« Elle ne veut pas manger. » C'est souvent la première phrase qui vient quand on parle d'anorexie. Et si c'était exactement l'inverse ?

Dans ce troisième épisode consacré aux troubles des conduites alimentaires (TCA), je retrouve Angélique Gimenez, psychothérapeute et psychotraumatologue. Elle est coautrice, avec le Pr Daniel Rigaud, de Réparer la relation pour sortir des troubles alimentaires (De Boeck, préface de Boris Cyrulnik et Michel Delage).

Après les définitions (épisode #308) et la question de la place (épisode #311), nous entrons dans le vif du sujet : l'anorexie mentale. Ce qui se passe dans la tête, dans le corps et dans la vie d'une personne qui en souffre. Et les cinq facteurs qui, ensemble, font basculer.

En bref

  • L'anorexie mentale n'est pas une perte d'appétit. Le corps a faim ; c'est le cerveau qui pose un interdit, par peur de grossir.
  • Deux mots-clés : peur et contrôle. Ils se nourrissent l'un l'autre et enferment la personne dans une rigidité extrême.
  • Personne ne choisit l'anorexie. Elle naît de cinq facteurs cumulés : prédisposition génétique et familiale, environnement favorable, sensibilité de base, climat anxio-dépressif, facteur déclenchant.
  • Le soin travaille le corps et la tête en même temps. On stabilise d'abord, puis on retisse sensations, émotions et pensées.
  • La rechute fait partie du processus. Elle ne dit rien d'une incapacité à guérir.

Qu'est-ce que l'anorexie mentale ?

L'anorexie mentale est un trouble des conduites alimentaires dans lequel la personne s'affame alors que son corps a faim. Le mot vient du grec et signifie « sans appétit ». Mais dans l'anorexie dite mentale, c'est tout le contraire : l'appétit est là, et l'esprit lutte pour ne pas manger.

Angélique Gimenez le rappelle : manger est un besoin physiologique, comme respirer ou boire. Notre tête choisit ce que nous mangeons, avec qui, ce que nous préférons. La faim, elle, revient naturellement quand l'estomac se vide.

« Ce besoin-là, dans l'anorexie maladie, il existe toujours. C'est le cerveau de la personne qui pose un interdit, par peur. »

— Angélique Gimenez

Qui est concerné par l'anorexie ?

L'anorexie touche surtout des jeunes femmes, mais pas seulement. Elle peut aussi apparaître à l'âge adulte, à la ménopause ou lors de grands changements de vie.

RepèreChiffreSource
Part des femmes parmi les personnes touchées95 %livre d'A. Gimenez et D. Rigaud
Femmes de 15 à 35 ans concernées1,5 %livre d'A. Gimenez et D. Rigaud
Début de la maladie entre 15 et 25 ans80 % des caslivre d'A. Gimenez et D. Rigaud
Prévalence sur la vie entière1,4 % des femmes, 0,2 % des hommesInserm
Âge du pic de fréquence16 ansInserm
Guérison après cinq ans d'évolutiondeux tiers des patientsInserm
Décès5 à 6 % des patientsInserm

C'est une maladie grave, mais on en guérit. D'où l'importance de consulter tôt.

Pourquoi une personne anorexique a-t-elle peur de grossir ?

C'est souvent ce qui déroute le plus l'entourage : des personnes déjà très dénutries disent avoir peur de grossir. En réalité, explique Angélique, elles ont peur de trop regrossir, c'est-à-dire de perdre le contrôle.

Si je me redonne la permission de manger, j'ai l'impression que je vais tout manger. Angélique compare cela à une tête maintenue sous l'eau : quand on ressort, on aspire l'air d'un coup. On passe de rien à tout.

Elles ne veulent pas manger… ou elles ne peuvent plus ?

On dit souvent : « elles ne veulent pas manger ». Angélique propose une autre lecture : au bout d'un moment, elles ne peuvent plus. L'idée d'un repas, une simple odeur deviennent terrorisantes.

Elle parle d'une forme de pré-traumatisation. La peur est telle que tout se bloque, même quand une part de la personne voudrait remanger.

Le corps s'en mêle aussi. En dénutrition sévère, chaque aliment peut faire mal : douleurs de ventre, gros troubles digestifs. La réalimentation devient douloureuse, et personne n'a envie de refaire ce qui fait mal.

Une image gravée qui remplace le miroir

Beaucoup de patientes disent : « Je ne veux pas redevenir comme avant. » Or, bien souvent, cet « avant » n'avait rien de gros.

Angélique l'explique par une image gravée dans la tête : un moment où l'on s'est vue ou sentie grosse, après une vexation ou un regard. Cette image, comme une image traumatique, prend la place de la réalité d'aujourd'hui. La personne ne se voit pas telle qu'elle est maintenant.

C'est pourquoi il est inutile d'essayer de convaincre une personne anorexique qu'elle n'est pas grosse. Le travail consiste plutôt à définir ensemble un poids de santé, qui ne correspond pas toujours au poids esthétique imaginé. D'ailleurs, les personnes qui guérissent retrouvent souvent à peine leur poids d'avant.

Mais au fait, c'est quoi, être gros ?

J'aime revenir aux mots. Je m'habille en 40 et je suis grosse ? Je m'habille en 36 et je me sens grosse ? La référence a bougé : quand Angélique et moi étions jeunes, les tailles 32 et 34 n'existaient pas.

Aujourd'hui, les réseaux sociaux érigent en modèles des silhouettes squelettiques, qui tiennent peut-être à peine debout. L'anorexie se nourrit de cette distorsion entre mince, normal et maigre.

Peur et contrôle : comment fonctionne la pensée anorexique ?

Peur et contrôle sont les deux maîtres mots de l'anorexie. Ils s'entretiennent l'un l'autre : plus la peur grandit, plus le contrôle se resserre. Et plus le contrôle se resserre, plus la moindre brèche fait peur.

Cette peur de grossir, de voir tout s'emballer, c'est ce qu'on appelle la pensée anorexique. Angélique la compare à un virus : elle s'installe sur le cerveau, le dénutrit, puis occupe toute la place. Un cerveau dénutri n'a plus l'énergie de la remettre en question.

Une dictature intérieure

« L'anorexie, c'est une dictature où les gens n'ont pas le droit de penser par eux-mêmes, de sentir par eux-mêmes, d'avoir des émotions, parce que sinon, ils vont avoir mal. Il faut que ça file droit. »

— Angélique Gimenez

Le contrôle n'est que la partie visible. Il est au service d'une rigidité extrême, d'une droiture poussée à l'extrême.

Angélique souligne pourtant les belles qualités qui se cachent derrière. Ces personnes tiennent souvent à être droites, à respecter l'autre : ce sont des gens de valeurs. Comme dans une dictature qui défendrait une belle cause, c'est l'extrémisme de la méthode qui fait souffrir tout le monde.

Pour mieux comprendre ce qui se joue derrière cette peur, vous pouvez réécouter notre épisode Décoder la peur #248.

Tête, corps, émotions : pourquoi tout se déconnecte

Dans l'anorexie, la tête prend le contrôle sur le corps. Trois dimensions se désalignent : la pensée qui surveille et dicte, le comportement rigide autour de l'alimentation, et les sensations, qui disparaissent.

Plus on est amaigri, moins on sent. Angélique rapproche cela de ce que vivent les personnes en grève de la faim : une forme de déconnexion, pour ne pas trop souffrir. Et quand on ne sent plus les sensations, on ne sent plus les émotions.

La tête tourne alors en boucle. Elle rumine les mêmes pensées, et la pensée anorexique en profite.

En psychologie positive, nous savons que les personnes heureuses sont alignées : leurs sensations, leurs émotions et leurs pensées vont dans le même sens. L'anorexie, c'est exactement l'inverse.

Comment retisser les liens entre le corps et la tête ?

On ne peut pas travailler les émotions sans avoir d'abord retravaillé les sensations. Une émotion se sent dans le corps avant d'être pensée avec la tête.

« Dans cette maladie, la tête est aversive du corps. C'est comme si ces patients essayaient de se débarrasser de leur corps. Nous, on doit réintégrer ces deux-là. »

— Angélique Gimenez

Le chemin qu'elle décrit se fait pas à pas :

  1. Retrouver des sensations, sans commencer par le sujet qui fâche : le toucher, le contact, tout le sensoriel. Angélique travaille notamment avec la peluche.
  2. Se sentir en sécurité avec un thérapeute qui ne juge pas et reste authentique.
  3. Relier la sensation à la pensée : quand ma tête sent cela, qu'est-ce que j'en fais ?
  4. Retrouver le sens : qu'est-ce que cela dit de moi, de mes émotions, et des envies que j'avais perdues ?

Le jeu 2 minutes de bonheur® Ensemble

Boîte du jeu de conversation intergénérationnel 2 minutes de bonheur Ensemble

Se parler entre générations, sans jugement

Tout au long de cet épisode, une idée revient : ce qui aide, c'est le lien. Des adultes disponibles, une parole qui ne juge pas, des moments où chacun peut se raconter et prendre sa place.

C'est ce que nous avons voulu créer avec 2 minutes de bonheur® Ensemble : 60 questions drôles et bienveillantes, à partager entre petits-enfants, parents et grands-parents. Pour rire, se souvenir et s'écouter.

J'imagine…En ce moment…Je raconte…Je décris…

Découvrir le jeu Ensemble

Voir tous nos jeux de conversation

Un jeu ne remplace pas un accompagnement, mais il peut ouvrir la conversation.

Les 5 facteurs qui mènent à l'anorexie

Personne ne choisit l'anorexie. On met un doigt dans l'engrenage, puis la main, puis le bras, sans l'avoir vraiment décidé.

J'aime l'image du vase : chacun de nous a des fêlures. Un jour, un événement frappe l'une d'elles, et le vase éclate. Angélique Gimenez a identifié cinq facteurs qui, en s'additionnant, font basculer vers l'anorexie.

1. Une prédisposition génétique et familiale

Il existe des sensibilités héritées des générations précédentes. On ne choisit pas dans quoi on tombe : l'alcool, les médicaments, ou au contraire la restriction. C'est l'épigénétique, donc l'environnement, qui fait émerger ou non cette prédisposition.

On ne cherche donc pas de coupable. Mais la famille transmet aussi des mots : « Ça va te tomber dans les fesses. » « Ne te ressers pas. » « Tu n'es pas présentable comme ça. » Ces phrases qui semblent anodines pèsent lourd sur un cerveau prédisposé.

Angélique fait une remarque qui surprend : dans les TCA, ces petites phrases viennent souvent des femmes elles-mêmes. Elles se comparent beaucoup entre elles, et veulent souvent protéger leur fille des moqueries. Il est temps d'en sortir.

Cela commence tôt. « Pas trop de sucre, c'est mauvais. » « Avec toi, les repas sont toujours compliqués. » Présenter un aliment comme « méchant » tout en le proposant à un enfant crée un paradoxe.

Rappelons avec Paracelse que « c'est la dose qui fait le poison ». Le sucre n'est pas nocif, le sel non plus. Guider les enfants vers la mesure, oui ; leur faire peur, non.

2. Un environnement favorable

Depuis des décennies, notre société valorise la minceur, voire la maigreur. Quand une adolescente maigrit et reçoit des compliments au lieu de moqueries, sa prédisposition est renforcée.

S'ajoute un facteur plus récent : l'éco-anxiété. Pour une partie des jeunes, manger beaucoup devient une aberration quand la planète est en danger, ou quand des enfants ont faim ailleurs. Ce sont de belles valeurs ; c'est l'anxiété en toile de fond qui les fait basculer vers la maladie.

3. Une sensibilité de base

On parlait autrefois de patientes « trop sensibles », avec un jugement derrière. Angélique préfère parler de sensibilité, et même de faculté.

On retrouve souvent des personnes très responsables, conscientes trop tôt de certains sujets. Elle les décrit ainsi : « un cerveau qui réfléchit beaucoup et un grand cœur ».

Si l'on n'aide pas l'enfant, puis l'adolescent, à apprivoiser cette sensibilité, elle devient une zone de fracture. C'est à nous, adultes, de les accompagner à grandir avec ce potentiel, et de nourrir leur confiance en eux.

4. Un climat anxieux ou dépressif

Le contexte compte aussi : un climat anxiogène ou dépressif, qui crée des microfractures. Angélique le relie à l'attachement, c'est-à-dire au manque de disponibilité des adultes pour aider l'enfant à affronter ses peurs et ses questions.

Dans l'anorexie, on trouve souvent des enfants qui ont serré les poings et grandi seuls, pour ne pas déranger, ne pas prendre trop de place. Ils visaient l'autonomie, ils arrivent à l'indépendance. Au lieu de chercher de l'aide dehors, ils se réfugient dans le contrôle.

Ce climat peut venir d'un deuil, d'une perte, d'une maladie dans la famille, de tensions entre parents ou à l'école. Parfois, une maman est triste et l'enfant absorbe cette tristesse, sans que ce soit la faute de personne. On a longtemps cru que l'insouciance protégeait l'enfant : c'est faux.

Et l'adolescence est anxiogène par nature. Le corps se transforme de tous les côtés, sans qu'on n'y puisse rien.

5. Un facteur déclenchant

Vient enfin la goutte d'eau qui fait déborder le vase. On dit que 70 % des TCA commencent par un régime. Mais pour Angélique, le régime est déjà une conséquence.

Face à un événement qui fait fracture, et à un corps qui change, manger un peu moins donne l'impression d'une zone de maîtrise. Le contrôle s'enclenche, les compliments le renforcent, et la bascule se fait.

Parfois, le déclencheur est évident : un gros drame familial. Parfois, c'est un tout petit caillou de plus. Et l'anorexie a une fonction : elle amortit le ressenti. Quand on ne sent plus, les disputes des parents ou le rejet des camarades font moins mal.

Pourquoi certaines anorexies sont plus longues à soigner

Angélique parle de millefeuille. Sous la partie émergée, les facteurs s'empilent : certaines personnes en ont 500 feuilles, d'autres 1 000.

Une anorexie réactionnelle, repérée tôt, peut se résorber vite. Quand les fractures sont nombreuses, le soin est plus long. Cela ne veut pas dire qu'on n'est « pas doué pour guérir ».

Peut-on guérir de l'anorexie ?

Oui, on peut guérir de l'anorexie : selon l'Inserm, deux tiers des patients sont guéris après cinq ans d'évolution. Mais le chemin est rarement linéaire.

D'abord, arrêter l'hémorragie

On ne soigne pas l'histoire de la personne avant le trouble. Quand la perte de poids démarre, dit Angélique, c'est une hémorragie : il faut d'abord endiguer.

Comme en psychotraumatologie, on ne touche pas à tous les traumas d'emblée. On stabilise, on pose des pansements, puis on travaille les couches profondes.

La tête et le corps se soignent en parallèle. Sans carburant, le cerveau n'a pas l'énergie de changer ses fonctionnements internes, et la pensée anorexique le sait bien.

La rechute fait partie du processus

La rechute fait partie du processus thérapeutique. Elle ne signe pas un échec.

Certaines personnes restent dans une anorexie restrictive sévère, sans aucun craquage : cela montre la puissance de la pensée anorexique. D'autres basculent dans des craquages ; on parle alors d'anorexie-boulimie.

Les patientes vivent souvent ces craquages comme une perte de contrôle. Angélique, elle, a presque envie de dire « Alléluia » : le corps a réclamé son dû. Le risque est de se restreindre encore plus ensuite, par peur, et c'est aussi ce qu'il faut accompagner.

« Quand on veut, on peut » : une phrase à désapprendre

Angélique relie les formes les plus restrictives à une éducation où l'on a répété : « quand on veut, on peut ». Pas forcément de maltraitance, mais un mental façonné pour la détermination, parfois jusqu'à mettre sa vie en danger.

Cette phrase ne laisse aucune place à l'erreur. Elle entretient l'illusion de la toute-puissance. Or, nous ne sommes pas tout-puissants.

Comment aider un proche qui souffre d'anorexie ?

Si une personne que vous aimez souffre d'anorexie, voici ce que cet échange avec Angélique m'a appris.

Plutôt éviterPlutôt essayer
Essayer de la convaincre qu'elle n'est pas grosseReconnaître sa peur, sans débattre de son corps
Complimenter une perte de poidsValoriser la personne pour ce qu'elle est, pas pour sa silhouette
Les petites phrases sur le corps et la nourritureParler d'équilibre et de mesure, sans faire peur
Chercher un coupable, dans la famille ou chez elleVoir un cumul de facteurs, dont personne n'est seul responsable
« Quand on veut, on peut »« Tu as le droit de te tromper, et de te faire aider »
Voir un craquage ou une rechute comme un échecLes accueillir comme des étapes du soin
Attendre que ça passeConsulter tôt : une anorexie repérée vite se soigne plus vite

L'anorexie est comme un tsunami : plus on est proche, plus les vagues sont fortes. Vous aussi, vous avez le droit d'être accompagné·e.

La petite mousse

« Le contrôle est la réponse que donne la peur quand elle ne sait pas qu'il existe autre chose. »

— Christophe André

Vive la plasticité cérébrale, et cette souplesse dont nous sommes tous capables.

L'action des 2 minutes

Prenez une feuille et écrivez : « Quand on veut, on peut. »

Puis réécrivez-la à votre façon, en laissant de la place à l'erreur et à l'aide. Par exemple : « Quand on veut, on essaie. Et quand c'est trop dur, on se fait aider. »

Si vous êtes parent, repérez aussi une petite phrase que vous dites souvent sur la nourriture ou le corps. Et cherchez comment la dire sans faire peur.

Besoin d'aide ?

Si vous vous reconnaissez, ou si vous vous inquiétez pour un proche, vous n'êtes pas seul·e. En parler à votre médecin traitant est un premier pas. Cet article ne remplace pas un avis médical.

  • Anorexie Boulimie Info Écoute : 09 69 325 900. Appel anonyme et non surtaxé, le lundi, mardi, jeudi et vendredi de 16 h à 18 h. Des psychologues, des médecins et des associations de familles vous répondent (FFAB).
  • Trouver une équipe spécialisée : la Fédération française anorexie boulimie tient un annuaire national des centres TCA.
  • 3114 : numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24 h/24, en cas de détresse.

Pour aller plus loin

Qui parle dans cet épisode ?

Angélique Gimenez est psychothérapeute et psychotraumatologue. Elle accompagne depuis de longues années des patients souffrant de TCA. Elle est coautrice, avec le Pr Daniel Rigaud, professeur de nutrition, de Réparer la relation pour sortir des troubles alimentaires.

Raphaëlle de Foucauld est psychothérapeute, psychotraumatologue et experte en psychologie positive. Elle a fondé 2 minutes de bonheur® et anime le podcast Bulle de bonheur.

Questions fréquentes sur l'anorexie mentale

Qu'est-ce que l'anorexie mentale ?

L'anorexie mentale est un trouble des conduites alimentaires dans lequel la personne se restreint alors que son corps a faim. Ce n'est pas une perte d'appétit : le cerveau pose un interdit, guidé par une peur intense de grossir et un besoin de contrôle.

Pourquoi une personne anorexique a-t-elle peur de grossir alors qu'elle est très mince ?

Elle a surtout peur de perdre le contrôle et de « tout manger » si elle s'autorise à remanger. Souvent, une image d'elle-même, gravée après une vexation ou un regard, prend la place de ce qu'elle voit aujourd'hui dans le miroir.

Qu'est-ce que la pensée anorexique ?

C'est la peur de grossir et de voir tout s'emballer, qui tourne en boucle dans la tête. Angélique Gimenez la compare à un virus : elle dénutrit le cerveau, occupe toute la place et impose une rigidité extrême, comme une dictature intérieure.

Quelles sont les causes de l'anorexie ?

L'anorexie n'a jamais une seule cause. Angélique Gimenez identifie cinq facteurs cumulés : une prédisposition génétique et familiale, un environnement qui valorise la minceur, une sensibilité de base, un climat anxieux ou dépressif, et un facteur déclenchant, souvent un régime.

Est-ce qu'on choisit d'être anorexique ?

Non, personne ne choisit l'anorexie. Au départ, manger moins peut sembler offrir une zone de maîtrise face à un moment difficile. Puis la pensée anorexique prend le pouvoir, et la personne ne veut plus, puis ne peut plus manger.

Peut-on guérir de l'anorexie ?

Oui. Selon l'Inserm, deux tiers des patients sont guéris après cinq ans d'évolution. Le soin commence par stabiliser la perte de poids, puis travaille en parallèle le corps et la tête : sensations, émotions, pensées et histoire de la personne.

Les rechutes sont-elles normales dans l'anorexie ?

Oui, la rechute fait partie du processus thérapeutique. Elle ne signifie pas qu'on est incapable de guérir. Plus les facteurs accumulés sont nombreux, plus le soin peut être long.

Comment aider un proche qui souffre d'anorexie ?

Évitez de vouloir la convaincre qu'elle n'est pas grosse, de commenter son corps ou de complimenter une perte de poids. Ne cherchez pas de coupable. Encouragez une consultation rapide et appelez la ligne Anorexie Boulimie Info Écoute au 09 69 325 900.

Instagram 2 minutes de bonheur
facebook 2 minutes de bonheur
You tube 2 minutes de bonheur
Pinterest 2 minutes de bonheur

À écouter aussi

Le bonheur malgré la guerre avec Fouad et Laetitia Hassoun #42

Fouad Hassoun est libanais et vivait à Beyrouth. Quand en 1986, il perd la vue lors d’une explosion à la voiture piégée. La haine l’envahit accompagnée d’un fort désir de vengeance. Cet homme destiné à devenir un médecin brillant doit réinventer sa vie.

lire plus

Attachement et couple #277

Nos styles d’attachement façonnent en profondeur nos relations amoureuses. Bonne nouvelle : ils ne sont pas des étiquettes figées. Nous oscillons tous, selon les situations, entre sécurité et insécurité, et sous stress intense, même les plus solides peuvent réagir de...

lire plus