Je me positionne par rapport aux autres - 2 minutes de bonheur

Je me positionne par rapport aux autres

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Nous sommes confrontés quotidiennement aux autres, à leurs regards, à leurs comportements, à leurs actions. En effet, à moins de vivre totalement reclus et en parfaite autarcie, nous sommes des êtres de relations et nous vivons dans un monde d’interactions. Comme le dit Florence Servan-Schreiber, “personne n’est un îlot. Nous fonctionnons dans une communauté et sommes directement affectés par les échanges qui s’y établissent.”

Nous avons déjà pu évoquer dans certains de nos podcasts l’influence du regard de l’autre, un regard qui a souvent tendance à nous limiter car nous avons peur du jugement, de l’échec, du rejet … (Bulle de Bonheur #7 se faire confiance, #21 lâcher prise, #29 dépasser ses croyances …). Pour certains, le poids de ce regard peut être plus difficile à porter que pour d’autres. Ce poids est directement en lien avec notre estime de soi, car le regard que nous portons sur les autres dépend de l’image que nous avons de nous-même et non de la personne ciblée (c’est bien pour cela qu’un conférencier par exemple inspirera des sentiments très différents selon les personnes : admiration, curiosité ou ennui, exaspération, mal être).

S’il est important de savoir se détacher de regard de l’autre (“ce que l’autre pense de moi ne me définit pas en tant que personne, car mes actes ne définissant pas ma valeur profonde”), il est important également de voir aussi dans ce regard un allié qui peut nous apprendre ce qui peut être amélioré ou modifié chez nous. Notre entourage est en effet une importante source d’informations sur nous même (souvenez-vous du rôle des émotions ; ainsi si un regard peut déclencher la peur, la surprise ou encore la colère, ces émotions sont autant de messages qui peuvent nous révéler des besoins à combler et donc favoriser notre développement personnel). 

Aujourd’hui, nous aimerions aller plus loin que le seul regard des autres, et nous inspirer d’Eric Berne, fondateur de l’Analyse Transactionnelle, pour observer de plus près la manière dont nous nous situons face aux autres. Eric Berne, en collaboration avec Franklin Ernst, a décrit 4 “positions de vie”, qui permettent de mieux nous connaître et donc de mieux comprendre notre positionnement par rapport aux autres. 

Ces positions de vie se caractérisent par une perception positive ou négative de soi et des autres, elles se définissent donc selon la valeur que nous accordons aux autres et à nous-même. 

1 – “je ne m’accepte pas et j’accepte les autres” (-/+)

J’accorde donc une valeur positive aux autres (ils ont de bonnes idées, réalisent des projets intéressants, réussissent leur vie de famille, de couple …) tandis que je me dévalorise (je fais moins bien, je n’y arrive pas, je n’ai pas de succès …). C’est une position où j’estime que je ne suis pas à la hauteur et où je survalorise en général l’avis des autres. Je n’ai pas confiance en moi et j’ai tendance à me rabaisser. Ce regard va évidemment influencer mon comportement, et je serai généralement dans une attitude de fuite ou de soumission, qui peut mener à la dépression.

2- Je m’accepte et je n’accepte pas les autres” (+/-)

C’est la position inverse, au lieu de me soumettre, je domine car j’estime que je suis meilleur que les autres, que c’est moi qui ai raison ou que les autres ne valent rien.

Pour Eric Berne, c’est une position qui renvoie souvent à une enfance qui a manqué de soutien et de sécurité, où il a fallu “se battre pour exister” ou à une enfance sans cadre, sans aucune limite ferme et bienveillante. A l’âge adulte, cela peut alors se traduire par un certain mépris pour les autres (“je m’en sors tout seul”, “je n’ai pas besoin des autres pour y arriver”), un sentiment de supériorité (“les autres sont incapables”, “je dois m’imposer”) ou une attitude “sans foi ni loi”. Cette position de domination ou de dévalorisation, contrairement à la première impression, ne dénote pas une haute estime de soi, mais en révèle au contraire une réelle perturbation.

3 – “Je ne m’accepte pas et je n’accepte pas les autres” (-/-)

Dans cette position, la valeur négative concerne aussi bien les autres que soi-même. “Rien ne vaut la peine”, “il n’y a rien à faire”,  “je n’ai confiance en personne, ni en moi ni dans les autres”. J’adopte une posture de démission

Derrière cette attitude d’abandon et de pessimisme, il y a généralement beaucoup de colère contre le monde, et le sentiment d’une vie qui n’a aucun sens. Poussée à l’extrême, cette attitude peut conduire au suicide ou à l’hospitalisation psychiatrique.

4- “Je m’accepte, je reconnais ma valeur et j’accepte les autres en reconnaissant leur valeur” (+/+)

Vous l’aurez deviné, c’est une position qui traduit une bonne estime de soi et une tolérance et une ouverture à la différence. Elle s’inscrit dans une réciprocité d’écoute mais aussi de respect. Chacun a conscience de la valeur de l’autre et se considère sur un même niveau d’égalité, tout en faisant preuve de réalisme (j’accepte la part d’ombre et de lumière de chacun). Cette position va générer une envie d’aller de l’avant, et considère les rapports sous l’angle de la coopération et du partage.

Ces 4 positions font écho à ce que nous avions dit sur l’autorité (Bulle de Bonheur #52), notamment les 4 formes d’autorités couramment identifiées : autoritarisme, permissivité, démission, autorité bienveillante, où nous retrouvons finalement les mêmes postures : domination, soumission, démission, coopération. Postures que nous pouvons tenir tour à tour ou adopter selon les situations, les contextes ou encore nos interlocuteurs. En fait, chacun de nous, pour des raisons variées, a adopté de manière inconsciente une position de vie, dite préférentielle ou dominante, qui va guider sa vie et ses relations. Dans les moments difficiles, tendus et de stress, cette même position peut refaire surface ou laisser la place à une autre position.

L’objectif n’est pas d’être dans la position +/+ en permanence, mais de savoir repérer dans quelle position nous nous trouvons ou à quel moment nous basculons dans une position inadaptée. Ce repérage est important pour pouvoir nous rééquilibrer et tendre ensuite vers la position +/+ qui est celle qui va faciliter nos relations avec les autres et avec nous-même.

Et j’apprenais à rééquilibrer mon positionnement ?

Opérer un rééquilibrage, c‘est réaliser un travail sur l’image que nous avons sur soi et/ou sur les autres. Selon nos positions, il s’agira donc de prendre conscience de sa valeur et de celles des autres, ou encore de travailler sur son égo ou ses freins psychologiques. 

En pratique

  • Identifier sa position de vie : si le sujet vous intéresse, vous trouverez dans des ouvrages sur l’analyse transactionnelle et même sur Internet, des tests “auto-diagnostic des positions de vie” qui vous permettent de connaître quelles sont les positions de vie que vous privilégiez. Une dizaine de thèmes vous est présentée (style de commandement, gestion des conflits, attitude face aux règles, humour, attitude face aux règles …), avec pour chacun 4 réponses possibles (par exemple : les conflits sont utiles, je n’aime pas les conflits, ce n’est pas mon affaire, je pense d’abord à ce que j’ai à faire). En fonction des résultats obtenus, vous pouvez connaître vos positions dominantes.

Cet auto-diagnostic permet de mieux comprendre nos relations tant personnelles que professionnelles, et d’identifier les positions que j’adopte en fonction des situations et des personnes : comment je me situe dans ma famille, avec mes amis ou encore avec ma hiérarchie, mes collègues ? Mes relations sont-elles contre-productives (-/+ et +/-), me font-elles sombrer (-/-) ou au contraire grandir (+/+) ? 

Par exemple, comment je me positionne en cas de conflit dans mon couple ? Est-ce que je fuis ? Ai-je besoin d’avoir le dernier mot et montrer que j’ai raison ou au contraire, est-ce que je conclus rapidement que j’ai tort et que mon conjoint a de toutes façons toujours un avis très pertinent ? Ou alors, je prends en compte l’avis de mon conjoint tout en lui expliquant le mien, et je cherche avec lui/elle une solution qui réponde au mieux à nos différents besoins ? 

  • Dépasser ses fausses croyances : nos positions de vie sont reliées aux croyances que nous portons sur nous-mêmes et sur les autres, du fait de notre éducation, de nos expériences et de notre environnement. Travailler sur ces croyances est donc un outil très utile pour se rééquilibrer, pour renforcer l’estime de soi et la confiance dans les autres mais également augmenter son ouverture d’esprit et déployer son potentiel. Comme un disque dur, nous pouvons dé-programmer une fausse croyance et ré-initialiser notre cerveau. Nous vous invitons pour cela à écouter ou ré-écouter le podcast que nous avons fait sur ce sujet (Bulle de Bonheur #29). 
  • Selon la position de vie identifiée, booster la confiance en soi (Bulle de Bonheur #7), décoller les étiquettes (Bulle de Bonheur #36) ou pratiquer l’altruisme (Bulle de Bonheur #8 – je soutiens mon entourage, Bulle de Bonheur #28 – j’apprends à écouter, Bulle de Bonheur #44je fais des compliments) : chacun de ces axes d’action vous aidera à trouver un meilleur équilibre entre valeur personnelle et valeur accordée aux autres.

En bref

  • Les positions de vie permettent de mieux comprendre nos relations aux autres et notre niveau d’estime de soi, et facilite de ce fait la communication et la qualité de nos interactions.
  • Elles se déterminent en croisant les deux axes ”ce que je vaux » et « ce que vaut l’autre », et conduisent à identifier 4 positions principales : domination, soumission, démission, coopération, soit 4 types de comportements : “je me débarrasse de l’autre”, “je fuis l’autre”, “je reste dans l’impasse” ou “je vais de l’avant avec l’autre”.
  • Pour trouver l’équilibre entre la valeur que je m’accorde et la valeur que j’accorde aux autres, nous devons d’abord identifier là où il y a déséquilibre pour ensuite le combler en travaillant sur soi (confiance en soi, croyances, étiquettes) et/ou sur sa vision des autres. 

 

Allez hop, je me lance ! 

2 mn pour choisir un domaine où vous allez faire votre auto-diagnostic et trouver votre position de vie dominante. Comment cette position de vie se traduit-elle concrètement (avec qui, quand, comment, pourquoi ?) dans votre quotidien personnel et professionnel ? Et que pourriez-vous faire pour être plus équilibré (position +/+) ?

 

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