La joie

Les nouvelles recherches autour des effets des émotions ont montré que celles qui sont agréables, telle que la joie, traduisent non seulement un état de bien-être de la personne mais permettent également de contribuer à son épanouissement.

La joie fait partie des émotions de base, appelées aussi primaires… Primaires  comme l’explique Paul Ekman (psychologue américain considéré comme un des pionniers dans la recherche sur les émotions). En effet ces émotions sont génétiquement pré-programmées, et sont à l’origine de toutes les autres. La joie sera ainsi à l’origine d’émotions secondaires comme l’enthousiasme, la gaieté, l’excitation. Mais aussi d’émotions sociales, c’est à dire inhérentes à la relation aux autres. Être amoureux ou se sentir flatté par exemple.

Degrés d’intensité

Comme toutes les émotions, la joie a plusieurs niveaux d’intensité : sérénité, paix, gaieté, excitation, euphorie pour en citer quelques uns… Cette grande palette de nuances montre aussi que la joie peut être intérieure ou extérieure.

De même, comme ses consoeurs, la joie ne dure pas dans le temps. C’est d’ailleurs ce qui la distingue du bonheur qui lui, s’inscrit dans la durée.

La joie suit le processus émotionnel classique. Un élément déclencheur (stimuli externe ou interne) – des sensations physiques – un comportement réactif – un message transmis.

Élément déclencheur

L’élément déclencheur de la joie est la satisfaction.

Satisfaction d’aimer et être aimé, de partager, de se réaliser, d’échanger. Ou encore de se sentir appartenir à un groupe, de réussir.

Manifestations physiques

Comme nous l’avions dit lors de notre podcast Bulle de Bonheur #5 “je nomme mes émotions”, le langage du corps est très présent dans l’univers émotionnel. Il est aussi très utile aussi pour décrypter une émotion, chez soi et chez les autres.

Les manifestations physiques de la joie touchent tout le corps. Que ce soient le visage (regard, sourire, sourcils…), le thorax, les jambes. Mais également le ton de la voix (plus chaleureux), le débit de paroles (plus rapide), la peau (carnation rosée) ou des sensations plus intérieures comme sensations de chaleur, de détente, d’excitation.

Au niveau du cerveau. La joie déclenche la sécrétion de l’ocytocine, molécule de la relation aux autres, de l’amitié, de l’amour. C’est l’hormone du lien, de l’affection. Elle accroît le sentiment de confiance.

Sécrétions d’hormones de la joie

L’ocytocine déclenche elle même la sécrétion successive de plusieurs molécules, dites « molécules du bonheur ». La dopamine (hormone du plaisir), la sérotonine (hormone de la bonne humeur), l’adrénaline (hormone de l’excitation).

Il a été observé que cette sécrétion est stimulée par :

– des interactions harmonieuses

– le plaisir partagé

– un simple échange de regard bienveillant

– une stimulation sensorielle (mots doux, tétée, geste tendre, eau chaude…)

– la gratification

– l’exercice physique

A l‘inverse, le stress en bloque la sécrétion. Situations de compétitivité et comparaison vont par exemple générer du stress. Privilégiez donc plutôt la collaboration, la coopération et l’instant présent.

Manifestations comportementales de la joie

On dit souvent que la joie est l’émotion de l’énergie positive. Elle donne de l’élan, pousse à l’action, favorise l’optimisme. Elle dynamise et donne envie d’avancer. Elle est donc souvent associée à la réalisation de soi et la réussite.

Message :” j’ai atteint un but, j’ai réussi quelque chose. J’ai besoin de renouveler pour mon mieux-être”.

Comme pour les autres émotions, la joie se manifestera de différentes manières selon les personnes, en fonction de leur culture, leur éducation, leurs expériences de vie. Elle n’aura pas la même intensité ni les mêmes aspects.

Influence sur la pensée

Cette culture peut influencer directement un autre paramètre observé par les thérapeutes dans le processus émotionnel : les pensées. Notamment celles qu’on appelle fausses croyances ou pensées automatiques irréalistes.Celles-ci jouent un rôle important sur les stades 2 et 3 du processus.

Exemple pratique

Illustrons ce processus par un exemple pratique :

1- évènement : j’apprends que je vais avoir une belle augmentation de salaire (stimuli extérieur)

2- sensations physiques : j’ai les yeux qui pétillent et je sens le sourire se former sur mes lèvres. Mes joues chauffent ; une onde d’énergie m’envahit, j’ai envie de chanter et de rire.

3- comportement : j’appelle mon conjoint pour lui partager la bonne nouvelle et envoie un texto à ma meilleure amie. J’envisage la fin de ma journée avec optimisme et enthousiasme. Et je termine mon dossier en cours avec une efficacité que je n’aurais jamais soupçonnée.

4 – message transmis par mon cerveau : j’ai atteint un but et je suis reconnue.

La pensée automatique

Une pensée automatique aurait pu venir déformer un peu cette réalité. Imaginons qu’enfant, j’ai appris que montrer sa joie devant les autres n’était pas un comportement adapté. Aussitôt que la joie m’envahit, cette croyance limitante me vient à l’esprit. Elle me limite dans mon envie de partager ma joie, et mon élan d’énergie perd de sa force. Elle impacte donc directement mes sensations et mon comportement.

A propos de fausses croyances, nous pourrions aussi évoquer l’idée encore souvent présente dans le monde du travail, qu’être joyeux empêcherait d’être sérieux. Comme si la personne qui sourit, qui rit, envoie le message qu’elle prend les choses à la légère. Ou qu’elle manque de concentration, bref, qu’elle a un comportement qui n’est pas adapté à son univers professionnel.

A l’inverse, nous pouvons aussi avoir appris que la colère ou la tristesse ne devant pas être montrées, ”il faut” être joyeux. On fait donc semblant d’être heureux car c’est ce qu’on attend de nous.

La joie est spontanée

Mais vous l’aurez compris, les mécanismes émotionnels nous ont montré que la joie est spontanée, déclenchée par un événement précis. Donc si elle peut être feinte en apparence, elle n’aura pas les effets énergisants et de bien-être que nous avons décrits plus haut.

La joie est l’émotion à cultiver sans modération !

 

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Savoir profiter de la joie

Pour profiter pleinement de cette énergie nourricière que nous offre la joie, il est donc essentiel de savoir profiter de la joie. C’est à dire, une fois encore, être dans l’instant présent. Se laisser envahir par ce sentiment de bien-être, de satisfaction devant le but atteint. Cela signifie mettre de côté à ce moment précis notre petite voix intérieure. Elle pourrait avoir la fâcheuse tendance de nous déconnecter de l’instant pour nous ramener dans le passé ou nous emmener dans l’avenir. Il nous faut aussi savoir réfuter les fausses croyances que nous pourrions avoir.

Il s’agit par conséquent de faire un arrêt sur image, être à 100% dans la réalité objective de l’instant.

Imaginons que j’ai organisé l’anniversaire surprise de ma meilleure amie, savourer ma joie implique que :

  • je reconnais que j’ai contribué à cette réussite,
  • je me laisse envahir par une douce sensation de satisfaction et de détente,
  • et je ris, je danse, je partage ma joie d’être là,
  • sans penser au lendemain (“comment vais-je ranger ?”, “comment vais-je assurer au travail en ayant dormi si peu ?”…).

La science a par ailleurs démontré qu’on peut entraîner le cerveau au bien-être. En fait, il s’agit d’activer la partie du cerveau  (cortex préfontal gauche) où se trouve la zone des émotions positives comme la joie. Ainsi, rire, évoquer un souvenir heureux ou encore méditer permet de faire réagir cette zone qui agit sur l’inhibition de l’amygdale (stress) et la libération des hormones du plaisir.

Alors, allons « muscler » cette zone de notre cerveau, nous en avons le pouvoir !

En bref

1 – La joie suit le même processus que les autres émotions. : Élément déclencheur, manifestations physiques, comportement, message.

2 – Elle est un moteur de vie et un “aimant relationnel”.

3 – Je peux consommer la joie sans modération et la partager à volonté.

4 – J’ai le pouvoir de créer quotidiennement de la joie, pour moi et pour mon entourage.

En pratique

Je pense à un moment où j’ai éprouvé de la joie ou à une situation future qui va me procurer de la joie. Chance incroyable, notre cerveau ne réagit pas uniquement dans l’instant présent, il réagit aussi positivement à l’évocation d’un événement heureux passé ou futur !

Pour que cette évocation soit efficace, n’hésitons pas à rechercher des exemples d’exercices de relaxation ou de visualisation (les livres, les magazines et Internet en regorgent). Ces exercices favorisent la sécrétion d’endorphines et permettent de réactiver des moments de joie. Elles sont des ressources précieuses notamment en cas de moments moins joyeux.

Je dresse une liste de mes petites joies quotidiennes, et je la savoure !!

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