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Parler d’affectivité avec son enfant

Lorsqu’un enfant pose des questions, ce n’est pas le moment de se défiler ! Et pourtant, parler d’affectivité avec son enfant fait partie de la vie. Il ne devrait pas être un sujet plus difficile que la mort, la religion, le racisme…Alors comment faire ?

Parler d’affectivité avec son enfant est bien nécessaire

Parler d’affectivité et de sexualité avec son enfant est bien nécessaire et pour plusieurs raisons :

Le sexe fait partie de la vie

Normalement, il ne devrait pas être un sujet plus difficile que la mort, la religion, le racisme… 

D’ailleurs, quand on est parent on veut le meilleur et malgré ça, on est freiné car, 

  • on a peur d’être maladroit « que faut-il dire »
  • on a Peur de ne pas trouver les mots « quand le dire »
  • on a Peur de ne pas être experts « comment le dire » 

et pourtant les enfants ont besoin des paroles d’adulte pour se comprendre et comprendre comment fonctionne leur corps

Un moyen pour les éloigner du porno

Même petits, les enfants sont exposés quotidiennement à des messages sexuels : publicités, film, sans être réellement informés.

Au début de l’école, les enfants sont encore un peu épargné par le sujet. Cependant, il est bon déjà de les informer sur la beauté de leur corps afin qu’ils aient les armes pour se protéger quand ils seront confrontés à des images malveillantes.  

Bien sûr,  le contrôle parental existe, malheureusement, il est rarement suffisant. Vous imaginez qu’il regarde Pocahontas sur un site de streaming, avant de voir la belle indienne, probablement qu’il verra des pub pornographiques. De plus, l’enfant, n’est pas non plus à l’abri d’un camarade de classe qui a été exposé à des images et qui va les raconter. Ou encore d’un grand frère ou d’une grande sœur qui va lui proposer de regarder quelques images amusantes…

Le poids des mots et des images

Un médecin à Harvard, Mark Schuster dit. «Quand les parents attendent le bon moment pour parler de sexualité à leurs enfants, le bon moment est loin derrière ».

Une autre étude dit qu’un enfant qui a eu un discours à la maison sur la sexualité aura sa première relation sexuelle plus tardivement, sera plus sélectif sur le choix de son partenaire et se protégera mieux. 

Donc 2 phrases à retenir. « Celui qui ne sait pas va voir » et « le 1er qui parle marque des points »

La métaphore de la cire et de l’eau chaude

La métaphore de la cire et de l’eau chaude illustre bien l’importance de parler tôt aux enfants.

 « Imaginez un récipient contenant une épaisse couche de cire froide, durcie, dont la surface est tout à fait plate et lisse. Ensuite, vous prenez un pot rempli d’eau chaude et vous en répandez un peu sur la cire. Alors, l’eau peut librement glisser où elle veut sur cette surface vierge. Mais, étant chaude, à peine entre-t-elle en contact avec la cire, l’eau fait fondre le dessus, y imprimant une empreinte peu profonde, comme un skieur dans de la neige poudreuse. Désormais, la cire présente un léger creux, l’eau chaude ayant tracé un chemin pareil au lit d’une rivière. 

Si, maintenant, vous répandez à nouveau un peu d’eau chaude dans le même récipient, que va-t-il se produire ? Où l’eau tombe-t-elle en premier ? Comme elle est moins libre que la première fois, l’eau va rejoindre la trace antérieure. Ainsi, cette trace va dès lors guider son écoulement et s’approfondir un peu. Plus vous versez d’eau, plus la même trace se creuse encore davantage, ne permettant plus à l’eau d’emprunter un autre chemin que celui déjà tracé. »

Orienter son discours sur le beau

Cette métaphore pour illustre combien la première empreinte laisse des traces. Je vous laisse imaginer quand le premier contact avec la sexualité est choquant. Alors, quelle empreinte aura le jeune ? Certes la résilience de l’homme est grande cf podcast 65. Cependant, changer un cours d’eau est mal aisé et encore moins quand il est rivière ou fleuve…

Donc, les mots que vous utilisez vous parents, grands-parents, vont laisser une impression à l’enfant. Si le discours est orienté vers le beau, le grand, l’émerveillement, alors, quand l’enfant sera en contact avec la pornographie où des discours crus. Il aura au fond de lui-même une force. De ce fait, il se souviendra des mots entendus. Alors, il se rappellera que l’amour ce n’est pas sale, berk, écoeurant, dégoutant… 

Parler d’affectivité avec son enfant, c’est lui apprendre à connaître son corps

Pensez-vous qu’il est possible d’élever et d’aider son enfant à bien se servir de sa tête sans lui apprendre à connaître son corps ?

Alors au placard, les « Je ne suis pas à la hauteur », « Je suis incapable d’en parler »

Avant tout, prenez confiance dans vos capacités Cf podcast 6 je me fais confiance. Vos talents sont beaucoup plus nombreuses que vous l’imaginez.

Pour sortir de la gêne, dites-vous que la sexualité infantile revêt des aspects différents de la sexualité adulte. L’enfant est animé d’une volonté de séduire, d’être aimé. D’ailleurs, il est nourri autant de contes que d’explication scientifiques. En fait, son imagination déborde et son identité sexuelle se cherche. Alors qu’à partir de l’adolescence la séduction va passer par l’érotisme (1er baisers, caresse, rapport sexuel). L’enfant aura une représentation juste et claire de la sexualité seulement à la puberté.

L’éducation silencieuse construit la sexualité de l’enfant

L’éducation silencieuse est l’éducation et des gestes, des mots et des attitudes. 

Pour ceux qui sont en couple, comment êtes-vous avec votre conjoint ? Sachez que chaque caresses, mots doux, gestes tendres, attentions sont captés par l’enfant et ça le construit.

Et puis, que dites-vous de votre condition d’homme, de femmes ? Plus avenant de parler de la joie d’être femme ou homme plutôt que de se plaindre auprès des enfants. « Ah tu verras la galère de travailler…. » Ou « ah ! vivre en couple c’est l’angoisse ». Certes qui n’a pas eu ce type de pensée un jour ! Cependant, parler positivement de votre vie d’adulte, leur donne envie de le devenir eux aussi.

L’importance de la tendresse

La tendresse que vous avez envers votre enfant est essentielle pour son développement harmonieux. Il a besoin d’être touché comme d’être nourri. Podcast 46 Je laisse parler mes sens

Quand vous prenez votre enfant dans vos bras, quand vous le câlinez, quand vous le caressez, vous lui inculquez la notion de plaisir. Elle sera nécessaire plus tard pour sa sexualité.
De plus, quand vous lui exprimez vos sentiments, quand vous lui parlez, vous lui inculquez la notion de relation, indispensable dans une relation sexuelle. D’ailleurs on entend bien le mot relation dans relation sexuelle.

Développer sa carte du tendre

En réalité, ces réponses à son besoin d’affection et de tendresse va lui permettre de développer sa carte du tendre. Cette carte du tendre va l’accompagner toute sa vie affective et sexuelle et lui apporter une sécurité affective. Saviez-vous que si le cou est une zone érogène c’est que sans doute qu’enfant, vos parents vous faisait des bisous dans le cou. 

Parler d’affectivité avec son enfant c’est faire la différence entre l’intimité et la pudeur 

C’est quoi la pudeur

La pudeur parle autant du corps que des sentiments. Le mot pudeur peut avoir une connotation positive : la retenue, la modestie. Et aussi une connotation négative : gêne, honte de son corps, de sa sexualité.

Comparez la pudeur à un voile qui bouge. Un voile qui voile et qui dévoile en fonction des circonstances. Par exemple, on est à l’aise en maillot de bain sur la plage mais pas dans la même tenue dans un marché. Tout comme certains sentiments s’expriment dans l’intimité et non en public. Vous dites je t’aime dans l’intimité et non en pleine conférence !

A noter, tout de même que chaque société a ses critères de pudeur. Les codes peuvent évoluer avec le temps. Nos grandes mères cachaient leur cheville, les filles aujourd’hui montrent leur nombril mais supportent moins d’afficher leurs poils ! 

En famille, certaine famille sont plus décomplexées que d’autres et montrent facilement nues. 

Comment se positionner par rapport au bain ou à la douche !

Des questions qui reviennent souvent autour du bain : « Jusqu’à quel âge donner le bain avec les frères et sœurs ou jusqu’à quand le prendre avec lui ? » Il n’y a pas de règle absolue. 

Maintenant, il est important d’être vigilant.

Entre frères et sœurs, si le bain est source de trop de découvertes. Genre, je te tire le zizi ou je te pince la poitrine. Alors il est bon d’arrêter. 

Avec les parents. Lorsque l’attitude de l’enfant vous dérange (il pose trop de questions sur votre anatomie). Ou qu’il commence à manifester de la gêne vis-à-vis de son corps (vers 6 ans en moyenne). Alors, il convient évidemment de respecter la pudeur de chacun. Et bien sur, sans pudibonderie excessive, mieux vaut alors éviter de se promener nu devant lui ! 

En résumé, intimité ne veut pas dire cachette. Si vous fermez la porte de la salle de bain, vous faites votre toilette dans l’intimité pas en cachette. Tout comme si vous fermez la porte de votre chambre. Vous dormez dans l’intimité et non en cachette ! 

Parler d’affectivité avec son enfant c’est ouvrir une place au dialogue 

Comment répondre à leurs questions ?

Tous les enfants ont besoin de réponse à leurs questions. Certes, elles dérangent. Oui elles arrivent au mauvais moment. Cependant, répondre à des questions sur les sujets qui touchent à l’affectivité et à la sexualité, c’est entamer un dialogue. Un dialogue de l’intimité qui crée des liens de partage.

Une éducation affective et sexuelle est plus large qu’une information sur la sexualité, même si celle-ci est importante. La finalité est d’aider l’enfant à développer sa personnalité en ayant une image positive de lui-même et de son corps. En ayant, aussi, un regard juste sur sa capacité à aimer et à être aimé. C’est une éducation à l’amour et à la responsabilité. Plus cette information sera positive et mieux elle sera accueillie par l’enfant.

Ensuite, quand un jeune pose une question, commencez par lui demander ce qu’il sait sur ce sujet. Un garçon de 6 ans demande à sa mère ce que voulait dire le mot sexe. La mère affolée, bafouille quelques mots. le fils ahuri par les propos de sa mère lui tend alors une feuille. Il voulait simplement savoir que mettre sur un formulaire après ce mot sexe : M ou F !!!!  Alors, fini les sueurs froides pour savoir quoi répondre ! Renvoyez simplement la question : « Qu’entends-tu par là ? » « que connais-tu de ce mot, que signifie-t-il ?»

L’avantage de la reformulation

L’avantage de cette reformulation est aussi de prendre du recul, de réfléchir aux mots les plus ajustés. Voire même de différer la réponse si vous manquez de connaissance ou si vous êtes bousculés par la question. Un enfant sera touché par un adulte qui admet de pas connaitre une réponse, ça lui montre aussi qu’il peut lui aussi se poser des questions. Etre adulte ce n’est pas avoir la science infuse ! Par contre, c’est indispensable d’y revenir pour y répondre. Pas question de botter en touche !  

Reformuler, c’est aussi une manière de pouvoir répondre à la question avec justesse. A l’interrogation « c’est quoi un préservatif ». Renvoyer la question ; « Pour toi un préservatif, qu’est-ce que c’est » ?  Si il vous dit. « c’est fait pour ne pas avoir d’enfant ». Vous confirmez et c’est ok. Pas besoin de vous lancer dans des explications sur le Sida et les IST. Oui c’est vrai que le préservatif protège aussi des maladies. Vous y reviendrez plus tard ! 

Et puis dites-vous et vous l’avez expérimenté, les enfants posent des questions franches et de manière simple, si l’enfant ressent un malaise il pourrait éviter le sujet ! 

En résumé, l’enfant doit sentir que tous les sujets peuvent être abordés avec ses parents sans risque 

Parler affectivité avec son enfant c’est gérer des situations imprévues et génantes 

La place du plaisir

Vers 2/3 ans c’est l’âge de l’exhibition ! normal ! 90% des enfants s’y prête. Leur insatiable curiosité les porte à s’examiner de très près. Ils prennent conscience en touchant leurs organes génitaux que cette région est particulièrement sensible. En frottant ses organes sexuels, la petite fille ou le petit garçon ressent du plaisir. En fait, c’est pour eux, une fonction de détente de d’apaisement purement sensuel.

La petite fille qui montre sa vulve exprime sans doute qu’elle vient de se rendre compte qu’elle est différente des garçons et affiche sa spécificité. Le garçon pénis au vent montre que les filles l’intriguent ! on évite « Je vais te la couper ! » « Touche pas à ca». Quand on n’en fait pas un drame, la ferveur nudiste s’émousse rapidement. Rassurez-vous votre enfant ne deviendra pas un adulte pervers ! 

La masturbation

Il arrive fréquemment qu’un enfant de cet âge se masturbe. Là encore, il appartient aux parents de lui expliquer qu’il y a des limites, sans y mêler des notions de morale (c’est “bien” ou “mal”). En fait, un discours moralisateur associerait aux organes génitaux une idée péjorative ou malsaine. Alors, qu’aller à la découverte de son corps est naturel. Et l’enfant se caresse surtout quand il est inquiet ou énervé. Cela lui procure à la fois du plaisir et un apaisement. Pas de quoi lui donner mauvaise conscience. Il suffit de lui dire sereinement : “Ca ne se fait pas en public, c’est pourquoi tu ne vois jamais papa et maman faire ça”. 

Comment fait-on les bébés

Retournez-lui la question : «Et toi, qu’est-ce que tu en penses ?» C’est encore le meilleur moyen de savoir où il en est. Souvent, vers 4 ans, les enfants imaginent que pour avoir un bébé il faut manger une graine. Expliquez-lui que c’est papa qui donne la graine au cours d’un gros câlin. Evidemment, il va vouloir savoir comment et où papa dépose la graine. Contentez-vous de répondre : par le sexe. Grande chance que ça luis suffise ! Votre enfant ne demande pas à connaître vos positions sous la couette.  

Lui raconter son histoire

C’est aussi l’occasion de lui raconter son histoire. Quand il était dans le ventre de maman, la joie de la découverte que vous alliez être parent. Et aussi la merveille de découvrir son visage à la naissance, le choix de son prénom. Si il a des frères et sœurs, comment s’est passé son arrivée….

L’enfant a besoin de sécurité, de se rassurer sur le fait qu’il est aimé. Lui raconter son histoire est un merveilleux moyen.

Les jeux sexuels 

«J’ai surpris mon fils de 4 ans et sa cousine de 5 ans qui jouaient au docteur, complètement nus. Je ne savais trop comment réagir. » Que faire dans cette situation ? 

Si on surprend la scène, évitez de dramatiser ! Si vous êtes choqué ou déstabilisé, mieux vaut vous abstenir de réagir. Laissez alors les enfants et revenez plus tard sur la situation, quand vous aurez repris vos esprits. Evitez d’induire pour autant qu’il s’agit de quelque chose de sale ou de honteux. Les réflexions du type : « Arrête tes cochonneries ! ».

Sinon, l’enfant se sentira coupable de quelque chose d’abominable… qui est en fait le problème de son parent. L’adulte regarde la situation avec sa lunette d’adulte. Chez l’enfant, rien n’est prémédité et prend place au milieu d’un autre jeu. 

Quand il joue au docteur, l’osculation est sur le même plan que la prise de médicaments ou la prise de température. L’enfant est dans son jeu. Pareil, une fillette de 5 ans ne décide pas cet après-midi de faire l’amour avec son voisin ! En fait, l’enfant est différent de l’adulte, planification et organisation sont absents

L’enfant est simplement curieux de vouloir découvrir le corps de l’autre. Ces jeux ne sont ni “sales” ni “honteux”. Dites-vous que l’enfant a besoin de scénarios imaginaires pour se construire.

Reste que le rôle des parents est aussi de poser des limites. On peut lui dire tranquillement que ce sont des choses que l’on fait quand on est grand.

Il cherche à regarder le sexe des autres

« je te montre le mien si tu me montres le tien » au cours desquels les enfants du même sexe ou de sexe opposé se montrent leurs organes génitaux. A travers de ces jeux sexuel, le tout petit se compare et se rassure sur sa normalité. Même si il voit ses parents nus, leur sexe lui semble tellement démesuré. Le sien semble lilliputien !

Rassurez-vous, en général, cet intérêt s’estompe vers l’âge de 6 ou 7 ans, quand l’enfant est bien rassuré et bien au fait de son identité. 

L’occasion de parler des abus

Si vous surprenez votre enfant ou si il vous en parle, C’est l’occasion de parler avec lui du respect du corps. L’autre était-il d’accord pour jouer ? 

C’est l’occasion de prévenir aussi, que ce type de geste ne se font jamais avec les grands ni avec la famille quand on est un enfant.

Petit détour par les abus sexuel et l’inceste. Combien il est important que l’enfant prenne conscience qu’il a toujours le droit de dire non à une situation qu’il ne souhaite pas ou qui le dérange. L’importance qu’il prenne conscience aussi que son corps lui appartient et qu’il est le seul à savoir ce qu’il ressent.

De plus, insistez sur le fait que vous êtes ouvert au dialogue. Que si quelque chose se passe qui intrigue l’enfant ou qui le met mal à l’aise, vous serez toujours là pour l’écouter et pour en parler…

Une fois tout ça dit, inutile de le répéter trop régulièrement. Il pourrait sentir que ça vous inquiète. Et en cas de problème, il gardera tout pour lui car il voudra vous protéger !

Si je résume :

  • L’enfant aura une représentation juste et claire de la sexualité seulement à la puberté.
  • Pour l’enfant aucune zone du corps est tabou.
  • La plus belle histoire que vous puissiez raconter à votre enfant est la sienne
  • L’Intimité ne veut pas dire cachette

Et surtout faites-vous confiance ! 

Allez hop je me lance

Une carte tirée de 2 minutes en famille : “Quelles sont les petits obstacles que je pourrais franchir qui m’aiderai à parler plus facilement?”

Parler d'affectivité avec son enfant

Retrouver l’enfant en moi

Pour retrouver l’enfant   « Quel enfant ai-je été ? », “Quel adulte suis-je “ Car oui, que j’ai  20, 30, 40, 50 ou 60 ans je vis avec en l’injonction que je dois être adulte. Ai-je une posture d’adulte avec mes parents ? Avec mes amis ? avec mes enfants ? Dans ma prise de risques ? Au bureau ? Et l’enfant qui sommeille en moi, je dois lui dire adieu, ou bien que je lui ouvre grand la porte ?

Les définitions du dictionnaire

Faisons un petit exercice. Que vous évoque le mot petit enfant ? L’innocence ? Les enfants de vos copains, sympa (sauf quand il faut les garder )? L’émerveillement devant une bougie, une part de gâteau ou simplement un sourire ? Les caprices et l’incapacité à se raisonner ? La dépendance affective ? La joie de partager un bon moment comme une balade, un jeu (2 minutes) ou une discussion ? Des parties de cache-cache interminables avec des cousins ?

Une voie intérieure profonde

Le Petit Robert décrit l’enfant comme, je cite : « l’être humain à l’âge de l’enfance ». Ou bien « l’humain en termes de filiation (nous souhaitons avoir deux enfants) ». La troisième définition de l’enfant du dictionnaire évoque plutôt un trait de caractère immature. « Personne qui a conservé dans l’âge adulte des sentiments, des traits propres à l’enfance. L’enfant terrible (d’un groupe), un membre qui aime manifester son indépendance d’esprit. Ou encore l’Enfant gâté, personne qui a l’habitude de voir satisfaire tous ses caprices. »

Voyez, parler des traits de l’enfance pour un adulte est plutôt associé                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         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un manque de maturité. Malgré cela, et si le petit enfant en nous est cette voie intérieure profonde qui nous habite, fraîche et pure.

Pourquoi je vérouille l’enfant en moi ?

Retrouver l’enfant en moi c’est quelque part me mettre à l’écoute de mes désirs et de mes rêves d’enfant. Pourtant bien souvent je verrouille cette petite voix.  Il peut y avoir plusieurs raisons à cette entrave.

Je n’ai pas eu la place

Je peux ne pas avoir eu la place de m’exprimer ou exprimer mes émotions quand j’étais petit. Et 30 ans plus tard je ne sais pas bien faire. Je mange mes émotions #62

Je n’ai pas eu les clés

J’ai pu avoir le droit mais ne pas avoir de clefs pour le faire. Résultat, aujourd’hui, quand j’exprime un peu de colère, de tristesse ou de frustration, c’est maladroit. Il est probable que mon entourage réagisse de manière agacée et donc je préfère ne plus rien exprimer du tout.

Je confonds exprimer mes besoin et me plaindre

Je peux aussi confondre deux idées importantes. Celle d’exprimer mes besoins, et celle de me plaindre. Et alors j’imagine que l’enfant est forcément grognon ou capricieux. Pourtant j’ai pu constater combien les caprices ou les crises de larmes cessent immédiatement quand je commence par écouter mon enfant et reformuler ses besoins. Ou alors l’ enfant peut être irraisonné et insensé. Pareil si je prends le temps d écouter mon enfant. Je me rend compte qu il a sa propre logique et qu elle est pleine de sens.

Ca remonte des souvenirs désagréables

Pour certains, l’enfance est ce paradis perdu à tout jamais. Pour d’autres, l’enfance évoque des souvenirs peu agréables ou douloureux. Réminiscences de grandes frayeurs, de gros chagrins que l’enfant était encore trop jeune pour bien digérer. Et une fois adultes, ces personnes peuvent occulter tout un pan de leur enfance, l’enfouir dans leur inconscient ou positionner à la place des souvenirs positifs parfois artificiels.  Par ailleurs, certains adultes qui semblent bien fonctionner peuvent parfois avoir un monstre de désirs inassouvis ou de peurs tapi tout au fond d’eux. Gare à ce monstre qui peut surgit parfois sans prévenir !

retrouver l'enfant en moi 2

Alors comment faire pour retrouver l’enfant en moi ?

Etablir un dialogue avec ce petit enfant que nous étions

Plutôt que de « jouer à l’enfant » ! allons le rejoindre. Par exemple, je me mets en colère à chaque fois que quelqu’un souligne une de mes erreurs. Petit enfant, mon père ne cessait de souligner ce que je faisais de mal au lieu d’encourager mes progrès. Maintenant, j’ai du mal à supporter la moindre remarque. Retrouver l’enfant en moi, c’est apprendre à détecter ce processus à chaque fois. Puis, pouvoir se dire « je me sentais écrasé à chaque fois lorsque j’étais petit, aujourd’hui c’est différent, relax, cette critique peut être constructive »

Valider les émotions

Encore une fois, je vois bien avec mes enfants combien commencer par les rejoindre et reformuler ce qu’ils vivent avant de leur parler de conséquences est important. En faisant cela je valide leurs émotions podcast #20 je nomme mes émotions. Ensuite, nous pouvons passer à autre chose comme travailler à les rendre responsables de leurs actes podcast je suis acteur de ma vie #55. Ou bien, apprendre à demander pardon podcast #15. En dernier lieu, leur proposer une autre manière de faire.

Être mature, c’est laisser jaillir nos désirs d’enfants de manière contrôlée.

A l’inverse, laisser jaillir nos désirs d’enfants sans filtres peut voiler notre raison. Alors, nous pouvons nous lancer à corps perdu dans un projet sans réfléchir aux conséquences. L’idée est d’accueillir d’une manière adulte nos projets et rêves d’enfants. De ce fait, imaginez ce que vous répondriez avec la plus grande bienveillance à ce que vous dirait un de vos enfants, s’il déclarait vouloir devenir pilote de chasse ? « Non, c’est trop dangereux, jamais ! » ?  Ou bien « fonces, c’est hyper facile ! » ? Ou bien « C’est un très beau métier, exigeant, pour y arriver, mets y beaucoup d’huile de coude et de motivations ! Et tu voleras ! » En réalité, soyons cet adulte qui accueille et réagit de manière bienveillante et rationnelle à tous ces rêves d’enfants.  En même temps, soyons aussi un peu fou. Par exemple, quand j’ai tellement envie de faire de la gondole à Venise. Je peux envisager un voyage plutôt que de me dire que ce n’ est pas raisonnable.

Notre état d’enfant est d’une richesse incomparable.

En fait, notre état d’enfant, représente ce que je suis à l’état brut, dépouillé de tous les costumes que j’ai pu endosser dans la joie ou bien dans l’amertume. C’est le moment de décoller les étiquettes, je vous renvoie à notre podcast #36.A bien considérer les choses, le petit enfant en moi, c’est celui qui fait naturellement confiance, qui a besoin des autres pour grandir. Et puis, c’est surtout celui qui a besoin d’amour pour vivre. En fin de compte, c’est de la pure vulnérabilité ! Pour Brené Brown, chercheuse en sciences sociales, nos faiblesses, notre vulnérabilité CF podcast 49 sont notre première force dans nos relations humaines. En réalité, notre vulnérabilité, c’est avoir le courage de montrer ce qu’il y a dans notre cœur. C’est oser être imparfait ! (On retombe sur le podcast 92 Je suis imparfaite). Et cette audace est celle qui nous pousse à nous aimer comme nous sommes, et donc à aimer les autres avec leurs faiblesses. En conclusion, n’est-ce pas la qualité d’un petit enfant, de se montrer aux autres dépendant ? D’oser demander de l’aide,  #69 je pratique l’art de demander, dire son incompétance, être authentique ? Pour plus d’authenticité, filez écouter le podcast #78 Je suis vraie

Retrouver l’enfant en moi c’est laisser s’exprimer de la spontanéité, de la joie simple.

Le goût des choses simples. Notre capacité d’émerveillement. La gratitude. Nous en avons beaucoup parlé dans nos épisodes numéro 9 (« Je cultive la joie ») ou encore 89 « Je m’émerveille ») ou la gratitude #20. Sans oublier le jeu ! Je retrouve l’enfant en moi pour savourer le plaisir du jeu retrouvez en tous les bienfaits dans notre podcast #72 je joue ! Combien de fois par mois pensez-vous à jouer ?  Nos jeux 2 minutes montrent qu’il n’y a pas d’âge pour passer un bon moment avec ceux que l’on aime ! (cadeau 😉)

Retrouver l’enfant en moi, c’est aussi me connecter à ma curiosité

Me connecter avec cette envie de connaître le monde 

Dans son livre « L’Enfant », Maria Montessori parle très bien de cet esprit « absorbant » de l’enfant et c’est d’ailleurs la base de son approche pédagogique. Ce médecin italien qui a travaillé des années au contact des familles pauvres explique combien l’enfant est traversé par un élan vital et une soif d’explorer le monde. Selon elle, il est capital d’identifier ce que l’on appelle « les périodes sensibles » d’un enfant. Par conséquent, la période sensible à l’ordre, au langage, à la socialisation, au mouvement, au raffinement sensoriel, ou encore la période sensible aux petits objets sont des étapes. Chaque enfant a son propre rythme interne. Pour cette raison, l’accompagner pour qu’il explore à fond un de ces champs lui permet d’en acquérir les compétences plus vite et de passer à la suivante facilement.  En France, la professeure des écoles et conférencière Celine Alvarez en parle beaucoup dans son ouvrage « Les Lois naturelles de l’enfant ».

Le point de vue de Maria Montessori

Je voudrais attirer votre attention sur un point amusant. En réalité, Maria Montessori précise bien que l’état d’enfant et son énergie vitale sont bien différents du désordre. Au contraire, l’enfant, même tout petit, même s’il a tendance naturellement à s’éparpiller, a besoin d’ordre, d’une routine, de comprendre que chaque chose a une place. C’est même l’une des périodes sensibles de l’enfant. Or, rejoindre l’enfant en moi, c’est différent de n’en faire qu’à ma tête. C’est plutôt rejoindre la soif d’apprendre qui m’a longtemps habitée et qui reste tapie au fond de moi. Pour beaucoup, recommencer à apprendre donne des ailes ! Par exemple, je pense à une jeune femme que j’accompagnais. Il semblerait que reprendre des études de dessins  en lien avec ce qui l’animait depuis longtemps l’a réveillée vraiment ! A 30 ans, elle s’est reconnectée avec sa joie de vivre, sa capacité à s’émerveiller et sa bonne humeur. Non seulement toute sa famille en bénéficie mais la grande gagnante c’est elle !

C’est qui l’enfant intérieur ?

En particulier, regardons les travaux d’Eric Berne, et son approche de l’Analyse transactionnelle.  Selon sa théorie, notre monde intérieur est habité par trois états du moi, que nous utilisons plus ou moins bien. Les connaissez-vous ?

Tout d’abord, il y a le Parent, qui établit les règles. Puis, l’Adulte, qui pense, décide et résout les problèmes. En dernier,  l’Enfant, qui ressent et réagit. Attention, il n’y a pas de “bons” ou de “mauvais” états du Moi. En fait, tous ont une fonction différente essentielle et complémentaire.

L’état de parent

Pour toutes ces raisons, nous avons tous chacun en nous un peu de Parent normatif (celui qui dit vivement à un enfant voulant traverser la route alors qu’une voiture arrive, “Recule-toi !”). Ou encore de Parent Nourricier lorsque nous disons à un collègue qui vient de se voir confier une nouvelle mission délicate.  “Tu vas y arriver, le patron a raison, tu es notre meilleure ressource pour ce projet ! Je vais t’aider » sur un ton chaleureux.

L’état Adulte

Enfin, nous avons en nous, tout simplement l’état Adulte. C’est celui qui s’interroge de manière neutre raisonnée objective par exemple quel est l’impact de l’achat d’une nouvelle voiture.

L’état d’Enfant

Parfois, c’est notre état d’Enfant Rebelle qui surgit. Par exemple lorsque quelqu’un me parle avec un ton que je n’accepte pas. Alors,  je lui dis avec vigueur : “Tu me parles sur un autre ton s’il te plaît”. Ou encore un peu d’Enfant Soumis. Par exemple quand une amie me demande un coup de main et que comme d’ habitude je dis oui alors que ça ne m’ arrange pas du tout. Enfin, celui d’Enfant Libre. Par exemple, en pleine réunion de travail, un collègue propose une pause parce qu’il a soif et que sa phrase fait écho en moi. Je rêve de me détendre un peu : alors je propose sur un ton cordial et dynamique. “Allez hop, pause-café !”

 Tout cela pour dire que j’ai une part d’enfant en moi depuis toujours et pour toujours, et il est bon de savoir reconnaître laquelle émerge, pour se demander si elle est appropriée à la situation.

Les bienfaits de retrouver son enfant

Retrouver l’enfant pour libérer l’adulte

Retrouver l’enfant en moi me permet de le consoler et lever des freins qui m’empêchent d’avancer adulte. Aujourd’hui de nombreux psychologues travaillent sur l’enfant que nous avons été dès notre conception. Dès notre vie intra-utérine. Prenons le temps d’apaiser, si c’est nécessaire, ce petit enfant qui sommeille en nous.  J’aime bien cette image de l’adulte en pleine conversation avec son enfant intérieur, dans laquelle l’adulte écoute l’enfant, le remet à sa juste place d’enfant, console, guérit, partage les joies, replace les éléments dans leur contexte et conclut en disant « Maintenant laisse-moi la place ! ».

Retrouver l’enfant peut avoir un pouvoir thérapeutique.

En prenant soin de mes enfants ou de ceux des autres comme l’on a pris soin de moi (ou bien comme j’aurais aimé que l’on prenne soin du petit enfant que j’étais). Tout comme prendre soin de ses parents malades, de déshérités, de malades, d’handicapés offre alors de l’affection et de la consolation. En fait, je me prouve que je suis capable de produire de la tendresse, de l’écoute. En résumé, je peux même alors consoler l’enfant en moi qui avait besoin d’être consolé ! Un enfant qui a été blessé pendant son enfance est tout à fait capable d’être un adulte heureux et apaisé ! Cela me fait penser au « kintsugi », cette méthode japonaise qui permet de réparer les céramiques brisées en plusieurs morceaux à l’aide de laque saupoudrée d’or. Le résultat est magnifique ! Un chef d’œuvre a partir de morceaux abimés…

Si je résume

Le petit enfant en moi est celui qui s’émerveille, qui aime, qui a besoin des autres et qui joue. et surtout écouter le petit enfant c’est libérer l’adulte que je suis. Alors, courrez vous connecter et aimer ce petit enfant qui sommeille et retrouver l’enfant en vous!

Allez hop je me lance

Et si vous jouiez cette semaine ? on tire des cartes de 2 minutes et si je n’ai pas ces coffrets magiques, j’en achète un ! Le jeu rajeunit, c’est bien connu !

Avec Béatrice Papeians, prenez le temps d’être heureux

Béatrice Papeians une femme autodidacte et intuitive.

Quelque soit la ville où elle a vécu (Londres, Rio, Paris ou Bruxelles), elle a toujours eu un pied entre l’univers de l’art et le monde associatif.

Pourquoi son cœur balance-t-il entre ces deux secteurs?  Sûrement parce ce que pour elle le beau, le bon et le bien sont une manière de toucher à l’essence de la vie.

L’arrivée d’Alzeimer

Béatrice Papeians a accompagné pendant dix ans, son mari atteint de la maladie d’Alzheimer. A la suite de cette tranche de vie mouvementée, elle en a tiré un témoignage magnifié et poignant. En fait, ce recueil porte ce beau nom Au fil de l’oubli. Comment ne pas s’arrêter sur ces délicats mots que béatrice adresse à son mari. « Parce que je t’ai toujours aimé, je veux préserver notre lien avec douceur,calme et confiance. »

La générosité de Béatrice Papeians 

Finalement, Béatrice Papeians a offert les droits de son livre à Baluchon Alzheimer Belgique, une association qui a pour mission de donner du répit aux aidants proches d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer. Les baluchonneuses aident avec bienveillance et patience les familles qui traversent l’épreuve de la maladie. En réalité, elles se déplacent au domicile de la personne. Ainsi,  la personne touchée reste dans son milieu de vie.

Elle est désormais en charge de la communication de l’association. A travers des conférences, des interviews, des articles, elle témoigne de son parcours auprès des familles touchées par cette douleur.

Nous nous disions que chaque baluchonneuse pourrait avoir un jeu 2 minutes ensemble ! pour venir mettre des bulles de légèreté dans ces familles ! 

L’équilibre de Béatrice Papeians

L’autre moitié de son temps, elle le passe dans l’atelier de l’artiste Isabelle de Borchgrave, où elle est en charge des visites des expositions et de la vente des œuvres de l’artiste. On peut dire qu’elle a trouvé son équilibre et son bonheur.  

Pour finir, écoutez sans hésiter ce témoignage plein d’émotions !

Je découvre les vertus de l’effort

L’effort une contrainte ou une source de bien-être ?

Parfois, j’ai l’impression que mon quotidien se résume à liste de “to do”. Je dois tout le temps faire des efforts pour prendre sur moi, pour continuer à avancer, pour faire tourner le quotidien. Pourquoi est-ce que je m’impose tous ces efforts ? L’efforts est-il seulement contraintes et obligations ou peut-il être source de bien-être ?

L’effort est partout

Toutes les sphères de notre vie sont envahies par les efforts

Dans la petite enfance, nous avons appris à faire des efforts pour finir notre assiette ou terminer nos brocolis, pour mettre nos chaussures seuls ou encore pour apprendre nos tables de multiplication et rapporter de bons bulletins. Puis, l’effort a investi peu à peu le champ des relations humaines. Comme essayer d’être gentil avec nos frères et sœurs, écrire une lettre à sa marraine, dire bonjour/merci. Une fois adulte, nous faisons des compromis en couple. Nous faisons l’effort de composer avec les défauts de notre partenaire. Et puis, le monde du travail qui exige aussi son lot de dépassement de soi-même. Quand on est sportif, les efforts fait pour se maintenir émir au niveau.  Comme vous le constatez, le tableau de nos efforts est bien rempli ! 

Nous accordons plus de valeur à ce que nous faisons nous même

Au-delà de toutes ces situations qui nous forcent à nous dépasser, vous est-il déjà arrivé de constater que vous accordiez systématiquement plus de valeur à quelque chose sur lequel vous avez beaucoup travaillé ? Etes-vous familier de l’adage « No pain, no gain » ? Etes-vous plus touchée par un cadeau fait maison que par un cadeau acheté ? Avez-vous ce réflexe de penser que quelqu’un qui travaille beaucoup est plus intelligent, important ou intéressant que quelqu’un qui travaille moins ? Si oui, sachez que vous n’êtes pas le seul. Ce biais cognitif a été démocratisé sous le nom de l’effet IKEA. Ce concept voit le jour en 2011 sous l’impulsion des médecins Michael I. Norton de la Harvard Business School et Daniel Mochon de l’Université de Yale. Ils ont démontré que nous accordons plus de valeur à ce que nous faisons nous-mêmes, une sorte de lien d’affection se créé. C’est ce phénomène qu’exploitent beaucoup d’entreprises qui nous vendent pour un certain prix des produits que nous construisons nous-mêmes, des gâteaux prêts à cuisiner ou encore des kits de couture pour confectionner notre propre garde-robe. 

Profiter du fruit de ces efforts

La justification de l’effort

Revenons un peu aux sources de ce biais cognitif. Pour cela, remontons à 1957. Léon Festinger est un psychosociologue américain décédé en 1989 qui a enseigné notamment à Stanfort et à la New School for Social Research à New York. Il est le père du concept de dissonance cognitive. Alors, la dissonance cognitive se manifeste dans la tension que ressent un individu dont l’attitude ou les comportements ne sont pas cohérents avec ses idées ou ses croyances. D’une certaine façon, c’est le fait de manquer d’alignement entre ce que nous pensons et ce que nous faisons. La dissonance peut notamment trouver sa source dans l’engagement de l’individu dans une activité désagréable pour atteindre son objectif. Cette activité déplaisante génère un inconfort psychologique, une sorte de malaise que chacun cherchera intuitivement à réduire. Or, selon Festinger, les individus ajusteraient a posteriori leurs croyances ou leurs idées pour justifier leur comportement. L’homme rationalise après coup. En d’autres termes, pour obtenir ce que vous voulez, vous vous êtes infligé une certaine dose de souffrance. Pour vous justifier a posteriori, vous réévaluez à la hausse la valeur du résultat obtenu. C’est ce que l’on appelle la justification de l’effort

L’expérience de Aronson et Mills

Une expérience très intéressante d’Aronson et Mills en 1958 l’a démontré.  Ils ont confronté deux échantillons de personnes souhaitant rejoindre un même club. Le premier échantillon dut faire peu d’effort pour rejoindre le club tandis que le deuxième dut passer par un parcours plus difficile avant d’accéder eux aussi au club. La première activité proposée par le club fut résolument dénuée d’intérêt et ennuyeuse. Et pourtant, lorsque les chercheurs interrogèrent les deux groupes, le groupe qui avait produit le plus d’effort pour accéder au club présenta un niveau de satisfaction très élevé et beaucoup plus élevé que l’autre groupe. Inconsciemment, ils justifiaient la peine qu’ils avaient eue pour l’intégrer. C’est ce même mécanisme qui s’exprime notamment dans le bizutage. La fraternité qui propose le bizutage le plus corsé est souvent la plus populaire aux yeux des étudiants. 

Le sacrifice et l’effort

Ce biais cognitif de justification de l’effort dont nous sommes imprégnés nous pousse parfois à creuser nos efforts encore et toujours plus. La frontière avec le sacrifice n’est plus très loin. C’est ce sportif qui continue de courir malgré sa blessure, ce couple qui essaie de sauver vaille que vaille son mariage, ce salarié qui accepte toujours plus de dossiers et se laisse glisser sur le chemin du burn-out. Ici, l’effort est une forme de justification de la souffrance. C’est ok d’avoir mal si c’est pour la bonne cause. Mais dans toutes ces situations, quelle est la valeur produite par l’effort ? Faut-il continuer ? Dans « no pain, no gain », il y a t-il toujours l’espoir d’un gain supérieur ?  

Accepter la vie qui nous est donnée

Pour profiter du fruit de notre labeur et de nos efforts nous pouvons trouver un équilibre entre acceptation de la vie et l’effort pour l’améliorer. C’est notre principal rempart contre l’acharnement et le sacrifice. En d’autres mots, nous pouvons goûter les bienfaits de ce que nous réalisons à force de volonté tout en acceptant nos limites. 

Le soleil des Scorta

Je pense alors à toute une littérature un peu fataliste qui s’attache à démontrer que malgré tous leurs efforts, les héros sont rattrapés par leur destin. Cette trame se développe notamment dans le Soleil des Scorta de Laurent Gaudé. Sublime roman qui nous transporte sur les traces de la famille Scorta, une famille d’italiens besogneux qui portent le poids de leur lignée et essaient de s’élever au-dessus de leur très modeste condition. Leur but est de transmettre un maigre héritage pour les générations suivantes. Leur vie de labeur pourrait les résoudre à la fatigue et à la douleur mais ils sont comme l’Italie : solaires et joyeux. Au fil des pages, le lecteur comprend que leur joie leur vient de leur abandon à la vie, au destin, à ce qui leur est donné. Ils ont accepté qu’ils ne pourraient pas tout changer. Ils ont su profiter de ce qu’ils avaient déjà et se contenter du confort minimum qu’ils ont pu aller chercher au prix de leurs efforts. C’est ce qui leur apporte apaisement, félicité et une paix intérieure. 

Chaque page est un bijou, je pourrais citer le roman en entier mais j’aime particulièrement cette citation « Il avait couru après l’argent. Il avait travaillé jusqu’à ce que ses nuits ne soient pas plus longues que ses siestes. Mais oui, il avait été heureux. Son oncle Faelucc lui avait dit un jour : « Profite de la sueur ». C’est ce qui lui était arrivé ». Je lis deux enseignements : l’effort est une source de joie mais le lâcher-prise, l’abandon ne nuit pas. 

La genèse de l’effort

Comment je gère l’effort dans un monde hédoniste ?

Nous vivons dans une ère hédoniste qui a anéanti de nombreuses sources de frustration, l’ère du « tout, tout de suite », dans laquelle l’effort et le temps long sont les parents pauvres. L’autre jour, une amie me racontait comme elle avait été dépourvue devant son ado qui refusait de lire une des œuvres complètes au programme de son bac de français au motif que le résumé est sur internet et qu’il lui avait permis de très bien saisir les grandes lignes du roman. Le jeune homme opposait de bonne foi à sa mère « Mais pourquoi est-ce que je me donnerais du mal alors que ça peut être facile ? » 

Et pourtant, l’effort est une tension, un élan vers un progrès. C’est le mouvement qui nous permet de nous élever au-delà du donné. Un effort implique donc une résistance, un combat contre un obstacle. C’est par exemple ces 42 kilomètres de course qui vont mettre mes muscles à rude épreuve et qui laisse le marathonien rincé et épuisé, voire claudiquant. C’est aussi ce problème de mathématiques que je ne sais pas résoudre et qui va me demander beaucoup de créativité. 

Qu’en dit la psychologie positive ?

Martin Seligman, notre professeur de psychologie américain fait la différence entre plaisir et effort. Le plaisir est une source d’émotions positive furtive et temporaire. Le plaisir une expérience positive sur le moment mais qui ne contribue pas au bien-être durable. La gratification, en revanche, est un vecteur fort de bonheur. Martin Seligman a lui-même développé des expériences qui démontrent que c’est un puissant bouclier contre la dépression. En effet, une tâche relativement difficile nécessite que nous mettions nos forces et nos compétences an action. Faites un petit détour par notre bulle de bonheur #24 Je reconnais mes talents pour identifier vos compétences. 

Mihali Csikszentmihalyi le psychologue hongrois, le père du flux podcast #91 a étudié les effets de la gratification que nous recevons de nos efforts sur deux populations de 250 adolescents. Les uns avaient un fort niveau de flux donc une plus forte propension à se dépasser et les autres uns plus faibles. Ses conclusions sont édifiantes. Les adolescents au faible niveau de flux ont plus de chance de développer des comportements apathiques ou de faire des dépressions que les autres. Plus tard, les ados qui ont le plus haut niveau de flux sont ceux qui poursuivent leurs études, entretiennent des relations matures et solides. Ce sont ceux qui s’approchent le plus du bien-être durable. Instinctivement, nous recherchons le plaisir, nous évitons les activités qui peuvent nous causer une légère souffrance ou un quelconque inconfort. Alors que ce sont précisément ces activités qui nous rendent heureux. 

Les bienfaits que nous apportent nos efforts

L’effort nous pousse au dépassement 

L’effort nous pousse à vaincre une résistance ou à dépasser un obstacle.  Nous allons déployer nos forces, nos talents pour venir à bout de ce qui nous empêche d’atteindre notre objectif. L’effort représente une révélation de nous-même. Par exemple, certains alpinistes vont trouver des ressources inespérées en eux pour atteindre un sommet. Plusieurs fois, ils souhaiteront abandonner et pourtant, ils finiront par l’atteindre. D’autres vont aussi faire preuve de créativité pour trouver un nouveau moyen de réaliser leurs objectifs. Je pense aussi à ces couples que je vois en consultation qui semblent dans une impasse. Ils ne trouvent plus au quotidien de sources de joie à deux, sont parfois fatigués de l’état de leur relation. Je sens parfois que leurs efforts pour mieux communiquer et retrouver le chemin de l’apaisement sont infructueux. Je leur conseille alors de faire preuve de fantaisie, de chercher à rompre la routine pour recréer de la magie dans de bons moments ensemble. Croyez-moi quand je vous dis que ça leur demande aussi beaucoup d’efforts. C est aussi celui qui s acharne a retrouver une force physique après un accident ou un cancer. 

L’effort ré-introduit la frustration, l’attente.  

Cette attente nous semble parfois interminable car nous sommes bien entraînés aux plaisirs rapides et immédiats. En fait, les succès qui s’exposent sur les réseaux sociaux ou à la télévision nous laissent penser que tout est à portée de main et que tout est du. L’effort nous fait éprouver la distance ou la durée qui se tient entre nous et notre objectif. Et parfois, c’est ce qui nous permet de réinterroger notre objectif. L’effort peut nous inviter à remettre en question les raisons qui nous ont poussées à nous lancer et ainsi nous reconnecter à nous-mêmes. Encore une nouvelle étape de révélation à soi-même.

En exemple, ça donne quoi ?

Par exemple, je me lance dans un régime. Au fur et à mesure, ma volonté diminue, mes efforts créent plus de souffrance que de bénéfices. Alors, je peux réinterroger mes objectifs, les confirmer alors je peux utiliser la méthode WOOP Cf podcast 81. Ou alors, je peux réaliser que je ne me trouve pas si grosse que ça. Ce qui me dérange c’est plutôt de ne pas être aussi fine que mon amie ou bien de subir les regards de ma famille sur la plage. Mais moi je m’aime bien comme ça, cet effort ne correspond pas à une réelle aspiration intérieure. 

Autre exemple, je peux penser à tous les efforts que je fais pour entretenir la relation avec mes parents. Je mets parfois un mouchoir sur des petits réflexions pour lesquelles je me vexais il n’y a pas si longtemps, je compose avec leurs contraintes ou leur indisponibilité, je me bats avec mes croyances sur ce qu’ils pensent de moi. Je remarque que notre relation se nourrit alors du positif et qu’elle s’apaise. Que nous arrivons de partager d’excellents moments ensemble tout en nous disant les choses vraiment importantes avec plus de douceur. Je constate combien cette relation adoucie me rend plus heureuse et m‘allège d’un poids, combien mes efforts valent la peine. 

L’effort est une source d’estime de soi 

D’autre part, Apprendre à se dépasser soi-même, en déployant nos talents, en venant à bout de nos obstacles, nous prenons conscience de nos capacités. Nous sommes fiers de nous-mêmes et nous sommes capables de continuer à progresser car nous nous faisons confiance. Une bonne piste de dépassement de soi consiste à identifier sa zone de confort pour chercher à en sortir progressivement. Notre Bulle de bonheur #57 vous aidera à comprendre pourquoi et comment. La confiance podcats #7 est un cercle vertueux : plus j’en ai, plus je me pousse, plus j’en acquiers et ainsi de suite. Plus j’ai de confiance en moi, plus je suis résilient et mieux je sais accueillir l’échec en y lisant une source d’apprentissages podcast #34 je dépasse mes échecs. Par exemple, lorsque nous accompagnons nos enfants sur le chemin de l’autonomie (notamment les petits), nous ne cherchons pas seulement à déléguer nos petites tâches de mamans, nous les accompagnons aussi pour qu’ils prennent conscience de leurs capacités, qu ils essaient et qu ils réussissent. Nous leur donnons aussi l’impulsion pour continuer à en développer de nouvelles. 

L’effort apporte du sens à nos actions

Il est important de se motiver et pour ce faire, de visualiser le résultat à atteindre. Grâce à cette visualisation, rappelez-vous, nous vous en avons parlé dans notre Bulle de bonheur #81 Je reste motivé grâce au WOOP, nous anticipons la joie de l’accomplissement. La joie podcat 9 est un carburant essentiel pour tout ce que nous souhaitons développer. Elle va conditionner notre cerveau pour être plus optimiste et créatif. C’est aussi ce qui va nous permettre d’oser, nous l’avons abordé dans notre Bulle de bonheur #87. Pour activer notre volonté et faire preuve de détermination devant l’effort, nous allons préciser, affiner et confirmer notre aspiration. Il se créé une connexion entre ce que je souhaite profondément, mes valeurs et mes actes, ce qui est porteur de sens. Pour vous poser la question de vos valeurs, vous pouvez aller faire un petit tour par notre Bulle de bonheur #75 J’identifie mes valeurs

Tout acte nécessite l’effort ? 

Pour conclure, nous sommes tentés de penser que puisque l’effort est un exercice porteur de sens qui nous révèle à nous-mêmes c’est qu’il est forcément bon. 

Isabelle Queval, ancienne tenniswoman de haut niveau reconvertie dans l’enseignement et la philosophie, s’est dédiée à la recherche dans le domaine de l’effort sportif. Dans son essai Philosophie de l’effort, elle propose, je cite « une conception de l’effort comme ajustement aux choses, plutôt que comme outil de domination, comme connaissance de soi plutôt que comme dépassement. Il s’agit aussi d’initier un autre rapport au temps, à autrui, à l’environnement ».  Le bon effort serait celui qui nous permet de nous trouver, de nous accomplir en tant que personne. Il est ajusté à nous-même et non à des pressions extérieures et s’intègre dans l’écosystème sans chercher à le dominer à tout prix. Ce serait une connexion à son moi profond qui s’affranchit d’une échelle de performance standard. Le bon effort n’est pas un effort pour repousser toujours plus nos limites intellectuelles ou physiques, dominer les autres ou atteindre le haut du classement. Il est le plein déploiement de notre potentiel pour nous-mêmes, il est un accomplissement de soi pour soi. Un effort moins doloriste, moins brutal et moins compétitif source de joies et de bonheur

Je plonge dans le flux

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Vivre un moment de flux, c’est vous lancer dans une activité et de perdre totalement le sens du réel. Sortir d’un état extatique dans lequel vous avez même perdu la conscience du temps. En plus,  vous ré-ouvrez les yeux sur le réel à la nuit tombée en vous demandant ce qui vous est arrivé et généralement, loin d’être paniqués, vous vous sentez remarquablement en paix. Ce concept a été élaboré par un psychologue hongrois au nom imprononçable : Mihaly Csikszentmihalyi au début des années 90. 

Le flux, c’est quoi en détail ?

D’où vient le concept de flux ?

Alors que Mihaly Csikszentmihalyi menait des observations dans les années 1990 dans le domaine de la création artistique. Il s’est, alors,  rendu compte que ses sujets vivaient une expérience unique. Ils semblaient totalement plongés dans leur œuvre et déconnectés de la vie autour. Ces sujets faisaient preuve d’un grand calme et en ressortaient bienheureux. C’est ce que le psychologue a défini comme une expérience optimale.

Pendant plus de 12 ans, il a poursuivi ses recherches sur des populations de tous âges, tous genres, toutes nationalités et tous milieux sociaux. En effet, il a découvert qu’indépendamment du contexte de chaque sujet, les conditions d’une expérience optimale sont similaires. Ainsi est né le flux.

La définition du flux

En effet, Mihaly Csikszentmihalyi définit comme un état mental dans lequel se trouve un individu pleinement engagé dans une activité pour l’intérêt qu’elle représente de façon intrinsèque. Dit autrement c’est l’activité qui compte et non son résultat. L’activité nous intéresse en tant que telle et non pour atteindre un objectif. Elle est une fin en soi. J’aimerais citer les jolis mots du psychologue : « Voilà ce que nous entendons par expérience optimale : c’est ce que ressent le navigateur quand le vent fouette son visage et que le bateau fend la mer – les voiles, la coque, le vent et la mer créent une harmonie qui vibre dans ses veines, c’est ce qu’éprouve l’artiste peintre quand les couleurs s’organisent dans le canevas et qu’une nouvelle œuvre prend forme sous la main de son créateur ébahi ».

Les moments de flux sont par essence positifs.

Nous en ressortons apaisés, confiants et souvent remotivés. Quand je me penche sur le flux, je repense souvent aux problèmes de mathématiques de mon ainé en étude supérieure. Moi qui n’ai jamais pu poser une division, je l’observais noircir des pages et des pages de calculs, de signes totalement nouveaux pour moi, parfois pendant des heures. Il finissait par aboutir quelque part, avait-il trouvé un résultat correct ou non, je ne le savais pas trop. En revanche, j’étais sûre qu’il était heureux de son effort. 

Mais alors si l’état de flux nous fait ressentir un tel bien-être, pourquoi ne le reproduisons pas dans toutes nos activités quelles qu’elles soient ? Dans cette lessive que j’étends, dans ce tableau Excel, dans la réparation de ma voiture ou les devoirs d’école de mon dernier.

Les caractéristiques pour capter vos expériences optimales :

En plus d’une représentation claire de l’objectif que l’on souhaite atteindre et la capacité de nous concentrer longtemps sur un même objet, sans tentation de se déconnecter de ce que nous faisons. Capter le flux, c’est aussi 

Une distorsion de la perception du temps

En flow, nous ne voyons pas le temps passer. Tout d’abord, nous ne ressentons plus les minutes qui s’égrènent. Ensuite, le temps passe soit très lentement soit très vite. En fait, vous avez déjà du ressentir cet état en plusieurs occasions. Par exemple, c’est ce que vivent les lecteurs compulsifs, ceux qui ne peuvent pas s’arrêter avant d’avoir découvert qui est le meurtrier. Ils referment souvent leur livre et découvrent que la nuit est déjà là. Si ce sujet vous intéresse particulièrement, vous pouvez réécouter notre Bulle de bonheur #2 J’étire le temps

Une perte de conscience

C’est vivre une perte de conscience de nous-mêmes et de nos besoins. Lorsque nous sommes en état de flow, nous sommes complètement pris dans notre activité, comme absorbés par ce que nous faisons. De plus, nous sommes déconnectés de la réalité. Notre esprit ne capte plus les informations qui nous entourent tant il est occupé par l’activité. Et cela peut m’arriver au cours de certains accompagnements, par exemple. Etant donné que la discussion est tellement prenante et les progrès fait ensemble sont tellement intenses que je mets du temps à en sortir pour me reconnecter au monde.

Un feedback immédiat

Notamment, c’est un retour immédiat sur la portée et l’effet de ce que nous faisons.

Une sorte de feedback en temps réel, une mesure de notre progrès. Par exemple, vous l’avez peut-être déjà ressenti en montant un meuble ou en faisant une construction particulièrement complexe. A chaque fois que deux éléments tiennent ensemble, vous obtenez un feedback immédiat, vous constatez que vous progressez. 

La sensation de contrôle de la situation

Nous nous sentons happés mais en contrôle. Nous sentons que nos actions ont une influence directe sur la réalité, nous gardons les manettes. 

Une expérience dite autotélique

c’est-à-dire une expérience intrinsèquement gratifiante. L’activité est le but en elle-même. Par exemple, les amoureux de l’alpinisme sont sujets aux expériences de flow. Ils reconnaissent souvent que le sommet, le point de vue à l’arrivée compte peu. Certes, ils sont heureux d’y arriver mais ce qui compte vraiment c’est la montée. C’est l’escalade vers le sommet, le chemin vers le résultat qui nous donne plus de satisfaction que le résultat en lui-même.

Le flux : un juste équilibre

Finalement c’est un équilibre entre notre niveau de compétence devant l’activité et le défi posé.

L’expérience de flux

End réalité, l’expérience de flux se produit dans certaines conditions très précises. Je cite encore Csikszentmihalyi « la tâche entreprise est réalisable, mais constitue un défi et exige une aptitude particulière ». En somme, le flow ou le flux se produit lorsque l’activité permet de libérer les compétences d’un individu à pleine capacité tout en générant un peu de défi. D’ailleurs, ce sont des conditions très particulières où il existe une correspondance quasi exacte entre les exigences de la tâche et les capacités de la personne qui les accomplit.
Si l’activité est trop facile, nous tombons dans l’écueil de l’ennui. Si elle est trop dure, nous sommes envahis par l’angoisse. Pour vivre un flow ou plus communément dit « pour être dans la zone », nous devons garder un sentiment de maîtrise. 

Des exemples de moment de flux

Les domaines artistiques et sportifs sont particulièrement sujets à ces expériences. Par exemple, dans un effort sportif, nous nous reposons sur nos compétences mais nous nous dépassons. En fait, nous ressentons la plénitude de l’intensité de l’effort accompli.

J’aimerais citer l’exemple des pilotes de formule 1. Ils sont nombreux à avoir rapporté se sentir « dans la zone » lors des courses automobiles. En ce qui concerne, Ayrton Senna le brillant pilote brésilien décrit son expérience « J’étais dans une autre dimension […] Je continuais et continuais, encore et encore et encore et encore. J’avais largement dépassé la limite mais j’étais toujours capable de trouver plus ». Ensuite, le bien connu Alain Prost reconnut avoir vécu une expérience hors norme ; il se sentait concentré sur ce qu’il faisait et pourtant ne ressentait pas l’effort. Il n’a ressenti que du bonheur. 

Où vit-on le plus des moments de flux ?

Effectivement, Csikszentmihalyi s’est intéressé aux conditions les plus propices à des moments de flux. L’une de ses découvertes les plus étonnantes est que les individus ont trois fois plus de chance d’expérimenter le flux au travail que dans leurs loisirs. En effet, le travail présente de nombreuses caractéristiques propices aux flux : un objectif défini avec un niveau de contrôle clair établi par des règles précises, un retour immédiat sur ses performances, le plaisir du devoir accompli, un niveau de concentration élevé et un certain niveau de défi. Et pourtant, et c’est là un paradoxe intéressant : nous avons tendance à préférer nos loisirs à notre travail. 

Quelle est la chimie du flux ?

Que se passe-t-il concrètement dans notre cerveau ?

Il existe dans notre cerveau une zone appelée le cortex préfrontal. C’est la partie de notre cerveau qui est la plus sophistiquée. Elle est le siège de nos comportements cognitivement complexes et de notre personnalité. Dans cette zone du cerveau, il y a un secteur en charge de nos processus affectifs et motivationnels. Il contrôle notre inhibition, notre motivation, notre prise de décisions et nos humeurs, c’est le cortex préfrontal médian. Non loin, l’amygdale se charge du rôle de signal d’alerte et nous permet de percevoir le danger. Lorsque nous entrons dans une expérience de flux, ces deux capteurs se mettent en silence, nous prenons confiance et notre peur se réduit. Notre cerveau tait la petite voix des jugements négatifs sur nous-mêmes, nous perdons la conscience de nous-mêmes et du temps qui passe.

A l’inverse, le Noyau Acumbens qui joue un rôle central dans notre système de récompense et de motivation s’active. Ajoutez à ça un joyeux cocktail d’hormones du positif comme la dopamine, la sérotonine et l’endorphine. Vous obtenez un surplus de capacité de rétention d’information, de vitesse de traitement, de motivation et de créativité. Enfin, au cours d’un flux, nous observons une augmentation des niveaux de GABA, un neurotransmetteur qui bloque les stimulis extérieurs et permet au cerveau de se concentrer. 

Les bienfaits du flux.

Le flux est-il une source de bonheur durable ou juste une expérience grisante ? 

Le flux est en soi un paradoxe. Lorsque nous sommes « dans la zone », nous ne sommes pas forcément bien. Nous sommes en effort, tendus par l’épreuve et la concentration que nous demande l’activité. .Nous sommes absorbés par ce que nous faisons. De plus, nous n’avons pas conscience de notre état. En d’autres mots, nous n’avons pas d’espace disponible pour nous pencher sur notre bonheur ou notre niveau de bien-être. C’est le propre de la concentration intense. Imaginez un musicien qui se demanderait au cours d’un solo particulièrement difficile « est-ce que je me sens heureux » !

Et même après être sorti de la zone, nous ne ressentons pas forcément un bien-être physique immédiat. Quand un marathonien finit son parcours, il a aussi et surtout mal aux jambes et aux pieds ; il ne sent pas immédiatement les effets du flux. 

Le bonheur apporté par le flux est plus indirect.

La satisfaction procurée par le flux vient de notre sentiment de maîtrise pleine de l’activité, de notre accomplissement. Comme le dit si bien le psychologue « les meilleurs moments de notre vie ne sont pas les moments de détente, passifs et réceptifs. Les meilleurs moments se produisent la plupart du temps lorsque le corps ou l’esprit d’un individu est tendu jusqu’à sa limite dans un effort volontaire d’accomplir quelque chose de difficile et qui en vaut la peine ».

Sur cette base, un autre des pères de la psychologie positive, Martin Seligman, va encore plus loin. Nous avons parlé de lui dans notre bulle de bonheur #70 Je suis la priorité N°1. Selon lui, le flux est un élément qui contribue à la partie « Meaning » ou Sens de son modèle PERMA. Avoir un but, pouvoir donner du sens à sa vie est indispensable à la quête du bonheur. Le sens de la vie apporte un bien-être durable qui va au-delà du plaisir temporaire. Et les expériences de flux contribuent à donner du sens à nos vies

Le flux apporte son lot de gratification.

Par ailleurs, avoir réussi à accomplir une activité dans un tel état de concentration est gratifiant. Nous nous sentons capables, nous entretenons notre confiance en nos propres compétences et nous renforçons notre estime de nous-mêmes. Comme nous gardons le contrôle de l’activité, nous sortons de la zone avec une impression de maîtrise de la situation tout en nous étant dépassés. En nous sortant de notre zone de confort, le flux libère des émotions positives et de la joie.  

Vivre ces expériences nous pousse à toujours nous dépasser.

De plus, nous entrons et restons dans la zone lorsque nous accomplissons quelque chose qui est à peine au-dessus de nos capacités. En réalité, le seul fait de l’accomplir nous permet de nous développer. Et comme nous nous sommes améliorés, nous allons encore aller un petit cran plus loin, et encore un autre. De flux en flux, nous développons nos compétences, nous restons tendus dans un effort vers le progrès. En résumé, c’est donc un cercle vertueux. J’acquiers de nouvelles compétences qui me donnent envie d’en acquérir encore d’autres et ainsi de suite. 

Le flux s’appuie sur nos forces et nos talents

Il nous permet de les cultiver et de renforcer notre impression de sens, notre sentiment de compétence, notre estime de nous-mêmes. Vous pouvez retourner du côté de notre Bulle de Bonheur #24 Je reconnais mes talents pour vous pencher sur ce point en particulier. 

Le flux est un moteur incroyable de créativité.

Plongé dans l’activité, notre esprit est capable d’étendre son champ des possibles et d’explorer davantage que lorsque qu’il est sollicité par de multiples distractions. 

Le flux est pleinement ancré dans l’instant présent

Pour finir, c’est une expérience qui se vit à fond dans le moment où nous sommes et non tournés vers le passé, l’avenir ou vers un manque. Nous profitons à 100% de ce que nous vivons et de ce que nous avons à l’instant T. C’est un remède miracle contre l’adaptation hédonique. Nous vous en avions parlé dans notre Bulle de Bonheur #84 Je désire. L’adaptation hédonique est notre capacité à nous réadapter à un changement de nos conditions de vie qu’il soit négatif ou positif. C’est le carburant de notre insatisfaction chronique. Le flux fait barrière à cette spirale, il nous invite à profiter du moment présent et à pratiquer la gratitude. 

Comment créer les conditions propices à une expérience de flux ? 

Sonja Lyubomirsky, dont nous vous avons parlé dans notre Bulle de Bonheur #79 Je créé du lien social, est professeur de psychologie en Californie. Elle a écrit Comment être heureux et le rester” dans lequel elle identifie de multiples pistes de bonheur à portée de nos actions, parmi lesquelles le flux. Voici quelques idées pour entrer « dans la zone ». 

Se concentrer 

Faites taire les distractions et sollicitations extérieures à ce que vous êtes en train de faire. En premier, commencez par éloigner votre téléphone et pourquoi pas coupez internet. Ensuite, faites le choix et l’effort de canaliser votre attention sur le moment présent et plus particulièrement sur ce que vous voulez en faire. Ce qui suppose aussi de faire taire les petites voix de la logistique « Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? » ou « Est-ce que j’ai répondu au message de bidule ? ». 

Essayez de nouvelles expériences

Se lancer dans quelque chose de totalement nouveau nous met souvent dans un état d’excitation positive propice à la concentration. Alors, nous profitons d’autant plus de l’expérience que tout ce que nous vivons est nouveauté et que nous sommes à l’affut de ce qui se présente. 

Etirer sa zone de confort

Faites un petit détour par notre Bulle de bonheur #57 Je sors de ma zone de confort. Continuez à vous perfectionner, à apprendre, à progresser toute votre vie. Pensez aux enfants et à leur concentration sur des apprentissages basiques. Leur attention est 100% focalisée sur ce qu’ils essaient de développer. Un enfant qui fait un puzzle, qui cherche à remonter la fermeture éclair de son manteau, à faire ses lacets ou à comprendre comment une voiture se déplace. Si son effort n’est pas interrompu par l’adulte, s’il se sent progresser et si nous ne brisons pas sa concentration en lui parlant, il ressort de cette expérience calme et galvanisé. D’ailleurs, les enfants sont une population particulièrement exposée aux épisodes de flux. 

Faire du sport

 Au-delà de tous les bienfaits identifiés dans notre Bulle de bonheur #59 Je bouge, l’activité physique est une grande source de flux. Le sport nous mobilise totalement et offre de multiples opportunités de progrès. C’est typiquement un domaine dans lequel il est facile d’identifier nos capacités de base et l’extra que nous allons chercher lorsque nous sommes « dans la zone ». Les résultats sont mesurables, la rétroaction est facile et immédiate. Qui plus est, le sport demande de la concentration et fait barrière aux ruminations qui nous décentrent du moment présent.  

Se lancer dans des défis

Utilisez vos loisirs et votre travail pour vous lancer des défis. Même si votre travail n’est pas votre dream job, il existe des façons de l’enchanter et d’y donner du sens. Sonja Lyubomirsky cite l’exemple d’une étude menée auprès des membres d’une entreprise de nettoyage hospitalier. Certains détestaient leur condition, se sentant relégués au second rang alors que d’autres s’y accomplissaient. Ce deuxième groupe se concentrait sur la mission indirecte derrière leur travail: améliorer la vie quotidienne des médecins, des patients et des visiteurs. Ils se mettaient au défi de nettoyer le plus efficacement possible ou encore d’égayer les chambres des patients pour qu’ils se rétablissent plus vite. En réalité, vous ne serez pas surpris d’apprendre qu’ils vivaient d’intenses moments de flux. En dernier lieu, identifiez dans votre activité professionnelle ou vos loisirs de nouveaux champs d’exploration ou de progrès. 

En résumé ! 

  • Le flux est une expérience de plongée intense dans une activité. Il nous laisse dans un état de bien-être qui se prolonge durablement. 
  • Le flux est un effort gratifiant, une saine tension qui nous pousse hors de notre zone de confort sans nous mettre en échec
  • Le flux n’est possible que si deux conditions sont réunies : une concentration totale et un très léger déséquilibre entre nos capacités et le défi posé
  • Le flux nous ancre dans le présent, donne du sens à notre vie, renforce notre estime de nous-mêmes et nous permet de développer notre potentiel. 

A vous de jouer chers auditeurs, piochez  une carte 2 minutes ensemble, identifiez une activité sur laquelle vous aimeriez progresser, fixez-vous un objectif atteignable et planifiez un créneau 100% dédié dans votre agenda.

Interview avec Anne Douchet Morin.

Anne Douchet Morin, retrouvez son parcours ici, installée à Carqueiranne, près de Toulon dans le midi de la France, nous transporte dans l’univers de la maternité avec bienveillance et optimisme.

Le parcours d’Anne Douchet Morin 

En 1983, Anne Douchet Morin obtient son diplôme de sage-femme. Baroudeuse dans l’âme, elle commence sa carrière par une grande navigation de 6 mois autour de l’atlantique. Puis, elle enchaîne avec une mission en Éthiopie avec médecin sans Frontières. Après quelques remplacements en France, elle s’envole avec mon mari et  ses deux très jeunes enfants. Alors démarre une nouvelle vie au fin fond du Japon pour 3 ans puis encore 3 ans en Californie. 

De retour enfin en France, elle prend conscience de sa fuite bien orchestrée d’un système médical plein de désillusions. Alors, incapable de retourner dans cette institution protocolaire, elle commence une formation de professeur de yoga. En même temps, elle se lance dans l’accompagnement des accouchements à domicile. 

Grosse prise de conscience d’Anne Douchet Morin

Elle réalise à quel point les voyages ont été initiatiques. L’Éthiopie lui a enseigné la vie et la mort, Le Japon lui a offert une immense ouverture d’esprit, la Californie la dimension de la nature. La naissance de ses 4 enfants lui offrent d’immense joie. 

L’accompagnement des naissance naturelles est une révélation. Anne Douchet Morin prend conscience de la puissance de l’énergie de l’enfantement. Et pourtant, quels drames dans les ventres. Le bassin livre ses secrets : Mémoires de guerres, d’avortements, de viols. En fait, ce lieu de notre ancrage peut être abimé.
Anne Douche Morin nous confie sa raison d’être. « En guérissant l’intime, nous guérissons le monde ». Aussi, elle nous partage « Nous ne pouvons œuvrer avec force et sécurité tant que cette FONDATION de notre corps est massacrée » nous dit-elle.

En résumé

Pour Anne Douchet Morin, notre vie amicale, amoureuse, familiale, notre business ne peuvent se déployer en harmonie et équilibre tant que nous sommes dans une énergie de survie. 
Elle a donc développé des programmes, écrit un livre et crée une chaîne YouTube pour partager ses intimes convictions que nous pouvons tout changer et transformer le monde en commençant par nous-même ! 

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Je m’émerveille !

C’est l’émerveillement ! La terre débouche tout à coup sur l’eau à perte de vue. Un matin, sans crier gare, la rue est recouverte de neige tombée durant la nuit et tout semble paisible et immuable. Assise sur un banc dans un jardin public, j’entends les oiseaux chanter, occuper l’espace du ciel et des arbres et cela semble être la première fois que leur présence est si réelle. 

Quelque chose de similaire vous est déjà arrivé ?

C’est quoi l’émerveillement

Il y a comme un étonnement dans l’émerveillement, une rupture d’évidence qui, parfois, nous éblouit. D’abord, l’émerveillement c’est peut-être, un regard… presque naïf, immédiat… posé sur le monde, la nature, l’humanité, mes proches, moi-même et ma propre vie, non pas la vie comptée en jours mais celle que je sens battre au-dedans.

« L’émerveillement est un sentiment d’admiration mêlée de surprise »

nous dit le dictionnaire. L’émerveillement est spontané, inattendu. Pour commencer, il me saisit dans l’instant présent, il me fait sortir de moi-même, me ramène au réel. Ensuite, Mon esprit « s’immensifie » et mon coeur se dilate. Par exemple, je suis concentrée sur mes soucis domestiques et me voici tout d’un coup plongée dans la vie elle-même. Comme par magie. Une fois estompé, l’émerveillement laisse derrière lui une sensation de satisfaction sans mélange dont le souvenir m’imprègne avec clarté et me rassérène. 

L’émerveillement est « un sentiment d’humilité devant le merveilleux et une appétence pour l’aventure de la vie ».

Une bien jolie phrase du  psychologue allemand Kirk J. Schneider. En réalité, l’émerveillement, c’est le regard de l’enfant qui voit quelque chose pour la première fois et ne cesse de le regarder chaque fois comme pour la première fois. En vrai, qui n’a jamais raccompagné un enfant de l’école l’après-midi, s’agaçant de ses arrêts multiples devant chaque feuille d’arbre ? Brindille ? Caillou ? Poussière ? Lignes dessinées au sol par les pavés du trottoir ? Tout compte fait, le monde l’absorbe tout entier et ses sourires peuvent m’agacer ou m’absorber tout entier à leur tour. 

S’émerveiller, c’est capter un moment furtif

Depuis toujours hommes et femmes qui s’émerveillent tentent de capter ce sentiment évanescent qui ne cesse de se présenter à eux et de leur échapper. En fait, dans les traditions spirituelles et religieuses, l’émerveillement, en me déconnectant de mon « moi »égoïste, me permet de me connecter à l’universel et à l’infini, au divin.

Enfin, d’un point de vue philosophique, « l’étonnement, cet état qui consiste à s’émerveiller, c’est le sentiment tout à fait caractéristique du philosophe » écrit Platon, c’est le point de départ nécessaire à tout questionnement sur le monde, à toute rêverie.

Les  conditions favorables à l’émerveillement. 

Comment faire pour entretenir ce regard d’admiration et de surprise, de gratitude et d’innocence sur le monde qui m’entoure ? Comment m’ouvrir à cette « puissance d’émerveillement » en moi ? 

Je suis responsable de mon émerveillement

Tout d’abord, en français, le verbe s’émerveiller est un verbe pronominal et cette forme est essentielle. Ce n’est pas le monde, ce ne sont pas les gens qui sont responsables de mon émerveillement, c’est moi-même. Si, je décide de me laisser la possibilité de m’émerveiller. Alors, il ne s’agit pas de comptabiliser les qualités admirables d’un proche, d’un paysage ou d’une situation mais de libérer en moi cette capacité d’accueil de la rareté et de la valeur de ce que je regarde et vis.

L’émerveillement est un état d’esprit

« Être vivant c’est apprécier la valeur inestimable de la vie humaine et en faire quelque chose car sinon c’est comme arriver dans l’ile des joyaux et en repartir les poches vides » nous disent Christophe André, Matthieu Ricard et Alexandre Jollien dans leur ouvrage « A nous la liberté ».

L’émerveillement commence par une disposition d’esprit. Ainsi, dès le réveil, je peux mettre en place un rituel qui me permet de bien commencer ma journée. Je me focalise sur ce que j’aime. Pour certains, cela rimera avec câlins, pour d’autres avec un petit déjeuner qui ouvre les papilles, certains mettent la musique fort et engrangent de l’énergie, certains encore prendront une douche brûlante.

Et vous, quel est votre feel good matinal, ce petit « truc » en plus qui vous met des papillons dans les yeux et vous permet de vous émerveiller ? 

S’émerveiller, c’est admirer les personnes

En réalité, voir en l’autre quelque chose que je n’ai pas, reconnaître, un peu, ma propre insuffisance et la grandeur de l’autre.

S’émerveiller de son conjoint, de ses enfants, de ses collègues, de ses voisins. S’émerveiller les uns les autres. Puis, valoriser la confiance et l’amitié. Et voir le meilleur de chacun remonter à la surface. Un exercice parfois périlleux quand l’énervement est là ! Il est si facile de se focaliser sur les manques des personnes avec lesquelles je vis que j en oublie de continuer à admirer de leur talent.

S’émerveiller, c’est admirer la nature

La nature peut alors nous ouvrir un chemin vers l’admiration. Ne dit-on pas admirer un paysage ? En effet, les chercheurs ont constaté que les passants qui marchent devant une longue façade en béton ou en verre fumée ressentent moins d’émotions. En fait, ils sont d’humeur plus maussade que lorsqu’ils parcourent des espaces verts, une avenue bordée d’arbres ou un parc par exemple, a fortiori un espace naturel. Là, leurs émotions et leurs humeurs deviennent positives. Cette affinité innée avec la nature s’appelle la « biophilie », elle a été énoncée par le biologiste Edward O. Wilson. Pourquoi ne pas s’en inspirer et écouter d autres épisodes de Bulles de Bonheur lors d’une promenade en forêt ?

S’émerveiller, c’est un apprentissage

Un apprentissage qui prend du temps !

Point important, s’émerveiller a beau être accessible à tous en toute circonstance. Il s’agit aussi d’un apprentissage qui requiert du temps. Quand, j’ai pris l’habitude de réagir à certaines situations données de la même façon – ou presque – chaque fois. Cela s’appelle un automatisme mental et ce mécanisme ne laisse pas beaucoup de place à la surprise et à l’étonnement… c’est comme si je m’étais enfermée toute seule dans une toute petite boîte.

Par exemple, face à mon conjoint qui chaque matin dépose ses chaussettes dans le coin de la salle de bain alors que le panier de linge sale se trouve sur le palier, j’ai pris l’habitude de m’agacer. Et même si ce matin je me sens d’excellente humeur, aimante de cet homme à mes côtés et bien là, non… c’est trop… mon cerveau est branché sur pilote automatique et pif, paf, pouf… Alors, chaussettes égale agacement, je maugrée, le soleil dehors a disparu et les enfants crient et comme d’habitude, c’est « toujours la même chose »…  Vous connaissez ? Rions Mesdames Messieurs ! Notre cerveau est plastique. Il se formate et se re-formate en fonction de nos agirs.

Sortir du pilotage automatique

Devant une situation donnée, plutôt que de réagir immédiatement et automatiquement, reprenons notre liberté intérieure, et apprenons à choisir une réponse appropriée. Pourquoi ne pas cultiver la gratitude (cf podcast #20) commencer un cahier de gratitude. Par exemple,  dire merci tous les jours pour mille et une petites choses qui se sont bien passées. Ou encore,  laisser ce regard positif prendre le pas sur le négatif et changer peu à peu de regard. Cf podcats #35 je pratique la pensée positive. Je peux aussi prendre le habitude de dire 3 mercis par jours. Podcast #11. Plutôt que de se concentrer sur les chaussettes échouées dans le coin de la salle de bain, je peux me concentrer sur le café que m’a prépéré mon chéri. Il s’agit de créer une nouvelle habitude. 

« l’émerveillement est facilité par la disponibilité mentale. »

Nous dit Christophe André, psychiatre français.En fait, il s’agit ici cette fois de créer de l’espace pour accueillir l’inattendu. Autrement dit quitter ce petit vélo dans la tête qui ne cesse de pédaler, vous savez, celui qui vous rappelle qu’il faut…  payer la facture d’électricité, répondre aux e-mails, inscrire les enfants à leur activité, organiser la soirée d’anniversaire, préparer les sacs pour le week-end, remplir la déclaration d’impôts, refaire son CV, prendre des nouvelles de sa grand-mère, plier le linge, faire les courses, etc. En réalité, le flux d’informations qui nous assaille est tel qu’il est aisé de s’y engouffrer et de s’y perdre. Nous n’avons plus de disponibilité pour ressentir. Sentir. Imaginer. Constater. S’étonner.

La méditation pour recréer de la disponibilité mentale 

En fait, de nombreuses techniques somatiques existent, parmi elles, la méditation. Basée sur la respiration et les sensations, la méditation permet par un retour en soi, de revenir à ici, maintenant. En fin de compte, je ne fuis pas dans la nostalgie du passé ou dans un futur fantasmé. Mais, mes pensées ne vagabondent pas d’un impératif ou d’un sentiment à l’autre. Je sens le soleil briller, je vois les arbres pris au vent, je sens mes pieds au sol et mon coeur bat, j’entends la voix d’un enfant au loin.

Etes-vous tentés ? On essaye ? C’est parti. 

Exercice de médiation

Installez-vous dans votre fauteuil, votre canapé ou au sol dans une position confortable Fermez les yeux. Inspirez calmement, sentez votre ventre se gonfler et se dégonfler lorsque vous expirez, tel un ballon de baudruche qui se gonflerait et se dégonflerait depuis l’intérieur de votre corps. Votre esprit se focalise sur ces mouvements d’inspiration et d’expiration, votre respiration devient consciente d’elle-même. Si une pensée traverse votre esprit, laissez-la venir et laissez-la repartir. Restez concentrés sur ce va et vient du souffle, sentez vos mains sur vos genoux, votre tête flottant au-dessus de votre cage thoracique grande ouverte. Si des émotions émergent, laissez-les venir, et repartir. Votre bassin est ancré dans le sol. Votre respiration trouve son propre rythme. Lorsque vous ouvrez à nouveau les yeux, le monde vous apparaît différent, nouveau. Beau.

Comment vous sentez-vous ?

Les vertus de l’émerveillement

Prêt à vous émerveiller ? Les vertus de l’émerveillement sont multiples et agissent au quotidien. Ne nous en privons pas !

Les sentiments positifs

Tout d’abord, les sentiments dits positifs -la gratitude, l’empathie, la bienveillance – n’ont plus rien à prouver quant à leurs effets bénéfiques sur la personne qui les expérimente. Tout d’abord, les neurosciences nous enseignent leur importance dans le développement du cerveau d’un enfant et la plasticité de celui d’un adulte. Puis, les hormones secrétées dont l’endorphine, dite hormone du bonheur, nous rappellent que nos joies quotidiennes dépendent tout autant de notre regard posé sur les événements que des événements eux-mêmes. Pour finir, l’émerveillement rejoint ces sentiments positifs désormais répertoriés par les sciences du « well being ».  En somme, si nous voulons être heureux, soyons bons nous disent-elles.

La banalité du bien c’est aussi l’émerveillement

Pour commencer, face au désenchantement du monde qui diffuse souvent mauvaise nouvelle sur mauvaise nouvelle. L’émerveillement nous rappelle « la banalité du bien ». Par contre, dans l’immense majorité des cas, les hommes sont bons. En fait, là où le désenchantement limite et enferme, l’émerveillement ouvre à l’immensité et aux possibles. Mais aussi, là où le désenchantement craint et instaure la méfiance entre les êtres, l’émerveillement jubile, espère et engendre la confiance. Enfin, là où le désenchantement me fait me sentir seul et désemparé, l’émerveillement – de la nature en particulier – fait grandir en moi un sentiment d’adéquation avec le monde. Ca fait du bien non ?

« Il y a une beauté symbolique aussi bien que réelle dans la migration des oiseaux, le flux et le reflux des marées, le bouton de fleur prêt au printemps. Il y a quelque chose qui guérit incommensurablement dans les refrains de la nature : c’est l’assurance que l’aube vient après la nuit et le printemps après l’hiver », nous dit Rachel Carson, biologiste et écologiste américaine.

L’émerveillement améliorent notre santé physique

En fait, les sentiments positifs améliorent également notre santé physique : des études sur la gratitude ont montré que les personnes qui expérimentaient la gratitude vivaient plus longtemps que les autres.

L’émerveillement joue un rôle au niveau social

Par ailleurs, une série d’études réalisées par des psychologues américains en 2015 a mis en évidence quelques vertus insoupçonnées de l’émerveillement au niveau social. Par conséquence, l’émerveillement magnifie l’altruisme, les comportements pro-sociaux et la générosité. En dernier lieu, il permet de se situer dans un contexte physique et social plus vaste et renforce ainsi le sentiment d’appartenance, le désir d’engagement collectif et la coopération. L’émerveillement,  ouvre l’esprit permettant d’accepter ce qui dépasse l’entendement habituel. 

« Habités par l’émerveillement » nous dit Matthieu Ricard dans son livre titré « L’émerveillement », « nous perdons le sentiment d’être au centre du monde. Nous avons le sentiment de faire partie de quelque chose de plus grand que nous et devenons davantage concernés par les questions mondiales qui transcendent l’individu. L’émerveillement, nous disent les chercheurs, réduit l’individualisme et l’apitoiement sur soi ». Incroyable non ? 

Pour finir

D’ailleurs, non seulement l’émerveillement a un effet bénéfique sur ma santé propre, émotionnelle, affective et physique, mais il est également un moyen de remédier aux misères du monde. 

« L’émerveillement est spacieux », nous dit encore Mathieu Ricard. « Il ne fragmente pas, ne classe pas, ne discrimine pas, n’ajoute pas de jugements biaisés à la réalité ni aucune autre fabrication mentale. Il laisse le monde apparaître tel qu’il se présente dans sa simplicité naturelle, l’infiniment grand comme l’infiniment petit, l’immensité du ciel étoilé comme le cheminement d’une fourmi sur un rocher. » 

Enfin, l’émerveillement unifie, l’émerveillement m’unifie. Moi et mon environnement, moi et les autres, émerveillés ensemble devant un objet commun : la vie elle-même. 

En bref !

  • l’émerveillement est un sentiment d’admiration mêlé de surprise, 
  • L’émerveillement est accessible à tous en toutes circonstances avec un peu d’entraînement  ;
  • l’émerveillement est un formidable antidote au désenchantement.

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Je plonge dans un quotidien plus écolo

C’est vrai que l’écologie est un thème à la mode ! On a un peu l’impression que tout le monde voit “vert” en ce moment : green par ci, green par là… est-ce un effet de mode ? 

Parfois, les discours sont un peu culpabilisants, donneurs de leçon. On n’a pas toujours envie de les suivre…

De fait, les images choquantes de la nature dégradées par l’Homme sont l’occasion pour moi de me poser des questions sur mes habitudes de consommation. Je sais que la planète va mal, il n’y a plus de doute là-dessus.

Or, j’ai besoin de mettre de la cohérence entre mes convictions et ma vie quotidienne. On l’a vu dans le Podcast # 55, “je suis acteur de ma vie”, je peux prendre les choses en main pour vivre en adéquation avec mes idées. Par tous mes petits choix de vie, je veux être plus en harmonie avec mon environnement naturel. 

En définitive, sans devenir forcément “écologiste”, je voudrais essayer de plonger dans un quotidien plus écolo et d’en faire un chemin de joie !

La crise écologique : une réalité

La définition de l’écologie

En premier lieu, avant d’être un courant politique ou une façon de vivre, l’écologie est tout d’abord une science. Le mot “écologie” vient de deux mots grecs oikos et logos. Le mot oikos signifie maison ou habitat et le mot logos, science. Sur le plan étymologique, l’écologie est donc la science de l’habitat élargie à la science de l’environnement

De plus, l’écologie est une discipline scientifique toujours en mouvement. Elle étudie les êtres vivants et les relations qu’ils entretiennent entre eux. Elle étudie enfin les rapports des êtres vivants avec leur environnement. Et là, les scientifiques constatent les dégradations qu’ils regroupent sous le terme de “crise écologique”. 

De ce fait, quand on veut s’intéresser au pourquoi du comment, on trouve de nombreuses informations un peu partout, sites, blog, réseaux sociaux….des informations plus ou moins scientifiques, plus ou moins idéologistes !

Des organismes référents sur  l’écologie

A noter, deux organismes sont les fournisseurs de chiffres fiables et officiels. Ces organismes sont L’ADEME et le GIEC.

L’ADEME concerne la France, c’est L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. C’est un établissement public français sous la tutelle du ministère de la Transition écologique et du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

Le GIEC, pour Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, est un organisme intergouvernemental ouvert à tous les pays membres de l’Organisation des Nations unies (ONU).

Par conséquent, leurs rapports nous dressent régulièrement l’état de santé de notre planète, à l’échelle nationale pour le premier et mondiale pour le deuxième. Pour rappel et pour faire court, ils nous informent que nous vivons une situation de crise écologique majeure car notre planète Terre se réchauffe trop vite. Elle se réchauffe en grande partie à cause des émissions de gaz à effet de serre qui emprisonnent dans l’atmosphère l’effet de certains rayons solaires. Ce réchauffement ainsi que la pollution de l’air, des mers, des rivières comme celles des sols, entraînent une réduction très rapide de la biodiversité et un déséquilibre des écosystèmes dont nous, les hommes, faisons partie. L’urgence est donc de réduire fortement le réchauffement et la pollution. Pas seulement pour la planète mais surtout pour toute la vie qui y est présente en commençant par les hommes !

Eviter la solastalgie

La bonne nouvelle est qu’une partie du monde prend conscience du problème et ne demande qu’une seule chose : agir pour stopper la spirale infernale !

Pour toutes ces raisons, passer à l’action, c’est d’ailleurs le meilleur remède pour ne pas tomber dans la “solastalgie”, une autre façon de nommer l’éco-anxiété. 

Afin d’éviter de ne pas tomber dans le désespoir face à cette situation écologique préoccupante, il est possible de faire sa part au quotidien.

Et si chacun faisait sa part pour l’écologie?

Le conte de Pierre Rabi

“Faire sa part” !

C’est le philosophe et paysan bio Pierre Rabhi qui a repris le symbole du colibri avec ce petit conte bien connu :

“Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu.

Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri, tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »

Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »

Ayons conscience

En réalité, ne soyons pas naïfs, on ne va pas révolutionner le monde par nos petits gestes d’un quotidien plus écolo mais ayons conscience que c’est grâce à chacun que le changement se produira. Si chacun apporte sa petite goutte à l’édifice !

Comme tout changement dans nos vies, Podcast #3  “j’ose le changement” n’oublions pas de privilégier la technique des petits pas. Du reste, il nous serait impossible de tout changer d’un coup et nous nous découragerions rapidement au risque de tout abandonner.

Des pistes vers une écologie joyeuse

Vivre l’écologie au quotidien

En effet, vivre l’écologie au quotidien, c’est quelque chose qui impacte tous les domaines de la vie. Notre façon de consommer et de nous nourrir évidemment mais également notre manière d’être en relation avec le monde qui nous entoure, la nature et ses habitants. 

En fait, dans nos vies, tout est lié et interdépendant. Comme une tomate est bien plus savoureuse lorsqu’elle est cultivée en pleine terre plutôt que hors sol, notre vie est, elle aussi, bien plus savoureuse lorsque nous vivons en lien avec notre environnement naturel et humain.

En ce qui concerne l’alimentation, acheter mes légumes au producteur local que je connais par son prénom et dont je connais les méthodes de travail, a bien plus de saveur que d’acheter des légumes suremballés en provenance de pays lointain au supermarché du coin, non ?

Alors, pour changer mes habitudes, j’essaie d’avoir en tête 3 idées essentielles : je consomme moins, je consomme mieux et je consomme en lien avec mon environnement proche et humain.

Je consomme moins

Il semblerait que cela signifie que je cherche à réduire mon impact néfaste sur notre environnement, à réduire mon empreinte carbone. Comme changer les ampoules

Je consomme mieux

En somme, consommer mieux, signifie que je réfléchis avant d’acheter quelque chose en me posant quelques questions simples.

En ai-je vraiment besoin ? Est-ce bon pour mon équilibre et celui de mes proches ? Est-ce durable, de qualité, équitable, bon pour l’environnement ?

Je consomme en lien

Pour finir, consommer en lien signifie que j’essaie de mettre du lien entre d’un côté mes achats, et de l’autre côté les personnes et les lieux qui sont derrière. Le travail d’un producteur, le savoir-faire d’un artisan, la saveur d’un terroir…

Les 4 R pour lutter contre les déchets en surnombre

La première chose est de lutter contre les déchets en surnombre. J’emprunte à Jérémie Pichon et Bénédicte Moret, auteur du best seller “Famille presque zéro déchet, ze guide” la théorie des 4 R: refuser, réduire, réutiliser ou réparer et recycler.

R comme Refuser les déchets.

Le meilleur déchet étant celui qu’on ne produit pas, je refuse tout emballage plastique jetable dont je pourrais me passer… de peur qu’il finisse dans la nature !

Des astuces ?

  • J’essaie de faire mes courses en vrac en utilisant des sacs en coton ou en papier réutilisables. En effet, le nombre de magasins de vrac de proximité se multiplie à vitesse grand V (en France en tout cas). J’essaie d’en trouver un près de chez moi.
  • Je choisis des légumes non emballés de plastique, j’achète des yaourts conditionnés en pot en verre et non en plastique… Alors, chez le boucher ou fromager, j’essaie de venir avec mes propres contenants (boîte en plastique pour la viande, bee wraps pour le fromage.
  • Je me mets au “Do it Yourself”, au fait maison… bien plus savoureux en cuisine et l’occasion de passer du temps à cuisiner ou bricoler avec les enfants !

Coté cuisine, voici quelques idées:

>>> Par exemple, on peut demander à nos enfants d’être responsables des goûters de la semaine. Ils vont préparer pendant le week-end de bons gâteaux qui remplaceront avec joie les paquets de biscuits industriels !

>>> On peut se mettre au batchcooking, le principe étant de cuisiner quelques heures de suite et ainsi, de bien avancer les préparations des petits plats maison de la semaine (épluchage, pâte à tarte, soupe…).

>>> On peut aussi faire nos yaourts maison, avec une yaourtière, c’est si facile et c’est si bon ! En fait, il faut juste un peu d’anticipation !

Petit à petit, pour ma part, je prends des réflexes… ce qui me paraissait très compliqué il y a quelques mois ne l’est plus aujourd’hui. Et j’ai encore une belle marge de progression qui me donne plein de nouvelles idées à essayer ! Des idées, j’en trouve sur les réseaux sociaux par milliers.

Côté hygiène, pas à pas, on avance là aussi en famille. 

>>> On n’achète plus de bouteilles jetables de gel douche et autres shampoings. On est passé aux savons et shampoings solides ou en vrac,.

>>> Pour les filles de la maison, les disques démaquillants en coton jetables ont été remplacés par des disques tout doux et lavables. 

>>> Même nos brosses à dents en bambou sont maintenant compostables ! 

>>> Récemment, je me suis mise à faire ma lessive et quelques-uns des produits ménagers… encore là, finis les bidons en plastique ! J’achète moins de 10 ingrédients miracles en vrac et le tour est joué, je nettoie tout, du sol au plafond ! 

C’est sûr, ça prend un peu de temps au début mais on prend vite le coup de main nécessaire et ces produits, plus naturels, sont bien meilleurs pour ma santé et celle de la planète. Et puis, c’est tellement rigolo de jouer les apprentis sorciers en mélangeant tous ces ingrédients.

R comme Réduire 

Je réduis ma consommation en réfléchissant à deux fois avant d’acheter un objet qui finira sûrement rapidement à la poubelle ou qui viendra encombrer mes étagères. Comme la déco, les vêtements, les ustensiles… En définitive, la joie est dans le désencombrement ! S’alléger, se détacher, ce peut-être parfois une vraie libération mentale ! Et puis, on gagne un temps fou quand vient le temps du rangement…

Concrètement, comment je réduis 

>>>j’arrête les promos et autres attrape-nigaud, fini les lots par dix et le onzième soit disant cadeau ! 

>>>Et pour éviter le gaspillage dû aux dates de péremption dépassées, aux petits restes qui traînent dans le frigo, je fais des menus, je dresse la liste et j’achète en vrac juste ce qu’il me faut pour la semaine… et hop, de retour à la maison, je remplis mes jolis bocaux !

>>>Ensuite, côté mode, j’ai découvert qu’avec quelques basiques bien adaptés à mon goût (et ma morphologie) et quelques extras pour les jours de fête, je peux me débarrasser de la moitié de ma garde-robe, ça ne manquera pas !

>>>Et pour éviter d’être tentée, mon astuce c’est de faire moins de shopping et de perdre moins de temps sur les sites de mes marques préférées ! Je choisis plutôt d’aller me balader avec une copine dans un joli coin de nature et partager avec elle un moment de qualité !

>>>Réduire, c’est aussi peut-être réduire la pollution que génère mon chauffage en baissant d’un degré le thermostat de ma chaudière. Une épaisseur de plus et le tour est joué.

>>>C’est également me poser la question de mes déplacements, avion, voiture, “allez, là, je peux prendre mon vélo !” C’est meilleur pour la planète et si bon pour ma santé !

R comme Réutiliser ou réparer

La culture du déchet dans laquelle nous vivons vient de la fâcheuse habitude que l’on a prise de tout remplacer et souvent le vieux par du tout neuf. 

En réalité, quand un objet ne plaît plus, qu’il est un peu abîmé ou qu’il tombe en panne, on a tendance à le jeter et à le racheter.  En fait, quand on y pense, on peut changer de réflexe en apprenant à réparer, en achetant d’occasion l’objet désiré ou même en l’empruntant à un voisin bien disposé.

Des exemples 

Alors, entre les applis, les sites de partage et autres recycleries, notre pays déborde d’astuces pour faire circuler les biens de tous types : vide grenier, vide-dressing, ateliers pour apprendre à réparer, Emmaüs, friperies…

Par exemple, le réseau Envie qui a repris la brillante idée de l’abbé Pierre avec les compagnons d’Emmaüs. Chez Envie, il ne s’agit pas de recycler vêtements, déco ou meubles. Mais de faire rénover des appareils électroménagers par des personnes éloignées de l’emploi et de les revendre à bas prix. En fait, c’est un merveilleux moyen d’aider des personnes à retrouver de la dignité en travaillant et de faire circuler les biens. D’une pierre, deux coups !

Effectivement, la bonne idée, c’est aussi la mutualisation de la voiture (Blabla car et autres covoiturages organisés).

Ou la mutualisation des objets qui ne servent que rarement : “échange appareil à raclette contre perceuse !” L’occasion de faire de belles rencontres.

R comme Recycler

La plupart des villes recyclent le plus de déchets possibles (seulement 9% du plastique mais le papier, carton, verre…), chacune un peu à sa façon, il faut donc se renseigner localement pour ne pas jeter n’importe quoi n’importe où. Dans les centres de tri, des agents essaient de corriger le tir afin de recycler le plus possible car sinon, les déchets sont incinérés ou enfouis. Et la place manque pour stocker ces énormes quantités. 

Pour le reste, les déchets organiques, l’idéal est de les rendre à la nature en les composant ! De plus en plus de quartiers ont leur compost partagé qui servira d’engrais naturel pour les massifs floraux de la commune ! 

Une autre façon de recycler est assez tendance dans l’univers du meuble et de la déco. C’est l’upcycling, la transformation des déchets en produits ayant une valeur ajoutée supérieure au matériau d’origine. Ce sont par exemple, les palettes qui deviennent un canapé branché pour l’été !

En résumé, l’écologie c’est 

  • Plonger dans un quotidien plus écolo, ça commence par s’émerveiller devant la beauté de notre terre, 
  • Vivre de façon plus écologique, c’est vivre plus en harmonie avec l’environnement qui m’entoure, 
  • Pour changer mon quotidien, je commence avec les 4 R  : refuser les déchets, réutiliser ou réparer, réduire et recycler.

A vous de jouer chers auditeurs, en 2 minutes…. Une carte tirée de 2 minutes en famille : Je choisis pour ce prochain mois un geste pour l’environnement 

J’ose oser

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Cette peur de rater est peut-être une illusion. Cependant, elle est surtout une source de frustrations et de déceptions. Et à long terme elle inhibe notre capacité à oser de nouvelles choses. 

On ne naît pas timide ou complexé, on le devient

La place de l’enfance

Nous sommes parfois conditionnés depuis notre enfance par le besoin impérieux de réussir, de tout bien faire parfaitement et de savoir oser. Cela a commencé enfant quand nous nous efforcions de finir notre assiette pour faire plaisir à nos parents, puis à l’école lorsqu’il fallait rapporter de bonnes notes. Ou lorsque nos parents nous laissaient faire la cuisine en surveillant les proportions de très près. Enfin,gare à nous si nous cassions l’œuf maladroitement ! Réussir aussi auprès de nos copains lorsqu’il fallait être le plus fun, le plus branché, le meilleur en sport pour épater la galerie, etc.

Parfois ce sentiment de devoir réussir prend tellement de place qu’il nous étouffe. Alors nous préférons ne pas commencer, pour ne pas prendre de risque.

Et adulte, ose-t-on ?

Par exemple, je joue au tennis, je me débrouille pas mal, mais je préfère ne surtout pas m’inscrire à un tournoi de peur d’être éliminé rapidement. Ou alors, je n’essaie pas de nouvelles recettes, la dernière fois j’ai fait brûler une tarte que je rêvais d’essayer depuis 6 mois. Et d’ailleurs mes enfants sont hyper exigeants et n’ont pas raté l’occasion de le souligner.  Enfin, j’aime bien courir mais jamais je ne m’inscrirai à un semi-marathon avec des amies. J’ai bien trop peur d’arriver 1 heure après elles ! 

Encore des exemples

Pour finir, j’évite de m’inscrire sur ce site de rencontres car je suis persuadé de ne pas être à la hauteur. Alors, je pense, aussi, à cet ami en pleine reconversion. Il est bourré de talents mais n’ose pas contacter les personnes qui pourraient l’embaucher dans le nouveau secteur d’activité qu’il convoite, car il n’a pas le diplôme exact qu’il lui faudrait. Ou encore, je viens de passer à la retraite et je me terre chez moi car je me sens inutile et suis en fait pas capable de grand-chose à part le job que je faisais. 

La peur de la nouveauté empêche d’oser

A bien considérer les choses, avoir peur d’oser peut dissimuler la peur de la nouveauté. Et oui, sortir de sa zone de confort (podcast 57 je sors de ma zone de confort) peut effrayer certains à des degrés différents. 

La peur d’échouer, et la peur d’être jugé. 

En somme, en creusant davantage, on tombe sur ces deux freins majeurs qui nous empêchent bien souvent d’oser.

Car le véritable obstacle, dans la réalisation de quelque chose de nouveau, d’un examen ou d’un saut dans l’inconnu a lieu la plupart du temps AVANT l’épreuve concrète. C’est en cela que les véritables obstacles sont intérieurs.  

En fait, j’ai souvent peur d’échouer ? Alors je peux me demander « A qui vais-je faire de la peine si je ne réussis pas ? » « Qui ai-je peur de décevoir ? Mon mari ? Ma mère ? Mon manager ? »

En ce qui concerne la peur d’être jugé, c’est lorsque je me demande, au fond : « Serai-je serai autant aimé des autres s’ils voient que je ne suis pas parfait, ou bien que je suis un peu différente de ce que je donne à voir socialement ? »

L’autosabotage

Certains sont même parfois très forts pour s’auto saboter ! Je repense à cette jeune femme qui avait décroché un entretien pour ce poste qui l’attirait énormément. Elle maîtrisait clairement 80% de la fiche de poste. Au fond d’elle, les 20% restants l’intimidaient mais elle savait qu’elle en était capable. Et voilà qu’au cours de l’entretien, elle s’est mise à bafouiller, à présenter au recruteur tout ce qu’il lui manquait, ou toutes ses contraintes logistiques, personnelles etc. Elle était victime de ce sentiment de l’imposteur qui nous fait douter de nos talents. 

Pourtant le seul risque que nous prenons en essayant de faire ce que nous aimons est… d’être plus épanoui ! 

Oser, c’est sortir de ma zone de confort

Alors, changer radicalement me donne-t-il le vertige ? Donc, je peux initier cette dynamique en modifiant de petites habitudes que je pensais immuables, ou alors auxquelles je n’ai jamais pensé.  (Podcast 57 je sors de ma zone de confort)

Toute réflexion faite, j’aimerais vous raconter l’histoire de Lu Ann Cahn, une journaliste américaine. En réalité, il y a dix ans, après un cancer, elle s’est lancée le challenge « one year of firsts ».  De ce fait, son défi était d’expérimenter quelque chose de nouveau chaque jour.  Elle explora en un an des choses aussi nouvelles et variées qu’un concours de boules de neige, un repas 100% cru, un appel Skype avec un inconnu qui vivait le même challenge qu’elle, courir déguisée en père noël … 

Expérimenter de nouvelles choses nous réveille

En définitive, c’est une vraie gymnastique intérieure et un puissant antidote à la déprime. Je n’ai pas l’énergie de tout renouveler maintenant ? Alors, je commence par de petites expériences à ma portée. Le nouveau a un effet énergisant immédiat, et qui infuse mon moral à long terme. 

Une petite étincelle pour allumer un brasier et oser. 

Oser est un cercle vertueux

Ça n’est rien de moins qu’un cercle vertueux. Quand je mets le pied (ou juste un orteil) dans quelque chose d’inconnu, cela déclenche souvent un élan nouveau. Le grand romancier, dramaturge, poète, scientifique et mille autres choses encore Goethe l’a lui-même expérimenté “Quoi que tu rêves d’entreprendre, commence-le. L’audace a du génie, du pouvoir, de la magie.” 

Concrètement

Pour commencer, je rêve de changer de métier, mais je n’ose pas, ou je ne sais pas comment m’y prendre. Un premier tout petit geste peut être de chercher sur internet ou dans mon réseau les contacts de professionnels du bilan de compétences. Ou ce à quoi j’ai droit en termes d’heures de formation.

Ou encore, j’ai terminé une formation mais je ne sais pas comment passer à l’étape d’après. Ensuite, après avoir refait mon CV, je fais la liste des personnes intéressantes à rencontrer. Pas seulement celles auprès de qui je peux trouver un poste. Tout simplement celles qui peuvent avoir un avis intéressant et des tuyaux sur l’étape d’après. En définitive, cela est tellement énergisant et me met en marche.  

Oser, c’est nourrir mon recueil d’expériences.

En réalité, nourrir son recueil d’expérience est comme un carnet vierge dont on remplit chaque jour une nouvelle page. Pourtant, j’ai peur de me tromper ? Lu Ann Cahn a réalisé au cours de ce défi que l’expérience ne nous évite peut-être pas de faire des erreurs nouvelles, mais nous évite d’en reproduire de vieilles.  Et ça, cela n’a pas de prix. 

En fait, nous le répéterons tant qu’il faudra, mais identifier nos entraves est capital. Nommer, nommer, et encore nommer.

En résumé, mettre un mot sur les craintes qui m’habitent ou sur les angoisses d’échec diverses et variées leur donnent déjà du corps. Or l’on se bat mieux contre son adversaire dans une pièce éclairée que dans le noir ! M’attaquer à ce qui me fait peur peut m’entraîner vers des souvenirs d’enfance, des schémas bien ficelés plein de nœuds. (podcast #15 j’apprivoise ma peur)

Oser, c’est faire un voyage intérieur

Je peux m’arrêter sur ce qui compte pour moi, mon moteur, ce qui me fait vibrer.

De toute façon, vous savez, il s’agit de trouver son « Ikigai », en japonais sa raison d’être, et nous en avons beaucoup parlé dans le podcast 68. Comme dirait le dicton « soyez vous-mêmes, tous les autres sont déjà pris ». 

Mias encore, Faire ce que j’aime = faire ce que je suis. “Owning our story and loving ourselves through that process is the bravest thing that we will ever do.” Brene Brown

Et à partir de là, je peux réévaluer mes peurs.

Alors, je fais le tri entre les peurs qui se basent sur un élément objectif, et celles qui sont de pures fictions construites sur des croyances. Parfois mes croyances (podcast 29) sont tellement vieilles qu’elles sont en béton armé. En fait, il est probable que je me rende compte que je n’osais pas me lancer dans telle aventure. En réalité,  je m’étais construit l’idée que je n’en étais pas capable, que je ne le méritais pas, etc.

Pour déverrouiller l’audace, identifions ce qui l’entrave !

Pour commencer, J’aimerais vous parler de Tim Ferris, célèbre entrepreneur, qui enchaîne les conférences pour raconter comment il est devenu capable de surmonter ses plus grandes peurs.  Il explique beaucoup que les meilleurs résultats ou expériences que nous pouvons vivre sont souvent freinés par de fausses constructions, et des hypothèses non testées. Nous retombons sur la place que prennent les constructions mentales, le subjectif dans notre esprit. Voilà 4 anecdotes qu’il partage pour illustrer ce point. 

Tim Ferris a oser nager !

En effet, c’est l’histoire du plus grand défi de sa vie. Longtemps il ne sut pas nager. Pourtant, il avait pourtant grandi au bord de la mer. Mais une expérience traumatisante pendant un camp d’été au cours duquel il avait failli se noyer avait instillé cette terreur de l’eau. En fait, cette peur allait le poursuivre longtemps.  Alors, il explique très bien au cours d’une conférence TED, que “son incapacité à nager avait été une de ses grandes hontes et humiliations.”

De ce fait, cette humiliation et cette crainte de l’eau lui collèrent à la peau jusqu’à l’été de ses 31 ans. Cet été-là, un bon copain qui s’enfilait des litres de café par jour lui promit de tenir une année sans caféine si lui, Tim, pouvait nager un kilomètre en eaux libres. 

Alors, Tim Ferriss décida de se jeter à l’eau, dans tous les sens du terme, et réussit à nager 1 km dans la mer d’une traite. Et en en sortant, pour la première fois de sa vie depuis longtemps, il eut le sentiment d’être redevenu le super héros qu’il pensait être avant l’accident, lorsqu’il était petit.

Comment a-t-il osé ?

Il a rencontré Terry Laughlin. Thierry Laughlin, c’est un entraîneur de natation, qui a fondé Total Immersion, une technique de natation populaire qui met l’accent sur la forme avant la vitesse. Qui appréhende la nage sous l’angle absolument objectif de la biomécanique. En étudiant froidement les enjeux de propulsion et d’aérodynamique, il trouva la clef pour vaincre sa peur subjective de l’eau. Et il accomplit cet exploit du kilomètre parcouru en eaux libres.

Le témoignage de Tim Ferris

En fait, ce qu’essaye de démontrer Tim Ferriss à travers ses conférences et ses témoignages, c’est qu’il est capital d’identifier ses peurs et d’oser accomplir de grandes choses. “La peur est votre amie. La peur est un indicateur. Parfois, cela vous montre ce que vous ne devez pas faire. Mais le plus souvent, cela vous montre exactement ce que vous devez faire. Et les meilleurs résultats que j’ai eu dans ma vie, les moments les plus joyeux, je les ai eus en me posant cette simple question. “Quel est le pire qui peut arriver ?” Surtout avec les craintes que vous avez acquises lorsque vous étiez enfant. “

En réalité, une fois la peur nommée, attachons-nous à la déstructurer, à l’analyser avec une loupe objective. A revenir au réel.

Tim Ferriss conclut en disant “Prenez l’approche analytique, les capacités que vous avez, et appliquez-les à vos anciennes peurs. Appliquez-les pour de très grands rêves.” 

Et si j’essayais l’optimalisme 

Tal Ben-Shahar, professeur de psychologie positive à Harvard, propose dans son livre, L’Apprentissage de l’imperfection, une voie qu’il appelle l’Optimalisme.

L’optimalisme vient du terme « optimum », qui signifie « le plus favorable pour atteindre un but déterminé ». C’est en fait un « perfectionnisme sain», qui consiste à atteindre les objectifs fixés en faisant le meilleur usage possible du temps dont nous disposons.

De plus, l’optimaliste estime que les échecs, tout comme les émotions négatives, font partie de la vie. En définitive, il les met au même plan que les expériences positives. Sans aller jusqu’à y prendre du plaisir, les optimalistes tirent profit de toutes les situations qu’ils vivent, et n’hésitent pas à se lancer dans de nouvelles expériences au risque d’échouer. On parie que Churchill l’avait en tête, lorsqu’il affirma que « le succès, c’était d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme » !

Quand j’ose, suis-je seul avec moi-même ?

Je suis seul à lever des barrières

D’un côté, je suis seul à pouvoir lever les barrières, desserrer les freins intérieurs qui m’empêchent d’oser. De l’autre côté, j’ai besoin des autres, de mon réseau pour rendre concrètes mes actions.  

Je rêve de sauter en parachute ? Je parle de mon idée à des amis, j’essaye de glaner des infos sur des groupes de discussions en ligne. Je passe des coups de fil pour identifier le prestataire qui m’offrira l’expérience la plus chouette et sécurisée. En fait, en faisant cela, je m’ouvre. J’ai toujours rêvé d’une frange mais j’ai peur d’être moquée ? Hop, je prends rdv chez un coiffeur pour en parler, et lui demander conseil. Un coiffeur a aussi été formé pour étudier la morphologie des visages. Lui demander son avis, c’est lui donner de la valeur.  

J’ai besoin des autres

Ouvrir mon projet et mes idées à d’autres leur donne de l’épaisseur, de la consistance, du relief. En fait, Eexposer mes idées et y intégrer d’autres personnes, c’est créer un tissu de relations qui me fait sortir de ma bulle et élargit mon cœur. Ou encore développe mes idées vers des applications auxquelles je n’avais pas pensé.  Quand je partage, je m’inscris dans le monde, bien vivant et dynamique. 

J’ai toujours rêvé de créer ma boite, mais être indépendant et quitter le cocon de l’entreprise me terrifie ? J’ai peut-être peur de me planter et d’engloutir mes ressources financières ? Ou j’ai peur de ne pas percer ? Rien de tel que d’intégrer un groupe de réflexion constitué de gens qui se posent des questions, d’assister à des conférences sur le sujet, de suivre un MOOC en ligne. Avec la multitude de ressources individuelles, de groupes, connectées ou en personne, je n’ai pas d’excuses pour ne pas faire un pas en avant. C’est souvent en parlant de leur idée que les plus grands créateurs de startup ont trouvé leur associé et que leur projet a décollé. 

En résumé

  • Éviter d’oser c’est avoir peur du changement, d’échouer ou encore du regard des autres. 
  • Nommer mes peurs me permet de mieux les déstructurer. 
  • Entrer en connexion avec mes désirs profonds et ce qui me fait vibrer me permet de re calibrer mes projets et mes priorités. 
  • Accepter la prise de risque rend bien plus heureuse que la prudence immobile.
  • Oser c’est initier des petits changements pour se sentir capable

Prenez 2 minutes pour répondre à cette question tirée de 2 minutes ensemble !  “ j’imagine…réaliser un de mes rêves ”! Et si j’essayais ! 

Interview avec Benjamin Zimmer

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Benjamin Zimmer est CEO de Silver Alliance, il nous propose à travers un discours engagé sa vision d’un monde coopératif et solidaire.

Benjamin Zimmer, le parcours

Auteur, conférencier, entrepreneur et dirigeant, Benjamin Zimmer est le fondateur de Silver Valley, le premier cluster européen de la Silver économie. Depuis 2018, il conseille le Groupe Oui Care, spécialisé dans les services à la personne, sur les questions liées aux seniors et à la Silver économie. Ensemble, ils se sont associés pour créer Silver Alliance, la première alliance d’entreprises du bien vieillir à domicile qu’il dirige. 2 minutes ensemble vient de rejoindre ce groupement.

Benjamin Zimmer un acteur de la silver économie

Benjamin Zimmer est un acteur de cette révolution démographique en marche. Le nombre de personnes de 60 ans et plus aura progressé 67 % en 2040, pour atteindre 22,6 millions. Non seulement, les seniors sont beaucoup plus nombreuses mais leurs profils et attentes sont de plus en plus subtiles et variables; selon leur catégorie sociale, leur revenu et leur bagage éducatif et culturel. 

L’importance du bien vieillir

L’adage Benjamin Zimmer est «Bien vieillir, ça se prépare tous les jours ! » : Profiter de son temps, bien vivre chez soi, augmenter son pouvoir d’achat, se simplifier la vie administrative, aménager son logement ou encore veiller sur sa santé sont des piliers de cette préservation de son capital santé et autonomie. Dans chacun de ces domaines, Silver Alliance a identifié des experts, des solutions et des entreprises qui les proposent.

Une économie collaborative

Un autre point qui retient notre attention est l’importance que Benjamin accorde à l’économie collaborative. Il a une vision de l’entreprise qui nous parle et que nous défendons : créer de la valeur pour tous. Il démontre avec ferveur que c’est possible  dans un livre qu’il a co-écrit  où il interroge 18 chefs d’entreprise sur leur pratique. A lire absolument : « une entreprise responsable et rentable c’est possible » aux éditions Contenta.

Je m’ouvre à la synchronicité

Hasard, coïncidence, providence … ou synchronicité ?!

Ne vous êtes-vous jamais exclamé : “que le monde est petit !” faisant l’expérience de ces coïncidences, ces hasards qui tombent au bon moment ? Cette personne inconnue rencontrée au moment idéal pour avancer dans votre projet, ce livre qu’on vous offre et qui change votre vie, cet ami qui vous appelle alors que vous pensiez justement à lui et qui vous parle d’un travail qui vous conviendrait ou encore cette émission qui apporte une réponse à un sujet qui vous taraude depuis quelques temps ?

Que dit-on de la synchronisité

Un mot aussi galvaudé que méconnu

Synchronicité ? Ce mot, étrangement, est aussi galvaudé que méconnu ! Très à la mode en effet dans le milieu du développement personnel, vulgarisé par certains mouvements spirituels, il a autant d’adeptes que de détracteurs, et en même temps, il demeure totalement obscur pour de nombreuses personnes. Alors, allons voir de plus près ce qu’il recouvre !

Il est intéressant de noter que le concept de synchronicité souffre plus de scepticisme en occident que dans les pays orientaux où la culture est davantage réceptive à la présence de signes de l’univers, à l’idée qu’un monde invisible participe à la construction de notre chemin de vie.

Que dit Carl Yung de la synchronicité ?

Développé dans le domaine de la psychanalyse par Carl Jung, le concept de synchronicité se caractérise par la survenue simultanée de plusieurs événements n’ayant pas de lien causal entre eux. En fait, c’est comme une coïncidence qui prend soudainement du sens pour la personne qui la vit. 

Comment prend-elle du sens ? 

En provoquant une émotion, en se produisant à un moment opportun et en étant source de transformation. En fait, le psychanalyste l’explique avec sa célèbre anecdote du scarabée. Jung est en consultation avec une patiente qui lui raconte un rêve dans lequel elle reçoit un scarabée. Alors qu’elle est en train de parler, un scarabée doré se cogne à la fenêtre du bureau. Jung prend l’insecte, le dépose sur la table et dit à sa patiente : “et bien le voilà votre scarabée !”. Le fait que la patiente soit déstabilisée émotionnellement et qu’elle s’ouvre ensuite à une appréhension beaucoup moins rationnelle du monde. Ce phénomène illustre pour Jung la synchronicité et le distingue de la banale coïncidence.

Concrètement

Ainsi, si nous reprenons l’exemple de l’ami qui vous appelle alors que vous pensiez à lui, il y a synchronicité car celui-ci vous parle d’un travail dont vous avez justement besoin. Si cela avait été un simple échange de nouvelles, sans impact émotionnel ni modification d’un élément dans votre vie, alors, cet appel serait une simple coïncidence.

La simultanéité entre un état psychologique et un ou plusieurs événements parallèles

La synchronicité est donc non seulement la simultanéité entre deux ou plusieurs événements. Mais surtout la simultanéité entre un état psychologique et un ou plusieurs événements parallèles qui ont un sens pour la personne. De ce fait,  ça provoque un mouvement dans sa façon de penser ou d’agir. La personne va créer elle-même un lien entre les évènements, un lien de contenu (elle y met un sens) et non un lien causal auquel la rationalité nous a habitués. On comprend de ce fait que le concept peut déstabiliser ou être rejeté. 

Sortir de nos repères habituels cartésien

Sortir de nos repères habituels de raisonneur cartésien, puisque

  • il y a absence de lien direct et de cause objective entre l’état psychologique et l’événement ;
  • l’événement est imprévisible ;
  • selon la personne et le contexte, l’événement fera sens ou non (il sera simple hasard ou coïncidence signifiante, révélatrice et créatrice

La synchronicité est un principe d’agencement de temps

Selon Jung,” la synchronicité répond à un principe d’agencement de temps qui n’est pas de l’ordre de la cause, mais de la nécessité que quelque chose émerge de l’inconscient et amène une transformation au bon moment”. Elle s’inscrit dans la dynamique de ce qu’il appelle le processus d’individuation, c’est-à-dire la réalisation du Soi, de qui l’on est réellement, en dehors des images parentales ou sociales.

Ainsi, pour Jung, les coïncidences, le hasard, ou les rêves prémonitoires, s’expliquent par la synchronicité entre des faits objectifs et un état psychologique à un moment donné. C’est en cohérence avec le fait que notre cerveau est sollicité par des millions d’informations qu’il lui est impossible de retenir totalement. Ainsi, ce que nous allons réellement percevoir est ce qui fait sens pour nous, ce qui est lié à nos préoccupations, à nos réflexions du moment. 

Et si je m’ouvrais à la synchronicité ? 

la synchronicité c’est comprendre les coïncidences

Nous avons une compréhension très limitée des coïncidences. Comme nous l’avons évoqué, le fait de ne pas pouvoir expliquer certaines choses peut nous déranger. D’autant que nous sommes souvent empreints d’une éducation rationnelle et empirique. Nous avons appris que si quelque chose ne peut pas être quantifié, calculé ou relié à une cause tangible, sa véracité est mise en doute.

En fait, il est certain cependant que les recherches montrent aujourd’hui qu’être réceptif à ces événements hasardeux. Ces heureuses coïncidences nous permettent d’affiner notre intuition pour nous guider dans nos choix. La synchronicité a en effet un rôle particulier dans la compréhension de certains événements extérieurs. Elle permet de donner un sens, d’engendrer un changement chez la personne et de synchroniser plusieurs états psychiques différents”. En psychanalyse par exemple, la synchronicité permet d’établir un lien, souvent symbolique, entre un état psychologique et un fait, et de s’ouvrir à d’autres façons de penser et de lire le monde.

La synchronicité peut être à l’origine de changements importants

Les synchronicités peuvent par conséquent être à l’origine de changements importants pour nous. Ainsi  elles se révélent comme des réponses que nous attendons. Pour cela, nous allons voir que nous avons besoin de prêter un peu d’attention à notre monde et d’apprendre à le lire tout simplement pour lui donner un sens. Or donner du sens est un atout précieux pour la motivation, pour nous donner envie de vivre, pour se sentir en congruence, bref pour nous rendre plus heureux ! (Bulle de Bonheur #68 je trouve mon Ikigaï).

Attention toutefois ! Comme nous l’avons répété à maintes reprises, éviter l’excès et choisir la mesure est un principe de vie précieux. Aussi ne s’agit-il pas de vouloir voir des signes partout, de vouloir trouver des liens systématiques entre tous les événements ni de tomber dans l’ésotérisme. Il s’agit plutôt de voir une invitation à une ouverture à ce qui nous environne, à un questionnement sur le sens. 

Comment pratiquer la synchronicité 

Observer

Observer ce qui nous entoure et ce qui nous arrive permet de voir que les synchronicités peuvent s’appliquer à n’importe quel moment de notre vie. Elles se reconnaissent aisément parce qu’elles provoquent une réaction et résonnent en nous. “Mais c’est incroyable ce que tu me dis là, j’allais te dire la même chose !”. “j’ai ressenti aussi cette impression désagréable”. “j’ai été sidéré d’entendre cette conversation dans le bus, elle apportait une réponse à mes doutes”. Ou encore “dans mon rêve, j’ai vu une scène similaire” (le rêve est une matière très riche dans le domaine). 

Ces synchronicités peuvent donc se manifester par un hasard signifiant. Mais également par un ressenti, un rêve prémonitoire, une clairvoyance ou encore une télépathie ou télésthésie. Comme nous l’avons dit, les événements seront interprétés de différentes façons en fonction de l’archétype de chacun. Ainsi ils prendront sens en fonction de l’état psychologique de la personne à un moment précis.

Accepter l’inexplicable 

Pour comprendre la portée d’une synchronicité potentielle dans sa vie. Il est donc nécessaire d’accepter de se laisser déstabiliser, de ne pas tout comprendre, puis de faire confiance à son intuition.

Il s’agit donc d’abord d’accepter que certaines choses nous échappent, qu’une grande partie du monde physique est invisible à nos yeux et existe bien ! 

Exercer notre intuition

En réalité, nous savons que les chats entend et voit une gamme de sons et de lumières différente de celle des êtres humains. Est-ce que le fait que nous ne pouvons pas les voir signifie que ces sons et ces lumières n’existent pas ? Non bien entendu ! 

Vivre une journée idéale

De même, s’il vous est arrivé de vivre une journée idéale. Vous savez celle où tout s’enchaîne parfaitement bien. Où les personnes et les choses semblent être exactement au bon endroit, au bon moment. En fait, la synchronicité nous révèle que si nous étions arrivés un peu plus tôt ou plus tard, les événements ne se seraient pas déroulés de la même façon. Vous avez été dans le parfait timing ce jour là. Certains diront  “les planètes étaient parfaitement alignées”), indépendamment de vos besoins, de vos intentions ou de votre organisation. Un peu de lâcher prise pourra aussi être nécessaire pour accepter cette vision des choses ! voir Bulle de Bonheur #21).

Ensuite, il faudra exercer notre intuition car les synchronicités y sont étroitement liées. Plus nous ouvrons notre esprit, plus nous faisons confiance à notre intuition, plus les synchronicités se manifestent (Bulle de Bonheur #30 “j’écoute mon intuition”).

Etre conscient  

Le secret de la synchronicité est d’être « conscient ». Quand nous sommes conscients, c’est-à-dire présents et ouverts à ce qui se passe autour de nous, nous sommes beaucoup plus enclins à voir et à sentir des choses que les autres ne voient pas. C’est en ce sens que les termes harmonie et connexion sont souvent associés à la synchronicité. La synchronicité traduit le fait d’être en harmonie avec le visible et l’invisible qui nous entourent. Un détour vers le podcat #25 je savoure l instant présent 

Le risque de tout interpréter

C’est sur ce point que certaines dérives peuvent se produire, car cette harmonie avec notre environnement peut être exploitée par certains ou mal comprise. En ce sens que l’univers serait appréhendé comme une sorte de guide nécessaire à notre vie. Il nous enverrai sans cesse des messages, et ce qui nous arrive serait une réponse que l’univers a placée sur nos chemins de vie. 

Le risque est alors grand de vouloir interpréter tout ce qui se produit dans notre vie, de générer du stress. Voire une certaine angoisse à passer à côté d’un signe qui aurait pu changer notre vie. Ou encore de tomber dans un certain fatalisme ou déterminisme. Il y a sans doute encore beaucoup de choses à découvrir dans le domaine. Mais il nous semble important de se rappeler que la synchronicité se produit à un moment précis. En fait, elle provoque une réaction émotionnelle et un changement.

Par exemple, je me couche très angoissé car je suis menacé de licenciement, je fais un rêve X qui me fait voir que mon avenir est sans danger, je me réveille serein et confiant). A cela nous pourrions ajouter une autre caractéristique observée par certains psychologues. “Les synchronicités surviennent lorsque nous sommes dans des périodes de changement, de transition ou de questionnement”.

La synchronicité amoureuse 

La synchronicité dans la première rencontre

Comme nous l’avons évoqué, la synchronicité touche de nombreux domaines de notre vie. Mais il en est un qui revient régulièrement dans la littérature qui traite du sujet, c’est celui de la synchronicité amoureuse. Cette synchronicité concerne d’abord la première rencontre. Ne vous est-il jamais arrivé de repenser à cette rencontre et vous dire qu’il y avait des signes, que vous deviez vous rencontrer ? De quelle manière les hasards heureux se sont mis en place pour que vous vous rencontriez (dans un lieu précis, sur internet …) ? Comment vos émotions et votre intuition ont été sollicitées pour vous informer que vous aviez trouvé le partenaire que vous souhaitiez (“j’ai senti que c’était lui” !) ?

Synchronicité et connexions du couple

Mais les synchronicités concernent aussi toute la vie amoureuse. Les événements imprévisibles arrivent en effet tout au long des relations et l’importance de la signification que nous leur donnons pourra venir nourrir les relations. 

Par exemple, vous vous réveillez avec le moral à zéro sans trop savoir pourquoi et vous recevez un texto d’encouragement de votre partenaire. Alors que vous sentez que vous vous installez dans une certaine routine, sans vous en parler,  vous pensez tous les deux  à une surprise qui vient pimenter votre relation. Vous vous sentez seule et trois fois dans la journée vous entendez la chanson préférée de votre conjoint.e et vous vous sentez réconforté.e. Ainsi, toutes les coïncidences significatives sont une invitation à la réflexion et sont des occasions de passer à l’action afin d’amener notre relation amoureuse à un stade optimal. Comme évoqué,  il est donc recommandé pour cela de prendre le temps d’observer ces coïncidences qui vous ont ébranlée. Afin d’y déceler le sens et le message qu’elles vous transmettent pour alimenter et transformer vos relations. 

Attention, la synchronicité est loin d’être la garantie d’une vie épanouie ! Elle ne remplace pas l’écoute, la réflexion, la prise de recul, l’agir ; nous restons toujours le principal acteur de nos relations et nous avons la possibilité de faire des choix !

En résumé

La définition donnée par Jean-François Vézina dans son livre “les hasards nécessaires” résume parfaitement pour nous ce que nous souhaitons retenir. “La synchronicité est une coïncidence entre une réalité intérieure (subjective) et une réalité extérieure (objective) dont les événements se lient par le sens, c’est-à-dire de façon acausale. Cette coïncidence provoque chez la personne qui la vit une forte charge émotionnelle et témoigne de transformations profondes. La synchronicité se produit en période d’impasse, de questionnement ou de chaos”.

La synchronicité a donc un rôle particulier dans la compréhension de certains événements extérieurs. Elle permet de donner un sens et d’engendrer un changement chez la personne. 

A vous de jouer chers lecteurs ! Que répondez-vous à cette carte tirée de 2 minutes ensemble ! : “je raconte comment à la suite d’un moment de synchronicité, j’ai transformé des choses dans mon quotidien.” ?

 

Je désire

D’où viennent nos désirs ?

Nos désirs proviennent de notre sensation de manque, comme si obtenir ce manque pouvait nous combler. L’étymologie latine du mot « désir » signifie « regretter l’absence de ».

Les désirs reviennent à s’interroger sur ce qui nous fait défaut, sur les barrières entre nous et notre bonheur. Peut-être avez-vous déjà ressenti cette tension qui semble vous dominer quand vous ne pouvez plus voir votre corps en peinture et que la chirurgie esthétique vous semble être le seul recours possible à ce mal-être.

Ou bien lorsque vous vous auto-persuadez que votre vie serait tellement mieux avec le dernier Iphone. Et lorsque finalement, vous l’avez en main, vous avez envie de l’Apple Watch…

Les stratégies marketing sont passées maîtres dans l’art de jouer avec nos désirs et de nous donner l’impression que nos achats vont contribuer à notre bien-être durable. 

Le désir, un animal tyrannique

Epictète, philosophe grec de l’école stoïcienne, recommande de renoncer totalement à ses désirs pour atteindre la paix de l’âme. Car le désir est un animal tyrannique :

D’abord, la sensation de manque peut nous rendre chroniquement insatisfait. Cela nous donne l’impression de ne pas avoir toutes les cartes en main pour être heureux aujourd’hui. Si seulement je gagnais plus d’argent, ma vie serait tellement plus facile, je serais tellement plus épanouie.

L’escalade des besoins

Ensuite, une fois assouvi, le désir est souvent remplacé par un autre. Nous nous sentons bloqués dans une course au toujours plus. Nous avons l’impression d’être l’esclave de nos manques.  

Je désire donc je vis !

Cependant, l’absence totale d’envies est un des symptômes de la dépression. Lorsque même nos passe-temps et les activités que nous apprécions d’ordinaire n’éveillent plus de motivation en nous, lorsque nous ne trouvons plus la force de sortir de notre lit, ce sont parmi les premiers signaux d’un mal-être profond

Etes-vous déjà passé par les montagnes russes du désir et du désenchantement lorsque celui-ci est assouvi ? Tant que le désir reste dans le domaine de notre imaginaire, nous sommes excités par la projection que nous nous en faisons.

Puis une fois que nous avons assouvi notre désir, notre bonheur redescend lentement avec le temps.

Par exemple, pendant des mois, vous avez souhaité obtenir ce poste. Vous vous étiez imaginé gérer cette équipe, planifier ces projets et développer vos idées grâce à cette nouvelle position. Lorsque vous y êtes arrivé, vous avez fait feu de tout bois, secondé par une équipe motivée. Et puis avec le temps, vous avez recommencé à râler contre ce qui ne vous convient pas dans la société ou sur ces compétences qui vous font encore défaut, sur ces formations qu’on ne vous accorde pas assez souvent, sur ces collègues qui ne partagent pas toujours votre envie de relever les défis…et vous avez commencé à regarder ailleurs, d’autres postes, d’autres compagnies.

C’est aussi cet homme qui économise pendant des mois voire des années pour s’offrir sa voiture de rêve. Le jour où il roule enfin dedans, un nouveau modèle est mis sur le marché et sa nouvelle voiture lui apparait démodée et sans intérêt. Ce cercle vicieux est humain, tout le monde passe par ces phases. C’est ce que l’on appelle l’adaptation hédonique

Qu’est-ce que l’adaptation hédonique ?

Une étude très connue du Dr Brickman de l’Université de Northwestern dans l’Illinois a mis en lumière en 1978 ce concept de l’adaptation hédonique.

Des études sur le désir

Les chercheurs se sont intéressés à 3 groupes d’individus : un groupe de gagnants à la loterie, un autre constitué de personnes devenues paralysées à la suite d’un accident et un groupe de témoins neutres menant une vie relativement stable sans haut ni bas majeur.

Au début de l’étude, le groupe des blessés ressentait sans surprise le niveau de bonheur le plus faible. Ils étaient cependant capables de focaliser leur attention sur les petites choses positives du quotidien comme les compliments, le rire alors que les gagnants au loto ne s’y montraient pas sensibles. 

L’étude s’est prolongée et les sujets ont de nouveau été interrogés sur leur niveau de bonheur.

La conclusion est révolutionnaire : au bout d’une certaine période, le niveau de bien-être des 3 groupes d’individus atteint le même niveau. Avec le temps, les gagnants au loto n’étaient plus aussi grisés par leur gain rapide et les victimes d’accidents avaient été capables de s’adapter à leurs nouvelles conditions de vie. Leur résilience avait atténué leur souffrance au fil du temps.

Cette étude démontre la formidable capacité d’adaptation des êtres humains. Une force positive lorsqu’il s’agit de faire preuve de résilience (podcast 65)

Désir et insatisfaction

Le revers de la médaille est que, par nature, nous ne sommes pas capables de capitaliser sur ce qui nous arrive de positif. Cette adaptation hédonique se produit à cause de deux facteurs :

D’abord, au fil du temps, nous percevons notre changement de conditions comme un nouveau normal. Nous nous accoutumons. Nous avons de nouveau l’impression de vivre pas mieux que l’ordinaire, nous percevons de nouveau des frustrations. Notre réflexe « jamais contents » reprend le dessus. 

Ensuite, nous avons tendance à nous comparer aux autres. C’est parfois de la comparaison aux autres que jaillissent de nouveaux désirs et envies. Ces derniers révèlent des manques qui atténuent le niveau de bien-être que vous aviez atteint en assouvissant votre désir. 

Le désir sans fin

Alors, puisque le désir est sans fin et qu’inexorablement nous revenons naturellement à notre niveau de bien-être initial, devons-nous arrêter de nourrir des désirs ? Le désir est-il une maladie dont il faut se soigner ?

Que se cache-t-il derrière le désir ?

Le désir est un sujet intime, dont il est difficile de s’ouvrir aux autres. Nos désirs sont souvent des révélateurs de ce qui se cache dans notre cœur, de nos valeurs et de ce à quoi nous aspirons profondément. Il nous est propre. C’est un élément qui constitue notre unicité en tant qu’individu à part. Mes désirs expriment ce que je cache en moi et ne sont probablement pas les mêmes que ceux de mon voisin. Ils sont singuliers.

Par exemple, mon désir de créer ma propre société peut-être un révélateur de mon besoin d’indépendance, de mon envie de liberté. Il illustre aussi mon courage, mon besoin de prendre des risques et de sortir de ma zone de confort. Ou bien j’aspire peut-être à créer, à contrôler 100% d’un projet qui me ressemble. Dans la même veine, mon désir d’écrire un roman est peut-être le signe que j’ai besoin de laisser la trace de mon passage, que j’ai besoin de transmettre quelque chose en héritage. 

Interroger ses désirs

Interroger ses désirs pour y lire ce qu’ils disent de nous est un excellent exercice pour progresser sur le chemin de la connaissance de soi. 

Désirer est le propre de l’homme. C’est ce qui le différencie de l’animal. Il aspire naturellement à grandir et s’épanouir. Naturellement, il est en quête de sources de croissance personnelle.

Un regard de philosophe sur le désir

Spinoza va encore plus loin. « Le désir, écrit le philosophe dans l’Ethique, est l’essence même de l’homme». Instinctivement, nous souhaitons survivre et déployer la vie qui nous habite. L’homme serait animé d’un conatus, à la différence de l’animal. Le conatus c’est cette force qui vient du « désir de persévérer dans son être ». En tant que corps, nous cherchons naturellement à vivre le plus longtemps possible et aussi à vivre dans des conditions confortables.

En tant qu’âme, l’homme désire permettre à son âme d’accéder à de plus en plus de connaissances, de croître.

Les désirs des jeunes enfants

Vous l’avez sûrement déjà constaté au contact de jeunes enfants. Nous sommes souvent étonnés de voir qu’en dépit de leur jeune âge, ils savent très bien ce qu’ils veulent. La moindre frustration ou la difficulté à accomplir quelque chose qui leur tient à cœur déclenche des crises pas possible.

Je repense souvent à mon fils qui s’entêtait à vouloir faire lui-même ses lacets et pouvait y passer des heures. Si j’avais le malheur de faire obstacle, je passais un sale quart d’heure.

Chez les petits enfants, nous sentons bien cette prégnance naturelle du désir. Leurs désirs sont purs, ils ne sont pas encore un produit de leur culture. Nous constatons aussi combien cela les pousse à se développer. 

Que se passe-t-il dans mon corps avec le désir ? 

Lorsque nous visualisons le bien à atteindre, notre cerveau se met à sécréter de la dopamine, une de celles que l’on appelle « les molécules du bonheur ». La dopamine est l’hormone du « je cherche » pour combler un manque. C’est l’espoir de l’accomplissement du désir qui déclenche la libération de la molécule.

Vous l’avez d’ailleurs probablement ressenti vous-même sous la forme de ce que l’on appelle plus communément l’excitation. Lorsque votre cœur s’accélère, que vos terminaisons nerveuses sont plus sensibles, que vous êtes plus impatients. Elle est donc un petit coup de boost chimique qui nous met en action. 

Le désir permet d’exister et de s’affirmer

Vous voyez où nous venons en venir. Le désir n’est donc pas à prendre au négatif comme une plainte ou l’expression d’un manque. C’est ce qui permet à chacun d’exister et de s’affirmer.

C’est grâce à nos désirs que nous imaginons comment nous souhaitons grandir et nous développer. Ce sont les projections du désir qui nous révèlent une autre version de nous-mêmes, celle à laquelle nous aspirons. Le désir est élan et force motrice.

C’est en nous imaginant meilleurs, plus beaux, plus intelligents… que nous ne sommes aujourd’hui que nous nous lançons. Le désir nous pousse à accomplir ce que nous estimons être une meilleure version de nous-mêmes.

Visualiser son but ou son rêve

Visualiser son but ou son rêve est un facteur de motivation et de créativité. Diderot disait « On dit que le désir nait de la volonté, c’est le contraire, c’est du désir que naît la volonté. Le désir est fils de l’organisation ». Nous puisons dans nos ressources pour inventer des moyens d’assouvir notre désir. Rappelez-vous de notre Bulle de bonheur #81 je pratique le WOOP.

Par exemple, grâce à la visualisation, vous allez vous imaginer avoir une relation apaisée avec votre ado. Vous allez identifier tous les éléments concrets qui marqueront que vous avez atteint votre objectif. Vous vous voyez aller faire du shopping ensemble et profiter de ce bon moment de complicité, l’écouter s’épancher sur ses états d’âme au coin du feu, la regarder sortir le samedi soir avec confiance.

Maintenant que vous voyez le résultat, vous identifiez tous les chemins pour l’atteindre, bref vous développez des trésors de créativité pour consolider la relation dès aujourd’hui. Et vous vous y mettez. 

Le désir nous met en action

Le désir nous met donc en action, nous pousse à combler le manque. Spinoza affirme que lorsqu’il est libre et qu’il correspond à nos aspirations intérieures et à nos valeurs (rappelez-vous, nous vous en avons parlé dans notre Bulle de bonheur #75 J’identifie mes valeurs), le désir est une grande source de joie. Et comme vous le savez grâce à notre Bulle de bonheur #9 Je cultive la joie, la joie est l’émotion de l’énergie positive – elle donne de l’élan, pousse à l’action, favorise l’optimisme. Elle dynamise et donne envie d’avancer.

Elle est donc souvent associée à la réalisation de soi et à la réussite. C’est un cercle vertueux : désirer c’est avancer et avancer nous procure de la joie qui nous donne un supplément d’élan.

Je complèterai en disant  que si les désirs que nous assouvissons sont en liens avec nos valeurs et  les sens que nous voulons donner alors .non seulement la joie est décuplée et l’adaptation hédonique sera moindre. La différence de ressenti durable entre un week-end un peu fou que j’organise pour épater mes amis et un week-end qui a pour but entre amis d’entreprendre la réflexion d’une maison pour une famille dans le besoin. 

Peut-on aussi considérer que les désirs non assouvis sont positifs ? 

Le désir s’inscrit dans le temps. Désirer c’est attendre. Qui plus est, une fois que le désir est assouvi, il n’existe plus. Durant la période d’attente, le désir grandit, il se nourrit de lui-même grâce à notre imagination.

Avec le temps, nous construisons encore mieux notre désir et nous éprouvons le plaisir d’attendre quelque chose. Par exemple, vous désirez faire un tour du monde. Entre le moment où vous imaginez votre itinéraire et le moment où vous appuyez sur la souris pour acheter vos billets d’avion, votre désir s’est considérablement intensifié. . Plus l’attente est longue, plus le vrai désir grandit et plus l’espace de fécondité est grand. 

Filtrer les désirs par l’attente

L’attente permet aussi de filtrer nos désirs. Mis à l’épreuve du temps, ils se maintiennent ou non.

Nous renonçons à certaines envies, certains élans. Le temps nous a permis de prendre du recul et de nous interroger sur la connexion entre ces désirs et nos valeurs, nos besoins, nos aspirations profondes. Pour illustrer cela de façon très triviale, savez-vous quel est le meilleur conseil qui puisse être donné à une accro au shopping qui souhaite se soigner ? Attendre. Laissez passer quelques jours après avoir flashé sur cette petite robe en vitrine et ré-interroger son désir de posséder cette robe. 

Le plaisir du désir…

Enfin, savourer un désir non assouvi c’est possible ! Le désir est comme un chemin dont nous pouvons profiter pleinement.

Profiter de la route vers l’assouvissement ou non de ses désirs est aussi le principal barrage à notre capacité d’adaptation. Mihaly Csikszentmihaly, un psychologue hongrois contemporain qui a introduit la notion de « Flux » nous dit : « Rien de mal à vouloir grimper plus haut tant que nous goûtons avec plaisir les difficultés du parcours ».

Vivre à fond le chemin qui mène au désir plutôt que de le vivre comme une tension négative est un chemin de bien-être profond.

Nous apprécions nos activités, nous mettons en application nos talents et conservons un certain niveau de contrôle de nos émotions. Imaginons par exemple que vous nourrissez le désir d’avoir votre propre chez-vous. Vous imaginez le quartier, l’agencement, le look, la lumière, l’ambiance, les meubles que vous aimerez y mettre. Au fil du temps, vous vous procurez même des éléments de déco que vous aimeriez y installer. Votre joie se nourrit de la préparation de cet appartement, de l’attente de l’assouvissement de votre désir. 

3 pistes pour vivre pleinement ses désirs sans souffrir d’insatisfaction chronique.

Pratiquez la gratitude : nous vous en avons parlé dans notre Bulle de Bonheur #20 J’adopte la gratitude. La gratitude nous permet de savourer les événements positifs. En nommant le positifs de notre journée nous évitons de prendre tous ces petits événements pour acquis. Nous restons dans un bain d’émotions positives. 

Pensez à ce que vos désirs vous révèlent sur vos besoins et vos valeurs profondes. Peut-être qu’il y a plusieurs manières de vous épanouir au-delà de l’objet de votre désir.

Par exemple, si vous ressentez le désir de voir davantage votre famille. Ce projet ne se réalise malheureusement pas toujours facilement. Peut-être est-ce un révélateur que vous souhaitez prendre soin des autres ou que vous aimez voir du monde ou encore vous vous retrouver dans votre maison familiale vous fait du bien.  Bref, il y a autant de lectures possibles et de chemins de croissance qu’il y a d’individus.

Interroger ses désirs c’est apprendre à mieux se connaître. 

Renforcez vos relations : les liens que nous tissons avec les autres résistent à l’adaptation hédonique. Il semble que nous soyons capables de profiter longtemps de la qualité de nos relations aux autres, d’une belle amitié ou d’une vie de couple épanouie. Allez faire un petit tour par notre Bulle de bonheur #79 Je créé du lien social pour en savoir plus. 

Je désire, en bref : 

  • Le désir est humain et révèle nos valeurs intimes et notre singularité.
  • Nous portons en nous une tendance naturelle à l’insatisfaction car nous nous adaptons à nos changements de vie qu’ils soient positifs ou négatifs.
  • Le désir est fécond : plus qu’un manque de quelque chose, le désir nous met en action pour l’obtenir.
  • Désir et attente constituent un cocktail de bien-être à long terme

Allez hop je me lance !

Une carte piochée dans 2 minutes ensemble ! « je choisis un de mes désirs, je pense à ce qu’il dit de mes aspirations et j’identifie une piste pour le concrétiser » 

En 2021, j’arrête de ruminer

Ruminer…

Tout d’abord, arrêtons-nous un moment sur ce mot rumination. Certains la confondent avec procrastination, d’autres avec la tristesse, ou encore avec la nostalgie. Elle est pourtant assez différente et bien spécifique.

Ruminer, pour le psychiatre

Pour le psychiatre Christophe André, ruminer, c’est se focaliser, de manière répétée, circulaire, stérile, sur les causes, les significations et les conséquences de nos problèmes, de notre situation, de notre état. Des pensées obsédantes comme « J’aurais dû dire ça…, Il faudrait que …, je n’arriverai jamais à… » Et le plus sioux dans tout cela, c’est que la rumination avance masquée !

Lorsque l’on rumine, on croit réfléchir.  Mais c’est là qu’est le piège. Car on ne fait que s’embourber et s’abimer dans des pensées intrusives, souvent involontaires et difficiles à contrôler.

L’adjectif « stérile » employé par Christophe André est assez fort. La rumination ne nous fait pas avancer. Au contraire, elle amplifie nos problèmes et nos souffrances. Elle vient réduire notre espace mental disponible pour tout le reste de notre vie (notamment pour les bonnes choses et les instants heureux).

Qu’est ce que ruminer ?

Un exemple. Je passe tellement de temps à ruminer en apprenant que je n’ai pas la chambre que je voudrais dans la maison de ma grand-mère. Cela me fait passer à côté de la joie de Noël et des retrouvailles familiales.

Je passe aussi à côté de tous les gestes d’affection que les autres manifestent à mon égard.  Je m’embourbe dans une bouderie bien visible ou alors parfaitement dissimulée. Je me persuade que, encore une fois, j’ai été mise de côté, que je suis la petite dernière, que personne ne fait attention jamais à moi etc…

Les effets de la rumination

Ensuite, la rumination met en place de mauvais réflexes et de mauvaises habitudes. Elle m’entraine à ressasser les difficultés, au lieu de les résoudre (même de manière imparfaite). Et lorsque la difficulté n’est pas de mon ressort, la rumination m’empêche aussi simplement de la tolérer ou l’accepter.

Ces croyances créent tout un système de pensées de plus en plus épais, formant comme une toile d’araignée, un filtre à travers lequel je vois la réalité. Et dans certains cas, ce filtre bloque carrément ma réflexion. La rumination se caractérise souvent par le fait qu’aucune solution n’est trouvée au problème.

Qu’est ce que ruminer ?

La rumination mâche, mâche et remâche en permanence une pensée souvent négative. Celle-ci bloque la possibilité de digestion, et ensuite d’évacuation. Ce sont autant de petites phrases ou pensées désagréables que j’ai en tête. Je me les répète inconsciemment comme des mantras. « Je ne suis pas à la hauteur » « untel se moque encore de moi » Cela peut être aussi un sentiment de culpabilité( podcast 50) à propos d’un évènement, que l’on ressasse en boucle.

Dans le vocabulaire animal, chez la vache par exemple, la rumination est la première étape d’un processus de digestion dynamique, qui a un début, et une fin ! Chez l’homme, ruminer s’apparente à du sur-place et c’est finalement toxique.

Et c’est un peu un comble, puisqu’au départ, ressasser une idée est souvent un moyen de se préparer et de dépasser quelque chose qui nous fait peur.

Par exemple, je donne une conférence dans 3 jours, certains vont s’entrainer, se préparer et tout va bien se passer. Pour d’autres, cela les stressent, ils ressassent leurs angoisses, ils essaient de se rassurer et se dire qu’ils maitrisent tout. Et rien n’y fait, l’anxiété est tellement forte qu’elle les bloque éternellement à cette étape de préparation.

Et d’ailleurs, une pensée négative, qu’est-ce que c’est ?

Pour la psychanalyste Claude Halmos, ce qui rend une pensée négative, ça n’est pas tant sa formulation, que ce à quoi elle ouvre.

Une pensée devient vraiment négative seulement quand elle n’entraine pas de changement. En effet « certaines pensées, négatives dans leur formulation, ont un effet positif dès lors qu’elles poussent à vouloir changer. »

Ouvrage sur la rumination

Bernard Anselem, médecin expert en neuropsychologie et auteur de l’ouvrage « Je rumine, tu rumines, nous ruminons », (éditions Eyrolles) insiste sur cette caractéristique sous-estimée de la rumination : « Ce sont des pensées négatives qui ne génèrent pas d’action de correction.

On rumine car on n’a pas envie de corriger la situation. Ou alors on pense qu’on ne peut pas la corriger. On revient en boucle sur nos pensées sans agir. » C’est en cela que la rumination est stérile, et toxique. Ce tourbillon de pensées conduit à une « auto-aggravation des émotions ». Le médecin explique aussi comment cela se passe dans le cerveau : « C’est une véritable contagion neuronale. On active un réseau émotionnel de la peur ou de l’anxiété. Celui-ci active d’autres zones du cerveau qui vont elles-mêmes générer des pensées négatives au niveau du cortex. C’est une boucle d’auto-aggravation. »

Mais d’où vient cette propension à se focaliser sur le négatif ?

Ruminer, c’est inné !

A l’origine, et dans une optique de survie, le cerveau est conçu pour traiter en premier les informations négatives. On imagine bien l’intérêt de cette fonction au temps de la préhistoire, lorsque l’homme évoluait dans un univers hostile.

Il est facile de comprendre qu’à l’époque, un chef de tribu se sentait rarement en sécurité. Toujours prêt à contrer un danger imminent. Que ce soit pour nourrir son clan ou pour le protéger des attaques animales.

Aujourd’hui, les supermarchés débordent et nous risquons peu de nous faire attaquer par un lion en sortant de notre caverne ! Cette fonction de veille est gravée dans notre cerveau archaïque.

L’anxiété à l’origine de la rumination

Une personne naturellement anxieuse va sur-utiliser cette fonction et ainsi se focaliser uniquement sur le négatif, par réflexe inconscient.

Prenons l’exemple d’un responsable marketing naturellement anxieux. Il vient de boucler une présentation sensible au boulot et il a passé un temps fou à la préparer. A la fin de sa présentation, il reçoit 90% de commentaires élogieux, et 10% de remarques constructives, questionnant son projet.

Ayant tendance à ruminer, il se bloque sur ces minuscules remarques, les juge négatives. Il se sent critiqué. Il enclenche un cycle de réflexions et de pensées négatives « je ne suis pas apprécié à ma juste valeur » « le produit sur lequel je travaille ne sortira jamais ».

C’est là qu’intervient ce que l’on appelle une distorsion cognitive. Aveuglé par son anxiété, il perçoit l’opinion que ses collègues ont de lui à travers des lunettes déformantes. Quand je suis face à une situation que je ne comprends pas, je peux être tentée d’imaginer les explications manquantes, pour reconstituer le puzzle dans ma tête.

Les conséquences de ce cocktail explosif overthinking + sur-interprétation sont nombreuses.

Ruminer a des conséquences psychologiques

Une invasion de pensées désagréables peut générer une avalanche d’émotions désagréables. De la peur, de la tristesse, beaucoup de frustration souvent. Parfois de la jalousie podcast 77 (je suis jalouse de mon grand-frère justement installé dans la chambre que je convoitais dans la maison de famille). Mais aussi du ressentiment (je nourris beaucoup de colère à l’égard des 2 collègues qui ont questionné ma présentation le mois dernier). Ces mal-être passagers peuvent s’installer à plus long terme et engendrer un vrai repli sur soi. Toutes ces réactions peuvent se manifester de manière très intériorisée (et cela peut être destructeur à l’intérieur) ou bien ouverte et active.

Et celui qui lutte ainsi gaspille son énergie au lieu de la dédier à ce qui compte vraiment pour lui.

Ruminer a des conséquences sociales

L’« overthinking » altère notre lien relationnel.

Bernard Anselem prend l’exemple assez parlant d’une rencontre amoureuse. C’est l’histoire d’un jeune homme qui rencontre pour première fois une jeune femme. En rentrant de ce rendez-vous, il se rend compte qu’il n’a pas du tout assez parlé de lui, il regrette.

 3 scenarios s’offrent à lui :

Soit cet homme a une estime de lui plutôt basse. Et il va tout de suite va repenser à leur conversation, se trouver nul, pas à la hauteur, timide ou trop effacé. Son imagination mouline à fond et il arrive chez lui dépité. Il est persuadé d’avoir raté l’occasion de sa vie ou qu’il ne mérite pas que l’on s’intéresse à lui.

Ou bien cet homme a une estime de lui modérée. Sensible aux ruminations, il s’appuiera aussi sur sa conversation avec cette femme. En fonction des réponses et des signaux qu’elle lui aura données, il aura plus ou moins de raison de ruminer.

Ou alors, confiant et disposant d’une haute estime de soi, troisième scenario, l’homme accepte qu’il n’ait pas pu tout dire. Il apprécie plutôt les échanges qu’ils ont eus.  « S’il y a eu de bonnes affinités, elle me contactera, sinon, j’essaierai avec d’autres personnes, c’est qu’elle n’était pas la bonne ».

Dans ce scenario, l’homme fait preuve de compassion envers lui-même Podcast 39. Il accepte ses émotions négatives et arrête de se créer de l’anxiété sur le futur de la relation. Il devient tout de suite plus libre, et d’ailleurs plus attirant.

Effets sur l’entourage

Et même entre amis, des difficultés relationnelles peuvent survenir. Une petite phrase de travers peut me faire penser que telle personne est dangereuse, ou que mes amis sont faux, que je ne suis pas aimé autant que j’aime.

Rencontrer de nouvelles personnes est plus difficile pour un anxieux, qui aura tendance à être sur ses gardes et à se retirer progressivement de la vie sociale.

Pour certains, cela prend une dimension vraiment grave. Ils  développent parfois une véritable phobie sociale dont les conséquences familiales, amicales, professionnelles peuvent être sévères.

Dans un autre registre, ruminer peut faire grossir !

Marie Thirion, médecin et auteure de Pourquoi j’ai faim ? explique combien la nourriture apaise l’angoisse. Et merci qui ? Merci notre cerveau archaïque, toujours lui, celui qui se base encore sur ce sentiment d’angoisse bien réel des hommes préhistoriques. Ils n’étaient rassurés uniquement que lorsqu’ils avaient réussi à trouver une source de nourriture pour leur tribu.

Ce pédiatre est bien connue aussi auprès de parents qui viennent trouver en elle une coach de choc pour aider les petits bébés à faire leur nuit.

En effet, les petits enfants sont les premiers à se croire rassurés par une bonne tétée au milieu de la nuit alors même qu’ils n’ont pas vraiment faim ! Et en grandissant, nous continuons à associer inconsciemment une plaquette de chocolat à ce réconfort maternel que nous trouvions en étant bébé.

Regard de la spécialiste

En plus, Marie Thirion nous apprend que le cerveau, quand il se retrouve débordé, ne fait plus la distinction entre différentes sources de stress. Résultat, il stocke pour parer à l’éventualité d’une disette : par exemple, une dépense imprévue qui met notre budget mensuel dans le rouge bien trop tôt. Et hop, je grignote compulsivement une autre plaquette de chocolat !!

La faute aussi aux hormones du plaisir, comme l’endorphine ou la dopamine, libérées surtout quand l’on déguste quelque chose de gras et sucré.

Seulement, se consoler en mangeant est un cache-misère temporaire, puisque nous ne remplissons pas notre désir de sécurité profond, mais en fin de compte notre estomac.

Le sommeil est aussi le grand perdant de l’affaire. Comment donc peut-on bien se reposer alors, lorsque nos pensées vagabondent jour et nuit ? Pour beaucoup, la rumination est source d’insomnies chroniques. La nuit, les angoisses prennent plus de place et nous collent au corps. Au petit matin fréquemment, tout nous parait moins complexe. Elles entretiennent elles-mêmes ce cercle vicieux.

D’où viennent ces pensées ruminantes ?

Souvent, les pensées ruminantes viennent de la manière avec laquelle nous avons grandi. Nous avons pu être élevés par des parents un peu pessimistes ou anxieux qui nous ont transmis ce mode de fonctionnement.

Parfois depuis un traumatisme ancien. Je repense à un homme qui a divorcé et traine depuis un sentiment de culpabilité latent. Il se sent jugé en permanence. Dans notre vie professionnelle aussi. Pensons à cette personne qui a vécu une expérience professionnelle douloureuse et s’est sentie dépréciée, jugée et depuis, systématiquement dévalorisée. Chez les ados, un harcèlement scolaire bien dissimulé peut façonner des adultes qui se dévalorisent.

En pratique

La rumination se repère et se combat en mettant en place des parades tournées vers le réel. Parfois un accompagnement peut m’aider à y voir plus clair.

Arrêter de ruminer, première piste :

L’épuisement intérieur dû à la rumination vient du fait que je dépense une grande part de mon énergie vers quelque chose que je ne peux pas contrôler. Et si j’essayais de diriger mon énergie vers ce que je peux contrôler.

Par exemple en essayant de se construire une carte mentale. Cela me permet de distinguer ce que je PEUX contrôler de ce que je ne peux PAS contrôler. Et ainsi lâcher prise podcast 21 sur tous les éléments sur lesquels, de toutes manières, je n’aurai aucune emprise.

C’est ce que propose Catherine Testa, grande spécialiste de l’optimisme.

Elle prend l’exemple de toute cette crise de Covid. Angoisse permanente, restrictions de nos libertés, éloignement de nos familles. Je peux choisir de m’énerver sur le confinement en général, sur la situation économique inconfortable. Je peux ruminer en observant mes voisins faire différemment de moi, sortir sans masque ou organiser de grands diners.

Je peux ressasser ce que les autres disent, comment ils vivent la situation, essayer de savoir ce qu’ils pensent. Ou alors…. au milieu de toutes cette pagaille, je peux faire de l’espace, contenant ce que je PEUX contrôler. C’est à dire utiliser mes mots, assumer mes décisions, accepter l’attitude que j’ai envers mes collègues.

Je peux choisir de rester aimable auprès de la voisine du 3e, même si elle ne respecte pas les règles. Je peux cesser de regarder en boucle l’actualité, souvent anxiogène. Je peux prendre soin des autres et de moi. Je peux choisir de regarder ce qui va bien.

Deuxième piste : Pour savoir si nos réflexions sont des ruminations, nous pouvons nous poser 3 questions :

1) Depuis que je songe à ce problème, est-ce qu’une solution est apparue ?

2) Depuis que je songe à ce problème, est-ce que je me sens mieux ?

3) Depuis que je songe à ce problème, est-ce que j’y vois plus clair ?  Est-ce que j’ai plus de recul ?

Si je peux répondre à ces questions, en toute honnêteté « NON », alors… c’est que je ne suis pas en train de réfléchir, mais de ruminer.

Dans ces cas-là, et c’est là que c’est un peu un comble, la solution ne viendra pas de mon esprit. Vous savez, la nuit, plus l’on se force à penser à autre chose, moins l’on se rendort ! Non, dans ces cas-là, la solution vient de l’action : aller marcher, parler à un proche. Briser le cycle de pensée, s’efforcer de refermer le dossier. Ou du moins, s’engager dans une autre activité pour qu’il n’y ait pas que cela à ma conscience.

Deux facteurs aggravent souvent la rumination : l’immobilité et la solitude.

Deux choses peuvent au contraire l’entraver : le mouvement et le lien. Mais attention à ne pas chercher les autres pour co-ruminer à deux !

Troisième piste : la méditation de pleine conscience.

Accepter que mes ruminations soient présentes à mon esprit mais ne pas les laisser seules. Les accompagner de la conscience de ma respiration, de mon corps, des sons, de la conscience de tout ce que je suis et de tout ce qui m’entoure.

Ruminer pour des enfants

Pour des parents, gérer la rumination d’un enfant prend beaucoup d’énergie parce que bien souvent nous avons peur qu’il soit malheureux. Alors notre réflexe est parfois d’être agacé et de contrebalancer cette négativité en lui montrant tout le positif, ou en l’encourageant à fond.

Une chose est sûre : positiver en retour par réflexe n’a pas de sens si l’on ne comprend pas d’abord ce qui se joue.

Claude Halmos prend l’exemple d’un enfant qui refuse catégoriquement d’apprendre à faire du vélo. Sa maman ne comprenait pas, puisqu’elle passait son temps à l’encourager et le complimenter, depuis toujours. Mais rien à faire. En creusant, il s’est avéré que cette maman arrosait son enfant de compliments car elle-même ne l’avait pas suffisamment été.

Or son fils, à force d’être complimenté, s’était mis à avoir peur de décevoir sa mère à la moindre difficulté. Mieux valait donc ne pas essayer pour être sûr de ne pas décevoir. Ce petit garçon était pris dans un malentendu et il fallait l’aider à en sortir.

En bref

  • Je rumine quand je ressasse un problème, une situation, une erreur de manière obsédante et continue. Je crois réfléchir mais la rumination bloque ma réflexion. Je peux la reconnaitre à ce qu’elle n’entraine pas de changements, ni d’action de correction et devient toxique.
  •  Ruminer me conduit parfois à transformer la réalité ou à la percevoir distordue.
  • Je risque de souffrir physiquement ou de m’isoler psychologiquement et socialement.
  •  Je me pose les bonnes questions pour identifier la rumination. Je suis plus fort qu’elle quand je privilégie le réel et le mouvement pour briser son cycle. Je maintiens un lien avec des personnes en qui j’ai confiance ou un thérapeute pour en identifier l’origine et sortir de ce cycle.
  • La paix intérieure n’est pas l’absence de souffrance ou de problème mais la manière avec laquelle nous les accueillons.
  •  Je peux choisir de diriger mon énergie vers ce que je peux contrôler.

Allez hop je me lance !

Notre carte du jour est tiré de 2 minutes les filles « je choisis l’attitude que j’aurai la prochaine fois que je tournerai un sujet en boucle »

Interview avec Bernard Gerbeau

Passionné d’aviron, Bernard Gerbeau, 71 ans, aime se lancer des défis sportifs. Après avoir participé plusieurs fois au tour du Lac Léman, Bernard a traversé l’océan Atlantique à la rame avec 3 coéquipiers sexagénaires en 39 jours seulement. Bernard a 2 records du monde !  « L’équipage le plus âgé à avoir traversé un océan » et « l’équipage ayant réalisé la plus rapide traversée de l’océan Atlantique à la rame sur ce parcours »

Un homme heureux à tout âge

L’objectif de Bernard Gerbeau est de montrer que les seniors peuvent faire de l’aviron ou tout autre sport. Mais surtout qu’ils peuvent vivre leurs envies, réaliser leurs rêves à partir du moment où ils se préparent. Selon lui, ce n’est pas une question d’âge. A Bulle de Bonheur, vivre ses envies et rêver, c’est aussi notre ADN

Une découverte de l’aviron à 14 ans, une vie de famille bien remplie. Mais aussi une carrière professionnelle prenante éloignent Bernard de l’aviron pendant trente ans. C’est ainsi qu’il décide à l’âge de 52 ans de reprendre l’aviron. Convaincu des bienfaits de l’aviron sur la santé, Bernard entreprend, une fois à la retraite, de concevoir un programme Aviron Santé.

C’est un programme inédit ! A destination des personnes ayant une maladie chronique (diabète, cancer, hypertension…), psychique, un handicap ou qui subissant les effets du vieillissement.

A 66 ans, il retourne sur le banc de l’école pour obtenir son Certificat de Qualification Professionnelle Moniteur Aviron. De plus, il suit la formation Coach Aviron Santé. Enfin, après deux ans de travail et de persévérance, le programme voit le jour. Il devient le plus grand programme Aviron Santé de France. 

Les projets de Bernard Gerbeau

Rien n’arrête Bernard qui fourmille de projets pour rendre les gens heureux. Pour promouvoir son programme santé aviron, il fait entre autre partie du jury de sélection de Rêves de Seniors. En effet, Rêve de seniors est une opération lancée par Silver Alliance, la première alliance d’entreprises du bien vieillir à domicile.

L’objectif de Rêves de Seniors est simple : changer le regard que porte la société sur le vieillissement en permettant à des personnes âgées de 60 ans et plus de réaliser leur rêve. Heureux sont ils !

Et à bulle de bonheur, nous trouvons cette initiative géniale et nous avons envie de vous la partager !

Je reste motivé avec le woop

Etre motivé

Dans notre Bulle de Bonheur #35 « Je pratique la pensée positive », nous vous avions parlé de la puissance de la pensée positive.

L’approche a démontré que dans l’esprit humain, entre imagination et volonté, c’est l’imagination qui l’emporte.

Pour schématiser, l’esprit optimiste récolte du positif. Ou en tous cas est capable de percevoir le positif dans les conditions sur lesquelles il n’a pas le contrôle. Cela influence nos émotions, notre énergie et notre moral et ça nous pousse à réaliser du positif.

A l’inverse, un comportement pessimiste génère le risque d’attirer des choses désagréables ou en tous cas, de les percevoir comme telles. 

Etre motivé pour réussir

Autrement dit : il est plutôt conseillé de s’imaginer réussir que de se préparer à échouer. Le mental influence la réalité. 

Votre projet est de décrocher votre job de rêve ? Etre motivé dépendra plus de votre capacité à vous projeter dans ce poste que de votre volonté.

Travaux sur la motivation

Sur cette base, les chercheurs ont développé le concept de visualisation. C’est un outil efficace de créativité pour se motiver. La visualisation fait appel à tous vos sens pour vous projeter dans le résultat que vous cherchez à atteindre.

Par exemple, si vous souhaitez devenir influenceur. Vous allez vous imaginez recevoir plein de commentaires positifs sur les plateformes d’écoute. Des avis qui reconnaîtront la justesse du ton employé, qui salueront la diversité des sujets.

Vous imaginerez la joie des auditeurs qui se sont mis en action après avoir écouté un podcast.

Je me projette aussi dans la joie de chercher les sujets, de faire des recherches.

Vous allez essayer d’anticiper votre joie et votre fierté, celle de vos proches peut-être aussi.

La visualisation est un excellent outil pour élargir le champ des possibles et envisager la meilleure version de vous-même.

Elle vous apporte une bonne dose de motivation et d’énergie. Et pourtant souvent ça ne suffit pas pour passer à l’action. Comment ça se fait ! 

Changement de regard 

Des tests scientifiques sur la motivation

Gabriele Oettingen, chercheuse et psychologue allemande, s’est justement penchée sur cette contradiction. Spécialiste de la motivation et du changement comportemental, elle a voulu tester scientifiquement l’efficacité de la visualisation à moyen/long terme.

Or, elle a été surprise de tirer des conclusions contre-intuitives.

Par exemple, selon ses études, les femmes qui fantasmaient le plus fort à propos de leur perte de poids et qui semblaient les plus galvanisées sont celles qui ont perdu le moins de kilos.

Autre domaine, celui des études et de la transition vers le monde du travail. Les étudiants qui rêvaient le plus de grandeur et de réaliser leurs ambitions sont ceux qui ont envoyé le moins de CVs et qui ont décroché les jobs les moins bien rémunérés.

Très éclairant également. Dans le domaine médical, sur une population de patients ayant vécu une opération de remplacement de la hanche. Eh bien, plus les patients s’imaginaient récupérer rapidement, moins c’était le cas. En fait, 2 semaines après l’opération, ils étaient capables de faire moins de pas que les autres patients.

En conclusion, la visualisation seule a des limites et serait contre-productive.

Dans son livre Rethinking positive thinking, Gabriele Oettingen démontre que la visualisation détend les sujets mais ne les motive pas à passer à l’action.

Voilà pourquoi les obstacles nous déstabilisent et on ne parvient pas à rester motivé.

Au contraire, anticiper les obstacles est utile à l’atteinte de nos objectifs ! La visualisation combinée à un bon sens des réalités est le bon cocktail pour réaliser ses projets. C’est ce que Gabriele Oettingen appelle le contraste mental. 

Le contraste mental

Par exemple. Je rêve de faire des travaux dans ma maison. Changer la salle de bain, refaire la cuisine. Je me dis ça serait tellement bien. Quel est le résultat ? Vous vous sentez bien en y pensant. Avec la visualisation, le cerveau se leurre en pensant qu’il a atteint l’objectif et ne lance aucune action.

En vérité, vous n’avez rien fait parce que vous avez négligé le fait que ce soit difficile de faire des travaux. Peut-être vous aurez besoin de trouver des artisans, de faire des devis, de coordonner des corps de métier et vous n’y pensez pas.

A contrario, si vous pensez à tous les obstacles, la saleté, les mois de travaux, les recherches, la gestion de l’inattendu, le budget… Vous vous attardez seulement sur la difficulté, alors vous ne ferez rien non plus ! 

Par contre, prenez le temps de penser aux deux. C’est-à-dire, ressentir comment la nouvelle salle de bain changerait votre quotidien. Votre nouvelle cuisine vous donnera envie de mitonner de bons petits plats et conjointement, vous réfléchissez aussi aux obstacles, le budget, le temps que ça va prendre… Alors vous aurez visualisé les deux choses dont vous avez besoin pour réussir. Et c’est ça le contraste mental. 

Motivé(e) avec la méthode WHOOP

C’est sur la base de ces constats que la chercheuse a développé la méthode WOOP.

WOOP est un acronyme anglais pour Wish – le souhait, Outcome – le résultat, Obstacle – les obstacles, Plan – le plan d’actions. Elle s’appuie sur 4 principes majeurs :

  •       Etablir des objectifs les plus spécifiques possible
  •       Se projeter dans le résultat
  •       Injecter une bonne dose de réalité en envisageant les obstacles qui vont se présenter
  •       Définir un plan d’actions pour affronter chaque obstacle

Ces principes sont la clef du changement comportemental qui va nous aider à rester motivé.

En pratique, comment faire ?

Choisissez un moment où vous êtes tranquille et détendu. Éliminez au maximum les distractions autour de vous et centrez-vous sur vous-même.

D’abord, vous allez réfléchir à votre souhait – le W de WISH. Vous pouvez vous aider de la Bulle de Bonheur #19 « Je fais des projets », de la # 24 « Je reconnais mes talents » ou de la #57 « Je sors de ma zone de confort ».

Ensuite, vous allez définir votre objectif le plus précisément possible. Il doit représenter un défi tout en restant réalisable.

Attention aux représentations et projections qui viennent de l’extérieur.

Ne choisissez pas en fonction des autres, plutôt pour vous-mêmes. Mais si vous avez de la difficulté à vous affranchir du regard extérieur, vous pouvez réécouter notre Bulle de bonheur #67 « Je me positionne par rapport aux autres » ou  la numéro 29 « Je dépasse mes croyances ».

Motivé, par exemple

Si votre souhait est d’être plus présent pour vos parents qui ont besoin d’aide. Vous allez définir précisément comment vous souhaitez le faire. Vous souhaitez être attentif et à l’écoute de leurs besoins.

Donc vous allez les appeler ou les texter deux fois par semaine. Vous passerez les voir toutes les semaines, même juste un petit coucou rapide.

Puis, vous allez prendre contact avec leurs voisins proches et leurs médecins pour être informés rapidement s’ils ont besoin d’une aide supplémentaire. Et vous allez peut-être leur proposer de leur trouver une aide-ménagère pour les soulager davantage et leur permettre de se reposer.

Motivé par le résultat

Puis visualisez le résultat – c’est le O de OUTCOME. Quand saurez-vous que l’objectif est atteint ? Mobilisez tous vos sens pour imaginer au mieux comment cela se manifestera.

Si vous souhaitez lancer une entreprise ou un projet associatif, imaginez le lancement de votre premier produit ou votre premier événement.

Pensez à la satisfaction de vos clients, à la joie de ceux que vous aurez aidés, aux articles de médias qui parleront de votre initiative, aux questions et aux félicitations de votre entourage.

Sentez la joie et la fierté vous envahir le cœur, concentrez-vous sur l’énergie qui se déverse dans vos muscles.

Troisième étape

Ensuite, passons à l’étape la moins agréable et la plus cruciale pour le succès de votre entreprise. Réfléchissez aux obstacles qui vont se dresser entre vous et votre objectif, le deuxième O pour OBSTACLES.

Essayez d’être exhaustif et d’envisager tous les scénarios possibles.

Par exemple, si je souhaite apprendre une nouvelle langue, je vais probablement faire face à la perplexité de mon entourage : « pourquoi faire ? Est-ce que c’est vraiment utile ? ». Je vais aussi devoir trouver un moment régulier pour apprendre du vocabulaire et de la grammaire avec un manuel.

Je vais devoir me poser la question de la pratique à l’oral, de comment vérifier mes connaissances et suivre mes progrès. Je vais faire face à de multiples sources de distractions : mon téléphone, internet, l’envie ou la nécessité de faire autre chose au moment où j’avais prévu de travailler.

Enfin, surmonter les obstacles

Et pour terminer, vous allez bâtir un plan pour surmonter chaque obstacle, le P de PLAN.

Gabrielle Oettingen appelle ça le « If…then… » – « si…alors je… ». Cela peut passer par des pensées, des réflexes de méditation ou de respiration, des phrases, des actions…

Exemple

Par exemple, si vous souhaitez faire un régime, plusieurs obstacles peuvent se présenter.

Avec le télétravail, vous allez avoir plus d’occasions de grignoter. Plutôt que de vous mettre la barre trop haut et vous interdire toute nourriture hors de vos 3 repas quotidiens, vous pouvez supprimer les mauvais snacks. Au contraire vous vous préparez un stock d’encas savoureux et bons pour la santé.

Vous pouvez demander à votre conjoint de faire les courses à votre place en respectant scrupuleusement la liste que vous aurez faite. Vous pouvez aussi vous autoriser une seule pause collation dans la matinée et dans l’après-midi.

Vous pouvez adopter un réflexe physique que vous attachez au résultat que vous voulez atteindre.

Par exemple, vous croisez discrètement les doigts ou cognez vos talons deux fois et hop, l’image de votre bien-être en maillot de bain vous revient.

Vous pouvez aussi préparer un petit speech. Vous pouvez enfin décliner les propositions de repas et apéros avec des amis (pas difficile pendant le confinement) et proposer plutôt des promenades.

L’efficacité de la méthode WOOP

La méthode WOOP a démontré son efficacité car elle apporte des bienfaits à long terme.

  •       Cibler clairement ses envies et éviter de se disperser. La méthode WOOP permet de trier nos désirs en les mettant à l’épreuve de la réalité. Cette étape nous permet de différencier les envies irréalisables des objectifs atteignables. Ainsi, nous sélectionnons naturellement des buts réalistes.
  •       C’est justement en sélectionnant des buts réalistes que nous sécurisons notre motivation à moyen long terme. Rester motivé en se nourrissant de nos succès passés ou de ceux que l’on imagine. Avec WOOP, nous plaçons la barre au bon endroit : à la fois nous nous mettons au défi et nous gardons les pieds sur terre.
  •       En préparant un plan pour gérer les difficultés qui vont se présenter, la méthode WOOP apporte un sentiment de contrôle sur les événements. Nous courrons moins le risque d’être surpris et ébranlés par un obstacle puisque nous y avons pensé et nous avons un plan en tête.
  •       Enfin, elle génère un changement de comportement. C’est le prérequis au changement de long terme. Avec WOOP, nous faisons plus qu’atteindre un objectif ponctuel, nous gagnons des ressources pour nous mettre en action en vue d’autres projets, d’autres développements de notre personnalité.

En bref 

  •       Nous ne sommes pas motivés de façon linéaire et la motivation a tendance à baisser avec le temps et la mise à l’épreuve de la réalité
  •       Visualiser le résultat de nos efforts nourrit notre créativité et notre envie de réaliser nos projets
  •       La méthode WOOP confronte nos projets avec la réalité pour nous maintenir motivés et en action
  •       Le WOOP nous aide à accomplir nos rêves et à adopter des changements comportementaux profonds et long terme

A vous de jouer !

2 minutes pour repenser à un de vos projets et vous demander quels obstacles vous avez rencontrés et comment vous pourriez y remédier ! 

Je fais l’éloge de la vieillesse

Qu’est-ce que la vieillesse ? 

Aborder la vieillesse soulève nécessairement la question de sa définition. Le passage au statut de personne âgée est un processus étalé dans le temps. Il n’arrive donc pas du jour au lendemain.

La vieillesse est un cheminement naturel dans notre vie, à l’origine de changements physiques et psychologiques. Elle est en revanche appréciée et jugée de façon très variable selon nos cultures, les normes sociales. Mais aussi également le regard individuel que chacun porte sur ce moment de vie.

regardons du côté de nos sociétés occidentales, et particulièrement les sociétés industrielles ou post industrielles. Il est impossible de séparer la vieillesse du travail. Ces sociétés ont en effet la particularité d’associer les personnes âgées aux retraités, soit des personnes inactives et dépendantes. 

Un début de vieillesse ?

A partir de quand est-on vieux alors ? Les Nations-Unies définissent les personnes âgées comme l’ensemble des hommes et des femmes qui ont atteint ou dépassé l’âge de 60 ans. On distingue les personnes du troisième âge dont l’âge est compris entre 60 et 79 ans. Il y a aussi des personnes du quatrième âge qui ont atteint ou dépassé 80 ans. Certains parlent même d’un 5e âge ! 

Mais en réalité, sur le terrain, la réponse à la question « à partir de quand on est vieux ? » n’est pas aussi limpide.

Ainsi, elle varie selon l’âge des personnes qui répondent à cette  question. Pour les 35-49 ans par exemple, on devient âgé à 66 ans, alors que pour les plus de 60 ans, ce n’est pas avant 76 ans !

Le regard sur la vieillesse

Un autre facteur de différence, que nous avons déjà évoqué, est le regard subjectif de la personne. Beaucoup de retraités ne se considèrent pas comme « vieux ». Et au regard de l’allongement de l’espérance de vie, on peut comprendre pourquoi !

Il se crée donc un décalage entre l’âge biologique et la perception individuelle du vieillissement.

S’ajoute à cela le regard de la société, qui apporte un peu plus de confusion. En effet, en France, à la différence du Québec, les actifs sont considérés ‘’trop vieux’’ dès 50 ans par les entreprises. Et en même temps, on parle des jeunes retraités !

Importance des normes sociales

En parlant du regard de la société, nous devons aussi évoquer les normes sociales. Elles jouent un rôle très important sur la perception que nous pouvons avoir de la vieillesse.

Règles informelles comme celle de ne pas demander l’âge (sauf pour les enfants), métaphores associées à la vieillesse (l’automne de la vie, le couchant, le soir, la fin de parcours, le bout du rouleau). Ou bien encore états accolés à cette période (maladie, perte de mémoire, sénilité, dépendance, inutilité… ).

Un sondage effectué auprès d’étudiants à propos de la vieillesse est éclairant. Les mots clés qu’ils citent en premier en rapport avec la personne âgée sont « malade » ou ses corollaires « dépendant, handicapé, invalide, gâteux, impotent, dément…». Puis vient le terme « solitaire» parfois relié à « mort ». Sont également mentionnées sa fatigue, sa faiblesse, sa fragilité, son incapacité à s’adapter au changement… 

Bref, autant d’images qui dressent un portrait peu flatteur et peu enviable de la chose ! 

Il faut rester jeune !

Parmi les normes sociales, il faut enfin mentionner la véritable injonction de notre société à être jeune et à le rester.

Ce diktat a d’ailleurs donné lieu à l’apparition du néologisme «jeunisme». Il parle de cette tendance à donner la primauté aux jeunes et à ce qui les caractérise.

Comme le dit Laure Adler, c’est comme s’il était « obscène » de prendre de l’âge.

Ce jeunisme est lui même à l’origine d’une nouvelle forme de discrimination, l’âgisme. Il consiste à attribuer des stéréotypes négatifs à la vieillesse et à en ignorer les besoins réels.

L’âgisme est une forme d’hétérophobie à l’égard des plus âgés, puisqu’il souligne les différences dues à l’âge. Il stigmatise et marque la perte de ce qui a été. Activité économique, dynamisme, capacités sensorielles, motrices, mentales, etc…

La vieillesse dévalorisée

Comment la vieillesse peut trouver sa place dans une société qui dévalorise les vieux au profit des jeunes ? Et qui promeut sans cesse la jeunesse à travers la cosmétique, la chirurgie esthétique mais aussi le cinéma, la publicité ?

Si cette réalité peut inquiéter, nous pouvons aussi la nuancer au regard de la crise sanitaire que nous traversons. Celle-ci a mis en lumière les manques de nos sociétés à l’égard de nos aînés. Et en même temps un mouvement de la jeunesse qui s’est amorcé pour prendre soin de ces personnes.

Et si je portais un regard différent sur la vieillesse ? 

Le 30 septembre dernier, la grande librairie abordait le thème de la vieillesse sous ce joli titre : « vivre, se souvenir, transmettre … et vieillir ».

Amenés à définir le mot vieillir, Laure Adler et Philippe Labro y ont associé les verbes mûrir, avancer dans la vie, assumer son âge. Et Laure Adler de préciser : « une vie c’est un parcours », « c’est un voyage ». 

Une différence de point de vue

Lors de cet échange, il était notamment intéressant de noter que le regard de l’homme sur la vieillesse peut différer de celui de la femme. en effet, celle-ci accepte souvent plus difficilement de vieillir, comme l’illustre Simone Signoret en disant : « les hommes mûrissent, moi je vieillis ».

Cela renvoie à ce que nous disions précédemment. Les effets de la vieillesse et le rapport avec celle-ci ne sont pas vécus de la même façon selon les personnes. Ainsi Marguerite Duras disait : « j’ai 18 ans et je suis déjà très vieille ».

Les effets de la vieillesse…

Tout le monde vit des changements en avançant dans la vie. Changements physiques et cognitifs, diminution des activités mais aussi de l’espace physique où se déplacer, perte d’indépendance… 

Pour certains, ces changements sont perçus comme une fatalité, souvent associée à un sentiment d’inutilité et de fardeau. Ce regard sur leur état fragilise leur estime et leur dignité.

Pour d’autres, la vieillesse représente l’expérience, la sagesse et la volonté de vouloir transmettre son histoire à travers ses joies mais aussi ses blessures.

Vieillir signifie alors avoir vécu. C’est tout simplement la consécration d’une vie, comme les multiples rides du visage qui traduisent les marques de la vie. Des rides frontales, signes des soucis et de réflexion, aux rides des yeux révélatrices de sourires et de rires. Vieillir signifie avoir appris, de ses réussites et des ses erreurs.

Le peuple des invisibles

A l’instar de Laure Adler, nous vous proposons de mettre en lumière cet âge de la vie. Et notamment cet ensemble de personnes qu’elle nomme « le peuple des invisibles ».

Pour la journaliste et auteure, la société ne met pas en valeur ces personnes. Elles sont pourtant souvent extrêmement actives, notamment dans le bénévolat et dans l’aide familiale. Et si riches d’expériences à transmettre. Elle propose ainsi  de passer « d’une société de la consommation à une société de la transmission ».

Regardons la réalité 

Contrairement aux représentations sociales courantes, de nombreuses enquêtes montrent que les séniors profitent sereinement de leur vie.

Il n’y a pas d’âge pour être heureux !

Une étude de The Economist affirme même que 70 ans serait l’âge où l’on se sent le plus heureux !

Les conditions de vie aujourd’hui sont plus confortables. Elles permettent souvent d’élaborer des nouveaux projets. Et grâce aux loisirs, aux voyages et aux évolutions des moyens de communication et des réseaux sociaux, la vieillesse peut être une période de vie vraiment active et connectée. La tendance actuelle de prendre soin de soi touche par ailleurs cette tranche de vie.

Les conseils en alimentation saine et équilibrée, l’offre de multiples activités physiques ou sociales sans oublier bien entendu tout le pan de la cosmétique anti-âge offrent un environnement bénéfique. Celui-ci permet de continuer à mener une vie animée et se maintenir en autonomie.

Les avantages de la vieillesse

Il est d’ailleurs intéressant de constater que dernièrement, des témoignages autour des avantages de la vieillesse apparaissent. Et ce, à travers des livres, des interviews, des podcasts mais aussi des enquêtes sociologiques.

Pensons par exemple au livre de Perla Servan Schreiber « Les promesses de l’âge » ou encore celui de Laure Adler « la voyageuse de nuit ». Ou bien encore Rêve de Seniors, une initiative portée par Silver Alliance qui permet au seniors de réaliser leur rêve. Comme un saut en parachute ou monter dans une grue de chantier.

Nous pouvons aussi penser à Gisèle Halimi, avocate franco-tunisienne morte cet été à 93 ans. Elle a été active jusqu’au bout de sa vie, notamment dans sa lutte contre les inégalités hommes-femmes.

Toutes ces initiatives font rimer vieillesse avec maturité et liberté. 

Le rôle des conditions sociales

Comme le rappelle Laure Adler, il est important toutefois de relever le rôle des conditions sociales. Il peut être plus facile d’envisager une vieillesse pleine de promesses quand on est privilégié.

Et bien sûr, la réalité physique, c’est-à-dire le degré d’autonomie, doit être prise en compte.

Acceptons les changements 

Comme nous l’avons dit, la réalité est indéniable. Vivre les changements liés à l’âge, c’est tout d’abord faire face au vieillissement du corps. Mais aussi aux rides qui sillonnent le visage, à la peau qui se relâche, au blanchiment capillaire et pileux, à la perte de cheveux….

Ces transformations corporelles vont souvent aussi de pair avec un changement de vie.

Une nouvelle vie

Le début de la retraite marque pour beaucoup une perte de repères, une rupture de rythme, notamment avec l’arrêt des activités professionnelles.

Ce cap peut être difficile à franchir.  De multiples ressentis peuvent cohabiter. L’impression de devenir un poids pour la société, d’être inutile, de vivre un sentiment de solitude.

Pour certains couples, ce sera aussi une désagréable impression d’enfermement. Voire même d’étouffement, dans une cohabitation 24 heures sur 24 avec l’autre.

Ces changements provoquent un déséquilibre dans la situation, encore plus difficile à vivre s’il n’a pas été appréhendé.

Ils engendrent  également des difficultés psychologiques qui peuvent aboutir à un état plus ou moins dépressif. 

La vieillesse, une nouvelle jeunesse !

A l’opposé, comme nous le disions en introduction, d’autres vivent cette période de changement comme un véritable souffle régénérateur.

Ils y trouvent une nouvelle liberté, deviennent plus actifs, tissent un réseau social important autour d’eux. Comme s’ils découvraient une nouvelle jeunesse.

Sans parler de maladie ou de handicap, il est évident que le corps de 70 ans n’est plus le même que celui de 30 ans !

Regarder la réalité, c’est donc aussi s’accepter comme on est, avec nos limites et nos fragilités… Mais n’est-ce pas là une sagesse à adopter à chaque âge ? Comme à toutes les étapes de la vie, des portes se ferment et d’autres s’ouvrent !

Valorisons la différence des âges 

Accepter son âge, c’est également accepter de vieillir. C’est accepter de se diriger vers la fin de vie, c’est donc accepter la mort.

Or dans une société où la mort est sans cesse repoussée et où elle reste un sujet encore tabou, cela peut rendre cette étape bien difficile

Inspirons-nous pour nous aider de Jacques Brel qui disait : « Le but de la vie, c’est de vieillir… C‘est d’être un formidable vieillard… C’est mille fois plus fort que 20 gus de 20 ans !!! »

S’accepter

Enfin, accepter la différence d’âge est loin d’être une opposition. Ce n’est pas le corps vieux opposé au corps jeune ou encore le dépendant par rapport à l’autonome.

Cela ne doit pas conduire à une ségrégation des âges. Celle-ci engendre la méconnaissance entre les générations et crée des stéréotypes. 

La richesse de la différence

La différence des âges est une expérience qui se partage dans les relations. Les relations entre pairs mais surtout les relations intergénérationnelles.

En effet, privilégier des espaces-temps de rencontre entre les différentes générations permet de se rappeler que l’existence n’est pas linéaire. Chacun peut s’apporter et apprendre l’un de l’autre. Ceci dans un mouvement de construction et de déconstruction qui évite de figer les âges.

Il est par conséquent nécessaire de valoriser la transmission des connaissances et de l’expérience. C’est ce que nous proposons avec 2 minutes ensemble !

 

Regarder autrement la beauté du corps 

La vieillesse dans l’Histoire

Nous avons parlé de l’injonction sociale à rester jeune. Cette injonction prend souvent place dans les sociétés ayant le culte de la beauté corporelle. Elles sont de ce fait portées à déprécier la vieillesse.

Cela ne date pas cependant d’aujourd’hui ! Ainsi Euripe écrit « L’âge triste et qui tue, la vieillesse, a une haine ».Quant à Sophocle, il parle de la « vieillesse odieuse qui rassemble en elle tous les maux ».

La Renaissance a le même regard négatif. Ronsard ou du Bellay maudissent la vieillesse « répugnante et honteuse ».

Quant à nos sociétés contemporaines, nous l’évoquions en début de podcast, l’âgisme y a fait son apparition. On constate un processus d’exclusion de plus en en plus prégnant à l’égard du groupe vieillissant.

Pourquoi reparler de l’âgisme ici ? Parce que l’âgisme, comme d’autres formes de discriminations (le racisme par exemple) établit une correspondance entre le physique et le moral. « Un vieux, c’est ridé, ratatiné ; il a perdu non seulement ses dents et ses cheveux, mais aussi ses capacités à agir ».

Une description qui vous paraît peut-être exagérée mais qui montre bien qu’en se fiant aux seules apparences, nous passons à côté de la personne. 

Le regard de la société

 D’ailleurs ce regard sur le corps peut être mis en lien avec le regard que la société porte sur les relations physiques des personnes âgées.

Dans l’intimité

Là encore, la société semble nous dire que pour séduire il faut être jeune, beau et en bonne santé. Le senior encode donc que pour être sexuellement épanoui, il doit continuer à plaire, à séduire et à jouir obligatoirement comme s’il était resté jeune.

Paradoxalement, l’intimité après 60 ans reste souvent secrète, voire même tabou. Dans ce domaine encore, l’expérience sera en lien avec la façon d’appréhender la vieillesse.

Si elle déprime ou si elle ouvre une seconde jeunesse, la vie sexuelle pourra s’atrophier ou se renouveler. 

A l’image de nos relations, de notre environnement, il est essentiel de savoir s’adapter à ce que nous avons entre les mains.

Bien entendu, ce changement des corps est un changement qui n’a pas été choisi. Mais ce n’est pas pour autant qu’il doit être subi. Tout changement peut présenter une opportunité d’apprentissage, de réajustement voire de renouveau.

La montée en âge peut donc offrir l’occasion d’une sexualité différente, plus sereine. Vécue comme une forme de sagesse (le sage qui a de l’expérience et le recul sur la vie).

La sexualité est inévitablement différente aussi parce que les besoins et les envies évoluent.

Chaque senior a besoin de se mettre en route pour découvrir des dimensions insoupçonnées de la sexualité. Et ainsi comprendre que l’important est de désapprendre pour s’adapter, et oui, même dans ce domaine ! 

Les richesses de la vieillesse

Dernier point, il est important de souligner le travail incroyable de tous ceux qui s’ investissent auprès des seniors.

Un changement de regard sur la vieillesse permettrait également de modifier le regard sur tous les aidants familiaux.Mais aussi sur les aides soignants et le personnel de façon générale qui travaille auprès de ce public.

Au lieu de leur dire « je ne sais pas comment tu fais pour travailler avec des vieux », « il paraît que ça sent super mauvais », « ils sont tous complètement gâteux, non ? »… Nous pourrions tous individuellement contribuer à revaloriser leur travail en les remerciant et en les gratifiant.

Nous serons tous vieux un jour. La manière dont nous traitons nos aînés sera la manière dont nous serons traités.

Montrons l’exemple en accompagnant ces personnes sur leur dernier bout de leur chemin de vie dans la dignité. Et souhaitons qu’à notre tour, nous ayons la chance de vivre nos dernières années dans cette dignité à laquelle tout homme a droit. 

En bref 

  • La vieillesse est un cheminement naturel de notre vie. Elle est à l’origine de changements physiques et psychologiques. 
  • La vieillesse est appréciée et jugée de façon très variable. Une fatalité qui nous domine ou une nouvelle jeunesse !
  • Vieillir offre aussi de nouvelles opportunités à découvrir

Ce changement de regard est individuel mais également social. Contribuons, nous aussi, à ce que ce « peuple des invisibles » fasse l’objet d’autant de lumière que la jeunesse. 

A vous de jouer ! 

2 minutes pour penser à la façon dont vous envisagez la vieillesse (regard sur la votre à venir ou sur celle qui vous entoure).

Choisissez ensuite de changer votre regard (s’il est négatif) ou de le conforter (s’il est positif) en appliquant un des outils proposés. Pensez à ce que vous pourriez transmettre ou ce que vous pourriez encore apprendre d’un de vos aînés ! Et planifiez une partie du jeu 2 minutes ensemble !

Je créé du lien social

Le lien social sous un oeil scientifique

Robert Waldinger, psychiatre à Harvard, est le quatrième directeur de l’étude la plus longue qui existe sur le développement humain.

A partir de 1983, les scientifiques ont observé la vie de deux populations distinctes.

Ainsi, un groupe de 268 étudiants de Harvard – promo 39 à 44 et un groupe de 456 hommes qui ont grandi dans les quartiers défavorisés de Boston.

Pour la petite anecdote, le président John F. Kennedy faisait partie des cobayes.

Au début de l’étude, 80% des sondés affirmaient que l’argent était ce qui les rendrait heureux. Et 50% pensaient que le fait d’être connu serait le déterminant majeur de leur bien-être futur.

Depuis plus de 70 ans, ces hommes sont interrogés tous les deux ans pour évaluer leur santé et leur bien-être psychologique.

Les scientifiques étudient leur condition physique, leur carrière, leurs succès et leurs échecs, leurs situations conjugales et familiales, leurs amitiés, leurs projets…

Conclusion de l’étude

La conclusion de cette étude est révolutionnaire. 

De fait, elle a produit une révélation inattendue.

Ni l’argent ni le succès ne font le bonheur, ce sont les relations de qualité qui nous rendent heureux.

Plus spécifiquement, le niveau de joie que nous apportent nos relations influence directement notre santé physique et psychologique.

Exemple

Par exemple, vous avez pu noter comme vous vous sentez mieux lorsque vous ouvrez votre cœur à un proche qui vous prête une oreille bienveillante.

Ainsi, vous constatez peut-être que vos grands-parents semblent rajeunir lorsque vous leur rendez visite.

Ou bien avez-vous déjà entouré un malade de longue durée ou un patient qui se lance dans une longue convalescence.

Que lui recommande-t-on avant même de lui indiquer son traitement ? De bien s’entourer.

Et pour finir, pensez aux études qui ont démontré que les nourrissons qui reçoivent de l’amour et de la tendresse grandissent normalement tandis que les bébés isolés courent le risque de dépérir.

Histoire du lien social

Depuis Aristote qui désignait l’homme comme un « animal humain » jusqu’aux psychologues modernes, tout le monde s’accorde sur l’importance des relations interpersonnelles.

Maslow dont nous vous avons parlé dans notre Bulle de Bonheur #12 « J’identifie mes besoins » l’a inclut dans sa hiérarchie des besoins.

Il y a aussi Bowlby dont nous vous parlerons prochainement. Il souligne combien les relations qu’un enfant entretient avec ses parents dans sa petite enfance influencent ses relations aux autres à l’avenir.

Enfin, Martin Seligman, père fondateur de la psychologie positive en a fait un des 5 éléments de son modèle de bien-être durable.

Nous vous en avions parlé dans notre Bulle de Bonheur #70 « Je suis la priorité N°1 ».

Lien social et relations

Mais de quelles relations parlons-nous ? Faut-il multiplier les amis Facebook ? Construire à tous prix une famille nombreuse ? Développer un réseau vaste dans notre entreprise ? Copiner avec les voisins ?

Est-ce une question de volume ou de qualité ? Un peu du premier et beaucoup du deuxième.

La vérité sur le bonheur

Plus particulièrement, les nombreuses études sur le sujet nous permettent de considérer plusieurs variables à l’origine du bonheur.

Ainsi, il y a le nombre d’amis, les activités de loisirs en groupe, le bénévolat et les missions de service. Mais aussi l’ouverture et l’attention aux autres, le soutien social et émotionnel et les comportements altruistes.

Effectivement, nous cherchons des relations saines et étroites.

D’ailleurs, le mot le plus souvent utilisé pour les désigner est significatif,  comme « qui fait ou qui apporte du sens ».

Je pense notamment à ma belle-sœur qui est tout à fait différente de moi et est avant tout la petite sœur de mon mari.

Dès le début, elle m’a toujours écoutée avec beaucoup d’attention et de douceur, moi qui suis sanguine et monte rapidement dans les tours.

Je sens que je ne vais pas être jugée et qu’elle va toujours enrichir ma vision des choses.

Elle est devenue un point d’ancrage très fort dans ma vie et m’aide à grandir (elle qui a 5 ans de moins que moi).

Autre exemple de lien social

Je pense aussi à cette grand-mère de 85 ans, seule, qui reçoit la visite d’un bénévole chaque semaine, ils jouent à 2 minutes ensemble !

Vraiment, ces moments partagés sont une source de bonheur qui la tiennent jusqu’à la visite suivante.

Comment construire du lien social  ?

Construire du lien social est un comportement naturel et pourtant assez mystique. Il se nourrit d’émotions multiples.

Les émotions apportées par le lien social :

L’amour

Aujourd’hui, nous voudrions nous arrêter sur 3 en particulier:

  •       La première : L’amour. L’amour n’est pas qu’une affaire de couple ou de rapport filial.

Pour l’illustrer, Barbara Lee Fredrickson, chercheuse Américaine spécialisée en psychologie positive, le résume ainsi en 2013. «L’amour consiste en l’arrivée momentanée de trois événements entrecroisés : le premier, le partage d’une ou plusieurs émotions positives entre vous et quelqu’un d’autre. Le second, une synchronisation de la biochimie et des comportements entre vous et l’autre personne. Le troisième, la motivation en chacun pour investir dans le bien-être de l’autre qui fait naître une bienveillance mutuelle ».

C’est donc une «résonance positive » entre deux personnes.

En effet, elle passe par des émotions, une synchronisation comportementale et un souci profond de soutenir le bonheur de l’autre.

Pensez aux magnifiques mots de Montaigne : « Si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut exprimer, qu’en répondant : « Parce que c’était lui ; parce que c’était moi. » » Aimer est un acte naturel qui relève de notre instinct. C’est ce qui en fait un acte à la fois banal et mystérieux.

L’empathie

  •       La deuxième dont j’aimerais vous parler c’est l’empathie.

L’empathie est une réaction émotive tournée vers l’autre.

C’est lorsque nous percevons l’état d’autrui et que nous développons la capacité à nous mettre à sa place et à nous projeter dans ce qu’il vit.

Cela suppose de déplacer son référentiel ou son univers pour s’inviter dans celui de l’autre. Cela inclut de la gentillesse, de la bienveillance et de la tendresse, parmi d’autres.

De plus, l’empathie est un ingrédient fort pour entretenir de belles relations.

Rogers, psychologue humaniste américain, le résume ainsi. « Percevoir de manière empathique, c’est percevoir le monde subjectif d’autrui « comme si » on était cette personne – sans jamais oublier le « comme si » ».

Par exemple, l’empathie est utile pour sécuriser et renforcer nos liens avec un adolescent. Dans tous les bouleversements qu’ils vivent, les comportements des adolescents peuvent être difficiles à saisir et à accueillir.

C’est aussi vivre une bulle de bonheur avec un malade, une personne en fin de vie. C’est grâce à l’empathie que nous sommes capables de nous déplacer dans leur univers pour essayer de les comprendre et maintenir le lien social.

L’empathie nous permet d’éviter de les juger à l’aune de nos propres réflexes et de générer des conflits.

La compassion

  •       Enfin, la compassion.

Compatir pour quelqu’un d’autre c’est avant tout prendre conscience de sa souffrance.

Cela passe par le fait de sentir que la source de souffrance est sérieuse et de s’identifier à la personne qui souffre.

La compassion est au cœur de notre nature humaine. C’est un garde-fou, un garant de notre sens moral car c’est notamment grâce à notre instinct de compassion que nous ne souhaitons pas faire souffrir les autres. 

Par exemple, c’est la compassion qui nous permet d’être présents auprès de nos parents qui souffrent de l’isolement et de la solitude. Alors que nous aurions tant d’autres choses à faire…

Soigner la qualité de ses relations a des conséquences sur notre bien-être

Soigner la qualité de nos relations aux autres a de multiples conséquences sur notre bien-être.

Conséquences biologiques

  •       D’abord, sur le plan biologique, la proximité sociale a les mêmes effets sur le corps que la proximité physique d’un câlin par exemple. Elle nous fait sécréter de l’ocytocine, aussi appelée hormone du bonheur.

Le simple fait de sourire, par exemple, génère des signaux positifs très forts pour notre organisme. Ces signes sont captés par le nerf le plus long et le plus complet du corps humain : le nerf vague.

Le nerf vague lie le cerveau avec plusieurs organes clefs de notre corps comme le cœur, l’intestin, l’estomac et les poumons.

Lorsque nous libérons de l’ocytocine, le nerf vague enregistre que tout va bien et diffuse ce message aux organes auxquels il est connecté.

Autrement dit, entretenir de bonnes relations libère des hormones qui stimulent le nerf en charge du fonctionnement apaisé de notre corps.

Donc, il y a  un cycle positif entre la qualité de nos liens sociaux et notre bien-être physique.

D’ailleurs, à l’inverse, il arrive que lorsque nous sommes en conflit ou peinés par quelqu’un qui compte pour nous, nous le ressentons physiquement. Nous avons des maux de ventre, nous sentons une perte d’énergie ou même parfois le souffle plus court.

Conséquences psychologiques

  •       Sur un plan psychologique, parmi les bienfaits qu’apporte le lien social, je voudrais d’abord vous parler de la capitalisation.

Il existe un joli proverbe anglais qui dit que « Une joie partagée est une double joie, une peine partagée est une demi peine ».

En effet, le fait de raconter un événement positif à quelqu’un d’autre permet d’en retirer un bénéfice supplémentaire.

Si l’autre a une réaction appropriée, empathique, alors nous allons nous sentir valorisés et reconnus. Cela décuple notre  joie qui est si importante pour notre bien-être.

Rappelez-vous, nous vous en avons parlé dans notre Bulle de Bonheur #9 «Je cultive la joie ».

En plus de mon bénéfice personnel, nous allons ensemble partager de la joie ce qui va nourrir notre relation.

Pensez au réflexe qu’ont souvent les enfants qui racontent ce qui leur arrive de chouette à leurs maitresses en arrivant à l’école et à leurs parents en rentrant à la maison.

Compter pour l’autre

  •       Le deuxième bienfait c’est le sentiment de compter pour l’autre. Nous nous sentons important et signifiant pour quelqu’un d’autre.

Cela nourrit notre sentiment d’être quelqu’un d’unique et différent des autres, ce qui améliore notre estime de nous-même.

Par exemple, lorsque nos amis traversent la moitié de la France pour venir passer un week-end avec nous. A travers leur effort, nous sentons combien ils sont heureux de nous voir et combien nous comptons pour eux.

Entretenir de solides relations

  •       Entretenir de solides relations apporte également un soutien émotionnel.

Échanger sur une situation qui nous dérange en réduit l’incertitude et améliore notre perception de contrôle.

Nous pouvons soutenir quelqu’un par une écoute sincère et active, en montrant que nous cherchons vraiment à comprendre. Ou bien en véhiculant des émotions bienveillantes pour l’autre ou encore en apportant une aide concrète.

Je ne sais jamais trop comment soulager ma grand-mère qui souffre de la maladie de Parkinson. Cependant, je sais que lorsque je lui fais ses courses (en ajoutant toujours un bouquet de fleurs ou un livre) et que je fais une partie de scrabble avec elle, elle se sent soutenue. Elle apparaît souvent plus sereine quand je repars.

Lien social et résilience

  •       La qualité des liens sociaux que nous créons nous rend aussi plus résilients.

La résilience est notre capacité à surmonter les obstacles, nos difficultés et mêmes nos échecs pour en faire une source de croissance personnelle.

Nous sentir entourés par des personnes qui nous veulent du bien nous aide à voir les choses de façon plus constructive et plus positive. Cela alimente notre motivation pour dépasser les difficultés.

Lien social et engagement

  •       Par ailleurs, pour beaucoup d’entre nous, le lien social est un véritable engagement.

Que ce soit au sein de notre famille, d’un groupe d’amis, d’une promotion d’école, d’une équipe de sport ou au travail, d’une association bénévole, nous prenons soin les uns des autres comme si c’était un projet. Cette implication, vécue comme un engagement, est un des déterminants du bien-être durable selon Martin Seligman, père de la psychologie positive.

L’engagement altruiste est une source de bien-être durable très importante. Il améliore notre relation à notre environnement et notre sens de la connexion.

Effets vertueux du lien social

Ce qu’il y a de formidable, c’est que la qualité de notre lien social aux autres et notre bonheur forment un cercle vertueux.

C’est Sonja Lyubomirsky, professeur américaine au sein du département de psychologie de l’université de Riverside en Californie et auteur du bestseller The How of Happiness, qui l’a démontré.

Les personnes qui se sentent bien sont plus sociales.

Elles sont prêtes à entretenir des relations significatives avec d’autres personnes, à leur apporter du soutien, à se poser en couple avec un partenaire et à faire preuve d’altruisme.

Plus nous sommes heureux, plus nous entretenons de bonnes relations, plus nous augmentons notre empathie et notre coopération.

Et grâce à tous les bienfaits que nous en retirons, nous sommes plus heureux. Le bonheur facilite le lien et les relations sociales qui eux-mêmes favorisent le bonheur !

Concrètement, comment prendre soin de nos relations

L’écoute

  •   Pratiquez une écoute active et bienveillante : savoir accueillir les émotions, les bonnes et les mauvaises nouvelles des autres est tout un art.

Cependant, il est tellement riche pour la qualité de la relation et pour établir un lien de confiance.

Essayez de vous projeter dans les baskets de votre interlocuteur en rejetant toutes vos représentations personnelles et sans jugement.

Accompagnez le mouvement de l’autre par votre joie ou votre compassion, avec une juste distance.

Réécouter notre Bulle de Bonheur #28 « J’apprends à écouter ».

Attention, ce que l’autre vous confie peut aussi éveiller certaines émotions chez vous, comme de l’envie ou de la jalousie. Faites-lui confiance et plutôt que d’avoir la mauvaise réaction, exprimez vos sentiments.

Vous pouvez aussi vous reporter à notre Bulle de Bonheur #67 « Je me positionne par rapport aux autres » pour garder la juste distance.  

L’authenticité

  •   Soyez authentiques avec les autres. Faites tomber les masques et montrez-vous tel que vous êtes même si vous n’êtes pas parfaits. Vos amis, votre famille vous seront toujours plus reconnaissants de vous montrer vulnérable. C’est une belle marque de confiance.

Faites un petit détour par notre Bulle de bonheur #49 « Je montre ma vulnérabilité » pour en savoir plus.  Apprenez aussi à demander.

Rappelez-vous, nous vous en avions parlé dans notre Bulle de bonheur #69 « Je pratique l’art de la demande »

Le jeu

  •   Jouez ! Comme nous l’avons vu dans notre Bulle de bonheur #72 «Je joue», le jeu est un acte social, une source de partage d’émotions positives, de rires.

Lorsque nous jouons ensemble, nous nous sentons entourés. Nous appartenons à un même groupe.

Pensez à nos jeux 2 minutes qui sont de grands vecteurs de lien social mais aussi intergénérationnel, familial ou conjugal.

Le bénévolat ou don de soi

  •   Engagez-vous dans du bénévolat. Rendre service, donner de son temps aux autres, apporter son soutien à une personne ou à une cause développe notre empathie, notre sentiment d’appartenance et d’utilité. Les relations construites autour de causes qui nous sont sincèrement chères sont profondes et authentiques.  

Une activité en rapport avec ses aspirations

  •   Pratiquez une activité : rejoignez une équipe de sport, un atelier créatif, un groupe culturel ou un cercle de réflexion sur des sujets qui vous tiennent à cœur.

Même en ces temps confinés, il existe beaucoup de ressources. C’est un excellent moyen de créer des relations autour d’une passion commune et de partager ce qui vous plait.

Entretien du lien social

  •   Entretenez vos relations. Laissez du temps et de l’espace dans votre vie pour vos relations.

Lorsque vous êtes avec quelqu’un, faites-en un moment de qualité en éloignant votre téléphone par exemple. Concentrez-vous sur le moment que vous passez avec l’autre.

Si la relation est en sommeil ou abîmée, il peut vous sembler difficile de rétablir un canal de communication. Pourquoi ne pas commencer par passer un bon moment ensemble sans pression autour d’un film, d’une promenade, d’une exposition, d’un jeu pour profiter des émotions positives ressenties ensemble ?

Vous aurez tout le temps après pour reprendre les longues conversations là où vous les aviez laissées.

Gratitude et reconnaissance

  •   Cultiver la gratitude et la reconnaissance. Nous vous en avons parlé dans notre Bulle de bonheur #20 « J’adopte la gratitude ».

Déprogrammez votre cerveau pour reporter votre attention sur vos sources de satisfaction et de joie dans vos relations. Tous les petits détails qui font la différence.

Exprimez à vos proches votre reconnaissance et votre plaisir d’être avec eux. Cela diffusera des émotions positives qui vous rapprocheront.

En bref

  • Le lien social est un carburant de notre bonheur
  • La compassion, l’amour et  l’empathie nourrissent nos relations
  • Les relations significatives sont sources de bien-être physique et psychologique
  • Une relation s’enrichit autour d’activités communes, dans un partage authentique et une bienveillance mutuelle

A vous de jouer 

2 minutes pour penser à quelqu’un qui vous est cher et que vous avez un peu délaissé et choisissez une action pour vous reconnecter ensemble !

Je suis vrai

« Moi ? Super bien, merci ! Et vous ? » Habituée à être aimable, je dis souvent que tout va bien, même quand cela ne va pas du tout. J’aimerais être vrai et plus authentique et pouvoir ouvrir mon cœur en toutes circonstances, sans me forcer à minimiser les problèmes en permanence pour donner l’impression d’être plus relax.

Savoir être authentique

Je ressens parfois un décalage entre ce que je dis et ce que je pense vraiment. « Toi ? Mais non tu n’as pas grossi, tu es toute fine » : réponds-je à ma voisine pour lui faire plaisir. Vous savez, ces compliments forcés que l’on donne pour ne pas blesser.

Ou encore ce service que je propose à une amie fatiguée en espérant intérieurement qu’elle refuse. Parce que moi aussi je suis crevée. Tout ça, ça me chicotte !

Puis-je dire ce que je pense vraiment ? Serai-je considérée comme négative si je suis honnête ? 

Ou bien encore, est-ce que je mens si je suis aimable et polie pour faire plaisir, tout en pensant à l’inverse ?

Vous savez, cette question éternelle : toute vérité est-elle bonne à dire ? Est-il possible de conjuguer politesse et vérité ?   Authenticité et gentillesse ?

J’aimerais être vraie, authentique, honnête, dire ce que je pense sans le filtre de la bienséance sociale.

Cas pratique

Hier matin, c’était spécial. Nuit d’insomnie, chauffe-eau qui tombe en panne, douche froide, et, cherry on the cake, plus de café car j’avais oublié de le noter sur ma liste de courses. Un peu comme quand les planètes sont toutes mal alignées. 

Et pourtant, j’ai répondu à la voisine que tout allait super bien, malgré mon teint cireux, mes cernes de 2 km de long et les enfants qui se disputaient dans l’escalier.

Habituée à être aimable, je dis souvent que tout va bien, même quand cela ne va pas du tout. Et parfois même à mon entourage proche (mais alors, c’est là que l’on se demande… à quoi servent les amis si je ne peux être franche !)

Un autre cas de mensonge à demi ?

Dans un autre registre, qui n’a pas vécu aussi cette situation cocasse ou un bon copain se plaint d’avoir grossi, et nous lui répondons qu’il est parfait. Même si au fond, nous avons été surpris de son embonpoint en le voyant la dernière fois.

Et là, les voyants clignotent dans la tour de contrôle. Aurais-je dû être franche ? Attendait-il de moi que je lui dise « Oui Alex, c’est vrai que tu as l’air d’avoir pas mal profité de la bière. Fais attention ! » Ou bien, s’il n’avait pas la pêche, était-ce légitime de lui faire plaisir ?  

Suis-je tiède ou lâche si je fais preuve de diplomatie pour ne pas froisser quelqu’un, quitte à écraser un peu mes opinions ? 

Je n’étais pas vraie

Dans un registre plus sérieux, je me souviens de l’été dernier, quand mon mari avait perdu son boulot. Dur dur, une période de chômage dans un couple ! Nous traversions un sacré tunnel conjugal, j’avais du mal à tenir la barre du navire familial.

Notre groupe de copains était très sympa, prêt à rendre service, toutefois j’aurais aimé pouvoir me confier davantage, craquer dans les bras d’une bonne copine.

Simplement dire que c’était acrobatique, partager mon découragement qui durait. J’aurais eu l’impression de nouer des liens privilégiés avec ceux à qui j’aurais partagé ce morceau d’intimité. J’aurais aimé pouvoir être en vérité sans craindre d’enfreindre la règle silencieuse « soyons toujours méga positifs même dans l’adversité ».

Cette épreuve avait été longue et une vraie course de fond pour rester à flots. 

Pourtant, si nous avons senti combien nos amis étaient prompts à nous rendre service au début, ils semblaient plus mal à l’aise de parler de nos difficultés ou de notre moral en berne.

Est-il socialement incorrect de partager ses sentiments même quand nous traversons un passage à vide ?

Authentique et vrai à la télévision ?

A l’inverse, nous pouvons aussi penser au succès de toutes ces émissions de téléréalité, dans lesquelles les candidats confessent la moindre de leurs émotions devant des millions de téléspectateurs.

« Untel a dit ceci et je me suis sentie blessée », « unetelle a dormi avec untel dans mon dos », « je ne peux pas supporter celui-ci pour cette raison », etc.

Mais est-ce cela être vrai ?  Déverser tous nos états d’âme en public ? Surtout que dans ce genre d’émissions, hypocrisie et manipulations sont monnaie courante pour éliminer l’autre.

Répondre à notre besoin d’être authentique en se mettant à nu est-il le meilleur moyen de se sentir en vérité avec soi-même ? 

Authentique sur les réseaux sociaux ?

Dans leur genre, les réseaux sociaux sont pétris d’une belle contradiction.

Premièrement, mon profil Instagram, Facebook ou LinkedIn est-il fidèle à ce que je suis intérieurement ? Suis-je en train d’y montrer une image de moi vraie ? J’y montre souvent le côté brillant, ou bien ce que j’aimerais que les autres voient de moi.

Et paradoxalement, un courant a surgi ces dernières années, prétendant faire tomber les masques. Je suis sûre que vous connaissez ce hashtag #nofilter ! Etonnant, tout de même.

Suis-je capable d’être sans filtres, comme la plupart des publications arborant fièrement ?

En tous cas, cela prouve que malgré cet écran social entre ce que je ressens et ce que je donne à voir, il y a ce désir tout au fond de moi d’être en vérité. En effet, inventer des histoires, montrer un visage de soi qui n’est pas le bon crée un décalage entre ce que nous sommes et ce que nous montrons.

Ce fossé peut être source de mal être. Pourtant je n’ai pas envie d’être un livre ouvert non plus !

Le « sans filtres », c’est peut-être une belle idée pour Instagram.

Etre vrai(e) dans la vraie vie

Pourtant dans la vraie vie, il s’agit de piloter avec tact nos relations humaines… Tiens, arrêtons-nous sur ce mot si petit et si important à la fois.

Le tact, cela vient de tactile, le toucher. Cela veut bien dire que chacune de nos paroles touche celui à qui je m’adresse.  

Au fond de nous, nous avons tant besoin de montrer une image fidèle à ce que nous sommes vraiment. Ni trop crue, ni édulcorée et recouverte d’un filtre exagéré.  Alors comment faire pour y intégrer l’autre, être soi tout en préservant l’autre ?

Surfons sur la vague écolo qui envahit nos assiettes, notre manière de voyager et de consommer. Revenons à des relations naturelles, vivantes, spontanées. Qui prennent en compte l’écosystème global des relations humaines. Et laisse une place à qui je suis moi, et à ce qu’est l’autre. 

Alors, comment s’y prendre ? 

Je peux d’abord me poser deux types de questions intéressantes.

Se connaître vraiment

D’abord, d’où vient ce que j’ai envie de dire (jugement, jalousie, perte de contrôle, déversoir émotionnel ? Réelle envie d’aider ?

Est-ce que la personne qui est en face de moi est la meilleure pour entendre cela ? Est-ce que je vais dire va m’aider moi ou elle ? 

Ensuite je peux réfléchir : Pourquoi je ne m’autorise pas à dire ce que je pense, au-delà de la bienséance/politesse ? (Est-ce vraiment par politesse d’ailleurs ?)

Je peux être conditionnée par mon éducation ou simplement entravée par de bonnes vieilles habitudes.

Il est aussi possible que personne ne m’ai jamais autorisée ou tout simplement appris à communiquer mes émotions et mes besoins.

En toile de fond, je peux aussi être conditionnée par la peur du regard des autres ou par l’importance que j’accorde à leur regard.

Dans un autre angle, je peux aussi chercher inconsciemment la gratitude et l’amour de l’autre. Et alors tout faire ou dire pour que l’autre aime ma réponse.

Comme tout être humain, nous avons besoin d’appartenir à un groupe. Et nous avons peur du jugement, et en fin de compte, d’être rejeté du groupe. C’est cette angoisse d’être repoussé, d’être isolé, d’être « out » qui nous pousse souvent à mentir, à faire sembler, à jouer parfois avec ce qu’il y a au fond de nous. 

Etre vrai avec soi-même

Il s’agit aussi d’être vraie avec soi-même. En effet, comment puis-je savoir si je dis bien ce que je pense… Quand je ne sais pas même bien ce que je pense, tout au fond ? Ce qui est clair à l’intérieur est toujours plus fluide et simple à expliquer.

A l’inverse, quand c’est un peu le bazar à l’intérieur, je me retrouve à bredouiller, ou me renfermer sur moi, ou encore à m’exprimer de manière sèche ou agressive.

Comme par exemple lorsque l’on m’invite à un diner, et que je suis fatiguée. J’ai peur de décevoir en refusant, ou parfois peur de me retrouver hors du coup et je ne sais pas bien quoi dire. De ce manque de clarté surgit bien des problèmes de communication. 

Identifier ses émotions

Charité bien ordonnée commence donc par soi-même. Il s’agit d’identifier, d’éplucher les couches d’émotions qui nous traversent pour identifier nos besoins profonds.

Connaissez-vous ce livre pour enfants Le Monstre des émotions ?

C’est un peu pareil pour nous les adultes. Trions nos émotions. Une émotion de colère que j’exprime avec fracas ou que je refoule vaut le coup d’être travaillée.

Par exemple, je suis furieuse parce que mes enfants, une fois de plus, mettent un temps fou à se préparer le matin et la journée commence du mauvais pied. Les pauvres s’en prennent plein la figure.

Au fond, j’ai besoin de maitriser l’organisation de cette routine quotidienne. Et encore plus au fond, j’ai besoin de calme à ce moment clef car je ne suis pas du matin.

Encore plus profondément, j’ai besoin de me dire que je suis une maman qui gère bien ses journées. Un besoin de gratitude et de reconnaissance bien enfoui.

Ou alors, je rumine avec colère depuis que mon patron a demandé à ma collègue de présenter les résultats. Je rêvais de le faire à sa place. Au fond, j’ai besoin d’être valorisée dans mon travail.

C’est un peu l’idée de poupées russe. Il y a cette grande poupée russe de notre colère contre mes enfants ou mon patron, dans laquelle se cachent toutes les autres émotions dirigées contre moi. 

Il est bon d’apprendre a les identifier, pour les utiliser de manière mesurée au bon moment. Parfois, j’aurais à canaliser et contrôler ma colère, et l’exprimer à froid, plus tard, de manière contrôlée. 

Quatre outils pour mieux me révéler. Je peux :

Faire la paix avec mon passé

  • Faire la paix avec mon passé. Que je le veuille ou non, je suis le produit de mon histoire familiale.

Le sociologue Vincent de Gaulejac explique encore que « L’individu est le produit d’une histoire dont il cherche à devenir le sujet».

Parfois, cette histoire me blesse, ou me fait honte, ou m’empêche d’avancer. Je peux avoir l’impression que je vais immanquablement reproduire les comportements de mon père, et de mon grand-père avant lui.

Je peux me sentir coupable de quelque chose dont je ne suis pas responsable. L’idée n’est pas de  mettre mon histoire dans un coin, ou bien de devoir la trouver géniale, mais plutôt d’avoir un rapport apaisé avec cette histoire.

Etre aidé pour être vrai

Un accompagnement ou de solides lectures peuvent aider à défricher le terrain et alléger le cœur de bien des gens. 

Guillaume s’est débarrassé de la culpabilité qu’il portait en lui depuis l’enfance lorsqu’il avait surpris son père en train de tromper sa mère. Il se sent libre maintenant de construire sa famille.

Valentine s’est rendue compte que sa mère était tombée enceinte sans avoir vraiment désiré sa grossesse. Elle a mieux compris pourquoi elle ne se sentait à sa place nulle part et recherchait l’approbation permanente des autres, n’osant jamais donner son avis. 

Etre vrai dans mes réalisations

  • Chercher à me réaliser à travers ce qui me tient à cœur. Quels sont mes talents ? Mes passions ? Mes besoins et mes valeurs ? Le métier que j’exerce satisfait-il un ou plusieurs de ces dimensions ? Notre boulot prend tellement de place dans notre vie. Hop, en route s’il faut challenger cette partie-là de notre quotidien.

Etre vrai dans l’intimité de mon coeur

  • Donner et avoir accès au cœur de l’autre, a son intimité. Il est intéressant de constater que communiquer en vérité me permet d’accéder à l’intimité de l’autre, et l’autre d’avoir accès a la mienne.

En amitié, dans mon couple, au bureau parfois, révéler un peu de mon intimité permet à l’autre de mieux me comprendre. 

Dans sa conférence TED et son livre Le Pouvoir de la Vulnérabilité, Brene Brown démontre comment accepter nos fragilités peut devenir puissant.

Mon mari, quand je lui donne accès à celle que je suis vraiment, peut m’aider à ordonner mes émotions. Ma bonne copine à qui je peux me livrer sans honte aura plus de facilite à comprendre pourquoi je suis blessée à tel autre moment.

En fait, il s’agit d’oser se livrer, donner un peu de soi. Prendre le risque de partager ses émotions intimes rend la communication plus authentique.

Etre authentique en famille

  • Pratiquer tout cela en famille. En famille, puis-je être moi-même ? Pour certains, c’en est l’endroit par excellence. Pour d’autres, c’est au contraire le plus difficile.

Je peux avoir l’impression qu’il m’est beaucoup plus facile d’être naturel avec mes amis qu’avec ma propre famille. Et ça n’est pas étonnant, car entre amis, il y a cette distance affective qui nous permet de prendre du recul.

Entre amis, il n’existe pas cette projection affective qui peut exister en famille.

En famille, nous sommes proches affectivement, même quand nous ne sommes pas ou plus proches physiquement.

Nous avons souvent la tentation de vouloir tout dire, nous pensons parfois que nous pouvons être sans masque.

Tout dire tout le temps, sans filtres, peut engendrer tant de maladresses en famille. Et une petite maladresse peut venir complètement bloquer le rouage d’une conversation. La question n’est pas tant de savoir ce que je dis mais quand et comment.

Observer ses émotions

L’exercice est là encore d’apprendre à observer ses émotions, les accepter, parfois les laisser décanter pour mieux les exprimer au moment propice, dénué d’agressivité.

Et mon interlocuteur se sentira sûrement plus à l’écoute qu’au milieu d’une dispute.

Quand mon fils en prépa baisse les bras ou sort trop et prend son année trop à la légère, cela me rend folle. Je suis tentée de me braquer et de lui envoyer à la figure qu’il ne réussira jamais s’il continue à se la couler douce.

En fait, si je creuse, je suis en colère car j’ai peur. Peur que mon fils rate son année. Peur de l’avoir mal orienté. Et au fond, cela me renvoie à mon besoin de sécurité profond. J’ai besoin de sentir mon fils en sécurité pour ses études. Et j’ai besoin de sentir que j’ai aiguillé mon fils sur les bons rails.

A la place, je peux attendre un moment propice. A froid, partager avec lui mes angoisses, échanger sur son orientation. 

Savoir faire confiance

Lui demander de me montrer que je peux lui faire confiance. En échange il a peut-être des choses à me dire, un malaise a partager.  Ainsi, il est plus simple de montrer qui nous sommes en étant vrai et authentique. Et cela donne un bel exemple à nos enfants.

Par exemple un enfant jeune est forcément façonné par un père qui apprend, même tard, à contrôler ses colères, parler de ses émotions. Il aura davantage envie de se confier à lui… 

Savoir mieux communiquer pour être vrai

Savoir communiquer mieux permet parfois de décoller pas mal d’étiquettes. Dans une famille, quand un élément adopte une posture nouvelle, cela fait bouger la structure globale, comme dans un mobile. 

Certains pensent qu’être transparent et dire ce qu’ils pensent sans filtre tient de la vraie générosité et authenticité.

Pourtant… où est la générosité si, en disant ce que je pense, je heurte l’autre et le blesse ? La générosité commence par reconnaitre que l’autre est doué de sensibilité.

Et donc la générosité me commande de ne pas heurter cette sensibilité. Je suis authentique et généreux quand je dis JUSTE. 

Dire juste, c’est parler sans renier ce que je suis, ni me mettre totalement à nu, tout en prenant en compte ce que je pense être JUSTE pour l’autre. En fonction de ce qu’il est capable d’entendre. 

Savoir mieux écouter pour être vrai

La générosité se cache parfois dans le silence attentif et l’écoute active. Et permet de se garder de phrases maladroites ou non-alignées avec ce que nous pensons vraiment. Cf. podcast #28 sur l’Ecoute

Etre vrai et ajusté, la congruence

Enfin, pour résoudre ce dilemme, le psychologue américain Carl R. Rogers propose une voie qui nous semble très belle, et qu’il a appelé la congruence.

Dans le dictionnaire, la congruence est, je cite « le fait de coïncider, de s’ajuster parfaitement. »

Ce que Carl Rogers appelle congruence dans nos relations sociales, c’est cette concordance entre ce que je dis à l’autre, et ce que je ressens. Et cet équilibre est à trouver en permanence !

Exemple

Par exemple, je croise un collègue au bureau qui vient de se faire licencier et me demande ce que j’en pense. Je pense peut-être qu’il n’était pas le mieux qualifié pour ce job.

En même temps, je ressens une profonde détresse et un besoin d’être écouté de son côté. Je choisis de mettre de côté mon jugement et je m’efforce d’accueillir sa tristesse ou ses émotions au lieu de le blesser ou de lui mentir en prétendant que son poste était fait pour lui. 

En plus, la politesse en paroles façonne jour après jour la politesse du cœur. La forme au service du fond. 

Impolitesse et ses effets

Dans « Face et Territoire» écrit en 1987, les sociologues Brown et Levinson établissent que par l’impolitesse, notre face (l’image que nous renvoyons) et nos territoires (notre moi intime) se sentent attaqués. Nous réagissons donc par le rejet.

Symétriquement, nous accueillons la politesse favorablement. Logiquement, il est naturel de faire davantage confiance à la personne qui nous répondra poliment.

C’est prouvé, dire la vérité d’une manière douce a toutes les chances d’être entendue plus facilement. 

Dit autrement, la politesse est au service de la vérité. Répondre une phrase agréable à quelqu’un me façonne et m’entraine à aimer l’autre, à voir le positif en lui. 

Etre adulte

En fin de compte, il s’agit de devenir adulte dans mes relations aux autres. De savoir arbitrer.

Je peux être fougueux et observer mes tempêtes émotionnelles à l’intérieur de moi, ET EN MEME TEMPS je garde le contrôle de ce que j’exprime, de la manière avec laquelle je dis les choses. Je suis authentique et vrai dans ma vie intérieure / mesurée et adulte dans mes réactions extérieures. 

Je suis adulte dans ce que j’exprime quand je prends l’autre en compte. Quand je sais discerner ce que l’autre est en mesure d’entendre. En d’autres mots, je deviens « le capitaine de mon âme » comme l’écrit le poète Henley dans son célèbre texte Invictus. 

En bref 

  • Être vrai c’est d’abord être vrai avec soi-même.  Notre ressenti est la seule chose vraie à laquelle nous avons accès. A moi d’identifier qui je suis, ce que je ressens et mes besoins profonds à chaque instant. 
  • Être vrai c’est dire juste. Je pratique la congruence en faisant coïncider ce que je ressens être juste et ce que je dis. 
  • Je suis authentique dans mes relations aux autres lorsque je m’adapte à mon interlocuteur et à sa sensibilité.
  • Je choisis la politesse du cœur, comme un outil créateur de bonheur et de relations sociales plus douces, et plus adultes.

A vous de jouer ! 

2 minutes pour me brancher à moi-même maintenant, nommer mon ressenti et ressentir le fait de me sentir en vérité avec moi-même.

Je bouge !

Je bouge et j’aime ça ! . Le mouvement fait partie intégrante de la vie, il est inscrit en nous, nous en avons besoin par nature. Comme le rappelle Christine Michaud dans son livre “Mon projet bonheur”

Je bouge, c’est important pour moi

Il est d’autant plus important de bouger que l’esprit et le corps sont interdépendants. Et si certains adages sont trompeurs, celui qui dit “un esprit sain dans un corps sain” a tout son sens.

Bouger c’est bénéfique

Les études le prouvent, et les médias s’en font volontiers l’écho. L’activité physique est non seulement bénéfique mais aussi nécessaire ! Impact sur le stress, le sommeil, les maladies cardio-vasculaires, le diabète, le poids…  Une étude américaine a même prouvé que l’aérobique pouvait être aussi efficace qu’un anti-dépresseur.

Il est intéressant aussi de noter que des recherches se sont également intéressées au lien entre exercice physique et performance mentale.

Force a été de constater que rester trop longtemps sans bouger est contre-productif, pour les adultes et particulièrement pour les enfants.

Florence Millot, dans son livre “apprendre à se concentrer” rapporte ainsi qu’en restant sur une chaise à l’école, le périmètre de découverte de l’enfant est diminué de 90%. “La position assise contraint le développement naturel de l’enfant”.

Notre école a donc du pain sur la planche car il semblerait bien que ce ne soit pas nécessairement à l’enfant de réprimer son besoin naturel de mouvement mais au cadre d’apprentissage d’être mieux adapté.

D’ailleurs, certaines écoles ont commencé à initier des projets en ce sens (pause gym, travailler debout, réciter en marchant, s’asseoir sur un ballon de yoga…)

On comprend mieux pourquoi la fameuse “privation de récréation” privait autant les élèves que leur professeur !

Pas de doute donc, les bienfaits de l’activité physique sont innombrables et clairement favorables au bonheur. Il faut dire que l’activité physique est aussi responsable de la sécrétion de dopamine, l’hormone du plaisir et du bien-être.

Ce qui fait d’ailleurs dire au psychiatre John Ratey que “faire un peu d’exercices, c’est comme prendre un peu de Prozac et de Ritaline, juste quand il faut” !

Quant à notre professeur du bonheur, Tahar Ben-Shahar, il parle d”une “drogue miracle!”.

Quand je bouge, je crée un vrai rituel de bien-être ?

Que faire ?

L’activité physique a le gros avantage d’avoir des terrains de pratique très variés. Seul ou à plusieurs, gratuit ou payant, à l’extérieur ou à l’intérieur. Nous pouvons choisir de privilégier le cardio, l’endurance, la musculation, le gainage, la souplesse… Et même combiner plusieurs de ces éléments !

L’important est de pratiquer, dans la mesure bien sûr (comme pour tout, l’excès est mauvais), une activité qui vous plaît. Vous aimez la musique ou le calme ?

Etes-vous adepte de nature ou d’intérieur ?

Préférez-vous être au calme chez vous ou en compagnie dans un autre lieu ? Quelles que soient vos préférences, vous pouvez pratiquer une foule d’activités. Marche, jardinage, natation, danse, yoga, sports collectifs…

Ces activités ne nécessitent pas forcément beaucoup de temps ni d’argent, mais elles peuvent demander une certaine volonté !

Rien de plus facile en effet que de les remettre au lendemain, en attendant : le jour où il fera beau, le jour où je serai moins fatiguée, le jour où les enfants auront grandi, le jour où j’aurai moins de travail… Les excuses, elles, nous ne les remettons pas au lendemain !!!

Se rajoute à notre tendance à la procrastination (Bulle de Bonheur #53), le fait que notre quotidien a tendance à nous inciter à moins d’efforts physiques. Commandes sur internet, livraisons à domicile, écrans, prolifération de transports motorisés… C’est bien pratique mais peu favorable au maintien de l’activité physique.

Il serait tentant aussi d’invoquer cette fameuse course au temps (Bulle de Bonheur #2) ! Or, comme le relève Florence Servan-Schreiber dans son livre “3 Kifs par jour”, c’est quand on a le moins de temps qu’on gagne le plus à bouger !

Pour elle, c’est dans les périodes de surcharge que les bénéfices se font le plus ressentir.

Alors je m’y mets, je bouge !

Mettez vous au défi !

Et oui, car le plus dur, c’est de s’y mettre ! “Le tout est de survivre aux cinq premières minutes, ensuite c’est parti; Et puis, un jour, cela devient un kif !” précise Florence Servan-Schreiber.

Pensez d’abord à la politique des petits pas. Nous l’avons vu (Bulle de Bonheur #3), le changement a souvent besoin d’être initié par de petits gestes.

Ainsi, si vous avez décidé de vous mettre au jogging, commencez doucement, par des temps et des distances courts que vous augmenterez petit à petit, à votre rythme.

Si vous souhaitez vous inscrire à un cours de sport, choisissez par exemple un endroit proche de chez vous ou de votre travail. Essayez de motiver quelqu’un pour y aller avec vous et fixez-vous des objectifs mesurés au départ.

Il est possible aussi de modifier certaines habitudes en gardant en tête l’importance de privilégier le mouvement dès que possible :
– Descendre un arrêt de bus ou de métro plus tôt pour marcher,
– Laisser sa voiture même si la paresse et l’excuse de “gagner du temps” nous appellent. Si vraiment il est trop dur ou impossible de faire sans voiture, pensez à la stationner un peu plus loin.
– Prendre les escaliers au lieu de l’escalator ou de l’ascenseur…

Je bouge en me motivant

A l’instar de Christine Michaud, faites-vous une prescription vitalité. Devenez votre propre docteur Bonheur, rédigez une ordonnance d’activités et suivez-là comme vous le feriez avec l’ordonnance de votre médecin !

Pensez aux mouvements que vous pourriez faire dans votre quotidien et respectez la dose prescrite. Un moment dans la semaine où je privilégie la marche au transport. Ou bien me laver les dents tous les soirs en faisant des squats, passer l’aspirateur en contractant les fessiers. Mais aussi prendre les escaliers dès que possible, suivre une routine tonique du matin (quelques minutes de respiration et d’étirements , les 5 tibétains Ce sont des exercices de yoga qui augmentent l’énergie vitale… Internet fourmille d’exemples et de tutoriels). Danser à fond sur ma musique préférée… Allez, cherchez, il y a nécessairement un mouvement qui vous correspond !

Vos recommandations pourront évoluer au fil du temps et en fonction de vos besoins, mais commencez dès aujourd’hui. Vous allez rapidement savourer les bienfaits de votre nouveau rituel (Bulle de Bonheur #4)

Allez hop, je me lance !

En bref, si je bouge, quels sont les bienfaits

  • L’activité physique est une “drogue miracle” qui fait autant du bien au corps qu’au psychisme.
  • Bouger a l’avantage de pouvoir être gratuit, légal, sans effets secondaires si on n’abuse pas des doses et disponible sans ordonnance !
  • Il y a de multiples façons de bouger, chacun peut donc trouver le style, le lieu et le rythme qui lui conviennent. Pas d’excuses !
  • Le mouvement est essentiel à la vie et contribue à rendre plus heureux.

A vous de jouer !

2mn pour penser à 3 gestes simples qui vont mettre plus de mouvement dans votre vie au quotidien. Et hop, vous planifiez, vous mettez en pratique sans attendre parce que vous méritez de prendre soin de vous !

Et pour terminer en bougeant notre petite mousse de la semaine est de George Sheehan : «Nous sommes tous des athlètes d’exception. La seule différence c’est que certains s’entraînent, et d’autres non» !

Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

J’orchestre vie privée et vie professionnelle

Retrouvez notre podcast Bulle de Bonheur sur Itunes ou Spotify chaque jeudi ! Abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire  #LaPétillante : des conseils, des surprises, des cadeaux !

Afin d’orchestrer vie privée et vie professionnelle, nous vous partageons aujourd’hui les propos que nous avons retenus d’une conférence donnée par Yarledis Coneo à Montréal. Le thème de cette conférence portait sur la conciliation des rôles de vie. Un titre que nous avons particulièrement aimé car il permet d’avoir une vision plus large que l’angle plus couramment abordé de la conciliation vie professionnelle / vie privée. En effet, ce sujet de la conciliation concerne tant le parent, le célibataire, le travailleur, le bénévole que le retraité, le grand-parent ou encore l’accompagnant d’un proche malade. Cela renvoie à ce que nous vous avions partagé dans notre podcast sur l’équilibre (Bulle de Bonheur #13) et notamment les 4 P de Yvon Dallaire, c’est à dire le savant dosage de notre investissement entre Privé, Professionnel, Partenaire et Parent.

“Qu’y a-t-il de plus important lors d’une démarche de conciliation ? Vous, en premier”, affirme la conférencière, conseillère en ressources humaines. Notre propre personne est le centre de toute réflexion et de toute démarche de conciliation, nous sommes autant l’acteur principal que l’expert de notre vie. “Cela explique pourquoi ce n’est jamais du copier-coller d’un cas à l’autre, car chaque personne et chaque situation sont différentes”, explique Yarledis Coneo.

Pour concilier vie privée et vie professionnelle, soyons le maestro de notre vie !  

Cette analogie avec le monde musical nous renvoie à l’orchestre et sa diversité d’instruments, de tonalités, de rythmes, de cadences et de styles. En effet, être maestro, c’est être le chef d’orchestre de tous ces éléments qui composent notre vie. C’est savoir harmoniser et créer une oeuvre unique, personnelle et qui sonne juste.

De quoi va être composé notre orchestre ? 

Travail, famille, amis, tâches domestiques, déplacements, études, sport et loisirs, mais aussi soins personnels, sorties, vacances, engagements associatifs, sans oublier les aspects administratifs, juridiques et financiers… En somme, “Autant de notes qu’il nous faudra agencer, moduler, en attribuant à chacune d’elles le rythme et le tempo désiré, réservant des pauses, prévoyant aussi des crescendos et des decrescendos à certains moments”.

L’idée est de savoir adapter nos styles musicaux à nos besoins, de pouvoir passer d’un slow pour prendre soin de soi à un rock pour se stimuler. Ou encore du jazz qui swingue à la symphonie qui dynamise. Aussi, de la musique douce qui relaxe à celle qui met en éveil nos sens. L’essentiel est de ne pas se laisser enfermer dans un rythme trop dense qui épuise ou au contraire un rythme trop lent qui endort. Un vrai défi dans notre société qui vit à cent à l’heure ! 

Un enjeu social important

De plus, les chiffres sont révélateurs de cette difficulté. En ce qui concerne les parents par exemple, les études révèlent que près de la moitié d’entre eux réalisent des tâches professionnelles en dehors de l’horaire habituel de travail. En effet plus de 40% des parents trouvent la conciliation travail-famille difficile. Pour plus de 60%, cette conciliation est une source importante de stress. D’ailleurs, un stress si importante, que 37% d’entre eux accepteraient une réduction de salaire en échange de meilleures mesures de conciliation travail-famille. Pour finir, 55% changeraient d’emploi pour l’obtenir (Sondage Léger, 2018 – Québec).

En définitive, on comprend pourquoi la conciliation entre la vie professionnelle et la vie personnelle est désormais un enjeu social important, objet de conférences, de livres, d’enquêtes, de recherches et d’ateliers, et également un domaine investi par l’univers de la formation, du coaching et de la thérapie.

Equilibrer son quotidien

Nous avions mentionné dans différents podcasts les effets négatifs d’une vie en déséquilibre (Bulle de Bonheur #13). Et aussi, révélatrice d’une gestion inadéquate de nos priorités (Bulle de Bonheur #10) où nous perdions contact avec le pouvoir du moment présent (Bulle de Bonheur #25) sans savoir lâcher prise ( Bulle de Bonheur #21) ni dire non (Bulle de Bonheur #38).

Nous avions évoqué les conséquences sur la santé physique et psychologique, sur nos attitudes et nos comportements. De ce fait, les conséquences sur les systèmes dans lesquels nous évoluons, notamment notre système familial où notre conjoint et nos enfants vont nécessairement subir les répercussions de notre état. Répercussions qui toucheront également nos amis, nos collègues et de manière plus diffuse la société en général.

En pratique, comment concilier vie privée et vie professionnelle

Alors comment éviter ces ondes de choc, qui nous touchent autant qu’elles touchent ceux qui nous entourent ? Comment repenser le système, adopter de meilleures mesures de conciliation, être plus souple et dynamique ?

Prise de conscience

Et oui, comme dans tout processus de changement, nous retrouvons cette étape nécessaire de la prise de conscience. En résumé, objectivité, identification, acceptation sont indispensables pour relever les notes dissonantes, les rythmes contradictoires, les tempos inconciliables. Cela nous permet de donner du sens à notre changement et savoir sur quoi agir. En fait, chaque partition étant singulière, à vous de lire la vôtre et de regarder les portées que vous souhaitez réécrire.

Identifier les ressources

Par qui et par où commencer, pour réduire le conflit entre tous les rôles que nous devons assumer chaque jour, pour harmoniser les “notes de notre opus personnel” ?
“Premièrement, il faut savoir que la responsabilité, dans ce domaine, est partagée”. Si nous sommes l’initiateur et le compositeur de notre partition. De ce fait, nous avons besoin de ressources intérieures mais également de ressources extérieures.
En réalité, nos ressources intérieures sont constituées de nos talents, nos dons, capacités, forces (Bulle de Bonheur #24) et également de notre capacité à nous faire confiance (Bulle de Bonheur #6).

Quant à nos ressources extérieures,  elles sont composées de toutes les personnes et les lieux ressources que nous avons autour de nous et auxquels nous devons aussi savoir faire appel. Comme notre réseau proche (conjoint, famille, amis), notre réseau professionnel (collègues, syndicat, ressources humaines) et notre réseau communautaire (service de garde, voisinage, association de soutien aux familles, à l’emploi…). Evidemment, il ne s’agit pas bien sûr de se disperser et de sonner à toutes les portes en même temps ! Mais identifier nos ressources nous permettra d’élaborer un plan d’action concret et réaliste.

Passer à l’action pour orchestrer vie privée et vie professionnelle

La prise de conscience

Dans l’étape prise de conscience, vous avez dû mettre en avant les aspects que vous aimeriez changer pour atteindre l’objectif que vous vous êtes fixé. Par exemple, plus de temps pour vous, pour votre famille, apprendre à dire non, mieux organiser votre temps, avoir une meilleure hygiène de vie. En réalité, en suivant la politique des petits pas dont nous vous parlons souvent. En fait, vous allez déterminer les étapes que vous allez franchir, en prévoyant un délai pour le changement. Mais aussi en y attribuant les ressources adaptées et en essayant d’anticiper les difficultés que vous pourrez rencontrer.

Un seul changement à la fois

Ecoutez à nouveau notre podcast ou relisez notre billet de blog sur la réalisation de projets pour vous remémorer les éléments à définir pour passer à l’action. (Bulle de Bonheur #19). Et souvenez-vous : amorcez un seul changement à la fois. Pensez à votre objectif et aux moyens d’évaluer votre progression grâce à des indicateurs qui font sens pour vous.  Par exemple, vous voulez améliorer votre hygiène de vie, les indicateurs comme le gain en énergie, la qualité de sommeil, voire des tests médicaux pourront être des balises pertinentes. Enfin, faites le bilan à la fin du délai que vous vous êtes accordé, sans oublier de faire preuve de bienveillance envers vous-même ! (Bulle de Bonheur #39)

Initier des petits changements dans notre quotidien

Un plan d’action est comme un projet, il donne un but, il structure et apporte un cadre qui balise et sécurise. A coté de ce projet, vous pouvez aussi agir sur des petites choses de votre quotidien. Comme le propose Yardelis Coneo. Prenez la douche la veille pour libérer la salle de bain le lendemain matin. Mais encore, simplifier les menus-déjeuners de la semaine et garder les repas spéciaux pour la fin de semaine. Ou bien,  faire du co-voiturage. Enfin, oser demander de l’aide : une femme de ménage ponctuellement, se faire livrer ses courses, solliciter un organisme d’aides aux devoirs pour les enfants, une maison des familles ou de la parentalité… 

A vous de trouver les trucs qui vous ressemblent ! Et si jamais la situation dure, que vous perdez courage, confiance et foi dans votre capacité à sortir de ces tensions permanentes entre les rôles que vous devez assumer. Surtout, pensez à demander l’aide d’un professionnel, votre personne mérite que vous preniez soin d’elle.

En bref, les clés de l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle

  • Je suis le maestro de ma vie. Je suis donc l’acteur principal de l’orchestration de mes différents rôles.
  • Pour concilier les rôles de ma vie, je m’appuie sur mes ressources intérieures (mes forces) et les ressources extérieures (mon réseau).
  • En cas de déséquilibre, de tensions ou d’incompatibilités dans mes rôles, j’identifie les fausses notes et initie des changements dans mon quotidien et ou à plus long terme grâce à la mise en place d’un plan d’actions.

Allez hop ! Je me lance !

2 mn pour vous rappeler un moment vécu en harmonie cette semaine. Demandez-vous quels sont les rôles que vous avez endossés et comment tous ces instruments ont pu être en harmonie. Quand ça marche une fois, ça peut marcher une deuxième puis une troisième ! Continuez donc à jouer votre partition et orchestrer vie privée et vie professionnelle !

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Je décolle les étiquettes

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Qu’est ce que ce sont les étiquettes dont nous parlons ?

“C’est une timide – un vrai hyperactif – Bonjour princesse ! Tiens voilà notre ours ! C’est tout son père” Des étiquettes, nous pouvons en citer des centaines, négatives (le râleur de service, toujours en retard) ou positives (le clown de la famille, c’est un gentil).
Et vous, quelle est votre étiquette ? Celle que l’on vous colle depuis des années dans votre famille, parmi vos amis ou encore au boulot ? Tête en l’air ? Grande gueule ? Dévoué ? Intello ? Maladroit ?

En avez-vous eu déjà assez d’avoir cette étiquette ?

Et si vous étiez différents de cette étiquette, ça serait comment ?
En effet, quand les adjectifs qualificatifs deviennent des noms ou les noms des surnoms, ils se transforment souvent en étiquettes bien collantes. Tellement collantes qu’elles finissent par se confondre avec notre propre personne et nous enfermer dans des rôles limitants.

Comment se construit une étiquette ?

La construction de l’étiquette peut se faire de façon assez subtile. Elle peut partir d’une simple réflexion comme le raconte une des co-auteures des fameux ateliers de parentalité Faber & Mazlish. Quand sa fille est née, elle a mis un peu de temps à pousser son premier cri et l’infirmière a dit “et bien, on a affaire à une petite entêtée !” Sur le moment, la jeune maman met de côté cette remarque. Mais elle se rend compte par la suite qu’à chaque fois que sa fille oppose une résistance, elle fait le lien avec ce mot “entêtée”. Elle finit par se dire que l’infirmière avait raison et que sa fille est bien une entêtée.

Pourquoi met-on des étiquettes ?

Parce que c’est un moyen courant et rapide de se faire une idée de la nature de ce qui est devant nous. Les étiquettes constituent des raccourcis de pensée, nous allons vite et nous évitons ainsi la case observation et analyse.

Le problème est que dans la plupart des cas, les étiquettes catégorisent simplement quelqu’un ou quelque chose sans trop de précision. A force d’être répété, le nom ou l’adjectif qui décrivait ce qui était sans doute un fait ponctuel (casser un verre, faire une blague, râler…), se transforme en généralité. Il finit par s’imposer à la personne et devient un moyen d’identification (par la personne elle-même et par par son entourage).

L’étiquette nous enferme dans un rôle

L’étiquette renvoie souvent aux normes et de ce fait aux stéréotypes.

Parce qu’il faut aller vite, celui qui prend son temps va être taxé de “lent”, de “rêveur”. Etant donné qu’il faut réussir à l’école, le “mauvais élève” va être stigmatisé. Parce qu’une mère est censée penser d’abord à ses enfants, celle qui travaille beaucoup sera dite “carriériste” ou “non maternelle”.

Les étiquettes se construisent donc d’abord au travers d’un regard extérieur. Celui de la société, celui de l’école, celui de la famille… Des lieux qui ont leurs codes, leurs règles, leurs cases… “Sortir de la case” est source de nombreuses étiquettes.

L’étiquette intérieure

L’étiquette vient aussi du regard intérieur. C’est à dire du regard que l’on porte sur soi et de la façon dont nous allons nous-même contribuer à ce que notre étiquette nous aille bien. (“Je ne préfère pas t’aider, je suis tellement maladroite que je risquerais de casser quelque chose”).

Une étiquette collée dès l’enfance

Beaucoup de ces étiquettes sont apposées à un très jeune âge. Or, les enfants ont souvent une grande confiance dans le regard que porte sur eux l’adulte (parents, professeurs des écoles, nourrice). Ils vont donc croire très facilement ce que l’on leur dit mais également ce que nous pensons. Les enfants se saisissent en effet très rapidement de l’opinion que leurs adultes référents ont sur eux. Opinion qui influence non seulement l’opinion qu’ils ont sur eux-mêmes mais aussi leur comportement.

A l’adolescence, période de changements et d’interrogation, les étiquettes peuvent peser lourdement sur le développement personnel. Les étiquettes enferment, et portent souvent un message d’irréversibilité (“il est comme ça depuis qu’il est né”, “elle a toujours eu un côté princesse”). Ainsi, enfants, adolescents et adultes perdent confiance dans leur capacité à changer mais également à être perçus différemment.

Les étiquettes peuvent conduire à assumer des rôles et à les intérioriser comme s’ils étaient réellement les nôtres, alors même qu’ils ne nous ressemblent que très peu, voire pas du tout.

Quand l’étiquette devient injonction

Outre nous enfermer dans un rôle qui n’est peut-être pas le nôtre, l’étiquette peut devenir une injonction comme un ordre intérieur. Surtout pour des personnes qui sont dans le besoin de plaire, d’être aimé.

Les enfants sont les proies faciles de ces injonctions. S’ils ont été affublés d’étiquettes comme : “sage comme une image”, “petite fille parfaite”, “fils dévoué”, ils vont inconsciemment se sentir liés à cette image. Ils vont croire que ne plus l’être serait une forme de trahison (de leurs parents, enseignants, entraîneur sportif… ). “Imperceptiblement, on bascule dans l’obligation de l’être et le rester, on trouve sa place dans le monde selon cette étiquette.

Le comportement et les étiquettes affiliées

Il est étonnant d’ailleurs d’observer que l’enfant maladroit va renverser son verre à chaque repas. L’enfant raisonnable aura fait ce qu’on lui a demandé quoiqu’il arrive. L’adolescent tête en l’air oubliera toujours quelque chose quelque part.

Quand les personnes ont intériorisé leur étiquette, elles se comportent conformément à ce que l’étiquette définit. La force de cette identification est telle qu’elle pourra même se produire en dehors du contexte dans lequel ces étiquettes ont été attribuées.

Les personnes vont ainsi développer des attitudes qui n’ont rien à voir avec ce qu’elles sont profondément. (Le maladroit va tomber de la poutre en gymnastique, se prendre les pieds dans le tapis chez un ami, refuser toute opération manuelle délicate….).

Façonnés par les étiquettes

Les étiquettes nous façonnent donc réellement en tant que personnes. Elles peuvent affecter considérablement la connaissance de soi, l’estime de soi et la motivation. Et dans la mesure où elles créent des attentes (de notre entourage et même de nous même), elles peuvent être source de stress. (Que se passe-t-il si je ne correspond pas à l’idée qu’on a de moi ?) Mais aussi de privation, voire de dissimulation : le clown a-t-il le droit d’être triste ? La raisonnable peut-elle faire des bêtises ? La râleuse peut-elle avoir des vraies raisons d’être en colère ?

Associer le faire à l’être, un travers à éviter

Nous retrouvons à travers ce phénomène un travers que nous avons dénoncé souvent dans nos podcasts.  Associer le faire à l’être. C’est à dire confondre le comportement et la personne.

Les étiquettes sont attachées à « l’être ». Elles définissent les personnes et non les actes qu’elles font. Or on le sait, il est possible d’avoir un moment de faiblesse et de faire des erreurs.

Comme il est possible aussi de vivre une vraie réussite, sans pour autant que cette faiblesse, cette erreur ou cette réussite nous définisse.

Précisons également un autre côté vicieux de l’étiquette. Si nous avons tendance à donner des étiquettes, nous pouvons logiquement penser que les autres en font de même avec nous. Ce système peut donc alimenter notre peur du regard de l’autre, peur d’être étiqueté à notre tour et donc d’être jugé.

Et si je me dégageais de mon étiquette ?

Nous vous proposons de partager avec vous plusieurs habiletés.  Certaines d’entre elles sont empruntées aux ateliers de parentalité “écouter les enfants pour qu’ils parlent, leur parler pour qu’ils écoutent”, développés Adèle Faber et Elaine Mazlish.

Ces habiletés sont proposés aux parents ou tout autre éducateur pour améliorer la communication avec les enfants. Mais elles sont transposables sans difficulté à nos propres situations.

  • je recherche les occasions de me présenter une nouvelle image de moi-même (si je n’y arrive pas, je peux solliciter mes proches). Par exemple, si je veux me dégager du rôle de “celle qui est toujours prête à aider”, je pense aux situations où je n’ai pas répondu à l’amie qui me demande souvent des services. Si je souhaite me débarrasser de l’étiquette de maladroite, je me rappelle la fois où j’ai rattrapé d’un main le bol de ma fille avant qu’il ne tombe alors que je tenais le plat de l’autre main.
  •  je me place dans des situations qui me permettraient de me voir d’un oeil différent. Si je prends l’étiquette du St Bernard ou de la maladroite. Je peux par exemple appeler l’amie qui me demande des services pour lui demander à mon tour de l’aide. Entreprendre une petite construction de Kapla avec mon fils (sans me lancer dans la tour Eiffel !).

Je ne retiens que les choses positives

  •  je fais en sorte d’entendre des choses positives à mon sujet. J’interroge par exemple ma famille sur les situations où ils m’ont vu penser à moi avant les autres. Où ils m’ont vu réaliser des choses avec habileté.
  • je me fais le coffre aux trésors de mes “bons coups”. A l’image de mon coffre à confiance (Bulle de Bonheur #6), je me remémore les fois où je n’étais pas comme mon étiquette veut me le faire croire.
  • je change de vocabulaire. Dès que le nom ou l’adjectif de mon étiquette me vient en tête, je le remplace par une description dans le présent de mon comportement. (en ce moment, aujourd’hui…) – Je remplace le verbe être (“je suis timide”) par un verbe d’action (“j’ai des difficultés à prendre la parole en public”).
  •  je fais preuve de bienveillance et je m’affirme. Quand une étiquette est collée depuis longtemps, il n’est pas simple de s’en défaire. Les mauvaises habitudes peuvent vite reprendre le dessus. Prenons l’exemple de l’étiquette de “la petite dernière”, et de la réunion de famille où j’accepte à nouveau (alors que je suis adulte et que je ne supporte pas mon étiquette) que mon avis ne soit pas pris en compte. Je peux alors exprimer mes sentiments et mes attentes .“Ca me met en colère de me laisser faire comme “une petite dernière”. J’ai besoin d’être considérée comme une adulte autonome et responsable et j’aimerais que mon avis soit pris en compte”. (nous avons aussi notre part à jouer pour que les autres nous voient différemment).

Savoir décoller les étiquettes

Comme nous l’avons mentionné, ce travail de “décollage” peut prendre du temps. Surtout pour les adultes qui traînent ces étiquettes depuis des années. Les éducateurs ont donc un rôle vraiment important à jouer dans ce domaine. Prendre conscience des étiquettes qu’ils donnent aux enfants, en famille et à l’école principalement (le bougeon, la chipie, la princesse, la casse-cou…) est primordial. Ceci pour ensuite veiller à donner aux enfants une autre image d’eux-mêmes.

Se dégager d’une étiquette rend en effet plus libre. Cela permet de se reconnecter à sa vraie nature et nous place dans une perspective d’évolution et de croissance pleine de richesse et d’ouverture.

En bref

Coller des étiquettes nous rassure, nous donne des repères et permet d’aller plus vite dans notre appréhension du monde. L’étiquette donne une vision partielle de la personne et l’assimile à son comportement.
Elle n’est pas indélébile, elle se décolle.
Sortir de ses étiquettes permet de rester curieux de l’autre comme de soi-même

Allez hop, je me lance ! 

A vous de jouer chers auditeurs, 2 mn pour penser à une étiquette qui vous colle à la peau! Choisissez une ou deux habiletés et commencez votre travail de décollage !

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Je pratique la pensée positive

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La couleur de nos pensées est liée à la couleurs de nos émotions. En fait, vivre une émotion agréable nous entraîne à vivre une pensée positive. Alors que vivre une émotion désagréable nous entraîne à vivre des pensées négatives.

La nuisance des pensées négatives

Le vécu

Vous l’avez certainement déjà expérimenté : quelquefois, des pensées négatives se forment dans notre esprit et tournent en boucle. En réalité, ces pensées nous enlèvent une grande partie de notre énergie et nous empêchent de nous concentrer. Pensées sombres, pensées noires, pensées limitantes… D’ailleurs, quelles que soient leur couleur, leur forme, elles impactent notre perception, notre comportement (isolement, mauvaise humeur, agressivité, tristesse). De ce fait, ça impacte les relations avec notre entourage.

La remarque d’un proche qui nous blesse. Ou bien une erreur commise au travail qu’on ressasse, une mauvaise nouvelle, une rupture amoureuse… Tous ces événements qui peuvent jalonner notre vie ont un vrai pouvoir de nuisance sur notre bien-être. D’ailleurs, ils nous entraînent souvent dans un processus d’auto-accusation, de jugement et de généralisation. Rien de tel pour alimenter nos fausses croyances et nous conforter dans des scénarios limitants (voir Bulle de Bonheur #29 je dépasse mes croyances).

Les types de pensées négatives

Les développements récents de la psychologie ont mis en évidence l’importance de la manière de penser et ont permis d’identifier des “types” de pensées négatives. En voici quelques exemples :

Le filtre mental 

C’est celui qui nous amène à focaliser sur le négatif et à ignorer, voire dévaloriser le positif. Par exemple, après un dîner où j’ai fait trop cuire la viande, où un invité n’a pas pris de dessert et où le diner prévu dehors à fini à l’intérieur à cause d’une averse. Si on me pose la question “comment ça c’est passé”. Je vais répondre. “c’était totalement raté : il faisait un temps de cochon, mon plat était trop cuit et certains n’ont pas aimé mon dessert”.

L’utilisation des verbes devoir et falloir 

devrait, ne devrait pas, doit, il faut. En fait, ces verbes amènent à penser que nous sommes privés de choix, que nous sommes contrôlés par l’extérieur.

Les étiquettes, le blâme, la victimisation

Mettre une étiquette. Au lieu de se dire “je me suis trompée”. Je dis “je suis nul”,“je ne suis pas une manuelle”…

Le blâme, c’est s’accuser à tort ou accuser les autres… “c’est de ma faute, j’aurais dû y penser” ou “mes parents ne m’ont pas appris à demander”

La victimisation : “pourquoi moi ?” – “c’est à cause de…” – “ce n’est pas ma faute” – “oui,,, mais…”. La victime rejette la responsabilité sur l’extérieur.

On imagine bien que ces façons de penser vont aller contre la construction d’une bonne image de soi, car notre manière de penser est en lien direct avec l’estime de soi.
Mais la bonne nouvelle, c’est que notre manière de penser peut changer !

Et si je créais mon incubateur de pensée positive ?

Ouvrir la voie à la pensée positive

Les pensées négatives pompent notre énergie et nous ôtent nos forces. En fait, stopper totalement ces pensées est certainement illusoire dans un premier temps. Cependant, les limiter est possible. En définitive, c’est nécessaire de s’y atteler pour éviter d’alimenter ces pensées et leur donner de la force. Comme à l’image de la petite boule de neige qui dévale la pente et grossit de plus en plus en plus pour finir par devenir un obstacle bien réel.

Couper la source d’alimentation

Mettre fin à ses idées négatives peut d’abord se faire en coupant la source d’alimentation de ces pensées. Tout d’abord en identifiant cette source et en veillant à s’en éloigner. Par exemple, les nouvelles télévisées, blog, personnes déprimantes …. Ensuite, en provoquant nous même la coupure par une action qui va mettre fin à la rumination. Comme méditer, bouger. En réalité, l’activité physique va permettre de débrancher le mental.

Déprogrammer son cerveau

Plus difficile mais plus efficace aussi, réduire ses pensées peut se faire aussi en “déprogrammant” notre cerveau.
C’est pourquoi, Elisha Goldstein, doctorant et auteur du récent «Uncovering Happiness» («révéler le bonheur») propose une méthode pour venir à bout du cercle infernal dans lequel nous emportent nos idées négatives. En définitive, il s’agit de déconstruire notre schème de pensée, c‘est à dire déconstruire chacune des 4 étapes du processus par lequel se produisent nos idées négatives.

Comment pratiquer la pensée positive ?

Les bonnes questions

  1. 1 – noter vos pensées négatives.
  2. 2 – coucher sur papier les sensations physiques qu’elles produisent.
  3. 3 – écrire les émotions associées
  4. 4 – être attentif à décrire votre comportement.

En fin de compte, l’idée est ensuite de reproduire la même méthode à chaque fois que se présente un cycle de pensées négatives, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’il disparaisse.
Comme le suggère Eckhart Tolle (Bulle de Bonheur #25 le pouvoir du moment présent), il s’agit de se faire l’observateur de nos propres pensées. Afin de permettre à notre mental d’évite de prendre le pouvoir sur nous mais que nous reprenions le pouvoir sur notre mental.

Cependant, il est possible que vous ne puissiez pas identifier tout de suite vos pensées négatives. Car celles-ci, nous l’avons évoqué, peuvent être tellement inconscientes qu’il nous est impossible d’associer notre état (malaise, anxiété, découragement…) à une pensée. Alors, Elisha Goldstein propose d’observer nos mauvaises habitudes. Mais aussi, les comportements qui nous découragent, nous énervent. Souvent, ce seront des comportements qui sortent de la normale par leur excès. Comme trop boire, trop manger, trop stresser, trop culpabiliser… En vous concentrant sur ces attitudes, vous parviendrez à remonter à la source de vos pensées. 

Etre créateur de notre pensée positive

En psychologie positive, les recherches se sont portées sur le pouvoir de la pensée positive, et notamment sa capacité à nous faire vivre l’expérience d’émotions positives. Ainsi, elles ont pu mettre ainsi en relief le processus par lequel nous allons pouvoir réduire nos pensées négatives. Alors, nous pourrons effectuer des transformations et retrouver une attitude plus rationnelle.

Etre acteur de nos pensées ne signifie pas nier ou mettre de côté nos pensées négatives, mais savoir mettre le focus sur la pensée positif et générer ainsi un cercle de pensées plus vertueux.

Nous avons déjà évoqué plusieurs façons d’influencer positivement notre pensée :
   – pratiquer la gratitude (Bulle de Bonheur #20)
   – utiliser un langage positif (Bulle de Bonheur #31)
   – faire preuve d’optimisme  (Bulle de Bonheur #23)
   – cultiver la joie (Bulle de Bonheur #9)
   – pratiquer la visualisation et remplacer le négatif par le positif (Bulle de Bonheur #29 je dépasse mes croyances)

Le principe de Losada

Répétons le, il ne s’agit en aucun cas de se dire que nous devons éradiquer toute pensée négative… Avec le nombre de pensées que nous avons par jour (environ 6000). Et aussi, le nombre de sources négatives qui nous entourent, c’est impossible. En réalité, il s’agit seulement de les compenser en produisant davantage de pensées positives, afin de parvenir au fameux ratio de Losada.

Ce ratio a été mis en évidence par Marcial Losada, un chercheur mexicain qui a beaucoup observé les interactions humaines. Tout d’abord, il a déterminé que les relations harmonieuses, satisfaisantes étaient celles dans lesquelles on comptait au moins 3 remarques ou commentaires positifs pour 1 remarque ou commentaire négatif. Ainsi, si j’ai 3 fois plus de pensées positives que de pensées négatives, alors mon cycle de pensées aura une influence positive sur mon comportement. 

Pratiquer la pensée positive avec Gaël Chatelain

Enfin, Bulle de bonheur vous partage la proposition de l’écrivain et conférencier Gaël Chatelain. En effet, ces propos semble bien résumer plusieurs des trucs que nous vous avons proposés jusqu’à présent pour mettre plus de bulles de bonheur dans votre quotidien. Comme une sorte de rituel au fond, l’idée est de pratiquer 4 pensées positives :

  1. 1 – aujourd’hui, je vais faire quelque chose d’utile (y penser donne un but et énergise)
  2. 2 – aujourd’hui, je vais faire quelque chose pour moi
  3. 3 – je suis quelqu’un de bien (ridicule ? Persistez, vous allez trouver ça très bénéfique !).
  4. 4  – je suis vivant (oui, c’est basique mais cela fait du bien !). 

Le mémento de la pensée positive

  • Les pensées négatives nous enferment et limitent nos choix.
  • Pratiquer la pensée positive permet de se mettre dans un cercle vertueux car nos pensées influencent notre perception donc nos choix et par conséquent nos comportements.
  • Je peux pratiquer des pensées positives avec la gratitude, la visualisation créatrice, le langage positif ou encore l’optimisme … 

Allez hop, je me lance !

A vous de jouer ! 2 mn pour identifier une situation qui a généré des pensées négatives. Inversez votre mode de pensée et trouvez 3 éléments positifs pour chaque élément négatif que vous aurez relevé. 

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Je surmonte mes échecs

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Si je voyais dans l’échec une opportunité pour mieux me connaître et évoluer ?

Nous avons parlé du regard des parents sur leur enfant qui tombe des centaines de fois (2000 fois en moyenne paraît-il !) avant de savoir marcher, mais nous pouvons aussi faire référence à des personnes célèbres comme Thomas Edison qui a déposé plus de 1.000 brevets, mais a fait face à chaque fois à une longue série de ratés. On raconte que pour créer la première ampoule électrique, il a dû s’y reprendre des milliers de fois.
Nous pouvons aussi évoquer Charles Darwin, élève médiocre, qui abandonne successivement ses études de médecine et de théologie avant de devenir un des plus grands naturaliste de l’Histoire, ou encore JK Rowling qui a subi bien des revers avant le succès de Harry Potter.
Nous oublions trop souvent de percevoir les échecs comme des expériences. Bien entendu, ces expériences pourront être désagréables, mais elles seront toujours utiles : pour repérer ce qui n’a pas fonctionné et éviter de le refaire, pour identifier un point à améliorer, une faiblesse à combler.

Alors, comment voir dans l’échec un moteur de changement et de progrès ?

1 – Situer l’échec dans son juste contexte

Situer un échec, c’est d’abord arrêter de le prendre de manière personnelle, comme s’il émanait d’une volonté extérieure qui était dirigée juste contre nous, qui nous empêchait d’avancer et d’avoir droit au bonheur (d’où les sentiments de colère mais aussi d’injustice qui peuvent surgir devant un échec).
C’est également penser l’échec comme le produit d’un ensemble de paramètres, dont certains sont dépendants de nous. C’est donc accepter que nous avons une part de responsabilité dans le fait de ne pas être parvenu au résultat que nous souhaitions (par exemple, si j’ai raté un examen, je peux reconnaître que le jury était particulièrement strict mais que sur plusieurs points j’ai manqué de connaissances et donc d’assurance).
Cette modification de notre perception nous invite à regarder l’échec dans un cadre plus large, qui nous permettra d’analyser les causes de notre échec de manière beaucoup plus objective et réaliste.

2 – Relativiser

Vous vous souvenez peut-être de ces fameuses lunettes que nous portons et qui nous font voir le monde avec une vision qui nous est propre ? Cette vision nous amène souvent à déformer la réalité donc il est toujours utile d’essayer de prendre du recul et de se demander si notre classification dans la case “échec” n’a pas été un peu rapide et exagérée.
La technique de la réfutation dont nous avons parlé à propos de nos croyances limitantes (Bulle de Bonheur #29) peut s’avérer bien utile ici aussi : est-ce vraiment un échec ? Sur quels critères je me base pour dire cela ? Mon conjoint, mes amis, mon boss voient-ils la même chose que moi ? Que restera-t-il de cet événement dans 3 ou 5 ans ?

3- Voir l’échec comme une étape vers la réussite

L’apprentissage de la marche, Edison, Darwin, les musiciens, les sportifs… Tous ces exemples témoignent de la nécessité de passer par des échecs pour mieux réussir après. Comme les Nord-Américains l’enseignent très tôt à l’école, l’échec fait partie de notre processus normal d’apprentissage. Dans cette vision, l’erreur a une signification beaucoup plus positive : elle est mieux acceptée car on la voit comme un indicateur positif. Elle nous montre ce que nous devons travailler, améliorer ou encore ce que nous devons éviter. Car oui, chaque échec est porteur d’une leçon !

4- Identifier la leçon que l’échec renferme

Une expression populaire nous dit “savoir tirer les leçons de ses échecs” ? Lorsque vous avez le sentiment de vivre un échec, demandez-vous ce qui se cache derrière l’autre facette de l’échec. Derrière le côté désagréable, frustrant de ne pas arriver à ce qu’on souhaite, il y a en effet matière à tourner la situation à votre avantage. Humilité, volonté, et réflexion vont être nécessaires : volonté pour sortir de la rancoeur, pour arrêter de ressasser – temps de réflexion pour analyser la situation, faire le point sur ce qui n’a pas fonctionné mais aussi sur ce qui a fonctionné. 

Cela permet de connaître les éléments que vous allez poursuivre, ceux que vous allez éviter ou travailler. Vous allez ainsi pouvoir vous fixer de nouveaux objectifs. Par exemple au bureau, vous travaillez d’arrache pied sur un appel d’offre et votre projet est recalé. La déception est là, cependant, pester, râler, en vouloir à la Terre entière, rendre les autres responsables vous empêche d’avancer. Alors qu’essayer de prendre du recul, analyser les raisons de cet échec, comprendre ce qui a fonctionné et moins bien fonctionné vont vous faire avancer, tant vous que vos équipes.

5- Partager

Parlez avec votre entourage : votre conjoint, vos amis ou quelqu’un de votre famille, un collègue, un professionnel peut vous aider à traverser ce que vous vivez comme une épreuve. Déposer les émotions désagréables qu’a généré la situation d’échec, prendre du recul, analyser les causes de l’échec ou envisager de nouvelles pistes… Il peut être utile de sortir de sa solitude et de partager avec des personnes de confiance.
Et rappelez-vous que vous n’êtes pas ce que vous faites ! L’échec d’un projet n’est pas l’échec de votre personne.

Bienfaits

L’échec est un élément pour notre développement et notre croissance. Il est une mise en lumière de nos manques, un instrument de connaissance de soi et un indicateur précieux sur nos chemins de vie.
L’échec nous rend plus lucide et plus combatif.
L’échec est source de créativité : il invite à se réinventer et à trouver de nouvelles solutions.

En bref

Je retiens cette semaine :

  • L’échec fait partie du processus normal de l’apprentissage.
  • Changer de regard sur l’échec permet de le voir comme une expérience, un outil de connaissance de soi, d’ouverture et de croissance.
  • L’expérience c’est une fenêtre qui s’ouvre sur de nouvelles opportunités.

Allez Hop, je me lance !

A vous de jouer chers auditeurs, transformez vos échecs en expérience et prenez 2 mn pour réfléchir aux apprentissages et aux nouvelles opportunités rencontrées à la suite d’une expérience difficile.

Avec Bulles de bonheur, prenez le temps d’être heureux !

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Je sors des rapports de force

Retrouvez notre podcast Bulle de Bonheur sur Itunes ou Spotify chaque jeudi ! Abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire #LaPétillante : des conseils, des surprises, des cadeaux !

Je me rends compte que certaines situations s’enveniment et cela crée des rapports de force insidieux que je n’arrive plus à gérer.Du fait que nous soyons chacun des êtres singuliers et uniques, porteurs de besoins propres, il est inévitable que nous ayons des désaccords avec notre entourage.

Mon attitude en cas de rapports de force

La gestion du problème

Quand nous y faisons face, il est courant que chacun défende son territoire. Chacun cherche à faire respecter ses besoins et ses valeurs et à y faire adhérer les autres. Ainsi, quand un besoin d’ajustement s’annonce. La tendance est de rentrer dans des rapports de force au lieu d’aller vers la coopération. Ce n’est donc pas le désaccord qui est problématique mais la façon dont nous allons le gérer.

Ces rapports de force sont présents dans tous les domaines. Dans le couple, avec les enfants (les enfants savent aussi très bien les exercer), au travail, avec des amis et même lors de rencontres ponctuelles. D’ailleurs, certaines disputes sont tellement répétitives qu’on pourrait à l’avance prévoir les répliques de chacun. Et même imaginer la fin avec une porte qui claque, une bonne insulte ou un torrent de larme.

Un ado et sa mère

Prenons l’exemple d’un ado campé sur son lit en train de chatter sur les RS.  Sa mère rentre dans sa chambre, et lui demande. “Ne me dis pas que ton travail est fini !”. Evidement, l’ado énervé du ton inquisiteur de sa mère réplique. “ Je bosse depuis des heures… Comme d’hab’ tu ne me fais pas confiance”. En réalité, la mère piquée réplique. “Ca n’a rien à voir, mais quand je vois tes notes je doute sur le temps que tu passe à travailler”. Pour finir, l’ado exaspéré répond. “bla bla bla tu penses travail travail, t’as que ça à la bouche travail travail !”. La mère énervée : ” puisque tu me parles comme ça, je te prive de sortie samedi !”. Et là crise… Je vous laisse imaginer la suite… Le nombre de fois que j’ai entendue cette histoire dans mes accompagnements…

Quels sont les jeux de pouvoir en place dans cette histoire ?

Le parent qui prend le contrôle sur les sorties de son enfant. Un fort jeu de culpabilisation. Le parent qui culpabilise son ado pour qu’il travaille. Ou encore, l’ado qui cherche à mettre son parent en défaut dans son rôle d’éducateur

Le triangle dramatique, dit “Triangle de Karpman”

Un outil de l’analyse transactionnelle pour comprendre les rapports de force

Cet outil d’analyse transactionnelle a été élaboré au cours des années 60 par Steve Karpman, psychologue américain et élève d’Eric Berne. Son idée est de mettre en évidence les rôles que nous jouons dans une relation négative, frustrante, décourageante. Selon ce modèle, nous avons tendance, dans ces situations, à jouer des rôles.

3 rôles ont été mis en avant : le rôle de Victime, le rôle de Persécuteur et le rôle de Sauveur. En fait, 3 rôles ne signifient pas nécessairement 3 protagonistes. En effet, 2 personnes qui interagissent l’une avec l’autre peuvent jouer ces différents rôles, les alterner et même les cumuler.
Dans notre exemple : l’ado se sent victime d’un parent persécuteur, le parent persécuteur se sent persécuté par les notes de son enfant.

On sait qu’on circule dans ce triangle dès :
– qu’on obtient un résultat contraire à celui que nous voulions
– quand on a la sensation d’avoir dépensé de l’énergie à un échange peu productif
– quand on a l’impression de s’être fait avoir
– que c’est un sujet qui revient toujours sur le tapis

En définitive, prendre conscience des rôles que nous jouons et comprendre comment nous participons, souvent malgré nous, à ce triangle relationnel. En réalité, le bourreau ne peut pas exister sans victime par exemple. C’est un moyen extrêmement efficace pour nous aider à sortir de ces rôles qui sont épuisants et destructeurs. Ainsi, c’est nous permettre de sortir des rapports de force.

Le persécuteur

C‘est celui qui dit “tu ne sais pas”, “ tant pis pour toi” “j’ai raison”.
Il prend le rôle de l’agresseur, de l’attaquant. Le persécuteur peut être une personne, mais aussi un élément abstrait (l’alcool, la société, un évènement …). Effectivement, il est généralement perçu comme négatif. Mais peut dans certaines situations, être perçu comme innovateur, initiateur, voire source d’une salutaire remise en question. Ainsi, le persécuteur a appris par expérience que les autres cèdent plus facilement quand il a un comportement excessif. D’ailleurs, il est dénué d’empathie, se sent légitime pour appliquer ses règles et fait passer ses intérêts en premier. Le rôle de bourreau permet de libérer de l’agressivité et souvent de masquer un manque d’estime de soi.

Le sauveur

C‘est celui qui dit “les autres ont besoin de moi”, “je vais régler ça”,”laisse moi m’en occuper”.
Il a le rôle du protecteur, du chevalier blanc. A première vue, ce rôle est perçu comme positif alors qu’il contribue souvent à renforcer la dynamique du triangle dramatique. En effet, il attend un persécuteur pour justifier son existence et une victime à sauver.
C’est un rôle très gratifiant d’un point de vue narcissique mais qui place la victime en incapacité. Le sauveur finit souvent par s’épuiser et quand il réalise que la victime n’a pas “envie” d’être aidée. Alors, il lui en veut d’avoir abusé de son temps et de son énergie et peut devenir alors à son tour persécuteur.

La victime

C’est celle qui dit “je n’ai pas de chance”, “on m’en veut”, “je ne peux pas y arriver seule”.
Il s’agit du rôle de la personne qui subit l’agression du persécuteur, et qui a compris qu’on peut facilement obtenir de l’aide et attirer l’attention sur soi. Dans ce cas, la victime a tendance également à se déresponsabiliser. En fait, c’est de la faute des autres ou de la malchance. En réalité, bien que triste et insatisfaite, la victime ne cherche pas véritablement à échapper à son bourreau car cette posture de martyre lui confère aussi une existence. Elle compte sur autrui pour lui apporter force et joie.
C’est un rôle qui attire le sauveur et le persécuteur (une attente qui sera remplie ou non par l’entourage).

Comment se sortir en pratique des rapports de force ?

Prendre conscience des rapports de force

La première étape pour parvenir à sortir du triangle de Karpman est de prendre conscience de cette situation et du rôle que nous y jouons. Repérer tout d’abord “l’appat qui nous fait plonger dans le triangle” : réflexion, attitude, comportement… 

Ensuite, mettre des mots sur les comportements et les traits psychologiques propres à chaque rôle nous permettra d’analyser les stratagèmes que chacun (nous, l’autre) met en place et qui nous maintiennent enfermés dans cette dynamique relationnelle. Cela peut être difficile car comme nous l’avons vu. En effet, chacun tire un intérêt de son rôle (attirer l’attention, se sentir utile, libérer son agressivité…), et la peur de perdre cette place peut nous empêcher de vouloir changer.

En fait, il va donc être nécessaire dans un premier temps de passer du rôle d’acteur à celui d’observateur. Ensuite redevenir acteur, mais un acteur de changement, capable d’agir différemment et de satisfaire nos besoins avec d’autres moyens.

Sortir de son rôle dans les rapports de force

Puiser dans ces expériences passées

Si je me rends compte que je joue le rôle de la victime, il est nécessaire que je me concentre sur mes capacités. En cherchant dans mes expériences passées. Je peux demander à mon entourage. Je vais trouver des situations où j’ai été capable de me défendre, me faire respecter, de réussir seule. Identifier mes forces va m’aider à les mobiliser pour les utiliser et non attendre que la solution viennent des autres.

Evidemment,  je peux avoir besoin d’aide extérieure pour un point précis. Cependant, c’est à moi de l’identifier et d’en faire la demande. Alors, je dois prendre conscience que dans une relation, chacun est responsable de son bout de la relation. Finalement, rejeter la faute sur l’extérieur est un leurre.

Faire preuve de vigilance

En tant que sauveur, je dois prendre conscience que la victime m’en demandera toujours plus. Et que je suis en train de me vider de mon énergie. Donc, je dois faire preuve de vigilance et veiller à ce que mon aide réponde à une réelle demande. Egalement, j’ai le souci de laisser la “victime” autonome et responsable. Par exemple, l’inviter à trouver les outils qui lui permettront de s’en sortir par elle-même. Comme une thérapie, aides sociales, associations, etc. Finalement, j’accepte que je ne peux pas sauver le monde, et que mon besoin d’être aimé et d’aider peut être satisfait différemment.

Lorsque j’agis comme un persécuteur, j’essaye d’apprendre à gérer autrement mon agressivité et ma colère. Il est essentiel également que je modifie mon mode de communication pour m’adresser aux autres sur un ton moins autoritaire et moins critique. Il peut être utile aussi que je me demande de quoi je me cache en endossant ce costume de persécuteur.

Faire le miroir

Faire le miroir consiste à jouer le même rôle que votre interlocuteur. Ainsi, s’il joue la victime, vous faites la victime, s’il joue le sauveur, faites le sauveur… C’est une bonne façon de bloquer le jeu car vous évitez de jouer le rôle complémentaire. Cela lui envoie un message clair. Vous n’êtes pas complémentaire et ne pouvez donc pas être son partenaire de jeu. Ainsi, si quelqu’un vient régulièrement se confier à vous en se plaignant de ses difficultés. Du genre, “personne ne me comprend, c’est toujours sur moi que retombent les corvées”. Alors, parlez lui à votre tour de vos problèmes, de vos ennuis. Placez vous dans la position de celui qui attend de l’aide de l’extérieur.

Clarifier les propos

Demandez de clarifier très précisément ce qui est attendu de part et d’autre dans la relation peut aussi aider l’interlocuteur à prendre du recul. Et aussi se décaler par rapport à son rôle. Utiliser les techniques de communication de la description (voir Bulle de Bonheur #31). C’est à dire être factuel et informatif, tout en restant bienveillant et le plus neutre possible. Cela va permettre de s’ancrer dans le présent et la réalité, et éloigner chacun des protagonistes du jeu affectif et émotionnel souvent présent dans ce type de relations.

Les astuces pour sortir des rapports de force

  • La confrontation, les désaccords entre les personnes sont inhérents à notre nature humaine.
  • Quand le conflit devient destructeur, comprendre nos rôles, victime, sauveur et persécuteur, à travers le triangle de Karpman est une clé pour sortir de ce jeu psychologique néfaste.
  • Quitter notre rôle, faire le miroir, clarifier nos propos peuvent être des idées pour sortir du triangle.

Allez hop, je me lance !

A vous de jouer ! 2 mn pour identifier une situation où vous vous sentez bloqué, mal à l’aise, coupable ou en colère. Regardez cette situation à travers le triangle de Karpman pour identifier les rôles de chacun et choisir ce que vous allez mettre en place pour provoquer un changement.

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Je prends le temps d’être heureux avec Brigitte Bédard

Introduction

Dans notre quête de recherche de bulle de bonheur, écouter les secrets des gens heureux est un super moyen, pour vous, de capter des bulles de bonheur !
Aussi, nous sommes convaincus que les gens heureux ont des histoires à raconter et ça reste trop secret !

Aujourd’hui, Brigitte Bédard vient égayer nos ondes de sa joie de vivre et de sa profondeur. De fait, nous avons été touchés par son livre « j’étais incapable d’aimer » où elle retrace son chemin pour accéder au bonheur.

Brigitte Bédard a le désir d’être heureuse et c’est ancré au plus profond d’elle-même !

Elle a cherché des bulles de bonheur avec acharnement dans 1000 directions. Que ce soient la cocaïne et l’alcool, le sexe sous toutes ses formes qu’elles soient hétéro, bisexuelle, homosexuelle.

Avec un difficile constat d’échec à chacune de ses tentatives. Finalement, sa volonté, son acharnement, sa curiosité lui ont montré une nouvelle voie. Celle de la spiritualité qui lui a ouvert un nouveau champ, un nouveau sens et les bulles de bonheur sont arrivées en masse !

Brigitte Bédard, une nouvelle vie

Aujourd’hui, Christine est mariée, à la tête d’une famille renouvelée  de 6 enfants. De plus, elle exerce le métier de journaliste et chroniqueuse à la télévision (La Victoire de l’Amour, TVA) ainsi qu’à la radio (On n’est pas du monde, Radio VM). Celle-ci vient de sortir un livre passionnant, « J’étais incapable d’aimer » qui retrace son parcours vers la joie. Novalis a édité ce livre au Québec et les éditions Arpège en France. Il est donc disponible dans toutes les librairies et sur Amazon. Nous vous le recommandons vivement et vous incitons à le lire ! Une fois commencé, c’est difficile de l’arrêter !

Cette interview a été une source de joie incroyable, nous avons aimé sa compassion, sa vision tellement positive du couple ! en effet, c’est un concentré de bulle de bonheur…

Et maintenant, nous vous souhaitons une belle écoute !

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Je parle positif

Parler positif

On entend tellement parler de communication qu’on oublie peut-être que communiquer ne se résume pas uniquement à transmettre un message ! Communiquer consiste à s’assurer que notre message a été transmis ET compris. Mais également que ce message est adéquat à la situation… Or pour envoyer un message adéquat, encore faut-il avoir bien entendu ce qui nous a été dit… Ce qui signifie que communiquer, c’est d’abord savoir écouter !

Cela étant dit, pour qu’un message soit émis et réceptionné avec efficacité, on doit s’assurer qu’émetteur et récepteur sont en état de marche. Cette vérification permet en effet d’éviter les parasites qui viendraient perturber la transmission de notre message.

Se mettre dans un bon contexte

La 1ère chose à faire est de se mettre dans un contexte idéal à une bonne communication. Est-ce la bonne personne ? Le bon lieu ? Le bon moment ?

Vous pouvez ainsi vous demander si parler de mes problèmes de couple à mon enfant est adapté. Si c’est adéquat de reprocher, au milieu du dîner familial, à mon enfant de ne pas avoir rangé sa chambre ou de donner une information majeure à un collaborateur entre 2 portes.

Le moment de communiquer renvoie tant à la disposition de l’autre qu’à ma propre disposition : stress, fatigue, excitation… Ce sont autant d’éléments qui peuvent venir perturber un message.

Nous excluons ici les cas où la communication est un enjeu de pouvoir. C’est à dire les situations où la menace, le chantage, l’insulte ou encore le dénigrement seraient utilisés. Nous considérons en effet que le dialogue n’est pas possible tel que nous l’envisageons, à savoir un échange respectueux de chacun.

Parler positif, c’est aussi savoir écouter

Communiquer sera donc envisagé dans ce podcast comme la capacité à savoir écouter et savoir choisir les mots que nous utilisons pour nous exprimer. En veillant à ce que notre échange ne soit pas brouillé par des parasites.

Parler positif commence par écouter

En ce qui concerne l’écoute, nous vous proposons de vous renvoyer à notre podcast Bulle de bonheur #28 j’apprends à écouter. En nous souvenant notamment que nous avons 1 bouche mais 2 oreilles !! Et que nous avons souvent des mauvaises habitudes, comme celle de confondre “écouter” avec “entendre” !

Une communication constructive

L’écoute, nous l’avions dit, est le premier élément d’une communication constructive. Elle nécessite de l’attention, de la patience, une présence à la fois physique et psychique.

Elle favorise la qualité des relations et est particulièrement importante pour que les enfants puissent se développer dans un univers respectueux et bienveillant . En effet, les messages des enfants sont rarement innocents. Ils sont souvent codés et doivent être déchiffrés. L’étape de l’écoute sera donc essentielle pour que nos réponses soient mieux adaptées à leurs besoins.

Quand un enfant raconte un événement ou pose une question s’y rapportant, il est souvent préférable de réagir. Non pas à l’événement (on n’en a qu’une partie !) mais à l’impact relationnel que l’événement suscite, c’est à dire aux émotions qui en découlent.

Exemple

Prenons l’exemple de votre enfant qui rentre furieux de l’école parce qu’il s’est fait punir alors qu’il vous dit qu’il n’a rien fait. Au lieu d’aller chercher à connaître la vérité (“Tu es sûr que tu n’as rien fait ?” ou “c’est curieux, ce n’est jamais de ta faute”), centrez-vous sur les effets qu’a cet événement sur lui. Observez son corps, ses émotions (si besoin, vous pourrez ensuite les reformuler). Abstenez-vous de jugements, de critiques, de questions inquisitoires… Cela évitera de mettre votre enfant sur la défensive et lui permettra de parler plus facilement et librement. Mais aussi de faire retomber ses émotions (elles l’empêchent de raisonner) et souvent de l’amener lui même à son auto-évaluation.

Mais, allez-vous me dire, on ne peut pas uniquement écouter, on doit bien parler aussi !

Parler positif, c’est aussi s’exprimer

S’exprimer, c’est choisir les mots que nous devons utiliser pour répondre à notre interlocuteur, des mots qui sont le reflet de nos besoins.

Comme l’écoute, s’exprimer demande aussi une certaine disponibilité physique et psychique. A nous de repérer ce qui peut nous faire déraper. Puisque la communication est le fait de 2 personnes au moins, émetteur et récepteur ont chacun leur part de responsabilité.

Nous avons nos propres “parasites”, c’est à dire des déclencheurs internes (manque de sommeil, problème professionnel, système de valeurs, expériences…) et externes (mauvaise humeur d’un proche, attitude de votre patron, grève…). Ces parasites peuvent venir perturber notre écoute et notre expression. Connaître ces déclencheurs vous permettra d’éviter des débordements et d’avoir des réactions plus adaptées.

Quels mots ?

Quels mots utiliser ? Ces mots, nous les connaissons souvent. Cependant, nous avons plus de mal à les utiliser sous l’emprise de nos émotions et lors de notre quotidien familial.

Prenons l’exemple de notre mode de communication en famille et imaginons la situation où l’une de vos amies oublie son parapluie après avoir dîné chez vous. Allez-vous lui courir après pour lui dire : “Sophie, mais ce n’est pas possible, tu as encore oublié quelque chose. C’est quoi ton problème ? A chaque fois que tu viens à la maison, tu oublies un truc. Tu vis vraiment sur une autre planète toi !”

Sans doute pas ! Et pourtant ne le faisons-nous pas souvent avec nos enfants ou avec notre conjoint ? Sans le vouloir, nos mots peuvent blesser, étiqueter, attaquer l’estime de soi. Et à y bien réfléchir, notre façon de nous exprimer est souvent peu aidante. En reprenant la situation de Sophie, est-ce que cela va lui permettre de penser la prochaine fois à prendre toutes ses affaires ????

Et si je changeais ma façon de m’exprimer ?

Voici quelques principes d’une communication positive et bienveillante, le parler positif, qui ont prouvé leur efficacité sur la qualité de la communication et par conséquent des relations.

Parler en forme affirmative :

Apprendre à exprimer l’action à faire est plus efficace, cela donne une indication plus précise de ce que nous attendons, et le cerveau capte mieux ce type de message. En effet, la neuro-linguistique nous prouve que le cerveau enregistre avec difficulté la négation (“ne… pas”, “ne…. jamais”…) et retient en revanche plus rapidement l’action affirmative (vous connaissez sans doute la célèbre injonction “ne pensez pas à un éléphant rose” qui nous amène à immédiatement penser à un éléphant rose !!!!).

Apprenons donc à nous exprimer en forme affirmative et positive (le parler positif) et transformer nos phrases habituelles en supprimant la négation. Par exemple :
au lieu de dire “ne me coupe pas la parole”, dites “laisse moi terminer ma phrase”
au lieu de “ne frappe pas ton frère”, dites “les coups sont interdits dans cette maison”
au lieu de dire “ne cours pas”, dites “marche”
au lieu de dire “n’oublie pas…”, dites “pense à…” …

Etre clair et concis

Pensez aussi à émettre des règles ou des consignes claires. Etre clair, ça veut dire être précis, concis et affirmatif !

Evitez donc les “pas trop longtemps”, “pas trop tard” et déterminez plutôt une durée limitée ou une heure précise.
Gardez-vous des phrases avec des mots trop généraux ou abstraits.

Avec les enfants par exemple, les injonctions “sois sage”, “sois gentil”, “tiens toi bien” ne disent pas ce que l’enfant doit faire. L’enfant peut être perdu ou faire “de travers” car ces mots ont des significations différentes selon les personnes ou parce qu’ils recouvrent une réalité qui est inconnue de l’enfant.

Donner des actions à accomplir

Donner des actions à accomplir (“le dos droit et les 2 fesses sur la chaise !”) et faire attention à l’implicite (ce qui est évident pour nous, ne l’est pas forcément pour l’autre). Cela améliore vraiment l’efficacité de notre message.

Conseils pour parler positif

Petits conseils divers, parmi de nombreux autres !

Conseils sémantiques : bannir les TOUJOURS, JAMAIS, ENCORE. Ces termes enferment, condamnent et amènent le récepteur du message à penser que le changement n’est pas possible ou que vous le voyez toujours de la même façon !!

Encouragez et complimentez. A dose homéopathique et de façon circonstanciée mais nécessaire pour tout effort, tout changement accompli (un prochain podcast sera consacré spécifiquement aux compliments).

Parlez moins ! Evitez les sermons, les conseils… Laissez le temps et l’espace à l’expression. C’est particulièrement important pour que votre interlocuteur puisse trouver ses propres solutions et ses propres réponses.

Cela vaut évidemment pour les enfants, notamment pour favoriser leur autonomie. Au lieu de répondre trop vite à leurs questions, sollicitez plutôt leurs compétences : à ton avis ? Qu’est ce que tu en penses ? Que ferais tu ? Comment ferais tu ?

Pas d’urgence ! Certaines personnes (comme les adolescents par exemple !) ont l’art de nous mettre devant le fait accompli et de nous mettre la pression pour obtenir une réponse. Souvenez-vous qu’il y a rarement de vrais cas d’urgence. Quand on hésite, quand on a des doutes, qu’on a besoin de temps, il est important de différer notre réponse sous peine de regretter après nos paroles. Marshall Rosenberg, le père de la Communication Non Violente, utilise cette phrase : “Si tu veux une réponse maintenant, c’est NON. Si tu peux attendre (ce soir, demain…), ce sera oui ou non. Tu choisis !”

Savoir dire non à bon escient

Attention aux non trop rapides ! Il vous est peut-être déjà arrivé de vous demander après coup pourquoi vous aviez dit non à une demande.

S’il est bien entendu indispensable de savoir dire non, il arrive aussi que nous le prononcions un peu rapidement. Ce non, surtout quand il devient systématique, peut devenir une source de blessure, de déception voire de conflit.

Intéressant de se poser la question et de savoir à quoi notre non est lié. Au fait que ce n’est pas le moment ? (il peut être alors remplacé par un “oui quand tu auras fait…”) Ou bien au fait qu’il valide une règle, un interdit ? (alors il est justifié et peut être accompagné “non, tu connais la règle” et on s’arrête là !) Ou alors il me prend à défaut, j’ai en fait besoin de temps.

En bref

Une communication bienveillante (le parler positif) est une communication respectueuse de soi et de l’autre. Elle permet de favoriser la qualité de la relation et la compréhension. Elle invite à s’ouvrir sur nos différences mutuelles, et participe à notre bien-être et à celui de notre entourage.

Communiquer, c’est savoir écouter ET savoir s’exprimer dans le respect de chacun. C’est communiquer AVEC l’autre et non sur l’autre.

Communiquer nécessite une disponibilité physique et psychique.

Les outils pour s’exprimer de manière bienveillante et positive sont nombreux. Parler en JE, utiliser le mode affirmatif, privilégier la description, bannir l’évaluation et le jugement… Que ce soit une langue nouvelle ou déjà connue, la pratiquer accroît la qualité de nos relations, la compréhension de notre entourage et contribue au bonheur.

Allez hop, je me lance !

A vous de jouer ! 2 mn pour choisir un outil qui vous est proposé pour communiquer autrement. Comme le disait Einstein, “la folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent”, alors osez le changement !

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J’écoute mon intuition

Introduction

En Occident, on a longtemps privilégié la raison et le conscient au détriment de l’intuition et de l’inconscient dont on se méfiait. Si aujourd’hui, nous valorisons encore beaucoup le rationnel, nous laissons toutefois plus de place à l’intuition. Il suffit de regarder le nombre d’ouvrages en librairies, de conférences et de formations qui en parlent, pour s’en persuader !

Même la science s’est penchée sur la question. Sans parvenir à établir avec précision les origines de l’intuition, des avancées certaines ont été réalisées pour comprendre à quoi elle servait et comment elle pouvait se développer. La finalité de ces recherches étant principalement de savoir si cette fameuse intuition est fiable ou pas, s’il est bon de pouvoir se fier “à ses tripes” !

Avant de répondre à cette question, précisons ce que nous entendons par intuition.
Le mot est en effet souvent confondu avec “instinct”, et même si utiliser l’un à la place de l’autre ne vous empêchera pas d’être compris, il nous semble important de préciser ce que recouvrent ces 2 termes :

L’instinct :

Le dictionnaire le définit comme “la part héréditaire et innée des tendances comportementales de l’homme et des animaux”.
On parle par exemple d’instinct de survie lorsqu’on est face à un danger. Mais aussi d’instinct de protection lorsqu’on a un enfant.

La caractéristique de l’instinct est qu’il est commun à toute une espèce. Et qu’il pousse à l’action de façon automatique, dans un but de conservation de l’espèce.

L’intuition :

le professeur de psychologie David Myers la définit comme notre “capacité d’accès à un savoir direct offrant une connaissance immédiate et sans réflexion”.

L’intuition est donc cette petit voix qui vous aide à faire un choix, à accomplir vos buts, et dont la justesse vous apparaît instantanément comme évidente. Sans que vous disposiez d’une justification. On en parle quelquefois comme d’un 6e sens.

En mode intuitif, notre cerveau fonctionne comme un ordinateur qui traite extrêmement rapidement les données sans passer par la case langage. Cela qui nous donne des réponses spontanément, indépendamment de toute démonstration ou réflexion consciente.

Nous avons tous naturellement des intuitions

Par exemple sentir que quelqu’un cherche à nous berner, trouver le petit cadeau qui convient Ou encore appeler un ami au moment où il en a besoin… Nous utilisons notre intuition tous les jours (notre cerveau serait totalement épuisé s’il devait rationaliser chacune de nos décisions !)
Pour certains, cette intuition sera plus développée (on le dit des personnes à Haut Potentiel ou précoces par exemple). Mais en aucun cas l’intuition n’est l’apanage des individus aux facultés cognitives supérieures, ou l’apanage des femmes (désolée mesdames, il est aujourd’hui démontré que c’est un cliché et que cette croyance n’est pas fondée !)

A la différence de l’instinct qui vise à maximiser les chances de survie d’une espèce (exemple de l’instinct de reproduction), l’intuition sert des objectifs individuels (prendre des décisions, faire des choix…)

Croire à l’intuition

C’est un pré-requis : êtes-vous convaincu que votre intuition peut être un allié ? Si vous vous répétez “oh, avec moi cela ne marche jamais” ou “chaque fois que je me suis écouté, j’ai échoué”. Il est inutile de vous lancer dans l’aventure avec cet état d’esprit. L’intuition n’est certes ni un 6e sens magique (il faudra accepter les erreurs !) ni un don réservé à quelques privilégiés. Mais nous l’avons dit, elle est à la portée de tout le monde. Encore faut-il y croire et vouloir s’en servir !

Cela va nécessairement supposer de lâcher prise (nos fameuses résistances ! écoutez Bulle de Bonheur #21) et de savoir mettre un moment de côté notre mental (Bulle de Bonheur #25). Le mental qui peut agir comme une autre voix, si puissante qu’elle peut totalement étouffer la première (votre intuition).

Développer ses qualités sensorielles

On sait aujourd’hui que notre intuition “est connectée à notre banque de données sensorielles, toujours en mouvement. Elle s’adapte en permanence pour percevoir le moindre changement”. Les plus intuitifs sont donc ceux qui ont le mieux développé leurs qualités sensorielles.

Le développement de nos qualités sensorielles passe par une plus grande connexion à soi (écouter ses sensations, méditer, observer) et à ce qui nous entoure (Bulle de Bonheur #29).

Se connecter aux autres, c’est par exemple se placer dans cette fameuse attitude empathique dont nous avons parlé dans notre podcast sur l’écoute (Bulle de Bonheur #28). L’écoute empathique va en effet nous permettre d’effectuer un mouvement de décentrage, d’être plus réceptif à ce qui nous entoure et de sentir. Voire pressentir des choses, des événements qui seront déconnectés de nos propres projections (peurs, angoisses …).

Sans pour autant devenir “le Mentaliste”, développer notre intuition nous permet de mieux ressentir les choses.
Calme, attention et temps sont donc indispensables pour le faire.

L’intelligence intuitive

Cette conception de l’intelligence a émergé récemment. Elle est le produit de la réflexion de nombreux psychologues et chercheurs qui se sont insurgés contre une définition de l’intelligence réduite à la pensée logique et à la rationalité. Intelligence sociale, intelligences multiples, intelligence émotionnelle et intelligence intuitive ont ainsi fait leur apparition, bousculant la vision traditionnelle de l’intelligence.

“Chacun a la capacité d’être intuitif” affirme la neurologue Régine Zékri-Hurstel. “Chacun peut avoir accès à des données diverses pour évaluer un contexte ou une personne, être averti d’un danger ou trouver une solution nouvelle. Mais le véritable “plus” de l’intelligence intuitive, c’est de contribuer à notre bonheur (…) en nous donnant les codes d’accès personnalisés de notre bien-être sensoriel.”

“Ainsi branchés sur nos sens, réceptifs à nos émotions et à notre « petite musique intérieure », nous pouvons ressentir ce qui est vraiment bon ou mauvais pour nous”. Développer notre intelligence émotionnelle va donc passer par une meilleure conscience de soi et des autres.  Capacité à observer, à sentir, à capter les émotions, à connaître ses forces et ses limites… Pour nous permettre d’être plus réactif et mieux adapté à un monde qui est en perpétuel mouvement.

Intuition versus raison ?

Les scientifiques débattent depuis des années à propos du rôle véritable que joue l’intuition dans nos prises de décision. Et aucune théorie ne fait encore l’unanimité. Pour certains, nous avons 2 systèmes de pensée distincts (rationnel / intuitif) qui agissent dans des situations précises. Pour d’autres, nous avons plusieurs intelligences interdépendantes. D’autres enfin minimisent le rôle que pourrait jouer l’intuition dans nos choix.

Si les scientifiques montrent des désaccords, il est utile en revanche de s’intéresser à la pratique. Et notamment aux observations de terrain qui ont été réalisées pour étudier concrètement comment par exemple des pompiers, des infirmières, des managers ou des pilotes d’avion, agissent dans leur quotidien pour prendre leurs décisions.

La conclusion est que les deux systèmes de pensée ne sont pas exclusifs l’un de l’autre. Et que la prise de décisions relève majoritairement d’une part d’arguments rationnels et d’une part d’intuition. La proportion variant en fonction des personnes et des situations.

Intuition et raison ne sont donc pas antinomiques. Au contraire, savoir utiliser les 2 nous offrirait un immense champ de connaissances. Les connaissances conscientes de la raison et les connaissances souvent inconnues de l’intuition.

Les formations de manager et de leader s’appuient d’ailleurs sur cette double capacité de notre cerveau. Cela pour permettre aux dirigeants d’apprendre à prendre la bonne décision dans des situations où ils ont peu ou trop d’informations, ou quand ils doivent décider rapidement.

Bienfaits

Les psychologues Galang Lufityanto, Chris Donkin et Joel Pearson confirment une analyse déjà avancée par le monde scientifique et le domaine de la psychologie. “Faire usage de l’information inconsciente ne nous permet pas uniquement de prendre des décisions plus rapides. Cela nous permet de mener une vie plus en accord avec nos besoins et notre personnalité.”

L’intuition intervient comme une boussole

Cela pour prendre des décisions dans notre vie personnelle. Faire confiance, acheter sans raison un objet et découvrir après qu’il répond à un besoin, ressentir une sensation désagréable dans un lieu et conclure qu’il n’est pas fait pour nous…

Dans nos vies où les possibilités sont devenues infinies, l’intuition peut donc agir comme un guide intérieur, une opportunité de développer son autonomie et son harmonie intérieure.

L’intuition pour gagner du temps

Selon Vanessa Mielczareck, coach spécialisée en intuition, cette faculté “nous fait gagner du temps, nous rapproche de nos véritables aspirations, nous connecte à nos vraies ressources intérieures. Encore faut-il oser lui faire confiance”.

Est-ce à dire que notre intuition est toujours juste ? C’est un vrai débat là encore ! Nous pensons à Bulle de Bonheur que la prudence est de mise si nous sommes peu familiers avec ce système de pensée.

En effet, l’intuition peut venir se heurter à nos désirs, à nos projections, à nos peurs aussi. Il nous semble donc important d’accepter que nous pouvons toujours faire des erreurs et de considérer l’intuition comme une forme d’intelligence à apprivoiser. Ce qui est certain en revanche, c’est que plus on travaille notre intuition, plus on pourra lui faire confiance !

En bref

L’intuition est une petite voix intérieure qui conseille, une certitude qui s’impose ou encore une réaction corporelle plus ou moins intense.

A la différence de la raison, elle est spontanée et immédiate.
Tout le monde a de l’intuition.

Lui faire confiance permet de décider plus rapidement et de choisir ce qui nous convient profondément.
La développer favorise une meilleure connaissance de soi et une meilleure connexion au monde.

Allez hop, je me lance !

A vous de jouer ! 2 mn pour choisir un domaine où vous allez décider de suivre votre intuition : au boulot, en famille, dans un magasin… La prochaine fois que vous devez prendre une décision, écoutez votre petite voix !

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Je dépasse mes croyances

Les croyances

Il est amusant de se replonger de temps en temps dans le dictionnaire pour aller y chercher des définitions. Ainsi, on trouve 7 définitions du mot croyance ! Pour aborder notre sujet, nous avons retenu celle-ci. Une croyance est une “adhésion de l’esprit qui, sans être entièrement rationnelle, exclut le doute et comporte une part de conviction personnelle, de persuasion intime”.

La croyance repose donc sur 3 éléments :

  • l’opinion (idée ou jugement sur un événement, une personne)
  • la foi (fait de croire en l’absence de preuves)
  • le savoir (connaissances acquises) 

Ces 3 éléments auront des degrés différents selon le type de croyances (ainsi la foi sera plus importante en matière de religion, l’opinion en matière d’estime de soi…).
Nous allons nous intéresser aujourd’hui aux croyances que nous portons sur notre propre personne. Et plus particulièrement à toutes ces barrières que nous nous mettons car nous pensons que nous ne sommes pas “capables de”. Ces barrières forment ce que l’on appelle les fausses croyances ou encore les croyances limitantes. Dans le sens où elles brident notre épanouissement personnel, nous privent d’occasions de croissance et de bonheur.

Les croyances limitantes

Ces croyances limitantes agissent dans tous les domaines de notre vie. Relations, créativité, apprentissage, travail, réussite personnelle…

Au départ, nos croyances se mettent en place pour nous protéger. En effet, lorsque nous vivons une expérience désagréable voire douloureuse, nous nous protégeons. Et cela  en rejetant, consciemment ou pas, cette partie de nous qui souffre de cette situation. Nous mettons ainsi en place une croyance protectrice et limitante nous empêchant de revivre une situation désagréable similaire.

La négation d’une émotion

Reprenons l’exemple de la négation d’une émotion (Bulle de Bonheur #5, #6 et #27). Si je dis à un enfant qui pleure après avoir raté sa compétition sportive “écoute, ce n’est pas grave. Ce n’est pas la peine de pleurer pour ça. Tu dois être fort. Des échecs, tu en auras d’autres dans la vie, c’est comme ça qu’on apprend”. Il y a de fortes chances que l’enfant se dise : “quand je montre mes émotions, mes parents ne m’écoutent pas. Ils ne comprennent pas ce que je vis et ce n’est pas important pour eux”.

Cette pensée négative risque de déboucher sur la croyance suivante. “Montrer ses émotions est inutile, il vaut mieux les garder pour soi”.

Si à cette expérience négative se rajoute un conseil (“tu aurais dû plus t’entraîner pour ton match”) ou un jugement (“ton équipe n’a jamais été performante”), le cercle vicieux des croyances limitantes s’amplifie. Et l’enfant peut être amené à se dire : “ça ne sert à rien de parler de soi”.

Croyance qui peut le placer dans une posture de retrait, voire une réelle difficulté à entrer en relation avec les autres. Il se retrouve sur cette fameuse autoroute neuronale, toute tracée, bordée de murs qui l’empêchent de voir d’autres routes et d’autres paysages.

La métaphore du projecteur

La métaphore du projecteur, proposée par Rob Holmes, illustre bien l’influence de nos croyances sur nos vie.


Vous savez comment fonctionne un projecteur de cinéma ? La lampe s’allume et projette des images animées sur l’écran. Pour fonctionner, le projecteur a besoin de 3 éléments : une ampoule, un film, un écran.
En fait, le projecteur, c’est nous.  L’ampoule est l’éclairage que nous donnons à notre vie et le film est créé et animé par nos pensées et nos croyances.
Ainsi, si je crois que “la planète est foutue, que les gens sont égoïstes et irresponsables, et qu’il est inutile que je me donne du mal car rien ne changera de toutes façons”, le film de ma vie va être le reflet de mes projections. Et chaque évènement ou personne avec laquelle je vais interagir va venir alimenter mon scénario.

Mes croyances m’entrainent en effet à les justifier en m’appuyant sur n’importe quelle preuve qui va pouvoir montrer que j’ai raison de croire cela (les changements météo, mon voisin qui ne fait pas le tri sélectif…). Elles réduisent considérablement le champ de mon projecteur, donc mon champ visuel.

Agir sur ses croyances

Si je me rends compte que je suis responsable de la projection de mes croyances, alors j’ai le choix de changer mon film !

Vous avez peut-être entendu parler de l’histoire du braquage de banque avec un blessé par balle. Cette histoire est souvent utilisée pour illustrer un exemple possible de changement de film. Dans le premier film, le blessé pense « je n’ai vraiment pas de chance, je me suis fait tirer dessus. De tous les gens présents ce jour-là, je suis la seule personne blessée. Pourquoi c’est toujours sur moi que tombent les catastrophes ? J’ai raté 4 semaines de travail et en plus je n’ai pas pu conduire pendant 2 semaines. La vie est vraiment dure et injuste ! »

Dans le deuxième film, cette même personne se dit « quelle chance j’ai eu d’avoir été seulement touché à la jambe et que personne n’ait été tué ! Et finalement, c’était sympa d’avoir du temps libre en convalescence et de profiter de ma famille. C’est incroyable de voir combien de personnes sont venues me voir et ont pris de mes nouvelles. La vie est pleine de belles surprises ! »

Et vous, quel film projetez-vous ? En noir et blanc ou en couleur ? Sombre ou lumineux ? Sur petit écran ou sur grand écran ?
Et si vous changiez de film ?
Comment ?

Modifier son attitude mentale pour modifier ses croyances

En modifiant votre attitude mentale, c’est à dire votre perception de la vie et des autres, vos croyances profondes. En effet, chaque pensée que nous avons, emprunte un chemin neuronal. Les neurologues ont ainsi démontré que plus nous répétons une pensée avec émotion et conviction, plus notre chemin neuronal se développe. Cela peut se produire avec tellement de force que le chemin devient alors une “autoroute neuronale”.

La bonne nouvelle, c’est que grâce à notre plasticité cérébrale, nous pouvons créer de nouvelles connexions pour déconstruire nos fausses croyances et changer notre manière de penser.

Ainsi, si nous changeons nos croyances négatives par une attitude plus optimiste, nous éclairons littéralement notre film, nous laissons passer plus de lumière en ouvrant notre champ visuel.

Dépasser ses croyances peut être un processus long et difficile car certaines de nos croyances sont devenues des certitudes bien ancrées (“j’ai toujours été nul en bricolage”, qu’on va venir justifier par “d’ailleurs, c’est de famille”).
Comme tout processus de changement, cela peut donc demander du temps mais voici quelques outils qui devraient vous faciliter la tâche :

Identifiez vos croyances limitantes

C’est l’illustration de la fameuse maxime “pour vaincre son ennemi, il faut d’abord le connaître.” La première chose à faire est donc de repérer vos croyances limitantes.
Les 5 croyances identifiées par Taubira Kahler dans les années 70 peuvent vous aider : “sois parfait”, “sois fort”, “fais des efforts”, “fais plaisir”, “fais vite”.

Le vocabulaire que vous employez est également un outil précieux pour les repérer. Par exemple, les phrases où vous utilisez :
– les verbes d’état (notamment le verbe “être”). Ce sont des verbes qui figent la personne (“je ne suis pas du tout manuelle”)
– les adverbes : “toujours”, “jamais” (“je suis toujours en retard au bureau”…), “trop” “ou “pas assez” (“je suis trop sensible”) ou encore la conjonction “mais” en 2e partie de phrase (“j’aimerais bien mais…”, “c’est joli mais…”).

Remplacez le négatif par le positif

Lorsque vous prenez conscience que vous raisonnez avec vos croyances limitantes, entraînez votre cerveau à raisonner différemment. Et cela en se référant à des propos positifs, bien plus motivants. Vous pouvez vous dire : “J’en suis capable… Avec un peu d’effort, je peux…” , “je suis à l’heure chez le médecin et à la sortie de l’école, je peux réussir à arriver à l’heure au bureau”.

Utilisez la réfutation

Puisque ma croyance est une vision que j’ai de la réalité, je peux aller interroger cette soi-disante réalité : “Est-ce vrai que je suis toujours en retard ?”. Le cas échéant, “est-ce que je suis en retard partout où je vais ? Est-ce qu’il y a des moments, des lieux, des personnes avec lesquelles cela a été ou c’est différent ? “Est-ce que j’ai toujours raison ?”…

Pratiquez la visualisation

Pratiquer la visualisation, c’est se projeter le résultat positif escompté sans pour autant faire abstraction des obstacles possibles. En reprenant l’exemple du retard, je m’imagine arrivant à l’heure au bureau : je me vois arriver, je vois l’horloge marquant l’heure, je prends l’ascenseur avec des collègues… (je peux y associer des émotions, des sensations, des odeurs…). Puis je pense également à un ou 2 obstacles possibles : l’institutrice de ma fille qui veut me parler ou le bus qui a du retard.

Cette visualisation du résultat positif et des obstacles est appelée “visualisation créatrice optimale” par le courant de la pensée positive. Il en a démontré l’efficacité en terme de réalisation d’objectifs.

Se projeter dans l’avenir désiré

Certains thérapeutes, comme Fletcher Peacock, utilisent également la “question miracle”, question propre à l’approche orientée vers les solutions. Dans cette approche, la personne est invitée à se concentrer sur son avenir idéal au lieu de se centrer sur son problème.

L’idée est donc de m’imaginer sans ma fausse croyance (“je suis toujours en retard”) et de me demander : “qu’est ce qui sera différent pour moi si j’arrive à l’heure ?”, “comment vais-je le savoir ?”, “qu’est ce que je vais voir, entendre, ressentir ?”, “”Comment vais-je agir ?”… “Et quoi encore ?”… Il s’agit de faire une description aussi riche que possible pour que mon cerveau commence à envisager un avenir différent en voyant, entendant et ressentant ce que je désire vivre.

En bref

  • Les croyances limitantes sont des constructions de notre mental, qui se mettent en place pour nous éviter de souffrir. Elles se construisent à partir de ce que nous avons appris, de notre éducation, de nos expériences et de notre environnement.
  • Comme un disque dur, nous pouvons dé-programmer une fausse croyance et ré-initialiser notre cerveau.
  • Dépasser ses croyances renforce l’estime de soi et la confiance dans les autres, augmente l’ouverture d’esprit et déploie notre potentiel

Allez hop, je me lance !

A vous de jouer ! 2 mn pour identifier une de vos croyances limitantes et choisir une action pour la modifier. Réfuter, positiver, visualiser… Et surtout pratiquez, car c’est par la pratique que vos nouvelles connexions neuronales (positives !) vont se créer et se renforcer.

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J’apprends à écouter

Ecouter ça s’apprend !

Froncement de sourcils, moue désapprobatrice, geste impatient de la main, interruptions orales (“hein ? ça va pas !”, “encore ??” “mais pourquoi as-tu fait ça ?”)…
Combien de fois, nos gestes, nos attitudes, nos paroles traduisent notre difficulté à être tout à l’écoute de notre interlocuteur, sans jugement ni interprétation ? Savons-nous écouter ?

Savez-vous que les individus écoutent en moyenne 17 secondes avant d’interrompre celui qui parle pour exposer ses propres idées ? Et pourtant, nous avons 2 oreilles et 1 seule bouche. Peut être faudrait il écouter 2x plus que parler !

L’écoute est le premier élément d’une communication constructive. Elle implique un exode hors de soi en mettant de côté son système de valeur, ses représentations, ses désirs, ses choix et ses expériences pour se centrer sur l’autre et devenir hospitalité.
Je cherche à comprendre son système de valeurs ses sentiments, ses besoins et ses choix.

Cependant, il est clair que écouter n’est pas synonyme d’approuver. Pour être efficace, l’écoute nécessite de l’attention, de la patience, un présence à la fois physique et psychique. Parce que pour comprendre ce que veut me dire mon interlocuteur, j’ai besoin de l’écouter !

Les bases pour bien écouter

Les occasions quotidiennes de pratiquer notre écoute sont nombreuses : collègue, ami, voisin ou inconnu, parent, enfant, conjoint… Sans parler aussi de la capacité à savoir s’écouter soi-même… Cela fait beaucoup de monde à écouter !

Pour développer une bonne écoute, ces 4 postulats de base sont importants et fondateurs d’une relation de qualité. Christel Petitcollin les décrit très bien dans son livre “Savoir écouter ça s’apprend !”

1- Accepter le “Moi je”

Nous sommes tous égo-centrés : la personne la plus importante pour nous, c’est nous ! Ainsi, si vous lisez un horoscope, devinez par lequel vous allez commencer ? Ou si vous regardez une photo, qui cherchez-vous en 1er ?
Aucune honte à avoir, nous avons naturellement besoin d’attention et de reconnaissance. C’est important car si nous allons bien, notre entourage ira bien et nous serons plus efficace pour en prendre soin. Par exemple dans l’avion, lors des procédures d’urgence, vous devez d’abord mettre vos masques à oxygène avant de vous occuper de votre voisin. En fait, c’est pareil dans la vie !

2 – Notre vision est subjective

Et oui ! Vous êtes, je suis, nous sommes des êtres limités !
Nos représentations sont influencées par nos expériences, nos valeurs, notre éducation, nos priorités. Donc notre vision est singulière et originale. Nous portons chacun une paire de lunettes qui nous fait voir le monde sous un prisme particulier.

En fait, accepter l’autre différent et en tenir compte, nous amène à le regarder comme une œuvre unique, alors osons le contempler tel quel !
Quelle richesse aussi de se dire que chaque paire de lunettes qui existe peut nous apporter une vision différente d’une situation, d’une personne, de nous-même !

3 – Chaque comportement a une intention positive

Ce présupposé, tiré de la Programmation Neuro-Linguistique (PNL), permet de porter un regard différent sur la personne, et de distinguer l’individu de son comportement.
Par exemple, si enfant, j’ai constaté que lorsque je piquais une colère dans un magasin, j’obtenais ce que je voulais, il y a de grandes chances qu’adulte, j’ai tendance à passer en force pour obtenir ce que je veux. J’ai en effet encodé que “colère” était synonyme de “obtenir ce que je désire”, et dans ma “carte du monde”, je n’ai pas d’autres choix à ma disposition.

Distinguer l’intention du comportement permet de comprendre que nous pouvons avoir une bonne intention et en même temps avoir un comportement inadapté. Il s’agit donc de voir la personne au delà de son seul comportement, et de l’aider ensuite à développer “sa carte du monde” pour qu’elle puisse avoir davantage de stratégies en main pour satisfaire ses intentions.

4 – “Dans tout crapaud sommeille un prince” !

Eric Berne, le fondateur de l’Analyse Transactionnelle dit : « Dans tout crapaud sommeille un prince, il est inutile de tuer le crapaud, il suffit de réveiller le prince ! »
L’idée est d’orienter notre esprit vers le positif de la personne au lieu de s’acharner sur ses défauts.

6 attitudes qui favorisent le fait de une bien écouter

1- Pour bien écouter, il faut être disposé :

Prendre le temps nécessaire pour écouter. Si ce n’est pas possible, préférez décaler l’entrevue est mieux en signifiant bien que vous avez entendu la demande de parler (avec votre adolescent par exemple : “Je vois que tu veux me parler et moi j’ai besoin de pouvoir t’écouter pleinement. Serais-tu d’accord pour faire ça juste après le dîner ?”). Trouver un lieu suffisamment sécurisé pour assurer la confidentialité.

2- La synchronisation :

Vous montrez à la personne que vous l’écoutez grâce à l’attention que vous lui portez. Puis, vous vous synchronisez sur ses gestes, son souffle, sa voix. Enfin, vous la regardez et cessez bien sûr toute autre activité. Faire preuve d’une attitude d’ouverture, d’un regard bienveillant, de mouvements de la tête qui montrent que vous êtes disponible, que votre interlocuteur a toute votre attention.

3- Les accusés de réception :

Ce sont des petits mots qui montrent combien vous êtes présent à ce que votre interlocuteur vous partage : “Oui”, “Mmm…”, “Ah bon ?”, “Vraiment”, “Je vois”, “Je comprends”. Ils sont autant de confirmations et de signes positifs qui disent : “je suis présent à ce que tu dis, je t’accueille comme tu es”.

4- Les invitations à parler :

Elles laissent la liberté à notre interlocuteur de ne pas parler. “Si ça te dit, j’ai le temps de t’écouter”, “Aimerais-tu parler de cela ?”, “Ca m’intéresse de savoir ce que tu penses”, “Tu n’as pas l’air en forme ?”. Ces phrases mettent en confiance, sans forcer pour autant la parole.

5- Ecouter, c’est reformuler :

C’est essayer de dire de manière synthétique ce qu’une personne vient d’exprimer – “Si je comprends bien…”, “Tu veux dire par là que…”, “en d’autres termes…”, “tu as l’air inquiet”.

Toutes ces reformulations peuvent sembler parfois “perroquet” mais il est démontré qu’elles sont très puissantes car en se faisant le reflet de ce que votre interlocuteur vous dit, celui-ci se sent entendu, existé et respecté.

Utiliser la reformulation des faits énoncés, des sentiments, du problème permet à votre interlocuteur d’entendre ce qu’il vient de dire. Vous lui ouvrez ainsi le champ du sens qu’il donne aux événements, vous l’aidez à se construire, à y voir plus clair : “se faire reprendre comme ça devant tout le monde, c’est vraiment humiliant”, “je vois que cette situation est très éprouvante pour toi”… Et on s’arrête là !!!

On résiste à la grande tentation de rajouter tout de suite derrière un conseil (“tu devrais…”), une question avec un pourquoi (“mais pourquoi tu ne lui as pas répondu que… ?), une phrase moralisatrice (“tu en verras d’autres tu sais”, “c’est ça la vie”…) ou encore une phrase qui nie ou minimise les faits (“ne te mets pas dans cet état !”, “ce n’est pas grave”…).

6- Ecouter : l’écoute active ou écoute empathique :

L’empathie est la capacité de capter ce que voit et ressent notre interlocuteur. Elle lui permet de se sentir accepté comme il est (et non comme nous voudrions qu’il soit), elle préserve son autonomie et lui montre que nous avons confiance dans sa propre capacité à trouver lui-même ses solutions.

L’empathie n’est donc ni la sympathie (adhésion à autrui), ni la pitié. Elle est antinomique d’évaluation, de jugement, de morale ou encore de conseils.

Accueillir sans porter de jugement. C’est certainement un des exercices les plus difficiles de l’écoute, notre petite voix intérieure étant tellement active !

Ecouter c’est également accepter de se laisser envahir par la sphère de l’autre, et donc de prendre le risque d’être bousculé dans nos valeurs, d’être surpris, d’être en désaccord, voire d’être bouleversé. Faire preuve de compréhension en se mettant non pas à la place de votre interlocuteur (on ne peut jamais être à la place de quelqu’un) mais en se plaçant à côté de lui pour mieux appréhender sa vision des choses : “Que voit-il?”, “Quels sentiments l’animent ?”, “Quels besoins sont insatisfaits ?”.

L’écoute empathique

L’écoute empathique est l’attitude idéale pour favoriser l’expression d’autrui..
Selon Carls Rogers, trois conditions sont nécessaires pour y parvenir :

– être en congruence : « être vrai», c’est à dire être aligné avec ses valeurs. Cela suppose de se connaître pour savoir ce qui nous habite, nous motive, nous émeut et savoir comment nous allons réagir face à l’autre. S’accepter tel qu’on est pour accepter l’autre tel qu’il est.

– Faire preuve d’une considération positive inconditionnelle, c’est à dire considérer l’autre comme ayant nécessairement des éléments positifs en lui.

– Avoir une présence empathique qui part du cœur car elle est intuitive. C’est être un miroir chaud, fidèle, sans exagération, ni minoration. C’est accepter l’autre sans vouloir mettre la main sur lui.

Les bienfaits d’écouter

L’écoute est le préalable de la communication.

L’écoute empathique ne signifie pas :

– Faire parler, approuver ou excuser la personne
– Guérir ou rendre tout de suite plus heureux
– Juger, conseiller

L’écoute empathique permet de :

– Rentrer en relation et maintenir le lien (très utile avec les adolescents).
– Donner les premiers soins émotionnels (accueillir des émotions).
– Marquer la confiance (“je t’accepte comme tu es”)

Une bonne écoute peut donc répondre à notre besoin d’exister et d’être respecté. En libérant les émotions, elle favorise le retour à la sérénité et à la raison. Enfin, elle renforce la qualité des relations en créant un sentiment de confiance et de sécurité.

En Bref

  • 1- Ecouter, c’est savoir se taire !
  • 2- Mais aussi écouter, c’est savoir être disponible : disponible physiquement (être présent par le corps) et psychiquement (mettre de côté ses jugements et son envie de parler, de soi notamment !).
  • 3 – Enfin, écouter, c’est créer du lien pour vivre un moment de qualité.

Allez hop je me lance !

2 mn pour visualiser une attitude que vous aimeriez adopter la prochaine fois lorsque vous aurez besoin d’écouter quelqu’un. Partagez-nous sur notre page Instagram Bulle de bonheur vos trouvailles.

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Je gère ma colère

La colère fait partie des émotions de base, appelées aussi primaires. Comme nous l’avions évoqué dans notre podcast sur la joie (Bulle de Bonheur #9), l’adjectif primaire renvoie au fait que ces émotions sont génétiquement pré-programmées. Elles sont à l’origine de toutes les autres émotions.

Elle sera ainsi à l’origine d’émotions secondaires comme la haine, l’exaspération, l’agressivité. Mais aussi d’émotions sociales, c’est à dire d’émotions inhérentes à la relation aux autres. Etre envieux, hostile ou se sentir coupable par exemple.

La colère suit le processus émotionnel classique : un élément déclencheur (stimuli externe ou interne) – des sensations physiques – un comportement réactif – un message transmis.

1 – Elément déclencheur de la colère

L’élément déclencheur de la colère est l’obstacle, l’injustice ou l’agression. Par exemple. Un projet qui ne peut se réaliser, une atteinte à notre intégrité physique ou psychique. ou bien encore le non respect d’une liberté, un abus…

A noter aussi qu’elle peut souvent apparaître comme une “deuxième” émotion. Celle-ci peut être induite par exemple par la tristesse, la déception ou la peur. Ainsi, comme le note le psychologue américain Thomas Gordon, “la colère des parents contre les enfants est souvent une deuxième réaction. La colère est souvent accompagnée d’autres émotions. Un parent est en colère contre son enfant qui a traversé la route sans regarder. S’il cherche à comprendre ce que cache cette colère, il se rendra compte que c’est probablement la peur pour la vie de l’enfant qui est à l’origine de la colère”.

2- Manifestations physiques

Comme nous l’avions dit lors de notre podcast Bulle de Bonheur #5 “je nomme mes émotions”, le langage du corps est très présent dans l’univers émotionnel. Il est  très utile aussi pour décrypter une émotion, chez soi et chez les autres.

Les manifestations physiques de la colère touchent tout le corps. Visage (la colère donne souvent un air méchant et intimidant), voix, peau (“être rouge de colère”), accélération du rythme cardiaque. Mais aussi suffocation, tremblements, ou des signes plus intérieurs comme sensations de chaleur, d’énergie.
Au niveau du cerveau. La colère déclenche la sécrétion massive d’adrénaline, molécule qui favorise notre performance et notre activation. La colère sert en effet à mobiliser notre énergie pour permettre de changer ce qui ne convient pas.

3- Manifestations comportementales

Comme toutes les émotions, la colère a plusieurs niveaux d’intensité. Agacement, énervement, fureur, rage… Et plusieurs modes d’expression. Elle peut être bruyante, sourde ou rentrée. Elle est explosion (le volcan éclate) ou implosion (l’orage gronde intérieurement).
Si la colère est explosive, elle va se manifester par des cris, des mots durs voire injurieux. Ou bien encore des mouvements qui repoussent ou qui “vont contre”. Mouvements qui peuvent aller jusqu’à la violence, tournée contre soi ou contre notre entourage (personnes et/ou objets).
La colère rentrée entraîne quant à elle tensions et stress. Elle ronge de l’intérieur et peut provoquer une dépression.

4 – Message 

Notre intégrité physique ou morale est menacée car nos limites ont été franchies, nos valeurs bafouées ou nos besoins (respect, justice…) non respectés. La colère nous indique qu’il nous faut poser une action pour changer la situation ou en sortir rapidement.

Comme toute émotion, la colère ne dure pas dans le temps. Si elle dure, c’est qu’elle s’est transformée (en ressentiment, en désir de vengeance…).
Il est intéressant de noter que la colère est l’émotion la moins acceptée et la plus réprouvée dans nos sociétés.

Considérée comme un des 7 pêchés capitaux, elle est souvent associée à une mauvaise conseillère et à un état condamnable. Ainsi, il est courant d’entendre qu’un enfant en colère est un enfant capricieux ou qui a des parents qui se laissent mener par le bout du nez. Ou encore qui ne se font pas respecter.

Les études actuelles viennent pourtant nous montrer que la colère a de nombreuses fonctions et révèle des bienfaits avérés. Comme toutes les émotions, elle a sa raison d’être. Bien gérée, elle peut devenir une vraie alliée. Aristote avait donc bien raison quand il disait : “La colère est nécessaire. On ne triomphe de rien sans elle, si elle ne remplit l’âme, si elle n’échauffe le coeur. Elle doit donc nous servir, non comme chef, mais comme soldat”.

Et si je faisais de la colère une alliée ?

Une alliée, c’est un partenaire avec lequel nous sommes en lien et qui peut nous apporter soutien et aide. A l’opposé, nous parlons d’adversaire, d’ennemi.

Colère négative

La colère ennemie ? C’est la colère trop fréquente, trop intense. Celle qui dure ou qui pousse à la violence, ou encore celle qui vient abîmer les relations (professionnelles, sociales, familiales).

Pour reprendre le cas de l’enfant, celui-ci va se mettre en colère quand il ne peut pas obtenir ce qu’il veut. C’est une étape nécessaire et normale de deuil. La colère lui permet d’accepter la frustration (“je n’aurai pas ce que je veux”) et de réparer l’intégrité. Dans sa manifestation, la colère sera souvent amplifiée du fait de l’immaturité du cerveau de l’enfant. Si elle peut clairement être désagréable pour l’entourage, il est essentiel dans un premier temps qu’elle soit accueillie par l’adulte, comme un premier soin émotionnel.

Quand les adultes ignorent les colères des enfants (“arrête ton cinéma”, “va te calmer dans ta chambre”, “tu me fais honte avec tes cris”), ils le laissent seul face à sa souffrance. Seul face à cette perte de contrôle qui lui fait peur, au lieu de le rassurer, de l’aider à apaiser cet ouragan qui secoue son corps, son cœur et son cerveau.
Faire de la colère une amie nécessite comme pour toute relation amicale de prendre le temps de se connaître. Prenons donc le temps de découvrir notre colère, de l’écouter et de la traiter avec égard !

Observation et expression

Dans Bulle de Bonheur #5, nous vous parlions des 2 phases de la gestion des émotions :

1- j’observe (ce qui se passe dans mon corps)

2- j’exprime (par les mots, la visualisation, l’expression artistique …).

Ces 2 phases s’appliquent à la colère. Rappelons le, avec les enfants, elles pourront être initiées par l’adulte qui l’aidera à mettre des mots et à la décrire. (par sa forme, par sa place dans le corps, par sa couleur, par l’association à une image (une tempête, un dragon, une énorme vague…).

Gestion

Repérez les signes avant coureurs. Quand “la moutarde monte” ou “l’orage gronde”, il est très utile de le repérer avant que cela ne se transforme en explosion.

Reconnaitre les signes de la colère

Prendre le temps de connaître les signes que notre corps manifeste quand la colère arrive (gorge nouée, mâchoires serrées, respiration accélérée, tensions …), permet de faire descendre la température avant de s’enflammer ! Tenir un journal de la colère peut également aider à mieux en identifier les signes et les réactions.

Repérer les situations

Repérez également les situations à l’origine de votre colère. Identifier les circonstances qui génèrent systématiquement notre colère peut nous aider à anticiper et à prévoir un plan de gestion de notre colère. “Si mes parents me font à nouveau des remarques sur le comportement de mes enfants, je ferai… (leur dire calmement que je vois leur désaccord mais que je considère que c’est à moi de m’occuper de leur éducation. Ou prévoir de quitter la pièce si je sens que cela monte trop rapidement). La visualisation permet au cerveau de s’adapter plus facilement aux situations.

Faites une pause. Adoptez par exemple des petits exercices de relaxation, de respiration profonde. Ou alors bougez car les endorphines produites lors des exercices physiques peuvent aider à se calmer et à trouver un exutoire à votre colère. Faire une pause, c’est aussi savoir mettre fin momentanément à la situation. En demandant d’arrêter une entrevue, en quittant la pièce, en s’éloignant de l’objet de la colère.

L’empathie

Pratiquez l’empathie. La colère peut être causée par l’impression que le comportement de l’autre a pour but de nous nuire. Alors que souvent il n’a rien à voir avec nous personnellement et est plutôt le reflet des circonstances de sa propre vie.

Une fois que nous avons accueilli notre émotion (“quand j’entends mes collègues me dire que je suis lente, ça me met vraiment en rogne”), nous pouvons nous demander comment l’autre personne vit la situation. C’est un moyen très efficace pour prendre de la distance et adopter un comportement plus adapté à la situation. Il n’est pas question ici de nier notre colère.  Mais seulement de la resituer dans un contexte plus neutre. Il permettra que la colère s’exprime sans disproportion (si j’ai l’impression que la personne cherche à me nuire, cette pensée interprétative amplifie mon émotion).

Examiner objectivement les faits permettra ensuite de penser à des alternatives possibles ou à la façon adéquate d’exprimer à l’autre notre émotion.

Soyez vrai sans être agressif

Soyez affirmatif sans être agressif. Nous l’avons vu, enfouir sa colère ou la laisser exploser sans limite est nocif. L’important est donc de savoir l’exprimer avec mesure pour mettre à profit le message qu’elle nous envoie. “Un changement doit avoir lieu”.

S’affirmer sans agressivité, c’est se respecter, respecter les autres et apprendre à exprimer ses sentiments honnêtement et avec soin.

Le processus de communication non violente que nous avons présenté dans notre podcast Bulle de Bonheur #12 sur les besoins, est un bon exemple de communication affirmée. Décrire les faits, exprimer les émotions et les besoins associés et faire des demandes (plutôt que des exigences) d’une manière respectueuse.

Par exemple, si votre voisin vous met en colère en mettant la musique trop fort tous les soirs alors que vous essayez de dormir tôt. Vous pourriez dire : « Je comprends que vous aimiez écouter de la musique. Le fait est que j’ai besoin de calme après ma journée de travail et que je ne peux pas m’endormir. J’aimerais vous demander si vous pouvez utiliser un casque à partir de 22h. »

Une autre idée

Parlez-vous à la 3e personne. Des études menées par des psychologues ont montré que le fait de se parler à la 3e personne permettait de prendre davantage de distance avec nos émotions. Ils ont en effet observé une réaction cérébrale émotionnelle plus courte chez les participants à l’étude à qui ils avaient demandé de se poser la question suivante : “pourquoi X (votre prénom) est-il en colère ?”.

Bienfaits de la colère

La colère favorise la motivation

Vous avez sans doute entendu ce conseil “Transforme ta colère en énergie positive”. Il s’agit donc de reconnaître notre émotion et d’en puiser la force de motivation.

Cette énergie fournie peut nous faire avancer vers nos objectifs et nous aider face aux problèmes et aux obstacles. C’est elle aussi qui nous procure la force pour nous défendre et nous donner envie d’entreprendre.

Elle réduit la violence

Quand la colère est bien gérée, l’escalade vers la violence (violence verbale, physique…) est stoppée. Remarquer les signaux de la colère (chez nous ou chez les autres) et mettre en place les stratégies pour faire redescendre l’émotion permettra d’éviter les dérapages. La colère peut certes être difficile à rediriger mais quel gain d’énergie et d’apaisement quand cela est fait !

Elle augmente la créativité

Les études ont montré que la colère avait le pouvoir d’accroître notre créativité. En effet, sous l’effet de la colère, nous sortons du cadre structuré de notre réflexion et laissons ainsi plus de place aux nouvelles idées.

Elle peut faire grandir les relations

La colère indique la présence d’un problème auquel nous devrions faire face. Son déclencheur le plus courant est la frustration ou l’injustice, sentiments que nous pouvons éprouver facilement dans nos relations. Dans le couple par exemple, il arrive souvent un moment où notre partenaire nous met en colère. Lui cacher ce sentiment l’empêche de réaliser que son comportement nous dérange, le laisser exploser peut abîmer la relation. Exprimer avec bienveillance notre émotion permet de mieux se connaître et de trouver des solutions qui renforceront notre relation.

En bref

  • La colère est une réaction de protection pour préserver notre intégrité et initier des changements, personnels et collectifs.
  • Elle produit une énergie qui, bien canalisée, nous permet d’entreprendre et d’avancer.
  • Gérer sa colère sans faire de mal (à soi et aux autres) est possible et source de nombreux bienfaits.

Allez hop, je me lance !

A vous de jouer, 2mn pour repérer une situation qui vous met en colère : quel est le déclencheur ? Que se passe-t-il dans votre corps ? Comment l’exprimez-vous ? Que faites-vous pour que cela change ?

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Je ris pour me faire du bien

Avec le rire, nous avons la chance incroyable d’avoir un outil puissant à portée de main. Il nous fait vivre une expérience tant physique, chimique que relationnelle.

Nous savons en effet que le corps et l’esprit sont indissolublement liés. Ils fonctionnent comme des vases communicants. Donc ce que nous faisons de notre corps a des conséquences sur l’intellect et l’affectivité, qui influent à leur tour notre organisme.

Cet impact est tellement fort que des études ont démontré que nous pouvions agir sur notre état d’esprit en agissant sur nos expressions faciales.

Vous avez peut-être vécu ou entendu ainsi parler de ces séminaires d’entreprises où l’on demande aux participants de tenir un stylo d’abord entre les lèvres (sorte de moue) puis avec les dents (sourire). Expérience provenant de la théorie du “feed-back facial” selon laquelle les mouvements du visage provoquent des mouvements de l’esprit.
Même si cette théorie est un peu contestée aujourd’hui, il est certain que le lien entre sourire, rire, et bien-être est indéniable.

Rire, c’est bon pour le corps

Celui- ci sollicite de nombreuses parties de notre corps. Sans les énumérer toutes de peur de vous perdre en cours de lecture, en voici juste quelques unes. Les muscles (400 quand même !), le coeur, les poumons, l’abdomen et bien entendu notre cerveau. Avec notamment la libération d’endorphines.

Les endorphines ? Elles combattent la production d’adrénaline et de cortisol responsable de notre stress. Ainsi, elles procurent une sensation de détente qui peut durer jusqu’à 45 minutes. Sollicitons les donc avec abus !

Rigoler peut d’ailleurs être assimilé à la pratique d’un sport (mais attention, pas d’excuse pour ne pas en faire à côté !). Certains médecins, comme le docteur William F. Fry (psychiatre américain, père de la gélotologie) précisent ainsi qu’une minute d’hilarité équivaut à 10 minutes d’aviron.

Rigoler, c’est aussi un moyen de diminuer la douleur et le seuil de souffrance d’une personne. Mais aussi dee stimuler le système immunitaire. Ou encore de lutter contre les maladies cardiaques…

Bref, vous l’avez compris, c’est un puissant remède dont notre corps a besoin.

Rire, c’est bon pour le moral

Cela aide à maintenir une attitude positive et optimiste. C’est un précieux allié pour notre santé émotionnelle car il élimine les émotions désagréables. Il n’est pas possible de se sentir anxieux, en colère ou triste lorsqu’on rit.

Son pouvoir va même plus loin car il aide à combattre les idées noires. En effet, physiologiquement, il est impossible de rire et de penser en même temps. Donc un bon fou-rire, et nos pensées négatives sont court-circuitées !
Mais me direz-vous, quand on a des idées noires, on n’a pas envie de s’esclaffer ! C’est vrai, c’est pour cela que si la gaieté n’arrive pas à vous, il pourra être utile de s’équiper d’une boîte à outils du rire (à découvrir en fin de d’article).

Il a par ailleurs été prouvé qu’en plus de réduire le stress et augmenter l’énergie, le rire permet de se maintenir focalisé et d’être plus efficace.
Celui-ci nous met dans un état d’esprit qui nous amène à voir les situations avec une perspective plus réaliste et moins menaçante.

Cette attitude plus détendue facilite également l’apprentissage, car elle réduit la peur de l’échec ou de l’erreur. Elle apporte une dose de confiance dans l’avenir et les possibilités de solutions.

Il est aisé alors de comprendre que ce cercle vertueux nous amène à développer notre créativité. Détendu, à une meilleure distance de la peur de l’échec, notre esprit est plus souple. Il s’ouvre à des possibilités alternatives. Il augmente notre imagination et nous aide à voir les choses sous un angle différent.

Quoi de meilleur pour le moral ?!

Rire, c’est bon pour les relations

C’est bon pour la relation à soi.

Il est important de savoir rire de soi. Mais attention ! Cela ne signifie pas se ridiculiser ou adopter une attitude cynique ou ironique. Il ne doit pas servir de paravent ou de protection pour s’empêcher de montrer notre vraie nature. Il doit nous aider au contraire à mieux se connaître et, surtout, à mieux s’apprécier. Quand on sait rire de soi, on accepte mieux ses points faibles et ses défauts.

Savoir s’esclaffer peut nous aider également à dédramatiser quand on sur-réagit. L’humour nous permet de relativiser, d’avoir ainsi un regard plus juste sur la situation, et donc d’adopter une comportement plus adéquat.

Enfin, après un bon fou rire, ne vous sentez-vous pas plus léger, plus détendu ? Si le stress nous tient dans un étau, le rire, lui, est la clé pour nous défaire de ce carcan. Il crée un espace en nous. Il dénoue ce qui coince. Rigoler nous libère.

Rire et sociabilité

Mais si rire seul, c’est bien ; rire avec d’autres, c’est encore mieux !

Pourquoi ?
D’abord, parce que nous avons beaucoup plus de chance de rigoler en société. En effet, le Dr Robert Provine, neuroscientifique américain qui l’étudie depuis plus de 25 ans, révèle que la plupart des rires ne surgissent pas en réaction à une blague ou à de l’humour (10 à 15% des cas), mais juste après des phrases très banales. Ce qui est indispensable, c’est la présence d’une autre personne.
On rit en moyenne trente fois plus dans un contexte social que seul. CQFD !

Rigoler en société est bon également pour fait tomber les barrières. Cela nous permet de rentrer dans un groupe plus facilement et de nouer des relations.

Il favorise les liens affectifs entre les personnes. Celui-ci améliore la coopération, la communication, la romance et est un facteur de longévité des relations.
Le rire est un langage simple et universel qui communique la joie et la paix.
Il est très contagieux !

Et si nous décidions de mettre plus de rire dans notre vie ?
Alors qu’un enfant rit en moyenne trente à quarante fois par jour, l’adulte occidental ne rirait plus que 4,5 fois par jour.

En pratique

S’il est incontestable que certaines personnes ont plus de facilité à rire que d’autres, il est toujours possible de l’intégrer dans notre quotidien. Il est bien entendu que nous excluons ici rire nerveux, rire jaune, moqueur, vengeur ou de dérision. Et que nous nous intéressons uniquement au rire sain, joyeux, communicatif et positif !

Outils pour apprendre à rire

Voici quelques outils :

– Commencer la journée par un sourire, à nous même devant notre miroir et à ceux que nous croisons. Le sourire est un premier pas très efficace vers le rire, avec lequel il partage de nombreux bénéfices.

– Se rapprocher de n’importe quelle source de bonne humeur ou de rigolade, pour se laisser contaminer.

– Se constituer sa boîte à rire et y puiser à volonté, notamment quand le moral baisse. Regarder 1 vidéo qui nous fait nous esclaffer ou 1 extrait d’une scène d’un de nos films cultes, écouter un humoriste qui nous touche, des enregistrements de rires d’enfants ou encore se repasser la scène qui a provoqué notre dernier fou-rire.

– Essayer de passer du temps avec des gens qui rient, qui jouent, qui s’amusent : les enfants, les animaux de compagnie, les adultes joyeux et positifs.

– S’inscrire à un atelier du rire, à une séance de yoga du rire ou d’autres pratiques proposées par les partisans de «la thérapie par le rire» qui ont découvert qu’il est possible de rigoler sans facteur déclencheur et qu’une rigolade simulée peut être aussi bénéfique qu’un rire sincère.

Reconnu comme un facteur de bonne santé, les spécialistes recommandent environ 10 min minimum de rigolade par jour pour un adulte. La moyenne se situe à 1 min. Alors, déterminés à augmenter votre score ?

En bref

Rire permet de se sentir vivant et a des bienfaits sur notre organisme et notre moral.
Mais aussi cela favorise la relation à soi et la relation aux autres.
On peut aussi dire que cela nous rend plus serein, plus optimiste et plus confiant.
Etre “addict au rire” devrait être obligatoire !

Allez Hop, je me lance !

2mn pour recenser ce qui vous fait rire et mettre en pratique. Objectif : atteindre les 10 mn de rigolade par jour !

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J’essaye le lâcher prise

“Lâcher prise”, encore une expression que nous pouvons voir et entendre partout et qui est même devenue un véritable cliché du développement personnel !
Mais si l’expression est connue, il est moins certain que ce qu’elle recouvre soit clair pour tout le monde. Or, mal appréhendé, le lâcher prise risque d’être mal utilisé. C’est le cas par exemple quand il devient une exigence, une injonction de bien-être ou encore une espèce de formule magique qui devrait résoudre tous nos problèmes. “Ca ne va pas ? Oh mais, tu n’as qu’à lâcher prise et ça ira mieux !”.
Dans ces situations, le lâcher prise perd son sens et sa pertinence.
Certains d’ailleurs ne supportent plus cette expression ou la trouvent inadéquate. Comme le philosophe Alexandre Jolien qui propose ainsi, dans son Petit Traité de l’Abandon, de “lâcher, même le lâcher prise”!

Alors que signifie au juste “lâcher prise” ?

Si le mot “lâcher” a un sens plus évident, le 2e mot “prise” peut paraître flou. Aussi nous paraît-il important de savoir de quelle “prise” nous parlons quand nous faisons référence au lâcher prise !

Contrôler

Avoir prise, c’est avoir la capacité d’agir sur une chose, sur une personne. Cela nous relie donc directement à notre capacité de contrôle. Contrôle qui à tort, est devenu un besoin pour beaucoup de personnes. Besoin de contrôler nos émotions (“je ne dois pas avoir peur”). Aussi, notre travail mais encore des événements extérieurs (“je ne veux pas qu’il pleuve”), et même la vie des autres (“je veux qu’il change”).

Notre besoin de contrôle

S’il est courant d’entendre que ce besoin de contrôle est en réalité une stratégie pour cacher nos peurs (peur d’échouer, peur d’être rejeté, d’être blessé…). D’ailleurs, de nombreux courants spirituels (comme le Bouddhisme par exemple) et le développement personnel, expliquent également qu’à l’origine de ce comportement se trouve notre ego. Cet égo qui nous fait croire que nous existons indépendamment du tout qui nous environne, au lieu d’accepter que nous sommes “une vague d’un grand océan”.

Cette conviction du moi séparé nous amène ainsi à refuser plus ou moins consciemment l’autre quand il ne rentre pas dans notre loi. Nous nous pensons seul maître à bord dans notre vie. De ce fait, nous sommes constamment à vouloir en contrôler le contenu, convaincus qu’il ne dépend que de nous. Pour finir, la “prise” que nous voulons avoir sur ce qui nous est extérieur est donc illusoire. Ou si elle est réelle (certains arrivent à avoir le contrôle sur des personnes par exemple). En fait, elle est loin de conduire au bonheur.

Accepter de ne pas avoir le contrôle

En définitive, le lâcher prise peut donc se définir comme l’opposé du contrôle. Lâcher prise, c’est accepter de ne pas avoir le contrôle, de ne pouvoir changer ni les événements ni les autres. C’est accepter le caractère impermanent des personnes et des choses.

Précisons qu’il ne s’agit pas pour autant de se mettre en retrait du monde qui nous entoure ! Il s’agit seulement de distinguer ce que nous pouvons contrôler (nous-même) et ce que nous ne pouvons pas contrôler. Prendre conscience que notre pouvoir d’action réside dans notre attitude et nos actions. Mais aussi, dans le respect de la liberté de l’autre et la conscience d’appartenir à un tout qui peut nous dépasser.

Lâcher prise est donc un acte de confiance.

C’est un acte de confiance dans la vie, dans l’avenir, dans les autres. Un acte qui signifie que nous sommes bien comme une vague, singulière certes, mais qui doit composer avec les autres éléments de l’océan, présents, différents et agissants.

Comment essayer le lâcher prise ?

En fait, Lâcher-prise ne se décrète pas. C’est le résultat d’un processus, dont les étapes seront plus ou moins faciles, plus ou moins longues.

1 – Pré-requis

Nous l’avons dit, le lâcher prise suppose d’accepter que nous avons le contrôle uniquement sur nous-même. C’est à dire sur nos comportements et notre façon de regarder les choses et les personnes qui nous entourent.
Si nous n’adhérons pas à ce principe et pensons au contraire que le bonheur passe par le développement de notre pouvoir sur cet autre. Tout ce qui n’est pas moi – cet autre vu comme un obstacle et non un allié, alors le lâcher prise sera impossible.

2 – Prise de conscience

La première étape consiste à prendre conscience de notre “prise”. Sur quoi ou sur qui exerçons-nous ou aurions-nous le désir d’exercer un contrôle ? Ou bien, sur nos collègues, nos enfants, notre conjoint ? Aussi Sur notre avenir, sur la météo, notre santé, nos rencontres… ?

Cela exige de regarder la vérité en face, d’effectuer une analyse objective de notre situation pour identifier les domaines, les personnes, les lieux où nous sommes dans le contrôle. Cette identification nous permettra ensuite de nous interroger sur les raisons qui motivent ce contrôle. Pourquoi ai-je besoin de contrôler ? Qu’est-ce qui se passerait si je ne contrôlais pas telle situation, ou telle personne ? Par exemple, si je contrôle en permanence les personnes que fréquente ma fille adolescente ou bien ses notes, qu’est ce que cela m’apporte ? Quelle peur cela vient combler ?

Donc, cette étape peut être difficile mais elle est nécessaire pour déclencher le processus du lâcher prise, qui n’est autre qu’un processus de changement.

3 – Faire confiance

Grâce à la 2e étape, nous avons délimité notre terrain de contrôle, nous avons déterminé les zones où un changement pouvait être initié. Comme pour tout processus de changement, nous savons ce que nous quittons sans pour autant connaître concrètement ce que nous allons trouver. Décider de lâcher prise nécessite donc de faire confiance, de SE faire confiance et de faire confiance à notre environnement.

4 – Passer à l’action

Vivre dans l’ici et maintenant. Lors de notre 2e podcast (Bulle de Bonheur #2 – J’étire le temps), nous avions parlé de la connexion à l’instant présent comme outil pour étirer et savourer notre temps. Il s’agissait de se consacrer à ce que nous faisions, dans l’instant, pleinement et sans distraction. Effectivement  c’est un puissant outil pour mieux profiter de notre temps. Mais également pour nous dégager des frustrations du passé et des angoisses du futur.

Cependant ! Vivre dans le présent ne signifie pas renoncer à nos responsabilités ni se priver de moments pour prévoir et organiser. Cela invite seulement à ne pas y penser constamment. D’autant que des études démontrent que seulement 3 à 7 % des pensées que nous anticipons arrivent réellement !
Concrètement, du lever au coucher, notre vie (nos gestes, nos échanges, nos rencontres…) offre des opportunités de pratiquer la connexion à l’ici et maintenant. C’est finalement mettre en pratique cette définition du bonheur (auteur inconnu). “Le bonheur n’est pas d’avoir tout ce que l’on désire mais d’apprécier ce que l’on a”.

5 – Se détacher des résultats pour accéder au lâcher prise

Apprendre à se détacher des résultats est en relation directe avec le contrôle et la confiance. Généralement, en se focalisant sur un résultat précis, voir pré-établi, nous allons essayer de maîtriser tous les paramètres. Effectivement, c’est ce qui va nous permettre d’atteindre ce résultat. Donc, nous nous enfermons dans une seule voie pour l’atteindre. 

Or, nous le savons, il est extrêmement rare que l’accomplissement d’un résultat dépende uniquement de notre propre personne… Il dépend aussi de nombreux éléments extérieurs sur lesquels nous n’avons pas prise. Il y a de fortes chances par conséquent que nos efforts, nos attentes ou encore la réponse des autres soient source de déception.

S’ouvrir à l’imprévu

Se détacher du résultat nécessite donc de faire confiance à la vie et de s’ouvrir à l’imprévu.
Mais se détacher des résultats n’est pas synonyme d’absence de projets ni d’efforts à faire pour les réaliser ! C’est juste accepter de composer avec ce que la vie met sur notre chemin, accepter que le résultat puisse être différent de nos attentes, et faire avec.
Selon Lise Bourdeau, “à chaque fois qu’il y a une retenue, des attentes, de la résistance, de l’impatience, de l’inquiétude, c’est du contrôle”. Si une personne peut diriger, c’est-à-dire donner une direction à quelque chose ou à quelqu’un, elle doit accepter que le résultat ne soit pas celui qu’elle désirait ou celui qu’elle avait prévu.

6 – Apprendre à dire OUI à ce qui est

Au lieu de résister, de lutter, de s’épuiser, le lâcher prise invite à accepter ce qui nous arrive. En réalité, accepter mais pas se résigner ni se soumettre. En fait, dire oui à ce qui nous arrive est une autre façon de dire oui à nos limites, et à celles de notre environnement.
Les personnes qui adoptent cet état d’esprit témoignent que les obstacles qu’elles surmontent sont plus faciles à surmonter. Souvent,  elles vivent moins d’émotions désagréables. Et elles sont plus enclines à ressentir une paix intérieure.

Les bienfaits du lâcher prise

En vérité, le lâcher prise permet de vivre dans une meilleure harmonie avec nous-même. Si nous acceptons notre moi comme il est, avec ses forces et ses faiblesses. Sans nous attribuer un quelconque pouvoir sur ce qui nous est extérieur, alors nous serons plus libres, plus ouverts à la créativité et à la vie.
En fait, Lâcher prise dans notre rôle de citoyen, de parent, de conjoint ou encore dans l’exercice de notre profession peut être, nous l’avons dit, difficile à pratiquer. Car nous avons souvent appris qu’il fallait maîtriser les choses pour pouvoir avancer dans la vie.
Mais c’est une pratique qui est accessible à tous. De plus, elle a le grand mérite de nous permettre de retrouver plus de calme, plus de sérénité, précieux outil dans une société où le stress est quotidien.

En bref

Savoir lâcher prise est une démarche volontaire, un travail sur soi pour apprendre à mettre de côté notre ego. Et aussi, avancer plus sereinement et plus confiant sur notre chemin de vie.
De p lus, lâcher prise, c’est prendre le contre-pied du contrôle qui veut que nous dirigions tout pour que le résultat obtenu soit selon nos souhaits.
Enfin, lâcher prise, c’est savoir se fixer des objectifs tout en étant détaché des résultats. Donc, c’est entreprendre des actions en ayant bien entendu l’envie de réussir mais sans savoir comment cette réussite se manifestera.

Allez hop, je me lance !

A vous de jouer, 2 mn pour identifier une pensée négative que vous avez à l’égard de vous même ou de votre entourage. Au lieu de l’alimenter, mettez vous sur pose et lâchez votre pensée comme un ballon que vous laisseriez s’envoler le temps de faire autre chose (respirer profondément, bouger, accomplir une tâche…).

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J’adopte la gratitude

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Les neurosciences le prouvent : exprimer sa gratitude favorise le bien-être et le bonheur.
Les neurosciences le prouvent. Mais en quoi consiste la gratitude ?

La gratitude est la reconnaissance que nous éprouvons devant tous les bienfaits dont nous jouissons.

Elle suppose donc dans un premier temps d’avoir conscience de ces bienfaits puis de reconnaître ce qui les a générés : la nature, une personne (y compris nous-même), un objet, un animal, un geste…

Elle coupe court à la course au “toujours plus – toujours mieux” en nous invitant à nous centrer sur ce que ce que nous avons.

La gratitude est-elle innée ?

Nous sommes en effet programmés pour repérer les situations négatives et les menaces, afin de pouvoir nous protéger et désamorcer ces situations. De ce fait, nous voyons plus facilement ce qui va mal ce qui nous manque. Et nous oublions également tout ce que nous avons, victimes de ce que les partisans de la psychologie positive appelle « l’habituation hédonique ». Dès lors qu’une source de bien-être ou de bonheur est présente régulièrement dans notre vie, nous l’oublions peu à peu. Ainsi, elle perd sur nous son pouvoir de nous rendre heureux.
Eau courante, eau chaude à la sortie du robinet, sécurité sociale, moyens de transport, de communication. Autant de choses qui sont devenues totalement banales et que nous ne relions plus à notre bien-être. 

Cela peut même concerner des relations amicales ou familiales. “Une fois considérées comme acquises, les choses vivantes ou inertes ne sont plus une source de bonheur. Nous préférons en rêver d’une autre que nous n’avons pas et qui, c’est sûr, nous apportera « amour, gloire et beauté ! ». » note ainsi Christophe André.
De nombreuses études montrent pourtant que le sentiment de reconnaissance, à la vie ou à autrui, a de nombreux bienfaits.

Un plus grand sentiment de bonheur

La gratitude est un amplificateur de bonheur. Le philosophe André Comte-Sponville définit ainsi la gratitude comme “un second plaisir, qui en prolonge un premier : comme un écho de joie […], comme un bonheur en plus. »

Un effet positif sur la santé

C’est la conséquence directe de ce qui vient d’être énoncé, les émotions positives ayant sur le corps des bienfaits inestimables : cardio-vasculaires, cohérence cardiaque, sommeil… (voir Bulle de Bonheur #9).

Au CHU de Montpellier, la psychiatre Deborah Ducasse a mis en place la première étude mondiale sur les effets de la gratitude auprès des personnes suicidaires. «Nous avons créé deux groupes de patients. Les premiers doivent remplir tous les soirs leur “journal de gratitude”, en dégageant et en analysant 3 moments bénéfiques de la journée. Le second groupe doit retranscrire tous les soirs les repas consommés». Le résultat de l’étude montre que la douleur psychologique des personnes du 1er groupe a diminué.

Un activateur de sociabilité

Même s’il faut aussi savoir faire preuve de gratitude envers soi-même, la gratitude est souvent tournée vers l’extérieur de soi. La gratitude suppose d’accorder de l’attention à ce qui nous entoure et de le manifester. Si cette attention se porte sur un être vivant, celui-ci va éprouver du bien-être. Ainsi la reconnaissance pourra se manifester à son tour. Le cercle vertueux sur les relations est facile à imaginer !

Si la gratitude n’est pas innée, fort est de constater qu’elle est souvent le grand absent du monde du travail. Les études montrent en France que de nombreux salariés manquent de reconnaissance non seulement de leur hiérarchie. Mais également de leurs collègues. Un lien étroit a été fait entre cette absence de gratitude et la démotivation au travail.

Un renforcement des liens familiaux

A l’instar des relations sociales, la gratitude a bien entendu des effets sur les relations familiales. L’avantage de la famille est d’offrir un contexte plus intime et sécurisant pour pratiquer la gratitude. Et croyez-en Rébecca Shankland, psychologue française, la reconnaissance améliore l’ambiance familiale. Ainsi, instaurer des petits rituels de gratitude est un moyen pour éprouver ensemble de la reconnaissance. Mais aussi apaiser les tensions et stimuler le “sens du positif” de ses enfants. Les repas peuvent être un moment approprié pour s’entraîner. Par exemple, un tour de table où chacun dit ce pour quoi ou envers qui il est reconnaissant (pour les plus petits, un “merci pour” sera souvent plus simple). Il y a de grandes chances que l’atmosphère soit plus détendue et joyeuse !

Un booster d’estime

La gratitude est un vrai cadeau : pratiquée entre personnes, elle vient reconnaître des qualités, des compétences et renforcer le sentiment d’appartenance à un groupe. Or, cette reconnaissance est un des éléments majeurs de la construction de l’estime de soi.
A contrario, avec une mauvaise estime de soi, nous avons de la peine à accepter les mercis ou les compliments. Et cela explique que notre gratitude peut être mal perçue quelquefois : la personne gratifiée peut par exemple nier son mérite ou faire preuve de gêne.

En pratique

Exprimer sa gratitude par écrit

Ecrire un journal de gratitudes : le nom d’un être cher, une réalisation, une découverte, une intention reçue, une sourire, un service, une écoute, un bon repas, le soleil… Attention, à ne pas en faire une habitude mécanique qui perdrait son sens. Mieux vaut en écrire peu mais en étant à chaque fois connecté à la situation évoquée (qui, où, comment… ?).

En 2003, une étude a été menée par les professeurs américains Robert Emmons et Michael McCullough. Les volontaires devaient noter tous les jours, pendant 10 jours, au moins 5 raisons qu’ils pouvaient avoir d’être reconnaissant : leurs parents, un musicien, un professeur, un ami… ou encore être en vie, avoir un travail apprécié… A la fin de l’expérience, les volontaires ont relevé qu’ils étaient plus heureux, plus positifs et plus déterminés. Ils ont noté que leur générosité augmentait, et que physiquement ils étaient plus en forme, meilleur sommeil, moins de maladies et plus d’énergie.

Ecrire une lettre à une personne pour laquelle nous avons de la gratitude 

L’expérience de Séligman

Cette exercice que préconisent de nombreux professionnels aujourd’hui, est inspiré par une expérience menée par Martin Seligman, le père de la psychologie positive. Celui-ci a demandé à 300 personnes d’écrire un témoignage précis (contexte, bénéfices, durée…) à une personne qui avait compté dans leur vie mais qu’elles n’avaient jamais vraiment remerciée. 

Dans un deuxième temps, les personnes devaient prendre contact avec le destinataire pour lui remettre en main propre la lettre mais sans lui dévoiler la raison de la visite. La grande majorité des personnes qui ont fait cette expérience disent qu’elles s’en souviendront toute leur vie. Et que leur bonheur a non seulement été intense mais qu’il a duré.
Tal Ben-Shahar conseille de faire de ces lettres un rituel. Une fois par mois au moins permettrait d’inscrire les bienfaits positifs d’une telle attitude dans le long terme. Il précise aussi que si la lettre peut être envoyée, le fait de la remettre en mains propres et de la lire en direct est beaucoup plus puissant.

La gratitude et la gratuité

Attention toutefois, la gratitude va de paire aussi avec la gratuité. Dire merci à une personne pour attendre en retour qu’elle fasse la même chose n’est pas du tout le but de la gratitude ! Soyons donc vigilants avec nos attentes. Christine Michaud raconte ainsi dans son livre « Mon projet bonheur » sa grande déception lors de son expérience de la «visite de gratitude». Positive par nature et pleine de confiance, la douche fut glacée quand la destinataire refusa non seulement de la voir mais également de recevoir sa lettre. Nous avons du pouvoir sur nous même (écrire), pas sur les autres !

Exprimer sa gratitude par oral

En réalité, en disant tout simplement merci (qui peut bien entendu se faire aussi par écrit). Sans doute la forme la plus courante de la gratitude, à condition que notre merci soit sincère et précis (voir Bulle de Bonheur #11 pour plus de précisions).

Sous forme de jeu : une carte d’un jeu 2 mn, la ronde des compliments, un début de dîner où chacun évoque un “top” de la semaine…
Sous forme de question, en couple, avec les enfants : “qu’est ce qui t’a fait plaisir aujourd’hui ?”. Le fait de le faire le soir avant de s’endormir favorise la qualité du sommeil (étude de Emmons).
En faisant intérieurement son propre bilan. “Qu’est ce que j’ai apprécié aujourd’hui ?”,on peut se fixer un premier objectif de trouver 3 choses, comme les fameux 3 kifs préconisés par Florence Servan Schreiber.

Se créer un mémo

Par exemple, un MERCI écrit en lettres de couleurs sur notre frigo, un proverbe sur la gratitude affiché dans nos toillette ou encore un bracelet ou un collier de gratitude . A acheter ou à fabriquer, chaque perle correspondant à un petit ou grand bonheur de notre vie. Toucher les perles, écouter leur bruit, évoquer les bonheurs que les perles représentent… Certains conseillent de ne pas le porter sur soi mais de le laisser dans sa poche, dans son sac, sur sa table de nuit… 

Bien entendu, il peut être difficile de pratiquer la gratitude, d’abord parce que nous n’avons jamais appris à le faire. Mais également parce que nous pouvons vivre une période de difficultés qui rend cet exercice trop difficile. Dans ces moments là, s’entraîner à la gratitude passera au départ par la reconnaissance de notre capacité à réaliser des gestes du quotidien. Arriver à se lever, à aller travailler en faisant bonne figure, à se nourrir, à être logé…

En fait, l’essentiel est d’initier ce mouvement de reconnaissance, c’est à dire amorcer la pompe du positif qui va, non pas éliminer par magie nos difficultés, mais nous aider à vivre une petite gratification, ne serait-ce que pendant ces moments d’évocation.

Comme tout apprentissage, la politique des petits pas est de mise… Apprendre à regarder ce qu’on a peut se faire au goutte à goutte au départ. Ensuite, habitué et éveillé, notre esprit captera plus naturellement les bonnes choses qui nous arrivent au quotidien. Ceux qui pratiquent la gratitude régulièrement affirment que non seulement elle se fait de façon plus facile et spontanée, mais surtout qu’elle se centre non plus sur des événements particuliers, mais sur plein de petites choses du quotidien dont ils n’avaient pas ou plus conscience.

Les Bienfaits de la gratitude

La gratitude fait vivre une expérience émotionnelle positive. Or souvenez-vous (Bulle de Bonheur #5), le cerveau limbique est aussi celui des souvenirs, donc notre mémoire enregistre ces émotions agréables.
Dans l’échange, en famille, en couple, entre amis, la relation s’en ressort affermie, plus riche .
La gratitude permet de se sentir plus en présence, plus connecté à ce qui nous entoure. Elle développe notre acuité : nous découvrons soudainement un tas d’éléments de notre environnement, pourtant là depuis longtemps ! De l’oiseau que vous allez peut-être entendre chanter le matin à l’inconnu du métro qui prend soin de tenir la porte à la personne derrière elle, le monde va vous paraître sous un autre jour. La gratitude a vraiment ce pouvoir de nous décentrer et nous faire rentrer dans une relation chaleureuse au monde et à nous-même. Elle déclenche un cercle vertueux.

En bref

La gratitude c’est la reconnaissance qu’on éprouve pour quelqu’un ou quelque chose qui nous fait du bien
personnes, objets, animaux, nature, événements… Les occasions d’être reconnaissant sont multiples.
Pratiquer la gratitude améliore la santé et les relations.
Plus on pratique, plus notre capacité à être heureux se développe.

Allez hop je me lance

Allez, à vous de jouer ! 2 mn pour commencer votre journal de gratitude en écrivant chaque jour vos 3 petits bonheurs du jour ou en les nommant le soir en vous couchant, booster de moral garanti !

Votre Bulle de Bonheur #20 : J’adopte la Gratitude !

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Je fais des projets

Les projets sont souvent définis comme l’intention de réaliser quelque chose.

Pour nous, le projet va au delà, il est un process plus complet qui inclut planification, évaluation des moyens et des acteurs impliqués, adéquation avec nos valeurs et nos attentes.

Un projet suppose donc une envie

Cette envie répond à un but, qui se traduit lui même par des objectifs, c’est à dire des actions.

La notion de temporalité est forte quand on parle de projet. En dehors de notre projet de vie, il s’inscrit généralement dans une durée définie, il est temporaire et unique.

Voir le projet comme une réalisation pragmatique invite à dépasser nos rêves, nos désirs, nos espoirs. Et faire face au concret en répondant à des questions comme :

Des questions à se poser concrètement

– qu’est-ce que je recherche (le but) et quels sont les objectifs que je mets en place pour y répondre ?

– quelles sont les ressources dont j’ai besoin pour réaliser mon projet ? Ressources humaines (il est rare que je puisse réaliser un projet seul – qui sont les acteurs qui vont être partie au projet ?) et ressources matérielles.

– De quelle durée vais-je avoir besoin ? Date de départ – date de fin.

Qu’il soit personnel ou professionnel, un « vrai projet »  nous tient à cœur. Il doit être comme une lumière qui nous guide, une source d’espoir et d’énergie qui nous fait vivre.

Ecrire un livre, faire une activité artistique, partir en voyage, avoir un enfant. Ou encore obtenir un diplôme, prendre soin de soi… Faire des projets est à la portée de tous.

Quel que soit notre niveau d’études, quelles que soient nos origines, quels que soient nos moyens financiers et notre âge, nous avons la possibilité de mener des projets importants pour nous.

Projets sans suite

Nous remettons souvent nos projets au lendemain. Nous prétextons qu’il nous faut attendre d’avoir le temps. Mais aussi attendre d’avoir plus d’argent, d’être plus âgé, d’être libéré de l’éducation de nos enfants…  Remettre à plus tard, c’est le plus sûr moyen d’avoir des regrets et de passer à côté de ce qui peut nous aider à être plus heureux.

Procrastination, ennemie des projets

En plus de la procrastination, un autre obstacle à la réalisation de nos projet peut être le regard de l’autre. L’avis de notre entourage s’avère quelquefois un frein sérieux pour leur mise en place.

Il peut même nous arriver de ne pas en parler car nous appréhendons ou anticipons la désapprobation de nos proches. Il ne s’agit pas bien sûr de faire abstraction de ceux qui nous entourent car ces proches seront souvent des co-acteurs de notre projet. Ainsi, si je suis en couple, il est clair que mon idée de déménagement ne se fera pas sans en parler avec mon conjoint !

Mais au-delà de ces considérations raisonnables, notre bien-être est essentiel. Et il ne s’agit pas non plus de renoncer à nos aspirations uniquement pour satisfaire notre entourage. Et à nouveau, vous l’aurez compris, nous nous retrouvons dans cette fameuse position d’équilibre abordée dans Bulle de Bonheur #13 !!

C’est pour cela qu’il peut être préférable de faire notre travail de réflexion et d’évaluation seul dans un premier temps. Sans pression du regard extérieur. Puis d’en parler à notre entourage dans un second temps – temps de la coopération et peut-être de l’adaptation si certains freins apparaissent.

La peur de l’échec

Enfin, une dernière limite à faire des projets pourrait être la peur de l’échec. Nous le savons, faire des projets n’est pas synonyme de succès garanti. Il est nécessaire  d’accepter que certains ne se réaliseront jamais ou qu’ils n’iront pas jusqu’au bout.

Mais selon les professionnels de la gestion de projets, même inabouti, un projet a sa raison d’être. Celle de nous motiver à avancer, de nous donner le goût de vivre. Mais encore de nous permettre d’élaborer de nouveaux projets plus en conformité avec la réalité du moment. Au cours de l’élaboration d’un projet, nous apprenons toujours un peu plus sur nous.  Sur notre environnement, connaissances qui nous serviront pour relever d’autres défis.

Faire le deuil d’un projet peut être une phase difficile, il ne faut pas le nier. Et comme pour tout résultat souhaité mais non atteint, l’enrichissement se fera en transformant ce projet non abouti en opportunité de croissance. Voire en tremplin pour mieux réussir derrière.

Projets : passer de l’intention à l’action

Passer à l’action, c’est d’abord définir un projet en accord avec soi-même.

Sortons de notre quotidien, de notre routine et demandons-nous quels sont nos désirs profonds. Quels sont nos domaines de prédilection, les actions qui nous procurent du bien.

Le lâcher prise est important à cette étape car pour laisser libre cours à nos envies, il n’est pas question de commencer à se limiter sous l’influence de notre petite voix intérieure. Celle-ci va venir nous dire que c’est impossible ou elle va nous pointer les obstacles.

La nécessité de se relier à ses désirs est de définir un projet qui soit en adéquation avec notre personnalité, notre identité profonde. Cette adéquation va être la source de notre motivation.

Evaluation des projets

Dans un deuxième temps, l’évaluation du projet pourra se faire.

C’est le temps des questions pragmatiques que nous avons évoquées, à propos des acteurs impliqués et du coût par exemple. C’est le temps de regarder la faisabilité de notre projet, sans pour autant saisir le moindre obstacle comme un prétexte de différer ou renoncer !

Puis vient l’étape des objectifs, donc des actions.  Ainsi, si j’ai le projet de déménager à la campagne, mes objectifs pourraient être de demander ma mutation, chercher un logement qui répond à mes critères. Mais encore profiter du prochain week-end disponible pour me rendre sur place et visiter (on le voit, l’objectif doit être clair, formulé à l’affirmatif, réalisable et de notre responsabilité).

Le plus important est donc d’établir des projets réalisables, tout en laissant sa créativité s’exprimer.

Idées de projets

En manque d’idées ? En voici quelques unes :

  • Un projet artistique

Lecture, peinture, danse… On le sait, ces disciplines sont délaissées au profit des écrans, alors qu’elles participent activement au développement de notre cerveau. Une fois par mois, est-ce vraiment infaisable ?!

  • Un projet sportif

On ne rappellera pas les bienfaits du sport ! Du yoga à la boxe, de la course à pied au football, il y en a pour tous les goûts, tous les budgets et toutes les conditions physiques !

  • Un projet social

Dans Bulle de Bonheur #9 – je soutiens mon entourage, nous avons évoqué les bienfaits d’aider les autres, de se sentir utile. Les associations en recherche de bénévoles sont nombreuses et les domaines et les besoins en temps sont très variés (une heure par mois peut soulager beaucoup de personnes et vous apporter beaucoup).

  • Un projet extra-ordinaire

Pourquoi ne pas laisser s’exprimer un petit grain de folie ? Un tour du monde, une expérience à l’étranger, un exploit sportif… ? Il y a forcément quelque chose dont vous avez toujours rêvé sans oser franchir le cap. Sans se mettre en danger ni tomber dans l’inconscience, des projets fous sont souvent beaucoup plus réalisables qu’on ne le pense.

  • Un projet de vie

Bien sûr celui-ci ne sera pas forcément temporaire mais définir ce qui nous motive, ce à quoi nous aspirons est un sacré moteur de vie. Attention, il ne s’agit en aucun cas de planifier notre vie mais bien de se projeter dans des réalisations personnelles, familiales, professionnelles et sociétales, afin d’être motivés et heureux de se lever tous les matins.

  • Un projet de couple

C’est souvent présenté comme un défi pour le couple. Faire des projets à deux, c’est se lancer dans la construction d’un espace commun, un “nous” qui doit trouver sa place sans pour autant prendre la place des 2 “je”. C’est concilier projets personnels et projets de couple, un sujet de blog en soi ! Mais retenons que même si c’est un défi, faire des projets est indispensable à toute relation amoureuse. Avec la communication, la sexualité et la tendresse, cela est d’ailleurs présenté comme le 4e pilier de la maison conjugale.

Bienfaits des projets

Faire des projets apporte la satisfaction de vivre pleinement notre vie. C’est une porte ouverte à l’apprentissage, à la découverte, à la nouveauté et au renouvellement. Mais aussi l’assurance d’un élan et d’une motivation qui poussent dans la vie. Ainsi,  une personne peut tout à fait vivre sans accomplissement de projet. Cependant, elle révèle quand elle est interrogée plus profondément, une réelle frustration, un manque, la sensation de passer à côté de l’essentiel.

Finalement, imputer l’absence de projets à des causes extérieures, comme le manque de temps, le manque d’argent et même le manque de chance est souvent une fausse excuse. C’est avant tout question de choix personnel.

Rappelons cependant que tout reste toujours question de dosages.

Attention à la boulimie de projets ! Il ne s’agit pas de réaliser une performance ni de prouver notre savoir-faire, mais bien de rechercher un bien-être et un équilibre de vie. Avoir des projets peut alléger un quotidien très lourd, donner de la hauteur. Mais ce ne doit pas être une fuite vers l’avant. L’instant présent doit continuer à se vivre.

En bref

Avoir un vrai projet est un moteur essentiel de l’existence.

Faire des projets est à la portée de tous : la chance, l’argent, le temps, l’entourage sont des éléments secondaires. Il s’agit bien plus d’une question de volonté et de choix.

Un projet motivant et satisfaisant est celui dont les objectifs sont fixés en accord avec ses valeurs et ses attentes.

En pratique

Allez hop, 2mn pour me fixer un projet !

Je choisis le domaine (famille, santé, professionnel, bénévolat, amitié, détente…).  Puis, je définis le délai pour réaliser mon projet. Je valide la faisabilité et ce qu’il m’apporte. Enfin, je passe à l’action, et pour renforcer mon engagement, je n’hésite pas à en parler à mon entourage.

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Je surmonte mes peurs

Surmonter la peur a toujours questionné l’homme. Or celle-ci fait partie des émotions primaires. Elle a toujours suscité chez l’homme le désir de la connaître et de la contrôler. Les écrits sur le sujet sont de ce fait particulièrement nombreux.

La peur c’est quoi ?

Parmi cette abondante littérature, il nous semble important de distinguer deux formes de peur. L’émotion fondamentale qui nous permet de nous adapter à notre environnement, de celle plus subjective qui va au contraire nous bloquer et donc nous empêcher de nous adapter.

Selon le processus émotionnel (Bulle de Bonheur #5), la peur naît d’un élément déclencheur (stimuli externe ou interne). Ainsi, elle provoque des sensations physiques qui génèrent un comportement réactif et transmettent un message.

Exemples

Par exemple, elle peut être provoquée par la vision de notre enfant qui va traverser alors qu’une voiture arrive à vive allure. Le coeur battant, le souffle court, nous tirons violemment notre enfant en arrière pour lui éviter de se faire écraser.

La peur nous signale donc un risque, un danger, une menace.

Elle est l’émotion qui assure notre survie.

Il est donc normal d’avoir peur. Le mythe que l’homme peut vivre sans est donc bien un mythe ! Nous sommes des êtres humains et non des robots, la peur est signe de vie.

Puisque elle donne l’alerte à notre organisme, celui-ci va se préparer à donner la réponse la plus appropriée. Ces réponses sont souvent regroupées sous l’appellation anglaise des 3F pour Freeze, Flee or Fight ou en français, se figer, fuir ou attaquer.

Il est certain que la peur est souvent une émotion désagréable mais quand elle est fonctionnelle, elle reste supportable le temps de traiter le problème.

La peur, quand elle devient un handicap

Mais nous savons également que la peur perd quelquefois sa fonction d’adaptation et de réaction ajustée. Celle-ci devient alors un handicap qui nous empêche de gérer la réalité.

Notre état de vigilance accrue se met en place sans raison. On a peur ou on est anxieux en l’absence de danger réel et nos comportements ne sont plus adaptés. Peur du noir, peur des autres, peur de l’avenir, peur de soi… Elles peuvent être nombreuses.

Elles sont appelées “peurs trafiquées” par les professionnels. Celles-ci seront dites pathologiques dès lors qu’elles enferment dans un comportement répétitif qui nous empêche de vivre. Dans ces cas dits pathologiques, nos réponses seront inadaptées et excessives.  Ainsi la fuite devient systématique ou la recherche d’aide se généralise et nous sommes incapables de rester seul dans toute situation jugée menaçante.

La peur peut donc avoir plusieurs degrés (peur, anxiété, panique, phobie…). Mais aussi des manifestations physiques variées (tremblements, hausse de la fréquence cardiaque, cri, paralysie momentanée…).  Dans tous les cas, c’est notre relation entre l’objet et la réalité qui est atteinte. Selon le psychologue Giorgio Nardone, quand la peur atteint un degré qui “nous empêche de réaliser nos désirs ou nos compétences”, alors l’intervention d’un spécialiste est nécessaire.

Changement de regard

Et si nous apprenions à ne pas avoir peur de nos peurs ?

Nommer la peur

Si la peur est souvent mal vue dans notre société, il est important de ne pas la cacher.

Ne pas la voir comme une marque de faiblesse ou un manque de courage, contrairement au message souvent transmis par la société ou par les parents.  “Il ne faut pas avoir peur”, “mais non, ça ne fait pas peur ça, tu es grand maintenant”. Or nous l’avions mentionné dans notre Bulle de Bonheur sur les émotions, refouler une émotion est le meilleur moyen de la nourrir. Ici, le risque est de cristalliser des peurs qui resurgiront sans prévenir dans la vie adulte. Leur contrôle est par conséquent une réponse à proscrire.

Eduquer à la peur

En parlant des enfants, il est important de noter également que le surcroît de protection empêche l’enfant de se confronter à ses peurs. Elle possède une fonction d’éveil et de renforcement de l’identité. Ce n’est pas un hasard qu’elle soit présente tant dans les contes racontés aux enfants que dans les jeux. L’enfant, en grandissant aime à éprouver de petites peurs, qu’il peut lui même mettre en scène d’ailleurs (jouer dans le noir, regarder un film qui fait peur…). C’est en y faisant face qu’il apprend à les surmonter et qu’il installe les bases de son assurance.

Comme pour toutes les émotions, l’éducateur a de ce fait un rôle important à jouer. Il va accompagner l’enfant à mettre des mots et identifier ses propres peurs, sans jugement ni rationalisation.

Identifier nos peurs

Les exprimer et les reconnaître sont des étapes indispensables pour arriver à mieux les gérer. C’est en effet par la connaissance de notre peur que nous pourrons trouver le meilleur moyen d’y faire face. Alors interrogeons- la : est-elle réelle ? Est-elle imaginaire ? De quoi ai-je peur ? Comment mon corps réagit-il ?

Voici un outil utile pour nous aider à identifier une peur subjective. C’est la liste des peurs (ou blessures) existentielles identifiées par Lise Bourbeau dans son livre “les 5 blessures qui empêchent d’être soi même”.

  • la peur du rejet

  • celle de l’abandon

  • la peur de l’humiliation

  • celle de l’injustice

  • ou encore celle de la trahison

Etant donné que ces peurs sont souvent inconscientes, connaître l’existence de ces différentes formes peut nous aider à les nommer. Et surtout à repérer quelles sont les angisses profondes qui se cachent derrières celles plus apparentes comme le fait de parler en public, de décevoir, de la mort, du regard des autres…

Quels mécanismes de défense contre la peur

Ce travail d’identification et d’observation de nos peurs nous aide également à repérer  nos stratégies d’adaptation. C’est à dire les mécanismes de défense que nous avons mis naturellement en place pour nous protéger. Le problème est que ces mécanismes sont souvent défensifs et rigides, et n’apportent qu’un soulagement éphémère. Par exemple, si ma défense face à une parole blessante est de me taire, le silence me permet de me protéger sur le moment, mais sur le long terme, il ne règle en rien ma peur. Prendre conscience de nos mécanismes de défenses, qui sont devenus souvent des automatismes inconscients, est un moyen d’identifier des comportements inadaptés. Et par conséquent de les modifier.

Repérer nos peurs, les éléments déclencheurs, les signes physiques et les réactions afférentes, nous amène à mieux pouvoir les affronter.

Affronter nos peurs

Une fois identifiée, la peur doit être gérée. Pour cela, il nous faudra trouver les moyens qui nous permettent de le faire. Non seulement pour éviter des les alimenter mais aussi pour les stopper.

De nombreux professionnels ont démontré que la relaxation musculaire, ainsi que la méditation, pouvaient aider. Car lorsque la respiration est lente et le corps détendu, il est difficile de ressentir la peur.

La visualisation

Faire appel à la visualisation est aussi une ressource précieuse. Diriger sa pensée vers des images ou sensations positives peut agir efficacement sur la peur.

Le cerveau ne peut gérer qu’une tâche à la fois, donc recentrer notre cerveau sur des images qui nous font du bien, le préserve de l’intrusion des pensées négatives : nature, personne, animaux. Dès lors que l’image nous apporte joie, sérénité, bien-être, elle sera un excellent antidote aux pensées désagréables générées par la peur.

Il existe aussi de nombreux accompagnements comme la sophrologie, l’hypnose, la programmation-neuro-linguistique (PNL), les thérapies comportementales et cognitives (TCC) pour nous aider à les affronter.

Où que nous en soyons de notre travail sur nos peurs, il est essentiel de se rappeler que la politique des petits pas est le chemin le plus sûr pour avancer. Pas besoin de changements radicaux, exerçons-nous juste à poser de petits actes et fixons-nous de petits “challenges-courage” qui nous aident à progresser.

En bref

Comme toutes les émotions, la peur est un signal envoyé par notre cerveau. Elle nous est donc utile. Elle a pour fonction de nous avertir d’un danger et de nous procurer l’énergie nécessaire pour nous faire réagir. Mais dans certaines situations, elle est capable d’être un réel handicap et de nous empêcher d’avancer sur notre chemin de vie.

Alors, soyons bien attentifs à nos peurs. Les identifier, les nommer et les accepter sont nécessaires pour ensuite passer à l’action, c’est à dire trouver les moyens d’y remédier.

En pratique

2 mn pour identifier une de vos peurs. Nommez-la, repérez par quels signes elle se manifeste dans votre corps et quel est votre comportement réactif. Demandez-vous objectivement si ce comportement est adapté. S’il ne l’est pas, essayez, avec bienveillance, de trouver un autre moyen pour gérer votre peur.

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Je reste curieux

La curiosité, c’est l’envie d’apprendre, de connaître, de découvrir de nouvelles choses.

Elle peut être un trait de caractère ou se manifester dans des circonstances particulières.

Cet appétit de savoir est considéré comme un désir inné chez l’homme, mais il arrive qu’il s’émousse avec le temps.

La curiosité naturelle des enfants

Les enfants sont en général très curieux, voire trop si l’on écoute certains parents ! Le nombre de “pourquoi” qu’un enfant peut prononcer peut d’ailleurs être considérable.

En fait, les enfants savent intuitivement que la curiosité est un moyen d’apprendre, de découvrir le monde qui les entoure. Grâce à leurs sens (toucher, goût, vue…) mais aussi par l’exploration et le questionnement; les enfants manifestent ainsi leur désir d’apprendre et mettent en pratique, naturellement et spontanément, leur curiosité.

Toutefois, en grandissant, les enfants apprennent à tempérer ce questionnement, et pour certains la curiosité va s’assécher, voire disparaître.

La curiosité à l’âge adulte

C’est pourquoi, si la curiosité reste naturelle chez certains adultes, elle sera plus une question de volonté pour beaucoup d’autres. Volonté d’interroger et de s’interroger. Il est intéressant de noter à ce propos que le questionnement adulte est souvent double. Au “pourquoi ?” de la compréhension, va s’ajouter le “et si ?” de la nouveauté. Et s’il existait une autre manière de faire ? Et s’il y avait une façon différente de voir les choses ?

La curiosité suppose donc d’être dans un certain état d’esprit. C’est à dire faire preuve d’une attitude d’intérêt à l’égard d’un sujet ou d’un événement donné.

Elle demande une forme d’humilité car il s’agit d’admettre que “je ne sais pas” et que ‘j’aimerais savoir.” Humilité qui nécessite de dépasser la fausse croyance selon laquelle demander serait stupide (n’avez-vous jamais dit ou entendu : “ma question est sans doute idiote mais …” ou encore “c’est bête mais j’aimerais savoir pourquoi…?”).

Mais au fait, à quoi ça sert d’être curieux ?

Être curieux pour mieux se connaître 

Être curieux, c’est chercher à connaître ses points forts et ses limites. C’est se demander et se re-demander ce qui nous anime, ce qui nous satisfait, ce qui nous empêche, ce qui nous bloque.

Rester curieux, c’est aussi rester curieux de ce que les autres pensent, notamment à notre égard. Savoir demander à notre entourage sur quels points nous pourrions progresser, personnellement et professionnellement, est un excellent moyen pour ouvrir notre vision du monde.

Selon Tal Ben-Shahar, c’est également le chemin à emprunter pour lutter contre le perfectionnisme. Le perfectionniste (mais il n’est pas le seul) n’est pas ouvert aux critiques car il accepte mal qu’on mette le doigt sur une imperfection, un défaut. Ce manque d’ouverture revient à “ériger un mur entre soi et d’éventuelles suggestions pertinentes, entre soi et autrui”. Ne pas être curieux des autres enferme et fige.

Etre curieux pour s’adapter 

Nous l’avons dit souvent dans Bulle de Bonheur, aujourd’hui, nous vivons dans une société où le rythme est soutenu, où les progrès et les évolutions, sociétales, scientifiques mais aussi culturelles, sont nombreux.

L’être humain n’a jamais cessé d’évoluer, et cela depuis le jour de sa naissance. Du nourrisson que nous étions à la personne que nous sommes aujourd’hui, nous avons appris et avons rapidement découvert qu’il y avait tout un monde qui existait en dehors de chez nous. Si notre curiosité enfantine a été un moteur pour notre croissance, elle doit le rester dans notre vie d’adulte. Afin de nous permettre de profiter des innovations, des nouvelles idées et surtout des nouvelles façons de voir la vie.

Attention ! Curieux ne signifie pas accepter ou être d’accord avec tout ce qui est nouveau. Cela implique juste de faire preuve d’ouverture d’esprit et créer des opportunités de découvrir des choses qui pourraient nous aider. Ou encore nous satisfaire, nous connecter à notre entourage. L’avantage dans notre monde qui bouge vite est que les connaissances sont facilement accessibles… Il y a juste à être curieux pour aller les chercher et les activer ! Et acquérir des connaissances, n’est-ce pas se donner plus de moyens pour avancer et mieux choisir son chemin de vie ?

La curiosité pour s’ouvrir et mieux réussir

La curiosité permet de s’adapter et de mieux se connaître.  Il est donc logique qu’elle nous permette de nous ouvrir et d’envisager d’autres chemins possibles pour parvenir à une vie satisfaisante. L’avantage, c’est qu’être curieux nous ouvre non seulement un monde de possibilités mais nous habitue également au nouveau, à la différence.

De ce fait,  nous sommes beaucoup plus à l’aise avec des gens ou des choses que nous ne connaissons pas, plus confiants face à des situations inhabituelles.

Comme l’explique Tal Ben-Shahar, les gens dont “la vie est en forme de point d’interrogation et non de point final”, font preuve de plus de créativité et de réussite. Ils développent des relations de meilleure qualité… En quelques mots, ils sont plus heureux. Il s’agit donc de continuer à se poser des questions, et non s’enfermer dans la position de “je sais déjà” ou “je ne veux pas savoir”.

Si l’on adopte cet état de curiosité, nous observerons que la vie présente de multiples occasions d’apprendre. Toute situation décèle un enseignement, un message utile.

“Avoir l’esprit ouvert, c’est accueillir pleinement la vie”.

La curiosité pour mettre de la vie dans sa vie

La curiosité représente un fabuleux rempart à la monotonie ou la routine.

Comme l’enfant qui découvre, s’étonne et s’émerveille, la curiosité nous met dans un mouvement dynamique et sans cesse renouvelé. Où la passivité et l’ennui ont peu de place. La vie présentant constamment de nouvelles choses, notre désir d’apprendre et de nous “mettre à jour” conduit à une vie très variée, où les occasions de s’enchanter sont multiples.

La curiosité pour améliorer notre santé

La curiosité sollicite notre cerveau et stimule nos neurones. Notre activité cérébrale va s’intensifier et notre cerveau, comme un muscle qui se renforce par l’exercice, va se développer. D’ailleurs, des études scientifiques commencent à établir un lien entre la curiosité et le ralentissement du développement de certaines maladies comme celle d’Alzheimer.

Autre avantage, être curieux nous oblige à sortir de notre zone de confort et favorise les nouvelles expériences. Or, notre corps nous récompense à chaque fois que nous tentons de nouvelles expériences qui nous sont agréables. Le cerveau produit de la dopamine qui crée une récompense interne. Cette récompense de bien-être se développe particulièrement  en dehors de notre zone de confort, donc allons-y !

Limites 

La curiosité est-elle un vilain défaut ?

Ce proverbe, s’il est souvent utilisé à tort, n’est cependant pas complètement faux. Comme toute qualité en effet, la curiosité cultivée à l’excès, deviendra un défaut.

Quand la curiosité est employée à mauvais escient, quand elle devient inquisition et qu’elle ne respecte plus l’intimité et/ou la volonté des personnes, alors oui, la curiosité atteint ses limites. Si la curiosité nuit, si elle alimente rumeurs et commérages, elle devient vicieuse et doit être condamnée.

Le temps, ennemi de la curiosité

Une autre limite à la curiosité, sans doute très liée à notre époque où tout “doit” aller très vite, est le temps. Lorsque notre curiosité ne peut pas être satisfaite immédiatement, nous avons tendance à nous concentrer sur notre frustration de ne pas savoir. Notre curiosité est alors source d’émotions désagréables.

La question peut cependant se poser de savoir si notre frustration naît de la non satisfaction de notre besoin d’apprendre. Ou plutôt de notre volonté de contrôler, de tout maîtriser qui nous pousse à vouloir tout savoir ?!

Cultures différentes

Enfin, la curiosité pourra aussi se heurter à des codes sociaux et des cultures différentes. Demander l’âge d’une femme, parler de salaire, d’émotions… Tout cela peut être des sujets d’intérêts pour certains mais d’impolitesse, de non respect ou d’humiliation pour d’autres.

Quoiqu’il en soit, s’il n’est pas toujours simple de déterminer la ligne qui fait passer du côté de la curiosité malsaine, il peut être utile de se fixer nous-même nos limites. Et d’avoir ainsi conscience que la curiosité peut être déplacée, qu’elle peut devenir impulsive, incontrôlable et donc nocive.

En pratique

Et si je retrouvais mon âme d’enfant ? Si je regardais tout ce qui nous entoure comme un immense coffre à connaissances ?

Rester curieux, c’est garder un esprit ouvert mais comme nous l’avons dit, c’est aussi garder un esprit critique. Car il ne s’agit pas d’être d’accord avec tout ce qui est nouveau, ni de tout prendre pour argent comptant. Être curieux nécessite donc de questionner et se questionner.

Pour cela, nous avons à notre disposition tout un arsenal de mots interrogatifs qui peuvent nous aider à orienter nos questions. Pourquoi ? Et si ? Mais également : comment, quand, qui, combien, où… quelquefois rassemblés sous l’acronyme CQQCOQP, bon moyen mnémotechnique !

Nouvelle curiosité

Il est vraiment étonnant de réaliser que si nous partons du postulat que tout a un intérêt, des sujets que nous avions étiquetés d’ennuyeux ou de fades vont nous apparaître sous un jour très différent. Ce raisonnement est d’ailleurs le même pour des sujets sur lesquels nous pensions détenir la vérité. Avoir un esprit ouvert peut nous révéler d’autres avis, d’autres points de vue et ainsi nous faire découvrir d’autres possibilités.

Être curieux en pratique, c’est également sortir un peu de notre univers habituel, explorer des domaines qui nous sont inconnus. Sur internet ou dans la vie réelle, les occasions sont nombreuses.

Ce peut être par exemple tenter de se diriger de temps en temps vers quelque chose qui est complètement différent d’un de nos domaines de prédilection. Vous détestez le rap ? Il se trouve que votre adolescent n’écoute que cela. Pourquoi ne pas saisir cette occasion pour découvrir un autre registre musical ? Vous pourriez vous laisser surprendre par une chanson et même un artiste que vous aimez, tout en étant exemple d’ouverture pour votre enfant et créateur d’un temps de qualité avec lui.

Pour les couples, les professionnels de la relation conjugale montrent qu’un couple curieux est généralement un couple heureux. Ainsi, le couple renforcera plus sa relation en découvrant ensemble des nouvelles activités plutôt qu’avec des activités plaisantes mais familières.

Bienfaits

La curiosité nous amène à vivre de nouvelles expériences.

Elle nous aide à augmenter nos connaissances. Plus on est curieux, plus on connaît de choses, plus on est capable de lier des idées entre elles.

En bref, rester curieux, c’est entretenir son cerveau, inviter l’action et l’émerveillement dans son quotidien, favoriser sa créativité et ses chances de réussite. C’est donc contribuer à son bonheur.

En bref

Commune à tous à la naissance, la curiosité se perd pour beaucoup d’entre nous en grandissant. Mais bonne nouvelle, elle peut se ré-apprendre ! Tant mieux car la curiosité est un outil précieux.  Elle nous fait avancer sur notre chemin de vie, elle nous invite à pousser nos limites et voir plus loin. Elle est le garant d’une vie riche, active et satisfaisante.

La curiosité n’est donc pas un défaut, mais bien une qualité à cultiver !

Allez hop, 2 mn pour trouver un domaine qui sort de vos habitudes ou que vous n’aimez pas a priori ! Appliquez le CQQCOQP et laissez vous surprendre par vos découvertes !

Je pardonne

Petite précision avant de commencer. Nous parlons ici du pardon, comme un processus intérieur de libération, et non du pardon, mot prononcé pour s’excuser d’offenses mineures (bousculer quelqu’un, marcher sur un pied, passer devant …).

De même, devant l’ampleur du sujet, nous avons dû faire quelques choix. Nous ne traiterons donc pas du pardon à un absent (de par son décès ou son inaccessibilité), ni du pardon à soi-même (mais retenez qu’il est fondamental de savoir aussi se pardonner).

Le pardon dans la relation à l’autre

Quand nous avons blessé une personne, la seule demande de pardon ne peut suffire. Car le vrai pardon est un processus à double sens. Comme en communication, il faut un émetteur et un récepteur. Celui qui demande le pardon et celui qui le reçoit.

Dans cette relation duale, nous pouvons noter 2 obstacles :

  • l’égo : il peut nous empêcher de reconnaître nos propres erreurs. Le pardon touche notre estime de soi. Reconnaître que nous avons fait du mal à une personne revient à accepter que nous ne sommes pas parfaits. Que nous pouvons être maladroits et même méchants. 
  • le lien : le pardon est souvent plus difficile à donner aux personnes que nous aimons. Et notamment à notre partenaire, car nous attendons de lui qu’il soit “parfait”. Lui ayant donné notre confiance, nous acceptons moins facilement ses erreurs, les blessures qu’il nous fait.

Le pardon libre

Les injonctions comme “il faut pardonner , “on doit pardonner” peuvent donner une fausse conception du pardon. Comme s’il était une obligation. D’ailleurs, tout est-il pardonnable ?

Quoi qu’il en soit, un pardon commandé, imposé, n’en est pas un. “Ou bien le pardon est libre, ou bien il n’existe pas” affirme Jean Monbourquette.

A l’instar du “merci” imposé aux enfants (Bulle de Bonheur #11), le pardon, s’il revêt un côté formel et automatique, perd son objectif et ses bienfaits.

Combien de fois avons-nous pu nous entendre dire enfant “dis pardon à ….” et finir par lâcher un “pardon” sur un ton qui en disait long sur notre véritable intention ?

Il n’est pas un mot magique qui annule tous les torts.

Ce n’est ni une formule de politesse, ni un moyen d’avoir la paix ou encore une obligation morale.

Le pardon est un cheminement intérieur volontaire, qui contribue à augmenter notre bien-être.

Le pardon sincère 

La sincérité suppose de reconnaître la blessure de l’autre, sans jugement ni évaluation. Cette reconnaissance va passer par la description du comportement qui a causé de la souffrance. Cette description doit donc être factuelle pour éviter de tomber dans le piège de la minimisation ou de la critique.

Pas toujours simple, surtout quand il s’agit d’accepter que notre comportement peut avoir des conséquences négatives pour la personne. Alors qu’il n’en aurait pas eu pour nous. Pas question donc de répondre : “moi je ne trouve pas ça vraiment grave mais je m’excuse”. 

Des besoins différents selon les personnes

Cela fait écho à ce que nous avions dit sur les besoins. Une même situation sera vécue par chaque personne différemment en fonction de ses besoins. Les émotions ressenties seront donc elles aussi propres à chacun.

La sincérité implique également de ne pas se trouver des excuses, de ne pas se justifier. Si vous dites : “c’est vrai que je t’ai menti et je vois que tu en as souffert. Mais tu sais, je l’ai fait pour te protéger”. Soyez-en certain, le “mais” annule toute la première partie de la phrase ! Votre demande de pardon ne pourra être entendue.

Cette sincérité est aussi importante pour la personne qui demande le pardon que pour celle qui la reçoit. Celle-ci doit également être sincère dans sa réponse.

Accepter un pardon

Or, nous l’avons dit, le pardon, s’il est un immense cadeau, ne doit en aucun cas être forcé. Et de même qu’il ne doit pas être demandé à la légère, il ne doit pas être accepté trop facilement ou rapidement.

Accepter un pardon peut demander un temps de réflexion et il est important de savoir le refuser s’il ne nous répare pas. Car dans le cas contraire, nous trompons le demandeur mais également nous-même.

Quand l’offense a été très grande, nous pouvons avoir besoin de temps ou de gestes concrets de réparation pour accepter une demande de pardon.

Par exemple, si pendant des années, dans un couple, l’un des partenaires a dépensé l’argent commun sans compter. L’autre peut avoir besoin, avant d’accepter les excuses, d’être rassuré sur ce qui va pratiquement changer et permettre d’envisager une sécurité financière plus pérenne.

Le but du pardon est de permettre de se sentir mieux.  Il est par conséquent important de valider que pour le demandeur et le receveur, la démarche répond bien à cet objectif.

Fausses idées

Attention également aux fausses idées. Pardonner n’est pas oublier, être faible ou se retrouver comme avant l’offense. Ce n’est pas non plus excuser l’autre ou se réconcilier.

On l’aura compris, le terme pardon ne se définit pas simplement !

Véritable cheminement, il va solliciter de nombreux aspects de la personne. Temps, persévérance, authenticité seront nécessaires.

Il est donc utile de reconnaître cette difficulté. Et d’accepter cet état où nous ne voulons pas ou ne pouvons pas pardonner.

Changement de regard

Et si nous voyions dans le pardon une opportunité d’être plus heureux ?

Dépasser le “pardon politesse”, le “pardon de convenance” ou ”le pardon compassion”, pour expérimenter le vrai. Source de libération et de paix ?

Alors en pratique, comment ça se passe ?

Point de vue psychologique

Si la valeur thérapeutique du pardon a été longtemps ignorée par la psychologie, elle est aujourd’hui largement reconnue. Certains auteurs ont d’ailleurs même proposé un processus structuré. Et composé d’un nombre d’étapes plus ou moins variables, pour s’assurer d’un pardon authentique.

Sans rentrer dans le détail de ses étapes, nous retiendrons quelques points qui nous semblent essentiels :

  • pardonner, c’est savoir écouter

  • c’est accepter sa part de responsabilité (sans se justifier !)

  • mais aussi, c’est s’ouvrir à une démarche réflexive qui invite chacun à des gestes concrets de changement.

  • pour le demandeur, c’est rester dans la demande, donc accepter que le oui ne sera pas forcément la réponse (sinon, on serait dans l’exigence). Ce pourra être un non ou un peut-être.

  • pour le receveur, pardonner, c’est renoncer clairement à d’autres attitudes face à l’offense.  L’évitement (qui empêche d’exprimer sa douleur) et la vengeance.

C’est prendre aussi le temps de reconnaître et nommer sa souffrance. Et exprimer les émotions associées, comme la colère, la tristesse et la peur (cf Bulle de Bonheur #5). Ou pourquoi il est impossible de pardonner sans avoir nommé ses émotions).

Bienfaits

Pardonner libère, notamment de la colère et de la souffrance. Si celles-ci s’accumulent et sont refoulées, elles vont se transformer en rancoeur ou en tristesse profonde. Elles auront nécessairement des conséquences sur nos comportements (fuite dans le travail, isolement, écrans …), notre physique (manque de sommeil, perte d’appétit, …), notre psychisme.

Et se libérer, c’est prendre soin de ses relations. 

Si les blessures sont souvent inévitables, elles fragilisent les relations si elles ne sont pas soignées. Le pardon va permettre d’éviter l’escalade des reproches, des critiques, du mépris, des représailles … Autant de tentations qui se trouvent à la portée de celui qui a été blessé.

Pardonner, c’est se donner l’opportunité de faire évoluer nos relations et de les faire durer.

Enfin, au lieu de rester englué dans le passé, le pardon permet de se tourner vers l’avenir. Et cette ouverture à un autre possible est libératrice tant pour que celui qui a blessé que celui qui a blessé.

En bref

  • Le pardon est une démarche qui vient du fond du coeur
  • Il invite à changer de comportement 
  • Enfin, il libère, renforce les relations et procure paix et bonheur.

Allez hop, je me lance !

2mn pour penser à une personne qui vous a blessé et à qui vous n’arrivez pas à pardonner. Notez le nom de cette personne, les émotions que vous ressentez en évoquant la cause de l’offense. Ré-écoutez notre podcast ou relisez cet article pour choisir ensuite comment enclencher une démarche de pardon.

Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

Je sors de la dépendance affective

La dépendance affective est un terme très utilisé et révélateur d’un état d’âme. Celui ou celle qui est débarrassé de cette dépendance serait-il alors un indépendant affectif ?

Pour éviter de donner l’illusion que nous pourrions ne dépendre de rien ni de personne, Bulle de Bonheur préfère utiliser le mot autonomie plutôt que celui d’indépendance.

Si l’indépendance se réfère aux autres, la notion d’autonomie renvoie au “soi” et à notre pouvoir d’agir sur notre vie, pouvoir sur nous-même qui, rappelons le, est le fil rouge de Bulle de Bonheur.

A l’instar d’Eric Berne, fondateur de l’analyse transactionnelle, nous définirons donc l’autonomie comme “la faculté à parcourir la vie en faisant des choix clairs et en les assumant, à avoir conscience de ses propres besoins et à savoir les satisfaire”.

Nous allons aujourd’hui parler plus spécifiquement de notre autonomie affective, c’est à dire de notre capacité à combler nous même notre besoin d’être aimé, d’être reconnu, d’être apprécié.

Or, il s’avère que nous pouvons nous retrouver dans un état où il nous est impossible d’être autonome, car au lieu de compter sur nous pour satisfaire nos besoins, nous attendons que ce soit les autres qui le fassent.

Gagner en autonomie affective, c’est par conséquent apprendre à s’aimer soi-même avant tout ; c’est prendre conscience que notre bonheur dépend de nous ; c’est arrêter de croire que l’autre a l’obligation de nous sécuriser, de nous rassurer, de combler nos manques.

Comment savoir si nous sommes dépendants ? 

Si nous cochons plusieurs des caractéristiques suivantes :

  • avoir des attentes qui ne dépendent que des autres

  • ressentir un grand vide affectif

  • faire passer les besoins des autres (ou de l’autre) avant les siens

  • sentir le besoin d’être utile

  • avoir toujours l’espoir de pouvoir changer l’autre

  • chercher sa propre valeur dans le regard de l’autre (être complimenté, valorisé, être validé dans nos choix). Cela va généralement avec le constat que nous ne nous aimons pas ou peu.

  • avoir peur d’être abandonné, rejeté

  • chercher (et trouver !) des excuses aux aspects négatifs de nos relations. La liste n’est bien entendu pas exhaustive, et la manifestation de ces éléments doit s’inscrire dans la durée, dans un schéma répétitif.

État des lieux de notre situation affective

Cette liste peut servir cependant de point de départ pour faire un état des lieux de notre situation affective. C’est à dire pour regarder qui détient la télécommande de notre bien-être : nous ou l’autre ?

Une autre image peut être celle des piliers sur lesquels repose notre maison, c’est à dire notre vie. Si notre vie repose sur un unique pilier (mon partenaire, ma famille…), nous prenons le risque de trop solliciter ce pilier. Voire de le fragiliser, et le jour où il s’écroule, toute notre vie s’écroule avec.

Soulignons par ailleurs que la dépendance affective peut avoir lieu dans des contextes différents. En couple bien entendu (angoisse si pas de nouvelles, jalousie, attention totale pour son partenaire …). Mais aussi en famille (avec ses parents par exemple : visites ou appels pluri-hebdomadaires, angoisse récurrente qu’il leur arrive un malheur…). Ou en groupe (peur de déplaire, d’être exclu…).

L’origine de la dépendance affective

L’origine de notre dépendance affective se trouve dans notre passé. Période pendant laquelle nous avons construit nos croyances à partir d’expériences vécues et de messages entendus. Certaines de ces expériences ont laissé des traces, appelées blessures émotionnelles par la psychologie. Ces blessures orientent notre manière de penser, de choisir et d’aborder la vie.

L’illustration courante de cette situation est celle de l’enfant qui ne s’est pas senti assez aimé. Une fois adulte, il va attendre sans cesse que l’autre comble ce manque d’amour… C’est comme si la personne remplissait continuellement un grand panier, sans voir ou accepter qu’il était percé.

Son attente est donc vaine. Cela va l’amener à continuer à espérer et persister dans une relation qui la fait pourtant souffrir. Ou bien elle va au contraire multiplier les relations dans l’espoir qu’un partenaire réponde enfin à ses attentes.

Gagner en autonomie affective va donc consister, seul ou avec l’aide d’un thérapeute,  à reprendre le pouvoir sur soi. A faire confiance à sa boussole intérieure pour que notre centre d’approbation soit avant tout interne.  Un chemin nécessaire pour plus de liberté et de bonheur.

Changement de regard

Gagner en autonomie renvoie à de nombreux sujets que nous avons déjà abordés avec Bulle de Bonheur : la confiance en soi (Podcast #7), le choix du bonheur (Podcast #1), le changement (Podcast #3), les besoins (Podcast #12). Cela fait écho à des sujets à venir aussi comme le pardon, les croyances ou encore l’auto-compassion.

Si le sujet peut paraître complexe, nous vous proposons juste d’en faire le point départ d’une petite auto-analyse personnelle !

Et si vous preniez quelques minutes pour faire un état de lieux de vos relations aux autres ? Avec vos enfants, vos partenaires, vos amis : dépendant ou autonome ?

L’outil des 4 P

L’outil des 4 P, présenté dans Bulle de Bonheur #13 “je vis en équilibre”, peut être un outil utile pour faire un état des lieux. En cas de tendance à la dépendance affective, les P de Partenaire et de Parent seront beaucoup plus investis que les P de Privé (ce que vous faites pour vous) et de Professionnel.

Des relations toxiques

Logique, car pour le dépendant, le bonheur dépend essentiellement de ses relations aux autres ! Mais dangereux car comme toute dépendance, elle peut procurer certes du plaisir mais elle finit pas priver de liberté. Mais aussi par être source de souffrance et enfermer dans un cercle vicieux. En même temps que la relation nous détruit (plus ou moins visiblement), nous l’entretenons car nous pensons ne plus pouvoir nous en passer pour vivre.

Voici 2 exemples :

  • J’attends de la reconnaissance de mon boss. Comme je n’en ai pas, je pense que c’est parce que je dois en faire d’avantage. Je travaille plus, je m’épuise, je suis frustrée mais je continue à en faire plus… Le cercle vicieux s’installe. 
  • Je veux tout le temps être avec mon conjoint. S’il fait une activité sans moi, je suis jalouse et je lui reproche de pas m’aimer assez. Et si ça recommence, je peux devenir suspicieuse, commencer à fouiller dans son cellulaire pour voir ce qu’il me cache. Je deviens tyrannique et lui demande sans cesse la preuve de son amour.

Ainsi résumés, ces exemples peuvent paraître un peu caricaturaux mais ils sont bien le reflet d’un processus qui se met en place sur plusieurs années et souvent de façon insidieuse.

Et la solitude dans tout ça ?

Parler d’autonomie affective, c’est également nous interroger sur notre rapport à la solitude.

Est-ce que nous acceptons facilement d’être seul mais aussi que les personnes que nous aimons fassent des choses sans nous ? Il est certain que pour ceux qui sont dans une dépendance affective, un travail sera nécessaire pour apprendre à apprivoiser la solitude. A y voir une opportunité pour nous aider à nous connaître et à combler nos propres besoins.

Souvenez-vous aussi que la question de notre autonomie renvoie à la question de nos attentes. Nous avons tous des attentes, mais si celles-ci ne dépendent que des autres, la déception va être grande.

C’est d’ailleurs une des difficultés de certains parents d’adolescents. A une période où ils peuvent eux-même traverser une crise (dite crise de milieu de vie), ils ont besoin de se sentir aimé de leur adolescent. Or, celui-ci est justement à une période où cette dépendance affective est insupportable pour lui, car en opposition avec son besoin d’autonomie qui se développe !

Les parents qui cherchent à combler leur besoin d’amour à travers leur enfant adolescent vivent généralement une période de souffrance (mélange d’incompréhension, de déception, d’injustice, de colère…). Et sans même le vouloir, ils risquent de transmettre à leur enfant que l’amour est conditionnel. C’est à dire que l’amour vient des autres et qu’il dépend de notre façon de répondre aux attentes extérieures… N’est-ce pas un chemin glissant vers la dépendance affective ?

Bienfaits 

Gagner en autonomie c’est apprendre à prendre soin de soi. Prendre soin de ses besoins et compter sur soi pour les satisfaire. Attention, cela ne veut pas dire que se faire aider est interdit ! Cela signifie seulement que nous devons assumer notre responsabilité dans cette recherche, et non faire porter cette responsabilité aux autres.

Gagner en autonomie affective invite à mieux s’aimer soi-même. A se découvrir comme une personne remplie d’amour naturel (et non conditionnel) et libre de ses choix.

Nous l’avons déjà dit à plusieurs reprises dans Bulle de Bonheur, comment donner ce que nous ne possédons pas ? Comment être aimé des autres sans s’aimer ?

En Bref

Gagner en autonomie affective,

  • c’est accepter que la télécommande de notre bonheur est uniquement entre nos mains
  • mais aussi c’est apprendre que nous sommes responsables de la satisfaction de nos besoins, notamment notre besoin d’amour.
  • et mettre en pratique ou ré-écouter les podcasts Bulle de Bonheur !

Je me lance !

2 minutes pour vous interroger sur l’état de vos relations. En groupe, en famille, en couple, êtes-vous plutôt dépendant affectivement ou autonome ? En cas de dépendance, comment pourriez-vous reprendre la télécommande ?

Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

Je vis en équilibre

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Rappelons qu’être en équilibre signifie être dans une position stable, un état de repos qui résulte de la juste proportion entre des forces opposées.

Vivre en équilibre revient donc à trouver notre centre de gravité. C’est à dire arriver à ce que la concentration de nos différentes forces nous permette d’être ancré, droit. Tout en étant suffisamment souple pour pouvoir absorber des chocs physiques ou mentaux sans tomber ni rompre.

Équilibre vie privée/ vie professionnelle

Si nous imaginons que notre vie privée et notre vie professionnelle sont 2 de ces forces, nous comprenons aisément que ces forces peuvent être d’une intensité différente, voire contraires. Et qu’ainsi, elles puissent nous mettre à rude épreuve pour maintenir notre équilibre.

Nous pouvons avoir l’impression que nous ne sommes jamais au bon endroit… A la maison, nous pensons au travail, et au travail nous pensons à la maison ! Et si nous arrivons à couper, nos écrans nous rappellent rapidement à l’ordre ! Difficile de créer une frontière étanche entre le professionnel et le privé avec ces moyens de communication qui nous permettent d’être connecté et joignable à tout moment.

Rajoutons à cela un petit coup de pression sociale, et nous voilà confrontées à l’image de la super woman qui doit être amante, maman, copine, entrepreneuse, cultivée et sportive de surcroît !

Jouer avec le temps

Trouver son équilibre, c’est aussi savoir jouer avec le temps. En famille par exemple, ce sera parvenir à doser temps pour la famille, temps pour le couple, temps pour les enfants et temps pour soi !

C’est une expression que l’on retrouve également pour les couples. “Un couple, deux forces à équilibrer” dit le psychologue Yvon Dallaire. Trouver la juste proportion entre fusion et autonomie, ou comment concilier le JE et le NOUS.

Mais vivre en équilibre ne signifie pas pour autant vivre en funambule. Il s’agit non pas d’être sur un fil où nous risquons de tomber à chaque pas, mais d’être sur nos pieds, bien ancrés sur le chemin de notre vie.

Alors, comment être bien ancré dans notre vie ?

Selon Yvon Dallaire, pour avoir une bonne stabilité, il faut être sur 4 pattes !

Quelles sont ces 4 pattes ? Ce sont les 4 P de : Privé, Professionnel, Partenaire et Parent.

Ainsi, selon le psychologue, pour s’assurer d’une vie épanouissante et équilibrée, nous devons veiller à ce que nos 4 pattes soient suffisamment bien développées.

Développer le P de Privé

Nos projets, nos loisirs et nos rêves personnels. Ce domaine est lié à notre personne, dans le sens où il demande de savoir être à notre écoute. De considérer notre personne comme ce meilleur ami avec qui nous allons vivre jusqu’à la fin de nos jours, qui mérite donc qu’on prenne soin de lui !

Développer le P de Professionnel

C’est la partie de notre être qui s’épanouit dans les relations professionnelles mais également dans les activités où l’on se sent utile, où l‘on trouve sa place dans la société. Nous y allons généralement y rechercher notre indépendance financière.

Développer le P de Partenaire

Ce côté de notre personne recouvre notre besoin d’aimer et d’être aimé, de partager, d’échanger, d’avoir des relations amicales, amoureuses, sexuelles. En général, nous recherchons un partenaire privilégié pour y répondre. Le couple est la forme la plus courante où se développe ce P.

Développer le P de Parent

Cet aspect est nourri toutes les fois où notre altruisme s’active, pour aider, se mettre au service de ou encore protéger. Bien entendu ce rôle est pleinement rempli avec nos enfants, mais il est également actif avec des amis, nos parents ou encore du bénévolat.

Yvon Dallaire affirme que “la personne en équilibre est celle qui satisfait et développe équitablement ces 4 P”. Ainsi, si une de nos pattes est plus développée que les autres, nous serons bancals. Deux exemples sont souvent cités pour illustrer le déséquilibre. Le surinvestissement dans le travail et le surinvestissement dans le rôle de mère.

Moments d’équilibre

Attention cependant, il n’est pas question que cet équilibre soit parfait et présent à tous les instants ! Notre équilibre va nécessairement bouger au gré des changements de notre vie. Ainsi certains évènements feront plus de place, voire toute la place, à un des P : une mission importante au bureau (Professionnel), la naissance d’un enfant (Parental) ou encore la phase amoureuse (Partenaire).

L’essentiel est que ces moments ne durent pas dans le temps, et que les raisons d’un P dominant les autres, soient connues, ponctuelles et spécifiques. Sinon, harmonie et équilibre risquent fort de disparaître.

En faisant un bref focus sur la vie parentale, nous pouvons noter que les 4 P de Yvon Dallaire font écho aux différents rôles que Jacques Salomé préconise d’assurer pour que la vie de parent soit la plus équilibrée possible. Chacun des parents doit être autant papa et maman (écoute, bienveillance, tendresse…) que père et mère (autorité, règles…), sans oublier d’être aussi homme/femme, conjoint/conjointe.

Pour compléter le tableau, nous pourrions rajouter une 5e fonction : celle de travailleur.

Comme un mobile, ces 4 ou 5 éléments vont évoluer autour d’un axe central, notre  “moi”.

Les éléments de ce mobile vont bouger au cours de notre vie. Quelquefois une fonction, un rôle va être plus sollicité et va faire pencher le mobile d’un côté, créant un mouvement plus ou moins fort et provoquant un déséquilibre.

Si nous avons conscience que notre mobile peut retrouver son équilibre, que nous sommes responsables de lui redonner sa stabilité en investissant à 100% chacun de ses éléments, alors nous pourrons vivre en équilibre, heureux et épanouis.

En pratique

Je veille à développer chacune de mes pattes.

Bulle de Bonheur vous a déjà proposé des trucs qui pourront vous aider à y parvenir. Instaurer des rituels, se connecter à l’instant présent, gérer ses priorités, identifier ses besoins, se déconnecter.

La liste est loin d’être exhaustive mais voici quelques outils supplémentaires :

– prendre conscience de son niveau d’équilibre : je dessine 4 verres (mes 4 P) et je marque un niveau sur chacun. Chaque niveau correspond au temps et à l’énergie que j’y consacre.

– créer des moments de qualité : la qualité est souvent plus importante que la quantité. Et consacrer des petits moments uniquement à l’autre peut venir nourrir beaucoup de nos P. Cuisiner, jouer à un des jeux 2 minutes, se balader, regarder un film… Il y a quantité d’activités que nous pouvons faire pour instaurer de réels moments de qualité en couple, avec nos enfants, notre entourage.

– savoir dire non : aux sollicitations, au tout parfait, au tous ensemble, au tout contrôle (déléguer) !

– se ménager un espace à soi. En famille par exemple, nombreux thérapeutes préconisent que la chambre des parents soit avant tout un espace conjugal. Lieu de ressourcement pour le couple, dont la porte doit rester fermée à certains moments.

En Bref

  • Vivre en équilibre, c’est s’investir pleinement dans toutes les sphère de sa vie

  • Privé, Professionnel, Partenaire et Parent sont 4 de nos sphères à équilibrer

  • Je suis responsable du maintien de mon équilibre

  • Pour cela, j’ai des outils : identifier mes besoins, gérer mes priorités, vivre l’instant présent, instaurer des rituels… Et encore plein d’autres à découvrir sur Bulle de Bonheur !

Allez Hop, je me lance !

Je dessine mes 4 pattes et j’évalue objectivement leur taille, en fonction du niveau d’énergie et du temps que je consacre à chacune. S’il y a déséquilibre, je choisis au moins un outil pour y remédier.

J’identifie mes besoins

Peut-être avez-vous entendu parler du lien entre émotions et besoins ?

Ce lien a été notamment développé par le psychologue Marshall B. Rosenberg, auteur d’un processus de communication spécifique pour développer la relation à soi, à l’autre et à la vie, appelé Communication Non Violente (CNV).

C’est ce processus que Bulle de Bonheur a choisi comme prisme pour partager avec vous l’importance de savoir identifier nos besoins.

Les émotions sont des messages envoyés par le cerveau (Bulle de Bonheur #5 je nomme mes émotions), qui nous informent sur l’état de notre bien-être.

Et bien, pour la CNV,  ces messages viennent nous dire qu’un besoin est satisfait (émotion agréable) ou pas satisfait (émotion désagréable).

Ainsi, si mon conjoint me fait un compliment sur la façon dont je suis habillée, je ressens de la joie parce que mon besoin d’appréciation ou de reconnaissance est satisfait.

A l’inverse, si je sors d’une réunion que j’ai trouvée confuse et trop longue, je suis énervée, déçue, car mon besoin de clarté ou de cohérence n’a pas été satisfait.

Identifier ses besoins

Identifier ses besoins est la 3e composante du processus de Communication Non Violente. Après avoir observé (et non évalué) la situation, puis nommé les émotions ressenties, le travail de prise de conscience et de verbalisation des besoins peut se faire.

C’est un axe de travail essentiel pour gérer ses émotions.

Ce travail nous invite à nous recentrer sur nous-même, et évite la tendance naturelle à accuser les autres de notre mal-être. En effet, ce sont nos besoins qui vont généralement colorer notre vision des choses. Ainsi, en fonction des personnes, un même événement ne sera pas vécu de la même façon car ces personnes ont des besoins différents.

Prenons l’exemple de la réunion évoquée plus haut. Il est fort probable que ma déception ne soit pas partagée par tous mes collègues. Et que j’en entende même certains faire part de leur satisfaction car cette réunion aura répondu à leurs attentes. Au lieu donc de reporter la responsabilité de ma colère sur l’incompétence de l’animateur de la réunion, je la relie à mes besoins non nourris. Et donc j’assume la responsabilité de mes émotions.

Savoir s’écouter pour connaître son besoin

Ce travail d’écoute de soi et de recentrage peut entraîner des difficultés en pratique.

En effet, nous avons pu avoir une éducation où l’observation et l’écoute de soi étaient absentes, voire interdites. “Arrête de te regarder le nombril !”

Pudeur ? Crainte que nous devenions égocentriques ou faibles ? Nos éducateurs avaient sans doute leurs raisons.

Pourtant, cette croyance, encore assez répandue, est aujourd’hui démentie par de nombreuses études. Elles ont pu démontrer que le regard sur soi ne nous enfermait pas sur nous-même. Mieux comprendre ses besoins permet au contraire de mieux comprendre les besoins des autres… Donc favorise des relations plus ajustées, plus authentiques et satisfaisantes.

L’observation du comportement humain a montré aussi depuis longtemps que consciemment ou non, l’homme cherche à combler ses besoins fondamentaux.

Changement de regard

Et si nous regardions nos besoins comme de précieux alliés sur le chemin du bonheur ?

Identifier ses besoins pour un mieux-être personnel, qui profite aussi à notre entourage.

Mais comment identifier nos besoins ?

De nombreux auteurs ont abordé cette notion de besoin. Abraham Maslow est un des premiers à avoir travaillé sur le sujet. Ses travaux ont abouti en 1954 à une classification des besoins. Elle a fait par la suite l’objet d’une représentation graphique, connue aujourd’hui sous le nom de “Pyramide de Maslow”.

5 grandes catégories de besoins y sont répertoriées :

  • les besoins physiologiques (respirer, manger, dormir…)

  • besoin de sécurité (santé, emploi…)

  • le besoin d’appartenance (amour, relations…)

  • mais encore le besoin d’estime (reconnaissance, confiance…)

  • et enfin le besoin d’accomplissement (épanouissement, réalisation…)

Cette pyramide a malheureusement fait l’objet d’interprétations quelque peu dogmatiques. Et certains ont pensé que Maslow établissait une hiérarchie stricte entre les différents besoins. C’est à dire que pour parvenir au besoin supérieur (par exemple le besoin d’appartenance), il fallait avoir satisfait le besoin précédent (dans cet exemple, le besoin de sécurité). Or, il s’avère que cette interprétation est un peu éloignée de la pensée de Maslow.

Mais quelles que soient les erreurs d’interprétation de cette pyramide, Maslow a permis de donner des clés de compréhension du comportement des personnes. Et d’identifier les besoins humains fondamentaux.

Les besoins, en pratique

En pratique, ces besoins seront nourris et satisfaits, de façons plus ou moins simultanée et dans des proportions propres à chacun.

Le stade de développement de la personne par exemple (bébé, enfant, adolescent, adulte) jouera un grand rôle dans la priorité donnée à la satisfaction de ces différents besoins .(Vous imaginez bien que l’adolescent ne va pas donner la même priorité à son besoin de liberté et de sécurité, que son parent !!).

Avoir conscience que les besoins fondamentaux humains sont identiques mais se présentent rarement dans le même ordre de priorité permet d’éviter de nombreux conflits.

Bienfaits

Connaître ses besoins fondamentaux va donc permettre d’être plus heureux. Car connaître nos besoins nous amène à nous connecter à nos valeurs. Or selon la définition du bonheur choisie par Bulle de Bonheur (Bulle de Bonheur #1), il est justement cet état de bien-être profond. Il est procuré par le fait d’être en accord avec nos valeurs.

En dehors des besoins dits de survie (nourriture, logement, hygiène…), les besoins fondamentaux recherchés le plus couramment sont l’écoute, l’amour, la reconnaissance, le respect, le partage, la responsabilité, le bien-être… Ne reconnaît-on pas là les valeurs prônées par le mieux-vivre ensemble ?

Aide à la reconnaissance des besoins fondamentaux

Quoiqu’il en soit, les valeurs nous invitent à nous interroger sur ce qu’il y a de plus important pour nous, à ce que nous souhaiterions atteindre comme idéal.

Et cette connexion avec nos valeurs va nous aider à différencier nos envies de nos vrais besoins.

Contrairement au besoin en effet, l’envie est éphémère, liée à l’avoir et au plaisir, et souvent infinie. Il est important d’avoir des désirs, mais comme ils ne sont pas nécessaires, il est aussi important de savoir faire le tri. Car ils pourraient nous emmener dans une quête épuisante, sans fin et peu satisfaisante.

J’ai envie ou j’ai besoin ? Pas simple de répondre ! D’autant que nous pouvons avoir besoin et envie (j’ai soif et j’ai envie d’un jus de pomme). Avoir besoin sans avoir envie (m’arrêter de fumer). Ou encore avoir envie sans avoir besoin (j’ai envie de ce gâteau alors que je n’ai pas faim) !

En plus, la mauvaise utilisation de notre langue ne nous aide pas ! Combien de fois on peut dire ou entendre : “J’ai besoin d’un Coca”, “ J’ai besoin de vacances”, “J’ai besoin d’aller faire un tour dehors”…

Différence entre besoins et envies

En CNV, il est proposé une distinction intéressante entre la stratégie employée pour satisfaire un besoin et le besoin véritable à nourrir.

Par exemple, si je dis : “J’ai absolument besoin d’aller faire un tour dehors”, la CNV nous invite à aller chercher ce qu’il y a derrière cette action. Besoin de liberté ? Besoin de calme ? D’exercice ? Selon cette approche, “aller dehors” n’est qu’un moyen (une stratégie) pour satisfaire notre besoin.

Le problème est que nous confondons souvent stratégie et besoin. Nous pensons de ce fait que notre envie d’action est un besoin et que c’est la seule action possible. L’intérêt de la CNV est de montrer qu’il y a de nombreuses stratégies pour satisfaire un besoin. Si le besoin n’est pas négociable et ne dépend que de nous, la stratégie est en revanche une action négociable, qui pourra se co-construire en accord avec notre entourage.

En pratique

Dans une situation donnée, je fais un court arrêt sur image :

Que dit mon corps ?

Quel besoin n’est pas satisfait ? S’il y en a plusieurs, quel est le plus important ?

Mais aussi quel moyen je mets en place pour le satisfaire ?

Exemple

Prenons un exemple assez courant de situation qui peut générer des émotions désagréables : le rangement à la maison !!

Quand je rentre du boulot et que je vois une fois de plus les chaussures des enfants jetées en vrac dans l’entrée, je me tends immédiatement. J’ai la respiration qui s’accélère et une vague de colère m’envahit. Quel est mon besoin ? Besoin d’ordre ?

Oui, mais derrière je sens aussi un besoin de respect. Et puis, si je vais plus loin, je découvre que mon besoin profond est un besoin de paix. Est-ce que mon entrée rangée va le satisfaire ? A moi de trouver les moyens pertinents pour y répondre !

Et oui, identifier ses besoins est une chose, les satisfaire en est une autre !

Comment les satisfaire ? Ce pourrait être l’objet d’un podcast entier et cela le sera !

Notons juste qu’en plus des stratégies dont nous avons parlées, savoir demander à notre entourage de l’aide peut être bien utile !

Demander de l’aide

Ainsi, au lieu d’attendre en vain que notre adolescent se lève spontanément du canapé pour nous aider à décharger les courses, exprimons-nous.  “Je suis très chargée, j’ai besoin d’aide pour mettre les courses dans la cuisine, merci !”.

Si vous avez besoin de savoir ce que votre patron pense de votre travail, demandez un rendez-vous pour lui dire que vous souhaitez avoir son avis sur les derniers dossiers terminés.

N’attendez pas qu’on devine vos besoins, vous risquez fort d’être très déçus !

Pensez aussi à la façon dont vous vous exprimez. Prenez l’habitude de formuler votre besoin avec la phrase “j’ai besoin DE” et non “j’ai besoin QUE” (le que va renvoyer à l’autre nécessairement). J’ai besoin d’aide, de soutien, de calme … (savoir faire une demande est essentiel, Bulle de Bonheur y reviendra !).

En bref

  • Identifier mes besoins est une des clés du bonheur

  • Les émotions sont de précieux alliés pour identifier mes besoins

  • Les besoins fondamentaux sont communs aux humains mais se présentent rarement dans le même ordre de priorité pour chacun

  • Un besoin ne dépend pas des autres, il ne dépend que de moi

  • J’exprime mon besoin en disant :” J’ai besoin DE …”

Je me lance !

2 minutes pour identifier un de vos besoins et la façon dont vous le nourrissez ou dont vous pourriez le nourrir !

Je dis 3 Mercis par jour

MERCI : 5 lettres, 2 syllabes… Un petit mot qui a un pouvoir fou !

Etymologie

Avant de voir pourquoi et comment ce petit mot peut nous conduire sur le chemin du bonheur, arrêtons-nous juste quelques instants sur son étymologie ! Rien de tel pour cela que de se plonger dans le livre de Claude Duneton “La puce à l’oreille”. Anthologie passionnante des expressions populaires et de leurs origines.

L’auteur nous apprend ainsi que le mot merci vient du latin merces, qui signifie salaire, puis plus tard prix.

Il renvoie originellement à l’idée d’un «marché» passé entre deux individus, puis celle «d’une faveur que l’on accorde à quelqu’un en l’épargnant».

Merci était un mot féminin. Être à la merci de quelqu’un, obtenir la merci d’une personne. Ce n’est qu’au Moyen-Age, suite à une erreur de traduction, que le mot devient masculin.

Aujourd’hui, le sens féminin est peu utilisé et la définition largement répandue est celle de remerciement.

Idée de marché avec le mot merci

L’origine du mot merci est peut-être une explication à la difficulté de certaines personnes à dire merci. Comme s’il rappelait cette idée de “marché” entre deux personnes et donc de don/contre-don. “Si je te dis merci, je te dois quelque chose en retour”. Il y aurait alors confusion avec l’idée que remercier nous placerait dans une situation de redevance, de dépendance, voire de soumission.

Dire merci et recevoir le merci

Si nous avons du mal à dire merci, demandons-nous également si de notre côté, nous acceptons facilement d’être remerciés… Pas simple en effet d’appliquer aux autres ce qu’on ne peut pas s’appliquer à soi-même ! Est-ce que mon premier réflexe est de répondre à un merci : “c’est normal” ou “ de rien” ? Est-ce que je suis gêné quand on me remercie ? Ai-je du mal à accueillir simplement ce petit mot ?

Qu’il soit plus ou moins facile à prononcer ou à recevoir, il est certain que dans sa signification courante, ce petit mot est avant tout un marqueur de politesse. Mais à n’y voir qu’une règle conventionnelle, on passe à côté du sens et du pouvoir de ce mot.

C’est d’ailleurs sans doute pour cela que certains enfants rechignent à dire “merci”. Ils ont souvent l’impression qu’on les « oblige » à le dire et n’y voient qu’une contrainte de plus dans le nombre de règles qui leur sont imposées.

Nous avons tous été témoins d’un parent, ou nous avons peut-être même été ce parent là, essayant désespérément de faire dire « merci » à son enfant !

C’ est pourtant bien plus qu’un geste conventionnel. Remercier induit en effet que l’on reconnaît notre environnement. Et notamment les personnes qui nous entourent. Il nous connecte à l’extérieur. L’enfant apprend ainsi à dépasser son « moi tout-puissant » et à inclure l’autre dans son monde auto-centré. C’est donc une étape essentielle dans la construction de sa personnalité.

Changement de regard

Un signe de politesse, souvent dit par automatisme, sans intention, perd de son sens. Et si nous regardions plutôt le mot merci comme le mot-clé d’un art de vivre ?

La fête de Thanksgiving est une belle illustration de l’importance donnée à ce mot. Célébrée principalement au Canada au mois d’octobre et aux Etats-Unis au mois de novembre, les origines de cette fête sont un peu oubliées aujourd’hui. (Les récoltes au Canada, l’aide des indiens aux USA). Mais il n’en reste pas moins que ce jour est devenu un rituel annuel important. Il offre l’opportunité de remercier pour ce qu’on a reçu.

La gratitude

Il est remis en avant aujourd’hui par le courant de la psychologie positive, et notamment son travail sur le pouvoir de la gratitude. En effet, savoir remercier se révèle comme une des voies qui facilite notre cheminement vers le bonheur.

Rappelons cependant que pour que notre merci ait du sens, il a besoin d’être sincère.

Pour qu’il le soit, pensons au ton de notre voix, à notre attitude (regarder la personne, peut-être même avoir un léger contact avec elle). A la précision de nos mots (par exemple : merci de m’avoir écouté) et à l’honnêteté de notre message (dire ce qu’on pense réellement… Et non pas dire pour faire plaisir à l’autre. Ou pire, pour le flatter et espérer obtenir un avantage derrière).

Cette règle de sincérité est bien sûr aussi valable quand ce merci s’adresse à nous-même.

Car merci peut se dire à des proches, à des inconnus et également à soi-même. Il peut aussi se dire à la nature, à la vie. Je te remercie de m’avoir rendu ce service, d’être en vie,  pour ce beau soleil. Mais aussi merci au chauffeur de bus qui m’a souri quand je suis montée.

Événements pour dire merci

Nous pouvons profiter d’événements particuliers pour remercier. La fête des mères, des pères, les anniversaires de nos enfants, de nos amis, les entretiens annuels professionnels. Ce sont autant d’opportunités pour faire prendre conscience aux personnes qui nous entourent du rôle positif qu’elles ont joué ou qu’elles jouent dans notre vie.

Mais dire merci peut se faire aussi sans prétexte, comme une simple reconnaissance spontanée à la vie, à l’univers.

Bienfaits

Le bénéfice dans les relations sociales a été mesuré par des études scientifiques. Dire merci renforce les liens.

En effet, comme nous l’avons mentionné, remercier suppose une attention à soi,  à l’autre. Mais aussi une ouverture et une connexion au monde.

Le mot merci vient alors exprimer la reconnaissance de ce qu’une personne ou notre environnement a fait pour nous.  Un geste, un service, un cadeau, le fait d’être présent, d’exister.

Besoin fondamental

Or la reconnaissance est un besoin humain fondamental. Satisfaire ce besoin procure donc un bien-être immédiat, et renforce la qualité des relations. Et si on en croit les personnes qui pratiquent régulièrement la “merci attitude”, un cercle vertueux se construit. A notre tour, nous sommes remerciés et notre besoin de reconnaissance est nourri.

Nos relations s’enrichissent, et notre moral se dope ! Comme le confirme la psychologue Rebecca Shankland.  “Plus nous savons remercier les autres, la vie qui nous gâte, moins nous nous sentons déprimés”.

L’avantage aussi, c’est que ce regard sur ce qui nous entoure nous aide à nous centrer sur ce que nous avons. Plutôt que focaliser sur ce que nous n’avons pas. Et comme toute nouvelle pratique, elle aura des effets incroyables dans le temps.

Au départ, il est probable que nous remerciions pour des choses importantes. Mais ensuite, dire merci va être naturel. Il va s’appliquer à de toutes petites choses et notre acuité visuelle, auditive, relationnelle va se développer. Nous allons prêter attention à des détails de notre quotidien que nous ne voyions plus (ma fille qui se lève toujours de bonne humeur, le chant d’un oiseau matinal, mon collègue fidèle…) et vraiment voir le monde sous un oeil différent !

Dire merci n’importe quand !

Bonne nouvelle aussi pour faciliter la mise en pratique. Il n’y a pas de « bon » moment pour dire merci ! Alors, n’attendez pas, il peut se dire n’importe quand !

En bref

Un merci doit être sincère, descriptif (merci pour…, merci de…) et en concordance avec mon langage corporel.

Remercier génère du positif et du bonheur, pour soi et pour les autres.

Apprendre à dire merci plus souvent donne tout leur sens aux choses simples de la vie. Cela met en valeur ce qui va bien et mérite d’être apprécié.

En pratique

2 minutes pour penser à 3 mercis ! 1 merci à vous-même, 1  à un de vos proches, et 1  à votre environnement !

Je gère mes priorités

Le rythme de nos vies

Nous pouvons rapidement nous laisser happer par le tourbillon de notre vie. Mettre de l’énergie dans des choses qui n’en valent pas la peine et même passer à côté de ce qui compte le plus pour nous.

Et quand on s’en rend compte, souvent on s’en veut. “Mais pourquoi j’ai passé autant de temps à faire ça ?”  “Quelle perte de temps !” “ Si j’avais su…”

La métaphore des cailloux

La métaphore des cailloux illustre bien cette difficulté. Vous l’avez peut-être déjà entendue ou même vue sur YouTube. En effet, cette métaphore puissante a été beaucoup diffusée après qu’un célèbre professeur l’ait utilisée lors d’une formation auprès de hauts cadres d’entreprises nord-américaines.

L’histoire est la suivante. Le professeur prend un gros bocal de verre et le remplit à ras bord avec de gros cailloux de la taille d’une balle de tennis. Puis il demande à son public : “est-ce que ce bocal est plein ?”. Tout le monde répond par l’affirmative. Le professeur propose de vérifier.

Il sort alors un sac contenant des graviers et le verse dans le bocal.  Les graviers se faufilent entre les cailloux et remplissent le bocal. A nouveau, il pose la question : “est-ce que le bocal est plein maintenant ?”.

Puis, il renouvelle l’expérience avec un sac de sable, et enfin une bouteille d’eau.

Le bocal en verre représente notre vie. Les gros cailloux désignent ce qui est le plus important pour nous. Les graviers sont les éléments moins importants mais qui ont quand même une certaine valeur. Le sable et l’eau illustrent tout le reste, souvent insignifiant mais qu’on a pourtant tendance à faire passer en premier.

Ainsi, il n’est pas rare de réaliser que sa journée a été bien remplie de sable et d’eau, de quelques graviers mais qu’il n’y a plus de place pour nos gros cailloux !

Gérer les priorités pour être heureux

Et pourtant, n’est-il pas nécessaire de donner la priorité à ce qui est essentiel pour notre bonheur ?

Mais savons-nous vraiment ce qui est le plus important pour nous ? Quels sont nos gros cailloux ?

Notre santé ? Notre famille ? Nos amis ? Apprendre ? Avoir des projets ? Défendre une cause ?… Nos cailloux peuvent être très variés et il n’est pas toujours facile de savoir les identifier.

Or connaître nos cailloux est une étape indispensable pour savoir gérer au mieux nos priorités.

Au lieu de nous laisser entraîner par le flux intense de nos journées, voire de nous laisser submerger, nous pouvons décider de la façon dont nous allons nager sur le courant de notre vie. Et choisir le type de nage que nous allons pratiquer voire peut-être même la direction que nous allons prendre.

Accélérer avec du crawl, se reposer en faisant la planche, avancer mais de temps en temps, tenter un virage. Bref, profiter de la portance de l’eau tout en maîtrisant certains éléments, c’est à dire en établissant certaines priorités.

2 outils peuvent nous aider à mieux définir nos priorités

Le 1er, est “la balance je dois / je peux / j’ai envie”. Nous ne pouvons pas, bien entendu, échapper à certaines obligations. Mais souvent, nous oublions de nous interroger sur le sens et l’intérêt de certaines de nos actions. Nous pouvons nous retrouver uniquement dans le devoir.

Abuser des “il faut / je dois” peut fausser notre ordre des priorités et apporter une certaine lourdeur dans notre vie.

Petites questions

Essayez donc de jouer plus régulièrement avec ces 3 questions : est ce que je dois le faire ? Est ce que je peux le faire ? Est-ce que j’ai envie de le faire ?

Ces interrogations sont une excellente façon de reprendre le pouvoir sur notre vie. De l’agir au lieu de la subir, et de décider ce qui est important pour nous.

Cela me fait penser à la façon dont une de mes amies gérait son cancer. Elle me disait : “tu vois, les séances de chimio, je dois les faire. Mais je peux décider des heures de traitement. Et de la façon dont je vais travailler avec le médicament pour qu’il soit le plus efficace. J’ai envie aussi de m’occuper de mon hygiène de vie, et d’apprendre à mieux m’écouter”.

La matrice d’Eisenhower

Un autre outil ressource en gestion des priorités, est la Matrice d’Eisenhower (oui, oui, le président des Etats-Unis lui-même !). Cette matrice, que vous trouverez expliquée plus en détails dans de nombreux ouvrages sur la gestion du temps et sur internet,  est composée de 4 quadrants :

  • 1er quadrant : ce qui est important et urgent. Soit les tâches à faire immédiatement.
  • 2e quadrant : ce qui important et pas urgent. Soit les tâches nécessaires à faire rapidement et/ou qui nécessitent d’être planifiées.
  • 3e quadrant : ce qui est urgent et pas important. Soit les tâches qui peuvent attendre ou être déléguées.
  • 4e quadrant : ce qui n’est ni urgent ni important. Soit les tâches à jeter !

Cet outil permet de savoir situer et connaître nos priorités. Il implique de distinguer une tâche urgente d’une tâche qu’on dit importante. Ce qui n’est pas toujours facile à faire !

Activité urgente ou importante, où sont mes priorités ?

Il semblerait que notre tendance naturelle soit de nous concentrer sur les activités non-importantes mais urgentes. C’est à dire que notre quadrant 3 serait le plus rempli, alors que remplir le 2 nous rendrait beaucoup plus heureux.

En effet, les activités importantes nous permettent de progresser dans nos objectifs, qu’ils soient professionnels ou personnels. Faire du sport, avoir du temps de qualité en famille, acquérir une compétence… Ces activités sont bien entendu propres à chaque personne.

Les activités urgentes quant à elles, requièrent une attention immédiate. Elles sont souvent liées aux objectifs de quelqu’un d’autre. Eisenhower avait remarqué que la majorité des tâches urgentes était liée à des interruptions d’autres personnes. Elles sollicitent votre aide pour atteindre leurs propres buts, selon leurs propres priorités. Or, parmi ces urgences, certaines sont réelles (un appel de l’école de votre enfant, un examen). D’autres en revanche ne le sont pas (beaucoup de nos mails, de sms !).

Savoir définir ses priorités

Comme pour l’histoire des cailloux, la difficulté provient souvent du fait que nous ne savons pas ce qui est vraiment important pour nous.

S’interroger sur nos valeurs, nos moteurs de vie, nos buts permet d’avancer plus vite sur le chemin du bonheur. Mais au lieu de prendre ce temps, nous nous laissons happer par tous les stimuli du moment, les urgences qui nous arrivent. Et nous avons tendance à remettre à plus tard les activités qui sont en fait importantes pour nous. Nous arrivons ainsi à différer sans cesse la recherche de ce qui compte le plus dans notre vie.

Combien de personnes sont convaincues qu’elles réaliseront ces tâches quand elles auront plus de temps libre ? Et s’aperçoivent que ce temps libre est sans cesse lui aussi différé !

Savoir dire non

Pour certaines urgences, il est vrai aussi que savoir dire non pourrait nous aider. Je pense notamment à ces personnes qui ont l’art de présenter leurs demandes ou leurs situations comme une urgence. Et là, l’image des  adolescents me vient à l’esprit.

Eux qui peuvent nous mettre sous pression.  Ils exigent une réponse rapide à une question qui justement demanderait un peu de réflexion. Exemple : vous vous êtes libéré plus tôt du bureau.  Vous apprêtez enfin à sortir faire votre jogging (activité importante pour vous) quand votre fille sort la tête de sa chambre et vous dit  : “au fait papa, je suis invitée demain soir à une soirée… Dis oui s’il te plait… Il faut que je donne ma réponse absolument ce soir !”. Est-ce vraiment urgent ? Est-ce que je dois répondre tout de suite ou est-ce que je peux différer ma réponse ?

Ces petites interrogations pourraient vous aider à ne pas regretter un non ou un oui dit trop rapidement !

Cela me rappelle un conseil donné aux parents d’adolescents dans des ateliers de communication bienveillante. “Parents, n’agissez pas en SAMU !”. Apprendre à dire non est un sujet en soi, alors revenons à nos priorités !

Bienfaits de la gestion de ses priorités

Savoir déterminer ses priorités et planifier ses activités en conséquence contribue à maintenir un équilibre de vie et permet de diminuer le stress (or le stress est un ennemi de la joie – Bulle de Bonheur #9 Je cultive la joie).

Cela nous permet aussi d’éprouver la satisfaction d’agir sur notre vie, et de gagner en productivité. De ce fait, il y a de grandes chances que notre confiance augmente.

Et logiquement nous devrions avoir plus de temps… Du temps pour nous, pour les autres… Ou bien du temps à consacrer à ce qui est important, c’est à dire à ce qui nous rend plus heureux. Le cercle vertueux est activé !

Attention cependant, nous avons parlé d’équilibre de vie. L’équilibre sous-entend la mesure. Pas question donc que notre vie se transforme en une immense liste où tout est contrôlé et planifié ! Il n’est pas question non plus de totalement se transformer.

Certaines personnes sont naturellement organisées, d’autres sont naturellement spontanées et chaque type de fonctionnement a ses avantages et ses inconvénients. Mais quelle que soit notre façon d’agir, prendre le temps de définir ou redéfinir nos gros cailloux, peut nous être utile.

En bref

  • Apprendre à mettre la priorité sur l’importance plutôt que sur  l’urgence. C’est un outil précieux pour améliorer notre qualité de vie.

  • L’importance renvoie à se demander si les répercussions de la tâche sont considérables. Ou si elles auront au contraire peu d’impact sur nous, notre travail ou notre famille.

  • L’urgence invite à se demander si la tâche est à faire rapidement ou si elle peut attendre ou être déléguée.

En pratique

  • Je prends quelques minutes pour définir mes priorités.
  • Je fais la liste des tâches à réaliser et je les classe selon les axes important / urgent évoqués plus haut. Une fois que le tri est fait, je pense aussi aux moments où je suis le plus efficace. Si je suis plutôt du matin par exemple et que j’ai une activité importante et difficile, je la programme à ce moment là…
  • Souvenez-vous aussi que nos cycles d’attention profonde (25 mn) et de vigilance (entre 60 et 90 mn) sont de courte durée… Donc pensez aux pauses, et à l’alternance de tâches légères et de tâches plus lourdes !!!

A vous de jouer !

 2 minutes pour télécharger la matrice d’Eisenhower . Intégrez et classez votre to do list dans les quadrants appropriés. Si les quadrants 3 et 4 sont les plus remplis, il est temps de gérer vos priorités !

Vous aimez notre podcast #BulledeBonheur ? Laissez-nous un commentaire ou une note  (5 étoiles, c’est mieux !) pour nous encourager !

Je cultive la joie !

La joie

Les nouvelles recherches autour des effets des émotions ont montré que celles qui sont agréables, telle que la joie, traduisent non seulement un état de bien-être de la personne mais permettent également de contribuer à son épanouissement.

La joie fait partie des émotions de base, appelées aussi primaires… Primaires  comme l’explique Paul Ekman (psychologue américain considéré comme un des pionniers dans la recherche sur les émotions). En effet ces émotions sont génétiquement pré-programmées, et sont à l’origine de toutes les autres. La joie sera ainsi à l’origine d’émotions secondaires comme l’enthousiasme, la gaieté, l’excitation. Mais aussi d’émotions sociales, c’est à dire inhérentes à la relation aux autres. Être amoureux ou se sentir flatté par exemple.

Degrés d’intensité

Comme toutes les émotions, la joie a plusieurs niveaux d’intensité : sérénité, paix, gaieté, excitation, euphorie pour en citer quelques uns… Cette grande palette de nuances montre aussi que la joie peut être intérieure ou extérieure.

De même, comme ses consoeurs, la joie ne dure pas dans le temps. C’est d’ailleurs ce qui la distingue du bonheur qui lui, s’inscrit dans la durée.

La joie suit le processus émotionnel classique. Un élément déclencheur (stimuli externe ou interne) – des sensations physiques – un comportement réactif – un message transmis.

Élément déclencheur

L’élément déclencheur de la joie est la satisfaction.

Satisfaction d’aimer et être aimé, de partager, de se réaliser, d’échanger. Ou encore de se sentir appartenir à un groupe, de réussir.

Manifestations physiques

Comme nous l’avions dit lors de notre podcast Bulle de Bonheur #5 “je nomme mes émotions”, le langage du corps est très présent dans l’univers émotionnel. Il est aussi très utile aussi pour décrypter une émotion, chez soi et chez les autres.

Les manifestations physiques de la joie touchent tout le corps. Que ce soient le visage (regard, sourire, sourcils…), le thorax, les jambes. Mais également le ton de la voix (plus chaleureux), le débit de paroles (plus rapide), la peau (carnation rosée) ou des sensations plus intérieures comme sensations de chaleur, de détente, d’excitation.

Au niveau du cerveau. La joie déclenche la sécrétion de l’ocytocine, molécule de la relation aux autres, de l’amitié, de l’amour. C’est l’hormone du lien, de l’affection. Elle accroît le sentiment de confiance.

Sécrétions d’hormones de la joie

L’ocytocine déclenche elle même la sécrétion successive de plusieurs molécules, dites « molécules du bonheur ». La dopamine (hormone du plaisir), la sérotonine (hormone de la bonne humeur), l’adrénaline (hormone de l’excitation).

Il a été observé que cette sécrétion est stimulée par :

– des interactions harmonieuses

– le plaisir partagé

– un simple échange de regard bienveillant

– une stimulation sensorielle (mots doux, tétée, geste tendre, eau chaude…)

– la gratification

– l’exercice physique

A l‘inverse, le stress en bloque la sécrétion. Situations de compétitivité et comparaison vont par exemple générer du stress. Privilégiez donc plutôt la collaboration, la coopération et l’instant présent.

Manifestations comportementales de la joie

On dit souvent que la joie est l’émotion de l’énergie positive. Elle donne de l’élan, pousse à l’action, favorise l’optimisme. Elle dynamise et donne envie d’avancer. Elle est donc souvent associée à la réalisation de soi et la réussite.

Message :” j’ai atteint un but, j’ai réussi quelque chose. J’ai besoin de renouveler pour mon mieux-être”.

Comme pour les autres émotions, la joie se manifestera de différentes manières selon les personnes, en fonction de leur culture, leur éducation, leurs expériences de vie. Elle n’aura pas la même intensité ni les mêmes aspects.

Influence sur la pensée

Cette culture peut influencer directement un autre paramètre observé par les thérapeutes dans le processus émotionnel : les pensées. Notamment celles qu’on appelle fausses croyances ou pensées automatiques irréalistes.Celles-ci jouent un rôle important sur les stades 2 et 3 du processus.

Exemple pratique

Illustrons ce processus par un exemple pratique :

1- évènement : j’apprends que je vais avoir une belle augmentation de salaire (stimuli extérieur)

2- sensations physiques : j’ai les yeux qui pétillent et je sens le sourire se former sur mes lèvres. Mes joues chauffent ; une onde d’énergie m’envahit, j’ai envie de chanter et de rire.

3- comportement : j’appelle mon conjoint pour lui partager la bonne nouvelle et envoie un texto à ma meilleure amie. J’envisage la fin de ma journée avec optimisme et enthousiasme. Et je termine mon dossier en cours avec une efficacité que je n’aurais jamais soupçonnée.

4 – message transmis par mon cerveau : j’ai atteint un but et je suis reconnue.

La pensée automatique

Une pensée automatique aurait pu venir déformer un peu cette réalité. Imaginons qu’enfant, j’ai appris que montrer sa joie devant les autres n’était pas un comportement adapté. Aussitôt que la joie m’envahit, cette croyance limitante me vient à l’esprit. Elle me limite dans mon envie de partager ma joie, et mon élan d’énergie perd de sa force. Elle impacte donc directement mes sensations et mon comportement.

A propos de fausses croyances, nous pourrions aussi évoquer l’idée encore souvent présente dans le monde du travail, qu’être joyeux empêcherait d’être sérieux. Comme si la personne qui sourit, qui rit, envoie le message qu’elle prend les choses à la légère. Ou qu’elle manque de concentration, bref, qu’elle a un comportement qui n’est pas adapté à son univers professionnel.

A l’inverse, nous pouvons aussi avoir appris que la colère ou la tristesse ne devant pas être montrées, ”il faut” être joyeux. On fait donc semblant d’être heureux car c’est ce qu’on attend de nous.  

La joie est spontanée

Mais vous l’aurez compris, les mécanismes émotionnels nous ont montré que la joie est spontanée, déclenchée par un événement précis. Donc si elle peut être feinte en apparence, elle n’aura pas les effets énergisants et de bien-être que nous avons décrits plus haut.

La joie est l’émotion à cultiver sans modération !

Savoir profiter de la joie

Pour profiter pleinement de cette énergie nourricière que nous offre la joie, il est donc essentiel de savoir profiter de la joie. C’est à dire, une fois encore, être dans l’instant présent. Se laisser envahir par ce sentiment de bien-être, de satisfaction devant le but atteint. Cela signifie mettre de côté à ce moment précis notre petite voix intérieure. Elle pourrait avoir la fâcheuse tendance de nous déconnecter de l’instant pour nous ramener dans le passé ou nous emmener dans l’avenir. Il nous faut aussi savoir réfuter les fausses croyances que nous pourrions avoir.

Il s’agit par conséquent de faire un arrêt sur image, être à 100% dans la réalité objective de l’instant.

Imaginons que j’ai organisé l’anniversaire surprise de ma meilleure amie, savourer ma joie implique que :

  • je reconnais que j’ai contribué à cette réussite,

  • je me laisse envahir par une douce sensation de satisfaction et de détente,

  • et je ris, je danse, je partage ma joie d’être là,

  • sans penser au lendemain (“comment vais-je ranger ?”, “comment vais-je assurer au travail en ayant dormi si peu ?”…).

La science a par ailleurs démontré qu’on peut entraîner le cerveau au bien-être. En fait, il s’agit d’activer la partie du cerveau  (cortex préfontal gauche) où se trouve la zone des émotions positives comme la joie. Ainsi, rire, évoquer un souvenir heureux ou encore méditer permet de faire réagir cette zone qui agit sur l’inhibition de l’amygdale (stress) et la libération des hormones du plaisir.

Alors, allons « muscler » cette zone de notre cerveau, nous en avons le pouvoir !

En bref

1 – La joie suit le même processus que les autres émotions. : Élément déclencheur, manifestations physiques, comportement, message.

2 – Elle est un moteur de vie et un “aimant relationnel”.

3 – Je peux consommer la joie sans modération et la partager à volonté.

4 – J’ai le pouvoir de créer quotidiennement de la joie, pour moi et pour mon entourage.

En pratique

Je pense à un moment où j’ai éprouvé de la joie ou à une situation future qui va me procurer de la joie. Chance incroyable, notre cerveau ne réagit pas uniquement dans l’instant présent, il réagit aussi positivement à l’évocation d’un événement heureux passé ou futur !

Pour que cette évocation soit efficace, n’hésitons pas à rechercher des exemples d’exercices de relaxation ou de visualisation (les livres, les magazines et Internet en regorgent). Ces exercices favorisent la sécrétion d’endorphines et permettent de réactiver des moments de joie. Elles sont des ressources précieuses notamment en cas de moments moins joyeux.

Je dresse une liste de mes petites joies quotidiennes, et je la savoure !! 

Je soutiens mon entourage !

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Sur la question de soutenir son entourage, l’étude de Harvard dont nous avons parlé lors de notre 1er podcast peut apporter un début de réponse. En effet, si cette étude nous apprend que 40% de notre bonheur dépend de notre volonté, elle dit également que notre bonheur réside en grande partie dans le fait d’entretenir de bonnes relations interpersonnelles.

Soutenir son entourage est-il synonyme de bonheur

Certains chercheurs sont même directs à ce propos. Christopher Peterson par exemple, un des pères de la psychologie positive, dit que toutes les réponses sur les questions liées à l’origine du bonheur peuvent êtres résumées en 2 mots : “les autres !”

L’inverse de la célèbre phrase de Sartre, “L’enfer c’est les autres” ?

Pas tout à fait quand-même ! Car si la qualité de nos relations aux autres a un impact direct sur notre capacité à être heureux. Evidement,  on imagine bien qu’une mauvaise qualité peut avoir l’effet inverse.

Mais restons dans la philosophie de la psychologie positive, et centrons-nous sur ce qui est positif. Le positif ? Ce sont ici les relations satisfaisantes ! Des relations qui, comme nous le montre la science, ont des bienfaits physiques et psychiques.

Soutenir son entourage est-il signe de bonne santé ?

Des relations de qualité ont d’abord un effet sur notre santé. Et oui ! Avoir une vie sociale épanouie permet de faire baisser la tension, de diminuer les inflammations et de renforcer notre métabolisme.

Malheureusement le contraire est vrai aussi. Ainsi la solitude et les conflits augmentent le risque de maladies et de troubles psychiques.

Quand nos relations contribuent au bien-être de l’autre. Du coup, elles vont aussi renforcer notre capital bonheur. Toutes les enquêtes, les études le prouvent. Les personnes qui ont permis d’apporter un plus dans la vie d’une autre personne évoquent satisfaction. Mais aussi un sentiment de gratification et augmentation de leur bien-être.

 La phrase de Tal Ben Shahar l’illustre parfaitement : “Celui qui contribue au bien-être d’autrui en tire tant de bénéfice personnel que, à mes yeux, il n’y a pas de geste plus égoïste qu’un geste généreux” !

L’homme nait-il empathique ?

Même si nous pouvons en douter quelquefois, le fond de la nature humaine est ainsi fait : l’homme naît empathique. D’ailleurs, il est naturellement tourné vers les autres et enclin à les aider et à soutenir son entourage. Nous sommes des animaux sociaux. Nous avons été conçus pour prendre soin des membres de notre famille, travailler en équipe. Et accomplir des actes qui nous permettront de gagner le respect et se faire des amis.

Et pour les sceptiques, sachez que même le cerveau nous le confirme ! Prenons le cas par exemple d’un don d’argent volontaire pour une cause sociale. Et bien, les régions cérébrales qui s’activent lorsque la personne fait son don, sont les mêmes que celles qui s’activent lorsque nos besoins fondamentaux sont comblés. Comme par exemple,  manger à sa faim.

Mais pas besoin d’avoir nécessairement de l’argent… De petites attentions toutes simples, comme remercier, aider un ami. Ou encore donner son sang par exemple, contribueront également à augmenter notre bonheur.

Les bienfaits de l’altruisme

Si l’altruisme et soutenir son entourage est clairement une clé de notre bonheur. Il est important de préciser que cet altruisme doit aussi savoir se conjuguer avec la capacité de prendre soin de soi. Nous pensons tout particulièrement à tous ces aidants familiaux, qui font un travail formidable. Cependant, ils mènent souvent de front soutien, compagnie, soin, logistique… Bref en assurant à la personne malade un environnement qui puisse lui permettre de vivre au mieux.

Seulement, il peut arriver à un moment que cet altruisme perde toutes ses vertus. Du coup, il n’est plus source de bonheur, ni pour celui qui donne, ni pour celui qui reçoit. Quand l’équilibre est rompu et que l’aidant ne vit que pour l’aidé. Qu’il n’a pas de moment pour lui, pour se ressourcer, ou même juste pour souffler… c’est l’épuisement… voire la souffrance.

Et la difficulté est là : connaître ses limites. Ne pas s’épuiser en donnant plus que son réservoir. Soutenir son entourage, non pas dans le devoir ou dans la négation de soi, mais à doses homéopathiques, pour s’accomplir et augmenter son capital bonheur.  Alors, “le paradis, c’est les autres !”, comme le dit Christine Michaud.

Bien soutenir son entourage

Ne voyez pas trop grand ! 

Si vous vous promettez d’organiser une vente de charité chaque mois ou de servir la soupe aux démunis tous les soirs. Il est fort probable que vous vous découragiez ou que vous vous épuisiez.

Adaptez-vous à vos moyens. On donne ce qu’on peut. Les moyens ? Le temps, notre état physique, nos ressources, notre caractère… Nous ne sommes pas tous égaux.  Aller vers les autres n’est pas toujours naturel ni facile. Cela demande quelquefois de sortir de sa zone de confort, de dépasser certaines craintes. Et cela peut demander un peu de volonté aussi.

Souvenez-vous aussi, pas besoin de grands sacrifices. Des gestes simples de bienveillance suffisent comme établir un contact, écouter, avoir une intention, respecter, rendre un service. 

Au quotidien

– Aider. Prendre quelques minutes pour donner un coup de main à une personne qui se bat avec une poussette dans un escalier ou qui cherche son chemin.

– Faire des compliments.

– Laisser passer une personne devant vous, à la caisse.

– Sur les réseaux sociaux, féliciter ou envoyer quelques mots d’encouragement à quelqu’un, faire un don à une cause valable, relayer une information utile.

– Dire merci : au chauffeur de l’autobus, à votre gardienne d’enfants, à votre collègue, à celui qui vous a servi un café.

Il a été démontré qu’accomplir des actes de bonté avait encore plus de bienfaits quand les manifestations de bienveillance sont variées et accomplies le même jour plutôt que réparties sur une semaine.

Les clés pour bien soutenir son entourage
  • Avoir des relations de qualité avec mon entourage, c’est apporter un plus dans la vie de ceux qui m’entourent et en retirer moi même de la satisfaction.

  • C’est expérimenter la célèbre proverbe “donner, c’est recevoir”

  • C’est aussi savoir veiller à trouver l’équilibre entre mes relations aux autres et ma relation à moi même. En fait, éviter l’excès donc le trop : ni trop égoïste, ni trop altruiste !

Allez hop, je me lance ! 

Alors, à vous de jouer : choisissez 1 journée dans votre semaine et accomplissez 5 gestes pour aides des personnes de votre entourage. 

Je me déconnecte !

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Connecté…

Les cellulaires consultés à table, nos adolescents qui ne décrochent pas de leur téléphone tout en regardant un film en famille, ou encore des collègues qui lisent leurs mails en réunion… Nous avons tous été auteur ou témoin d’une situation du genre, nous avons donc phubbé ou été phubbés !

Le phubbing ?

C’est un terme inventé par une agence de communication anglaise en 2012. Il est formé de la contraction de phone (« téléphone ») et snubbing (« qui snobe »). Il désigne le fait d’ignorer celui qui vous parle en concentrant votre attention sur l’écran de votre téléphone.

Dans les familles, au bureau, entre amis ou entre amoureux, on le voit partout !

Des études

Le phubbing a même fait l’objet d’études en psychologie, notamment pour connaître son impact sur les relations sociales. Il faut dire que les psychologues eux-mêmes étaient confrontés à ce phénomène, leurs patients consultant leur téléphone en séance. Ou montrant des signes de stress et d’inattention s’ils ne pouvaient pas le faire.

Ce phénomène est souvent inconscient. Consulter son smartphone se fait machinalement. On peut même se demander si ce n’est pas devenu une obligation. Comme si on se disait :  “Si je ne suis pas connecté, je vais être un mauvais ami, un mauvais conjoint, un mauvais salarié. Voire un extra-terrestre, qui vit carrément à côté de son époque !”

Un besoin de rester connecté

Une obligation, et peut-être aussi un besoin, si l’on en croit Vanessa Lalo, psychologue spécialisée dans les usages numériques. Elle affirme : “le smartphone est un cordon ombilical permanent”. Il est devenu bien plus qu’un objet, il est comme le prolongement de notre main, de notre regard. Et même de notre coeur à constater la réaction de certains adolescents qui en sont privés !

Ne pourrait-on plus vivre sans écrans ? Connecté ? Cela peut paraître exagéré, et pourtant ne vous est-il jamais arrivé d’être proche de la panique en réalisant que votre téléphone n’avait plus de batterie et que vous n’aviez pas de chargeur ?!

Il est donc en tout cas facile d’imaginer que d’être connecté en permanence risque d’affecter notre relation, avec nous-même et avec les autres.

Subir le phubbing des autres

Si nous revenons au phubbing, n’est-ce pas vexant d’être phubbé ? Personnellement, j’ai l’impression de ne pas être écoutée, voire de ne pas avoir d’importance aux yeux de la personne. Et quand c’est mon conjoint qui fait ça, là ça va plus loin. Je me sens niée, tout à coup inexistante et transparente ! Et ça peut me mettre assez en colère… Ou alors si je suis fatiguée et que je crains la dispute, je me réfugie à mon tour derrière mon écran.

C’est d’ailleurs un des constats des recherches menées sur les conséquences du phubbing. Au lieu d’aller combler notre besoin d’inclusion et d’attention par un face à face, nous allons chercher refuge dans les réseaux sociaux ou autres contenus fournis par nos écrans. Nous devenons à notre tour phubbeur !!!! C’est un vrai cercle vicieux.  

D’autant plus vicieux que ces comportements excessifs provoquent une fragmentation de l’activité, de l’attention, qui va générer des problèmes de concentration et de fatigue.

En fait, on demande à son cerveau de zapper en permanence. On se fatigue inutilement, on provoque une surchauffe de la machine. Aujourd’hui le lien entre stress et smartphone a été scientifiquement prouvé.

L’écologie mentale

Certains psychologues mais aussi des coachs et intervenants en entreprise ont d’ailleurs parfaitement compris ces impacts. L’écologie mentale en est une belle illustration. Ce terme a été emprunté à la psychologie (Bateson puis Guattari) pour désigner les “rapports subjectifs que l’homme entretient avec son environnement, notamment son corps et le temps”. Il fait l’objet aujourd’hui d’ateliers, de formations et autres accompagnements pour aider les personnes à gérer leurs écrans et être plus concentrés et efficaces au travail.

Ainsi, il a été prouvé que des personnes auxquelles on avait demandé de ne consulter leurs mails que 3 fois par jour, étaient plus performantes que leurs collègues. De même des sujets privés de Facebook pendant une semaine se sont montrés plus heureux et moins stressés !

Puisqu’on parle de chiffres, notons que nous touchons notre smartphone à peu près 300 fois par jour !!! Et quand nous sommes dérangés par notre cellulaire au milieu d’une tâche, il nous faut 30 minutes pour nous recentrer pleinement sur cette tâche. Pour ne plus être connecté…

Connecté, connecté, connecté, une vraie dépendance…

Il faut dire que les entreprises qui sont derrière ce monde numérique se sont elles aussi renseignées sur les neurosciences et la psychologie… Sécrétion de dopamine (hormone du plaisir), système de récompenses, suppression de limites… Elles ont trouvé tous les moyens de nous rendre dépendants !

Pas facile donc de changer quand nous sommes sollicités en permanence et que nous ne réalisons même plus l’usage que nous en faisons !

Effets néfastes d’être trop connecté

Et pourtant, nos relations mais aussi notre santé nécessitent que nous soyons vigilants. Même si on ne le dit pas officiellement pour les écrans (cela a pris du temps pour réglementer l’usage de la cigarette), on en connaît les conséquences néfastes.

On a parlé de la perte de concentration et de la dispersion mentale. On sait aussi que l’hyperconnexion génère du stress (conséquence directe de notre exigence d’immédiateté des réponses). Elle impose en plus une astreinte permanente qui conduit à une diminution de l’énergie mentale avec une perte des priorités. Au bout d’un certain temps, c’est le sommeil, le QI et la sociabilité qui sont affectés.

D’un autre côté, comme le rappelle Perla Servan Schreiber, il est important de vivre avec la réalité et de ne pas s’épuiser à vouloir la changer. La réalité des écrans est là et il ne s’agit donc pas de vivre sans… Mais de savoir comment vivre avec, dans un équilibre qui nous permette de maîtriser, de gérer son usage. Pour que nous cessions d’être esclave et restions maître à bord. Connecté mais maîtrisé !

Devenons acteur de notre vie numérique !

Nous ne pouvons pas changer les autres mais nous pouvons choisir de changer nos propres comportements. Pour ceux qui sont parents, c’est particulièrement important car nos enfants apprennent par l’exemple et ont besoin de cohérence.

Et rappelez-vous notre podcast sur le changement, il ne s’agit pas de tout changer ! Pas de régime draconien (mais peut-être que certains en auront besoin !) mais une hygiène de vie. Ou comme le dit Jocelyn Brewer, psychologue australienne, entamer une “diététique numérique”.

En bref

  • Les écrans sont entrés dans nos vie en créant de nouvelles habitudes, de nouveaux comportements et même de nouveaux besoins.

  • Ils ont des avantages mais aussi des effets négatifs. Notamment sur notre concentration, notre stress et la qualité de nos relations.

  • Nous avons le pouvoir d’en limiter les inconvénients en devenant acteur éco-responsable de notre vie numérique !

     

En pratique, être connecté c’est

Nous sommes bien d’accord. Au départ, comme tout changement d’habitude, cela va demander un peu de volonté et de patience !

Prendre conscience que je suis trop connecté

Prendre conscience de notre consommation, voire de notre dépendance !

Car si nous n’en avons pas conscience, comment allons-nous avoir envie de changer ?! Pour avoir cette lucidité, vous pouvez télécharger une application (Moment, Usage Tracker …) qui vous donnera le temps que vous avez passé sur votre écran dans la journée par exemple (très utile aussi avec nos adolescents qui n’ont réellement pas conscience du temps passé). Certains téléphones (IOS 12  – Androïd 9) ont même intégré directement ces applications.

Choisissez un moment pour ne pas être connecté

Nous avons parlé des bienfaits du rituel,  voilà une excellente occasion de s’en créer !

  • Instituez une journée sans écran à la maison (par mois, en vacances …)

  • Décidez d’un moment de votre quotidien où vous vous déconnectez

Et souvenez-vous, ayez toujours en tête la politique des petits pas ! Si c’est difficile, commencez doucement. Essayez par exemple de prendre le café du matin sans écran, ou alors prendre sa demi-heure de lunch sans regarder son téléphone.

Vous pouvez avoir aussi besoin d’un peu d’aide ! Un lieu motivant ou encore des activités qui vont compenser au départ le vide peuvent faciliter les choses.

N’hésitez pas à regarder sur Internet. Des agences se sont spécialisées pour trouver des endroits de vacances sans Wi-Fi. Des hôtels proposent des WE “détox numérique” et des particuliers en font même la promotion pour leur location. Comme le titre de cette annonce pour un petit chalet isolé : “Seriez-vous capable de passer un WE sans 4G ???”  

Rangez votre téléphone

Si nous n’attendons pas d’appel urgent, pourquoi ne pas décider de ranger son téléphone dans son sac lors d’un moment entre amis ou en amoureux ?

A la maison, chacun peut poser son téléphone dans un panier le temps du repas ou/et avant d’aller se coucher.

Idem au bureau pour une réunion ! Même l’Élysée a essayé ! En 2014, des casiers à téléphones ont été installés à l’entrée de la salle du Conseil des ministres pour des réunions plus concentrées et productives. L’histoire ne dit pas si cela a duré !

Lancez des défis

Le phone-stacking ? On empile les téléphones au milieu de la table. Si l’un des convives regarde son téléphone pendant le repas ou l’apéro, il paie l’addition !

Un gage en famille pour celui qui a regardé son téléphone ? …

Pratiquez l’écologie mentale

Réduisez les sollicitations de votre environnement numérique, pour permettre notamment d’être plus concentré, efficace et détendu.

  • Coupez les notifications. Des applications de votre téléphone  (si vous en avez vraiment besoin, gardez uniquement celles qui viennent de vos amis, messageries par exemple), de vos courriels sur votre ordinateur.

  • Réduisez le nombre d’icônes sur votre écran d’accueil

Allez Hop ! c’est parti ! 

Allez, cette semaine, je modifie UNE chose sur mon portable : notifications, temps d’utilisation, lieu…. Je m’entraîne à reprendre le pouvoir.

Bonne déconnexion !

Je me fais confiance !

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Confiance en soi

Parler de confiance nécessite de définir de quoi nous parlons.

Ce n’est pas forcément simple car sur ce sujet, nous trouvons beaucoup de définitions dont les contenus sont assez variables !

Pour Bulle de Bonheur, il est difficile de parler de confiance sans parler d’estime de soi.

En reprenant l’image utilisée par certains auteurs, nous pouvons représenter l’estime de soi par un trépied : l’assise représente l’estime de soi et les 3 pieds, l’amour de soi, la vision de soi et la confiance en soi.

Dans cette approche, la confiance en soi fait donc partie de l’estime de soi.

L’estime de soi, c’est le jugement de valeur que je porte sur moi.

Elle renvoie à 3 questions :

  • est-ce que je suis aimable (dans le sens, digne d’être aimé) ?

  • ou bien, est-ce que je suis valable ?

  • est-ce que je suis capable  ?

La confiance concerne cette 3ème question : que suis-je capable de faire ?

Quand je me dis “je me fais confiance”, je me dis : “j’ai foi en mes capacités pour faire cela”… Ces capacités peuvent être physiques, intellectuelles et/ou affectives.

La confiance nous donne donc une sorte de force intérieure, comme une énergie de base qui nous pousse dans la vie. Avoir confiance en soi, c’est se rendre moins dépendant du regard des autres et de nos performances, et nous permettre d’entreprendre d’avantage.

La confiance en soi n’est pas innée

L’injonction “fais-toi confiance” que nous pouvons entendre ou dire fréquemment, donne l’impression que certains pensent que la confiance est innée. Mais non, la confiance ne se décrète pas – elle se bâtit – elle se conforte d’actions réussies.

La confiance, c’est vraiment une perpétuelle construction et bonne nouvelle, il n’est jamais trop tard pour la travailler !

Et ça, c’est important pour ceux qui disent : “Oh tu sais, moi, je n’ai jamais eu confiance en moi” . Comme si c’était gravé dans la pierre, immuable. Or, rien n’est définitif dans ce domaine. Aujourd’hui et demain, de multiples occasions vont se présenter pour se faire confiance.

Bien sûr, pour ces personnes, cela va demander un peu plus de travail. Car le fait d’être persuadé que nous ne sommes pas capables peut nous rendre totalement aveugles ! Au point de ne pas ou plus arriver à regarder ce que nous avons  réussi et ce que nous pouvons réussir. Et ça peut aller loin !

Certaines personnes qui ne peuvent nier leur succès car il est là, devant leurs yeux, vont trouver le moyen de ne pas le reconnaître, en refusant de s’en attribuer le mérite. Elles pourront par exemple répondre : “oui ok, ça, ça a marché mais j’ai eu un coup de chance…” ou alors,”oui, mais c’était hyper facile”.

Le rôle de l’éducation dans la confiance en soi

L’éducation peut jouer un rôle dans le regard que nous portons sur nos réalisations. Nous avons pu apprendre à minimiser nos réussites, à cause de cette crainte longtemps répandue que cela pouvait nous amener à être orgueilleux ou supérieur.

Nous avons pu également entendre des phrases maladroites qui nous ont amené à penser : “Je suis ce que je fais”. 

Fausse croyance qui en entraîne d’autres : “si je ne fais pas ça bien, je serai moins aimé” ou “je n’y arrive jamais donc ce n’est pas la peine que je continue“. 

Cette attaque de notre confiance en soi arrive toutes les fois où nous avons été évalués, c’est à dire toutes les fois où c’est notre personne (auteur de l’action) et non les faits eux-mêmes (l’action), qui a été jugée.

Il est très différent par exemple de dire à un enfant : “tu es un menteur”, plutôt que : “lorsque tu m’as raconté cette histoire, tu as dit un mensonge”. La première phrase utilise le verbe être, elle  juge la personne et l’enferme dans un comportement permanent qui ferme la possibilité de changer ou faire autrement – elle agit comme 1 condamnation. La deuxième phrase parle d’un acte à un instant précis, elle différencie la personne de ses actes et ouvre sur un avenir différent. Le message de confiance est clairement transmis : “ j’ai confiance en ta capacité à agir autrement, à trouver une solution …”.

Puisque nous parlons d’éducation, il est clair que la confiance en soi se construit dès notre plus jeune âge. Plus nous avons été encouragés dans nos apprentissages, plus nous avez été complimentés sur nos réussites, plus on nous a fait confiance, plus notre réservoir de confiance s’est rempli.

On peut agir à tout âge

Mais même si notre confiance a été peu alimentée pendant notre enfance, il est toujours temps d’agir. Notre base confiance sera peut-être toute petite mais rien n’empêche de l’agrandir !

Pour évoquer cette base confiance, certains auteurs parlent d’un coffre à trésors. Nos trésors sont toutes les choses que nous avons réussies. Et ces choses ne sont pas que des réussites importantes. Ce sont également toutes les réalisations que nous avons accomplies, les objectifs atteints, les petits défis relevés…

Des clés pour reconnaître ses talents

Il est donc très utile de savoir ce qu’il y a dans notre coffre et d’en faire l’inventaire : faire la liste de nos petites victoires, quelles qu’elles soient. Il y en a forcément ! Ce bilan pourra nécessiter un regard sur nos qualités, nos manques, la gestion de nos échecs. Nous y reviendrons dans de futurs podcast.

L’état des lieux de notre coffre est utile à 2 points de vue :

– se rappeler nos réussites crée de la motivation et encourage à persévérer

– et se constituer une base de ressourcement. Y jeter un oeil de temps en temps pour se faire simplement du bien ou pour se remonter quand nous sommes dans des phases de doutes ou de baisse de confiance !

Notre coffre est donc plus ou moins rempli en fonction de notre histoire, de nos expériences, mais il peut se remplir tout au long de notre chemin de vie. Comment ? En nous confrontant à de nouvelles expériences. Si celles-ci sont positives, hop, un trésor en plus !

Attention cependant, il est important de faire la différence entre les situations auxquelles nous pouvons raisonnablement nous confronter et celles qui ne sont pas du tout de notre domaine de compétences. Il ne s’agit pas d’être capable de tout faire !!!

Peut-on tout maîtriser ?

Face à une nouvelle situations, plusieurs réponses sont en effet possibles :

  • oui, je me fais confiance et j’y vais !

  • non, je n’ai pas envie – cette situation ne correspond pas à mes valeurs.

  • ou bien non, du moins pas tout de suite :  je n’ai pas les compétences et je vais devoir apprendre certaines choses avant de me lancer.

Cette évaluation est importante car elle nous permet de nous fixer des objectifs adaptés :

 – viser trop haut par excès de confiance risque de créer des déceptions

– avoir un niveau d’exigences trop élevé peut engendrer du stress

– ne pas respecter ses valeurs apporte culpabilité et mésestime.

Les neurosciences nous apportent une fois encore une explication motivante. Plusieurs études ont permis en effet de mettre en évidence qu’il existe une hormone de la confiance : l’ocytocine. C’est l’hormone de l’attachement  et aussi du lien social : elle réduit l’anxiété et le stress qui peuvent survenir lors d’interactions sociales. Elle augmente le sentiment d’empathie chez les hommes. Il a aussi été démontré qu’elle freine la sécrétion de cortisol, la fameuse hormone du stress.

Stimuler cette hormone a donc de nombreux bienfaits, alors à l’action !

En bref

Je me fais confiance signifie :

  • je sais que je peux compter sur moi-même pour faire face à telle situation
  • de plus, je sais de quoi est constitué mon capital confiance et je reconnais que j’y ai contribué
  • je peux alimenter régulièrement mon coffre de confiance, véritable moteur de vie

En pratique

Les outils pour alimenter notre confiance sont nombreux et nous ne les avons pas tous testés évidemment !

En essayant de synthétiser nos différentes lectures et formations, nous avons envie de vous partager 3 actions :

1- Je fais l’état des lieux de mon coffre à confiance

Comme le propose le Cahier “positive attitude des paresseuses”, je fais la liste de mes réussites : professionnelles, amicales, familiales, personnelles… d’un dossier mené à terme à une intervention en réunion, d’une amie à qui on a remonté le moral à un parent à qui on a rendu service… 

Sans oublier tout ce qu’on a pu faire pour soi, réussir à être à l’heure, à résister à une 2ème part de gâteau, à faire son sport, à se poser une heure pour lire…. Prenez le temps de repenser à ces victoires… La psychologie positive le montre, le succès engendre le succès !

Il ne s’agit pas forcément de grandes victoires éblouissantes mais de petits succès personnels qui nous permettent de nous sentir bien. On note juste des faits, éventuellement le sentiment positif que cela a procuré (fierté, sérénité, espoir …)

Mention en passant pour les éducateurs : vous pouvez vous faire le coffre aux trésors de vos enfants, leur remémorer leur réussite, leurs expériences, les difficultés surmontées…Toujours sur un mode descriptif (décrire les faits, et nommer éventuellement les qualités requises pour y arriver). Cela les aidera à constituer leur propre réserve de trésors.

2- Je remplis mon coffre à confiance

  • Je me fixe des petits objectifs : du matin au soir, la vie nous lance des petits défis. Habiller mes filles en gardant ma patience, demander de l’aide sur ce dossier que je n’arrive pas à finaliser, prendre un quart d’heure pour lire 2 chapitres de mon livre…

  • Je peux aussi m’en créer : allez demain, pas d’écran pendant mon trajet de boulot ! Dimanche, je vais courir au parc du Mont Royal !

Mais souvenez-vous : gardez des objectifs réalisables et accessibles.

  • J’accepte une certaine dose d’incertitude. Avoir confiance, c’est accepter une petite prise de risque… On n’est jamais totalement sûr du résultat car nous sommes souvent dépendant de l’action ou l’inaction d’autrui.

3 – Je fais le point sur mes valeurs

Etre en désaccord avec ses valeurs peut entraîner un mal-être et attaquer notre estime, donc fragiliser notre confiance.

Si beaucoup de valeurs sont universelles (respect, justice, gentillesse, authenticité…), l’importance qui leur est accordée est en revanche très variable.

Nos valeurs dépendent en effet de notre environnement familial et culturel. Il est important de les connaître car ce sont elles qui vont nous aider à faire des choix et à nous faire sentir en congruence, ce qui est une des bases du bonheur.

Allez, encore un petit travail d’écriture !!! Dans un 1er temps, listez vos valeurs puis classez les par ordre d’importance. Pas simple vous verrez mais très éclairant !

SI vous avez du mal à trouver vos valeurs, pensez à vous référer aux expériences que vous faites et  qui vous procurent du plaisir, qui vous mettent en joie, et cherchez quelle valeur respectée se cache derrière ce bien-être.

Allez hop, je me lance !!!! 

Nous avons évoqué 3 listes possibles :

  • faire la liste de ses réussites

  • ou encore, faire la liste de ses objectifs

  • et faire la liste de ses valeurs

Allez hop, j’en choisis une au moins, et je commence à la rédiger. Je la relis régulièrement, j’essaye de la compléter dès que possible et je m’y tiens !

J’instaure des rituels !

En observant le regard que portent certaines personnes sur le rituel.  En effet, nous pouvons noter qu’il est plus souvent dévalorisé que plébiscité ! “Traditions anciennes”, “vieux jeu” voire antinomique du changement. Finalement,  le rituel ne semble pas avoir le vent en poupe !

Nos sociétés sont rythmés par le rituel

Pourtant, nos sociétés sont encore très rythmées par les rituels : pratiques religieuses et culturelles (Bar Mitzvah, baptême, jeûne, Halloween, …). Mais aussi jours fériés propres à chaque pays, principalement pour commémorer l’Histoire.

Le rituel est souvent source de retrouvailles et occasion de transmission. Aussi, il peut être associé à des habitudes culinaires (la dinde, le foie gras, les huîtres …), à des objets précis (le coquelicot du 11 novembre, la citrouille d’Halloween …), à des rites de passage. En réalité, le rituel favorise clairement le sentiment d’appartenance à un groupe.  

En définitive, si le rituel peut être défini par la société, il peut aussi être inventé et institué individuellement.

La famille est ainsi un lieu de rituels privilégié.

Pour les enfants

Il semblerait que pour les enfants, nous pensons bien sûr au moment du coucher. Mais cela peut être également des moments hebdomadaires (tous les vendredis soirs, plateau-télé !) ou même beaucoup plus ponctuels. Comme l’anniversaire des 10 ans (l’enfant choisit par exemple un restaurant et passe une soirée seul avec ses parents), des 15 ans (le “quinze anos” dans les pays hispaniques), sans oublier le cap de la fameuse majorité ! Quel qu’il soit, le rituel va nourrir le besoin de sécurité de l’enfant.

Pour le couple

Pour le couple, les rituels sont un moyen d’en prendre soin, de créer des bons souvenirs, de célébrer l’amour et ce qui unit. En particulier, St Valentin, anniversaire de la rencontre, anniversaire de mariage, une soirée mensuelle les pieds sous la table (dîner dehors ou livré à domicile !). En réalité, les occasions sont multiples !

L’univers professionnel

Enfin, notre univers professionnel peut aussi être un lieu de rituel. A priori, c’est un bon moyen de fédérer les employés et développer leur sentiment d’appartenance à l’entreprise. En réalité, certains lieux de travail, organisent par exemple un petit déjeuner mensuel pour fêter les anniversaires du mois.

La différence entre une habitude et un rituel

Tout d’abord, transmission, sécurité, appartenance, commémoration … les rituels ont donc un sens et c’est cela qui les distingue des habitudes.  En effet, un rituel à la différence d’une habitude,  est accompli pour une raison précise et avec un but.

C’est vraiment ce sens, cette façon dont on va regarder un objet, un moment, un espace ou même un texte (une chanson par exemple) qui va créer le rituel. Et justement, dans Bulle de bonheur, nous avons envie de partager avec vous ce qui est en notre pouvoir d’initier, de créer, de changer. Aussi, changer peut-être notre regard sur le rituel ! Et si on le regardait comme un moyen d’instaurer dans notre quotidien plus de bulles de bonheur ?!

Le rituel permet les changements

Le rituel c’est un changement en douceur

Tal Ben-Shahar “professeur du bonheur” à travers le monde, affirme ainsi que les rituels sont un excellent moyen de parvenir à instaurer le changement en douceur.

Or, il y a un lien étroit entre le sentiment de pouvoir changer quelque chose dans notre vie et le bonheur. Alors allons-y, ouvrons-nous aux rituels !

Mais nous sommes d’accord, ce n’est pas forcément simple de le faire. Comme pour toute nouvelle expérience, il faudra accepter de se tromper, d’errer un peu, de prendre le temps de découvrir ce qui nous convient. En fin de compte, de faire preuve de patience ! Souvenons-nous que le changement (Bulle de Bonheur#3 “j’ose le changement”) peut entraîner quelques résistances. Par exemple, si vous avez décidé  que l’arrivée de chaque période de vacances était une bonne occasion de créer un peu de “colle familiale” autour d’un apéritif festif, ne vous attendez pas à nécessairement remporter l’adhésion enthousiaste de toute la famille dès la première fois !

Le rituel demande de la persévérance

Cependant, persévérez, surtout si comme Tal Ben-Shahar le dit, le rituel “vous guide et vous apaise” ! Les recherches scientifiques nous prouvent en effet que la répétition d’un geste développe des chemins neuronaux. Au départ, il est fort probable que rien ne vous semble différent. Ensuite, il est possible également que certains rituels vous paraissent artificiels. Comme souvent quand on ne fait pas quelque chose naturellement. Malgré tout, en agissant plusieurs fois de la même manière, vous façonnez un parcours neuronal qui changera votre comportement et qui deviendra plus naturel, plus intégré. Ainsi, les rituels positifs que vous avez choisis, vont créer des circuits dans le cerveau et engendrer des comportements qui vont procurer sécurité, confort et de ce fait bien-être.

Trouver le bon équilibre dans le rituel

Cependant, comme pour tout, l’excès est mauvais. Avoir trop de rituels pourrait tourner à de la rigidité, voire même à un comportement obsessionnel.

Finalement, le rituel permet de prendre en main certains aspects de sa vie, il ne s’agit pas de vouloir tout prendre en main !

En fait, le bon équilibre va être de faire la différence entre ce qui est utile pour nous de ritualiser ou non !

Et à nouveau, nous revenons sur une de nos règles privilégiées, celle de la politique des petits pas – des habitudes de vie ne se transforment pas comme ça du jour au lendemain !

Comment instaurer des rituels dans son quotidien

Un peu de réflexion s’impose donc !

En définitive, certains auteurs précisent que pour mettre en place un rituel, cela nécessite de définir un comportement précis, un moment choisi, le tout motivé par des valeurs personnelles.

Qu’est ce qui me rendrait plus heureux ?

Où est ce que j’ai envie de mettre ou remettre du sens ? Dans les moments que je passe avec ceux que j’aime ? Dans mon hygiène de vie ? Dans l’environnement ?

Des idées de rituels

Nous vous partageons aujourd’hui quelques rituels pratiqués par les membres de l’équipe Bulle de Bonheur et Jeux 2 minutes :

– prendre son café du matin, seule, sans écran, en silence.

– une fois par mois, un diner filles.

– prendre un jour de congé le jour de son anniversaire

– la méditation, au moins 2 fois dans la semaine.  

– en famille,  celui qui fête son anniversaire a le droit de ne rien faire et c’est lui qui choisit son menu

le jeu 2 minutes mon amour : 1 carte le dimanche soir au coucher

– une surprise le jour de l’anniversaire de notre rencontre.

– chocolat chaud et tartines le dimanche soir en hiver

– au bureau, happy hour tous les 1ers vendredis du mois

– en vacances, les enfants invitent les parents à dîner

En résumé, le rituel

– le rituel répond à de nombreux besoins, collectifs et individuels

– le rituel est une habitude qui a un sens  

– le rituel peut nous rendre plus heureux : il favorise les liens, la transmission, le bien-être

– le rituel peut se créer en fonction de mes besoins, ceux de ma famille ou ceux de mon entourage

A vous de jouer !

2 minutes pour imaginer un rituel à instaurer pour vous, en famille, en couple ou au boulot. Une fois imaginé, programmez-le dans votre agenda et accomplissez-le sans faute !

Succès et joie au rendez-vous …. racontez-nous et partagez-nous vos idées sur Facebook  ou Insta @jeux2minutes !