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Je découvre les vertus de l’effort

L’effort une contrainte ou une source de bien-être ?

Parfois, j’ai l’impression que mon quotidien se résume à liste de “to do”. Je dois tout le temps faire des efforts pour prendre sur moi, pour continuer à avancer, pour faire tourner le quotidien. Pourquoi est-ce que je m’impose tous ces efforts ? L’efforts est-il seulement contraintes et obligations ou peut-il être source de bien-être ?

L’effort est partout

Toutes les sphères de notre vie sont envahies par les efforts

Dans la petite enfance, nous avons appris à faire des efforts pour finir notre assiette ou terminer nos brocolis, pour mettre nos chaussures seuls ou encore pour apprendre nos tables de multiplication et rapporter de bons bulletins. Puis, l’effort a investi peu à peu le champ des relations humaines. Comme essayer d’être gentil avec nos frères et sœurs, écrire une lettre à sa marraine, dire bonjour/merci. Une fois adulte, nous faisons des compromis en couple. Nous faisons l’effort de composer avec les défauts de notre partenaire. Et puis, le monde du travail qui exige aussi son lot de dépassement de soi-même. Quand on est sportif, les efforts fait pour se maintenir émir au niveau.  Comme vous le constatez, le tableau de nos efforts est bien rempli ! 

Nous accordons plus de valeur à ce que nous faisons nous même

Au-delà de toutes ces situations qui nous forcent à nous dépasser, vous est-il déjà arrivé de constater que vous accordiez systématiquement plus de valeur à quelque chose sur lequel vous avez beaucoup travaillé ? Etes-vous familier de l’adage « No pain, no gain » ? Etes-vous plus touchée par un cadeau fait maison que par un cadeau acheté ? Avez-vous ce réflexe de penser que quelqu’un qui travaille beaucoup est plus intelligent, important ou intéressant que quelqu’un qui travaille moins ? Si oui, sachez que vous n’êtes pas le seul. Ce biais cognitif a été démocratisé sous le nom de l’effet IKEA. Ce concept voit le jour en 2011 sous l’impulsion des médecins Michael I. Norton de la Harvard Business School et Daniel Mochon de l’Université de Yale. Ils ont démontré que nous accordons plus de valeur à ce que nous faisons nous-mêmes, une sorte de lien d’affection se créé. C’est ce phénomène qu’exploitent beaucoup d’entreprises qui nous vendent pour un certain prix des produits que nous construisons nous-mêmes, des gâteaux prêts à cuisiner ou encore des kits de couture pour confectionner notre propre garde-robe. 

Profiter du fruit de ces efforts

La justification de l’effort

Revenons un peu aux sources de ce biais cognitif. Pour cela, remontons à 1957. Léon Festinger est un psychosociologue américain décédé en 1989 qui a enseigné notamment à Stanfort et à la New School for Social Research à New York. Il est le père du concept de dissonance cognitive. Alors, la dissonance cognitive se manifeste dans la tension que ressent un individu dont l’attitude ou les comportements ne sont pas cohérents avec ses idées ou ses croyances. D’une certaine façon, c’est le fait de manquer d’alignement entre ce que nous pensons et ce que nous faisons. La dissonance peut notamment trouver sa source dans l’engagement de l’individu dans une activité désagréable pour atteindre son objectif. Cette activité déplaisante génère un inconfort psychologique, une sorte de malaise que chacun cherchera intuitivement à réduire. Or, selon Festinger, les individus ajusteraient a posteriori leurs croyances ou leurs idées pour justifier leur comportement. L’homme rationalise après coup. En d’autres termes, pour obtenir ce que vous voulez, vous vous êtes infligé une certaine dose de souffrance. Pour vous justifier a posteriori, vous réévaluez à la hausse la valeur du résultat obtenu. C’est ce que l’on appelle la justification de l’effort

L’expérience de Aronson et Mills

Une expérience très intéressante d’Aronson et Mills en 1958 l’a démontré.  Ils ont confronté deux échantillons de personnes souhaitant rejoindre un même club. Le premier échantillon dut faire peu d’effort pour rejoindre le club tandis que le deuxième dut passer par un parcours plus difficile avant d’accéder eux aussi au club. La première activité proposée par le club fut résolument dénuée d’intérêt et ennuyeuse. Et pourtant, lorsque les chercheurs interrogèrent les deux groupes, le groupe qui avait produit le plus d’effort pour accéder au club présenta un niveau de satisfaction très élevé et beaucoup plus élevé que l’autre groupe. Inconsciemment, ils justifiaient la peine qu’ils avaient eue pour l’intégrer. C’est ce même mécanisme qui s’exprime notamment dans le bizutage. La fraternité qui propose le bizutage le plus corsé est souvent la plus populaire aux yeux des étudiants. 

Le sacrifice et l’effort

Ce biais cognitif de justification de l’effort dont nous sommes imprégnés nous pousse parfois à creuser nos efforts encore et toujours plus. La frontière avec le sacrifice n’est plus très loin. C’est ce sportif qui continue de courir malgré sa blessure, ce couple qui essaie de sauver vaille que vaille son mariage, ce salarié qui accepte toujours plus de dossiers et se laisse glisser sur le chemin du burn-out. Ici, l’effort est une forme de justification de la souffrance. C’est ok d’avoir mal si c’est pour la bonne cause. Mais dans toutes ces situations, quelle est la valeur produite par l’effort ? Faut-il continuer ? Dans « no pain, no gain », il y a t-il toujours l’espoir d’un gain supérieur ?  

Accepter la vie qui nous est donnée

Pour profiter du fruit de notre labeur et de nos efforts nous pouvons trouver un équilibre entre acceptation de la vie et l’effort pour l’améliorer. C’est notre principal rempart contre l’acharnement et le sacrifice. En d’autres mots, nous pouvons goûter les bienfaits de ce que nous réalisons à force de volonté tout en acceptant nos limites. 

Le soleil des Scorta

Je pense alors à toute une littérature un peu fataliste qui s’attache à démontrer que malgré tous leurs efforts, les héros sont rattrapés par leur destin. Cette trame se développe notamment dans le Soleil des Scorta de Laurent Gaudé. Sublime roman qui nous transporte sur les traces de la famille Scorta, une famille d’italiens besogneux qui portent le poids de leur lignée et essaient de s’élever au-dessus de leur très modeste condition. Leur but est de transmettre un maigre héritage pour les générations suivantes. Leur vie de labeur pourrait les résoudre à la fatigue et à la douleur mais ils sont comme l’Italie : solaires et joyeux. Au fil des pages, le lecteur comprend que leur joie leur vient de leur abandon à la vie, au destin, à ce qui leur est donné. Ils ont accepté qu’ils ne pourraient pas tout changer. Ils ont su profiter de ce qu’ils avaient déjà et se contenter du confort minimum qu’ils ont pu aller chercher au prix de leurs efforts. C’est ce qui leur apporte apaisement, félicité et une paix intérieure. 

Chaque page est un bijou, je pourrais citer le roman en entier mais j’aime particulièrement cette citation « Il avait couru après l’argent. Il avait travaillé jusqu’à ce que ses nuits ne soient pas plus longues que ses siestes. Mais oui, il avait été heureux. Son oncle Faelucc lui avait dit un jour : « Profite de la sueur ». C’est ce qui lui était arrivé ». Je lis deux enseignements : l’effort est une source de joie mais le lâcher-prise, l’abandon ne nuit pas. 

La genèse de l’effort

Comment je gère l’effort dans un monde hédoniste ?

Nous vivons dans une ère hédoniste qui a anéanti de nombreuses sources de frustration, l’ère du « tout, tout de suite », dans laquelle l’effort et le temps long sont les parents pauvres. L’autre jour, une amie me racontait comme elle avait été dépourvue devant son ado qui refusait de lire une des œuvres complètes au programme de son bac de français au motif que le résumé est sur internet et qu’il lui avait permis de très bien saisir les grandes lignes du roman. Le jeune homme opposait de bonne foi à sa mère « Mais pourquoi est-ce que je me donnerais du mal alors que ça peut être facile ? » 

Et pourtant, l’effort est une tension, un élan vers un progrès. C’est le mouvement qui nous permet de nous élever au-delà du donné. Un effort implique donc une résistance, un combat contre un obstacle. C’est par exemple ces 42 kilomètres de course qui vont mettre mes muscles à rude épreuve et qui laisse le marathonien rincé et épuisé, voire claudiquant. C’est aussi ce problème de mathématiques que je ne sais pas résoudre et qui va me demander beaucoup de créativité. 

Qu’en dit la psychologie positive ?

Martin Seligman, notre professeur de psychologie américain fait la différence entre plaisir et effort. Le plaisir est une source d’émotions positive furtive et temporaire. Le plaisir une expérience positive sur le moment mais qui ne contribue pas au bien-être durable. La gratification, en revanche, est un vecteur fort de bonheur. Martin Seligman a lui-même développé des expériences qui démontrent que c’est un puissant bouclier contre la dépression. En effet, une tâche relativement difficile nécessite que nous mettions nos forces et nos compétences an action. Faites un petit détour par notre bulle de bonheur #24 Je reconnais mes talents pour identifier vos compétences. 

Mihali Csikszentmihalyi le psychologue hongrois, le père du flux podcast #91 a étudié les effets de la gratification que nous recevons de nos efforts sur deux populations de 250 adolescents. Les uns avaient un fort niveau de flux donc une plus forte propension à se dépasser et les autres uns plus faibles. Ses conclusions sont édifiantes. Les adolescents au faible niveau de flux ont plus de chance de développer des comportements apathiques ou de faire des dépressions que les autres. Plus tard, les ados qui ont le plus haut niveau de flux sont ceux qui poursuivent leurs études, entretiennent des relations matures et solides. Ce sont ceux qui s’approchent le plus du bien-être durable. Instinctivement, nous recherchons le plaisir, nous évitons les activités qui peuvent nous causer une légère souffrance ou un quelconque inconfort. Alors que ce sont précisément ces activités qui nous rendent heureux. 

Les bienfaits que nous apportent nos efforts

L’effort nous pousse au dépassement 

L’effort nous pousse à vaincre une résistance ou à dépasser un obstacle.  Nous allons déployer nos forces, nos talents pour venir à bout de ce qui nous empêche d’atteindre notre objectif. L’effort représente une révélation de nous-même. Par exemple, certains alpinistes vont trouver des ressources inespérées en eux pour atteindre un sommet. Plusieurs fois, ils souhaiteront abandonner et pourtant, ils finiront par l’atteindre. D’autres vont aussi faire preuve de créativité pour trouver un nouveau moyen de réaliser leurs objectifs. Je pense aussi à ces couples que je vois en consultation qui semblent dans une impasse. Ils ne trouvent plus au quotidien de sources de joie à deux, sont parfois fatigués de l’état de leur relation. Je sens parfois que leurs efforts pour mieux communiquer et retrouver le chemin de l’apaisement sont infructueux. Je leur conseille alors de faire preuve de fantaisie, de chercher à rompre la routine pour recréer de la magie dans de bons moments ensemble. Croyez-moi quand je vous dis que ça leur demande aussi beaucoup d’efforts. C est aussi celui qui s acharne a retrouver une force physique après un accident ou un cancer. 

L’effort ré-introduit la frustration, l’attente.  

Cette attente nous semble parfois interminable car nous sommes bien entraînés aux plaisirs rapides et immédiats. En fait, les succès qui s’exposent sur les réseaux sociaux ou à la télévision nous laissent penser que tout est à portée de main et que tout est du. L’effort nous fait éprouver la distance ou la durée qui se tient entre nous et notre objectif. Et parfois, c’est ce qui nous permet de réinterroger notre objectif. L’effort peut nous inviter à remettre en question les raisons qui nous ont poussées à nous lancer et ainsi nous reconnecter à nous-mêmes. Encore une nouvelle étape de révélation à soi-même.

En exemple, ça donne quoi ?

Par exemple, je me lance dans un régime. Au fur et à mesure, ma volonté diminue, mes efforts créent plus de souffrance que de bénéfices. Alors, je peux réinterroger mes objectifs, les confirmer alors je peux utiliser la méthode WOOP Cf podcast 81. Ou alors, je peux réaliser que je ne me trouve pas si grosse que ça. Ce qui me dérange c’est plutôt de ne pas être aussi fine que mon amie ou bien de subir les regards de ma famille sur la plage. Mais moi je m’aime bien comme ça, cet effort ne correspond pas à une réelle aspiration intérieure. 

Autre exemple, je peux penser à tous les efforts que je fais pour entretenir la relation avec mes parents. Je mets parfois un mouchoir sur des petits réflexions pour lesquelles je me vexais il n’y a pas si longtemps, je compose avec leurs contraintes ou leur indisponibilité, je me bats avec mes croyances sur ce qu’ils pensent de moi. Je remarque que notre relation se nourrit alors du positif et qu’elle s’apaise. Que nous arrivons de partager d’excellents moments ensemble tout en nous disant les choses vraiment importantes avec plus de douceur. Je constate combien cette relation adoucie me rend plus heureuse et m‘allège d’un poids, combien mes efforts valent la peine. 

L’effort est une source d’estime de soi 

D’autre part, Apprendre à se dépasser soi-même, en déployant nos talents, en venant à bout de nos obstacles, nous prenons conscience de nos capacités. Nous sommes fiers de nous-mêmes et nous sommes capables de continuer à progresser car nous nous faisons confiance. Une bonne piste de dépassement de soi consiste à identifier sa zone de confort pour chercher à en sortir progressivement. Notre Bulle de bonheur #57 vous aidera à comprendre pourquoi et comment. La confiance podcats #7 est un cercle vertueux : plus j’en ai, plus je me pousse, plus j’en acquiers et ainsi de suite. Plus j’ai de confiance en moi, plus je suis résilient et mieux je sais accueillir l’échec en y lisant une source d’apprentissages podcast #34 je dépasse mes échecs. Par exemple, lorsque nous accompagnons nos enfants sur le chemin de l’autonomie (notamment les petits), nous ne cherchons pas seulement à déléguer nos petites tâches de mamans, nous les accompagnons aussi pour qu’ils prennent conscience de leurs capacités, qu ils essaient et qu ils réussissent. Nous leur donnons aussi l’impulsion pour continuer à en développer de nouvelles. 

L’effort apporte du sens à nos actions

Il est important de se motiver et pour ce faire, de visualiser le résultat à atteindre. Grâce à cette visualisation, rappelez-vous, nous vous en avons parlé dans notre Bulle de bonheur #81 Je reste motivé grâce au WOOP, nous anticipons la joie de l’accomplissement. La joie podcat 9 est un carburant essentiel pour tout ce que nous souhaitons développer. Elle va conditionner notre cerveau pour être plus optimiste et créatif. C’est aussi ce qui va nous permettre d’oser, nous l’avons abordé dans notre Bulle de bonheur #87. Pour activer notre volonté et faire preuve de détermination devant l’effort, nous allons préciser, affiner et confirmer notre aspiration. Il se créé une connexion entre ce que je souhaite profondément, mes valeurs et mes actes, ce qui est porteur de sens. Pour vous poser la question de vos valeurs, vous pouvez aller faire un petit tour par notre Bulle de bonheur #75 J’identifie mes valeurs

Tout acte nécessite l’effort ? 

Pour conclure, nous sommes tentés de penser que puisque l’effort est un exercice porteur de sens qui nous révèle à nous-mêmes c’est qu’il est forcément bon. 

Isabelle Queval, ancienne tenniswoman de haut niveau reconvertie dans l’enseignement et la philosophie, s’est dédiée à la recherche dans le domaine de l’effort sportif. Dans son essai Philosophie de l’effort, elle propose, je cite « une conception de l’effort comme ajustement aux choses, plutôt que comme outil de domination, comme connaissance de soi plutôt que comme dépassement. Il s’agit aussi d’initier un autre rapport au temps, à autrui, à l’environnement ».  Le bon effort serait celui qui nous permet de nous trouver, de nous accomplir en tant que personne. Il est ajusté à nous-même et non à des pressions extérieures et s’intègre dans l’écosystème sans chercher à le dominer à tout prix. Ce serait une connexion à son moi profond qui s’affranchit d’une échelle de performance standard. Le bon effort n’est pas un effort pour repousser toujours plus nos limites intellectuelles ou physiques, dominer les autres ou atteindre le haut du classement. Il est le plein déploiement de notre potentiel pour nous-mêmes, il est un accomplissement de soi pour soi. Un effort moins doloriste, moins brutal et moins compétitif source de joies et de bonheur

Je plonge dans le flux

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Vivre un moment de flux, c’est vous lancer dans une activité et de perdre totalement le sens du réel. Sortir d’un état extatique dans lequel vous avez même perdu la conscience du temps. En plus,  vous ré-ouvrez les yeux sur le réel à la nuit tombée en vous demandant ce qui vous est arrivé et généralement, loin d’être paniqués, vous vous sentez remarquablement en paix. Ce concept a été élaboré par un psychologue hongrois au nom imprononçable : Mihaly Csikszentmihalyi au début des années 90. 

Le flux, c’est quoi en détail ?

D’où vient le concept de flux ?

Alors que Mihaly Csikszentmihalyi menait des observations dans les années 1990 dans le domaine de la création artistique. Il s’est, alors,  rendu compte que ses sujets vivaient une expérience unique. Ils semblaient totalement plongés dans leur œuvre et déconnectés de la vie autour. Ces sujets faisaient preuve d’un grand calme et en ressortaient bienheureux. C’est ce que le psychologue a défini comme une expérience optimale.

Pendant plus de 12 ans, il a poursuivi ses recherches sur des populations de tous âges, tous genres, toutes nationalités et tous milieux sociaux. En effet, il a découvert qu’indépendamment du contexte de chaque sujet, les conditions d’une expérience optimale sont similaires. Ainsi est né le flux.

La définition du flux

En effet, Mihaly Csikszentmihalyi définit comme un état mental dans lequel se trouve un individu pleinement engagé dans une activité pour l’intérêt qu’elle représente de façon intrinsèque. Dit autrement c’est l’activité qui compte et non son résultat. L’activité nous intéresse en tant que telle et non pour atteindre un objectif. Elle est une fin en soi. J’aimerais citer les jolis mots du psychologue : « Voilà ce que nous entendons par expérience optimale : c’est ce que ressent le navigateur quand le vent fouette son visage et que le bateau fend la mer – les voiles, la coque, le vent et la mer créent une harmonie qui vibre dans ses veines, c’est ce qu’éprouve l’artiste peintre quand les couleurs s’organisent dans le canevas et qu’une nouvelle œuvre prend forme sous la main de son créateur ébahi ».

Les moments de flux sont par essence positifs.

Nous en ressortons apaisés, confiants et souvent remotivés. Quand je me penche sur le flux, je repense souvent aux problèmes de mathématiques de mon ainé en étude supérieure. Moi qui n’ai jamais pu poser une division, je l’observais noircir des pages et des pages de calculs, de signes totalement nouveaux pour moi, parfois pendant des heures. Il finissait par aboutir quelque part, avait-il trouvé un résultat correct ou non, je ne le savais pas trop. En revanche, j’étais sûre qu’il était heureux de son effort. 

Mais alors si l’état de flux nous fait ressentir un tel bien-être, pourquoi ne le reproduisons pas dans toutes nos activités quelles qu’elles soient ? Dans cette lessive que j’étends, dans ce tableau Excel, dans la réparation de ma voiture ou les devoirs d’école de mon dernier.

Les caractéristiques pour capter vos expériences optimales :

En plus d’une représentation claire de l’objectif que l’on souhaite atteindre et la capacité de nous concentrer longtemps sur un même objet, sans tentation de se déconnecter de ce que nous faisons. Capter le flux, c’est aussi 

Une distorsion de la perception du temps

En flow, nous ne voyons pas le temps passer. Tout d’abord, nous ne ressentons plus les minutes qui s’égrènent. Ensuite, le temps passe soit très lentement soit très vite. En fait, vous avez déjà du ressentir cet état en plusieurs occasions. Par exemple, c’est ce que vivent les lecteurs compulsifs, ceux qui ne peuvent pas s’arrêter avant d’avoir découvert qui est le meurtrier. Ils referment souvent leur livre et découvrent que la nuit est déjà là. Si ce sujet vous intéresse particulièrement, vous pouvez réécouter notre Bulle de bonheur #2 J’étire le temps

Une perte de conscience

C’est vivre une perte de conscience de nous-mêmes et de nos besoins. Lorsque nous sommes en état de flow, nous sommes complètement pris dans notre activité, comme absorbés par ce que nous faisons. De plus, nous sommes déconnectés de la réalité. Notre esprit ne capte plus les informations qui nous entourent tant il est occupé par l’activité. Et cela peut m’arriver au cours de certains accompagnements, par exemple. Etant donné que la discussion est tellement prenante et les progrès fait ensemble sont tellement intenses que je mets du temps à en sortir pour me reconnecter au monde.

Un feedback immédiat

Notamment, c’est un retour immédiat sur la portée et l’effet de ce que nous faisons.

Une sorte de feedback en temps réel, une mesure de notre progrès. Par exemple, vous l’avez peut-être déjà ressenti en montant un meuble ou en faisant une construction particulièrement complexe. A chaque fois que deux éléments tiennent ensemble, vous obtenez un feedback immédiat, vous constatez que vous progressez. 

La sensation de contrôle de la situation

Nous nous sentons happés mais en contrôle. Nous sentons que nos actions ont une influence directe sur la réalité, nous gardons les manettes. 

Une expérience dite autotélique

c’est-à-dire une expérience intrinsèquement gratifiante. L’activité est le but en elle-même. Par exemple, les amoureux de l’alpinisme sont sujets aux expériences de flow. Ils reconnaissent souvent que le sommet, le point de vue à l’arrivée compte peu. Certes, ils sont heureux d’y arriver mais ce qui compte vraiment c’est la montée. C’est l’escalade vers le sommet, le chemin vers le résultat qui nous donne plus de satisfaction que le résultat en lui-même.

Le flux : un juste équilibre

Finalement c’est un équilibre entre notre niveau de compétence devant l’activité et le défi posé.

L’expérience de flux

End réalité, l’expérience de flux se produit dans certaines conditions très précises. Je cite encore Csikszentmihalyi « la tâche entreprise est réalisable, mais constitue un défi et exige une aptitude particulière ». En somme, le flow ou le flux se produit lorsque l’activité permet de libérer les compétences d’un individu à pleine capacité tout en générant un peu de défi. D’ailleurs, ce sont des conditions très particulières où il existe une correspondance quasi exacte entre les exigences de la tâche et les capacités de la personne qui les accomplit.
Si l’activité est trop facile, nous tombons dans l’écueil de l’ennui. Si elle est trop dure, nous sommes envahis par l’angoisse. Pour vivre un flow ou plus communément dit « pour être dans la zone », nous devons garder un sentiment de maîtrise. 

Des exemples de moment de flux

Les domaines artistiques et sportifs sont particulièrement sujets à ces expériences. Par exemple, dans un effort sportif, nous nous reposons sur nos compétences mais nous nous dépassons. En fait, nous ressentons la plénitude de l’intensité de l’effort accompli.

J’aimerais citer l’exemple des pilotes de formule 1. Ils sont nombreux à avoir rapporté se sentir « dans la zone » lors des courses automobiles. En ce qui concerne, Ayrton Senna le brillant pilote brésilien décrit son expérience « J’étais dans une autre dimension […] Je continuais et continuais, encore et encore et encore et encore. J’avais largement dépassé la limite mais j’étais toujours capable de trouver plus ». Ensuite, le bien connu Alain Prost reconnut avoir vécu une expérience hors norme ; il se sentait concentré sur ce qu’il faisait et pourtant ne ressentait pas l’effort. Il n’a ressenti que du bonheur. 

Où vit-on le plus des moments de flux ?

Effectivement, Csikszentmihalyi s’est intéressé aux conditions les plus propices à des moments de flux. L’une de ses découvertes les plus étonnantes est que les individus ont trois fois plus de chance d’expérimenter le flux au travail que dans leurs loisirs. En effet, le travail présente de nombreuses caractéristiques propices aux flux : un objectif défini avec un niveau de contrôle clair établi par des règles précises, un retour immédiat sur ses performances, le plaisir du devoir accompli, un niveau de concentration élevé et un certain niveau de défi. Et pourtant, et c’est là un paradoxe intéressant : nous avons tendance à préférer nos loisirs à notre travail. 

Quelle est la chimie du flux ?

Que se passe-t-il concrètement dans notre cerveau ?

Il existe dans notre cerveau une zone appelée le cortex préfrontal. C’est la partie de notre cerveau qui est la plus sophistiquée. Elle est le siège de nos comportements cognitivement complexes et de notre personnalité. Dans cette zone du cerveau, il y a un secteur en charge de nos processus affectifs et motivationnels. Il contrôle notre inhibition, notre motivation, notre prise de décisions et nos humeurs, c’est le cortex préfrontal médian. Non loin, l’amygdale se charge du rôle de signal d’alerte et nous permet de percevoir le danger. Lorsque nous entrons dans une expérience de flux, ces deux capteurs se mettent en silence, nous prenons confiance et notre peur se réduit. Notre cerveau tait la petite voix des jugements négatifs sur nous-mêmes, nous perdons la conscience de nous-mêmes et du temps qui passe.

A l’inverse, le Noyau Acumbens qui joue un rôle central dans notre système de récompense et de motivation s’active. Ajoutez à ça un joyeux cocktail d’hormones du positif comme la dopamine, la sérotonine et l’endorphine. Vous obtenez un surplus de capacité de rétention d’information, de vitesse de traitement, de motivation et de créativité. Enfin, au cours d’un flux, nous observons une augmentation des niveaux de GABA, un neurotransmetteur qui bloque les stimulis extérieurs et permet au cerveau de se concentrer. 

Les bienfaits du flux.

Le flux est-il une source de bonheur durable ou juste une expérience grisante ? 

Le flux est en soi un paradoxe. Lorsque nous sommes « dans la zone », nous ne sommes pas forcément bien. Nous sommes en effort, tendus par l’épreuve et la concentration que nous demande l’activité. .Nous sommes absorbés par ce que nous faisons. De plus, nous n’avons pas conscience de notre état. En d’autres mots, nous n’avons pas d’espace disponible pour nous pencher sur notre bonheur ou notre niveau de bien-être. C’est le propre de la concentration intense. Imaginez un musicien qui se demanderait au cours d’un solo particulièrement difficile « est-ce que je me sens heureux » !

Et même après être sorti de la zone, nous ne ressentons pas forcément un bien-être physique immédiat. Quand un marathonien finit son parcours, il a aussi et surtout mal aux jambes et aux pieds ; il ne sent pas immédiatement les effets du flux. 

Le bonheur apporté par le flux est plus indirect.

La satisfaction procurée par le flux vient de notre sentiment de maîtrise pleine de l’activité, de notre accomplissement. Comme le dit si bien le psychologue « les meilleurs moments de notre vie ne sont pas les moments de détente, passifs et réceptifs. Les meilleurs moments se produisent la plupart du temps lorsque le corps ou l’esprit d’un individu est tendu jusqu’à sa limite dans un effort volontaire d’accomplir quelque chose de difficile et qui en vaut la peine ».

Sur cette base, un autre des pères de la psychologie positive, Martin Seligman, va encore plus loin. Nous avons parlé de lui dans notre bulle de bonheur #70 Je suis la priorité N°1. Selon lui, le flux est un élément qui contribue à la partie « Meaning » ou Sens de son modèle PERMA. Avoir un but, pouvoir donner du sens à sa vie est indispensable à la quête du bonheur. Le sens de la vie apporte un bien-être durable qui va au-delà du plaisir temporaire. Et les expériences de flux contribuent à donner du sens à nos vies

Le flux apporte son lot de gratification.

Par ailleurs, avoir réussi à accomplir une activité dans un tel état de concentration est gratifiant. Nous nous sentons capables, nous entretenons notre confiance en nos propres compétences et nous renforçons notre estime de nous-mêmes. Comme nous gardons le contrôle de l’activité, nous sortons de la zone avec une impression de maîtrise de la situation tout en nous étant dépassés. En nous sortant de notre zone de confort, le flux libère des émotions positives et de la joie.  

Vivre ces expériences nous pousse à toujours nous dépasser.

De plus, nous entrons et restons dans la zone lorsque nous accomplissons quelque chose qui est à peine au-dessus de nos capacités. En réalité, le seul fait de l’accomplir nous permet de nous développer. Et comme nous nous sommes améliorés, nous allons encore aller un petit cran plus loin, et encore un autre. De flux en flux, nous développons nos compétences, nous restons tendus dans un effort vers le progrès. En résumé, c’est donc un cercle vertueux. J’acquiers de nouvelles compétences qui me donnent envie d’en acquérir encore d’autres et ainsi de suite. 

Le flux s’appuie sur nos forces et nos talents

Il nous permet de les cultiver et de renforcer notre impression de sens, notre sentiment de compétence, notre estime de nous-mêmes. Vous pouvez retourner du côté de notre Bulle de Bonheur #24 Je reconnais mes talents pour vous pencher sur ce point en particulier. 

Le flux est un moteur incroyable de créativité.

Plongé dans l’activité, notre esprit est capable d’étendre son champ des possibles et d’explorer davantage que lorsque qu’il est sollicité par de multiples distractions. 

Le flux est pleinement ancré dans l’instant présent

Pour finir, c’est une expérience qui se vit à fond dans le moment où nous sommes et non tournés vers le passé, l’avenir ou vers un manque. Nous profitons à 100% de ce que nous vivons et de ce que nous avons à l’instant T. C’est un remède miracle contre l’adaptation hédonique. Nous vous en avions parlé dans notre Bulle de Bonheur #84 Je désire. L’adaptation hédonique est notre capacité à nous réadapter à un changement de nos conditions de vie qu’il soit négatif ou positif. C’est le carburant de notre insatisfaction chronique. Le flux fait barrière à cette spirale, il nous invite à profiter du moment présent et à pratiquer la gratitude. 

Comment créer les conditions propices à une expérience de flux ? 

Sonja Lyubomirsky, dont nous vous avons parlé dans notre Bulle de Bonheur #79 Je créé du lien social, est professeur de psychologie en Californie. Elle a écrit Comment être heureux et le rester” dans lequel elle identifie de multiples pistes de bonheur à portée de nos actions, parmi lesquelles le flux. Voici quelques idées pour entrer « dans la zone ». 

Se concentrer 

Faites taire les distractions et sollicitations extérieures à ce que vous êtes en train de faire. En premier, commencez par éloigner votre téléphone et pourquoi pas coupez internet. Ensuite, faites le choix et l’effort de canaliser votre attention sur le moment présent et plus particulièrement sur ce que vous voulez en faire. Ce qui suppose aussi de faire taire les petites voix de la logistique « Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? » ou « Est-ce que j’ai répondu au message de bidule ? ». 

Essayez de nouvelles expériences

Se lancer dans quelque chose de totalement nouveau nous met souvent dans un état d’excitation positive propice à la concentration. Alors, nous profitons d’autant plus de l’expérience que tout ce que nous vivons est nouveauté et que nous sommes à l’affut de ce qui se présente. 

Etirer sa zone de confort

Faites un petit détour par notre Bulle de bonheur #57 Je sors de ma zone de confort. Continuez à vous perfectionner, à apprendre, à progresser toute votre vie. Pensez aux enfants et à leur concentration sur des apprentissages basiques. Leur attention est 100% focalisée sur ce qu’ils essaient de développer. Un enfant qui fait un puzzle, qui cherche à remonter la fermeture éclair de son manteau, à faire ses lacets ou à comprendre comment une voiture se déplace. Si son effort n’est pas interrompu par l’adulte, s’il se sent progresser et si nous ne brisons pas sa concentration en lui parlant, il ressort de cette expérience calme et galvanisé. D’ailleurs, les enfants sont une population particulièrement exposée aux épisodes de flux. 

Faire du sport

 Au-delà de tous les bienfaits identifiés dans notre Bulle de bonheur #59 Je bouge, l’activité physique est une grande source de flux. Le sport nous mobilise totalement et offre de multiples opportunités de progrès. C’est typiquement un domaine dans lequel il est facile d’identifier nos capacités de base et l’extra que nous allons chercher lorsque nous sommes « dans la zone ». Les résultats sont mesurables, la rétroaction est facile et immédiate. Qui plus est, le sport demande de la concentration et fait barrière aux ruminations qui nous décentrent du moment présent.  

Se lancer dans des défis

Utilisez vos loisirs et votre travail pour vous lancer des défis. Même si votre travail n’est pas votre dream job, il existe des façons de l’enchanter et d’y donner du sens. Sonja Lyubomirsky cite l’exemple d’une étude menée auprès des membres d’une entreprise de nettoyage hospitalier. Certains détestaient leur condition, se sentant relégués au second rang alors que d’autres s’y accomplissaient. Ce deuxième groupe se concentrait sur la mission indirecte derrière leur travail: améliorer la vie quotidienne des médecins, des patients et des visiteurs. Ils se mettaient au défi de nettoyer le plus efficacement possible ou encore d’égayer les chambres des patients pour qu’ils se rétablissent plus vite. En réalité, vous ne serez pas surpris d’apprendre qu’ils vivaient d’intenses moments de flux. En dernier lieu, identifiez dans votre activité professionnelle ou vos loisirs de nouveaux champs d’exploration ou de progrès. 

En résumé ! 

  • Le flux est une expérience de plongée intense dans une activité. Il nous laisse dans un état de bien-être qui se prolonge durablement. 
  • Le flux est un effort gratifiant, une saine tension qui nous pousse hors de notre zone de confort sans nous mettre en échec
  • Le flux n’est possible que si deux conditions sont réunies : une concentration totale et un très léger déséquilibre entre nos capacités et le défi posé
  • Le flux nous ancre dans le présent, donne du sens à notre vie, renforce notre estime de nous-mêmes et nous permet de développer notre potentiel. 

A vous de jouer chers auditeurs, piochez  une carte 2 minutes ensemble, identifiez une activité sur laquelle vous aimeriez progresser, fixez-vous un objectif atteignable et planifiez un créneau 100% dédié dans votre agenda.

J’ose oser

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Cette peur de rater est peut-être une illusion. Cependant, elle est surtout une source de frustrations et de déceptions. Et à long terme elle inhibe notre capacité à oser de nouvelles choses. 

On ne naît pas timide ou complexé, on le devient

La place de l’enfance

Nous sommes parfois conditionnés depuis notre enfance par le besoin impérieux de réussir, de tout bien faire parfaitement et de savoir oser. Cela a commencé enfant quand nous nous efforcions de finir notre assiette pour faire plaisir à nos parents, puis à l’école lorsqu’il fallait rapporter de bonnes notes. Ou lorsque nos parents nous laissaient faire la cuisine en surveillant les proportions de très près. Enfin,gare à nous si nous cassions l’œuf maladroitement ! Réussir aussi auprès de nos copains lorsqu’il fallait être le plus fun, le plus branché, le meilleur en sport pour épater la galerie, etc.

Parfois ce sentiment de devoir réussir prend tellement de place qu’il nous étouffe. Alors nous préférons ne pas commencer, pour ne pas prendre de risque.

Et adulte, ose-t-on ?

Par exemple, je joue au tennis, je me débrouille pas mal, mais je préfère ne surtout pas m’inscrire à un tournoi de peur d’être éliminé rapidement. Ou alors, je n’essaie pas de nouvelles recettes, la dernière fois j’ai fait brûler une tarte que je rêvais d’essayer depuis 6 mois. Et d’ailleurs mes enfants sont hyper exigeants et n’ont pas raté l’occasion de le souligner.  Enfin, j’aime bien courir mais jamais je ne m’inscrirai à un semi-marathon avec des amies. J’ai bien trop peur d’arriver 1 heure après elles ! 

Encore des exemples

Pour finir, j’évite de m’inscrire sur ce site de rencontres car je suis persuadé de ne pas être à la hauteur. Alors, je pense, aussi, à cet ami en pleine reconversion. Il est bourré de talents mais n’ose pas contacter les personnes qui pourraient l’embaucher dans le nouveau secteur d’activité qu’il convoite, car il n’a pas le diplôme exact qu’il lui faudrait. Ou encore, je viens de passer à la retraite et je me terre chez moi car je me sens inutile et suis en fait pas capable de grand-chose à part le job que je faisais. 

La peur de la nouveauté empêche d’oser

A bien considérer les choses, avoir peur d’oser peut dissimuler la peur de la nouveauté. Et oui, sortir de sa zone de confort (podcast 57 je sors de ma zone de confort) peut effrayer certains à des degrés différents. 

La peur d’échouer, et la peur d’être jugé. 

En somme, en creusant davantage, on tombe sur ces deux freins majeurs qui nous empêchent bien souvent d’oser.

Car le véritable obstacle, dans la réalisation de quelque chose de nouveau, d’un examen ou d’un saut dans l’inconnu a lieu la plupart du temps AVANT l’épreuve concrète. C’est en cela que les véritables obstacles sont intérieurs.  

En fait, j’ai souvent peur d’échouer ? Alors je peux me demander « A qui vais-je faire de la peine si je ne réussis pas ? » « Qui ai-je peur de décevoir ? Mon mari ? Ma mère ? Mon manager ? »

En ce qui concerne la peur d’être jugé, c’est lorsque je me demande, au fond : « Serai-je serai autant aimé des autres s’ils voient que je ne suis pas parfait, ou bien que je suis un peu différente de ce que je donne à voir socialement ? »

L’autosabotage

Certains sont même parfois très forts pour s’auto saboter ! Je repense à cette jeune femme qui avait décroché un entretien pour ce poste qui l’attirait énormément. Elle maîtrisait clairement 80% de la fiche de poste. Au fond d’elle, les 20% restants l’intimidaient mais elle savait qu’elle en était capable. Et voilà qu’au cours de l’entretien, elle s’est mise à bafouiller, à présenter au recruteur tout ce qu’il lui manquait, ou toutes ses contraintes logistiques, personnelles etc. Elle était victime de ce sentiment de l’imposteur qui nous fait douter de nos talents. 

Pourtant le seul risque que nous prenons en essayant de faire ce que nous aimons est… d’être plus épanoui ! 

Oser, c’est sortir de ma zone de confort

Alors, changer radicalement me donne-t-il le vertige ? Donc, je peux initier cette dynamique en modifiant de petites habitudes que je pensais immuables, ou alors auxquelles je n’ai jamais pensé.  (Podcast 57 je sors de ma zone de confort)

Toute réflexion faite, j’aimerais vous raconter l’histoire de Lu Ann Cahn, une journaliste américaine. En réalité, il y a dix ans, après un cancer, elle s’est lancée le challenge « one year of firsts ».  De ce fait, son défi était d’expérimenter quelque chose de nouveau chaque jour.  Elle explora en un an des choses aussi nouvelles et variées qu’un concours de boules de neige, un repas 100% cru, un appel Skype avec un inconnu qui vivait le même challenge qu’elle, courir déguisée en père noël … 

Expérimenter de nouvelles choses nous réveille

En définitive, c’est une vraie gymnastique intérieure et un puissant antidote à la déprime. Je n’ai pas l’énergie de tout renouveler maintenant ? Alors, je commence par de petites expériences à ma portée. Le nouveau a un effet énergisant immédiat, et qui infuse mon moral à long terme. 

Une petite étincelle pour allumer un brasier et oser. 

Oser est un cercle vertueux

Ça n’est rien de moins qu’un cercle vertueux. Quand je mets le pied (ou juste un orteil) dans quelque chose d’inconnu, cela déclenche souvent un élan nouveau. Le grand romancier, dramaturge, poète, scientifique et mille autres choses encore Goethe l’a lui-même expérimenté “Quoi que tu rêves d’entreprendre, commence-le. L’audace a du génie, du pouvoir, de la magie.” 

Concrètement

Pour commencer, je rêve de changer de métier, mais je n’ose pas, ou je ne sais pas comment m’y prendre. Un premier tout petit geste peut être de chercher sur internet ou dans mon réseau les contacts de professionnels du bilan de compétences. Ou ce à quoi j’ai droit en termes d’heures de formation.

Ou encore, j’ai terminé une formation mais je ne sais pas comment passer à l’étape d’après. Ensuite, après avoir refait mon CV, je fais la liste des personnes intéressantes à rencontrer. Pas seulement celles auprès de qui je peux trouver un poste. Tout simplement celles qui peuvent avoir un avis intéressant et des tuyaux sur l’étape d’après. En définitive, cela est tellement énergisant et me met en marche.  

Oser, c’est nourrir mon recueil d’expériences.

En réalité, nourrir son recueil d’expérience est comme un carnet vierge dont on remplit chaque jour une nouvelle page. Pourtant, j’ai peur de me tromper ? Lu Ann Cahn a réalisé au cours de ce défi que l’expérience ne nous évite peut-être pas de faire des erreurs nouvelles, mais nous évite d’en reproduire de vieilles.  Et ça, cela n’a pas de prix. 

En fait, nous le répéterons tant qu’il faudra, mais identifier nos entraves est capital. Nommer, nommer, et encore nommer.

En résumé, mettre un mot sur les craintes qui m’habitent ou sur les angoisses d’échec diverses et variées leur donnent déjà du corps. Or l’on se bat mieux contre son adversaire dans une pièce éclairée que dans le noir ! M’attaquer à ce qui me fait peur peut m’entraîner vers des souvenirs d’enfance, des schémas bien ficelés plein de nœuds. (podcast #15 j’apprivoise ma peur)

Oser, c’est faire un voyage intérieur

Je peux m’arrêter sur ce qui compte pour moi, mon moteur, ce qui me fait vibrer.

De toute façon, vous savez, il s’agit de trouver son « Ikigai », en japonais sa raison d’être, et nous en avons beaucoup parlé dans le podcast 68. Comme dirait le dicton « soyez vous-mêmes, tous les autres sont déjà pris ». 

Mias encore, Faire ce que j’aime = faire ce que je suis. “Owning our story and loving ourselves through that process is the bravest thing that we will ever do.” Brene Brown

Et à partir de là, je peux réévaluer mes peurs.

Alors, je fais le tri entre les peurs qui se basent sur un élément objectif, et celles qui sont de pures fictions construites sur des croyances. Parfois mes croyances (podcast 29) sont tellement vieilles qu’elles sont en béton armé. En fait, il est probable que je me rende compte que je n’osais pas me lancer dans telle aventure. En réalité,  je m’étais construit l’idée que je n’en étais pas capable, que je ne le méritais pas, etc.

Pour déverrouiller l’audace, identifions ce qui l’entrave !

Pour commencer, J’aimerais vous parler de Tim Ferris, célèbre entrepreneur, qui enchaîne les conférences pour raconter comment il est devenu capable de surmonter ses plus grandes peurs.  Il explique beaucoup que les meilleurs résultats ou expériences que nous pouvons vivre sont souvent freinés par de fausses constructions, et des hypothèses non testées. Nous retombons sur la place que prennent les constructions mentales, le subjectif dans notre esprit. Voilà 4 anecdotes qu’il partage pour illustrer ce point. 

Tim Ferris a oser nager !

En effet, c’est l’histoire du plus grand défi de sa vie. Longtemps il ne sut pas nager. Pourtant, il avait pourtant grandi au bord de la mer. Mais une expérience traumatisante pendant un camp d’été au cours duquel il avait failli se noyer avait instillé cette terreur de l’eau. En fait, cette peur allait le poursuivre longtemps.  Alors, il explique très bien au cours d’une conférence TED, que “son incapacité à nager avait été une de ses grandes hontes et humiliations.”

De ce fait, cette humiliation et cette crainte de l’eau lui collèrent à la peau jusqu’à l’été de ses 31 ans. Cet été-là, un bon copain qui s’enfilait des litres de café par jour lui promit de tenir une année sans caféine si lui, Tim, pouvait nager un kilomètre en eaux libres. 

Alors, Tim Ferriss décida de se jeter à l’eau, dans tous les sens du terme, et réussit à nager 1 km dans la mer d’une traite. Et en en sortant, pour la première fois de sa vie depuis longtemps, il eut le sentiment d’être redevenu le super héros qu’il pensait être avant l’accident, lorsqu’il était petit.

Comment a-t-il osé ?

Il a rencontré Terry Laughlin. Thierry Laughlin, c’est un entraîneur de natation, qui a fondé Total Immersion, une technique de natation populaire qui met l’accent sur la forme avant la vitesse. Qui appréhende la nage sous l’angle absolument objectif de la biomécanique. En étudiant froidement les enjeux de propulsion et d’aérodynamique, il trouva la clef pour vaincre sa peur subjective de l’eau. Et il accomplit cet exploit du kilomètre parcouru en eaux libres.

Le témoignage de Tim Ferris

En fait, ce qu’essaye de démontrer Tim Ferriss à travers ses conférences et ses témoignages, c’est qu’il est capital d’identifier ses peurs et d’oser accomplir de grandes choses. “La peur est votre amie. La peur est un indicateur. Parfois, cela vous montre ce que vous ne devez pas faire. Mais le plus souvent, cela vous montre exactement ce que vous devez faire. Et les meilleurs résultats que j’ai eu dans ma vie, les moments les plus joyeux, je les ai eus en me posant cette simple question. “Quel est le pire qui peut arriver ?” Surtout avec les craintes que vous avez acquises lorsque vous étiez enfant. “

En réalité, une fois la peur nommée, attachons-nous à la déstructurer, à l’analyser avec une loupe objective. A revenir au réel.

Tim Ferriss conclut en disant “Prenez l’approche analytique, les capacités que vous avez, et appliquez-les à vos anciennes peurs. Appliquez-les pour de très grands rêves.” 

Et si j’essayais l’optimalisme 

Tal Ben-Shahar, professeur de psychologie positive à Harvard, propose dans son livre, L’Apprentissage de l’imperfection, une voie qu’il appelle l’Optimalisme.

L’optimalisme vient du terme « optimum », qui signifie « le plus favorable pour atteindre un but déterminé ». C’est en fait un « perfectionnisme sain», qui consiste à atteindre les objectifs fixés en faisant le meilleur usage possible du temps dont nous disposons.

De plus, l’optimaliste estime que les échecs, tout comme les émotions négatives, font partie de la vie. En définitive, il les met au même plan que les expériences positives. Sans aller jusqu’à y prendre du plaisir, les optimalistes tirent profit de toutes les situations qu’ils vivent, et n’hésitent pas à se lancer dans de nouvelles expériences au risque d’échouer. On parie que Churchill l’avait en tête, lorsqu’il affirma que « le succès, c’était d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme » !

Quand j’ose, suis-je seul avec moi-même ?

Je suis seul à lever des barrières

D’un côté, je suis seul à pouvoir lever les barrières, desserrer les freins intérieurs qui m’empêchent d’oser. De l’autre côté, j’ai besoin des autres, de mon réseau pour rendre concrètes mes actions.  

Je rêve de sauter en parachute ? Je parle de mon idée à des amis, j’essaye de glaner des infos sur des groupes de discussions en ligne. Je passe des coups de fil pour identifier le prestataire qui m’offrira l’expérience la plus chouette et sécurisée. En fait, en faisant cela, je m’ouvre. J’ai toujours rêvé d’une frange mais j’ai peur d’être moquée ? Hop, je prends rdv chez un coiffeur pour en parler, et lui demander conseil. Un coiffeur a aussi été formé pour étudier la morphologie des visages. Lui demander son avis, c’est lui donner de la valeur.  

J’ai besoin des autres

Ouvrir mon projet et mes idées à d’autres leur donne de l’épaisseur, de la consistance, du relief. En fait, Eexposer mes idées et y intégrer d’autres personnes, c’est créer un tissu de relations qui me fait sortir de ma bulle et élargit mon cœur. Ou encore développe mes idées vers des applications auxquelles je n’avais pas pensé.  Quand je partage, je m’inscris dans le monde, bien vivant et dynamique. 

J’ai toujours rêvé de créer ma boite, mais être indépendant et quitter le cocon de l’entreprise me terrifie ? J’ai peut-être peur de me planter et d’engloutir mes ressources financières ? Ou j’ai peur de ne pas percer ? Rien de tel que d’intégrer un groupe de réflexion constitué de gens qui se posent des questions, d’assister à des conférences sur le sujet, de suivre un MOOC en ligne. Avec la multitude de ressources individuelles, de groupes, connectées ou en personne, je n’ai pas d’excuses pour ne pas faire un pas en avant. C’est souvent en parlant de leur idée que les plus grands créateurs de startup ont trouvé leur associé et que leur projet a décollé. 

En résumé

  • Éviter d’oser c’est avoir peur du changement, d’échouer ou encore du regard des autres. 
  • Nommer mes peurs me permet de mieux les déstructurer. 
  • Entrer en connexion avec mes désirs profonds et ce qui me fait vibrer me permet de re calibrer mes projets et mes priorités. 
  • Accepter la prise de risque rend bien plus heureuse que la prudence immobile.
  • Oser c’est initier des petits changements pour se sentir capable

Prenez 2 minutes pour répondre à cette question tirée de 2 minutes ensemble !  “ j’imagine…réaliser un de mes rêves ”! Et si j’essayais ! 

Je reste motivé avec le woop

Etre motivé

Dans notre Bulle de Bonheur #35 « Je pratique la pensée positive », nous vous avions parlé de la puissance de la pensée positive.

L’approche a démontré que dans l’esprit humain, entre imagination et volonté, c’est l’imagination qui l’emporte.

Pour schématiser, l’esprit optimiste récolte du positif. Ou en tous cas est capable de percevoir le positif dans les conditions sur lesquelles il n’a pas le contrôle. Cela influence nos émotions, notre énergie et notre moral et ça nous pousse à réaliser du positif.

A l’inverse, un comportement pessimiste génère le risque d’attirer des choses désagréables ou en tous cas, de les percevoir comme telles. 

Etre motivé pour réussir

Autrement dit : il est plutôt conseillé de s’imaginer réussir que de se préparer à échouer. Le mental influence la réalité. 

Votre projet est de décrocher votre job de rêve ? Etre motivé dépendra plus de votre capacité à vous projeter dans ce poste que de votre volonté.

Travaux sur la motivation

Sur cette base, les chercheurs ont développé le concept de visualisation. C’est un outil efficace de créativité pour se motiver. La visualisation fait appel à tous vos sens pour vous projeter dans le résultat que vous cherchez à atteindre.

Par exemple, si vous souhaitez devenir influenceur. Vous allez vous imaginez recevoir plein de commentaires positifs sur les plateformes d’écoute. Des avis qui reconnaîtront la justesse du ton employé, qui salueront la diversité des sujets.

Vous imaginerez la joie des auditeurs qui se sont mis en action après avoir écouté un podcast.

Je me projette aussi dans la joie de chercher les sujets, de faire des recherches.

Vous allez essayer d’anticiper votre joie et votre fierté, celle de vos proches peut-être aussi.

La visualisation est un excellent outil pour élargir le champ des possibles et envisager la meilleure version de vous-même.

Elle vous apporte une bonne dose de motivation et d’énergie. Et pourtant souvent ça ne suffit pas pour passer à l’action. Comment ça se fait ! 

Changement de regard 

Des tests scientifiques sur la motivation

Gabriele Oettingen, chercheuse et psychologue allemande, s’est justement penchée sur cette contradiction. Spécialiste de la motivation et du changement comportemental, elle a voulu tester scientifiquement l’efficacité de la visualisation à moyen/long terme.

Or, elle a été surprise de tirer des conclusions contre-intuitives.

Par exemple, selon ses études, les femmes qui fantasmaient le plus fort à propos de leur perte de poids et qui semblaient les plus galvanisées sont celles qui ont perdu le moins de kilos.

Autre domaine, celui des études et de la transition vers le monde du travail. Les étudiants qui rêvaient le plus de grandeur et de réaliser leurs ambitions sont ceux qui ont envoyé le moins de CVs et qui ont décroché les jobs les moins bien rémunérés.

Très éclairant également. Dans le domaine médical, sur une population de patients ayant vécu une opération de remplacement de la hanche. Eh bien, plus les patients s’imaginaient récupérer rapidement, moins c’était le cas. En fait, 2 semaines après l’opération, ils étaient capables de faire moins de pas que les autres patients.

En conclusion, la visualisation seule a des limites et serait contre-productive.

Dans son livre Rethinking positive thinking, Gabriele Oettingen démontre que la visualisation détend les sujets mais ne les motive pas à passer à l’action.

Voilà pourquoi les obstacles nous déstabilisent et on ne parvient pas à rester motivé.

Au contraire, anticiper les obstacles est utile à l’atteinte de nos objectifs ! La visualisation combinée à un bon sens des réalités est le bon cocktail pour réaliser ses projets. C’est ce que Gabriele Oettingen appelle le contraste mental. 

Le contraste mental

Par exemple. Je rêve de faire des travaux dans ma maison. Changer la salle de bain, refaire la cuisine. Je me dis ça serait tellement bien. Quel est le résultat ? Vous vous sentez bien en y pensant. Avec la visualisation, le cerveau se leurre en pensant qu’il a atteint l’objectif et ne lance aucune action.

En vérité, vous n’avez rien fait parce que vous avez négligé le fait que ce soit difficile de faire des travaux. Peut-être vous aurez besoin de trouver des artisans, de faire des devis, de coordonner des corps de métier et vous n’y pensez pas.

A contrario, si vous pensez à tous les obstacles, la saleté, les mois de travaux, les recherches, la gestion de l’inattendu, le budget… Vous vous attardez seulement sur la difficulté, alors vous ne ferez rien non plus ! 

Par contre, prenez le temps de penser aux deux. C’est-à-dire, ressentir comment la nouvelle salle de bain changerait votre quotidien. Votre nouvelle cuisine vous donnera envie de mitonner de bons petits plats et conjointement, vous réfléchissez aussi aux obstacles, le budget, le temps que ça va prendre… Alors vous aurez visualisé les deux choses dont vous avez besoin pour réussir. Et c’est ça le contraste mental. 

Motivé(e) avec la méthode WHOOP

C’est sur la base de ces constats que la chercheuse a développé la méthode WOOP.

WOOP est un acronyme anglais pour Wish – le souhait, Outcome – le résultat, Obstacle – les obstacles, Plan – le plan d’actions. Elle s’appuie sur 4 principes majeurs :

  •       Etablir des objectifs les plus spécifiques possible
  •       Se projeter dans le résultat
  •       Injecter une bonne dose de réalité en envisageant les obstacles qui vont se présenter
  •       Définir un plan d’actions pour affronter chaque obstacle

Ces principes sont la clef du changement comportemental qui va nous aider à rester motivé.

En pratique, comment faire ?

Choisissez un moment où vous êtes tranquille et détendu. Éliminez au maximum les distractions autour de vous et centrez-vous sur vous-même.

D’abord, vous allez réfléchir à votre souhait – le W de WISH. Vous pouvez vous aider de la Bulle de Bonheur #19 « Je fais des projets », de la # 24 « Je reconnais mes talents » ou de la #57 « Je sors de ma zone de confort ».

Ensuite, vous allez définir votre objectif le plus précisément possible. Il doit représenter un défi tout en restant réalisable.

Attention aux représentations et projections qui viennent de l’extérieur.

Ne choisissez pas en fonction des autres, plutôt pour vous-mêmes. Mais si vous avez de la difficulté à vous affranchir du regard extérieur, vous pouvez réécouter notre Bulle de bonheur #67 « Je me positionne par rapport aux autres » ou  la numéro 29 « Je dépasse mes croyances ».

Motivé, par exemple

Si votre souhait est d’être plus présent pour vos parents qui ont besoin d’aide. Vous allez définir précisément comment vous souhaitez le faire. Vous souhaitez être attentif et à l’écoute de leurs besoins.

Donc vous allez les appeler ou les texter deux fois par semaine. Vous passerez les voir toutes les semaines, même juste un petit coucou rapide.

Puis, vous allez prendre contact avec leurs voisins proches et leurs médecins pour être informés rapidement s’ils ont besoin d’une aide supplémentaire. Et vous allez peut-être leur proposer de leur trouver une aide-ménagère pour les soulager davantage et leur permettre de se reposer.

Motivé par le résultat

Puis visualisez le résultat – c’est le O de OUTCOME. Quand saurez-vous que l’objectif est atteint ? Mobilisez tous vos sens pour imaginer au mieux comment cela se manifestera.

Si vous souhaitez lancer une entreprise ou un projet associatif, imaginez le lancement de votre premier produit ou votre premier événement.

Pensez à la satisfaction de vos clients, à la joie de ceux que vous aurez aidés, aux articles de médias qui parleront de votre initiative, aux questions et aux félicitations de votre entourage.

Sentez la joie et la fierté vous envahir le cœur, concentrez-vous sur l’énergie qui se déverse dans vos muscles.

Troisième étape

Ensuite, passons à l’étape la moins agréable et la plus cruciale pour le succès de votre entreprise. Réfléchissez aux obstacles qui vont se dresser entre vous et votre objectif, le deuxième O pour OBSTACLES.

Essayez d’être exhaustif et d’envisager tous les scénarios possibles.

Par exemple, si je souhaite apprendre une nouvelle langue, je vais probablement faire face à la perplexité de mon entourage : « pourquoi faire ? Est-ce que c’est vraiment utile ? ». Je vais aussi devoir trouver un moment régulier pour apprendre du vocabulaire et de la grammaire avec un manuel.

Je vais devoir me poser la question de la pratique à l’oral, de comment vérifier mes connaissances et suivre mes progrès. Je vais faire face à de multiples sources de distractions : mon téléphone, internet, l’envie ou la nécessité de faire autre chose au moment où j’avais prévu de travailler.

Enfin, surmonter les obstacles

Et pour terminer, vous allez bâtir un plan pour surmonter chaque obstacle, le P de PLAN.

Gabrielle Oettingen appelle ça le « If…then… » – « si…alors je… ». Cela peut passer par des pensées, des réflexes de méditation ou de respiration, des phrases, des actions…

Exemple

Par exemple, si vous souhaitez faire un régime, plusieurs obstacles peuvent se présenter.

Avec le télétravail, vous allez avoir plus d’occasions de grignoter. Plutôt que de vous mettre la barre trop haut et vous interdire toute nourriture hors de vos 3 repas quotidiens, vous pouvez supprimer les mauvais snacks. Au contraire vous vous préparez un stock d’encas savoureux et bons pour la santé.

Vous pouvez demander à votre conjoint de faire les courses à votre place en respectant scrupuleusement la liste que vous aurez faite. Vous pouvez aussi vous autoriser une seule pause collation dans la matinée et dans l’après-midi.

Vous pouvez adopter un réflexe physique que vous attachez au résultat que vous voulez atteindre.

Par exemple, vous croisez discrètement les doigts ou cognez vos talons deux fois et hop, l’image de votre bien-être en maillot de bain vous revient.

Vous pouvez aussi préparer un petit speech. Vous pouvez enfin décliner les propositions de repas et apéros avec des amis (pas difficile pendant le confinement) et proposer plutôt des promenades.

L’efficacité de la méthode WOOP

La méthode WOOP a démontré son efficacité car elle apporte des bienfaits à long terme.

  •       Cibler clairement ses envies et éviter de se disperser. La méthode WOOP permet de trier nos désirs en les mettant à l’épreuve de la réalité. Cette étape nous permet de différencier les envies irréalisables des objectifs atteignables. Ainsi, nous sélectionnons naturellement des buts réalistes.
  •       C’est justement en sélectionnant des buts réalistes que nous sécurisons notre motivation à moyen long terme. Rester motivé en se nourrissant de nos succès passés ou de ceux que l’on imagine. Avec WOOP, nous plaçons la barre au bon endroit : à la fois nous nous mettons au défi et nous gardons les pieds sur terre.
  •       En préparant un plan pour gérer les difficultés qui vont se présenter, la méthode WOOP apporte un sentiment de contrôle sur les événements. Nous courrons moins le risque d’être surpris et ébranlés par un obstacle puisque nous y avons pensé et nous avons un plan en tête.
  •       Enfin, elle génère un changement de comportement. C’est le prérequis au changement de long terme. Avec WOOP, nous faisons plus qu’atteindre un objectif ponctuel, nous gagnons des ressources pour nous mettre en action en vue d’autres projets, d’autres développements de notre personnalité.

En bref 

  •       Nous ne sommes pas motivés de façon linéaire et la motivation a tendance à baisser avec le temps et la mise à l’épreuve de la réalité
  •       Visualiser le résultat de nos efforts nourrit notre créativité et notre envie de réaliser nos projets
  •       La méthode WOOP confronte nos projets avec la réalité pour nous maintenir motivés et en action
  •       Le WOOP nous aide à accomplir nos rêves et à adopter des changements comportementaux profonds et long terme

A vous de jouer !

2 minutes pour repenser à un de vos projets et vous demander quels obstacles vous avez rencontrés et comment vous pourriez y remédier ! 

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