La déception est une de mes plus grandes peurs. Je crains de décevoir mon boss en lui remettant cette prez si importante. Question perso, j’ai été déçue de mon dernier chrono pour le semi-marathon. Sans parler de ma sœur tellement déçue d’avoir eu un 3ème garçon. Et ma mère qui ne me soutient pas quand je lui parle de mes inquiétudes.  Mais aussi que dire à ma super copine qui galère en amour et accumule les déceptions amoureuses. Même si j’ai bien conscience que c’est sûrement normal de vivre des déceptions, ça me chicotte.

Puis-je éviter les erreurs d’appréciation et éradiquer cette émotion désagréable ou dois-je accepter les déceptions qui jalonnent mon existence ?

 

 

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Comment expliquer une déception

Nous sommes tous confrontés à la déception, moi la 1ère ! Bien souvent, je me demande si mon podcast Bulle de Bonheur vous plait. Quand je choisis les thèmes, allez-vous aimer, serez-vous déçus ?

Les déceptions jalonnent notre vie. Déception amoureuse quand les belles promesses tombent à l’eau, déception amicale de l’ami qui ne nous soutient pas en cas de coup dur, déception professionnelle d’une promotion avortée ou d’une recherche de travail qui n’aboutit pas. Ou encore déception sportive quand les espoirs de réussite de mon équipe préférée sont ruinés. Il est clair que la déception est une émotion qui s’inscrit dans le grand registre de la tristesse et donc en lien avec une situations de perte. Il s’agit d’accepter une perte par rapport à un idéal donné, par rapport à souhait, une attente. Rappelons-nous, la tristesse est une émotion qui nous pousse au retrait. Un retrait salvateur quand il n’est pas durable bien sûr car il nous permet de digérer. #64 J’accepte la tristesse

La déception indique non seulement une insatisfaction, mais encore qu’il y a un écart entre les attentes et ce qui se passe réellement. Cela est décrit dans La vallée de la déception de James Clear. Il s’agit d’un phénomène identifié qui évalue l’écart entre ce que nous croyons qui allait se produire et ce qui s’est produit dans la réalité. Ce passage de désert est normal. Le reconnaître, l’accepter et y mettre une dose de persévérance et d’effort permettent de le traverser plus sereinement et franchir le moment décisif. Qui n’a pas vécu ces moments en couple, au boulot dans son aventure entrepreneuriale ?

 

D’où viennent nos déceptions ?

Nous pensons que lorsque nous achèterons le nouvel iPhone, que nous filerons le parfait amour, que nous aurons une augmentation, nous allons nous maintenir à ce niveau de bonheur tant espéré. Eh bien en fait, non. Ceci est une illusion.

Nous pensons qu’une fois en possession de ce dont nous rêvons, qu’enfin nous sommes arrivés, mais ce n’est pas le cas. Dan Gilbert et ses collègues ont créé le biais d’impact pour expliquer ce phénomène. C’est l’idée que nous avons tendance à surestimer l’impact émotionnel des choses sur nous de deux manières. À la fois en termes d’intensité et de durée. Nous pensons qu’elles vont être plus intenses qu’elles ne le seront au moment où elles arrivent. Et nous pensons que cela va durer plus longtemps qu’en réalité. cf T. Gilbert (2003). Affective fore casting. Il s’agit de la tendance qu’ont les individus à surestimer l’impact qu’auront certains événements à venir sur leur expérience émotionnelle.

Étude sur les déceptions

Aiden, un chercheur américain, a étudié les jeunes passant leur permis de conduire pour essayer de voir s’ils s’améliorent et réduisent le biais d’impact au fil du temps et des expériences. Certains d’entre vous l’ont peut-être vécu, vous pouvez passer le permis de conduire plusieurs fois de suite avant de l’obtenir. En le passant, vous prédisez : « A quel point serai-je heureux si je réussis. » Pour ceux qui ont raté, vous avez été sûrement déçus si vous avez échoué. Et en fait, la déception n’est pas aussi grande qu’imaginée.

Venons-en à notre étude. Les chercheurs ont étudié les prévisions de niveau de satisfaction des jeunes s’ils réussissaient leur permis. Puis ils se sont concentrés sur ceux qui avaient raté leur examen de conduite. Et ils ont mesuré leur niveau de satisfaction en cas de futur réussite. Enfin, ils ont vérifié s’ils étaient plus réalistes au fur et à mesure qu’ils le rataient à nouveau. La question est de savoir si le biais d’impact avec plus d’expérience sera plus faible s’ils échouent un certain nombre de fois avant. La réponse est non. Chaque fois que vous échouez, vous continuez de vous tromper sur la prédiction suivante. Nous ne dépassons pas le biais d’impact en acquérant plus d’expérience, ce qui est un peu triste.

Déceptions amoureuses

Que dire de la rupture amoureuse. C’est un cas de déception bien difficile à gérer. Déception sur la vision de l’avenir imaginée en commun. Déception de faire de la peine à ses enfants, à ses parents, à ses amis, déçus d’avoir échoué. Au moment de la rupture, les plus grandes peurs sont l’intensité de l’émotion et la peur de sa durée. Sans parler bien sûr de la peur d’abandon et le sentiment de rejet.

Concentrons-nous sur l’intensité et la durée de ce sentiment désagréable. Paul Eastwick et ses collègues ont examiné la question et il s’avère que nous nous trompons.  Les personnes se sentent en général mieux que ce qu’elles imaginaient. Nos prédictions sont souvent fausses. #183 Je rebondis après une déception amoureuse

En fait, nous ne nous améliorons pas en prédiction mais pourquoi sommes-nous si mauvais ? Qu’est-ce qui nous embrouille ? Pourquoi ne pouvons-nous pas voir à quel point nous allons être résilient ?

 

Comment guérir de la déception

La psychologie positive considère que certaines attitudes empêchent ou freinent la progression vers le chemin de la satisfaction. Car plus nous mettons la barre de notre idéal haute et plus nous nous exposons à la déception. Nous manquons de réalisme et nous pouvons même être utopique. C’est la porte à l’excès, la dépendance, la désillusion. La déception naît de l’erreur d’appréciation. En visant un objectif réalisable ou réaliste, si déception il y a, elle va agir comme un moteur. La déception sera alors favorable à notre progression. Il est clair qu’avoir un idéal est indispensable, c’est un moyen de mettre du sens dans sa vie.

Comme la colère, la déception peut être constructive ou destructive. C’est ce que nous allons en faire qui fera qu’elle nous fera grandir ou non. Si vous avez eu la chance d’avoir des parents qui vous ont éduqué à la déception, vous pouvez commencer par les remercier ! C’est le socle incontournable de toute éducation : apprendre à ses enfants à gérer et tolérer la frustration, l’ennui et la déception. A l’échelle d’une vie, il y en aura des déceptions… Impossible d’y échapper.

 

Chacune de nos déceptions est une occasion d’ajuster ce qui sépare nos désirs de la réalité

Chacune de nos déceptions est une occasion d’ajuster ce qui sépare nos désirs de la réalité. C’est en somme un travail de deuil. Plutôt que de fuir, regardons les choses en face avec bienveillance. Prenons le recul nécessaire et tentons de comprendre pourquoi nous sommes dans cette situation et comment l’éviter à l’avenir. Grandissons ainsi de la leçon que nous venons de recevoir.

Que se passe-t-il quand nous n’y faisons pas face ? Soit nous nous attribuons dès lors  l’entière responsabilité de la situation vécue. Notre discours mental, délétère, est de l’ordre du « Je suis nul », « Je n’y arriverai pas », « Personne ne m’aime ». Soit nous sommes la victime d’une société injuste, les témoins de l’égoïsme humain. La déception est dans ce cas démotivante et démoralisatrice. Nous sombrons dans la critique. Loin d’être libératrice, au contraire, elle nous enferme dans nos peines et nous empêche d’avancer. Je dis souvent que pour avancer, il vaut mieux regarder par le pare-brise qu’uniquement par le rétroviseur. D’ailleurs, si la taille du rétro est carrément plus petite que celle du pare-brise, c’est pour une bonne raison !

Il est essentiel d’accepter d’être déçu. Et même d’accepter de décevoir les autres, c’est-à-dire s’affirmer en sortant de l’idéal d’autrui. Comme dire NON à ma voisine qui veut me refiler ces enfants, dire NON à mon enfant qui veut la tablette en semaine. Ou encore dire NON à mon ado qui veut sortir, éclipser la demande de mon conjoint qui a envie d’intimité. #38 J’apprends à dire NON

Du moment où je sais être déçu(e) et le gérer, je n’ai aucune difficulté à envisager que l’autre puisse être déçu et sache à son tour gérer sa déception.

 

La résilience un moyen pour accepter les déceptions

Nous sommes parfois ignorant de la puissance de notre système immunitaire psychologique comme l’appelle Dan Gilbert, notre chercheur à Harvard. Que veut-il dire par là ?

Il veut dire que nous avons cette tendance à nous adapter et faire face aux événements négatifs. Nous sommes en fait assez résilients. Et même en fait beaucoup plus résilients que nous ne le pensons parfois. Évidemment, nous n’aimons pas quand des choses pas tops nous arrivent. Nos esprits n’aiment pas quand nous nous sentons mal. Et nous utilisons des mécanismes pour nous faire nous sentir mieux quand on se sent vraiment mal.

Par exemple, nous vivons une rupture. Allez-vous juste vous asseoir là et vous lamenter dessus ? Non. Vos amis vous sortiront et vous mangerez des glaces ou vous irez sur Internet et regarderez des photos de chiots. 

Nous ne sommes pas piégés dans cet horrible événement qui se produit. Nous avons beaucoup de résilience pour surmonter les choses. Vous n’êtes pas coincé(é) dans cet événement. Vous avez des mécanismes pour vous faire sentir mieux et vous utilisez ces mécanismes beaucoup plus que vous ne le pensez. Nous en avons tout un ensemble très puissant pour nous sortir de l’idée que nous sommes une mauvaise personne ou que tout est vraiment horrible quand des choses négatives arrivent. Ce qui est fou, c’est que nous ne réalisons pas que nous en avons. Nous oublions constamment à quel point nous sommes vraiment résilients. Et cela signifie que nous faisons de mauvaises prévisions, et que vous ne savez pas à quel point vous êtes puissants et résilients. #65 Je deviens résilient

 

Accepter la déception permet de dépasser les expériences déstabilisantes

Et si nous évitions de voir dans la déception un mauvais tour que nous joue la vie ? Mais plutôt une occasion de révéler notre capacité à dépasser les expériences déstabilisantes ?

Les échecs, nous en avons tous vécus et nous en vivrons tous encore. « S’il semble difficile de changer cette évidence, nous avons en revanche le pouvoir de mieux gérer nos échecs, d’en diminuer l’intensité et d’en faire de réelles sources d’apprentissage et de croissance » comme je le dis dans le #34 Je surmonte mes échecs.

Nous avons parlé du regard positif des parents sur leur enfant qui tombe des centaines de fois (2000 fois en moyenne paraît-il !) avant de savoir marcher.

Nous pouvons aussi faire référence à des personnes célèbres comme Thomas Edison qui a déposé plus de 1.000 brevets. Il a fait face à chaque fois à une longue série de ratés. Pour créer la première ampoule électrique, il a dû s’y reprendre des milliers de fois. Vous imaginez les déceptions qu’a pu vivre Thomas Edison ! Ces exemples témoignent de la nécessité de passer par des échecs pour mieux réussir après. Comme les Nord-Américains l’enseignent très tôt à l’école, l’échec fait partie de notre processus normal d’apprentissage. Dans cette vision, l’erreur a une signification beaucoup plus positive : elle est mieux acceptée car on la voit comme un indicateur positif. Elle nous montre ce que nous devons travailler, améliorer ou encore ce que nous devons éviter. Car oui, chaque échec est porteur d’une leçon !

Comment dépasser une déception ?

Nous pouvons changer durablement pour mieux ajuster nos attentes, cela nécessite de le faire petit à petit… Apprendre à réajuster, c’est le travail de toute une vie. Le principe, nous le connaissons ; le mettre en œuvre est une autre affaire. Soyez patient et persévérant et rappelez-vous, même si accepter une déception prend du temps et est un chemin de deuil, les choses potentiellement désagréables que nous croyons capables de nous détruire, finalement ne le sont pas !

 

Les déceptions en 3 points

  • Sont inévitables
  • Permettent d’ajuster les attentes
  • Font appel à notre capacité de résilience

 

A vous de jouer chers auditeurs, la carte de 2 minutes de bonheur vous propose de vous souvenir d’une déception que vous avez surmontée.

La petite Mousse nous vient de la chouchoute de Raphaëlle, Brene Brown « Une attente est une déception tapie dans l’obscurité. »

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