L’énergie relationnelle influence profondément notre bien-être émotionnel. Certaines relations nous épuisent, d’autres nous ressourcent et nous renforcent. Dans cet épisode, je vous invite à comprendre pourquoi la souffrance de l’autre peut parfois nous envahir, comment reconnaître une relation vampirique, et surtout comment cultiver des relations nourricières sans s’oublier. À travers des exemples du quotidien et l’éclairage de Christophe André, cet article explore comment poser des limites justes, dire non sans rompre le lien, et préserver son énergie tout en restant profondément en relation.
Une de mes meilleures amies s’enfonce dans le mal être : entre son mari et elle, rien ne va plus. Et chaque journée charrie son lot de souffrance qu’elle me confie dans de longs vocaux. Je ne suis pas à sa place, pourtant j’ai parfois envie de les secouer tous les deux. Je m’échine à lui proposer des idées et évidemment, rien ne marche… Et elle s’enfonce plus profondément. Honnêtement, ça me laisse tellement triste de la voir comme ça et de me sentir aussi démunie. J’en parle à mon conjoint qui me recommande de mettre un peu de distance.
Et là ça me chicotte. N’est-ce pas ça être une bonne amie : être présente ? Et en même temps, comment trouver le juste dosage pour ne pas m’enfoncer moi aussi dans le mal-être ?
Comprendre l’énergie relationnelle
L’énergie relationnelle est un flux émotionnel et psychique qui circule entre deux personnes lorsqu’elles entrent en relation.
Résonance émotionnelle : quand l’émotion de l’autre devient la mienne
Comment expliquer que l’énergie de nos relations ait autant d’influence sur notre propre énergie et notre bien-être ? Parce que naturellement, nous sommes connectés les uns aux autres par résonance et empathie.
La résonance émotionnelle est notre capacité à ressentir les émotions des autres, parfois comme si c’était les nôtres. Nos émotions créent des ponts avec nos interlocuteurs car nous sommes des êtres de relation. C’est ce qui fait que je me sens mal quand quelqu’un me confie ses problèmes. Une des étapes clefs de mon apprentissage de thérapeute a justement été de trouver la juste attitude dans mes accompagnements. Afin de ne pas me laisser envahir par les émotions des personnes que je soutiens.
Empathie : comprendre, ressentir, accompagner
L’empathie, elle, est la capacité que nous avons tous à comprendre et ressentir les émotions des autres. Notamment en nous mettant à leur place. L’empathie peut être cognitive : je comprends rationnellement la perspective de l’autre. Ou émotionnelle : je ressens la même chose que l’autre. Ou encore comportementale : je réponds à l’émotion de l’autre avec douceur, attention, compassion.
L’influence des relations sur notre bien-être
Le lien social, un pilier fondamental du bonheur
De plus, notre énergie relationnelle émane de nous et est influencée par notre vécu, nos blessures, notre état intérieur, nos croyances ou encore nos peurs. C’est quelque chose que nous dégageons et qui est reçu et perçu par l’autre. Je vous renvoie à notre épisode #117 Je m’ouvre à mes blessures intérieures et à notre série sur les blessures de l’âme qui démarre à l’épisode #196 pour creuser ce sujet. Nous n’existons pas dans des bulles isolées les uns des autres. Nos bulles se croisent car nous sommes en relation avec ceux qui constituent notre environnement. Et comme je vous en ai parlé dans notre épisode #79 sur le lien social, les relations durables sont un ingrédient indispensable de notre bien-être.
L’énergie relationnelle au travail : l’éclairage du ratio de Losada
D’ailleurs, plusieurs études ont démontré que les groupes dans lesquels circule une bonne énergie relationnelle sont constitués de personnes plus engagées, plus innovantes et performantes. Je voudrais l’illustrer par le ratio de Losada du nom du chercheur d’origine brésilienne qui l’a découvert. Au cours de ses recherches dans le cadre professionnel, il a observé les réunions de 60 sociétés en se concentrant sur la qualité des échanges.
Résultat : dans les entreprises les plus performantes, les interactions positives sont 3 fois supérieures aux interactions négatives. Les émotions positives, la motivation des collègues et l’attitude des dirigeants influencent celles de tous les employés. Cela crée les conditions pour plus de dévouement et d’effort collectif. Et pour le couple, le ratio est de 1 interaction négative pour 5 positives.
Que retenir ? Les relations harmonieuses génèrent une énergie relationnelle positive qui permet à chacun de s’épanouir et de développer son potentiel.
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Les relations qui vampirisent
Il existe des relations qui vampirisent. C’est notamment le psychiatre Christophe André que nous adorons chez Bulle de bonheur qui les a abordées. Ce sont des interactions qui nous épuisent avec des personnes qui, consciemment ou non, absorbent notre énergie. Vous voyez, quand vous vous sentez vidé avec la sensation d’avoir beaucoup donné et peu reçu.
La plupart du temps, les interactions avec ce type de personnes nous laissent épuisés, nerveux, anxieux ou découragés. Alors que cette émotion ne reflète pas du tout l’état intérieur dans lequel nous étions avant de leur parler. Ce sont souvent des personnes dans la plainte, des personnes très dépendantes affectivement, des hypersensibles qui ont besoin de beaucoup d’attention avec lesquels chaque mot est réfléchi et pensé. Ou bien aussi ceux qui fonctionnent en mode conflit ou encore ceux qui, comme de nombreux ados, avancent sans règles claires et qui ont tendance à toujours renégocier les frontières.
Comme cette femme que j’accompagne qui me raconte qu’elle prend du temps pour aider sa sœur débordée. Cependant, cette dernière se plaint de son bébé qui ne fait pas ses nuits, de son mari qui rentre tard, du manque d’aide de sa famille…
Comment reconnaître une relation vampirique
Vous pouvez guetter quelques signes qui peuvent vous aider à identifier une relation qui vous épuise :
- Vous vous sentez tout le temps épuisé(e) et vous n’avez plus de temps pour vous-même.
- Vous évitez certaines personnes ou certaines situations sociales parce que vous redoutez leur impact sur vous.
- Ou encore vous n’arrivez pas à dire non et en venez justement à fuir certaines sollicitations pour éviter d’avoir à décliner.
- Vous sentez que vous avez une influence trop importante sur le bonheur des autres.
Les relations nourricières
Les signes corporels d’une relation qui fait du bien
A contrario, il existe les relations nourricières. Ces dernières nous enrichissent. Elles nous donnent de l’énergie, elles nous renforcent, nous stimulent, et nous font nous sentir vivant après un échange. Après ce type d’échange, le premier indicateur est le corps : plus de calme, plus de clarté, parfois même de la joie ou encore une sensation intérieure de solidité. Quelque chose comme : « ça m’a fait du bien d’être là ».
Sécurité émotionnelle et qualité de présence
Une relation devient nourricière quand chacun peut exister sans devoir se sur adapter, que l’écoute est réelle, pas seulement polie, que les émotions ont droit d’être exprimées, sans être jugées, ni devenir envahissantes. En fait, il y a une forme de sécurité émotionnelle : je peux dire, je peux me taire, je peux être imparfait ! Évidemment, il ne s’agit pas d’être d’accord sur tout.
Il s’agit de sentir que le lien ne se rompt pas ni n’est remis en cause au premier désaccord.
En résumé, Christophe André insiste sur un point essentiel : ce n’est pas tant ce qui se dit que la qualité de présence.
Les bienfaits de cette relation nourricière sont nombreux : une meilleure estime de soi, une bonne régulation émotionnelle, une aide à traverser les épreuves sans s’effondrer
Impossible de terminer ce paragraphe sans insister sur le fait qu’une relation nourricière ne commence pas chez l’autre, elle commence d’abord en soi ! Plus vous serez capable de prendre soin de vos propres besoins, de poser des limites claires, d’accueillir vos fragilités, plus vous serez capable de ne pas vampiriser et de ne pas vous laisser vampiriser.
L’énergie relationnelle n’est jamais figée
Christophe André souligne que l’énergie relationnelle n’est jamais figée. Selon nos moments de vie, nos fragilités ou notre état émotionnel, nous pouvons parfois être plus vampires, et à d’autres moments plus nourriciers dans la relation.
Il arrive que nous tirions sur l’autre pour tenir, pour être rassuré, pour ne pas nous effondrer.
Et puis il y a des périodes où nous avons davantage de ressources, où nous pouvons offrir une présence qui soutient et qui apaise.
La maturité relationnelle, dit-il, consiste à reconnaître ces mouvements en nous, à en devenir responsable, et à ajuster nos échanges pour que la relation, dans son ensemble, reste nourricière pour chacun.
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Comment rééquilibrer ses relations
Vivre des émotions positives et contagieuses
Barbara Fredrickson, chercheuse américaine de la psychologie positive, a développé la théorie « Broaden and Build », « expansion et construction » en français. Elle y décrit le pouvoir des émotions positives qui étendent le champ de nos possibles.
Selon elle, il existe 10 émotions positives que nous ressentons aussi sous l’influence des autres ou qui s’expriment grâce à nos relations : l’amour, la joie, la gratitude, la paix au sens de sérénité, l’intérêt au sens de curiosité, l’espoir, la fierté, l’amusement, l’inspiration et l’émerveillement.
Elles ont toutes en commun d’élargir le répertoire de nos pensées et donc indirectement de nos actions. Cela nous incite à créer des ressources personnelles supplémentaires qui nous font progresser. # 235 les émotions positives
Je vous donne un exemple concret : je suis intéressée par le plein air, la forêt, les grands parcs canadiens. Je vais avoir envie de partir les explorer, peut-être me mettre à la randonnée ou à l’escalade. Autant de disciplines dans lesquelles je vais développer de nouvelles capacités. Or, les émotions positives des autres ont ce même pouvoir. L’énergie de nos relations nous met aussi en mouvement. Je pense par exemple à mon fils qui rentre tellement heureux de ses entraînements de foot que j’ai eu presque envie de me remettre au sport !
Connaître ses limites : l’épuisement de l’ego
Nous avons tous une certaine jauge d’énergie disponible pour nous adapter aux circonstances extérieures y compris aux autres. Il arrive que nous soyons tellement épuisés nerveusement par les interactions ou les sollicitations des autres que nous perdons notre capacité d’auto-régulation. Nous n’arrivons plus à réguler nos pensées, nos émotions et nos comportements ni à prendre de décisions. Nous ne trouvons plus en nous les ressources pour nous adapter aux circonstances extérieures. C’est ce que le chercheur américain Roy Baumeister appelle l’épuisement de l’ego.
Par exemple, je pense au cas d’une femme qui arrive en consultation en quasi-burn-out. Elle a vécu un plan de restructuration au travail avec des départs et des réorganisations des rôles et responsabilités des uns et des autres. En tant que manager à l’intersection de nombreux changements, elle a été le réceptacle des frustrations et inconforts des équipes pendant des semaines. Globalement, tout le monde venait se plaindre ou exposer ses réclamations dans son bureau, sans qu’elle ne puisse faire quoi que ce soit à la situation. Elle s’était fixée pour objectif (peut être trop ambitieux) de soutenir au mieux toux ceux qui resteraient afin de maintenir le bien-être, la cohésion et l’engagement dans l’équipe.
Repérer les signaux d’alerte
Au bout de quelques temps à ce rythme, elle a commencé à voir une baisse significative de sa motivation. Elle avait aussi perdu en capacité de jugement, elle était nerveuse, irascible et épuisée partout, même à la maison. Heureusement, elle a su demander de l’aide et nous avons travaillé tous ces signaux d’alerte. Elle a décidé alors de se mettre en retrait quelques temps, en télétravail seule, pour revenir à son état normal.
Savoir quand s’engager et quand dire non
C’est une compétence relationnelle majeure. S’engager, ce n’est pas se sacrifier. Dire non, ce n’est pas se retirer du lien. Prendre cette décision de s’engager ou de dire non, c’est sentir, à l’intérieur, si ce que je donne aujourd’hui me met en mouvement ou m’épuise. Parfois, l’engagement nourrit la relation. D’autres fois, c’est la limite qui la protège. Dire non, ce n’est pas fermer la porte à l’autre, c’est se dire Oui à soi-même. Et souvent, une relation devient plus saine, non pas quand chacun donne plus… simplement quand chacun apprend à donner juste. # 38 dire non
Prenons l’exemple d’une de vos amies qui est en train de se séparer. Elle traverse évidemment une période compliquée, elle est inquiète, elle doute, elle est en colère. Bref, elle a besoin de parler. Au début, vous vous engagez volontiers. Vous écoutez, vous soutenez, vous conseillez. Et puis, au fil des semaines, vous remarquez quelque chose. Après chaque appel, vous êtes vidé(e), irritable, moins disponible pour ceux qui vous entourent. Lui dire un soir que vous n’êtes pas disponible car au restaurant avec votre chéri n’est pas couper la relation. Ce « non » là, n’abîme pas le lien. Il le rend plus juste.
Nourrir son énergie pour mieux être en lien
Maintenant, vous comprenez certainement la nécessité de mettre un peu d’équilibre dans nos relations pour qu’elles nourrissent notre énergie plutôt qu’elles ne viennent vider nos batteries.
Enfin, je vous recommande aussi ces idées qui vous redonneront de l’énergie : L’auto-compassion (#286), la gratitude (#20), nourrir vos besoins et aspirations (#12) et accomplir vos projets avec persévérance (#19 et #93) sont autant de ressources qui nourrissent votre connaissance et votre estime de vous-mêmes. Cela vous permet indirectement d’établir des relations ajustées avec les autres.
Pour renforcer vos relations les plus épanouissantes, je vous renvoie à nos épisodes #28 j’apprends à écouter, #262 sur l’autonomie affective et #258 sur les habiletés relationnelles.
En résumé, l’énergie relationnelle
1- circule entre les personnes
2- influence notre bien être
3- bien équilibrée, pose de bonnes limites et préserve le lien
A vous de jouer chers auditeurs, la carte de 2 minutes de bonheur vous propose de sélectionner 2 relations : l’une qui vous draine et l’autre qui vous énergise, et de vous demander ce qui les différencie. Comment pourriez-vous vous inspirer de la deuxième pour améliorer le cadre de la 1ère ?
Avec Bulle de Bonheur, prenez le temps d’être heureux !
La Petite Mousse de 2 minutes de Bonheur
« L’amour ne donne aucun droit sur l’autre, seulement le devoir de le respecter. »
Vos questions les plus fréquentes
Pourquoi certaines relations m’épuisent autant ?
Parce que la résonance émotionnelle et l’empathie peuvent faire porter la souffrance de l’autre comme si elle était personnelle, surtout lorsque les limites ne sont pas claires.
Comment reconnaître une relation vampirique ?
Une relation vampirique laisse une sensation de fatigue, d’irritabilité ou de découragement après les échanges, avec le sentiment de donner beaucoup et de recevoir peu.
Dire non, est-ce risquer de perdre la relation ?
Dire non ne coupe pas le lien. Une limite posée avec clarté et respect protège la relation et permet souvent de la rendre plus juste et plus nourricière.

