La consolation… Je me sens souvent inutile quand quelqu’un se confie à moi. Qu’est-ce qu’il ou elle attend de moi au juste ?

Souvent, je ne peux rien changer à leurs émotions ou à leur souffrance, je me sens prise de court et j’ai l’impression que rien de ce que je pourrai dire ou faire ne changera la donne.

Le pire est lorsque cette amie est venue vers moi pour m’annoncer son divorce, je me suis sentie désarmée. Comment consoler ?  En plus, souvent, lorsque je traverse moi-même des épisodes de profond spleen, je trouve toujours quelqu’un pour trouver des solutions à ma place et rarement pour me laisser vider mon sac.

J’ai l’impression que la souffrance dérange, qu’il faudrait l’évacuer rapidement. Et là ça me chicotte : sommes-nous incapables d’apporter un réconfort aux autres ? Vaut-il mieux traverser nos tristesses, nos deuils et nos cafards seuls ?

La consolation à travers un ouvrage

Pour cet épisode, nous nous sommes plongés dans la lecture du dernier ouvrage de Christophe André, Consolations, Celles que l’on reçoit et celles que l’on donne. Christophe André est un psychiatre et psychothérapeute français, il exerce à l’hôpital Sainte Anne à Paris. Il est un des pionniers des thérapies comportementales et cognitives en France. Il s’est notamment beaucoup intéressé aux bienfaits de la méditation en pleine conscience. Dans cet essai paru cette année, il nous emporte sur le chemin de l’empathie et du lien aux autres.  

Consolation et lien social

Nous sortons d’une période où le lien social a été mis à mal. Nous sentant à la fois solidaires et parfois totalement isolés dans cette pandémie mondiale, avons-nous perdu une partie de notre aptitude à créer du lien social et des relations profondes ? Pourtant, comme nous vous l’avions partagé dans notre épisode #79 Je créé du lien social, le lien social est une des composantes fondamentales du bien-être durable.

Nous faisons en plus chacun ce que nous pouvons pour être résilients podcast #65 la résilience. D’ailleurs, Christophe André nous parle du pouvoir de la connexion aux autres.

La consolation, qu’est ce que c’est ?

Commençons par le commencement : qu’est-ce que l’acte de consoler ? Je cite le psychiatre « Consoler, c’est souhaiter soulager une peine ».

  • Souhaiter : sans garantie d’y arriver.
  • Soulager : sans avoir le pouvoir d’effacer la source de la souffrance.
  • Une peine : toutes les adversités auxquelles nous faisons face et qui font remonter des émotions inconfortables.

Ce sont donc tous les gestes et attentions que nous pouvons proposer à quelqu’un qui souffre pour l’accompagner dans l’immédiat. Et ainsi l’aider à continuer de vivre à plus long terme.

La consolation n’est pas une recherche de solutions, c’est une aide pour alléger la charge du réel. Consoler ce n’est pas un acte dirigé contre la source de la souffrance mais vers la personne qui souffre.

Je me souviens de toutes ces fois où j’ai été extraordinairement maladroite en cherchant des solutions aux problèmes que mes amies me confiaient. Je battais des records de créativité « et t’as essayé ça ? Et si tu faisais ci ? Pourquoi pas ça ? » Sans comprendre que souvent, elles avaient juste besoin d’être consolées.

Les 4 composantes de la consolation

Au cours de ses multiples années au service de ses patients et dans son rôle de psychothérapeute, Christophe André a pu identifier 4 composantes indispensables à la consolation.

L’affection

Toute consolation est par nature une expression d’une affection pour la personne consolée.

L’attention

La consolation détourne notre attention quelques instants de la souffrance. C’est une pause salutaire qui en allège temporairement le poids.

L’action

Consoler c’est aussi préparer le moyen-long terme et prendre des actions parfois ensemble pour continuer à vivre.

L’acceptation

Consoler c’est indirectement amener la personne qui a de la peine à reconnaitre sa situation.

Je me souviens précisément d’un moment où j’avais subi une humiliation cuisante au travail de la part de mon patron. Un de mes collègues attentionné ayant assisté à la scène me suit vers la salle de repos. Je fais tout ce que je peux pour me contenir et lorsqu’il me dit très gentiment « ce qui vient de se passer n’a rien de normal, est-ce que ça va ? » Je lui réponds entre mes dents bien serrées « ne sois pas gentil s’il te plait, ça n’aide pas».

Et je m’effondre quelques secondes plus tard et lui demande pardon parce qu’en fait si, il m’a aidée à formuler ce que je ressentais.

La consolation est un acte courageux parce qu’elle est fragile et incertaine comme mon gentil collègue que j’ai renvoyé bouler.

La consolation résout-elle le problème ?

La consolation ne résout rien parce que malheureusement, il existe des épreuves irrémédiables comme la perte d’un être cher ou la maladie d’un enfant. Elle est une démarche simplement humaine, de partage et d’affection.

La consolation est humble car elle ne cherche pas à résoudre. Elle sait que son plus grand pouvoir est de se faire toute petite et de guetter le moment propice où elle apportera un vrai réconfort sur le moment et où la personne qui souffre pourra recommencer à se projeter un peu.

Consolation et sincérité

Un point intéressant sur lequel je voulais revenir. J’ai souvent éprouvé de la difficulté à consoler des proches lorsque je doute de la sincérité de mes propos. Par exemple, l’une de mes amies est restée très longtemps sans attendre d’enfant, presque 10 ans. Nous en avons beaucoup parlé avant et aussi après que j’ai eu la chance d’accueillir mes deux premiers. Et je me sentais mal de lui dire qu’il y avait encore de l’espoir, que rien n’était perdu alors que je n’en savais rien après tout.

Christophe André offre une belle réponse à mon interrogation. Consoler ne nécessite pas que nous croyions dans les mots que nous prononçons mais que nous croyons dans leur pouvoir de faire du bien. La sincérité à mobiliser est celle de l’intention et non celle de la certitude, comme le dit si bien le psychiatre. Ce n’est pas mentir, c’est souhaiter sincèrement soulager l’autre, par amour.

Le temps de la consolation

La consolation est aussi une question de timing. Pour cela, je voudrais faire un petit détour par les mécanismes de la désolation pour que nous comprenions l’état d’esprit dans lequel peut-être quelqu’un que nous voudrions consoler. Toute désolation apporte :

  • Un sentiment que le futur ne sera plus jamais paisible et que beaucoup de possibles ne le sont dorénavant plus. C’est notamment ce que nous vivons dans le deuil.
  • L’impression que nous ne pourrons plus être heureux, que les traumatismes du passé vont ressurgir car seul le bonheur maintenant éteint les tenait à distance.
  • La perte de la légèreté, de l’insouciance.
  • Le manque de foi dans la vie et l’avenir.
  • La perte de nos illusions.

Indépendamment du stade de l’épreuve que traverse la personne, elle n’est peut-être pas encore en état de recevoir cette démonstration d’affection et de commencer à regarder ensemble comment continuer à vivre.

D’autant que la tentation est forte de rester dans sa carapace de tristesse. Nous pensons parfois qu’elle va nous protéger de la souffrance, que le lâcher prise, podcast #129 J’apprends à lâcher prise et qu’arrêter d’être fort est un soulagement. Et c’est souvent le cas, dans un premier temps. C’est ce ressort qui nous incite parfois à repousser la consolation.

Alors qu’est-ce qui nous console concrètement ?

La consolation et la vie

D’abord et avant tout, se remettre en lien avec la vie. Que c’est dur de recommencer à s’émerveiller des petites grâces du quotidien lorsque nous traversons une lourde épreuve et que la souffrance nous inonde. La vie continue et c’est très difficile à  accepter. Pourtant, c’est cette épreuve d’humilité et de réceptivité qui nous fait aussi du bien car elle nous décentre de nous-mêmes et nous permet de lâcher prise.

Sortir de la chambre de l’hôpital dans laquelle est hospitalisé notre enfant et marcher pour observer les couleurs de l’automne. Cela ne change rien à la situation et pourtant ça fait du bien, ça recharge. Parfois, même dans la douleur, nous pouvons faire l’effort de sourire suffisamment longtemps et légèrement pour en ressentir les bienfaits. Vous pouvez réécouter notre épisode #107 Le pouvoir du sourire.

Le lien social

Puis, se remettre en lien avec les autres. La souffrance nous isole des autres tandis que le lien aux autres console. Il nous rappelle que nous sommes dignes d’amour et que nous sommes aimés. « Consoler c’est réunifier, ramener auprès de ses semblables » nous dit Christophe André. Il faut savoir que nous sommes une espèce programmée pour consoler. Comme nous vous en avons parlé dans plusieurs épisodes sur le fonctionnement du cerveau épisode #128 Je découvre les mécanismes primaires du cerveau, notre espèce est naturellement programmée pour la survie. Et la survie passe par la force du groupe, du collectif.

Consoler est inné

Ainsi, nous sommes naturellement programmés pour soutenir le membre du groupe qui a besoin d’aide. Pour s’assurer qu’il reste une force vive au service de la survie générale. Ça peut vous paraitre un peu réducteur dit comme ça, cependant c’est une réalité démontrée par la théorie de l’évolution.

Néanmoins, si nous nous éloignons un peu de l’ère préhistorique, notre espèce a développé au travers du temps les compétences cérébrales qui nous permettent de consoler. Comme l’empathie, se mettre à la place d’autrui et la compassion, le désir d’aider pour apaiser la souffrance de l’autre.

C’est pour ça que vous avez sans doute déjà ressenti cet élan naturel à aller consoler ou apaiser quelqu’un que nous ne connaissez pas et que vous trouvez pleurant dans la rue. Nous avons tous une prédisposition naturelle à aller vers l’autre pour mettre la main sur son épaule et lui remonter le moral.

C’est aussi quelque chose que nous observons très tôt chez des petits enfants qui ne sont parfois pas conscients de leur geste et offrent un doudou en consolation d’un grand chagrin. Si l’empathie vous intéresse, nous l’avons pas mal développé grâce à Brené Brown dans l’épisode #160 Je réussis à vaincre la honte. #164 l ‘écoute.

Apaisement par le lien

Comment la force du lien nous apaise-t-elle alors qu’elle ne change en rien le réel et la source de notre souffrance ? C’est parce que la consolation est un acte de fraternité pure qui nous rappelle simplement que nous sommes aimés. Ce n’est pas pour leur pouvoir de changer la situation que nous nous sentons mieux au contact des consolants. Mais pour la douceur et l’affection qu’ils nous apportent.

Nous cherchons parfois un peu midi à quatorze heures pour aider les autres alors qu’il suffit parfois simplement d’un geste d’affection silencieux, d’une simple démonstration d’affection sincère.

Le lien avec soi-même

Une troisième piste : se remettre en lien avec soi-même, se consoler soi-même. Christophe André nous rappelle ces mots du philosophe Alain « Il faut s’appliquer à se consoler, au lieu de se jeter au malheur comme au gouffre. Et ceux qui s’y appliqueront de bonne foi seront bien plus vite consolés qu’ils ne pensent ». La tentation est grande de ruminer et de s’enfermer dans le réconfort protecteur de la tristesse. Il est plus difficile de s’efforcer de se tourner vers la consolation. Voici quelques petits pas :

Des états mentaux

Se rappeler que la souffrance et la tristesse sont avant tout des états mentaux. Et se laisser traverser le temps nécessaire, sans lutte, sans chercher de sens. Il est parfois très reposant de se laisser simplement vivre ce que nous sommes en train de vivre.

Les ressentis

Ordonner nos ressentis : au sens de remettre de l’ordre. Souvent, lorsque nous traversons une période d’intense souffrance, nous ressentons le besoin d’agir, de divertir notre attention pour ne pas nous concentrer sur nos ressentis. Pourtant, mettre de l’ordre dans nos émotions, comme nous y accompagnent les thérapeutes comme Christophe André, est une étape indispensable pour comprendre et mettre des mots sur ce que nous traversons. C’est terriblement inconfortable et pourtant nécessaire pour aplanir et reconstruire.

Sourire

Rappelez-vous que sourire même lorsque vous souffrez améliore votre résilience et vous aide à remonter les pentes.

Des joies simples

Se laisser aller à des plaisirs simples. Parfois, il est très difficile de se laisser vivre, de recommencer à rire ou à profiter de petites choses qui nous semblent si superficielles et cependant comptent beaucoup. Une bonne poste ici : s’appuyer sur son corps.

Chantez, dansez, laissez votre corps vous guider et lâchez un peu le contrôle. Nous pensons souvent que c’est inutile car ça ne changera rien à la réalité, ça n’aide pas à progresser sur le chemin du sens ou de la reconstruction et pourtant, ça fait beaucoup.

Comment nourrir nos relations et arriver à la consolation

Pour terminer, 2 idées qui nourrissent nos relations :

Ne pas être jaloux

Éviter de jalouser le bonheur des autres et essayer de le vivre comme le signe que le bonheur existe. Souvent, constater le bonheur des autres ajoute à la peine – comme cette amie qui m’écoute râler contre mes parents alors que les siens sont décédés.

La tentation de la souffrance revient nous titiller. En vouloir aux autres de leur bonheur ou de leurs petits tracas dérisoires, de ce dont nous sommes privés. Cela n’aide pas, car cela coupe les relations qui nous font tellement de bien et ouvrent la porte à la consolation.

La souffrance des autres

Regarder d’autres souffrances que la sienne. J’ai des souvenirs de ma mère me disant sur un ton de reproche lorsque je me plaignais « Tu n’es pas si malheureuse, ça te ferait du bien d’aller t’occuper des autres pour te rendre compte de la chance que tu as ». Je me souviens aussi combien cela m’exaspérait car ça me semblait bien loin de présenter une réaction utile à mon problème. Néanmoins, ça reste vrai.

Nous ne sommes pas consolés par le malheur des autres, ce serait terrible ! Cependant, nous sommes touchés par l’universalité de notre condition humaine, de ses aléas et de ses chagrins. Contre toute attente, cela aide car nous nous sentons moins seuls et nous le vivons comme une sorte de solidarité qui nous remet en lien aux autres.

Comment consoler les autres ?

Tout d’abord se rappeler des 3 piliers :

  • La présence : je suis là pour toi.
  • Le soutien affectif : tu es important pour toi.
  • Le soutien matériel : je voudrais simplifier cette période pour toi.

Le tout dans la discrétion. Que ce soit par une attention, par des paroles ou des gestes simples, le consolant est à l’affut des besoins du consolé. La règle d’or à respecter nous rappelle Christophe André, est celle du Kairos, le moment opportun. En d’autres termes, nous ne pouvons pas consoler quelqu’un qui n’est pas prêt à accueillir la consolation.

Je me souviens d’un ami qui avait échoué au concours de médecine pour la deuxième fois après avoir passé 2 années de préparation intense. Je m’étais précipitée pour lui proposer de le voir, de sortir ensemble, de le laisser vider son sac.

J’avais moi-même une telle frustration devant le travail que je l’avais vu accumuler et qui n’avait pas porté de fruits. Je vivais l’injustice par transitivité et m’empressais de vouloir soulager la peine de mon ami qui s’était donné tant de mal. Un texto « pas maintenant, je veux être seul, je n’ai pas envie d’en parler ». L’impression de se prendre une porte alors que dans les faits, mon ami m’aidait à y voir clair dans son état pour comprendre à quel moment il serait capable de recevoir ma consolation et mon soutien. Et ce moment n’était pas encore venu.

Comment être bon en consolation

Alors voici quelques recettes :

  • Laissez faire le temps, patientez. La consolation ce n’est pas comme tous ces films où le héros ou l’héroïne git sur son canapé pendant des semaines au milieu de pots de glace entamés, portant le même pyjama. Et où un jour, son ami pousse la porte, lui donne une douche, l’emmène dehors et tout va mieux. Le temps a un vrai pouvoir qu’il est recommandé de respecter.
  • Choisir des mots simples. La maladresse est pardonnable si l’intention reste de soulager. Et si vous êtes mal à l’aise avec les mots, utilisez le corps. Les gestes de tendresse, les câlins, les caresses sur la main et parfois même le simple contact physique sont autant de consolations implicites.

Est ce que je suis capable de consolation ?

J’aimerais finir sur un passage de cet essai qui a particulièrement fait écho en moi. Parfois, il m’arrive de me dire « à quoi bon ? Mes mots ne changeront rien. » Je stresse, je ne sais pas quoi dire, je me détourne parce que j’ai le sentiment que tout ce que je pourrai faire sera inutile.

Je me sens impuissante à soutenir mon amie dont le fils de 2 ans traverse un cancer très agressif, je ne pourrai rien résoudre après tout. Alors si vous aussi, vous vivez ces moments où vous doutez de votre capacité à aider et soutenir, rappelez-vous de ces quelques règles simples de Christophe André :

Règles de consolation

  1. Nous ne sommes pas responsables de trouver des solutions aux malheurs des autres même si nous les aimons énormément.
  2. Quand vous ne savez pas par où commencer, écoutez et interrogez l’autre sur ce qu’il ou elle ressent. Amenez le à clarifier ce qui lui arrive, à poser des mots sur ses émotions avec des questions aussi simples que « Qu’est-ce que ça te fait ? Comment tu te sens ? » Sans chercher à changer ses propos.
  3. Exprimez votre affection avec des mots simples et sans détour « Je t’aime, je suis là pour toi ».
  4. Ne généralisez pas, ne parlez pas des autres ou de vous. Concentrez-vous sur la personne que vous avez en face de vous et qui se confie.
  5. Ne vous mettez pas trop la pression. Peut-être que sur le moment, vous ne sentirez pas de réel soulagement chez l’autre mais rassurez-vous, vous avez fait du bien. Souvent, le bienfait est ressenti plus tard.
  6. Rappelez-leur que vous êtes là et contentez-vous de ça. Acceptez avec humilité votre faiblesse. Vous n’êtes pas Dieu, vous ne changerez rien à la situation et parfois c’est injuste et très dur à vivre. Cependant, il vous reste toujours le pouvoir de consoler la peine.

En bref, si je résume :

La Consolation

  • Se concentre sur la personne qui souffre et non sur la source de la souffrance.
  • Elle se matérialise par un soutien affectif, matériel ou encore par une simple présence.
  • Est à la portée de tous.
  • Requiert une grande discrétion et un certain sens du timing.
  • Est le terreau de relations profondes nécessaires à notre bien-être.

A vous de jouer chers auditeurs ! Cette semaine, apportez une oreille attentive à quelqu’un, qui que ce soit, votre enfant, votre collègue, votre conjoint,…Exercez votre empathie, mettez-vous à la place de l’autre, écoutez et apportez un peu de réconfort.

Nous nous quittons sur la petite mousse de Mère Teresa qui se prête si bien à la consolation « Nous ne pouvons pas faire de bien grandes choses, seulement de petites, mais avec un grand amour ».

Avec Bulle de bonheur, prenez le temps d’être heureux !