus de chance d’expérimenter le flux au travail que dans leurs loisirs. En effet, le travail présente de nombreuses caractéristiques propices aux flux : un objectif défini avec un niveau de contrôle clair établi par des règles précises, un retour immédiat sur ses performances, le plaisir du devoir accompli, un niveau de concentration élevé et un certain niveau de défi. Et pourtant, et c’est là un paradoxe intéressant : nous avons tendance à préférer nos loisirs à notre travail. 

Quelle est la chimie du flux ?

Que se passe-t-il concrètement dans notre cerveau ?

Il existe dans notre cerveau une zone appelée le cortex préfrontal. C’est la partie de notre cerveau qui est la plus sophistiquée. Elle est le siège de nos comportements cognitivement complexes et de notre personnalité. Dans cette zone du cerveau, il y a un secteur en charge de nos processus affectifs et motivationnels. Il contrôle notre inhibition, notre motivation, notre prise de décisions et nos humeurs, c’est le cortex préfrontal médian. Non loin, l’amygdale se charge du rôle de signal d’alerte et nous permet de percevoir le danger. Lorsque nous entrons dans une expérience de flux, ces deux capteurs se mettent en silence, nous prenons confiance et notre peur se réduit. Notre cerveau tait la petite voix des jugements négatifs sur nous-mêmes, nous perdons la conscience de nous-mêmes et du temps qui passe.

A l’inverse, le Noyau Acumbens qui joue un rôle central dans notre système de récompense et de motivation s’active. Ajoutez à ça un joyeux cocktail d’hormones du positif comme la dopamine, la sérotonine et l’endorphine. Vous obtenez un surplus de capacité de rétention d’information, de vitesse de traitement, de motivation et de créativité. Enfin, au cours d’un flux, nous observons une augmentation des niveaux de GABA, un neurotransmetteur qui bloque les stimulis extérieurs et permet au cerveau de se concentrer. 

Les bienfaits du flux.

Le flux est-il une source de bonheur durable ou juste une expérience grisante ? 

Le flux est en soi un paradoxe. Lorsque nous sommes « dans la zone », nous ne sommes pas forcément bien. Nous sommes en effort, tendus par l’épreuve et la concentration que nous demande l’activité. .Nous sommes absorbés par ce que nous faisons. De plus, nous n’avons pas conscience de notre état. En d’autres mots, nous n’avons pas d’espace disponible pour nous pencher sur notre bonheur ou notre niveau de bien-être. C’est le propre de la concentration intense. Imaginez un musicien qui se demanderait au cours d’un solo particulièrement difficile « est-ce que je me sens heureux » !

Et même après être sorti de la zone, nous ne ressentons pas forcément un bien-être physique immédiat. Quand un marathonien finit son parcours, il a aussi et surtout mal aux jambes et aux pieds ; il ne sent pas immédiatement les effets du flux. 

Le bonheur apporté par le flux est plus indirect.

La satisfaction procurée par le flux vient de notre sentiment de maîtrise pleine de l’activité, de notre accomplissement. Comme le dit si bien le psychologue « les meilleurs moments de notre vie ne sont pas les moments de détente, passifs et réceptifs. Les meilleurs moments se produisent la plupart du temps lorsque le corps ou l’esprit d’un individu est tendu jusqu’à sa limite dans un effort volontaire d’accomplir quelque chose de difficile et qui en vaut la peine ».

Sur cette base, un autre des pères de la psychologie positive, Martin Seligman, va encore plus loin. Nous avons parlé de lui dans notre bulle de bonheur #70 Je suis la priorité N°1. Selon lui, le flux est un élément qui contribue à la partie « Meaning » ou Sens de son modèle PERMA. Avoir un but, pouvoir donner du sens à sa vie est indispensable à la quête du bonheur. Le sens de la vie apporte un bien-être durable qui va au-delà du plaisir temporaire. Et les expériences de flux contribuent à donner du sens à nos vies

Le flux apporte son lot de gratification.

Par ailleurs, avoir réussi à accomplir une activité dans un tel état de concentration est gratifiant. Nous nous sentons capables, nous entretenons notre confiance en nos propres compétences et nous renforçons notre estime de nous-mêmes. Comme nous gardons le contrôle de l’activité, nous sortons de la zone avec une impression de maîtrise de la situation tout en nous étant dépassés. En nous sortant de notre zone de confort, le flux libère des émotions positives et de la joie.  

Vivre ces expériences nous pousse à toujours nous dépasser.

De plus, nous entrons et restons dans la zone lorsque nous accomplissons quelque chose qui est à peine au-dessus de nos capacités. En réalité, le seul fait de l’accomplir nous permet de nous développer. Et comme nous nous sommes améliorés, nous allons encore aller un petit cran plus loin, et encore un autre. De flux en flux, nous développons nos compétences, nous restons tendus dans un effort vers le progrès. En résumé, c’est donc un cercle vertueux. J’acquiers de nouvelles compétences qui me donnent envie d’en acquérir encore d’autres et ainsi de suite. 

Le flux s’appuie sur nos forces et nos talents

Il nous permet de les cultiver et de renforcer notre impression de sens, notre sentiment de compétence, notre estime de nous-mêmes. Vous pouvez retourner du côté de notre Bulle de Bonheur #24 Je reconnais mes talents pour vous pencher sur ce point en particulier. 

Le flux est un moteur incroyable de créativité.

Plongé dans l’activité, notre esprit est capable d’étendre son champ des possibles et d’explorer davantage que lorsque qu’il est sollicité par de multiples distractions. 

Le flux est pleinement ancré dans l’instant présent

Pour finir, c’est une expérience qui se vit à fond dans le moment où nous sommes et non tournés vers le passé, l’avenir ou vers un manque. Nous profitons à 100% de ce que nous vivons et de ce que nous avons à l’instant T. C’est un remède miracle contre l’adaptation hédonique. Nous vous en avions parlé dans notre Bulle de Bonheur #84 Je désire. L’adaptation hédonique est notre capacité à nous réadapter à un changement de nos conditions de vie qu’il soit négatif ou positif. C’est le carburant de notre insatisfaction chronique. Le flux fait barrière à cette spirale, il nous invite à profiter du moment présent et à pratiquer la gratitude. 

Comment créer les conditions propices à une expérience de flux ? 

Sonja Lyubomirsky, dont nous vous avons parlé dans notre Bulle de Bonheur #79 Je créé du lien social, est professeur de psychologie en Californie. Elle a écrit Comment être heureux et le rester” dans lequel elle identifie de multiples pistes de bonheur à portée de nos actions, parmi lesquelles le flux. Voici quelques idées pour entrer « dans la zone ». 

Se concentrer 

Faites taire les distractions et sollicitations extérieures à ce que vous êtes en train de faire. En premier, commencez par éloigner votre téléphone et pourquoi pas coupez internet. Ensuite, faites le choix et l’effort de canaliser votre attention sur le moment présent et plus particulièrement sur ce que vous voulez en faire. Ce qui suppose aussi de faire taire les petites voix de la logistique « Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? » ou « Est-ce que j’ai répondu au message de bidule ? ». 

Essayez de nouvelles expériences

Se lancer dans quelque chose de totalement nouveau nous met souvent dans un état d’excitation positive propice à la concentration. Alors, nous profitons d’autant plus de l’expérience que tout ce que nous vivons est nouveauté et que nous sommes à l’affut de ce qui se présente. 

Etirer sa zone de confort

Faites un petit détour par notre Bulle de bonheur #57 Je sors de ma zone de confort. Continuez à vous perfectionner, à apprendre, à progresser toute votre vie. Pensez aux enfants et à leur concentration sur des apprentissages basiques. Leur attention est 100% focalisée sur ce qu’ils essaient de développer. Un enfant qui fait un puzzle, qui cherche à remonter la fermeture éclair de son manteau, à faire ses lacets ou à comprendre comment une voiture se déplace. Si son effort n’est pas interrompu par l’adulte, s’il se sent progresser et si nous ne brisons pas sa concentration en lui parlant, il ressort de cette expérience calme et galvanisé. D’ailleurs, les enfants sont une population particulièrement exposée aux épisodes de flux. 

Faire du sport

 Au-delà de tous les bienfaits identifiés dans notre Bulle de bonheur #59 Je bouge, l’activité physique est une grande source de flux. Le sport nous mobilise totalement et offre de multiples opportunités de progrès. C’est typiquement un domaine dans lequel il est facile d’identifier nos capacités de base et l’extra que nous allons chercher lorsque nous sommes « dans la zone ». Les résultats sont mesurables, la rétroaction est facile et immédiate. Qui plus est, le sport demande de la concentration et fait barrière aux ruminations qui nous décentrent du moment présent.  

Se lancer dans des défis

Utilisez vos loisirs et votre travail pour vous lancer des défis. Même si votre travail n’est pas votre dream job, il existe des façons de l’enchanter et d’y donner du sens. Sonja Lyubomirsky cite l’exemple d’une étude menée auprès des membres d’une entreprise de nettoyage hospitalier. Certains détestaient leur condition, se sentant relégués au second rang alors que d’autres s’y accomplissaient. Ce deuxième groupe se concentrait sur la mission indirecte derrière leur travail: améliorer la vie quotidienne des médecins, des patients et des visiteurs. Ils se mettaient au défi de nettoyer le plus efficacement possible ou encore d’égayer les chambres des patients pour qu’ils se rétablissent plus vite. En réalité, vous ne serez pas surpris d’apprendre qu’ils vivaient d’intenses moments de flux. En dernier lieu, identifiez dans votre activité professionnelle ou vos loisirs de nouveaux champs d’exploration ou de progrès. 

En résumé ! 

  • Le flux est une expérience de plongée intense dans une activité. Il nous laisse dans un état de bien-être qui se prolonge durablement. 
  • Le flux est un effort gratifiant, une saine tension qui nous pousse hors de notre zone de confort sans nous mettre en échec
  • Le flux n’est possible que si deux conditions sont réunies : une concentration totale et un très léger déséquilibre entre nos capacités et le défi posé
  • Le flux nous ancre dans le présent, donne du sens à notre vie, renforce notre estime de nous-mêmes et nous permet de développer notre potentiel. 

A vous de jouer chers auditeurs, piochez  une carte 2 minutes ensemble, identifiez une activité sur laquelle vous aimeriez progresser, fixez-vous un objectif atteignable et planifiez un créneau 100% dédié dans votre agenda.

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