Le syndrome de l’imposteur… Je viens tout juste de prendre ce nouveau job et là je reçois plusieurs messages de félicitations, mais pourquoi ? J’ai eu de la chance, c’est tout !

En plus, je ne sais même pas si je serai à la hauteur de ce travail.

Demain, je dois faire une présentation devant 30 personnes. Je lis et relis mon texte ; et si je n’y arrivais pas ? J’aurais dû la confier à ma collègue, elle se serait bien mieux débrouillée que moi.

C’est mon équipe qui a réussi ce projet de levée de fonds. On me félicite, en fait je n’y suis pour pas grand-chose.

Et là ça me chicotte :  pourquoi est-ce que je réagis comme cela ?  Rationnellement je devrais être fière, mais rien n’y fait !

C’est ça qu’on appelle le syndrome de l’imposteur ? D’où cela vient-il ? Comment s’en débarrasser ?

Souffrez-vous du syndrome de l’imposteur ?

Souffrez-vous du syndrome de l’imposteur ? Mais qu’est-ce ? En avez-vous déjà entendu parler ?

Le syndrome de l’imposteur est ainsi un mécanisme psychique et non une maladie

Le complexe d’imposture a été développé en 1978 par deux psychologues américaines Pauline Rose Clance et Suzanne Imes. Elles le définissent comme  “la sensation désagréable de douter en permanence de ses capacités, de ne pas se sentir légitime dans son statut actuel, et de ne pas réussir à s’approprier ses succès”.

Le syndrome de l’imposteur est ainsi un mécanisme psychique et non une maladie, qui cause une remise en question constante de sa propre valeur.

Il est différent du biais négatif d’auto-évaluation, qui se définit par le sentiment de ne pas être à la hauteur. Le sentiment d’imposture va plus loin que le simple fait de se dévaluer.

Vous voyez c’est à chaque fois que vous avez l’impression de ne pas mériter votre place, d’être sceptique quant à vos réussites ! Ou encore d’attribuer vos réussites à la chance ou au hasard.

En fait, quand vous réussissez, vous pensez : “ce n’est sûrement pas grâce à mes qualités, mes talents. Rien que de penser que je suis capable c’est quasi un gros mot ! Sans parler de la peur d’être démasqué à tout moment. Quelqu’un va bien voir que je suis incompétent !

comme vous le voyez, le succès ne parvient pas à atténuer le sentiment d’imposture et c’est là que se met en place une sorte de spirale. Les émotions négatives prennent le dessus, deviennent si envahissantes que quand la personne réussit quelque chose, elle se dit que ça ne veut rien dire.

Douter peut faire avancer. Mais se saboter, ça fait reculer !

Thérèse Bouffard, professeure au département de psychologie de l’UQAM à Montréal l’explique avec cette métaphore très parlante : « C’est comme vivre sur une corde raide, en attendant l’événement fatidique qui va montrer à la face de tous que l’on n’est pas aussi compétent qu’ils ne le croient. »

Bien sûr, tout cela tient de la perception, et c’est ce qui peut devenir un problème. En fait, ce sentiment peut devenir paralysant alors que le doute vécu de manière modérée, est un moteur, une aide à progresser et à se remettre en question.

Ce diction résume bien : Douter peut faire avancer. Mais se saboter, ça fait reculer.

Les stratégies de défenses de ceux qui sont au proie avec le syndrome de l’imposteur

Ce syndrome est très commun, entre 62 % et 70% des gens l ‘auraient ressenti au moins une fois ! Plus majoritairement des femmes.

Comme je le disais, la crainte d’être démasqué entraine celui qui se sent imposteur vers des stratégies de défenses comme

  • La procrastination : on attend le plus longtemps possible avant de se mettre à une tâche. Tout se fait finalement à la dernière minute et si la personne échoue, ça sera à cause de son manque d’organisation ! “Tout va bien” se dit cette personne. Son sentiment d’imposteur n’est pas démasqué ! Et si elle réussit, ça sera sans doute grâce à la chance ou à un phénomène extérieur.
  • Un investissement trop important dans la tâche demandée. La personne peut donc attribuer son succès à sa grande force de travail. Le burn out peut être aussi à la clé ! Et si elle réussit, elle se dit que quelqu’un qui aurait travaillé autant qu’elle aurait sûrement réussi !
  • Si je vais même plus loin, certaines personnes tellement persuadées de leur imposture iront même jusqu’à refuser des postes ou des promotions. Elles vont se saboter

Comme nous le voyons dans ces cas, la réussite n’est pas intériorisée !

Alors que la réaction face à un succès est la fierté, la satisfaction personnelle, la compétence, et s’approprier en quelque sorte les lauriers de la réussite.

Dans quels domaines s’exerce ce syndrome de l’imposteur ?

Pour l’illustrer prenons quelques exemples

Au travail

Une femme jeune diplômée toute fraiche sortie de l’école se sent inférieure dans son premier travail. Tous les autres dans son service sont spécialistes, certains très pointus. Pas facile pour elle. Et pourtant le nouveau regard qu’elle peut apporter peut être riche et proposer des solutions nouvelles.

Poussé à l’excès, ce syndrome de l’imposteur peut créer un malaise dans sa façon de travailler.

Au niveau éducatif

Au niveau éducatif, certaines questions reviennent régulièrement.

Enceinte de son premier enfant, cette femme me confie son angoisse. « Je n’ai pas le mode d’emploi pour élever mon enfant, comment vais-je faire avec ce nouveau-né qui arrive dans quelques semaines ? Serais-je capable de le comprendre, de m’occuper de lui, de l’aimer ? Je ne vais pas être capable d’être mère».

Oh le gros syndrome de l’imposteur ! Cette panique peut aller jusqu’à la paralysie. et je vais rassurer cette maman : on apprend tous à être parent.

En revanche, douter de ses aptitudes éducatives est sain car çela met en action. En doutant, cette jeune maman va chercher à se faire aider, écouter les podcast bulle de bonheur…

Votre fils rentre de l’école dépité, il a eu une mauvaise note à son devoir, les examens approchent à grands pas. Comment l’aider ? Un échec permet de prendre du recul, de corriger peut-être sa façon de travailler et en tout cas le fera grandir. La pression éducative et notamment la surestimation des capacités d’un enfant peuvent conduire au syndrome de l’imposteur.

Un enfant ne sait pas toujours gérer ses capacités, donc à nous parents  de relâcher la pression, de l’aider à trouver des solutions pour mieux travailler. Si je manque de compétences, je peux chercher une aide extérieure.

De même, l’importance de faire confiance à son enfant, éviter de sous-estimer ses capacités sous prétexte qu’il est fragile, ou le dernier d’une grande fratrie. Chacun a des qualités et une place différente. Prendre le temps d’écouter son enfant et de ne pas faire de différence est important.

Dans le couple

Dans le couple aussi. Une fiancée me confiait : « suis-je assez belle et intelligente pour mon conjoint ? Me voit-il réellement comme je suis ? »

Cette femme a peur d’être aimée à tort par son fiancé, peur de ne pas être légitime. Cela pourrait aller jusqu’à créer un déséquilibre dans la relation voire même un sentiment de jalousie dans le couple. Utilisons les cartes 2 minutes mon amour pour discuter et faire tomber les masques.

Certains personnages célèbres se sont confiés. Ainsi, l’actrice (Diplômée d’Harvard) Natalie Portman a décrit le doute qui l’a saisie lorsqu’elle a prononcé un discours émouvant à l’occasion de la cérémonie de remise des diplômes de l’université, il y a quelques années. « J’avais l’impression qu’il y avait erreur, a-t-elle expliqué, que je n’étais pas assez intelligente pour figurer parmi ce groupe et qu’à chaque fois que j’ouvrirais la bouche, il me faudrait prouver que je n’étais pas qu’une actrice stupide.

syndrome imposteur

Comment quitter ce syndrome de l’imposteur

Le but est de réussir à changer ses schémas de pensée, ses perceptions et surtout, de travailler sur l’intériorisation de ses réussites pour renverser la vapeur et c’est possible !

Le fait d’en prendre conscience, c’est certainement le 1er pas dans la bonne direction.

Comment puis-je réussir à m’approprier mes succès et me sentir légitime ?

Et si je doute sûrement de mes capacités, le pré requis est de se dire « et pourtant j’en ai ! »

Quelques pistes

J’accueille les regards positifs

J’accueille les regards positifs et encourageants autour de moi, je les entends, je les accepte, je les apprécie et je remercie celui qui me félicite !

Prendre confiance en soi pour évacuer le syndrome de l’imposteur

La confiance se travaille, se crée, se renforce.

Mais même si notre confiance a été peu alimentée pendant notre enfance, il est toujours temps d’agir, il n’est jamais trop tard. Notre base confiance est peut-être faible mais rien n’empêche de l’agrandir ! Comparons-la à un coffre à trésors. Nos trésors sont toutes les choses que nous avons réussies, les réalisations que nous avons accomplies, les objectifs atteints, les petits défis relevés…

A chaque nouvelle expérience positive : une présentation réussie, un coup de fil casse pied à faire, un bon moment partagé, un compliment. Et hop, c’est un trésor en plus ! Ces petits ruisseaux de confiance nourrissent ce qui devient petit à petit un grand torrent. J’écoute a nouveau le podcast #6  Je me fais confiance.

 J’arrête de me comparer aux autres

Chacun est différent, pourquoi est-elle meilleure que moi, c’est juste une impression, à moi de trouver ma place, de m’affirmer. J’écoute le podcast #67 je me positionne par rapport aux autres.

Je décolle mes étiquettes

Et au lieu de me dire : « Comme je suis nulle, je n’y arriverai pas, les autres sont meilleurs que moi »  je prends du recul. Ces étiquettes affectent ma confiance en moi, et semblent irréversibles, mais elles ne le sont pas. Il faut que je regarde la situation autrement. Je réécoute le podcast  #36  Je décolle les étiquettes

J’accepte ma vulnérabilité

Cela me permet de renforcer mes compétences. J’ose demander de l’aide.  Je ne me sens pas capable d’analyser seule ces document, je demande l’aide d’un collègue. Ou encore je me sens impuissante à gérer une situation avec un enfant, je demande à mon mari un coup de main.  Pensez à écouter le podcast  #49 je montre ma vulnérabilité

Je favorise les pensées positives

Cet état mental et émotionnel me permet de me focaliser sur le moment présent. Même si ce sont des petites choses que je valorise, le ciel bleu ce matin, mon petit café bien serré, le sourire de mon fils.

J’écoute le Podcast  #35 Je pratique la pensée positive.

Je prends conscience de mes valeurs

C’est ma boussole, quelles sont mes valeurs au fait ?  Qu’est ce qui est qui important pour moi ?  Pensez à écouter le podcast #75 j’identifie mes valeurs.

Je prends conscience de mes forces et le syndrome de l’imposteur s’envole !

Car bien sûr j’en ai et dans plusieurs domaines ! Elles se composent de mes talents, de mes connaissances et compétences. Écoutons le podcast  #24 je reconnais mes talents

Alors maintenant, vous avez les clés en main pour chasser ce vilain imposteur qui empoisonne votre quotidien !

 Allez hop je me lance

Pour dépasser le sentiment de l’imposteur :

  1. Je prends conscience de mes valeurs,
  2. Et je prends confiance en moi
  3. Ou encore j’essaie d’être bienveillante avec moi-même,
  4. Et enfin, j’accepte les compliments.

A vous de jouer, chers auditeurs ! Je tire une carte de 2 minutes ensemble et je nomme ma réussite du jour. Oui oui, il y en a forcément une !

Citations/ La petite mousse 

Dalai Lama

Là où règnent force intérieure et confiance en soi, disparaissent méfiance, peur et doute.